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mardi 19 mai 2020

Le restaurateur Philippe Etchebest et Macron se fritent

Vif échange entre Philippe Etchebest et Macron: "On va se parler franchement !"

Etchebest, inquiet pour les restaurateurs, interpelle le commis des Français à l'Elysée

Porte-parole des restaurateurs depuis le début de la crise sanitaire du coronavirus, Philippe Etchebest s'est directement adressé à Macron lors d'un entretien à distance révélé par BFMTV, lundi 18 mai 2020.

"On est en plein cauchemar", ne cesse de répéter Philippe Etchebest depuis la fermeture des lieux publics en France, dont les bars et restaurants. Le chef cuisinier, qui a reçu la mission de ses confrères la mission de les représenter est sur le grill en cette période de crise sanitaire

Déterminé à sauver les restaurateurs, ce meilleur ouvrier de France 2000 a confectionné avec d’autres professionnels "un plan" qu'il a présenté à Macron lors d’un rendez-vous par visioconférence. Un échange avec le président de la République bref, mais vif, qui est dévoilé sur BFMTV dans le documentaire Au cœur de l'Élysée, face à la crise, lundi 18 mai, dont un extrait a été dévoilé sur Twitter. Pendant cet échange de la plus haute importance, le juré de Top Chef n’hésite pas à hausser le ton pour demander au chef de l’Etat de solliciter les assurances afin qu'elles leur donnent un coup de main.

"Nous vous demandons de convoquer toutes les assurances afin de les pousser à faire une action solidaire. Si vous avez besoin de mettre un petit coup de pression, vous pouvez compter sur moi, je serai là !" lance Philippe Etchebest avec générosité. Puis il ajoute : "Nous sortirons de cette période blessés, mais pas morts. Et vous pouvez être sûr monsieur le Président que nous serons au rendez-vous de la reprise avec notre courage et notre force de travail".
Vraiment pas de quoi mettre le gamin en colère.

La réponse abrupte de Macron

Le président a répliqué au discours de Philippe Etchebest avec autant de vivacité. 
La menthe poivrée pour stimuler la digestion
"Maintenant, on va se parler tous franchement ! Faut pas non plus avoir des pudeurs de gazelle !", lance d’abord le copain des petites frappes de Saint-Martin. Puis "il enfourche le tigre" : "Ce qu'on est en train de faire collectivement et ce que vous acceptez tous gaiement depuis le début de cette crise, c'est une nationalisation des salaires, des charges, et le reste ! Donc, je veux bien que l'Etat ne soit pas joli à voir quand il s'agit de monter au capital, mais l’Etat, vous faites tous appel à lui quand il faut payer tout le reste. Et on est au rendez-vous". 

En bref et en clair: les Français avaleront la note et, contre les ballonnements et les brûlures d'estomac, vous leur servirez de la tisane de menthe poivrée !

Etchebest avait lancé un cri d’alerte après le suicide de deux restaurateurs

Le chef étoilé avait le point de la situation financière et morale des restaurateurs, le jeudi 14 mai 2020, sur LCI, car la crise est loin d’être uniquement sanitaire. Après deux mois où l’économie tourne au ralenti et que certains secteurs ont pu redémarrer leur activité depuis le 11 mai 2020, tels les coiffeurs et les instituts de beauté de Brigitte Macron, d’autres sont toujours à l’arrêt. C’est notamment le cas de la restauration. Dans l'attente interminable de la date de réouverture des restaurants, bars et cafés, la profession est en danger. Depuis le début de la pandémie de coronavirus, Philippe Etchebest, vedette de la télévision, multiplie les prises de parole pour exprimer les inquiétudes de la profession. 

Il avait ainsi poussé un énorme grognement après le discours del Macron qui annonçait le confinement, le 16 mars. Mais depuis, le chef étoilé n'a cessé d'annoncer le pire : “On est en plein cauchemar”, a-t-il déclaré, donnant également donné son avis sur la possible réouverture des restaurants le 15 juin. Or, pour lui, de nombreux fourneaux resteront éteints.

