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jeudi 6 décembre 2018

Amateurisme des prétentieux : le rétropédalage du gouvernement sur la hausse de la taxe carbone

Du moratoire à l'annulation, le rétropédalage des bras-cassés du gouvernement sur la hausse de la taxe carbone

L'Elysée a annoncé, mercredi soir, l'annulation de l'augmentation de la taxe carbone pour 2019

Résultat de recherche d'images pour "tango"Or, la veille, le premier ministre, Edouard Philippe, évoquait pourtant un moratoire de six mois sur cette hausse.
L'exécutif fait marche arrière et ces braves gens expliquent leur rétropédalage en se parant des vertus de l'écoute attentive et de la compréhension bienveillante dont ils ont pourtant si peu fait montre jusqu'ici : l'Elysée et Matignon sont tombés d'accord pour assurer qu'ils ont entendu la "colère" grave et "insaisissable" des "gilets jaunes"

Alors qu'il assurait maintenir le cap, affirmant et réaffirmant sa volonté d'augmenter la taxe sur les carburants au 1er janvier 2019,
le gouvernement a finalement cédé aux manifestants pourtant inorganisés, répondant à leur première revendication des Gilets jaunes : l'annulation de cette hausse de la taxe carbone qui frappe les automobilistes à la pompe, sans distinction de revenus. La hausse de plus de 40 centimes d'euros sur le diesel, en seulement quelques semaines, continue toutefois de grever tous les budgets, indistinctement.
La taxe carbone, un prélèvement fiscal pesant inégalement sur les produits énergétiques en fonction de leur niveau d'émission de CO2, devait passer de 44,60 à 55 euros la tonne de CO2 au 1er janvier 2019. Avant que les 'Gilets jaunes' ne prennent le mors aux dents, les taxes sur le gazole devaient ainsi augmenter de 6,5 centimes par litre l'année prochaine et les taxes sur l'essence de 2,9 centimes par litre. Elles étaient d'autant plus mal perçues que la tendance cours du Brent (prix du pétrole brut) est plutôt à la baisse depuis octobre et que le fruit de cet impôt indirect était détourné de l'écologie au profit du budget général de l'Etat...
De l'annonce d'un moratoire de six mois sur cette hausse, mardi 4 décembre, à l'annulation de l'augmentation en 2019, mercredi 5, retour sur les cinq actes du rétropédalage de l'exécutif

Résultat de recherche d'images pour "tango Macron Philippe"

1 - Sous la pression de la rue, Matignon annonce un moratoire de six mois

La journée de mardi marque un tournant dans la réponse du gouvernement face au mouvement des "gilets jaunes". Tôt dans la matinée, Matignon révèle à l'AFP que le Premier ministre, Edouard Philippe, va annoncer un moratoire sur la hausse des taxes sur les carburants.

Selon une source gouvernementale, la mesure a été décidée lors d'une réunion de crise, présidée par Emmanuel Macron lundi soir. Quarante-huit heures plus tôt, de graves violences ont éclaté à Paris, en marge de l'"acte 3" de la mobilisation des "gilets jaunes". La situation est critique : 133 personnes ont été blessées et 412 ont été interpellées. 

L'idée d'un moratoire de six mois sur cette augmentation était présente dans une première version du discours d'Emmanuel Macron sur la transition écologique, mardi 27 novembre. Le président l'a finalement supprimée du texte final, au cours de son allocution... 

2 - Edouard Philippe confirme ce moratoire

Lors d'une allocation depuis l'Hôtel de Matignon, le chef du gouvernement annonce, quelques heures plus tard,, un ensemble de mesures en réponse à la mobilisation des "gilets jaunes". Edouard Philippe promet alors "une suspension pendant six mois de la hausse de la taxe carbone, de la convergence diesel-essence et de la hausse de la fiscalité sur le gazole entrepreneur non routier".

