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jeudi 6 décembre 2018

Amateurisme des prétentieux : le rétropédalage du gouvernement sur la hausse de la taxe carbone

Du moratoire à l'annulation, le rétropédalage des bras-cassés du gouvernement sur la hausse de la taxe carbone

L'Elysée a annoncé, mercredi soir, l'annulation de l'augmentation de la taxe carbone pour 2019

Résultat de recherche d'images pour "tango"Or, la veille, le premier ministre, Edouard Philippe, évoquait pourtant un moratoire de six mois sur cette hausse.
L'exécutif fait marche arrière et ces braves gens expliquent leur rétropédalage en se parant des vertus de l'écoute attentive et de la compréhension bienveillante dont ils ont pourtant si peu fait montre jusqu'ici : l'Elysée et Matignon sont tombés d'accord pour assurer qu'ils ont entendu la "colère" grave et "insaisissable" des "gilets jaunes"

Alors qu'il assurait maintenir le cap, affirmant et réaffirmant sa volonté d'augmenter la taxe sur les carburants au 1er janvier 2019,
le gouvernement a finalement cédé aux manifestants pourtant inorganisés, répondant à leur première revendication des Gilets jaunes : l'annulation de cette hausse de la taxe carbone qui frappe les automobilistes à la pompe, sans distinction de revenus. La hausse de plus de 40 centimes d'euros sur le diesel, en seulement quelques semaines, continue toutefois de grever tous les budgets, indistinctement.
La taxe carbone, un prélèvement fiscal pesant inégalement sur les produits énergétiques en fonction de leur niveau d'émission de CO2, devait passer de 44,60 à 55 euros la tonne de CO2 au 1er janvier 2019. Avant que les 'Gilets jaunes' ne prennent le mors aux dents, les taxes sur le gazole devaient ainsi augmenter de 6,5 centimes par litre l'année prochaine et les taxes sur l'essence de 2,9 centimes par litre. Elles étaient d'autant plus mal perçues que la tendance cours du Brent (prix du pétrole brut) est plutôt à la baisse depuis octobre et que le fruit de cet impôt indirect était détourné de l'écologie au profit du budget général de l'Etat...
De l'annonce d'un moratoire de six mois sur cette hausse, mardi 4 décembre, à l'annulation de l'augmentation en 2019, mercredi 5, retour sur les cinq actes du rétropédalage de l'exécutif

Résultat de recherche d'images pour "tango Macron Philippe"

1 - Sous la pression de la rue, Matignon annonce un moratoire de six mois

La journée de mardi marque un tournant dans la réponse du gouvernement face au mouvement des "gilets jaunes". Tôt dans la matinée, Matignon révèle à l'AFP que le Premier ministre, Edouard Philippe, va annoncer un moratoire sur la hausse des taxes sur les carburants.

Selon une source gouvernementale, la mesure a été décidée lors d'une réunion de crise, présidée par Emmanuel Macron lundi soir. Quarante-huit heures plus tôt, de graves violences ont éclaté à Paris, en marge de l'"acte 3" de la mobilisation des "gilets jaunes". La situation est critique : 133 personnes ont été blessées et 412 ont été interpellées. 

L'idée d'un moratoire de six mois sur cette augmentation était présente dans une première version du discours d'Emmanuel Macron sur la transition écologique, mardi 27 novembre. Le président l'a finalement supprimée du texte final, au cours de son allocution... 

2 - Edouard Philippe confirme ce moratoire

Lors d'une allocation depuis l'Hôtel de Matignon, le chef du gouvernement annonce, quelques heures plus tard,, un ensemble de mesures en réponse à la mobilisation des "gilets jaunes". Edouard Philippe promet alors "une suspension pendant six mois de la hausse de la taxe carbone, de la convergence diesel-essence et de la hausse de la fiscalité sur le gazole entrepreneur non routier".