"Il y aura de la casse," a-t-il prévenu.
Jeudi 14 mai, dans l’émission Audrey & Co, sur LCI, le juré emblématique de 'Top Chef' était venu partager ses craintes sur l’avenir de la profession. "Je pense que nous sommes les globules rouges de la France, à travers nos 250.000 entreprises et nos 2 millions d’emplois directs et indirects", souligne le chef en préambule. Il rappelle d’ailleurs que ces emplois impactent toutes les filières associées, à savoir "l’agriculture, la viticulture, la pêche, et tous les autres artisans qui interviennent". Pourtant, certains sont moins menacés que d’autres par la crise: et de citer McDonald's qui a décidé de rouvrir partiellement ses restaurants malgré le confinement, ou même de cette candidate de 'Master Chef' qui refusait de fermer son établissement malgré le coronavirus. Mais les restaurateurs qui respectent les règles sont au bord du gouffre. Philippe Etchebest a notamment créé le collectif Resto ensemble pour faire face à la crise. Et le Meilleur Ouvrier de France tient à répercuter les appels au secours qu’il reçoit constamment...
"Je vois les messages de détresse qui passent sur mon site, sur le site de Resto ensemble… C’est énorme ! Aujourd’hui, la crise fait des dégâts, mais on n’imagine pas encore ce qu’elle va faire comme dégâts après. Et ils risquent d’être beaucoup plus grands que ça”, s’inquiète le chef. 
Philippe Etchebest tient à insister sur un point : la crise n’est pas seulement pécuniaire. “C'est un combat qui dure, il y aura de la casse. Il y en a d'ailleurs aujourd'hui". 

"Il y a les faillites financières, mais il y a les faillites morales qui sont extrêmement importantes”, insiste-t-il.
Et de préciser, le cœur lourd : "Il y a déjà eu deux cas de suicide aujourd'hui dans notre profession, ce qui est dramatique." Très touché par cette tragédie, l’animateur bourru de 'Cauchemar en cuisine' espère alors encore profondément que l’Etat apporte une aide conséquente au secteur de la restauration. Alors qu’une réouverture est envisagée pour le 2 juin dans les zones classées vertes, Philippe Etchebest aimerait en avoir la confirmation pour que chacun puisse se préparer à affronter la suite.

Macron lui a apporté sa réponse : un crise de nerfs !

samedi 2 mai 2020

Déconfinement: des "brigades" contre le coronavirus

Macron accorde une confiance limitée au Français: sa réplique à la défiance qu'il inspire !

Le chef de guerre nous envoie ses "brigades" départementales...

https://www.lejournaldugrandparis.fr/wp-content/uploads/2020/03/EUEgPv_WsAABXyx.jpeg

Edouard Philippe tente de dissiper ce nouveau flou, cette fois sur les "brigades sanitaires" annoncées.
Le dispositif de traçage de contacts visant à casser la chaîne de contamination du Covid-19 n'a pas fait long feu : en effet, attaché à la protection des libertés individuelles par ses produits, Apple ne fait pas confiance au régime autoritaire français et l'application StopCovid du sous-ministre Cédric O, jusqu'ici classé "savant" en matière numérique, a du plomb dans l'aile.
Annoncé mardi par Edouard Philippe, le projet de "brigades" sera piloté par les préfets et l'assurance maladie en lien avec les collectivités territoriales.

Le gouvernement, qui a besoin d'être pris au sérieux, aime filer les métaphores guerrières.  Un aspect du macronisme qui peut inquiéter et se retourner contre lui...
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Ces "brigades" dont Edouard Philippe a révélé mardi le déploiement à partir du 11 mai, sont d'autant plus martiales que le dispositif est nébuleux. En vidéoconférence mercredi matin, l'Edouard en était encore à réunir des représentants des collectivités territoriales et les préfets pour recueillir les idées des uns et des autres.

Depuis, à moins de dix jours de l'échéance du déconfinement, chacun attend de savoir quel rôle lui sera assigné. 
Censées constituer les piliers locaux pour ce programme, les préfectures contactées renvoient aux agences régionales de santé (ARS), chefs de guerre régionaux agressifs qui renvoient elles-mêmes aux ministères, qui eux-mêmes ne se disent pas prêts à communiquer sur le sujet. 
La macronie se repasse la patate chaude en se mordant la queue. Une feuille de route serait en cours d'élaboration par... Christophe Castaner  - lequel ne voit plus les éclats ni du jour, ni des boules à facettes  (au point que le bruit circule que le noctambule se serait confiné en boîte de nuit) - Place Beauvau, qui la transmettra ensuite aux préfets, puis aux collectivités en début de semaine prochaine. Un circuit aller et retour qui peut prendre un temps certain...

