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vendredi 1 mai 2020

Les premiers couacs des cartes du déconfinement

Les scientifiques se sont plantés dans leurs analyses: le Lot, le Cher, le Gers et la Haute-Corse, stupéfaits !

La carte de déconfinement présente des erreurs: 
le nivellement des statisticiens par le bas  a-t-il contaminé les "savants"?

Une femme observe à la télévision, le 30 avril à Nancy (Meurthe-et-Moselle), la carte provisoire des départements classés rouge, orange ou vert en fonction de la circulation du Covid-19.
Trois cartes: quelle est celle qui s'impose ?
Les réactions indignées se multiplient après la présentation de la carte de déconfinement liée au coronavirus dans laquelle le Lot est en rouge. L'Agence régionale de santé (ARS) qui se signale par ses diktats admet des erreurs. Erreur aussi pour le Cher ou le Gers et doutes pour la Haute-Corse. 
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Carte de la tension hospitalière du jour
Les ARS ont mis quinze jours pour produire des cartes fausses !
Personne n'a relu la copie avec un minimum de sens critique et n'a eu le bon-sens de noter que le Lot ést un cluster invraisemblable. La présentation de la carte provisoire de déconfinement ce jeudi ressemble donc bien à un énorme couac de bras cassés. Les prétentieux du gouvernement - ceux qui "regardent" au lieu d'"étudier" les questions sujets et de régler les problèmespardon, les problématiques  - ont validé le placement de 35 départements en "rouge", provoquant de très nombreuses réactions d'incompréhension et d'indignation, notamment du Lot, un département d'Occitanie qui est plutôt épargné par le Covid-19. La mal-aimée Agence régionale de santé concernée a dû accepter l'humiliation, envoyant un communiqué dans la nuit de jeudi à vendredi, indiquant qu'il s'agit "vraisemblablement" d'une erreur. Même plantage sur le département du Cher, où la préfecture reconnaît une erreur et erreur aussi en Haute-Corse, confirme l'ARS. Va-t-elle apprendre l'humilité ?

Un surévaluation du passage aux urgences pour suspicions de Covid-19

Observateurs pointilleux des protocoles, les ARS travaillent-elles à la louche et au pifomètre? 
ImageCette carte litigieuse a été construite sur le calcul d’un indicateur qui compare le nombre de passage aux urgences pour suspicions de coronavirus et le nombre total de passages aux urgences, explique l'ARS, espérant perdre en chemin les "illettrés". Ces indicateurs chiffrés sont renseignés par chacun des centres hospitaliers partout en France. 

Mais, comme il fallait s'y attendre en macronie, c'est la faute du Lot !
"Une analyse rapide de ces données a conclu qu'un nombre de prélèvements récemment effectués par des services d’urgence lotois avait conduit ces dernières semaines à surévaluer le pourcentage de passages aux urgences pour suspicion de coronavirus par rapport à la réalité. 

L’indicateur retenu au niveau national s’en est trouvé vraisemblablement faussé par le département du Lot." L'ARS assure que "les données imputées par erreur vont être rectifiées dans les centres hospitaliers concernés" pour que l’indicateur calculé pour le Lot le soit de la même manière que dans les autres départements. L’ARS Occitanie a saisi Santé Publique France.

Or, le nombre d’hospitalisations est en baisse dans ce département du Lot (de 27 personnes au 22/04 à 15 au 30/04) et le nombre de personnes hospitalisées en réanimation est passé de 9, le 22 avril, à une seule personne, le 30 avril.

La Haute-Corse également en rouge... par erreur

Troisième carte: synthèse
Ce jeudi soir, l'ARS de Corse avait également publié un communiqué classant également la Haute-Corse en zone à risques: la communauté a vu rouge. 
Le réflexe de l'ARS n'a pas surpris, puisqu'elle met en cause les comptages locaux. "Les modalités de codage par le centre hospitalier de Bastia entraînent une surestimation du nombre de passages aux urgences pour Covid en décalage avec le nombre de cas testés positifs", pouvait-on lire, bien que l'ARS n'ait rien suspecté. "Une fiabilisation et une correction des données interviendront au plus vite," ajoute-elle, se donnant le beau rôle.

