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samedi 10 octobre 2020

Les Canaries, plaque tournante de l'immigration africaine en Europe et de la Covid ?

Un afflux de migrants inédit depuis 10 ans, malgré la Covid-19

Groupe de migrants venus des pays sub-sahariens arrivant sur l'île de Gran Canaria, en novembre 2005 ( Photo d'illustration).
Migrants venus des pays sub-sahariens sur l’île de Gran Canaria, sans distanciation physique

Les groupes de migrants africains sont-ils autant de clusters infiltrés ?

Une route migratoire en sommeil a été réactivée malgré sa dangerosité. Depuis le début du mois de septembre, les îles Canaries voient affluer des migrants venus du continent africain. En deux semaines, ces traversées vers l’archipel espagnol n’avaient pas atteint un tel niveau depuis plus de dix ans.

Durant les quinze premiers jours de septembre, près de 1.200 clandestins ont débarqué sur ces îles de l’océan Atlantique situées face aux côtes africaines, selon des chiffres officiels. Lors d’une seule journée, jusqu’à 300 migrants ont débarqué sur l’archipel, alors que la météo était particulièrement favorable. C’est la première fois depuis 2007 qu’un tel chiffre est atteint.

Certains embarquent du Maroc, à une centaine de kilomètres. Et beaucoup d’autres font le trajet depuis le Sénégal ou la Gambie, parcourant ainsi plus de 1.000 kilomètres le long de la côte atlantique, dans des conditions sanitaires déplorables qui ignorent les consignes de lutte contre la pandémie. Cette route périlleuse sur un océan agité peut durer jusqu’à une semaine, dans des embarcations de fortune et en grande promiscuité. Selon une ONG d’accueil espagnole, un migrant sur 16 meurt en tentant cette traversée. Certains meurent-ils de la covid?

Les clandestins échappent à tout contrôle sanitaire ciblé

Emprunté dans les années 2006-2008, ce chemin vers l’Europe a été réactivé ces derniers temps. Les accords passés par l’Union européenne pour contrôler ses frontières avec la Libye, la Turquie et surtout le Maroc il y a un an, poussent les migrants vers l’Ouest, et donc vers les Canaries. Plus de 5.000 personnes ont atteint illégalement l’archipel depuis le début cette année 2020.

Parmi les 6.000 découvertes de séropositivité en France, près d’un tiers des porteurs du VIH concernent des migrants nés en Afrique subsaharienne. En juillet 2018, l’ARS assurait que les clandestins nés au Cameroun, Mali, Congo ou encore en Côte d’Ivoire auraient été contaminés sur le sol français. L’Agence se fiait aux déclarations des 277 hommes et femmes originaires d’Afrique subsaharienne et vivant avec le VIH en région parisienne. L’ARS croyait même pouvoir affirmer qu’une femme d’Afrique subsharienne séropositive sur trois a été infectée après son arrivée en France. Et par un « mâle blanc » ?

Dans les terribles conditions de vie précaires des migrants en transit, les consignes de distanciation physique sont-elles mieux respectées face au coronavirus?

La réduction des mobilités, une riposte efficace à la pandémie?

Les circulations transnationales constituent l’un des éléments clés de la gestion de la crise du Covid-19 en Afrique. En mai 2020 déjà, l’origine des premiers cas de covid-19 détectés dans les pays africains était analysée, ainsi que les enjeux de la fermeture des frontières dans un environnement de fortes mobilités.

Or, tous les premiers cas détectés dans les pays africains partageaient une caractéristique commune : il s’agissait d’une personne entrée récemment sur le territoire national. Elle avait été diagnostiquée soit à l’aéroport, dès son arrivée, soit dans un centre de santé, quelques jours plus tard. Le Mal est étranger à l’Afrique: il est importé d’Occident. La plupart de ces voyageurs ont été testés positifs après avoir séjourné hors d’Afrique pour des motifs professionnels, familiaux ou religieux. S’y ajoutent des touristes et des résidents étrangers qui se sont déplacés dans le cadre de leur travail.

Peu de premiers cas de Covid-19 résultent d’une transmission intra-africaine. Les quelques exemples répertoriés ont suivi les routes empruntées par les transporteurs routiers et par les commerçants.

On sait toutefois qu’à Djibouti, deux médecins en provenance d’Egypte ont repris leurs consultations à l’hôpital sans être testés au préalable. A Nantes, des médecins positifs à la covid ont continué à exercer, a-t-on appris en octobre, mais la contamination par des migrants africains serait inconcevable, si encore elle n’est pas justifiée par les antiracistes racialisés… En Guinée-Bissau, l’un des deux premiers cas est un fonctionnaire des Nations-Unies venant de la République démocratique du Congo: blanc ou noir, la précision paraît inopportune, voire raciste. Bref, les partis-pris sont évidents.

Les premiers cas de Covid-19 soulignent également la diversité des mobilités entre pays africains : en Ethiopie, il s’agit d’un Japonais en provenance du Burkina Faso, et au Tchad, d’un citoyen marocain résidant à N’Djamena (Tchad) de retour d’un voyage à Douala (Cameroun). Tout est possible. Sauf en France, où un clandestin est sain, par définition.

