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samedi 20 juin 2020

Des milliers de sans-papiers manifestent pour forcer leur régularisation

Se sont-ils organisés seuls ou sont-ils instrumentalisés ?


C’est l’une des quatre manifestations à Paris dont seles deux ont été autorisée par la préfecture de police
Babacar Sall, arrivé du Sénégal voici trois ans, manifeste pour la première fois. "On n’a pas de papier. Pour manger, c’est un problème [les Restos du coeur sont-ils pour eux des chiens?]. Parfois je fais un peu de travail au noir, mais c’est tout. J’aide les gens à déménager ou je fais de la plomberie. Dès qu’on me propose un travail je le prends", dit cet homme de 42 ans qui vit à Montreuil : la mairie PCF ne les traite pas bien? 
"Avant je travaillais avec les papiers de quelqu’un mais il me prenait trop d’argent", ajoute ce clandestin victime du racket d'un coreligionnaire etqui a laissé au Sénégal sa femme et sa fille, dans l'attente d'un rapprochement familial. "Parfois je leur envoie 20 euros, parfois 30, dès que je peux." Et encore, si toutefois il n'est pas polygame.

Des manifestations dans toute la France


Venu du Mali, Tidiani Diagouraga est quant à lui arrivé en 2018 en France. Pas sûr qu'il ait été appelé en pleine période de chômage élevé... "C’est dur au Mali, à cause de la guerre. Je suis venu ici pour travailler. Mais je ne peux pas travailler parce que je n’ai pas de papiers", résume cet homme de 36 ans, comme si tous les illégaux, de l'Afrique à la Tchétchénie n'étaient pas prévenus de ces difficultés, d'autant plus qu'ils sont toys surdiplômés, selon lq littérature de gauche.
Pour Hassan, un Marocain en France depuis huit ans, «"les sans-papiers participent à l’économie de la France" et c'est bien par charité musulmane qu'ils viennent à notre secours.... Lui est pizzaiolo à Paris et paie des impôts. "Je suis là pour être régularisé. Avec des papiers, je pourrai acheter une voiture, avoir un logement plus facilement", conclut-il. Et se marier au bled et ramener une femme à laquelle il fera une floppee d'enfants sur le sol français, pour redresser notre courbe de natalité.
Des rassemblements pour la régularisation des sans-papiers sont aussi prévus samedi dans plusieurs villes (Marseille, Lyon, Rennes, Lille, Toulouse, Grenoble, Strasbourg, Nantes…).

Et avant ou après une maifestation contre l'anti-racisme les flis et le racisme des flics et des Français, tous.tes autant qu'ils.elles sont.


jeudi 9 avril 2020

Epidémie de coronavirus : mise à l'abri de migrants

Le "camp informel" d'une cinquantaine de tentes de clandestins a été démonté en Seine-Saint-Denis

C'est, 
en deux semaines, le deuxième démantèlement pour raisons sanitaires


Le long du canal Saint-Denis, "la cinquantaine de tentes a été lacérée et les policiers ont demandé à une centaine de personnes de partir, de retourner à Paris", a expliqué Louis Barda, responsable des maraudes à Médecins du Monde, association proche du Parti communiste, créée en rupture avec Médecins sans frontières, longtemps présidée par le Pr Milliez, opposant à l'Algérie française, organisateur d'un comité d'aide aux victimes arabes pendant la guerre des Six Jours et co-fondateur de l'Association médicale franco-palestinienne, AMFP.
Annoncée plusieurs jours à l'avance par le préfet de la région Ile-de-France Michel Cadot, dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus et sous la pression d'une polémique suscitée par le manque d’hygiène et la grande  promiscuité en plein confinement dû au coronavirus, le 24 mars, a eu lieu l'évacuation des 732 migrants qui vivaient dans le bidonville insalubre de la même ville d'Aubervilliers et qui avaient été mis à l'abri

Des migrants hébergés dans des gymnases en sont depuis ressortis.
Selon le responsable de cette associationl’opération s’est déroulée "à 9 heures pendant la distribution alimentaire". Une action corroborée par d’autres associations sur place, dont Utopia56, qui coordonna les actions des associations sur le camp de "La Linière" à Grande-Synthe, à partir de mars 2016.