La carte de déconfinement a pu surprendre par ailleurs, avec l'apparition d'une troisième couleur surprise qui ajoute à la complexité de la situation: le orange. Olivier Véran le ministre de la Santé, a précisé ce jeudi soir : les "les zones orange sont là où il n'y a pas d'indicateur en rouge mais il y a un indicateur au-dessus des normes et seuils fixés" arbitrairement. 
"S'il y a moins de 6 % [plutôt que 5 ou 7%] des habitants qui vont aux urgences pour suspicion de coronavirus, le département apparaît en vertSi c'est entre 6 et 10 % [plutôt qu'entre 7 et 12%], le département apparaît en orangeEn rouge, c'est lorsqu'il y a plus de 10 %."
Le Gers et le Tarn en orange : deux autres erreurs ?
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Ils ont forcé sur le cahors, vin rouge AOP:
c'est donc bien la faute des locaux...
Les élus et les préfets n'ont pas été appelés à vérifier les données parisiennes.
C'est ainsi que la préfète du Tarn a découvert la carte et s'est étonnée de la catégorie déterminée depuis Paris. 
Plus tard dans la soirée, son cabinet a envoyé un mail précisant : "nous avons recensé une baisse significative de passages aux urgences pour des pathologies "habituelles" qui a permis aux soignants d'avoir une stratégie beaucoup plus offensive sur les campagnes de dépistage et d'avoir donc de plus nombreuses hospitalisations pour suspicions de Covid 19." Là encore, l'ARS s'est laissée aller à une interprétation qui pourrait donc avoir conduit à une surévaluation.

Cet indicateur de passages aux urgences est étrange du fait de la baisse de passages aux urgences globalement remarquée, mais aussi parce qu'il ne prend pas en compte les passages en centres Covid et enfin parce qu'il s'appuie sur des données journalières du gouvernement. 

En toute hypothèse, un département peut être en rouge hier et en vert ce soir et inversement, ce qui rend d'autant plus complexe la prise de décision localement...

L'ARS et Paris ne comprennent toujours pas que la concertation avec les autorités territoriales est nécessaire. D'autant plus que l'Etat centralisateur  se défausse sur les collectivités territoriales pour prendre, organiser et financer les mesures de terrain. Et régler les contentieux...

samedi 9 novembre 2019

La réforme des retraites fissure le gouvernement

Cet engagement du candidat Macron a du mal à passer dans l'exécutif

"Ils ne sont pas calés" ! Traduire : absence de concertation ou réforme controversée au coeur du réacteur ?

Il est passé le temps des câlins...


Les déclarations péremptoires du Haut-Commissaire à la réforme des retraites provoquent une onde de choc de l'Elysée à Matignon. 
Le secrétaire général de la CFDT appelle pour sa part le gouvernement à "sortir du bois"Laurent Berger estimant que les hésitations de l'exécutif donnent à penser que Macron et Philippe "auraient peur" de lancer la réforme. 

Le Haut-Commissaire est contredit par Macron
Ce jeudi 7 novembre, Jean-Paul Delevoye a rejeté la "clause du grand-père", qui consiste à n'appliquer qu'aux seuls nouveaux entrants la prochaine réforme des retraites. 
La très vive réaction du porteur de la réforme - une fin de non-recevoir catégorique - a fait bondir l'exécutif. En Conseil des ministres, Macron aurait lancé aux membres du gouvernement un appel à ne pas se prononcer sur "ce qui serait une bonne réforme ou pas", rapporte France 3. "Le débat est ouvert. Mon rôle est d'apporter des contributions au débat", a déclaré Jean-Paul Delevoye, plus fuyant, ce vendredi matin .


"Je pense surtout que ça révèle qu'ils ne sont pas calés", a commenté Laurent Bergerce vendredi 8 novembre, au micro de RTL. 
Il n'empêche que des instituts de sondages sortent des chiffres de confiance donnant à penser que la population sait ce qui les attend et maquillent l'inquiétude des Français. Lien PaSiDupes Retraites : près d'un Français sur deux ne marche pas dans la réforme Macron

Au cours de cet entretien, le secrétaire général de la CFDT en a profité pour demander au gouvernement d'
"éclaircir sa position sur la pénibilité, sur les carrières des femmes, sur les régimes particuliers". "Je dis au gouvernement, c'est le moment de donner des gages !", a t-il lancé, mettant le quadra au pied du mur.
"Le gouvernement doit redonner du sens à la réforme qu'il veut porter, en disant 'on veut une réforme juste, qui va réduire les inégalités que subissent les femmes, les carrières précaires, ceux qui ont des métiers pénibles, ceux qui ont travaillé un peu dans le privé et un peu dans le public et qui sont pénalisés au moment de la retraite', en gros, qu'il dise les éléments de progrès qui doivent être contenus dans cette réforme", a souligné le leader syndicat réformiste, jusqu'ici suiveur de Macron. 
"S'il ne le dit pas, il donne à penser que cette réforme serait une punition et si c'est une punition, personne ne l'acceptera", a-t-il mis en garde. 
Or, "aujourd'hui, le gouvernement, par ses atermoiements, donne à penser que cette réforme, ils en auraient peur parce qu'elle serait punitive", a t-il conclu.