Ces augmentations "ne s'appliqueront pas avant d'être débattues par toutes les parties prenantes" pendant la concertation sur les réponses à apporter aux "gilets jaunes", poursuit-il. "Il faut mettre en œuvre des mesures d'accompagnement. Si on ne les trouve pas, nous en tirerons les conséquences", lance le Premier ministre.
A ce moment-là, Edouard Philippe n'exclut donc pas l'inscription de l'augmentation dans un budget rectificatif "au printemps", à l'issue des débats sur les solutions à apporter aux "gilets jaunes".

3 - Le premier sinistre évoque une annulation

Changement de ton mercredi matin. Au cours d'un débat de cinq heures à l'Assemblée nationale sur les mesures annoncées la veille par Edouard Philippe, le Premier ministre va plus loin, dans les concessions faites aux "gilets jaunes". Il ne s'agit alors plus d'un moratoire de six mois, mais d'un abandon pour 2019.
"Si nous ne trouvons pas les bonnes solutions, alors, nous n'appliquerons pas cette taxe." (Edouard Philippe, devant les députés)
Et le locataire de Matignon de conclure en annonçant que "la hausse de cette taxe est désormais abandonnée dans le PLF [projet de loi de finances] 2019". "Elle ne sera pas dans le PLF 2019 et toute solution devra être issue du débat", ajoute-t-il. Ses mesures sont approuvées par les suiveurs de la majorité présidentielle à l'Assemblée nationale, par 358 voix contre 194. 

4 - L'Elysée confirme une hausse "annulée"

Mercredi soir, l'Elysée tente de clarifier la position du gouvernement. La présidence annonce ainsi que l'augmentation de la taxe carbone au 1er janvier n'est pas "suspendue, ni différée", mais purement et simplement "annulée". L'Elysée enterre donc le soir le moratoire de six mois proposé par Edouard Philippe la veille, et déjà remis en cause par le premier ministre lui-même trois heures plus tôt, au Palais Bourbon.

5 - L'exécutif nie tout différend

Peu après cette annonce, la présidence précise ses propos dans un communiqué, relève Le Monde. L'Elysée assure alors que "le président et le Premier ministre ont souhaité de concert que la hausse de la taxe carbone prévue dans le PLF 2019 soit supprimée". Il nie ainsi tout désaveu du Premier ministre par Emmanuel Macron.

Le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, a justifié lui aussi les changements de pieds successifs de l'exécutif, mercredi soir, sur BFMTV, lors d'un débat avec des "gilets jaunes". "Le président (...) m'a dit : 'Les gens ont eu l'impression qu'il y avait une entourloupe, qu'on leur disait, c'est une suspension, mais hop, ça reviendra après'", a défendu le ministre.

"Il n'y a aucun différend" entre le chef du gouvernement et le président, a dû nier de son côté le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, sur France 2 jeudi matin. "La taxe sur les carburants est supprimée pour 2019; je pense que le message est suffisamment clair." Il fallait oser cette audace de la clarté... 




Embedded video

🗨️ @BrunoLeMaire "Il n'y a aucun différend entre le Président et le Premier ministre, on tirera les leçons au moment venu." @telematin

Et il n'empêche que le député LREM Gilles Le Gendre a le front d'affirmer que l'exécutif est "trop intelligent" et "trop subtil" pour que les Français puissent comprendre la "pensée complexe" du président et de ses valets.

dimanche 4 septembre 2016

Les Républicains (LR) se tirent bien de leur campus de La Baule

LR a maintenu son rassemblement de La Baule, quand le PS a annulé son université d'été

Les candidats à la primaire de la droite et du centre ont offert une image acceptable
 

à leurs militants et sympathisants Les Républicains (LR) réunis en campus à La Baule, après une semaine d’attaques et de coups bas. Malgré quelques piques et des vacheries de Fillon, le campus n'a été le lieu d'aucun pugilat ce samedi. Tandis que Nicolas Sarkozy exprimait l'intention  de ne plus répondre aux attaques, Alain Juppé a souhaité un code de bonne conduite et la fin des attaques personnelles.