Quelque 700 migrants, pour la plupart originaires d’Afrique subsaharienne, ont été
conduits vers quatre gymnases (deux à Paris et deux en Seine-Saint-Denis) et deux hôtels en Seine-Saint-Denis, explique la préfète Anne-Claire Mialot pendant l’opération.
Selon elle, les gymnases ont été
agencés de sorte qu'il y ait "un mètre entre chaque lit", et en réduisant le nombre de personnes accueillies par site. 
Mais, lors de l’évacuation, "les mesures de précaution étaient faible; on n’a pas mis en place les gestes barrière", rapporte Louis Barda. A ses yeux, on a agi dans "la précipitation" en raison d’un "contexte médiatisé".

Alors, plusieurs dizaines d’entre eux sont rapidement ressortis des gymnases franciliens où ils avaient été confinés et ont recréé le camp d'Aubervilliers, avec l'aide d'associations.

Le coronavirus menace aussi les camps de migrants au nord-est de Paris

"C'est compliqué de parler de confinement national si on laisse des gens dehors"
Des centaines d'exilés du Nord de Paris et de Seine-Saint-Denis trouvent désormais portes closes dans les structures d'accueil paralysées par l'épidémie et les trottoirs où leur présence est devenue plus indésirable encore, depuis la mesure de confinement. Pour eux, rien n'est prévu pour se protéger du Covid-19. Pas plus, pour ceux qui les assistent au quotidien.

Quelle distanciation sociale pour les migrants des "camps informels"? 
Le confinement s'y fait tente contre tente, avec une hygiène rudimentaire. A Grande-Synthe (Nord), il y a déjà eu un cas de coronavirus, et certains redoutent une propagation rapide. "C’est trop dangereux, le virus risque de se répandre vite ici", explique un migrant. Un seul point d’eau pour boire et se laver est disponible. De nombreuses associations ont dû fermer, laissant les migrants d’autant plus vulnérables. Très peu de distributions de repas sont effectuées.

La situation humanitaire préoccupe les habitants des alentours. À Calais (Pas-de-Calais), deux cas ont d’ores et déjà été recensés. Des consultations médicales ont bien lieu trois fois par semaine, mais le respect des gestes barrière semble impossible. 
Vendredi 3 avril, la préfecture a commencé à mettre à l’abri une centaine de migrants, sur la base du volontariat.

Le 4 février dernier, l'AFP et Le Monde assuraient que Castaner avait évacué "le
dernier camp de migrants du nord de Paris, porte de la Villette. 
Le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, s’était engagé en novembre à évacuer tous les campements de migrants du Nord-Est parisien avant la fin de 2019. Une semaine après l’évacuation encadrée par un important dispositif policier du camp voisin de la porte d’Aubervilliers, où plus de 1.400 migrants avaient été délogés d’un bidonville en bordure du périphérique, en janvier 2020, cette opération marque la fin, à ce stade, de ces campements informels à Paris. "Il n’y a plus de campements, c’était l’idée. Et la police va surveiller ce site pour éviter les réinstallations, comme elle le fait pour la porte d’Aubervilliers et la porte de la Chapelle", soulignait-on à la préfecture de la région Ile-de-France. "Nous ne recommencerons pas un cycle infini évacuations-réinstallations", avait alors affirmé le préfet de police, Didier Lallement.

