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mardi 15 octobre 2019

Inédit avec Macron : à l'usure, les pompiers, poussés à se mobiliser dans la rue

Les forces de l'ordre n'hésitent pas à aller à l'affrontement avec les soldats du feu 

Pour réclamer moyens et sécurité, des centaines de sapeurs-pompiers en grève, venus de toute la France, se sont réunis  à Paris

Des centaines de pompiers venus de toute la France se sont réunis, mardi 15 octobre 2019 à Paris, pour réclamer plus de sécurité, une revalorisation de leurs salaires et le maintien de leurs retraites.
Des centaines de pompiers à Paris pour réclamer plus de sécurité, 
une revalorisation de leurs salaires et le maintien de leurs retraites 

Depuis juin 2019, des sapeurs-pompiers de toute la France déposent des préavis de grève, dénonçant leurs conditions de travail. D’autres manifestations ont déjà eu lieu ces derniers mois, notamment à Versailles (Yvelines).
Poussés à bout, comme les Gilets Jaunes, les exploitants agricoles ou les hospitaliers, ils sont rassemblés place de la République à Paris pour une manifestation d’envergure, mardi 15 octobre 2019. Le pouvoir macronien fait la sourde oreille à leurs revendications - plus de sécurité, une retraite assurée, une revalorisation de la prime du feu et des moyens. 
Parti de République en début d’après-midi, le cortège devait se disperser à Nation, vers 18 heures. Mais c'était sans compter avec les policiers...
Résultat de recherche d'images pour "canon eau policiers contre pompiers"
En milieu d’après-midi, lorsque la tête du cortège a tenté d'éviter les forces de police en quittant l’itinéraire, rue de Chaligny, en direction de la place de la Nation, les gendarmes leur ont barré la route et de vives tensions ont éclaté entre gendarmes et pompiers. Les premiers ont été renforcés par les CRS et ont fait usage d’un canon à eau et de gaz lacrymogènes. Les pompiers ont rétorqué avec des jets de projectiles et de fumigènes.
Au bout de quelques minutes, le calme est revenu et tous ont repris le chemin de Nation, où le cortège était resté. 

Les pompiers refusent de servir de punching-ball à la police et aux voyous

Image associée"On est là pour se faire entendre, alors on est venus pour une manif puissante et bruyante", tonne un gaillard de 29 ans, sapeur des Hauts-de-France. Il joint la parole aux actes en allumant un des innombrables pétards qui claquent, mardi midi, sur la place de la République enfumée par les fusées et fumigènes craqués.
Pompier depuis quatre ans, l'homme explique qu’un de ses collègues a été agressé, "début juillet en plein dans une intervention, et en même temps des copains se faisaient foncer dessus par un taré". Ces agressions ont eu lieu le 5 juillet. "On n’a pas signé pour être des punching-balls", martèle Mickaël. Les agressions dont les pompiers sont la cible font partie des griefs qui les amènent dans la rue mardi. 
Des pompiers mobilisés ont escaladé la statue de la Victoire,
place de la République, drapeaux en main. 

Aucun gréviste n’est convaincu par l’annonce du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner
Il souhaite les équiper de caméras piétons. "Foutaises, quand on se fait cogner c’est par derrière", tacle un autre pompier nordiste. 

Moyens, retraites, salaires : "La liste est longue !"

Vidéo. Manifestation des pompiers : des policiers s’excusent après les tensions"Ce qu’il nous faut, c’est des moyens", ne transige pas un soldat du feu. Comme les autres sapeurs-pompiers mobilisés, venus de 90% des Services départementaux d’incendie et de secours (Sdis) de France, soit 5% de grévistes selon Christophe Castaner
André Goretti, président du FA/SPP-PATS, premier syndicat sur neuf, a dénoncé 'les pompiers en sous-effectifs", surexploités pour des missions d’ambulances. Et le sauvetage de chats dans les arbres...
En tenue de travail et parfois grimés, les pompiers marchent de République à Nation.
En tenue de travail, les pompiers grévistes doivent parfois se grimer pour ne pas être reconnus et maltraités
Les pompiers attendent également du gouvernement – et des collectivités qui les financent – la revalorisation de leur prime de feu à 28% de leur salaire, contre 19% aujourd’hui, et le maintien de leur retraite.