Bizarrement, les migrants africains ne créeraient donc pas de foyers de contamination en Europe. La question ne se pose même pas: elle est taboue. Globalement, plus de la moitié des pays africains ont ordonné la fermeture de leurs frontières, alors que moins de dix cas avaient été détectés sur leur territoire. En dix jours (du 16 mars au 26 mars), à l’exception du Liberia, tous les pays membres de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest ont fermé leurs frontières. Au total, quinze pays ont pris cette décision avant même la détection d’un premier cas de Covid-19. La réactivité des Etats africains fut donc exemplaire, tandis que la très humaniste Union européenne est ouverte à tous les vents contraires: les trous dans la raquette sont inévitables. Sujet « compliqué », « sensible ». Mais aussi mortel.

Jamais depuis sa création, en 1979, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest, espace de libre circulation, n’avait connu une telle situation. Ces restrictions ont généré des difficultés, des tensions et des situations dramatiques, en particulier pour les migrants. Ainsi, plus de 2.500 migrants en transit au Niger, au Burkina Faso, au Mali et au Tchad ont été bloqués. Certains ont dû être secourus en plein désert.

Dans la ville de Dakhla (Sahara occidental) de violents affrontements ont eu lieu entre des migrants subsahariens lors des distributions alimentaires. A Arlit, au nord du Niger, une révolte a éclaté dans un camp de migrants en raison des conditions de vie déplorables. Sur les réseaux sociaux, les migrants bloqués en Tunisie, après avoir quitté la Libye, vers les Cabaries, ont multiplié les appels à l’aide. « Sans la solidarité des Tunisiens qui sont venus nous faire cadeau d’un peu de nourriture, je serais déjà mort », confie un jeune congolais.

L’épidémie de Covid-19 a également exacerbé les vulnérabilités et les stigmatisations. A Nador (Maroc), les campements de migrants en transit ont été détruits ; à Bamako (Mali), un camp de déplacés a été détruit par un incendie accidentel ; et au Malawi, deux Mozambicains accusés de propager le virus ont été battus à mort.

Le retour des migrants vers leur pays d’origine a également été entravé. [De jeunes Marocains bloqués] dans les villes espagnoles de Sebta et Melilla sont parvenus à rejoindre leur pays en empruntant les voies clandestines utilisées habituellement dans le sens opposé.

Pis, des filières de retour clandestines se sont mises en place à partir de l’Espagne pour des immigrants sans papiers qui souhaitaient rentrer au Maroc. La place dans les embarcations se négociait à plus de 5.000 euros, soit cinq fois le même trajet en sens inverse.

Plus au sud, des migrants ouest-africains ont dû attendre plusieurs jours pour franchir la frontière entre le Maroc et la Mauritanie. Des émigrés sénégalais dont trois femmes, en provenance d’Espagne, ont connu la même mésaventure à la frontière entre la Mauritanie et le Sénégal où ils ont été ensuite confinés dans un « centre de santé, fortement surveillé par les forces de sécurité ». Entre le Togo et le Ghana, les contrôles sont appliqués avec la même rigueur. Plusieurs ressortissants ghanéens ont été arrêtés à la frontière. Ils revenaient du Royaume-Uni, des Émirats arabes unis, d’Afrique du Sud ou des Etats-Unis via l’aéroport de Lomé.

L’inégal développement du nombre de cas de Covid-19 sur le continent africain semble donc plus étroitement lié à la réactivité des Etats après la détection du premier cas Covid-19 sur leur sol et à la gestion interne de l’épidémie (notamment les mesures régulant ou limitant les déplacements entre régions, la fermeture de villes), qu’aux mobilités internationales (« cas importés »).

La fermeture des frontières des pays africains a donc logiquement limité la diffusion de la Covid-19 en Afrique. Ce qui est possible en Afrique ne le serait pas en Europe. Nos partis de gauche et leurs associations et collectifs opposent des intentions racistes.

dimanche 5 juillet 2020

Epidémie de Covid-19: les pompiers dénoncent leur mise à l'écart par l'exécutif

Les grands oubliés des hommages attendent de la considération du pouvoir macronien

  




Les pompiers n'ont pas été convaincus par la gestion de l'épidémie du coronavirus.
Dans un rapport interne et pudique, les pompiers disent leur amertume face au manque de considération du pouvoir technocratique de Macron: ils regrettent de ne pas avoir été assez pris en compte dans la gestion du coronavirus. 
Ils ont aussi à déplorer les "lourdeurs administratives" qui compliquent leur tâche. 

Dans une synthèse rédigée à l'attention du ministère de l'Intérieur, ils formulent de nombreuses critiques, notamment celles de ne pas avoir été assez "pris en compte" dans la crise, révèle la presse ce samedi.
"Les pompiers, c'est une force de 250.000 personnes réparties dans 7.000 casernes sur tout le territoire. Nous sommes rompus à la gestion de tous les événements. On a fait face à l'H1N1 (virus de la grippe A), à la grippe aviaire, aux accidents industriels, aux attentats…, rappellent-ils. A chaque fois, on s'adapte, et là le mot d'ordre c'était tout sauf les pompiers", regrette au quotidien le colonel Grégory Allione, président la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.
 