Le long des voies du périphérique, dans le Nord-Est parisien, secteur Rosa-Parks (XIXe) et quelques centaines de mètres plus loin, dans la commune d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), des centaines de migrants, après une soixantaine d'évacuations ces dernières années, continuent de vivre dans une situation humaine et sanitaire effroyable.

jeudi 12 mars 2020

Coronavirus : en lutte contre un désastre humanitaire, Trump, accusé de menacer de "catastrophe" économique"

A l'instar de Macron, la presse politiquement malveillante alimente les conflits entre chefs d'Etat 

La décision américaine d'interdire l'entrée aux voyageurs européens à partir de vendredi sera lourde de conséquences en Europe comme aux États-Unis

Le Figaro n'envisage pas les effets humains meurtriers du virus. 
Donald Trump a rassuré les acteurs économiques : au lieu de "freiner" la propagation, il prend des mesures drastiques et  le commerce n’est pas touché par ces restrictions, souligne-t-il. "Pas encore", réplique le quotidien français...

Les Etats-Unis ont annoncé ce jeudi la suspension de tous les voyages depuis l'Europe vers le pays - exception faite du Royaume-Uni -, assénant un coup de massue à plusieurs secteurs, notamment aérien, et plongeant les Bourses dans une nouvelle spirale psychotique. Les retombées économiques de l'interdiction de voyager  ('travel ban') risquent en effet d’être nombreuses, mais il faut choisir entre une augmentation exponentielle du nombre de morts et une secousse économique et financière. 

"L'épicentre du coronavirus est désormais en Europe", a observé le vice-président américain, Mike Pence, jeudi. Et la Maison Blanche prend la décision qui s'imposait et l'assume, comme dirait Macron - qui finasse et procrastine. 

Donald Trump s'est immédiatement adressé aux acteurs économiques

Pour l'heure, le commerce n’est pas touché par ces restrictions. Trump n'attend pas  qu'il soit trop tard pour agir aussi efficacement que possible. Le président américain a précisé dans un message posté sur Twitter qu’ "il est très important pour tous les pays et toutes les entreprises de savoir que le commerce ne sera en aucun cas affecté par la restriction". Elle concernera donc "les personnes et non les marchandises", a-t-il ajouté.


La précision vaut pour l’Union européenne dont le bilan de ses échanges en biens et services avec son partenaire outre-Atlantique est fortement positif  : en 2019, le bloc européen a tiré un excédent de 152,6 milliards d’euros de ses échanges avec les Etats-Unis, en hausse de près de 15 milliards (soit 11%) sur un an. Le déficit de la balance commerciale avec la Russie s’est d'ailleurs réduit dans le même temps, de même que celui avec la Norvège. 
Le risque serait toutefois que les produits européens soient victimes d’une méfiance accrue des consommateurs américains, inquiets d’être potentiellement contaminés par les denrées qu’ils achètent… Exception faite des produits britanniques.

Le gouvernement annonce "un plan massif d'accompagnement" des entreprises

Une catastrophe pour les compagnies aériennes.
En outre, la décision de la Maison Blanche inquiète les compagnies aériennes européennes, qui avaient préféré redéployer leur flotte sur des axes "sûrs" (?), notamment outre-atlantique pour compenser les pertes en Orient. En février, le groupe Air France-KLM avait ainsi augmenté fortement sa capacité vers l’Amérique du Nord (en hausse de 13,6%), l’Amérique latine (+10,1%) et l’Afrique ou le Moyen-Orient (+7,3%), afin de compenser une réduction importante de sa capacité vers l’Asie (-15,8%).
Pour mars, la compagnie s’attend à l’annulation de 3.600 vols, soit "13% de ses capacités sur le réseau long courrier", 17% dans l’Hexagone et 25% sur le réseau européen. La décision américaine assombrit encore les perspectives de l'aérien, entraînant un plongeon vertigineux de l'action du groupe franco- néerlandais, revenu à un niveau inédit depuis 2012. Le groupe n'est pas le seul en difficulté : ce jeudi, l'Allemand Lufthansa perdait près de 10% en Bourse en fin de matinée.