Les Républicains n'ont pas eu à avancer des "raisons de sécurité", comme invoquées par le PS qui a annulé le 3 juillet l'université d’été de... la Belle Alliance populaire (sic)première du nom, de peur non des islamistes mais de ses propres "frondeurs" et de l'extrême gauche très remontée contre la loi travail imposée par Valls à coups d'articles 49.3. Cette annulation coûte au moins 100.000 euros au PS, révéla le trésorier du parti, Jean-François Debat, un ex-conseiller de Laurent Fabius, mais qui fut applaudie par son hôtesse, la maire de Nantes, Johanna Rolland: 
sur Twitter, la féale de Jean-Marc Ayrault (elle fut son attachée parlementaire avant de faire carrière à Nantes dont il fut le maire) estima que c'est "une décision responsable qui répond à [sa] demande". "Des universités régionales décentralisées" du PS ont lieu dans "cinq à six villes à travers la France", "tout au long du mois de septembre". Un éclatement illustrant bien les fractures du Parti socialiste.


Cette annulation socialiste laisse présager une année présidentielle sous haute tension. "Ça préfigure une campagne très compliquée pour tout le monde, le PS n’est pas le seul objectif, c’est la démocratie dans son ensemble qui est visée", généralisa Cambadélis, son premier secrétaire.
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Le 'bonze de Bordeaux',
A. Juppé s'est juré de rester zen
Affectant la sérénité malgré la montée en puissance de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé dit aimer son surnom de "bonze de Bordeaux" et souhaite un code de bonne conduite pour cette primaire.  L’heure est donc à la trêve chez Les Républicains. "Il paraît qu’on a dit que j’étais le bonze de Bordeaux, s’est amusé l’ancien premier ministre. Donc, je vous l’assure, je vais continuer à faire preuve de calme, de sang-froid et de sérénité parce que c’est ce que les Français souhaitent."

Même François Fillon n’attaque plus Nicolas Sarkozy
Aurait-il compris qu'il est plus cohérent et justifié de cibler François Hollande ? "Oui, François Hollande a été le président des faits divers et des rubriques mondaines, réagissant sur tout et sur n’importe quoi, jusqu’à traiter lui-même le cas Leonarda, en se faisant ridiculiser - et la France avec - par une adolescente! ", a taclé celui qui se présente en "Monsieur Parfait".

Enfin, la primaire va commencer ! souligne Bruno Lemaire, candidat à la primaire Les Républicains, le 03 septembre 2016.
Bruno Lemaire partage cette stratégie de Sarkozy et Juppé. Lui aussi avait réglé sa mire sur l'actuel chef de l'Etat, samedi : "Enfin nous allons pouvoir dans quelques mois nous débarrasser de François Hollande et du socialisme ! Ne boudons pas notre plaisir. Enfin nous allons pouvoir en finir avec un quinquennat qui restera comme le quinquennat de l’humiliation pour les Français et du mensonge."
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Nicolas Sarkozy au campus des Jeunes Républicains
(Le Touquet, Pas-de-Calais, le 13 septembre 2015)
Cette sérénité retrouvée entre les candidats à la primaire à droite rassure les militants qui redoutent plus que tout les divisions de la gauche et une victoire du FN en cas de division à droite. et au centre
L'AFP a évidemment déniché une certaine Françoise: le secret des source permet ce genre de manipulation de l'opinion. Et que dit cette anonyme qui ne croit guère à cette nouvelle trêve: "Je ne vois pas comment ils peuvent, du jour au lendemain, se saluer et dire 'allez, on oublie tout’. Le risque, c’est de voir Marine Le Pen, c’est tout !", estime la militante inconnue, mais vendue comme représentative. 