L'Assurance maladie assure, quant à elle, avoir une idée plus précise de l'organisation de ces brigades. 
"A compter du 11 mai, il sera demandé à chaque médecin généraliste ayant pris en charge un malade du Covid-19 de recenser, avec le patient, l’ensemble des personnes avec qui il a été en contact et d’évaluer avec lui, selon des recommandations précises (?] établies par les autorités sanitaires (?], si - oui ou non - la nature du contact est telle que l’on peut considérer que la personne contact est susceptible d’avoir contracté le virus, détaille [?)  l'organisme à Libération, journal venu de l'extrême gauche pour finir au service de Macron... Dans ce cas, un système d’information dédié et créé à cette occasion par l’assurance Maladie et accessible dans [la plateforme] Amelipro, recueillera les informations saisies par le médecin généraliste,  le nom et les coordonnées – quand il le peut (!) – des personnes concernées."

Confinement et test de dépistage

https://www.humanite.fr/sites/default/files/styles/336x135/public/images/74708.HR.jpg?itok=9TzooxJ6
Des agents de l’assurance maladie entreraient alors en scène pour "compléter ce recensement des contacts du patient Covid+, si le médecin s’est concentré sur le foyer du patient malade et n’a pas réalisé de recensement exhaustif des contacts". Dans les vingt-quatre heures, les agents devraient contacter toutes ces personnes pour les informer de leur possible exposition au virus. Leur sera alors proposé un confinement de quatorze jours, ainsi qu'un test de dépistage "pris en charge à 100%" par l’assurance maladie, qui pourra aussi, si nécessaire, délivrer un arrêt maladie.
"Notre rôle sera de faire un travail systématique de recensement pour chaque cas positif ou soupçonné de l'être, de toutes les personnes avec lesquelles il a pu être en contact récemment et donc qu'il aurait pu contaminer, explique Michel Davila, directeur de la CPAM de Haute-Garonne. C'est un travail que nous mènerons de front avec l'aide des médecins généralistes notamment. Par exemple : lorsqu'un patient sera estimé potentiellement atteint du Covid par son généraliste, ce dernier aura pour instruction de rentrer le nom du patient dans une base de données commune que nous partageons avec tous les généralistes, ainsi que les laboratoires".
Qui effectuera ces contrôles et signalements?
"Ce sont des employés de chaque CPAM qui vont former ces brigades. Il peut s'agir de ceux qui travaillent aujourd'hui comme téléconseillers, mais d'autres viendront de différents services, nous avons par exemple en Haute-Garonne beaucoup de bonne volonté dans nos équipes, y compris dans l'encadrement, pour venir compléter le dispositif. Il pourra y avoir aussi des médecins-conseils."
Un tel dispositif, inédit en France, est gourmand en effectifs. Tout d’abord, "près de 5.000 collaborateurs" de l’assurance maladie, "et davantage, si la situation épidémiologique devait l’exiger". Si on en trouve: en réquisitionnant les retraités?

L'AP-HP lance COVISAN : un dispositif de suivi renforcé des ..."Les généralistes auront les moyens de gérer la grande majorité de ces enquêtes de traçage de contacts et de suivi des patients", assure déjà Jean-Louis Bensoussan, médecin et porte-parole de l’association 'Collège de la médecine générale' créée à l'initiative des syndicats représentatifs de médecine générale (UNOF-CSMF, SML, MG France, Union généraliste-FMF), et des sociétés scientifiques de médecine générale (CNGE, SFMG, SFTG, SFDRMG) et qui regroupe l’ensemble des organisations qui œuvrent pour la discipline "médecine générale", dans les champs professionnel, scientifique et universitaire. "Nous sommes 52.000 en France, alors que les modèles épidémiologiques prévoient, à partir du 11 mai, 1 .000 à 3.000 nouveaux cas par jour. Cela m’étonnerait qu’on ait besoin de personnel non médical dans ces brigades."

Peut-on encore parler de patientèle, plutôt que de clientèle ?
Les médecins généralistes recevront 2 euros par nom communiqué et 2 autres euros pour chaque numéro de téléphone signalé... Oui, ça fait 4 !

Mardi, le premier ministre a pourtant évoqué la possibilité de mobiliser "des personnels des centres communaux d’action sociale, des mairies, des départements, ou [des personnes] mises à disposition par les grandes associations, par exemple la Croix-Rouge".

"Nous attendons le mode d'emploi"

Dépistage des maladies : définition - docteurclic.com
A l'ARS d'Ile-de-France, on s'émerveille de "travailler jour et nuit" pour établir... un plan (des directives, des protocoles et des formulaires?) qui comportera, entre autres, le déploiement [un mot à toutes les sauces] d'équipes [mot galvaudé] mobiles [en plein confinement] volontaires [réquisitionnés].
 