Ces augmentations "ne s'appliqueront pas avant d'être débattues par toutes les parties prenantes" pendant la concertation sur les réponses à apporter aux "gilets jaunes", poursuit-il. "Il faut mettre en œuvre des mesures d'accompagnement. Si on ne les trouve pas, nous en tirerons les conséquences", lance le Premier ministre.
A ce moment-là, Edouard Philippe n'exclut donc pas l'inscription de l'augmentation dans un budget rectificatif "au printemps", à l'issue des débats sur les solutions à apporter aux "gilets jaunes".

3 - Le premier sinistre évoque une annulation

Changement de ton mercredi matin. Au cours d'un débat de cinq heures à l'Assemblée nationale sur les mesures annoncées la veille par Edouard Philippe, le Premier ministre va plus loin, dans les concessions faites aux "gilets jaunes". Il ne s'agit alors plus d'un moratoire de six mois, mais d'un abandon pour 2019.
"Si nous ne trouvons pas les bonnes solutions, alors, nous n'appliquerons pas cette taxe." (Edouard Philippe, devant les députés)
Et le locataire de Matignon de conclure en annonçant que "la hausse de cette taxe est désormais abandonnée dans le PLF [projet de loi de finances] 2019". "Elle ne sera pas dans le PLF 2019 et toute solution devra être issue du débat", ajoute-t-il. Ses mesures sont approuvées par les suiveurs de la majorité présidentielle à l'Assemblée nationale, par 358 voix contre 194. 

4 - L'Elysée confirme une hausse "annulée"

Mercredi soir, l'Elysée tente de clarifier la position du gouvernement. La présidence annonce ainsi que l'augmentation de la taxe carbone au 1er janvier n'est pas "suspendue, ni différée", mais purement et simplement "annulée". L'Elysée enterre donc le soir le moratoire de six mois proposé par Edouard Philippe la veille, et déjà remis en cause par le premier ministre lui-même trois heures plus tôt, au Palais Bourbon.

5 - L'exécutif nie tout différend

Peu après cette annonce, la présidence précise ses propos dans un communiqué, relève Le Monde. L'Elysée assure alors que "le président et le Premier ministre ont souhaité de concert que la hausse de la taxe carbone prévue dans le PLF 2019 soit supprimée". Il nie ainsi tout désaveu du Premier ministre par Emmanuel Macron.

Le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, a justifié lui aussi les changements de pieds successifs de l'exécutif, mercredi soir, sur BFMTV, lors d'un débat avec des "gilets jaunes". "Le président (...) m'a dit : 'Les gens ont eu l'impression qu'il y avait une entourloupe, qu'on leur disait, c'est une suspension, mais hop, ça reviendra après'", a défendu le ministre.

"Il n'y a aucun différend" entre le chef du gouvernement et le président, a dû nier de son côté le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, sur France 2 jeudi matin. "La taxe sur les carburants est supprimée pour 2019; je pense que le message est suffisamment clair." Il fallait oser cette audace de la clarté... 




Embedded video

🗨️ @BrunoLeMaire "Il n'y a aucun différend entre le Président et le Premier ministre, on tirera les leçons au moment venu." @telematin

Et il n'empêche que le député LREM Gilles Le Gendre a le front d'affirmer que l'exécutif est "trop intelligent" et "trop subtil" pour que les Français puissent comprendre la "pensée complexe" du président et de ses valets.

mercredi 5 décembre 2018

Crise sociale: les annonces improvisées d'Edouard Philippe sont-elles appropriées ?

Les "gilets jaunes" se satisferont-ils d'annonces floues et incomplètes ?

Edouard Philippe persiste à assurer qu'il "entend la colère" qu'il a méprisée pendant quatre semaines 

Résultat de recherche d'images pour "Maître Puntila et son valet Matti"
La révolte citoyenne incarnée par les Gilets jaunes a mis sous pression le gouvernement. Lors d'une allocution télévisée à la mi-journée, ce mardi 4 décembre, Edouard Philippe s'est résolu à annoncer  la suspension - pour six mois - de trois mesures fiscales qui devaient entrer en vigueur au 1er janvier prochain : la hausse de la taxe carbone sur l'essence, le fioul et le diesel, la convergence de la fiscalité du diesel avec celle de l'essence et la hausse du gazole pour les professionnels.