"Pas de divergences de ligne", nie Ndiaye

"C'est le premier ministre qui est le chef du gouvernement et qui, à ce titre, met en œuvre la politique qui lui est demandée par le président de la République," a 
déclaré Sibeth Ndiaye, à propos des couacs monumentaux du gouvernement, non seulement en langue de bois, mais pour ne rien dire.

La porte-parole du gouvernement  a prétendu qu'
"il n'y a pas de divergences de ligne à l'intérieur du gouvernement", continuant à se discréditer à chaque prise de parole.

L'exécutif cherche toujours sa voie
Edouard Philippe avait avoué mercredi soir que le gouvernement a "ouvert toutes les pistes s'agissant de la transition" vers un nouveau système.  

Les arbitrages tardent à venir, mais, dans l'attente, les entreprises de sondages jouent leur rôle de manipulation de la population en sortant des appréciations-bidons de sondés qui en sauraient plus sur le sujet, à les en croire, que le premier ministre. 

mardi 8 janvier 2019

Le grand débat national cale au démarrage avec le départ de Chantal Jouanno

La présidente de la Commission nationale du débat public descend en marche

Chantal Jouanno a expliqué ce retrait, mardi, par la polémique portant sur sa rémunération




Chantal Jouanno a décidé de se lâcher le manche à balai du coucou télécommandé par Emmanuel Macron : son 'grand débat national' décollera le 15 janvier, comme si de rien n'était, pour l'heure sans pilote à bord, et devra répondre à la crise sociale portée par les 'gilets jaunes'.  La présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP) l’a annoncé mardi 8 janvier au 20h00 de France 2, expliquant ce retrait par la polémique portant sur sa rémunération. Vérité partielle...
 
Son salaire s’élève à 14.666 euros brut mensuels, soit un revenu quasi équivalent à celui du président de la République ou du premier ministre, qui touchent chacun 15.140 euros brut par mois. "J’ai décidé de me retirer du pilotage de ce débat", a déclaré l’ancienne ministre des Sports (2010-2011) de Nicolas Sarkozy à France 2, estimant que les débats provoqués par son niveau de salaire sont "légitimes", mais que les "conditions de sérénité nécessaires pour ce débat" ne sont plus assurées, depuis cette révélation. "C’est une décision que j’ai prise parce que je crois en ce débat (...) plus que nécessaire", a-t-elle poursuivi.

Mais si elle cède la direction du grand débat,
la fine mouche conserve la présidence de la Commission nationale du débat public, avec son salaires et les avantages attachés à la fonction.
La Commission nationale du débat public (CNDP) a été créée en 1995 par la loi Barnier relative au renforcement de la protection de l'environnement. La CNDP est devenue une autorité administrative indépendante (AAI) en 2002,à qui la loi confie la mission de "veiller au respect de la participation du public au processus d'élaboration des projets d'aménagement ou d'équipement d'intérêt national de l'État, des collectivités territoriales, des établissements publics et des personnes privées, relevant de catégories d'opérations dont la liste est fixée par décret en Conseil d'État, dès lors qu'ils présentent de forts enjeux socio-économiques ou ont des impacts significatifs. Mais elle n'a pas à se prononcer "sur le fond des projets qui lui sont soumis".
Le grand débat national qui se profile n'est pas encadré seulement par Macron. 
Promis par Macron le 10 décembre dernier, ce que certains gilets jaunes dénoncent déjà comme une "mascarade" a pour mission de redonner la parole à tous les Français pour faire naître une "réflexion profonde et partagée", "partout sur le terrain", selon les mots du président, et "bâtir le socle de notre nouveau contrat pour la Nation".

Or, cette consultation comporte un cadre et des règles qui ne sont pas aussi floues qu'on le dit: même si les maires, censés être les garants des discussions, commencent à s'impatienter, voire à s'inquiéter, elle est contrainte. "Outil de la réconciliation" pour Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat au Numérique, "auberge espagnole où tout le monde apportera sa contribution", pour Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes, le grand débat est le remède miracle pour ramener la sérénité sur tout le territoire national, ronds-points compris.