Santé publique France, avec les ARS, sera aussi en charge d'analyser toutes les données - établir des statistiques et des cartes multicolores - pour identifier l'émergence de foyers de contamination. Une "usine à gaz" de plus...

A la Croix rouge française, ils se disent "prêts à mettre en place des équipes de mobiles qui pourront effectuer des tests virologiques, le suivi sanitaire des personnes malades isolées, ainsi que participer aux enquêtes épidémiologiques [avec des courbes et des camemberts ?], détaille Marc Zyltman, administrateur national de l’organisation. Pour cela, nos équipes sont en train d’être formées [déjà ??] auprès de la Direction générale de la santé" : en français, "la Direction générale de la santé est en train de former des équipes. Le nombre de personnes déployées dépendra des territoires. La Croix Rouge forme déjà des équipe, mais sans savoir combien de territoires sont demandeurs, ni  le nombre d'équipes à former...

Les collectivités locales sont visiblement plus proches des réalités du terrain.
"Nous attendons le mode d’emploi, lâche le directeur de l’Assemblée des départements, Pierre Monzani, 61 ans, préfet de l'Allier, directeur général de l'ADF présidée par Dominique Bussereau, un Juppéiste, conseiller spécial à Libres!, mouvement de Valérie Pécresse. Nous pouvons imaginer que les agents de la route [ceux qui assurent l’entretien, l’exploitation et la viabilité du réseau routier, la planification, la gestion du domaine public, la remontée des informations terrain à la Direction Interdépartementale des Routes, DIR…], les sapeurs-pompiers ou encore le personnel d’action sociale puissent contribuer à établir ces chaînes de transmission et prévenir les gens, au cours de leurs nombreux déplacements dans les territoires".

Pour lui, il est clair que ces "brigades" sous la coupe des préfets devront faire appel à des volontaires pour renforcer leurs effectifs. L’idée de mobiliser la "réserve citoyenne" constituée au début du confinement a finalement été écartée, a-t-on appris de source ministérielle. "Les enquêteurs auront accès aux données Ameli des personnes concernées; il fallait une assermentation que nous ne pouvions pas leur donner", explique-t-on de même source. 
La "réserve citoyenne" sera en revanche affectée au portage des repas aux personnes malades isolées dans une chambre d’hôtel ou à la logistique des futurs tests de dépistage.
"La taille de la brigade dépendra de la taille de chaque département, selon des critères établis et communiqués par la CNAM. A Toulouse [et pour l'ensemble du département] par exemple, elle comptera initialement une soixantaine de membres. Un nombre qui pourrait monter jusqu'à plus de 90 membres en cas de circulation importante du virus. Tous ceux qui feront partie de cette brigade vont être formés à partir de la semaine prochaine, pour une mise en route prévue le lundi 11 mai, jour du début du déconfinement. Notre service restera ouvert et opérationnel 7 jours / 7."
Projet de loi présenté samedi

Rien de nouveau sous le ciel du chef de guerre 
Cette assermentation nécessaire pour la manipulation des données des patients devra-t-elle être généralisée à tout le personnel non médical de ces «brigades» ? "Il conviendra de légiférer", a tranché Edouard Philippe. C’est un des enjeux du projet de loi qui sera présenté samedi au Conseil des ministres, puis, la semaine prochaine, au Sénat et à l’Assemblée nationale. 

L’assurance maladie assure, elle, que "les agents qui seront mobilisés sur les plateformes d’appel, personnel médical ou administratif, sont des agents déjà largement formés et expérimentés. Ils seront spécifiquement formés, dans les jours qui viennent, par les autorités sanitaires et les équipes des ARS, aux modalités spécifiques de contact tracing, sur la base de recommandations établies par les autorités sanitaires en cours de finalisation".
L’organisme admet tout de même que "des organisations territoriales de santé ou d’autres partenaires institutionnels" pourraient se voir confier - "par délégation" - les processus d’identification et d’appel des personnes contact.

Un projet pilote de ces équipes, appelé Covisan, est déjà testé par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) depuis le 15 avril, avec la vocation d'être répliqué dans le pays.   

jeudi 23 avril 2020

Les Français sont très majoritairement opposés à un retour en classe le 11 mai

Six Français sur dix sont opposés à la réouverture progressive des écoles avant l'été

La réouverture progressive des 
 à partir du 11 mai est une mauvaise décision pour 63 % d'entre nous

Coronavirus : la ville de Dijon met en place un numéro vert pour ...
Cette décision est même rejetée par les deux tiers des parents d'élèves (67 %), premiers concernés par la mesureselon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro publié jeudi 23 avril.