"La liste est longue !" en effet...

samedi 7 septembre 2019

Acte 43 des Gilets jaunes : des milliers en France ont fait leur rentrée

Les contestataires tenaces, mais des heurts à Montpellier ou Rouen et 400 manifestants à Bordeaux

La presse observe la consigne élyséenne d'occultation de ce mouvement au long cours

  
“Gilets jaunes” : des milliers de manifestants pour la rentrée – Le tour des manifestations
Les media ont 
passé au quasi silence plusieurs manifestations organisées ce samedi avec l'intention de ne pas participer à la relance du mouvement de contestation de la politique du président Macron

Les Gilets Jaunes avaient voulu des retrouvailles de rentrée avec plusieurs rassemblements organisés en France, le 43e depuis novembre dernier, le mouvement souhaitant relancer la mobilisation qui s'était relâchée dans la période estivale caniculaire, tout en se poursuivant, ici ou là, par des actions ponctuelles. 

La presse ne retient que les heurts, notamment à Montpellier ou encore à Rouen, tandis qu'à Bordeaux, ville dont le maire fut Juppé - traître notoire à a famille politique - et où les drames sociaux de Blanquefort ou les intempéries ou les incendies ont fait des victimes, les forces de l’ordre étaient massivement mobilisées contre les mécontents en colère, bien décidés à investir le centre-ville.

A Bordeaux, la présence policière a exacerbé le mécontentement
Dans la capitale girondine, l’organisation du campus de rentrée du parti de la majorité présidentielle LREM avait galvanisé les troupes. Plusieurs dizaines de gilets jaunes ont ainsi été verbalisés et repoussés ce samedi aux abords du parc des expositions où était organisé le forum.
Moreau Florence@flohmoreau [Journaliste à Sud Ouest]
Bordeaux: un cortège d’une centaine de gilets jaunes part de la place de la Bourse. ⁦@SO_Bordeaux⁩ ⁦@sudouest
Plusieurs centaines de manifestants ont tenté et réussi à pénétrer dans le centre-ville, dans l’après-midi. Le  cortège a défilé dans la Rue Sainte-Catherine, malgré la présence des forces de l’ordre censées bloquer les manifestants aux abords. Les forces antagonistes ont provoqué l’arrêt du tramway sur les lignes A et B du tramway dans le centre-ville.
Au total, six personnes ont été interpellées et cinq placées en garde à vue pour dissimulation de visage ou pour un jet de pierre sur les forces de l’ordre, rapporte Sud-Ouest.

A Montpellier, entre 1.500 (préfecture) et 3.000 manifestants (organisateurs),
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l'Est républicain ou Libération et Le Monde n'hésitent pourtant pas à titrer: "une rentrée sans grande ampleur"... Les opposants à la politique anti-sociale de Macron se sont rassemblés en nombre samedi dans le centre de Montpellier après un appel "national" des Gilets Jaunes, ville dans laquelle la mobilisation est particulièrement forte chaque samedi depuis le début du mouvement, n'en déplaise à la presse de Bolloré ou Drahi (BFMTV, etc)
Comme à Bordeaux, la présence policière très visible dans la ville socialiste a été la cause d'incidents avec les forces de l’ordre. Des heurts se sont produits face à la gare, avec des jets de projectiles par des manifestants contrariés dans leur défilé.