Même si la démission de Jouanno est un mauvais signal de départ, le grand débat ne sera pas improvisé. Il doit se dérouler en deux phases
La première est en cours : elle consiste à mettre à disposition des citoyens des "cahiers de doléances" dans les mairies dans lesquels ils peuvent inscrire leurs préoccupations. Et la seconde, qui doit démarrer à la mi-janvier et s'achever à la mi-mars, doit être celle des échanges sur tout le territoire national. 
Ils auront lieu à l'occasion d'une "multitude de réunions d'initiative locale", comme le détailla Chantal Jouanno, dans les colonnes du Journal du Dimanche, ce 6 janvier, avant de tirer sa révérence, le 8, et organisées "à l’échelle d’une famille, d’un quartier, d’un village, d’une association ou d’un syndicat".
Sur le site du gouvernement, on découvre que les "citoyens, associations, collectifs, élus, entreprises, syndicats, etc. souhaitant organiser des réunions locales" pourront demander à la CNDP un... "kit d'accompagnement des réunions" et son enregistrement, mais aussi des "stands mobiles" pour recueillir les avis ainsi qu'un "accompagnement" pour l'organisation d'un "atelier". 

L'expression sera-t-elle donc libre ? 
Elle est d'ores et déjà pour le moins encadrée.
Depuis 2016, une Charte de la participation du public liste les bonnes pratiques en matière de participation du public, rappelant les valeurs et principes qui définissent le socle d’un processus participatif vertueux. L'adhésion à la charte est volontaire, tout comme son application.

Ces discussions ne pourront porter que sur quatre thèmes fixés par le gouvernement : "la transition écologique", "la fiscalité et les dépenses publiques", "la démocratie et la citoyenneté" et "l'organisation de l’Etat et des services publics". Exit donc les questions sur l'immigrationle mariage pour tous et la PMA ou la GPA pour s'éviter de craquer de nouvelles allumettes... Et qu'importe si Emmanuel Macron insistait, dans son allocution du 10 décembre, pour que cette question soit "affrontée" par les Français. Pour éviter que les échanges ne "partent dans tous les sens", comme le redoute Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement.

Des couacs autour du 'grand débat', comme autour de la taxe d'habitation

Le cadrage de la consultation populaire est déjà fragilisé. Ce lundi 7 janvier sur Europe 1, Chantal Jouanno a annoncé, en contradiction totale avec les règles émises par le gouvernement, qu'"aucun thème ne sera interdit". Cela veut-il dire que l'abrogation du mariage pour tous pourra être discutée ?  "Si des personnes veulent organiser une réunion pour rouvrir ce débat, elles sont parfaitement libres de le faire", a-t-elle répondu. 
Pourtant, quelques minutes plus tôt sur France Inter, le porte-parole du gouvernement, l'illustre spécialiste de la montée du nazisme, Benjamin Griveaux, assurait le contraire… Un désordre qui dessine une improvisation totale : si, dans la forme, les maires vont disposer d'un 'kit', rien ne semble arrêté sur le fond, au grand désarroi de ces maires qui auront la charge d'animer ces débats dans la sérénité requise, mais qui devront faire face aux conséquences de ce micmac sur le terrain, en plus de faire remonter le contenu des doléances et des discussions au CNDP, par mail. 
Depuis, Chantal Jouanno a "clarifié" ses propos dans un tweet. "J’indiquais que chacun est libre d’organiser un débat sur le sujet qu’il souhaite. Il n’est pas dans mon pouvoir de censurer les sujets", a-t-elle précisé. Ce qui ajoute à la confusion en ne réglant rien.

L’ancienne ministre UDI a précisé qu’elle reste toutefois présidente de la CNDP.
"Le gouvernement prend acte de la décision de Chantal Jouanno et proposera à l’issue du séminaire gouvernemental (mercredi) une organisation et un mode de pilotage du grand débat national qui présenteront des garanties équivalentes en termes d’indépendance et de neutralité", a réagi Matignon. 

"Ceci dit, je remets dans les mains du président de la République et du gouvernement en général, le niveau de rémunération de la présidente de la CNDP qu’il leur appartiendra d’arbitrer, comme les autres rémunérations des autorités indépendantes et des hauts fonctionnaires," a ajouté l'ex-championne de France de karaté, nommée par Macron, en mars 2018. En même temps, le "boxeur de CRS", Christophe Dettinger, est champion de France poids lourds-légers (2007 et 2008).