Cette réprobation se retrouve dans les mêmes proportions, quel que soit l'âge des enfants, qu'ils soient lycéens (67 %), collégiens (63 %), scolarisés en élémentaire (62 %) ou en maternelle (67 %). 

Politiquement, l'annonce est surtout rejetée par plus des deux tiers des Insoumis (68 %) et les trois quarts des sympathisants RN (76 %). Les proches du PS restent partagés (50 %) tout comme ceux de LR (51 %). Les Marcheurs sont les plus favorables à la reprise des cours le 11 mai, 65 % d'entre eux l'approuvent.

Les parents veulent avoir le choix

Les modalités de retour en classe sont en revanche plutôt bien perçues par les Français. Le ministre de l'Education nationale avait annoncé mardi que "si des familles ne veulent pas envoyer leur enfant, c'est possible, mais il faudra assurer l'enseignement à distance." 

82 % des personnes interrogées sont donc favorables à un droit des parents à ne pas renvoyer leurs enfants à l'école s'il ne le souhaitent pas. 
81 % des parents d'élèves l'approuvent également. L'Elysée s'aligne donc sur le "principe du volontariat" souhaité par l'ensemble des parents, comme observé le même jour par le sondage Odoxa du 23 avril...

15 élèves par classe : les Français ne croient pas aux garanties de l'Etat

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Les Français doutent fort en revanche que l'Etat soit en capacité d'assurer les conditions sanitaires à observer nécessairement en classe. 
Plus de la moitié d'entre eux (55 %) ne croient pas à la garantie affichée par Jean-Michel Blanquer du respect des gestes barrières et à la mise à disposition de savon et de gel hydroalcoolique
Et 58 % des Français (63 % des parents d’élèves) ne croient pas non plus à sa promesse "qu’il n’y aura jamais plus de 15 élèves par classes". Plus de sept sur dix (72 %) approuvent pourtant une limitation du nombre d'élèves: une quinzaine ne leur paraissant pas réaliste et sûre.

Les réserves émises par les Français et la possibilité offerte d'un retour en classe sur la base du volontariat font que les deux tiers des personnes interrogées (64 %) comptent bien ne pas envoyer au moins un de leurs enfants à l'école le 11 mai. 
48 % des Français comptent même n'envoyer aucun de leurs enfants en cours.

Volonté de changer les programmes scolaires

Enfin quelles conséquences tirer de pour l'Education nationale ? 81 % des Français et 80 % des parents d'élèves souhaitent que la crise sanitaire soit l'occasion de revoir notre système scolaire à l’avenir: nos programmes scolaires et notre façon de concevoir notre pédagogie, en s'inspirant des expériences allemandes ou scandinaves.
Cette nouvelle conception de l'école est d'ailleurs largement souhaitée par l'ensemble des sensibilités politiques, notamment par des formations minoritaires, à 79 % par des sympathisants LFI et à 89 % par des proches d'EELV, des insatisfaits permanents.

Cette enquête Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro a été réalisée par internet les 22 et 23 avril 2020, sur un échantillon de 1.005 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

lundi 20 avril 2020

Les JT mentionnent-ils les nouvelles violences de banlieues dans les Hauts-de-Seine et en Seine-Saint-Denis

Le Covid-19 écrase l'information: une aubaine...

En même temps qu'elle nous serine avec son souci surfait du devenir des décrocheurs, la  presse relègue les nouvelles violences de banlieues

"Il n'y a pas eu d'affrontements avec les forces de l'ordre", dans les Hauts-de-Seine et en Seine-Saint-Denis, a en revanche précisé la préfecture, alors que des tirs de mortier d'artifice ont été constatés, avec des répliques de tirs de LBD... 

Dans la nuit de jeudi à vendredi, puis de vendredi à samedi de Pâques, des guet-apens visant des sapeurs pompiers et des policiers appelés à l'aide, suivis de tirs de mortier et des incendies avaient été signalés à Grigny, Essonne,principalement sur les réseaux sociaux 
Dans la nuit de dimanche à lundi, des incidents sporadiques ont éclaté, avec intervention de la police, notamment à Villeneuve-la-Garenne ou Aulnay-sous-Bois. 

Deux jours après, la tension était toujours vive en banlieue parisienne.