Le premier ministre de Macron n'a fait que repousser à plus tard les mesures impopulaires de Macron : la hausse de la fiscalité sur le carburant est suspendue pour six mois. Les hausses des tarifs de l'électricité et du gaz sont gelées et le durcissement du contrôle technique automobile suspendu.

En actant un moratoire général sur les prix de l'énergie, l'exécutif espère s'offrir six mois de répit sans renoncer à sa ligne politique.
Résultat de recherche d'images pour "Maître Puntila et son valet Matti"Il fait des concessions pour ne pas capituler, misant sur la négociation pour sauver la face et ce qui peut l'être encore. Après avoir opposé sa volonté de "garder le cap" face au mouvement des gilets jaunes en révolte depuis trois semaines contre les atteintes à leur pouvoir d'achat qui creusent le fossé entre les Français, le président des riches, son chambellan et ses serviteurs semblent s'être résolus à changer de logiciel pour que la crise politique et sociale ne tourne pas à la crise de régime.

Longtemps partisan de l'intransigeance face à la masse des "gens qui ne sont rien", "illettrés" ou non, aux syndicats et aux forces de l'opposition républicaine, Jupiter a dû descendre de son piédestal : sans compromis initial, aucun dialogue, aucune sortie de crise n'était plus possible. Une situation hautement inflammable laissant craindre le pire pour la suite du quinquennat, et surtout pour la cohésion de la France toute entière.
"Aucune taxe ne mérite de mettre en danger l'unité de la Nation", a enfin admis Edouard Philippe ce mercredi 5, avant de dévoiler les premières véritables reculades du pouvoir dans cette crise.


Un moratoire : des mesures suspendues mais non mises au rebut. 
Impossible pour autant de renoncer définitivement à toute taxe carbone, point de départ de la mobilisation des gilets jaunes qui dénoncent l'écologie punitive sur les carburants, sans autre raison objective que de combler la dette publique. 
Résultat de recherche d'images pour "Maître Puntila et son valet Matti"
Pris aux pièges de ses arbitrages budgétaires au détriment des travailleurs, même pauvres, et de ses promesses floues de campagne devenues réalité accablante  tombée de l'Olympe, la paire a opté pour une ligne intermédiaire dans l'espoir qu'elle suffise à renouer le dialogue : moratoire général de six mois sur les hausses des taxes touchant les carburants, l'électricité et le gaz, report de l'entrée en vigueur du nouveau contrôle technique automobile. 
Maître Puntila et son valet Matti, le banquier, orgueilleux et calculateur, et le peuple des Gilets jaunes, doté d'un solide bon sens, peuvent-ils se réconcilierLes mesures annoncées par Philippe sont déjà qualifiées de mesurettes.

Macron, risée du monde pour ses reculs face aux Gilets jaunes

Ses homologues ne soutiennent pas Macron

Matteo Salvini "comprend" la fronde des gilets jaunes et "entend" les difficultés de Macron 

Le ministre de l'Intérieur italien a posté un message sur Twitter dimanche soir 25 novembre Matteo Salvini a posté un message de félicitations aux Gilets jaunes, au lendemain de la mobilisation de révolte sociale sur l'avenue des Champs-Elysées . Elle est assortie d'une petite pique à Emmanuel Macron.

Ce tweet est illustré de l'extrait d'un direct réalisé par la chaîne d'information en continu italienne Rai News24, en direct de la célèbre avenue, le samedi 24 novembre. Matteo Salvini y ajoute le commentaire suivant à l'attention des révoltés: "C'est bien de savoir que vous avez des soutiens, même parmi les Français fatigués de Macron...".