Dans le viseur de ce rapport, les structures administratives du ministère de la Santé, les agences régionales de la Santé et le Samu. 
Selon leurs auteurs, la main-mise du ministère de la Santé sur la gestion de la crise a provoqué des lourdeurs administratives, brouillant les "décisions stratégiques". "Plutôt qu'une crise sanitaire, cette crise a surtout été celle du leadership de la communication", peut-on lire, "provoquant l'incompréhension des "acteurs de terrains, pompiers mais aussi médecins généralistes". 

Les évacuations par TGV vécues comme des opérations de com' à grand spectacle

De nombreux patients du Grand-Est ou de l'Ile-de-France ont été transférés en TGV vers des régions moins touchées, une opération inédite de ventilation de la pénurie. Pour le gouvernement, il s'agissait de désengorger les hôpitaux saturés. "Pures opérations de communication et véritable esbroufe", tranche le rapport des pompiers. Et de questionner: "était-il efficace de faire faire des centaines de kilomètres aux victimes alors que souvent il y avait de la place dans la clinique d'en face?".
 
Le Samu saturé 

Les pompiers regrettent par ailleurs la saturation du 15 pendant toute la durée de l'épidémie. "C'était un numéro de renseignement, pas d'un numéro d'urgence", écrivent-ils. 
"La décision du gouvernement d'orienter vers le 15 les appels des citoyens connaissant un doute sur leur état de santé a eu pour conséquences immédiates de saturer la réception et la régulation des appels", critiquent-ils. "Des malades en situation d'urgence vitale n'ont jamais eu de réponse et sont morts dans l'indifférence générale. Un vrai scandale!" 

En conclusion de ce rapport, les pompiers dressent une liste de propositions pour revoir leur gestion de crise. 
Ils évoquent notamment la création d'un ministère ou d'un secrétariat d'Etat chargé spécifiquement de la gestion des crises et des gestions d'urgence. 
De façon plus globale, ils appellent à renforcer la communication et la cohésion entre l'Etat et les acteurs de terrains, notamment les préfets. 

dimanche 17 mai 2020

Des travailleurs saisonniers étrangers circulent en France pendant l'état d'urgence sanitaire

Lieux de spectacles et plages fermés aux Français, mais libre circulation des étrangers... 

Le coronavirus et les étrangers circulent dans la population quant à elle contrôlée, verbalisée et contaminée

Le Monde estime que c'est pour les saisonniers que "le manque de visibilité est terrible". Et la cohérence ?
Les agriculteurs ont souvent recours aux travailleurs saisonniers pour ramasser les fraises, les cerises, les abricots et encore les asperges. Photo d\'illustration.
Pas de gants:  donc ni masque, ni gel ? Bonne dégustation !

Faute de consignes sur ce qui est autorisé ou non cet été, le gouvernement centralisateur qui décide plus que jamais de tout en période d'état d'urgence sanitaire entretient flou et inquiétudes, maintenant hôtels et restaurants notamment dans l’expectative. 

Pour le million de personnes qui, chaque année, font les saisons, l’été 2020 s’annonce donc à haut risque. En 2019, près de la moitié des saisonniers ont exercé leur activité dans les secteurs de la restauration, de l’hébergement et des loisirs, principalement sur les lieux de vacances, selon les données compilées par la Dares, la direction chargée de la recherche au ministère du travail, fin décembre. Et une part non négligeable (15 %) dans le commerce. Environ un quart ont été embauchés pour effectuer des travaux de cueillette de fruits ou les vendanges. Or, si les opportunités de contrats existent bel et bien dans l’agriculture, sur le littoral ou dans les lieux touristiques, il en va tout autrement cette année en raison des conséquences de la pandémie de coronavirus.

Alors qu’hôtels et restaurants font travailler 150.000 saisonniers l’hiver et 300.000 l’été, le marché est aujourd’hui au point mort, en l’absence de consignes gouvernementales. "Tous les recrutements sont suspendus, faute de visibilité, déclare Thierry Grégoire, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH)-saisonniers. Et puis, lorsque nous le pourrons, nous ne rouvrirons pas dans les mêmes conditions." 
Le respect des règles de distanciation, notamment dans les restaurants, va réduire les flux de clientèle, avec sans doute un impact sur les effectifs des établissements. Selon Th. Grégoire, même en cas de réouverture, "environ 75 % seulement des saisonniers du secteur pourraient trouver du travail cet été."

Malgré la pandémie, l'Union européenne favorise la circulation des travailleurs étrangers

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"Le gouvernement vole au secours
des agriculteurs," dixit Les Echos
 
Pour soutenir l'économie, l'UE assure la liberté de circulation des travailleurs saisonniers en les incluant dans les nouvelles directives.
Dès le 30 mars, la Commission européenne a publié de nouveaux conseils pratiques pour garantir la libre circulation aux saisonniers étrangers à l'intérieur de l'UE en sorte qu'ils puissent atteindre leur lieu de travail, au risque de propagation du coronavirus de pays à pays. Le secteur alimentaire est un secteur clé inclus dans ces lignes directrices, notamment en ce qui concerne les travailleurs saisonniers.