Empêtré depuis bientôt plus de deux mois dans la crise sociale sans précédent des Gilets jaunes, Emmanuel Macron semble subir les événements. Et les démissions se multiplient autour de lui, avec Sylvain Fort, outre Jouanno, avant d'autres dans les tuyaux...
Après avoir parrainé Nathalie Kosciusko-Morizet pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016, celle qui servit Nicolas Sarkozy soutint finalement Alain Juppé... En raison de l'affaire visant Fillon, LR, elle lâcha le candidat de sa famille politique, durant la campagne présidentielle.


jeudi 6 décembre 2018

Amateurisme des prétentieux : le rétropédalage du gouvernement sur la hausse de la taxe carbone

Du moratoire à l'annulation, le rétropédalage des bras-cassés du gouvernement sur la hausse de la taxe carbone

L'Elysée a annoncé, mercredi soir, l'annulation de l'augmentation de la taxe carbone pour 2019

Résultat de recherche d'images pour "tango"Or, la veille, le premier ministre, Edouard Philippe, évoquait pourtant un moratoire de six mois sur cette hausse.
L'exécutif fait marche arrière et ces braves gens expliquent leur rétropédalage en se parant des vertus de l'écoute attentive et de la compréhension bienveillante dont ils ont pourtant si peu fait montre jusqu'ici : l'Elysée et Matignon sont tombés d'accord pour assurer qu'ils ont entendu la "colère" grave et "insaisissable" des "gilets jaunes"

Alors qu'il assurait maintenir le cap, affirmant et réaffirmant sa volonté d'augmenter la taxe sur les carburants au 1er janvier 2019,
le gouvernement a finalement cédé aux manifestants pourtant inorganisés, répondant à leur première revendication des Gilets jaunes : l'annulation de cette hausse de la taxe carbone qui frappe les automobilistes à la pompe, sans distinction de revenus. La hausse de plus de 40 centimes d'euros sur le diesel, en seulement quelques semaines, continue toutefois de grever tous les budgets, indistinctement.
La taxe carbone, un prélèvement fiscal pesant inégalement sur les produits énergétiques en fonction de leur niveau d'émission de CO2, devait passer de 44,60 à 55 euros la tonne de CO2 au 1er janvier 2019. Avant que les 'Gilets jaunes' ne prennent le mors aux dents, les taxes sur le gazole devaient ainsi augmenter de 6,5 centimes par litre l'année prochaine et les taxes sur l'essence de 2,9 centimes par litre. Elles étaient d'autant plus mal perçues que la tendance cours du Brent (prix du pétrole brut) est plutôt à la baisse depuis octobre et que le fruit de cet impôt indirect était détourné de l'écologie au profit du budget général de l'Etat...
De l'annonce d'un moratoire de six mois sur cette hausse, mardi 4 décembre, à l'annulation de l'augmentation en 2019, mercredi 5, retour sur les cinq actes du rétropédalage de l'exécutif

Résultat de recherche d'images pour "tango Macron Philippe"

1 - Sous la pression de la rue, Matignon annonce un moratoire de six mois

La journée de mardi marque un tournant dans la réponse du gouvernement face au mouvement des "gilets jaunes". Tôt dans la matinée, Matignon révèle à l'AFP que le Premier ministre, Edouard Philippe, va annoncer un moratoire sur la hausse des taxes sur les carburants.

Selon une source gouvernementale, la mesure a été décidée lors d'une réunion de crise, présidée par Emmanuel Macron lundi soir. Quarante-huit heures plus tôt, de graves violences ont éclaté à Paris, en marge de l'"acte 3" de la mobilisation des "gilets jaunes". La situation est critique : 133 personnes ont été blessées et 412 ont été interpellées. 

L'idée d'un moratoire de six mois sur cette augmentation était présente dans une première version du discours d'Emmanuel Macron sur la transition écologique, mardi 27 novembre. Le président l'a finalement supprimée du texte final, au cours de son allocution... 

2 - Edouard Philippe confirme ce moratoire

Lors d'une allocation depuis l'Hôtel de Matignon, le chef du gouvernement annonce, quelques heures plus tard,, un ensemble de mesures en réponse à la mobilisation des "gilets jaunes". Edouard Philippe promet alors "une suspension pendant six mois de la hausse de la taxe carbone, de la convergence diesel-essence et de la hausse de la fiscalité sur le gazole entrepreneur non routier".

Ces augmentations "ne s'appliqueront pas avant d'être débattues par toutes les parties prenantes" pendant la concertation sur les réponses à apporter aux "gilets jaunes", poursuit-il. "Il faut mettre en œuvre des mesures d'accompagnement. Si on ne les trouve pas, nous en tirerons les conséquences", lance le Premier ministre.
A ce moment-là, Edouard Philippe n'exclut donc pas l'inscription de l'augmentation dans un budget rectificatif "au printemps", à l'issue des débats sur les solutions à apporter aux "gilets jaunes".