Quelques heures plus tard, Bruno Le Maire a déclaré qu'il suit la situation de la compagnie française de près, et que l'Etat français est prêt à soutenir Air France-KLM. Le ministre français de l'Economie a également regretté la décision américaine, prise sans en parler au préalable avec les pays concernés. Sauf que les états européens sont incapables de prendre les décisions communes qui s'imposent urgemment. Depuis l'annonce de leur président, les touristes américains se précipitent à Roissy en urgence. Trump n'a donc pas attendu que Macron se sorte les doigts..
Autre secteur particulièrement touché, le tourisme français
L'économie est la priorité de Macron et de sa presse, avant la situation sanitaire du pays. Le Figaro et l'AFP s’inquiètent d’une décision qui couronne une série noire. Ils ne sont pas plus soucieux de la santé des Français que du sort des Américains menacés de contamination. Après plusieurs mois difficiles, la chute des arrivées de touristes chinois et une année 2019 marquée par les mouvements sociaux que Macron a provoqués, les voyagistes - s'ils restent en vie - risquent de voir leurs profits se réduire comme peau de chagrin : les visiteurs américains représentent le premier contingent de touristes étrangers à Paris et dans la région Ile-de-France et ils sont particulièrement prisés des professionnels, étant plus dépensiers que la moyenne. Ils se sont pris tout-à-coup à les aimer... "C’est la pire des nouvelles pour les compagnies aériennes, et c’est la pire des dispositions pour nous", a ainsi alerté le président de la fédération des tour-opérateurs (Seto), René-Marc Chikli. De son côté, le président des Entreprises du voyage, Jean-Pierre Mas, a souligné une "catastrophe"», ainsi qu’une situation «dramatique […] pour l’industrie du voyage d’affaires comme de loisirs". Du moins n'est-elle pas humanitaire...

Même constat de l’autre côté de l’Atlantique. En privilégiant la santé publique, les Etats-Unis se privent d’une manne importante en fermant les vannes de certaines nations. Ils arrivent premier au classement des pays tirant le plus de revenus du tourisme international, en 2017, avec 186,6 milliards d’euros, soit 15,7% des recettes mondiales. Loin devant l’Espagne (5,1% des recettes, 60,3 milliards) et la France (4,5% des recettes, 53,7 milliards), qui complètent le podium.
Au total, parmi les vingt premières nations émettrices de touristes vers les Etats-Unis, huit sont en Europe. Et, parmi les plus importants marchés américains, un grand nombre est touché par l’épidémie, comme la Corée du Sud, la Chine, le Japon, l’Italie, la France ou l’Australie: on peut parler de pandémie, ce qu'interdisent les consignes de Macron la tête dans le sable et le nez dans le creux de son coude. En 2017, les Etats-Unis comptaient ainsi parmi les destinations les plus prisées des Français, avec 786.000 voyages, la première destination hors-UE devant le Maroc (581.000 voyages), la Suisse (709.000) et le Canada (291.000 voyages).

D’après les estimations d’octobre 2019, la France et l’Allemagne comptaient parmi les gros contingents de touristes aux Etats-Unis, avec près de 4 millions de visiteurs en 2018. Le Royaume-Uni, troisième émetteur et premier hors-ALENA, est épargné par la décision américaine. Les voyageurs britanniques pourront donc continuer de se rendre aux Etats-Unis. Et de là, en France. Les Français pourront-ils passer par Londres pour se rendre aux USA ?
Bras ballants, Bruxelles dénonce néanmoins une décision "unilatérale"

Les autorités nationales des pays membres de l’Union veulent agir pour fournir un coussin protecteur aux professionnels. En France,
les représentants du secteur du tourisme seront reçus cette semaine par le secrétaire d'État Jean-Baptiste Lemoyne. 

Après plus de 15.000 cas de contaminations recensées en Union européenne, la commission européenne promet d’agir bientôt pour éviter... la "perturbation économique" engendrée par la décision américaine. "L'Europe prend toutes les mesures nécessaires pour contenir l'expansion du Covid-19, limiter le nombre de personnes contaminées et soutenir la recherche", a cru pouvoir assurer le président du conseil, Charles Michel, dans un tweet en anglais!.