Ces lignes directrices visent donc à répondre aux préoccupations des citoyens et des entreprises touchés par les mesures visant à contenir la propagation du coronavirus, ainsi que des autorités nationales qui mettent en œuvre ces mesures. Ces mesures incluent les contrôles aux frontières intérieures et la restriction de la circulation des personnes au sein de l'UE.

Le secteur agroalimentaire de l'UE tente en fait d'assurer l'efficacité de la chaîne alimentaire et la sécurité alimentaire dans toute l'UE pendant cette crise sanitaire sans précédent. Or, il prévoyait que dans les semaines suivantes, il serait néanmoins confronté à une importante pénurie de main-d'œuvre si les travailleurs saisonniers ne pouvaient pas se rendre sur leur lieu  de récolte, de plantation et de soins aux plantes, en raison de mesures trop restrictives.

Les directives de la Commission incitent les Etats membres à mettre en place des procédures spécifiques, rapides et exemptes de charges, pour assurer un passage efficace des travailleurs frontaliers et saisonniers, y compris un dépistage sanitaire proportionné. On note ainsi un "en même temps" désemparant de la Commission qui dit restreindre et faciliter à la fois...

En ce qui concerne les travailleurs saisonniers dans le secteur agricole, les Etats membres devraient échanger des informations sur leurs différents besoins au niveau technique et établir des procédures spécifiques pour assurer le déplacement de ces travailleurs. En outre, les Etats membres devraient traiter ces personnes comme des "travailleurs critiques" [comprendre "à risques"] et communiquer aux employeurs la nécessité d'assurer une protection adéquate en terme de santé et de sécurité. Comment ?
La Commission continuera à identifier avec les Etats membres les meilleures pratiques qui peuvent être étendues à tous les États membres pour permettre aux travailleurs d'exercer leurs professions essentielles sans entraves excessives. Quelle part l'Union européenne accorde-t-elle donc à la protection des populations sédentaires ?

En Nouvelle-Aquitaine, les locaux s'engagent pour éviter l'arrivée de saisonniers étrangers

Des saisonniers récoltent des fraises, en avril 2020.

Pour leur sécurité face au coronavirus, ils acceptent d'être mal payés.
En Lot-et-Garonne ou en Gironde, viticulteurs, fraisiculteurs et producteurs d'asperge ont reçu "un coup de main local d’étudiants ou de restaurateurs d'Arcachon dont les établissements étaient fermés".

Une solution temporaire qui fait espérer aux nombreux agriculteurs français de voir rapidement les frontières rouvrir aux saisonniers étrangers : la pénurie de main-d’œuvre s’aggravant avant l'entrée en pleine saison des récoltes, à la roulette russe, polonaise ou roumaine, la priorité à la santé le cède à l'économie.

La main-d’œuvre étrangère a maintenant débarqué en Nouvelle-Aquitaine, et viticulteurs, fraisiculteurs ou producteurs d’asperges qui "craignaient le pire" pour leurs trésoreries attendent de voir les conséquences sanitaires de leurs choix, puisqu'ils ont dû héberger des étrangers et partager le travail sans sacrifier les gestes barrière contre la Covid-19.
Au temps du confinement et tant que l'UE n'a pas donné son feu vert, les cultivateurs de fraises du Lot-et-Garonne, les producteurs d’asperges des Landes ou de Haute-Gironde mais aussi des viticulteurs du Bordelais ont redouté le manque de main-d’œuvre étrangère, levant les appréhensions de contamination pour eux-mêmes et leurs familles. Ont-ils contribué à la propagation de la Covid-19 ?

Deux mois plus tard, le président de l’Association interprofessionnelle des fruits et légumes du Lot-et-Garonne (AIFLG) évalue la récolte 2020. Le fraisiculteur explique que ses saisonniers venant surtout "d’Espagne, du Portugal ou de Pologne" ont pu rejoindre son exploitation malgré la fermeture des frontières. "On craignait le pire mais on réussit à bien vivre la saison", se satisfait Philippe Blouin. A-t-il été plus raisonnable que les fêtards parisiens qui se sont agglutinés le long du Canal Saint-Martin, bravant les arrêtés interdisant les rassemblements publics ? 

Ailleurs, notamment
en Provence-Alpes-Côte d’Azur, maraîchers et viticulteurs ont attendu l’autorisation gouvernementale. Le régional de l'exécutif, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner a annoncé la semaine dernière que des "dérogations supplémentaires" seront lancées pour faciliter la venue des saisonniers. 
Dans le Vaucluse, Frédéric Vève attend ainsi "avec impatience" l’arrivée d’une quinzaine de travailleurs andalous pour récolter ses cerises et préparer ses vignes. Jusqu’ici, le viticulteur avait réussi à combler ses besoins avec des gens du coin. Surveillante scolaire, cantinière, charpentier, etc : "J’ai embauché une dizaine de Français qui n’avaient jamais vu de vignes de leur vie et qui ont fait un travail super." Mais la plupart de ces personnes en chômage partiel vont progressivement reprendre leur activité avec le déconfinement.