3 - Le premier sinistre évoque une annulation

Changement de ton mercredi matin. Au cours d'un débat de cinq heures à l'Assemblée nationale sur les mesures annoncées la veille par Edouard Philippe, le Premier ministre va plus loin, dans les concessions faites aux "gilets jaunes". Il ne s'agit alors plus d'un moratoire de six mois, mais d'un abandon pour 2019.
"Si nous ne trouvons pas les bonnes solutions, alors, nous n'appliquerons pas cette taxe." (Edouard Philippe, devant les députés)
Et le locataire de Matignon de conclure en annonçant que "la hausse de cette taxe est désormais abandonnée dans le PLF [projet de loi de finances] 2019". "Elle ne sera pas dans le PLF 2019 et toute solution devra être issue du débat", ajoute-t-il. Ses mesures sont approuvées par les suiveurs de la majorité présidentielle à l'Assemblée nationale, par 358 voix contre 194. 

4 - L'Elysée confirme une hausse "annulée"

Mercredi soir, l'Elysée tente de clarifier la position du gouvernement. La présidence annonce ainsi que l'augmentation de la taxe carbone au 1er janvier n'est pas "suspendue, ni différée", mais purement et simplement "annulée". L'Elysée enterre donc le soir le moratoire de six mois proposé par Edouard Philippe la veille, et déjà remis en cause par le premier ministre lui-même trois heures plus tôt, au Palais Bourbon.

5 - L'exécutif nie tout différend

Peu après cette annonce, la présidence précise ses propos dans un communiqué, relève Le Monde. L'Elysée assure alors que "le président et le Premier ministre ont souhaité de concert que la hausse de la taxe carbone prévue dans le PLF 2019 soit supprimée". Il nie ainsi tout désaveu du Premier ministre par Emmanuel Macron.

Le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, a justifié lui aussi les changements de pieds successifs de l'exécutif, mercredi soir, sur BFMTV, lors d'un débat avec des "gilets jaunes". "Le président (...) m'a dit : 'Les gens ont eu l'impression qu'il y avait une entourloupe, qu'on leur disait, c'est une suspension, mais hop, ça reviendra après'", a défendu le ministre.

"Il n'y a aucun différend" entre le chef du gouvernement et le président, a dû nier de son côté le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, sur France 2 jeudi matin. "La taxe sur les carburants est supprimée pour 2019; je pense que le message est suffisamment clair." Il fallait oser cette audace de la clarté... 




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🗨️ @BrunoLeMaire "Il n'y a aucun différend entre le Président et le Premier ministre, on tirera les leçons au moment venu." @telematin

Et il n'empêche que le député LREM Gilles Le Gendre a le front d'affirmer que l'exécutif est "trop intelligent" et "trop subtil" pour que les Français puissent comprendre la "pensée complexe" du président et de ses valets.

mardi 19 septembre 2017

LREM adopte le style arrogant des cadres supérieurs d'entreprise au CAC 40

Macron impose des séances de 'team-building' à ses député(e)s

Pédant et arrogant,
le chef de l'Etat se prend pour un grand patron de multinationale et veut transformer la France en entreprise à l' américaine


Les députés LREM se retrouvent en séminaire lundi et mardi
Le nombre n'est pas une garantie de qualité
Humilié par les couacs et bourdes en rafales de ses bleus à l'Assemblée nationale, Macron veut prévenir les nouveaux errements de ses recrues, prétentieuses  mais incompétentes. Toujours pas jugés aptes, quatre mois plus tard, à suivre un 'colloque', les 314 députés LREM ont été convoqués en stage de formation initiale, pompeusement qualifié de 'séminaire'. Pendant deux jours, lundi et mardi, les élus de la majorité présidentielle, avec 75% de néophytes, ont été parqués aux Docks d'Aubervilliers en ...Seine-Saint-Denis.

Le parti du président a fait appel à un directeur de communication et à plusieurs spécialistes du management collectif pour renforcer la cohésion du groupe. A ce titre, ce "séminaire de cohésion" s’inspira directement des techniques de management entrepreneurial.



S'ils reconnaissent qu'ils ont besoin d'apprendre, leur patron Richard Ferrand, nie en revanche, non seulement ses mauvaises pratiques éthiques personnelles, mais aussi s'être laissé tromper par les grands airs de ses cadets. Critiqué pour son absence dans le débat politique et à l'Assemblée pour guider ces ignorants aux dents longues, il est également dans le déni des débuts catastrophiques des petits nouveaux qui n'ont pas craint un seul instant de s'improviser  président(e)s de séance, livré(e)s à eux-mêmes et ridicules au perchoir. "Nous estimons que le travail accompli pendant la session extraordinaire démontre que nous sommes en capacité d'agir. Le but, c'est que nous nous connaissions mieux", a commenté le chef du groupe de la majorité présidentielle... désigné par l'Elysée.