Mais l'exemplaire Charles Michel promet de ne pas tarder à commencer à se bouger:

Les Pieds Nickelés de Bruxelles cherchent des poux au président américain. 
Jeudi, les membres de la Commission n'ont réussi qu'à désapprouver la décision "unilatérale" des Etats-Unis : ils lui reprochent de ne pas avoir consulter ses partenaires. "Le coronavirus est une crise mondiale qui ne se limite pas à un continent", ont finement rappelé Charles Michel et la présidente de l'exécutif européen, Ursula von der Leyen dans un communiqué laconique : ils ont choisi de suivre les diseurs plutôt que de prendre exemple sur les décideurs.

L'Union européenne continue en revanche d'accueillir des migrants...
Engageant ses partenaires européens, l'Allemagne annonce que l'Europe envisage d'accueillir jusqu'à 1.500 mineurs arrivés en Grèce. Berlin parle d’une "solution humanitaire" avec l’objectif d’ organiser la prise en charge de ces enfants dans le cadre d’une "coalition des volontaires", a souligné le gouvernement allemand, qui a accueilli et déversé en Europe plus d’un million de migrants à la suite de la crise de 2015, sans préciser les noms des pays impliqués... Ni leur provenance. Combien d'islamistes et de djihadistes kamikazes porteurs du  Covid-19 ?...

mardi 28 janvier 2020

Paris : le camp de migrants de la porte d'Aubervilliers en cours d'évacuation

Une "mise à l'abri" à sept semaines des municipales

Les associations avaient acheminé et concentré près de 2.000 clandestins à la Porte d'Aubervilliers 

Ce camp du nord-est de Paris aurait-il entravé le plan de 'Central Park' parisien conçu par le candidat LREM Benjamin Griveaux ?




 Tôt ce mardi matin 28 janvier, la préfecture de Police a accédé à la requête de la maire socialiste de Paris et a procédé à l'évacuation encadrée par un important dispositif policier. La préfecture assure qu'elles seront hébergées... ailleurs.

Deux mois après le démantèlement d'un site voisin, Porte de La Chapelle, ce sont à nouveau "plusieurs centaines" de clandestins qui ont été évacués du campement parisien de la Porte d'Aubervilliers ce mardi matin, pour répondre à la promesse du gouvernement de vider le nord-est parisien de ces camps insalubres. La préfecture leur promet un hébergement sans savoir à combien ils se nombrent et donc combien de logements sont nécessaires...

Sécurisée par un important dispositif policier, l’évacuation a commencé un peu avant 06h00. Les migrants que les associations dites humanitaires avaient équipés de tentes ou de planches pour  monter des baraquements de fortune au bord du périphérique sont dirigés vers des bus à destination de gymnases (alors que les vacances scolaires n'ont pas commencé) ou de centres d'accueil franciliens (qu'on croyait déjà surpeuplés), dans une opération conjointe de la préfecture de police de Paris et de la préfecture de la région Ile-de-France.

Entre 900 et 1.800 personnes  - une évaluation floue du simple au double - avaient été parqués dans ces camps connus depuis des années comme des bidonvilles de tous les dangers pour les habitants comme pour les riverains, selon un décompte fourni par la... Préfecture de région. Que ce soit dans des gymnases ou des centres dédiés, des places ont été mobilisées pour héberger "tout le monde", ont garanti les autorités préfectorales.

Tour de vis sécuritaire

La doctrine de l'exécutif dans la gestion de ces campements a changé le 7 novembre dernier, lors de l'évacuation de quelque 1.600 personnes à cheval sur Paris et la Seine-Saint-Denis, notamment à la Porte de la Chapelle. Au lendemain de l'annonce du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, affirmant que ces sites constituant une "anomalie" du système d'hébergement allaient être évacués avant la fin 2019, la préfecture de police avait prêté main forte à la PRIF (préfecture de la région d'Ile-de-France) - qui gère d'ordinaire les opérations de mise à l'abri -, en opérant un tour de vis sécuritaire : plus aucune réinstallation sur la Porte de la Chapelle n'est possible depuis, grâce à un imposant dispositif des forces de l'ordre.