C'est celui qui a reconstruit l'UMP pour en faire Les Républicains,
Nicolas Sarkozy, qui clôture le campus ce dimanche à la mi-journée.

lundi 11 mai 2015

Elections municipales: le Conseil d'Etat frappe les Hauts-de-Seine de trois annulations

Le Conseil d'Etat sanctionne l'UMP, mais confirme le FN 

La justice est aveugle mais son aveuglement fait bien les choses

Catoire (PS) et Aeschlimann (UMP)
Lundi, le Conseil d'Etat a annulé les élections municipales de  trois villes des Hauts-de-Seine: Clichy, Asnières et Puteaux. 
En revanche, l'élection du maire FN de Villers-Cotterêts est validée dans l'Aisne, malgré les préconisations du rapporteur public, "indépendant" du gouvernement, il va de soi.  

Des municipales en juin 

L'unique mairie socialiste des Hauts-de-Seine, dirigée par l'autocrate Gilles Catoire -successeur de Jacques Delors, père de Martine Aubry- a été invalidée et les électeurs de Clichy-la-Garenne seront de nouveau appelés à voter.
La demande d'annulation faisait suite à des contestations sur la rédaction des bulletins de deux listes de droite qui se disputaient l'étiquette de l'UMP, du Modem et de l'UDI. Le maire socialiste sortant l'avait emporté avec 272 voix d'avance, sur fond, précisément, de divisions à droite. "Ce n'est pas simplement le maire, c'est l'ensemble du conseil municipal qui est invalidé alors qu'on ne nous reproche rien", réagit, dépité, Gilles Catoire. L'édile dénonce une "décision politique" qui "dédouane totalement les partis de droite".

C'est au même motif que les habitants de Puteaux et Asnières retourneront aux urnes.
En mars 2014, l'UMP Manuel Aeschlimann avait été réélu à Asnières.
A Asnières, également en octobre, le tribunal administratif de Cergy avait rejeté un recours déposé contre l'élection de Manuel Aeschlimann. Un opposant socialiste affirmait que des militants UMP avaient "continué à faire campagne au-delà des délais légaux". Le maire UMP fit valoir que "les faits reprochés ne lui [étaient] pas personnellement imputables". Et précisa : "Il n'y avait pas motif à annuler, puisque les pièces déposées au dossier, dont un rapport de police, attestaient qu'il n'y a pas eu de trouble dans le bureaux de vote". Manuel Aeschlimann se dit enfin "pas inquiet" à l'idée de se représenter devant les électeurs : "Nous avons bien avancé sur les dossiers", souligne-t-il.

L'UMP Joëlle Ceccaldi-Raynaud avait elle été élue à Puteaux, où elle avait pris la succession de son père.
La maire UMP  avait été réélue dès le premier tour, avec 55,93% des voix. Mais une simple erreur de procédure - une candidate divers droite n'avait pu déposer sa liste en préfecture car elle était déjà inscrite sur la liste Puteaux Bleu Marine - entraîna l'annulation de l'intégralité du scrutin.

Selon la préfecture des Hauts-de-Seine, les prochains scrutins pour les trois villes des Hauts-de-Seine seront organisés les 14 et 17 juin.

Les juridictions administratives et judiciaires font flèche de tout bois

Ils s'y mettent tous et les victimes appartiennent exclusivement aux Hauts-de-Seine...  Or, depuis 2007, le président de son Conseil départemental n'est autre que l'UMP Patrick Devedjian, à la suite de Nicolas Sarkozy, élu à la présidence de la République en écrasant la socialiste Ségolène Royal. Sur 29 conseillers départementaux élus en mars 2014, seulement six appartiennent à la majorité parlementaire.

Nicolas Sarkozy, le candidat craint de la gauche en 2017
La légalité des écoutes a été validée la semaine dernière, confirmant la mise en examen de l’ancien président. Lundi, une demande de suspension de l’enquête sera déposée.
Après avoir ordonné en septembre 2014 la suspension de l'enquête concernant les écoutes téléphoniques illégales sur le président Sarkozy, la juge Édith Boizette a mis huit mois pour entièrement valider la procédure d'écoutes en violation de la législation. Soit elle a cédé aux pressions de la Chancellerie, soit elle a envisagé que le président va se pourvoir en Cassation - ce qui l'expose à une décision terminale à un an de la présidentielle -, soit les deux.