Vidéo intégrée
Fa piacere sapere di avere sostenitori anche tra i francesi stanchi di Macron... 😀

Ce n'est pas la première fois que le ministre italien tacle le président de la République, lequel ne cesse de lui adresser des insultes. Par le passé, les deux hommes se sont déjà affrontés sur d'autres thématiques, comme l'immigration.
"Je ne céderai rien aux nationalistes et à ceux qui prônent ce discours de haine. S'ils ont voulu voir en ma personne leur opposant principal, ils ont raison", a-t-il lancé à des journalistes lors de sa visite au Danemark. "Nous aurons dans les prochains jours et les prochains mois à prendre des décisions en profondeur pour traiter le sujet des migrations, cela suppose du sérieux et de l'esprit de responsabilité, en restant attaché à nos valeurs, comme le droit d'asile, avec une vraie politique vis-à-vis des pays d'origine et en interne. Ce n'est pas ce que proposent MM. Orban et Salvini", a-t-il lancé en réponse aux deux dirigeants de pays amis européens.
Le mouvement des Gilets jaunes en était alors à son neuvième jour de contestation, le lundi 26 novembre. Plusieurs blocages se poursuivaient dans l'Hexagone et à la Réunion. Face à la fronde, l'exécutif assurait encore vouloir garder le cap de la transition écologique, mais avec un "pacte social" d'accompagnement dont certaines mesures devaient être détaillées lundi 26, en Conseil des ministres, et qu'Emmanuel Macron disait vouloir expliquer mardi 27. Le 1er décembre, la réponse du peuple était fracassante, avec des violences de rue inédites autour de l'Arc de Triomphe.

Trump ironise sur le recul de Macron et sur l'accord de Paris

Le président américain Donald Trump a ironisé mardi sur les concessions faites par son homologue français Emmanuel Macron aux "gilets jaunes" sur les taxes sur les carburants, démontrant que l'accord de Paris sur le climat était voué à l'échec.

Englué dans une crise qui a atteint un paroxysme samedi avec des scènes de guérilla urbaine à Paris, Macron a effectué trois marches-arrières en annonçant un moratoire sur la hausse de la taxe carbone, un gel des tarifs du gaz et de l'électricité et le contrôle technique qui devait devenir plus strict en janvier prochain, avec des tests renforcés sur l'opacité des fumées et des polluants libérés. 

Ces trois mesures - à portées très disparates - est aussi suspendue sur six mois, c'est-à-dire des reports, sans rétroactivité sur les hausses récentes et brutales sur les carburants, 40 centimes sur le diesel en quelques semaines.

"Je suis heureux que mon ami Emmanuel Macron et les manifestants à Paris soient tombés d'accord sur la conclusion à laquelle j'avais abouti il y a deux ans", a ironisé D. Trump, dont les relations avec le président français n'ont cessé de se refroidir ces derniers mois.

Le président américain fait de la pédagogie pour Macron.
"L'accord de Paris est fondamentalement mauvais car il provoque une hausse des prix de l'énergie pour les pays responsables, tout en donnant un blanc-seing à certains des pires pollueurs au monde", a ajouté le locataire de la Maison Blanche.

Quelques heures après son annonce du retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris, Macron s'en était pris à Trump l'accusant d'une "erreur pour son pays" et d'"une faute pour l'avenir de la planète". 

Populaire auprès de 43% des Américains à la veille des élections de mi-mandat, ou Midterms, début novembre, Donald Trump fait régulièrement l'éloge du "magnifique charbon propre", n'a de cesse de dénoncer cet accord multilatéral scellé fin 2015 dans la capitale française et approuvé par son prédécesseur Barack Obama.
"Je veux de l'air propre et de l'eau propre et j'ai fait des avancées importantes pour améliorer l'environnement en Amérique", a encore fait valoir mardi le président américain, lequel qui conteste régulièrement la propagande d'un changement climatique ou l'ampleur des activités humaines dans ce phénomène cyclique. 