Ce tour de vis sécuritaire est également prévu Porte d'Aubervilliers, a confirmé la préfecture de police, expliquant que des patrouilles 24 heures sur 24 empêcheront les migrants d'y réinstaller des tentes. Les associations sont en quêtes de nouveaux lieux...


mardi 10 décembre 2019

La Turquie se dit prête à envoyer des troupes aux côtés de la Libye

Erdogan entend faire mieux que l'OTAN 

Un accord bilatéral "de coopération militaire et sécuritaire" a été signé le 27 novembre entre la Libye et la Turquie

Alors que des opérations sont conduites en Libye par l'OTAN dans le cadre de l'opération 'Unified Protector', le président Recep Tayyip Erdogan et Fayez al-Sarraj ont signé un accord bilatéral "de coopération militaire et sécuritaire"le 27 novembre, lors d'une rencontre à Istanbul entre les deux hommes.
La résolution 1970 du 26 février 2011 de l'ONU, exécutée sous le nom de code américain Unified Protector, met en place un embargo sur les armes à destination de la Libye et bloque entre autres les avoirs du régime en place, tandis que la résolution 1973 instaure une zone d'exclusion aérienne au-dessus du territoire de la Jamahiriya arabe libyenne (ex-République arabe libyenne) et permet de "prendre toutes les mesures jugées nécessaires pour protéger les populations civiles".
Et Erdogan a affirmé ce mardi que la Turquie est prête à assumer ce rôle de protection des populations en envoyant des troupes en Libye pour soutenir le Gouvernement libyen d'union nationale (GNA) de al-Sarraj, aux termes d'un récent accord signé entre les deux parties. "Si la Libye formule une telle demande nous pourrons envoyer nos personnels (militaires), surtout que nous avons conclu un accord militaire", a déclaré Erdogan.

Selon Ankara, ce protocole "est une version plus large" d'un accord-cadre de coopération militaire existant" entre les deux parties et "renforce les liens entre" les deux armées. Fayez al-Sarraj, qui a accédé au pouvoir à la faveur des accords internationaux de paix de 2015, entre les représentants du Congrès général national et ceux de la Chambre des représentants, est notamment soutenu par la Turquie et le Qatar, mais aussi par les Etats-Unis, l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France. L'Italie, ancienne puissance coloniale en Libye, semble aussi en sa faveur.
Le gouvernement al-Sarraj est actuellement basé à Tunis, mais le gouvernement de Tripoli rejette la déclaration d'entrée en fonction de ce gouvernement d'union. Deux gouvernements rivaux s'opposent donc: celui de la Chambre des représentants issu des élections législatives, à Tobrouk, puis Benghazi, présidé par Aguila Salah Issa, et celui du Congrès général national, présidé, à Tripoli, par Nouri Bousahmein jusqu'en 2016, car dominé par les islamistes et battus aux élections. Depuis avril 2016, avec Aguila Salah Issa, il est visé par des sanctions de l'Union européenne.
Une compagnie de sécurité russe assure un soutien potentiel.
Le rival d'al-Sarraj, Khalifa Haftar, militaire formé à Moscou et homme fort de l'est libyen, dont les forces ont lancé en avril une offensive contre la capitale Tripoli, bénéficie de son côté du soutien de l'Egypte et des Emirats arabes unis et d'un appui, au moins politique, notamment des Etats-Unis et de la Russie. La France a été accusée de le privilégier, ce dont elle se défend. Le 4 avril 2019, le maréchal Haftar, entouré de ses fils, a en effet lancé un appel à marcher sur Tripoli.