"Accueillir nos saisonniers cette année, ça n’était pas de tout repos"
A Reignac, les travailleurs locaux devraient également voir leur contrat "se finir d’ici la fin de la semaine prochaine", précise Jean-Pierre Bouillac. Il faudra attendre la fin du joli mois de mai pour dresser le bilan épidémiologique de ces flux de saisonniers venus de France et d'ailleurs. 
Les saisonniers étrangers, eux, passeront à d’autres travaux. Et tous continueront d’être logés dans des gîtes ou dans des mobil-homes près de la large propriété, sans garanties que les gestes-barrière sont scrupuleusement respectés en dehors des heures de travail. "Il a fallu rester vigilant et tenter le plus possible de faire respecter les règles sanitaires", assure Jean-Pierre Bouillac, militant agriculteur qui ne voudrait pas d'un "cluster bis" comme parmi les récoltants d'asperges des Landes. 
A Pâques, l’Agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine avait vu des foyers de Covid-19 émerger "chez des travailleurs saisonniers qui ramassaient des asperges". Chaque fois, l’épidémie s’est déclarée "dans les lieux d’hébergement ou de rassemblement à la pause", pour autant qu'on puisse savoir aussi sûrement, avait prévenu le Dr Daniel Habold. "Le logement des travailleurs saisonniers en promiscuité ne peut plus avoir lieu", avait insisté le directeur du pôle santé publique de l’ARS. Mais la récolte a été maintenue jusqu'à son terme. Le Dr Daniel Habold a-t-il assuré la traçabilité de ces saisonniers des Landes jusqu'en Provence ? 

Dérogations pour les saisonniers étrangers,  contraintes pour les Français

Aucune contrainte de
 quarantaine pour les personnes "en provenance de l’UE, espace Schengen ou Royaume-Uni"... La prolongation de l’état d’urgence sanitaire jusqu'au 24 juillet ne s'applique pas à tous: un régime d'exception à bien des égards !
Le texte, qui sera examiné mardi à l’Assemblée nationale, rend obligatoire une quatorzaine pour les personnes arrivant sur le territoire. Des mesures d’isolement seront imposées aux personnes malades sur le sol français, mais sans contrainte. L’application StopCovid ne sera pas disponible le 11 mai comme promis, mais il y aura bien un système flou de traçage vague des "cas contacts" des personnes testées positives. Le cabotin ne navigue plus à vue, il cabote.  Le "capitaine de pédalo" est de retour.
Un Britannique ou un Italien peut entrer en France et traverser le pays en tous sens, mais un Français est verbalisé au-delà de 100 kilomètres à partir de son domicile.

samedi 2 mai 2020

Déconfinement: des "brigades" contre le coronavirus

Macron accorde une confiance limitée au Français: sa réplique à la défiance qu'il inspire !

Le chef de guerre nous envoie ses "brigades" départementales...

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Edouard Philippe tente de dissiper ce nouveau flou, cette fois sur les "brigades sanitaires" annoncées.
Le dispositif de traçage de contacts visant à casser la chaîne de contamination du Covid-19 n'a pas fait long feu : en effet, attaché à la protection des libertés individuelles par ses produits, Apple ne fait pas confiance au régime autoritaire français et l'application StopCovid du sous-ministre Cédric O, jusqu'ici classé "savant" en matière numérique, a du plomb dans l'aile.
Annoncé mardi par Edouard Philippe, le projet de "brigades" sera piloté par les préfets et l'assurance maladie en lien avec les collectivités territoriales.

Le gouvernement, qui a besoin d'être pris au sérieux, aime filer les métaphores guerrières.  Un aspect du macronisme qui peut inquiéter et se retourner contre lui...
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Ces "brigades" dont Edouard Philippe a révélé mardi le déploiement à partir du 11 mai, sont d'autant plus martiales que le dispositif est nébuleux. En vidéoconférence mercredi matin, l'Edouard en était encore à réunir des représentants des collectivités territoriales et les préfets pour recueillir les idées des uns et des autres.

Depuis, à moins de dix jours de l'échéance du déconfinement, chacun attend de savoir quel rôle lui sera assigné. 
Censées constituer les piliers locaux pour ce programme, les préfectures contactées renvoient aux agences régionales de santé (ARS), chefs de guerre régionaux agressifs qui renvoient elles-mêmes aux ministères, qui eux-mêmes ne se disent pas prêts à communiquer sur le sujet. 
La macronie se repasse la patate chaude en se mordant la queue. Une feuille de route serait en cours d'élaboration par... Christophe Castaner  - lequel ne voit plus les éclats ni du jour, ni des boules à facettes  (au point que le bruit circule que le noctambule se serait confiné en boîte de nuit) - Place Beauvau, qui la transmettra ensuite aux préfets, puis aux collectivités en début de semaine prochaine. Un circuit aller et retour qui peut prendre un temps certain...