Cette presse qui, par le passé, pointait les mesures d'interdiction du port de cagoules et de capuches lors des rassemblements de foule, signale aujourd'hui les casques et les masques, et les vêtements noirs des anarchistes. Force lui est désormais de mentionner des tirs de gaz lacrymogènes par les forces de l’ordre déployés aux abords de la gare pour en interdire l’accès et la libre expression populaire.
 "Un véhicule en feu" le samedi dans le centre-ville
de Montpellier, c'est un véhicule de la police. 
Or, "selon la préfecture de l'Hérault, qui a compté 500 "black blocks" environ dans le cortège, ce sont des manifestants qui ont ouvert la porte du véhicule de police et y ont jeté un cocktail molotov," rapporte Arte.
"Gilets jaunes": une "rentrée" marquée par des violences
L'inscription 'ACAB' des activistes d'extrême gauche,
en français, signifie 'Tous les flics sont des salauds'
La préfecture a fait état de deux interpellations pour "jets de projectiles, engins incendiaires et possession de couteaux". Dans le centre-ville, plusieurs commerces étaient fermés et des devantures  protégées par des panneaux de bois, malgré le manque d'"ampleur" de la contestation affirmée par CNews. Vers 15h, alors que les tensions entre les forces en présence devenaient palpables, des cafés sur la place de la Comédie ont préféré replier leurs terrasses dans l’urgence après des jets de projectiles, alors que le cortège remontait vers la préfecture, traditionnel lieu d’affrontement depuis le début du mouvement.



A Rouen, ville socialiste depuis 1995 
Plusieurs heurts ont éclaté samedi à Rouen à l’occasion de la manifestation soutenue par la CGT de Seine-maritime, qui dispose pourtant d'un service d'ordre aguerri. Deux interpellations sont confirmées par la préfecture. Le préfet de la région Normandie avait pris un arrêté interdisant toutes manifestations et rassemblements en centre-ville de Rouen samedi de 10h00 à 22h00, comme c’est le cas depuis le début du mouvement, "pour protéger les commerces".
"Les manifestants ont jeté des projectiles sur les forces de l’ordre. Des sommations ont été faites et il y a eu l’utilisation de gaz lacrymogènes en réponse aux jets de projectiles, les manifestants ont été éconduits et remis à l’extérieur du périmètre", a-t-il ajouté, le représentant du gouvernement refusant de préciser le nombre de manifestants présents samedi à Rouen. Selon la même source, il y a eu 21 verbalisations et deux interpellations en flagrant délit pour des "actes caractérisés" contre les forces de l’ordre. 

Ailleurs en France : "Et ça va être de pire en pire!"

Résultat de recherche d'images pour "Gilets jaunes Toulouse banderole  "Ça prendra le temps que ça prendra, mais nous on lâchera pas""
A Toulouse, le cortège, de plusieurs centaines de Gilets Jaunes, selon un journaliste de l'AFP, était bien plus important que les derniers samedis, traduisant selon de nombreux manifestants une "reprise" de la mobilisation. "C’est normal qu’il y ait plus de monde, c’est une reprise du mouvement qui n’a jamais été mort", a commenté Francis, un retraité toulousain de 66 ans. "Et ça va être de pire en pire!", prédit-il. Sur une des portes de l’Hôtel de ville, un homme a collé un carton sur lequel on pouvait lire : "Ça prendra le temps que ça prendra, mais nous on lâchera pas"

A Lille, quelque 650 manifestants selon une source policière (seule source citée par Arte), 1.500 selon des représentants des "gilets jaunes", défilaient eux dans une ambiance bon enfant, derrière une banderole annonçant la "rentrée sociale" et la "convergence des luttes" des gilets "jaunes", "rouges", "roses" et "verts".
"On est tous ensemble, on veut que le gouvernement change clairement de politique et (…) un changement radical ne peut passer que par la démission du gouvernement et la mise en place d’une alternative politique", a déclaré Alexandre Chantry, figure des Gilets jaunes lillois.
A Strasbourg, environ 350 Gilets Jaunes, selon la préfecture manifestaient depuis la mi-journée dans le centre-ville.
Des « gilets jaunes » le 7 septembre à Montpellier.
Le 7 septembre, à Montpellier
A Paris, épicentre des premières manifestations des Gilets Jaunes qui n'était pas un lieu national de rassemblement,  quelques dizaines de manifestants ont tenté de se rassembler sur les Champs-Elysées, qui restent interdits aux manifestations. Les forces de l’ordre déployées dans le quartier ont verbalisé 55 personnes, dont Eric Drouet, l’un des initiateurs du mouvement.