Erdogan a affirmé ce mardi que les forces de Haftar bénéficient aussi "du soutien d'une compagnie de sécurité russe dénommée Wagner. "Cette compagnie a envoyé des personnels sur place", a-t-il ajouté. Erdogan semble ainsi accorder du crédit à des informations de presse, démenties par Moscou, sur la présence de mercenaires russes en Libye.
Début novembre, le journal américain New York Times avait d'ailleurs fait état du déploiement en Libye de près de 200 mercenaires du groupe Wagner, entreprise russe de sécurité privée.

La Grèce appelle à condamner l'accord

Outre l'accord militaire, la Turquie et le GNA avaient conclu le 27 novembre un accord de délimitation maritime qui permet à Ankara de faire valoir des droits sur de vastes zones en Méditerranée orientale convoitées par d'autres pays, notamment par la Grèce.
Erdogan avait indiqué lundi soir qu'à la faveur de cet accord, la Turquie et la Libye pourraient mener des activités d'exploration conjointes au large de Chypre, dans une zone qui recèle d'importants gisements de gaz.

De son côté, la Grèce appelle les Nations unies à condamner cet accord maritime entre la Turquie et la Libye.
Elle le qualifie de "perturbateur" pour la paix et la stabilité en Méditerranée orientale, a déclaré le porte-parole du gouvernement. Athènes "veut que l'accord soit porté à l'attention du Conseil de sécurité de l'ONU afin qu'il puisse être condamné", a ajouté Stelios Petsas devant la presse.
Le gouvernement de Kyriakos Mitsotakis a envoyé des lettres séparées, soulevant la question auprès du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres et du Conseil de sécurité de l'ONU, a précisé Stelios Petsas.

Cet accord, qui délimite des frontières maritimes entre les deux pays, "ignore la présence des îles grecques dans cette zone maritime, y compris l'île de Crète, et viole leur droit à créer des zones maritimes comme n'importe quel territoire terrestre", écrit l'ambassadrice grecque aux Nations unies, Maria Theofili, dans une lettre au secrétaire général de l'ONU.
"La Turquie et la Libye n'ont ni zones maritimes superposées, ni frontières communes et, par conséquent, il n'y a aucune base juridique pour conclure légalement un accord de délimitation maritime", peut-on encore lire dans ce courrier daté de lundi. Il a été conclu "de mauvaise foi", selon le porte-parole grec, et demeure "invalide car il n'a pas été approuvé par le Parlement libyen", contrôlé par une faction rivale du gouvernement de Tripoli.
Depuis sa signature, la Grèce condamne vivement cet accord, le qualifiant vendredi de "violation du droit maritime international et des droits souverains de la Grèce et d'autres pays". Elle a annoncé l'expulsion de l'ambassadeur libyen à Athènes. 

Le président turc Recep Tayyip Erdogan campe sur ses positions, annonçant lundi qu'il envisage "des activités d'exploration conjointes", avec la Libye, au large de Chypre, dans une zone qui recèle d'importants gisements de gaz. "Avec cet accord, nous avons augmenté au maximum le territoire sur lequel nous avons autorité. Nous pouvons mener des activités d'exploration conjointes", a déclaré Erdogan lors d'un entretien avec la télévision publique TRT. 

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis estime que l'accord "a déjà entraîné l'isolement diplomatique de la Turquie". Il a été "dénoncé par les Etats-Unis, l'Union européenne, l'Egypte et Israël", avait-il dit devant le Parlement grec. Le chef du gouvernement grec doit rencontrer ce mardi après-midi l'ambassadeur des Etats-Unis à Athènes, Geoffrey Pyatt, avant sa visite à la Maison Blanche, le 7 janvier.
La Turquie a fait du "chantage" à la Libye pour signer cet accord", assure son ministre des Affaires étrangères, Nikos Dendias, en contact avec ses partenaires européens et avec l'Egypte. Sur la chaîne de télévision privée grecque ANT1, il a jugé que l'entente turco-libyenne est "clairement" liée aux revers subis par le gouvernement de Tripoli face au maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen.