Un peu plus tôt dans la journée, Trump avait battu le fer pendant qu'il est chaud  en retweetant le message d'un commentateur conservateur, Charlie Kirk, créateur de l'organisation conservatrice Turning Point USA, selon lequel la France est secouée par des émeutes "en raison de taxes d'extrême gauche sur l'essence". Turning Point USA s'est donné pour mission de l'organisme est d'"identifier, éduquer, former et organiser les étudiants à promouvoir la responsabilité fiscale, le libre marché et un gouvernement limité." L'association maintient également une liste en ligne, la Professor Watchlist, visant, notamment à recenser les professeurs qui "véhiculent de la propagande gauchiste en classe".


Charlie Kirk, 25 ans, relaie ce message auquel le président américain offre la caisse de résonance de ses 55 millions d'abonnés sur Twitter : "les media n'en parlent presque pas. L'Amérique est en plein boom, l'Europe brûle. Ils veulent cacher la rébellion de la classe moyenne contre le marxisme culturel".

"Les gens scandent +Nous voulons Trump+ dans les rues de Paris", avait ajouté, contre tout évidence, ce jeune homme dans ce message auquel @realDonaldTrump offre la caisse de résonance de ses 55 millions d'abonnés sur Twitter.


Cette vidéo publiée le 2 décembre sur Twitter et relayée au moins 17.000 fois a en effet été tournée en Europe, mais au Royaume-Uni lors de manifestations liées au Brexit, probablement en juin. 

Ce chant aurait parfaitement pu retentir à Paris.

dimanche 2 décembre 2018

Gilets jaunes : les syndicats avaient cautionné le rassemblement du 1er décembre qui a tourné à l'émeute

Après leur rencontre avec Edouard Philippe, les syndicats dépités avaient appelé la population à se joindre au rassemblement

La CGT a appelé "tous les citoyens, les salariés actifs et retraités" à grossir les rangs de la manifestation prévue le samedi 1er à Paris 

Appel  de la CGT, avec mots d'ordre particuliers (image) 
Comme d’autres, les organisations syndicales ont été reçues, vendredi 30 novembre, par le premier ministre, Edouard Philippe, dans le cadre de la préparation de la concertation décentralisée que l’exécutif accepte sous la pression de mettre en place. Et comme d’autres, elles sont reparties déçues de ce rendez-vous censé apporter un élément de réponse au sujet controversé de la sur-fiscalité sur les carburants, élargi au pouvoir d’achat défendu par mouvement des 'gilets jaunes'.

"On a redit qu’il fallait des mesures concrètes. On ne rentre pas dans un processus s’il n’y a pas de marge de manœuvre pour des mesures réelles pour les travailleurs", a expliqué, pour la CFDT, Laurent Berger, le secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), à sa sortie de Matignon. Il est pourtant celui qui se montre le plus ouvert à cette idée de dialogue au plus près du terrain entre associations, corps intermédiaires, élus, Etat et protestataires dont il a lui-même proposé l’idée. Mais "à une seule condition", a-t-il prévenu, sur la défensive, "que ça ne soit pas un jeu de dupes".

Ses homologues sont plus réticents. 
Résultat de recherche d'images pour "Yves Veyrier"
"Les grand-messes qui associent tout le monde, ce n’est pas trop ma tasse de thé. J’ai peur qu’on noie le poisson dans l’eau", considère Yves Veyrier, le nouveau secrétaire général de Force ouvrière (FO), ci-contre, à gauche, qui ne pouvait être présent vendredi. 

Le président de la Confédération française de l’encadrement - Confédération générale des cadres (CFE-CGC),

François Hommeril, est aussi critique (ci-contre, à droite): "Je ne suis jamais contre discuter, mais on est comme les médecins de Molière : on va se retrouver autour du corps malade de la société française pour parler de la taille du bouton ou de la marque du thermomètre. Si c’est ça, ça n’a aucun intérêt. Ça doit se faire sur la politique économique du gouvernement avec laquelle nous sommes en total désaccord."