  

lundi 23 février 2015

VTC : Uber conduit la France au tribunal

Covoiturage, oui; voiturage non !

La 
loi française votée en septembre dernier s'expose à une annulation 

La société américaine de VTC  Uber a déposé plainte le 30 janvier dernier contre la France, révèle Les Echos deux semaines plus tard, le 17 février: l'information va vite en France. Elle bloque même sur i-télé, succursale du groupe Canal+ lié aux concurrents d'Uber, les Taxis G7, propriété de la famille fondatrice de la chaîne privée à péage. 
C'est à la Commission européenne qu'elle en appelle pour faire annuler la loi Thévenoud - oui, oui,  le député fraudeur fiscal et élu pour jouer au Scrabble dans l'hémicycle - votée en septembre dernier qui prend parti dans les relations entre les voitures de tourisme avec chauffeurs (VTC) et les taxis, notamment G7 à qui il faudrait garantir le quasi monopole ante. Uber devrait aussi entamer une procédure contre l'Espagne et contre l'Allemagne.
"Les mesures prescrites par la loi enfreignent sérieusement un certain nombre de dispositions fondamentales et des principes du droit de l’Union européenne", est-il écrit dans la plainte d'Uber. En privant les clients de  la possibilité de géolocaliser les taxis VTC, les parlementaires interventionnistes ont pris fait et cause pour les taxis, obligeant les  VTC à rentrer au garage entre deux courses. La start-up souhaite son annulation, jugeant qu'elle constitue une attaque déloyale à la libre entreprise et du favoritisme. Quant aux clients, ils ne sont pas pris en compte... 

UberPOP est aussi sous la menace d'une interdiction
  
Le gouvernement a aussi annoncé la fin de l'application UberPOP, un service de covoiturage proposé par la société américaine. Si pour le moment, le gouvernement n'a pas la possibilité de passer à l'action, le 23 février prochain, le tribunal de commerce de Paris se prononcera dans un appel d'un jugement en référé sur l'interdiction de ce service, demandé par des concurrents, qu'une certaine presse évite de nommer. Procédant par ordre face à une loi déjà existante, Uber fait appel à Bruxelles, souhaitant mettre la France face à son obligation du respect de la réglementation européenne.

Uber avait déjà porté plainte contre la même loi française en novembre dernier. Un point de procédure n'aurait pas été respecté par la France, selon la start-up : la proposition de loi n'aurait en effet pas été présentée à la Commission européenne, avant son adoption.

mardi 21 octobre 2014

Suspension de l'écotaxe: Royal prive Hidalgo de ressources au budgrt de paris

Hidalgo tacle Royal sur l'écotaxe

La maire socialiste de Paris
Anne Hidalgo a très sévèrement jugé lundi la décision de la ministre de l'Écologie Ségolène Royal d'abandonner l'écotaxe. 

"On ne peut pas travailler comme ça, ce n'est pas sérieux. J'appelle cela un travail pas sérieux et pas respectueux des collectivités locales", a fulminé l'édile lors d'un déjeuner avec la presse en marge du Conseil de Paris. "On ne peut pas dire à la fois qu'on va accueillir la COP 21 (la conférence mondiale sur le climat, NDLR) dans un an et sur une mesure comme ça se mettre en retrait. Qu'est-ce que c'est que ça, ce n'est pas possible, c'est un manque de volontarisme qui est plus que critiquable, et dommageable, d'abord pour la santé publique et ensuite pour nos finances", a-t-elle poursuivi.