De nouveaux incidents sporadiques ont été constatés dans les Hauts-de-Seine et en Seine-Saint-Denis. A Villeneuve-la-Garenne, de premiers tirs de mortier d'artifice ont été tirés peu avant minuit, rapporte l'Agence France-Presse. Les incidents avaient commencé un peu plus tôt dans la commune voisine d'Asnières, avec des tirs similaires.

Dans les Hauts-de-Seine, des feux de poubelles et de véhicules ont aussi été signalés, à Asnières et Nanterre.
En Seine-Saint-Denis, des poubelles ont été incendiées à Aulnay-sous-Bois et Saint-Denis vers 22 h 30. À Saint-Denis, la situation était redevenue plus calme peu après 23 heures, a indiqué la préfecture. "Il n'y a pas eu d'affrontements avec les forces de l'ordre", a précisé la préfecture.

Sept personnes interpellées dans la nuit de dimanche à lundi

A Villeneuve-la-Garenne, l'accident d'un motard circulant sans casque sur une moto de cross a mis le feu aux poudres, dans les Hauts-de-Seine, samedi soir. Il a eu la jambe fracturée après avoir percuté la portière d'un véhicule de police banalisé qui se trouvait à l'arrêt à un feu rouge. L'accident a rapidement enflammé les réseaux sociaux, alimentés par des vidéos de témoins dénonçant une "bavure" policière et a provoqué des échauffourées dans la ville le soir même.
L'accident a provoqué la mise en place d'un important dispositif policier, en plein confinement de lutte contre l'épidémie de coronavirus, à Villeneuve-la-Garenne (commune de centre droit depuis 1953), dans la nuit du dimanche 19 au lundi 20 avril.

Sur l'ensemble de l'Ile-de-France, une quinzaine de voitures et une cinquantaine de poubelles ont été incendiées

Au total, sept personnes ont été interpellées par la police en Seine-Saint-Denis. Au moins quatre d'entre elles étaient toujours en garde à vue lundi en fin de journée, selon le Parquet de Bobigny.

Saisine de l'IGPN. 
Sur le volet de l'accident de Villeneuve-la-Garenne, une enquête a été ouverte par le Parquet de Nanterre pour en déterminer les circonstances exactes, qui font l'objet de versions contradictoires. L'Inspection générale de la police nationale (IGPN, la 'police des polices') a également été saisie. 
Les policiers ont ouvert la portière pour procéder au contrôle du motard déconfiné et sans casque - qui roulait à vive allureassurent les forces de l'ordre assermentées. L'individu aurait manqué de renverser l'un d'eux avant de percuter leur voiture.
Mais le contrevenant accidenté nie les faits. "Mon client me garantit qu'il n'y avait personne à l'extérieur de la voiture", réfute l'avocat du motard, Maître Stéphane Gas (cabinet Lucas Minkowski à ... Paris 17e, mais avenue de Clichy )qui a déposé une plainte lundi contre les policiers. "Il a vu une voiture noire et, au dernier moment, la porte s'ouvrir. Il a eu le temps d'appuyer sur le frein, mais il était déjà dans la portière", ajoute-t-il, expliquant que son client roulait, selon lui, entre 70 et 80 km/h, en ville.

"Il est manifeste que le policier à l'origine de cette manœuvre a délibérément cherché, si ce n'est à faire tomber, a minima à gêner la progression", peut-on lire dans la plainte. Selon les premiers éléments de l'enquête fournis par le parquet, "le motard, qui arrivait par l'arrière en cherchant d'abord à dépasser le véhicule par la gauche, a changé de trajectoire pour finalement doubler le véhicule arrêté par la droite, au mépris des règles du Code de la route, et est venu percuter la portière avant droite, en cours d'ouverture". Opéré pour une fracture du fémur dans la nuit de samedi à dimanche, le trentenaire - dont l'identité n'est pas révélée - a été transféré dans un hôpital parisien lundi pour une seconde intervention.

dimanche 19 avril 2020

Coronavirus: un navire de croisière interdit d’accostage à Marseille

Des passagers français en "colère"...

Le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé le débarquement du 'Costa Deliziosa': il devait terminer son tour du monde le 26 avril à Venise

Le "Costa Deliziosa" en Méditerranée.

Plusieurs passagers français du Costa Deliziosa (ci-dessus) ont osé exprimer leur "colère" face au refus du préfet des Bouches-du-Rhône que ce paquebot de croisière fasse escale à Marseille : ils craignent d’être débarqués en Italie, pays durement touché par le Covid-19.