Le gouvernement jugé "hors sol"

Résultat de recherche d'images pour "Fabrice Angei"
La Confédération générale du travail (CGT) est hostile. "On veut des réponses immédiates et pas des comités Théodule, explique Fabrice Angei, ci-contre en noir, membre du bureau confédéral de la centrale de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Le gouvernement ne peut pas jouer la montre jusqu’à ce que le mouvement s’épuise. Il ne prend pas la mesure de ce qui se passe dans le pays. Il est hors sol et le montre." Pour lui, "seule la mobilisation peut le contraindre à changer son fusil d’épaule". La CGT a appelé "tous les citoyens, les salariés actifs et retraités" à venir, samedi, grossir une manifestation prévue de longue date à Paris contre le chômage et pour le pouvoir d’achat.


Les syndicats en ont aussi profité pour pousser leurs revendications. 
Comme le président de l'UDI et la député LREM, Brigitte Bourguignon, ou les présidents de région, FO a réclamé un "moratoire" sur la hausse des taxes sur les carburants prévue au 1er janvier. 
Avec la CFDT, elle a aussi demandé la généralisation de la prime pour les transports pour les salariés contraints de prendre leur voiture pour aller au travail. 

A la différence de Philippe Portier, CFDT, qui estime qu’Edouard Philippe s’est montré "ouvert", Michel Beaugas, FO, souligne que "le premier ministre n’a pris aucun engagement" sur le sujet. 

Entre rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et suppression de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) pour les retraités, la question de la revalorisation des salaires a également été très présente. Mais, déplore M. Beaugas, "le premier ministre a rappelé qu’il ne faut pas augmenter le coût du travail". Une fin de non-recevoir, selon lui. 

Ces derniers jours, plusieurs confédérations ont regretté l’absence de "coup de pouce" sur le SMIC. Le salaire minimal sera seulement revalorisé de façon automatique au 1er janvier, comme c’est le cas depuis années, a déclaré E. Philippe mardi.

Au-delà du fond, la forme a aussi dérangé. 
D’ordinaire, ce type d’annonce survient après qu’un avis consultatif a été donné par une instance réunissant les partenaires sociaux. Au moment où l’exécutif veut signifier qu’il ne dédaigne pas les corps intermédiaires, comme cela lui a été reproché, c’est au mieux "maladroit" de la part du premier ministre, pointe M. Veyrier. "Cela montre la réalité du mépris que le gouvernement a envers les acteurs sociaux", estime pour sa part M. Angei.

S'il est reproché au mouvement des "gilets jaunes" de ne pas être structuré, voire trop divers, et d'être un interlocuteur insaisissable, que dire des syndicats qui avancent en rangs dispersés malgré leurs cotisations, leur presse et leurs subventions ?

Qui a appelé à se joindre au rassemblement du 1er décembre ?
Outre l'association lycéenne UNL, proche de l'UNEF, FO Transports (FO-UNCP), troisième syndicat du secteur, a appelé à rejoindre le mouvement, contrairement à la CFDT Transports, majoritaire. 