Cas unique, Arte signale qu'
"à Dijon, la manifestation déclarée en préfecture, qui a rassemblé 250 personnes, s'est déroulée sans incident"...

mercredi 31 juillet 2019

Castaner qualifie d’"attentat" le saccage d’une permanence LRM à Perpignan

Christophe Castaner continue de tenir des propos excessifs
Le ministre de l'Intérieur énonce ses a priori fâcheux

La permanence du député LRM Romain Grau, endommagée par des manifestants le 27 juillet 2019 à Perpignan.
Jugez de l'ampleur des dommages dans la permanence du député LREM Romain Grau, le 27 juillet 2019 à Perpignan, selon Le Monde
Castaner lance des accusations avant que la justice ait pu se prononcer.
"Ils s’étaient équipés [préméditation] et ont tenté notamment d’attenter à la vie [présomption d'innocence bafouée] d’un parlementaire présent dans la permanence", a jugé le ministre de l’Intérieur lors d’un déplacement à Perpignan.


"De nombreux responsables politiques ont dénoncé, en début de semaine, une nouvelle série de dégradations de permanences de députés La République en marche (LRM), parfois emmurées ou taguées après la ratification du traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA), voire saccagées, comme à Perpignan (photo ci-dessus) lors d’une manifestation de « gilets jaunes » samedi." Telle est la présentation des faits par le quotidien Le Monde. Et qui sont ces nombreux responsables politiques évoqués par ce journal: dans l'ordre, Castaner, Ferrand, Dussopt, Le Gendre, Aurore Berger, Riester, Darmanin, Didier Guillaume et... Schiappa.

Ainsi que 






  •               @louis_aliot


  • Je condamne sans réserve les dégradations perpétrées par quelques individus irresponsables à #Perpignan Il est aussi scandaleux de voir que la permanence parlementaire de mon collègue
    a été dégradée. C’est par le vote que la politique changera !

    Le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, est allé jusqu'à assimiler ce saccage "attaque" et "attentat" et à qualifier ses auteurs de "brutes"


    Résultat de recherche d'images pour "twitter permanence Perpignan"
    Permanence d'une superficie imposante
    offrant une surface vitrée importante à la colère citoyenne
    "C’est l’image du coucou. Les violents viennent dans le nid d’une manifestation, quelle qu’elle soit, et ensuite peuvent en profiter pour porter leur haine du système, quel qu’il soit. (…) On voit bien qu’au fond ces gens-là veulent juste détruire," a-t-il affirmé au cours d’une visite surprise à Perpignan, mercredi 31 juillet, quatre jours après les faits.



    Samedi, des manifestants, dont certains étaient cagoulés, avaient brisé toutes les vitres de la permanence où se trouvait le député de la majorité Romain Grau, et tenté d’y mettre le feu. Aucune interpellation n’a toutefois eu lieu pour l’heure.

    Le ministre de l’Intérieur a pas manqué par ailleurs d'affirmer apporter son "soutien à toutes les autres victimes d’attentats tels que celui qui a été commis samedi dernier. Et ce, quelle que soit leur couleur politique", rapporte L’Indépendant

    Castaner a ensuite tenté de justifier l’emploi du terme disproportionné "attentat".
    "Le principe de l’attentat, c’est de préparer l’acte. Là, on a des gens qui sont venus avec des bidons d’essence. Ils s’étaient équipés et ont tenté notamment d’attenter à la vie d’un parlementaire présent dans la permanence." Une corrélation douteuse - mais malveillante - car la possibilité de la présence de l'élu, un mercredi, pouvait-elle être envisagée ?
    LCI
    @LCI
    @CCastaner sur la permanence saccagée à #Perpignan :
    "Cette dégradation est un #attentat, puisque les auteurs ont acheté les bidons d'essence en amont. Ils ont tenté d'attenter à la vie d'un parlementaire qui était présent dans la permanence"


    "Les moyens de la police sont totalement engagés pour trouver les auteurs. (…) Nous identifierons les responsables comme cela a été le cas pour la quasi-totalité des actes de vandalisme, d’attaque, de dégradation, de violence ou de vol qu’on a connus pendant les manifestations des gilets jaunes ", a-t-il assuré sur des images transmises par LCI.