Parti pour un tour du monde le 5 janvier, ce navire italien, qui transporte plus de 2.000 personnes, dont plus de 400 Français, devait revenir à Venise le 26 avril, mais son itinéraire a déjà été chamboulé par la pandémie : annulation des escales prévues en Asie et route directe vers l’Australie et la Nouvelle-Zélande, puis l’océan Indien, pour des escales techniques, une question de vie ou de mort.

Alors que les autorités espagnoles ont autorisé une escale du navire à Barcelone, les autorités françaises ont confirmé, vendredi soir, l’interdiction faite au Costa Deliziosa d’accoster dans la cité phocéenne, où il n’avait pas d’escale prévue. Pierre Dartout, préfet de la région, a justifié ce refus samedi sur Franceinfo :
"On ne peut pas accueillir tous les bateaux de croisière à Marseille par les temps qui courent. Donc on en a accueilli certains, et c’est vrai qu’on a donné la priorité à ceux dont la destination finale pouvait être Marseille, ou les bateaux battant pavillon français. Alors, en ce qui concerne ce bateau-là, sa destination finale n’était pas Marseille et par ailleurs, il bat pavillon italien."

Un autre navire, le Magnifica, de la compagnie française MSC, dont la destination était Marseille, devrait ainsi débarquer plus de 1.700 personnes à partir de lundi dans le port phocéen. 
Depuis le 15 mars, la préfecture a déjà autorisé des dérogations pour l’accostage à Marseille de six navires de croisière, afin de rapatrier plus de 2.200 passagers français et européens.

Le navire accostera à "Gênes ou Savone"

Costa Croisières a fait valoir qu’aucun cas de Covid-19 n’est encore signalé à bord du navire. Dans un communiqué publié samedi, la compagnie italienne ajoute par communiqué que elle n’a pas embarqué ni débarqué de passagers depuis le 14 mars
Filiale du groupe américain Carnival Corporation & plc (Cunard Line, etc), la compagnie s'est rendue tristement célèbre avec le naufrage du Costa Concordiaun paquebot de croisière construit par les chantiers Fincantieri qui appartiennent appartient (71,64%) à la société Fintecna, contrôlée par le ministère italien de l'économie, héritière du groupe industriel public tentaculaire IRI, et affrété par la société italienne Costa Croisières. Le Costa Concordia s'est échoué le 13 janvier 2012, au large de la Toscane, causant la mort de 32 personnes.
La compagnie Costa a confirmé que 168 ressortissants espagnols seraient débarqués à Barcelone lundi. Les 1.814 passagers et 898 membres d’équipage encore présents devraient débarquer à partir de mercredi dans un port italien, à "Gênes ou Savone".

Costa Croisières a enfin assuré qu’elle « organisera le transport de ses passagers restants vers leur destination finale, au départ de Gênes », et ce « malgré les complexités actuelles dues aux restrictions de voyage imposées par différents gouvernements visant à contrer la propagation » de la pandémie.




Dans un courrier au ministre des affaires étrangères envoyé vendredi, le maire de Cannes, David Lisnard, avait proposé de débarquer un couple de retraités cannois présent à bord du Costa Deliziosa, ainsi que les parents d’une Cannoise.

samedi 18 avril 2020

Le Conseil d’Etat réduit les pouvoirs des maires dans leur lutte contre le coronavirus

Les juges administratifs renforcent le pouvoir central contre la décentralisation

Les maires "ne peuvent, de leur propre initiative, prendre d’autres mesures destinées à lutter contre la catastrophe sanitaire" que celles décidées par l’Etat
Vendredi 17 avril, le Conseil d’Etat a ainsi limité le pouvoir des maires dans la lutte contre le coronavirus, dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire... La plus haute juridiction administrative se prononçait en référé sur un arrêté municipal imposant le port du masque dans la commune de Sceaux (Hauts-de-Seine).De nombreux élus attendaient cette décision, espérant que les communes ne seraient pas pénalisées plus longtemps par l'absence de prises de décisions au sommet de l'Etat, mettant des vies en danger, du fait des lourdeurs administratives et au nom du respect de protocoles anciens, devenus inappropriés.

Ce sont en fait
plusieurs maires qui ont décidé de prendre les devants pour rendre obligatoire le port de masques de protection, sans attendre de directives nationales.
C’est le cas à Nice, notamment, où le maire Christian Estrosi (LR), lui-même guéri du coronavirus, a annoncé, lundi 6 avril, que la ville allait livrer des masques réutilisables aux habitants à partir du 20 avril, et qu'il prendrait, dans la foulée, un arrêté "pour imposer un masque à chaque sortie".