De son côté, la CGT avait appelé les "gilets jaunes" à manifester le 1er décembre.
Sortant de sa réserve, la CGT cherche à reprendre la main sur le combat pour les «attentes sociales» des Français. Mardi, la première organisation syndicale a appelé "tous les citoyens, les salariés actifs et retraités" à manifester le 1er décembre en vue d'exiger "des réponses immédiates et précises" du gouvernement et du patronat sur les thématiques de pouvoir d'achat. L'organisation formule des revendications précises: elle exige notamment une hausse du SMIC à 1800 euros, une prise en charge des transports par les employeurs, une TVA réduite à 5,5% pour les "produits de première nécessité", ainsi qu'une "fiscalité juste, tenant compte des revenus".
Dans son entreprise de récupération du mouvement citoyen, la CGT critique également la politique fiscale sur les carburants, et considère, à l'instar d'autres personnalités comme l'ancienne ministre socialiste de l'Environnement Ségolène Royal, que le gouvernement ..."instrumentalise les enjeux environnementaux" dans le cadre de sa politique fiscale.
Benjamin Cochin, porte-parole du mouvement à Toulouse, s'est dit "heureux que les corps intermédiaires bâillonnés depuis 18 mois sortent du bois; ça nous fait plaisir mais on ne veut pas voir les drapeaux et les pancartes FO (...) Les organisations syndicales sont les bienvenues, mais il ne faut pas se tromper :  les "gilets jaunes" veulent eux-aussi discuter avec le gouvernement", a-t-il déclaré.

LREM a élu Stanislas Guerini, patron de LREM

Un délégué général de la République en marche dans la repentance

"On a été trop éloignés des réalités des Français," première déclaration du patron de LREM , un homme d'affaires

Candidat unique, le néo-député Stanislas Guerini a été élu sans surprise, ce samedi à la tête de LREM, le parti du président, alors que se déroulaient des  émeute de la misère dans Paris.

Le nouveau délégué général du parti présidentiel a obtenu 82 % des voix, lors d’un vote qui n’a attiré que la moitié des membres du Conseil national.  

A 36 ans, on n'attend de cet homme du président, inconnu du grand public,  rien d'autre que l'application des consignes de l'Elysée, car il doit désormais démontrer qu’il est à la hauteur de la tâche, alors que la macronie s'est mise dans le pétrin de l'insurrection des Français anxieux de leur avenir et représentés par les "gilets jaunes" qui sont en lutte pour le pouvoir d'achat des Français.

Quel regard portez-vous sur la mobilisation des "gilets jaunes", marquée hier par d’importantes violences ? lui a demandé Le Parisien

Résultat de recherche d'images pour "stanislas guerini"STANISLAS GUERINI. Les violences sont intolérables. Je réaffirme tout mon soutien à nos forces de l’ordre. Ceux qui s’en prennent à eux et aux symboles de notre nation insultent notre République. Ils ont souillé la mémoire du Soldat inconnu [des éléments de langage classiques empruntés à l'ancien monde]. J’appelle les Gilets jaunes à se désolidariser publiquement de ces actes [appel à la division]. Mais je ne confonds pas ces violences, teintées d’extrémisme et de radicalisation [relents provocateurs de "lèpre nationaliste" et de "peste brune], avec l’expression d’une colère légitime, qui vient de loin [Macron était membre du PS depuis 2006 et a servi le président Hollande, à l'Elysée, puis à Bercy dès 2012 : il est donc responsable politique au sommet de l'Etat depuis six ans]. Des citoyens ont le sentiment [sentiment ou vécu ?] d’être empêchés, invisibles. Ceux-là, il ne faut pas que les écouter : ils n’ont pas besoin de psychologues [et voilà déjà le première marque d'agressivité et de mépris], mais de solutions [en tenant compte des promesses de campagne, elles leur sont annoncées depuis deux ans].

Que doit faire le gouvernement ?

Nous devons tous être obsédés par la mise en œuvre des dispositifs lancés et les montrer concrètement à nos concitoyens [la pédagogie continue !]. Le chèque énergie, la prime à la conversion… Ce n’est pas rien [mais ça ne va pas loin ! Depuis janvier 2018, le chèque énergie - d'un montant de 150 euros, en moyenne, peut-être 200 en 2019) remplace les tarifs sociaux déjà existants du gaz et de l'électricité... Et la prime à la casse est un "prêt vert" mis en place par les banques : 2000 euros, et si vous êtes vraiment trop pauvre (moins de 12,500 euros par an), vous toucherez une "super prime" à la conversion de 4000 euros, si vous avez les moyens de mettre le reste...]. Là où on a pêché, c’est que l’on a été trop technocrates, trop éloignés des réalités des Français. On doit mettre davantage l’attention sur le concret.