Ce tweet du président de l'Assemblée en dit déjà long sur le déphasage du souverain républicain :
Autre mauvais signal envoyé au peuple, dès la rentrée, c'est le jargon employé n'a pas manqué de choquer les 'vrais gens' que les américanismes rebutent et humilient, tant il est vrai que le 'team-building' (le 'développement de l'esprit d'équipe' n'est pas une terminologie assez 'glamour' pour un fan de Californie, en semaine, et de Las Vegas, en fin de semaine) ou le 'co-working' fait d'eux des étrangers dans leur propre pays.

Et puis,
autre erreur psychologique des parvenus au pouvoir, l'imitation des méthodes apparues Outre-Atlantique il y a maintes et maintes années, leur apparaît pour ce qu'elle est, une incohérence d'en haut où on prétend ringardiser l'"ancien monde" en bâtissant celui "de demain", avec de vieilles recettes.

Les députés LREM doivent revoir leur comportements et leur discours.
 

Après les cafouillages à répétition lors de leurs premières séances à l'Assemblée nationale, des "anciens" de la politique, tel le grâcieux Olivier Dussopt, lui-même ex-jeune du Palais Bourbon, étaient justifiés à  dénoncer le manque d'expérience de la nouvelle majorité et des ...flottements. Les impatiences d'un Dussopt ne s'expliquèrent pourtant pas temps par son expérience d'apparatchik et de professionnel de la politique que par son opposition de socialiste (Nouvelle Gauche) à la majorité...

VOIR et ENTENDRE l'étendue de l'inconscience des nouveaux venus sur leur niveau réel d'incompétence : 

Félicitations aux électeurs de la Vienne et aux "Jeunes avec Macron" : le député Sacha Houlié (LREM) décrochera le pompon en n'hésitant pas à trouver à sa convenance la manière dont sont menés les débats : si le qualificatif de "crevure" est peut-être excessif, celui de "godillot" n'est pas inapproprié.

Or, le jeune banquier a fait campagne sur sa volonté de renouveler la classe politique du pays notamment en ouvrant davantage d'espace aux acteurs de la société civile. Un rêve de débutant qui a gravement sous-estimé les dommages prévisibles sur l'image et la qualité du travail de l'institution causés par leur impréparation à des tâches spécifiques requérant des connaissances et des aptitudes particulières: certes, la faillite de l'Etat est inconcevable, mais la France n'est pas une start-up qu'on peut lancer avec des aides et qu'on puisse fermer avec des pertes. 

L'aveu d'un assemblage hétéroclite

Aussi, pour adapter au mieux les députés de sa majorité au milieu et à leur mission, Emmanuel Macron a pris les grands moyens,  leur imposant à tous des séances de 'team-building', une mise sous perfusion autoritaire des élus aux codes de l'entreprise. Au programme, une première journée presque entièrement dévolue au 'co-working", soit, en français prosaïque et ringard, du "travail en équipe", clame les snobs du groupe parlementaire.

"Se rencontrer et commencer à construire une aspiration de groupe", se gargarisent-ils, clairement déficients dans ces domaines. Leurs électeurs savent-ils en outre qu'ils en sont encore à s'interroger sur "mon rôle et mon ambition de député LREM" ?…

Les intitulés des débats sont des copiés-collés de séances de team building en entreprise, et LREM assume, non sans vanité, comme il assume ses plagiats du logo de JO-Paris 2024 ou l'imitation servile d'un artiste italien à l'occasion des Journées du patrimoine à l'Elysée. 
"Il faut des moments de cohésion", explique Hervé Berville, d'origine rwandaise, député  des Côtes-d'Armor et porte-parole du groupe parlementaire, avouant, en creux, un déficit paralysant l'activité parlementaire. 
Et comme dans les séminaires d'entreprise, les députés seront conviés en fin de journée à un apéritif, puis un dîner, avec la présence physique d'Édouard Philippe et de l'ensemble du gouvernement, et une soirée festive.
 
Des ateliers de ré-éducation et de formatage de godillots

La reconversion des entrepreneurs en députés a fait apparaître en effet un fort besoin de préparation des plus éloignés de la chose publique  aux us et coutumes du Palais-Bourbon, en sorte de ne pas renouveler les dérapages en séance.  