Les magistrats du Conseil d'Etat ont un rôle consultatif et n'émettent que des voeux.
Cette haute autorité administrative théoriquement indépendante est présidée par ... le président de la République. Son vice-président qui joue le rôle de président au quotidien est nommé par le président en Conseil des ministres: nommé le 16 mai 2018, Bruno Lasserre est un homme du président. Comme directeur général des postes et télécommunications, entre 1993 et 1997. Il est l'un des principaux architectes des réformes des années 1990 du secteur des télécommunications en France, qui se sont traduites par une libéralisation du secteur, l'instauration d'une autorité de régulation indépendante et la privatisation de l'opérateur historique France Télécom.

Le Conseil d'Etat n'a aucun pouvoir: les juges administratifs parisiens conseillent le président.
Comme premier fonctionnaire de l'Etat, le vice-président présente au président de la République les vœux de l'ensemble des corps constitués, parlant au nom des trois fonctions publiques (de l'Etat, ...territoriale et hospitalière), de la magistrature, des autres agents publics et des services publics.
Mais ces magistrats se comportent en matière réglementaire comme le "conseil scientifique" en matière médicale: dans l'urgence de l'épidémie mortelle du coronavirus tueur, l'un et l'autre entravent la mise en oeuvre d'initiatives responsables adaptées aux situations locales.

Seules exceptions à ce principe posées par le Conseil d’Etat "des raisons impérieuses liées à des circonstances locales"...
Mais encore est-ce, "en même temps", "à condition de ne pas compromettre la cohérence et l’efficacité [des mesures] prises par les autorités de l’Etat". Les tribunaux ont donc du virus sur la planche jusqu'à la fin de la pandémie, et au-delà !

Le juge des référés a donc confirmé l’annulation de l’arrêté du maire de Sceaux.
Ainsi un voeu du Conseil d'Etat prend-il force de loi, sans débat ni vote du Parlement., puisque ce juge affirme solitairement que les circonstances invoquées par l’élu "ne constituent pas des raisons impérieuses."
C'est ce juge administratif de l'urgence qui, bien que non élu, impose la volonté du pouvoir central à un élu du peuple. Et, en l'occurrence, il décide  - contre l'avis du maire, lequel n'e peut faire valoir ses motifs de sa décision initiale -  que rien ne justifie que soit imposé le port du masque dans l’espace public de la commune [de Sceaux], alors que les autorités de l’Etat n’ont pas prévu une telle mesure à l’échelle nationale".

Le Conseil d'Etat ne veut voit qu'une seule tête.
Cette juridiction napoléonienne - bras armé de l'Administration - va même au-delà d'une appréciation des faits, puisqu'il anticipe que l’arrêté du maire "risque de nuire à la cohérence [?] des mesures prises, dans l’intérêt de la santé publique, par les autorités sanitaires compétentes"
La cohérence est-elle démontrée? Et si elle l'est, qui sont ces magistrats qui peuvent affirmer que vérité en-deçà de Paris est une erreur au-delà, d'après la pensée de Pascal ?
Un avis en forme de condamnation
L’arrêté du maire de Sceaux est "de nature à introduire de la confusion dans les messages délivrés à la population par les autorités sanitaires", accuse le Conseil d’Etat.

"Il y a une raison impérieuse qui est de sauver des gens"

La Ligue des droits de l’homme (LDH), qui avait saisi le tribunal contre l’arrêté, a, elle, salué cette décision de suspension de l'arrêté.
"La LDH constate avec satisfaction que le Conseil d’Etat consacre son interprétation de loi en limitant le pouvoir de police général des maires durant l’état d’urgence sanitaire", a réagi son avocat, Patrice Spinosi. "Cette décision fait jurisprudence et a vocation à être déclinée sur l’ensemble du territoire, a-t-il estimé. Elle condamne définitivement les multiples initiatives des maires pour aggraver les mesures prises par le gouvernement dans le cadre du confinement et du déconfinement."

"Le Conseil d’Etat éradique la capacité des maires à pouvoir protéger leur population mieux que ne le fait l’Etat en disant que l’Etat est seul juge de sa capacité à protéger les gens. C’est quand même assez grave", a réagi Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux et secrétaire général de l’Association des maires de France (AMF). "Il y a une raison impérieuse qui est de sauver des gens et le Conseil d’état ne reconnaît pas ça", a-t-il déclaré.

A la suite de Sceaux, d’autres villes avaient envisagé de prendre des arrêtés similaires. Début avril, le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, avait fait part de son opposition à ce type de décision.