La Ch'tite maire, épouse Jean-Marc Germain, l'un des "frondeurs" proches de la de Martine Aubry, a rappelé que l'annonce de l'abandon est intervenue quelques jours après l'approbation par le Conseil du Paris de l'application du dispositif sur le périphérique. L'écotaxe perdue devait rapporter cinq millions d'euros à la Mairie de Paris. "C'est vraiment une mauvaise façon. On s'est engagés, on a voté le mois dernier l'expérimentation sur Paris dans la perspective en 2015 de pouvoir percevoir la taxe sur les camions polluants, et sans même recevoir un coup de fil, on apprend que le truc est balancé par pertes et profits. Franchement, ce n'est pas possible", s'est-elle encore emportée. 

Commentant
la dernière initiative de M.-S. Royal pour remplacer l'écotaxe, une vignette sur les camions étrangers, donc européens, Anne Hidalgo a mis en doute sa faisabilité. "Je ne suis pas sûre qu'on puisse le faire, voilà !"

dimanche 13 juillet 2014

Festival d'Avignon: les intermittents ont encore frappé, samedi

Réussiront-ils à mettre le festival et les commerces en faillite?

O. Py apprend à se méfier sur sa gauche plutôt que sur sa droite


Six spectacles sur les treize prévus ce samedi au Festival d'Avignon ont été annulés dans le cadre du 'in', le festival officiel, en raison du mouvement des intermittents, a annoncé à la mi-journée le directeur du festival Olivier Py.


Pas moins de 13 spectacles sont donnés à Avignon dans le "In" ou festival officiel, qui avait repris après le coup de semonce sur l'ouverture quand les grévistes ont annulé les deux spectacles du 4 juillet, et après les intempéries. 
Le Prince de Hombourg qui avait déjà été annulé en ouverture le 4 juillet, faisait partie des cinq représentations promises lors d'une conférence de presse, éventuellement dans une forme allégée. Mais Py, le patron du festival, ne maîtrise rien et le doute subsistait sur les deux derniers spectacles au programme de la journée.

La CGT Spectacle et la Coordination des intermittents avaient lancé un appel à une nouvelle journée de grève samedi 
Le personnel du festival, consulté vendredi, s'était prononcé à 65% en faveur de la grève, mais la participation au scrutin n'avait pas dépassé 46%, et c'est spectacle par spectacle que les salariés ont voté samedi. 

L'emblématique "Prince de Hombourg" dans la Cour d'honneur, n'a encore pas été joué.
Parmi les quatre spectacles qui ont décidé de jouer, l'équipe d' 'Orlando', la pièce créée par Olivier Pyle directeur du festival, a choisi de verser son salaire du jour à la caisse de solidarité des intermittents du 'in'.  

Entre 1.500 artistes et techniciens du spectacle et employeurs (Syndeac), selon la police, et 3.000 à 5.000 selon les organisateurs ont par ailleurs défilé dans l'après-midi dans le centre ville. "Olivier Quy?", ont scandé les manifestants pour interpeller le patron de la manifestation.

Bilan provisoire: 138.500 euros de pertes pour le seul Festival
Les perturbations dans la programmation dues au mouvement des intermittents avaient déjà coûté 138.500 euros de pertes, avant les annulations de samedi, a calculé Olivier Py. "Je ne pense pas que la grève soit une bonne stratégie, c'est plutôt une tragédie", a-t-il commenté. 

Des manifestations et annulations partout en France

Aux Francofolies de La Rochelle, où ils sont assez discrets depuis l'ouverture, une cinquantaine d'intermittents vêtus de T-shirts noirs barrés d'une croix blanche ont organisé une marche funèbre avant le concert des Innocents. Ils sont montés sur scène sous les applaudissements du public. "Pendant dix ans, ceux qui sont maintenant membres du gouvernement ont soutenu nos propositions et affirmé que le protocole de 2003 [la précédente réforme du régime] était un mauvais accord. Aujourd'hui, ils agréent un accord qui reconduit le protocole de 2003 et l'aggrave", ont-ils dénoncé, amers. 