L'Assurance maladie assure, quant à elle, avoir une idée plus précise de l'organisation de ces brigades. 
"A compter du 11 mai, il sera demandé à chaque médecin généraliste ayant pris en charge un malade du Covid-19 de recenser, avec le patient, l’ensemble des personnes avec qui il a été en contact et d’évaluer avec lui, selon des recommandations précises (?] établies par les autorités sanitaires (?], si - oui ou non - la nature du contact est telle que l’on peut considérer que la personne contact est susceptible d’avoir contracté le virus, détaille [?)  l'organisme à Libération, journal venu de l'extrême gauche pour finir au service de Macron... Dans ce cas, un système d’information dédié et créé à cette occasion par l’assurance Maladie et accessible dans [la plateforme] Amelipro, recueillera les informations saisies par le médecin généraliste,  le nom et les coordonnées – quand il le peut (!) – des personnes concernées."

Confinement et test de dépistage

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Des agents de l’assurance maladie entreraient alors en scène pour "compléter ce recensement des contacts du patient Covid+, si le médecin s’est concentré sur le foyer du patient malade et n’a pas réalisé de recensement exhaustif des contacts". Dans les vingt-quatre heures, les agents devraient contacter toutes ces personnes pour les informer de leur possible exposition au virus. Leur sera alors proposé un confinement de quatorze jours, ainsi qu'un test de dépistage "pris en charge à 100%" par l’assurance maladie, qui pourra aussi, si nécessaire, délivrer un arrêt maladie.
"Notre rôle sera de faire un travail systématique de recensement pour chaque cas positif ou soupçonné de l'être, de toutes les personnes avec lesquelles il a pu être en contact récemment et donc qu'il aurait pu contaminer, explique Michel Davila, directeur de la CPAM de Haute-Garonne. C'est un travail que nous mènerons de front avec l'aide des médecins généralistes notamment. Par exemple : lorsqu'un patient sera estimé potentiellement atteint du Covid par son généraliste, ce dernier aura pour instruction de rentrer le nom du patient dans une base de données commune que nous partageons avec tous les généralistes, ainsi que les laboratoires".
Qui effectuera ces contrôles et signalements?
"Ce sont des employés de chaque CPAM qui vont former ces brigades. Il peut s'agir de ceux qui travaillent aujourd'hui comme téléconseillers, mais d'autres viendront de différents services, nous avons par exemple en Haute-Garonne beaucoup de bonne volonté dans nos équipes, y compris dans l'encadrement, pour venir compléter le dispositif. Il pourra y avoir aussi des médecins-conseils."
Un tel dispositif, inédit en France, est gourmand en effectifs. Tout d’abord, "près de 5.000 collaborateurs" de l’assurance maladie, "et davantage, si la situation épidémiologique devait l’exiger". Si on en trouve: en réquisitionnant les retraités?

L'AP-HP lance COVISAN : un dispositif de suivi renforcé des ..."Les généralistes auront les moyens de gérer la grande majorité de ces enquêtes de traçage de contacts et de suivi des patients", assure déjà Jean-Louis Bensoussan, médecin et porte-parole de l’association 'Collège de la médecine générale' créée à l'initiative des syndicats représentatifs de médecine générale (UNOF-CSMF, SML, MG France, Union généraliste-FMF), et des sociétés scientifiques de médecine générale (CNGE, SFMG, SFTG, SFDRMG) et qui regroupe l’ensemble des organisations qui œuvrent pour la discipline "médecine générale", dans les champs professionnel, scientifique et universitaire. "Nous sommes 52.000 en France, alors que les modèles épidémiologiques prévoient, à partir du 11 mai, 1 .000 à 3.000 nouveaux cas par jour. Cela m’étonnerait qu’on ait besoin de personnel non médical dans ces brigades."

Peut-on encore parler de patientèle, plutôt que de clientèle ?
Les médecins généralistes recevront 2 euros par nom communiqué et 2 autres euros pour chaque numéro de téléphone signalé... Oui, ça fait 4 !

Mardi, le premier ministre a pourtant évoqué la possibilité de mobiliser "des personnels des centres communaux d’action sociale, des mairies, des départements, ou [des personnes] mises à disposition par les grandes associations, par exemple la Croix-Rouge".

"Nous attendons le mode d'emploi"

Dépistage des maladies : définition - docteurclic.com
A l'ARS d'Ile-de-France, on s'émerveille de "travailler jour et nuit" pour établir... un plan (des directives, des protocoles et des formulaires?) qui comportera, entre autres, le déploiement [un mot à toutes les sauces] d'équipes [mot galvaudé] mobiles [en plein confinement] volontaires [réquisitionnés].
 
Santé publique France, avec les ARS, sera aussi en charge d'analyser toutes les données - établir des statistiques et des cartes multicolores - pour identifier l'émergence de foyers de contamination. Une "usine à gaz" de plus...