La seconde journée sera réservée à l'initiation au travail parlementaire, notamment sur les textes de loi que l'Assemblée nationale examinera prochainement et dont ils devront à leur tour faire la pédagogie et la promotion. Emmanuel Macron a promis aux Français de réformer la France et de la réformer vite. Or, les sujets sont lourds : projet de loi antiterroriste, projet de loi de finances 2018, financement de la Sécurité sociale…

Vademecum et prémâchage
Il est urgent de rendre puceaux et pucelles opérationnels. 
Macron redoute que ses députés ne maîtrisent pas les règles parlementaires incontournables  (dont ils s'étaient affranchis par ignorance, autant que par arrogance juvénile entretenue par les nouveaux-venus aux manettes), pour faire adopter les textes de la majorité sans douleur, ni accrocs. 
Finis les balbutiements et les plantages ? 
Des ateliers par groupe visent à la parade, "Comment être meilleur sur un dépôt d'amendement", par exemple, et à permettront donc de travailler à l'amélioration des techniques parlementaires. Leur arrogance initiale ne les a donc pas quittés, puisque les apprentis prétendent toujours changer le monde, avant même d'en connaître les arcanes.

Ces "green horns" 😉 ne se sont pas montrés à la hauteur de leurs prétentions.
Richard Ferrand avait brûlé les étapes en les jugeant sur leur bonne mine et leur faconde.  Or, ils ont besoin d'une formation intensive d'urgence. "Ces deux jours ensemble vont contribuer à construire une culture commune et à nous saisir en profondeur des grands textes au programme", affirme-t-il à l'hebdomadaire. Tout était ainsi à faire...

Les difficultés de macroniens au "vivre ensemble" à l'Assemblée.

En permanence sous pression, François Ruffin (LFI) implose : "On est dans Le Parrain ou on est dans une commission d'audition à l'Assemblée nationale ?" L'élu se scandalise de la désinvolture et surtout du refus de répondre de Maxence Bigard... qui ne digne pas répondre quand on l'interroge. Le député PS Dominique Potier appuie son collègue - "La civilité des réponses, dans une commission des Affaires économiques, j'ai cinq ans de retour, c'est la première fois que je vois cette attitude !". Las, le cadre du géant de la viande demeure insolemment muet.

VOIR et ENTENDRE l'exaspération des représentants de la nation en commission parlementaire où les élus du parti du président ne parviennent pas à se faire respecter, comme ce fut le cas par Maxence Bigard :

Les oppositions de droite comme de gauche soupçonnent Emmanuel Macron de vouloir recadrer sa majorité 


Du côté du groupe LREM, on se veut confiant, le maître-mot actuel, alors que les sondés successifs lui retirent leur confiance
à l'approche d'une fin d'année parlementaire qui promet d'être mouvementée. "On est perfectible (…), mais ce séminaire n'est en aucun cas un recadrage. Plutôt une montée en puissance", se défend Hervé Berville.

A l'issue du séminaire gouvernemental lundi à l'Élysée, Emmanuel Macron a adressé à ses jeunes recrues un message d'encouragement à se mettre en ordre de bataille pour mieux défendre la "cohérence" des réformes. "Le président nous a encouragés à être pédagogues, à être clairs, à donner du sens à ce que nous faisons", a résumé le premier ministre Édouard Philippe. A preuve qu'étaient donc très justifiées les critiques de l'opposition qui a jusqu'ici recherché cette cohérence et ce sens dans l'action gouvernementale.

"Il est évident qu'en matière d'explications, de pédagogie, de débats, on n'en fait jamais assez", a-t-il insisté, alors qu'ont émergé de leur flou les cinq ordonnances sur la réforme du droit du travail, premier grand chantier social du quinquennat Macron. Les grands et petits entrepreneurs de la Macronie sont donc mobilisés, piétaille y compris, après un été marqué par une communication déficiente qui a tendu à l'opposition les bâtons pour se faire battre, par exemple quand il s'est agi de riposter à la baisse des APL, et bientôt aux sénatoriales.
Pas plus que le trouble Richard Ferrand, l'incertain Edouard Philippe n'est lui-même exempt de tout reproche, après une rentrée médiatique jugée décevante par plusieurs députés de La République en marche, car brouillonne. 


Vers un prochain "séminaire" à l'attention des membres du gouvernement ? 

Souffrant également d'inexpérience politique, certains ministres sont dans le collimateur de la paire exécutive, lui-même peu aguerri : Philippe n'a jamais été ministre et le banquier Macron n'a que deux ans de pratique.  
Il n'empêche que le président, contesté dans les sondages de confiance et dans les manifestations syndicales de rue il y a d'abord l'incapacité de  et parlementaires à inscrire des réformes prises isolément dans "le dispositif global" du programme présidentiel, dixit un député de la majorité. "Ce que nous voulons, c'est que les Français comprennent pleinement, pour ensuite juger, la totalité de ce que nous voulons faire, la cohérence, le sens", a abondé le Premier ministre lundi. 
Non seulement les Français sont des "fainéants", mais ils sont lents à comprendre...