A Toulouse, les trois compagnies prévues au Théâtre du Grand Rond étaient en grève et leurs spectacles ont été annulés. 
Il n'y avait en revanche aucune perturbation attendue aux Nuits de Fourvière comme à Jazz à Vienne.

A Avignon, la contestation s'exprime aussi dans le Off, rassemblement de 1.100 compagnies en marge du festival officiel, mais les troupes, qui louent les salles très cher, ne peuvent se permettre pour la plupart de faire grève...

Ailleurs, la 34e édition de Montpellier Danse, achevée le 9 juillet, a finalement pu donner 38 représentations sur 48, 
tandis que le petit festival Uzès Danse était annulé, et le Festival de Marseille très touché.

Ils cassent leur outil de travail/
 Festival d'Avignon, samedi 12 juillet 2014
Les intermittents combattent la nouvelle convention chômage qui durcit leurs règles d'indemnisation. Vendredi, la justice a refusé de la suspendre en urgence. Depuis le début de la mobilisation, le Premier ministre, Manuel Valls, a multiplié les gestes pour tenter de déminer le conflit, annonçant une concertation sur l'intermittence puis la sanctuarisation des crédits du ministère de la Culture (hors communication) pour les trois ans à venir.

Interrogé sur la venue programmée de la ministre de la Culture Aurélie Filippetti à Avignon, mercredi et jeudi, Olivier Py a souligné ne pas avoir connaissance qu’elle assistera à un spectacle. En début de festival, le collectif des salariés du festival avait souligné que les "membres du gouvernement sont persona non grata" au festival: "les spectacles n’auront pas lieu en leur présence".

A Avignon, outre la grève, une manifestation était prévue à partir de 14h30, tandis qu'à Paris, un concert de casseroles était organisé au Palais Royal.


Autre culture, autres moeurs
Parmi les spectacles emblématiques annulés figure le Mahabharata de Satoshi Miyagi. Les interprètes japonais "considérant que jouer est un acte sacré ont décidé de donner des extraits devant le Petit Palais (près du Palais des papes) gratuitement", a précisé Olivier Py. 

samedi 5 juillet 2014

Annulation des deux spectacles d'ouverture du Festival d'Avignon

Le "off" souffre des actions des intermittents privilégiés du "in"

Le public est sur ses gardes et boude les réservations
Les spectacles d'ouverture du Festival d'Avignon de vendredi soir ont été annulés en raison du mouvement de grève voté par une majorité du personnel en soutien aux intermittents privilégiés -notamment les techniciens- qui protestent contre la nouvelle convention d'assurance-chômage.
Les coordinations d'intermittents protestent contre la nouvelle convention qui menace selon elles leur statut -et donc leurs acquis sociaux- et qu'elles jugent discriminatoire, notamment au regard des congés maternité ou maladie. Mais encore faut-ils distinguer les artistes au cachet qui veulent jouer, parce que précaires, et les techniciens salariés qui ne le sont pas autant et bénéficient largement d'une convention extrêmement favorable, singulièrement à l'heure des sacrifices pour tous.  

Les salariés conservateurs du festival ont voté en faveur de la grève204 pour, 144 contre et quatre se sont abstenus jeudi soir en assemblée générale, selon un communiqué de la CGT spectacle, fer de lance du conflit des intermittents.
"La grève est un droit, je respecte absolument le droit de faire grève comme le droit de ne pas faire grève", a affirmé le directeur du Festival, Olivier Py, à la presse, après s'être résolu à l'annulation de la représentation du "Prince de Hombourg" et de "Coup fatal". "Grâce aux régisseurs, nous avons eu des informations qui nous permettent d'informer le public un peu plus tôt."