A la Croix rouge française, ils se disent "prêts à mettre en place des équipes de mobiles qui pourront effectuer des tests virologiques, le suivi sanitaire des personnes malades isolées, ainsi que participer aux enquêtes épidémiologiques [avec des courbes et des camemberts ?], détaille Marc Zyltman, administrateur national de l’organisation. Pour cela, nos équipes sont en train d’être formées [déjà ??] auprès de la Direction générale de la santé" : en français, "la Direction générale de la santé est en train de former des équipes. Le nombre de personnes déployées dépendra des territoires. La Croix Rouge forme déjà des équipe, mais sans savoir combien de territoires sont demandeurs, ni  le nombre d'équipes à former...

Les collectivités locales sont visiblement plus proches des réalités du terrain.
"Nous attendons le mode d’emploi, lâche le directeur de l’Assemblée des départements, Pierre Monzani, 61 ans, préfet de l'Allier, directeur général de l'ADF présidée par Dominique Bussereau, un Juppéiste, conseiller spécial à Libres!, mouvement de Valérie Pécresse. Nous pouvons imaginer que les agents de la route [ceux qui assurent l’entretien, l’exploitation et la viabilité du réseau routier, la planification, la gestion du domaine public, la remontée des informations terrain à la Direction Interdépartementale des Routes, DIR…], les sapeurs-pompiers ou encore le personnel d’action sociale puissent contribuer à établir ces chaînes de transmission et prévenir les gens, au cours de leurs nombreux déplacements dans les territoires".

Pour lui, il est clair que ces "brigades" sous la coupe des préfets devront faire appel à des volontaires pour renforcer leurs effectifs. L’idée de mobiliser la "réserve citoyenne" constituée au début du confinement a finalement été écartée, a-t-on appris de source ministérielle. "Les enquêteurs auront accès aux données Ameli des personnes concernées; il fallait une assermentation que nous ne pouvions pas leur donner", explique-t-on de même source. 
La "réserve citoyenne" sera en revanche affectée au portage des repas aux personnes malades isolées dans une chambre d’hôtel ou à la logistique des futurs tests de dépistage.
"La taille de la brigade dépendra de la taille de chaque département, selon des critères établis et communiqués par la CNAM. A Toulouse [et pour l'ensemble du département] par exemple, elle comptera initialement une soixantaine de membres. Un nombre qui pourrait monter jusqu'à plus de 90 membres en cas de circulation importante du virus. Tous ceux qui feront partie de cette brigade vont être formés à partir de la semaine prochaine, pour une mise en route prévue le lundi 11 mai, jour du début du déconfinement. Notre service restera ouvert et opérationnel 7 jours / 7."
Projet de loi présenté samedi

Rien de nouveau sous le ciel du chef de guerre 
Cette assermentation nécessaire pour la manipulation des données des patients devra-t-elle être généralisée à tout le personnel non médical de ces «brigades» ? "Il conviendra de légiférer", a tranché Edouard Philippe. C’est un des enjeux du projet de loi qui sera présenté samedi au Conseil des ministres, puis, la semaine prochaine, au Sénat et à l’Assemblée nationale. 

L’assurance maladie assure, elle, que "les agents qui seront mobilisés sur les plateformes d’appel, personnel médical ou administratif, sont des agents déjà largement formés et expérimentés. Ils seront spécifiquement formés, dans les jours qui viennent, par les autorités sanitaires et les équipes des ARS, aux modalités spécifiques de contact tracing, sur la base de recommandations établies par les autorités sanitaires en cours de finalisation".
L’organisme admet tout de même que "des organisations territoriales de santé ou d’autres partenaires institutionnels" pourraient se voir confier - "par délégation" - les processus d’identification et d’appel des personnes contact.

Un projet pilote de ces équipes, appelé Covisan, est déjà testé par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) depuis le 15 avril, avec la vocation d'être répliqué dans le pays.   

vendredi 1 mai 2020

Les premiers couacs des cartes du déconfinement

Les scientifiques se sont plantés dans leurs analyses: le Lot, le Cher, le Gers et la Haute-Corse, stupéfaits !

La carte de déconfinement présente des erreurs: 
le nivellement des statisticiens par le bas  a-t-il contaminé les "savants"?

Une femme observe à la télévision, le 30 avril à Nancy (Meurthe-et-Moselle), la carte provisoire des départements classés rouge, orange ou vert en fonction de la circulation du Covid-19.
Trois cartes: quelle est celle qui s'impose ?
Les réactions indignées se multiplient après la présentation de la carte de déconfinement liée au coronavirus dans laquelle le Lot est en rouge. L'Agence régionale de santé (ARS) qui se signale par ses diktats admet des erreurs. Erreur aussi pour le Cher ou le Gers et doutes pour la Haute-Corse. 
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Carte de la tension hospitalière du jour
Les ARS ont mis quinze jours pour produire des cartes fausses !
Personne n'a relu la copie avec un minimum de sens critique et n'a eu le bon-sens de noter que le Lot ést un cluster invraisemblable. La présentation de la carte provisoire de déconfinement ce jeudi ressemble donc bien à un énorme couac de bras cassés. Les prétentieux du gouvernement - ceux qui "regardent" au lieu d'"étudier" les questions sujets et de régler les problèmes, pardon, les problématiques  - ont validé le placement de 35 départements en "rouge", provoquant de très nombreuses réactions d'incompréhension et d'indignation, notamment du Lot, un département d'Occitanie qui est plutôt épargné par le Covid-19. La mal-aimée Agence régionale de santé concernée a dû accepter l'humiliation, envoyant un communiqué dans la nuit de jeudi à vendredi, indiquant qu'il s'agit "vraisemblablement" d'une erreur. Même plantage sur le département du Cher, où la préfecture reconnaît une erreur et erreur aussi en Haute-Corse, confirme l'ARS. Va-t-elle apprendre l'humilité ?