Il y a aussi des critiques sur l’arrogance…

Peut-être [il n'en est pas sûr] qu’en voulant aller vite, on a oublié d’écouter. Mais ce n’était pas de l’arrogance. [Vous avez un mauvais ressenti... et nous sommes des incompris]

Faut-il un moratoire sur la hausse des taxes sur les carburants ?

Je ne le crois pas [on garde le cap, sans changer de méthode !]. Cela ne ferait que décaler dans le temps une décision que nous voulons appliquer.

Faut-il, comme plusieurs voix le demandent dans la majorité, évaluer la réforme de l’ISF, ou même revenir dessus ?

Sur l’ISF, comme sur toute la politique fiscale, il faut avoir une approche très pragmatique 😯: est-ce que cela renforce les entreprises et l’emploi en France ? [avec le papa d'Ismaël Emelien (lequel fut conseiller en communication d'Emmanuel Macron au ministère de l'Economie, avant de devenir son conseiller spécial à l'Elysée, Guérini est dans les panneaux solaires, au risque de conflits d'intérêts avec l'obsession de l'empreinte carbone qui a saisi la macronie). Ma conviction personnelle, c’est qu’il faut l’évaluer à l’Assemblée nationale, où l’on a des commissions pour cela, mais pas revenir dessus, parce qu’elle est bonne pour le pays [et le monde de l'entreprise, notamment les panneaux solaires...].

Le rendez-vous de vendredi à Matignon a été raté. Comment renouer le dialogue ?

Ce raté est avant tout celui des Gilets jaunes [et vlan ! Guérini n'est pas prêt à l'autocritique]. Il traduit leurs difficultés d’organisation, mais aussi l’intérêt qu’il y a à avoir des corps intermédiaires.

Ce n’était pas le discours au début du quinquennat !

Résultat de recherche d'images pour "femme noire long cou"
Tout le monde doit se remettre en cause [on vient de noter que Guérini n'est pas monsieur Tout le monde!]. Les corps intermédiaires, les politiques… On entre dans une phase où on leur dit : Chiche ! Pas seulement aux syndicats, mais aux associations, aux entreprises.

Certains, au sein de la majorité, pointent un " problème Edouard Philippe". En fait-il assez ?

Oui. On a un Premier ministre solide. On doit l’aider et non le déstabiliser.

Les manifestants expriment un rejet d’Emmanuel Macron. Comment peut-il rebondir ?

Vu les conditions de l’élection, son caractère, j’ai toujours eu la conviction qu’en fonction des résultats, nous serions sanctifiés ou crucifiés. On est dans un moment difficile, parce que les politiques que l’on mène ne s’appliquent pas suffisamment rapidement. On doit mettre toute notre énergie à essayer de trouver des solutions. [psittacisme]

LREM a été jusqu’à présent atone. Comment peut-elle être un appui pour l’exécutif ?

Il faut remettre les adhérents au cœur de nos préoccupations, leur donner les bons outils pour défendre la politique du gouvernement sur le terrain. La force du parti pendant la campagne, c’est que chacun était acteur et ambassadeur du projet.

Votre élection n’est-elle pas entachée par le manque de démocratie interne ?

C’est un faux sujet. On confond souvent affrontements et débats. Nous étions d’accord sur le fond. Imaginez, dans le moment que vit le pays, si on avait eu une bataille de personnes.

A vous entendre, il y a beaucoup de solutions à trouver… Avez-vous les épaules pour peser au sein de la majorité ?

Etre à la tête de 400.000 Marcheurs [c'était (peut-être) vrai, il y a un an, en novembre dernier], cela a de la valeur. Si je réussis à remettre de la dynamique, le poids politique, il viendra tout seul.

Ils ont du lourd (relou) à la tête de LREM...