    Cibles d’insultes ou de violences au plus fort de la crise des Gilets jaunes cet hiver, les parlementaires se sont de nouveau mis en situation cibles : singulièrement les députés LREM qui ont voté le 23 juillet en faveur de la ratification du CETA, controversé jusqu'à l'intérieur même de la majorité.

    Il s’agit du premier déplacement seul du ministre de l’Intérieur depuis la confirmation de la mort de Steve Maia Caniço suite à une charge de police lors de la Fête de la musique, à Nantes, dans la nuit du 21 au 22 juin. 

    Castaner est sous le feu des critiques de l’opposition et d'une partie de la majorité présidentielle  dans plusieurs affaires successives. Le premier ministre, Edouard Philippe, lui a apporté mercredi matin "tout son soutien".


    Castaner, récidiviste de l'agression langagière


    Christophe Castaner avait fustigé une "attaque" à propos d'une intrusion de manifestants dans l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière
    situé dans le XIIIe arrondissement de Paris, en marge du 1er mai 2019. Sous le feu des critiques indignées, encore quatre jours plus tard, certains l'appelèrent à démissionner et, lors d'un point presse, le ministre de l'Intérieur avait été amené à regretter ses excès de langage.  

    Sa propension à envenimer les situations aurait déjà justifié des excuses plutôt que de simples regrets car, depuis les faits, de nombreux témoignages ont montré que bon nombre des manifestants avaient pénétré dans le site hospitalier pour se protéger des gaz lacrymogènes.  La déclaration du ministre de l'Intérieur était mensongère, puisque des documents publiés peu de temps après révélèrent qu'il s'agissait d'un mouvement de manifestants pacifistes cherchant à fuir une charge policière. "Je n'aurais pas dû employer ce terme (d'attaque)", a-t-il admis lors d'un déplacement dans le Var. Christophe Castaner a notamment concédé qu'il aurait plutôt dû évoquer, comme la directrice générale de l'hôpital, "une intrusion violente", encore que les intrus ont rebroussé chemin lorsque des personnels hospitaliers leur avait signifié leur erreur : ils étaient entrés par l'arrière du bâtiment sans en avoir conscience.

    Castaner en avait repassé une couche, assurant que "
    lors de ma visite, le personnel hospitalier m'a raconté les insultes, les dégradations. Ils m'ont raconté l'intervention rapide des forces de l'ordre". "Attaque, c'est le mot qui m'est venu, a reconnu simplet. La directrice a utilisé le mot d'intrusion violente, c'est en effet mieux adapté".
    "Je ne souhaite qu'aucune polémique ne puisse exister sur ce sujet. Entrer de force dans un hôpital, ce sont des actes inadmissibles et des actes très graves, a-t-il insisté. […] Cet incident, au lieu d'être nié dans une polémique absurde devait nous émouvoir, nous ouvrir les yeux sur la nécessité d'en finir avec ce climat de violence", a-t-il commenté.

    Plus récemment, début juillet, l’intervention musclée des forces de l’ordre pour déloger des manifestants écologistes sur le Pont de Sully à Paris était "parfaitement légitime", avait jugé Christophe Castaner. 
    Le ministre de l'Intérieur reconnaît cependant "des doutes" sur ses "modalités". Une enquête judiciaire a par ailleurs été confiée à... l'IGPN.