Py disait craindre le FN, mais s'est la CGT qui le met à genoux

En mars dernier, au lendemain du premier tour des municipales qui consacra la montée du FN,
Py avait déclaré qu'il refuserait de travailler avec le Front national si ce dernier remportait la mairie, favorisant ainsi l'accession de la candidate PS: en cas de victoire du Front national au second tour, il envisageait de démissionner ou de délocaliser le festival dans une autre ville - après l'édition 2014, car "on n’arrête pas un cheval lancé en pleine course".

"Avignon doit être le lieu de la marche des fiertés  fierté politique", déclarait-il à Libération.
Invité sur France Inter un peu plus tôt dans la matinée, il avait estimé qu'il était difficile pour un directeur de festival "de voir compromis le spectacle d’ouverture"Il avait d'ailleurs promis qu'il n’annulerait pas le Festival, même en cas de grèves.
Engagé depuis 2003 au côté des intermittents, l'ancien patron du théâtre subventionné de L'Odéon à Paris découvre cette année ce que sont les responsabilités d'un directeur de Festival régi par la loi de 1901 sur les associations. Il ne semble donc pas suffire de soutenir les revendications un jour et de défendre la tenue des spectacles le lendemain.

Les intermittents du spectacle du Festival d'Avignon sont imprévisibles
Mardi, à une large majorité, ils avaient en effet voté  en faveur de la tenue de la première, mais tout en se réservant la possibilité d'autres initiatives, grèves partielles ou totales: une technique des trotskistes, notamment.
L’ensemble des troupes des festivals In et Off d’Avignon devraient tenir une nouvelle assemblée générale le mercredi 9 juillet prochain pour décider d’éventuelles autres actions. Sans garanties qu'ils tiendront parole...

Cette riposte "nécessaire" respecte-t-elle artistes et public ?

Le gouvernement doit assumer "ses décisions et leurs conséquences" a froidement estimé vendredi le numéro un de la CGT, puisqu'il a agréé la convention d'assurance-chômage le 26 juin

Thierry Lepaon a jugé la mobilisation "nécessaire".
"La CGT n'empêche jamais personne de travailler, la CGT s'oppose à la convention-chômage telle qu'elle a été négociée", a-t-il réaffirmé sur France Info. "Elle s'oppose à l'agrément qui a été donné par le ministre du Travail, elle organise la riposte qui est une riposte nécessaire, utile pour l'avenir du spectacle vivant dans notre pays".

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, continue pour sa part d'assurer que les partenaires sociaux ont été respectés, souhaitant que "tout puisse se passer au mieux".
"Mon souci (...) c'est vraiment que les artistes, les techniciens puissent jouer et que les spectateurs puissent aller les voir", a-t-elle raconté sur RTL.
"L'inquiétude des intermittents, je la comprends, assure-t-elle en boucle, comme tous les membres des gouvernements de Hollande depuis 26 mois. "C'est pour cela qu'on a lancé cette grande concertation qui va aboutir à une vraie réforme pour sécuriser un régime qui est indispensable à tous les artistes et à tous les techniciens".

La "grande concertation" a débuté il y a seulement deux semaines... 
Manuel Valls a lancé ...fin juin une mission de concertation censée redéfinir le régime des intermittents pour sortir des crises à répétition dans ce secteur. Le Premier ministre a annoncé qu'en attendant l'Etat  ceux des Français qui sont soumis à l'impôt prendraient à leur charge le "différé d'indemnisation" prévu par la convention.
Les trois membres de la mission, Hortense Archambault,ancienne administratrice du Festival, Jean-Patrick Gille, (ici, escort boy de la ministre Filippetti, ancien professeur non titulaire de l'EN, député PS d'Indre-et-Loire, spécialisé dans les questions de formation professionnelle et d'emploi des jeunes, mais rapporteur de commission parlementaire sur les conditions d'emploi dans les métiers artistiques, adopté unanimement par les députés, à l'insatisfaction générale) et Jean-Denis Combrexelle (ex-directeur général du ministère du Travail), doivent remettre leurs propositions finales avant fin décembre.