Un surévaluation du passage aux urgences pour suspicions de Covid-19

Observateurs pointilleux des protocoles, les ARS travaillent-elles à la louche et au pifomètre? 
ImageCette carte litigieuse a été construite sur le calcul d’un indicateur qui compare le nombre de passage aux urgences pour suspicions de coronavirus et le nombre total de passages aux urgences, explique l'ARS, espérant perdre en chemin les "illettrés". Ces indicateurs chiffrés sont renseignés par chacun des centres hospitaliers partout en France. 

Mais, comme il fallait s'y attendre en macronie, c'est la faute du Lot !
"Une analyse rapide de ces données a conclu qu'un nombre de prélèvements récemment effectués par des services d’urgence lotois avait conduit ces dernières semaines à surévaluer le pourcentage de passages aux urgences pour suspicion de coronavirus par rapport à la réalité. 

L’indicateur retenu au niveau national s’en est trouvé vraisemblablement faussé par le département du Lot." L'ARS assure que "les données imputées par erreur vont être rectifiées dans les centres hospitaliers concernés" pour que l’indicateur calculé pour le Lot le soit de la même manière que dans les autres départements. L’ARS Occitanie a saisi Santé Publique France.

Or, le nombre d’hospitalisations est en baisse dans ce département du Lot (de 27 personnes au 22/04 à 15 au 30/04) et le nombre de personnes hospitalisées en réanimation est passé de 9, le 22 avril, à une seule personne, le 30 avril.

La Haute-Corse également en rouge... par erreur

Troisième carte: synthèse
Ce jeudi soir, l'ARS de Corse avait également publié un communiqué classant également la Haute-Corse en zone à risques: la communauté a vu rouge. 
Le réflexe de l'ARS n'a pas surpris, puisqu'elle met en cause les comptages locaux. "Les modalités de codage par le centre hospitalier de Bastia entraînent une surestimation du nombre de passages aux urgences pour Covid en décalage avec le nombre de cas testés positifs", pouvait-on lire, bien que l'ARS n'ait rien suspecté. "Une fiabilisation et une correction des données interviendront au plus vite," ajoute-elle, se donnant le beau rôle.

La carte de déconfinement a pu surprendre par ailleurs, avec l'apparition d'une troisième couleur surprise qui ajoute à la complexité de la situation: le orange. Olivier Véran le ministre de la Santé, a précisé ce jeudi soir : les "les zones orange sont là où il n'y a pas d'indicateur en rouge mais il y a un indicateur au-dessus des normes et seuils fixés" arbitrairement. 
"S'il y a moins de 6 % [plutôt que 5 ou 7%] des habitants qui vont aux urgences pour suspicion de coronavirus, le département apparaît en vert. Si c'est entre 6 et 10 % [plutôt qu'entre 7 et 12%], le département apparaît en orange. En rouge, c'est lorsqu'il y a plus de 10 %."
Le Gers et le Tarn en orange : deux autres erreurs ?
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Ils ont forcé sur le cahors, vin rouge AOP:
c'est donc bien la faute des locaux...
Les élus et les préfets n'ont pas été appelés à vérifier les données parisiennes.
C'est ainsi que la préfète du Tarn a découvert la carte et s'est étonnée de la catégorie déterminée depuis Paris. 
Plus tard dans la soirée, son cabinet a envoyé un mail précisant : "nous avons recensé une baisse significative de passages aux urgences pour des pathologies "habituelles" qui a permis aux soignants d'avoir une stratégie beaucoup plus offensive sur les campagnes de dépistage et d'avoir donc de plus nombreuses hospitalisations pour suspicions de Covid 19." Là encore, l'ARS s'est laissée aller à une interprétation qui pourrait donc avoir conduit à une surévaluation.

Cet indicateur de passages aux urgences est étrange du fait de la baisse de passages aux urgences globalement remarquée, mais aussi parce qu'il ne prend pas en compte les passages en centres Covid et enfin parce qu'il s'appuie sur des données journalières du gouvernement. 

En toute hypothèse, un département peut être en rouge hier et en vert ce soir et inversement, ce qui rend d'autant plus complexe la prise de décision localement...

L'ARS et Paris ne comprennent toujours pas que la concertation avec les autorités territoriales est nécessaire. D'autant plus que l'Etat centralisateur  se défausse sur les collectivités territoriales pour prendre, organiser et financer les mesures de terrain. Et régler les contentieux...