Le président du Parlement libyen, Aguila Saleh Issa, allié du maréchal Haftar, qui s'est déclaré "contre cet accord", selon Athènes, est attendu cette semaine à Athènes. Porte d'entrée de milliers de demandeurs d'asile, la Grèce, membre de l'OTAN comme la Turquie, maintient des relations délicates avec sa voisine d'où les migrants arrivent de plus en plus nombreux sur les îles grecques depuis cet été.

mardi 12 novembre 2019

Vaste opération d'expulsions des clandestins de Paris

L’évacuation des camps de migrants à Paris et Saint-Denis en 10 photos

1.600 personnes ont été évacuées de divers campements de fortune autour de l’échangeur A1/périphérique

"Dans le calme", selon une certaine presse : 600 policiers étaient mobilisés !
Auxquels il faut ajouter la participation de membres d'associations...


 L’évacuation s’est déroulée au petit matin sous une pluie battante, mais dans le calme.








A six heures du matin, à la fraîche, sous une pluie battante. Une importante opération d'évacuation de deux campements regroupant plus de 1.600 clandestins dans le nord-est de Paris, s'est déroulée jeudi matin "dans le calme", avec une volonté affichée par les autorités de "changer de braquet" sur la gestion de ces zones devenues "incontrôlables". On n'en saura pas plus sur ce changement de méthode. Christophe Castaner explique que les "1.600 personnes ont été prises en charge et ont été placées dans 16 centres d'accueil". Les observateurs les plus sourcilleux veulent savoir si ce sont des centres de détention...

C'est au petit matin ce jeudi que près de 600 policiers ont été déployés autour des campements de personnes pour la plupart en situation irrégulière depuis des mois porte de la Chapelle, côté Paris, et le long de l'avenue Wilson, côté Saint-Denis. Des zones où, d'évacuations en déplacements plusieurs fois l'an, les riverains sont soumis à des conditions de vie insupportables.
L’évacuation des camps de migrants à Paris et Saint-Denis en 10 photos



Sous ces bâches en plastique, des tentes et autres baraques de fortune vivaient des milliers de personnes, dont 1 600 ont évacuées vers des bus pour être ensuite temporairement installées dans des gymnases ou des centres d'accueil franciliens. D'autres ont fui avant l'arrivée des forces de l'ordre cette opération d'envergure annoncée depuis plusieurs jours par les autorités.

Du côté des associations de défense des migrants, on craint que cette évacuation ne se transforme en vaste coup de filet avec des placements en détention. A l'inverse, la préfecture de région insiste à l'inverse sur le fait que ces "mises à l'abri" se feront sur la base du « volontariat ». Les examens des situations administratives se feront dans un second temps, mais l'accueil reste « inconditionnel », assure-t-on encore.

Voici en images ce que la presse veut bien rapporter de cette matinée.



1. L'évacuation a été menée sous une pluie battante

LP/Philippe Lavieille


2. Les forces de l'ordre présentes en masse

LP/Philippe Lavieille

  

3. Près de 600 policiers déployés

LP/Philippe Lavieille

 

4. En tout, 1.606 personnes ont été évacuées

LP/Philippe Lavieille

5. Des bus ont été prévus pour "mettre à l'abri" les migrants en région parisienne
LP/Philippe Lavieille


6. Les migrants forment une file pour y accéder

AFP/Martin Bureau

  

7. "La rue n’est pas un lieu pour vivre, c’est un lieu de danger, d’indignité", affirme Anne Hidalgo venue sur place

AFP/Martin Bureau

 

8. Les forces de l'ordre contrôlent les tentes une par une

AFP/Martin Bureau

 

9. Le campement est désormais vidé de ses occupants

AFP/Martin Bureau


10. La situation administrative des évacués sera ensuite examinée

LP/Philippe Lavieille