    Des décorations a des policiers suspects 
    Mi-juillet, le site Mediapart a révélé qu'en juin dernier Castaner a décoré de la médaille de la sécurité intérieure des policiers pour leur "engagement exceptionnel dans le cadre des Gilets jaunes"
    Or, parmi les médaillés, au moins cinq agents sont impliqués dans des enquêtes judiciaires concernant des violences policières.
    Parmi ces policiers, on remarque le chargé des opérations de maintien de l'ordre lors d'un rassemblement en mars dernier à Nice, au cours duquel la militante Geneviève Legay a été projetée au sol, grièvement blessée à la tête. Même la compagne du policier, chargée de l’enquête sur les violences commises ce jour-là, a été décorée. 
    Un capitaine de police auditionné dans le cadre de l'enquête sur le décès de Zineb Redouane a également été décoré, tout comme le commissaire de police qui aurait donné l'ordre d'utiliser des gaz lacrymogènes lors de la Fête de la musique sur le quai Wilson à Nantes, soirée durant laquelle Steve Maia Caniço a disparu dans le fleuve. Ce n'est qu'un mois après que le corps du jeune Nantais a été retrouvé noyé.

    Pourtant du côté des policiers, le bilan des premiers mois de Christophe Castaner est catastrophique. Depuis le début de l'année, 45 policiers se sont donné la mort, c'est 10 de plus que pour l'ensemble de l'année 2018.

    mardi 18 décembre 2018

    Bandol : un péage incendié en marge d'un rassemblement de gilets jaunes

    Riposte à une provocation de Vinci

    Vinci Autoroutes venait d'annoncer l'envoi d'une facture aux automobilistes passés pendant une opération "péage gratuit" des "gilets jaunes"

    Résultat de recherche d'images pour "gilets jaunes peage Bandol incendie"
    Dommages collatéraux de l'arrogante provocation d'une groupe "premier de cordée"
    Vinci Autoroutes a confirmé que ces automobilistes devront s'acquitter des droits de passage, comme indiqué par Le Dauphiné, lundi 17 décembre.
    Vinci Autoroutes explique qu'"il s'agit juste d'appliquer une procédure de régularisation" et, bon prince, rassure les conducteurs : ils ne se verront pas infliger de "pénalités" !... 
    L'entreprise compte identifier les usagers passés sans payer à l'aide des caméras de surveillance installées sur les péages - quand elles ont été épargnées - et les relancer par courrier postal. Les sociétés d'autoroutes ont en effet accès au fichier des plaques d'immatriculation du ministère de l'Intérieur.
    "Près de 250 sites" touchés
    Dimanche, le groupe a estimé à "plusieurs dizaines de millions d'euros" le montant des dégâts commis sur l'ensemble de son réseau en marge des manifestations des "gilets jaunes" depuis un mois. "Près de 250 sites ont ainsi été impactés quotidiennement par les actions des manifestants", selon le communiqué de Vinci Autoroutes.
    Les mises à feu volontaires ont notamment détruit six bâtiments d'exploitation, dont la direction régionale de Narbonne, 33 véhicules d'intervention, 15 échangeurs et plateformes de péage, et dégradé de nombreuses chaussées, détaille l'exploitant. Vinci Autoroutes dénonce également "des dizaines d'actes de vandalisme", dont des dégradations commises sur des caméras de sécurité, des glissières et des panneaux de signalisation, et "des centaines de tonnes de détritus enlevés" autour des"campements" construits par les manifestants.
    Vinci a allumé la mèche

    Les "gilets jaunes" occupent la gare de péage de Bandol, dans le Var
    Le péage de Bandol, avant l'annonce de Vinci autoroutes
    La gare de péage de Bandol (Var) a été partiellement détruite par le feu, ce lundi 17 décembre en fin de soirée, alors qu'elle avait été occupée par des "gilets jaunes. L'autoroute a été fermée dans les deux sens.

    Var Matin a diffusé la vidéo des images impressionnantes de la gare de péage de Bandol ravagée par les flammes en marge d'un rassemblement de "gilets jaunes" ce lundi. Une vidéo de l'incendie, visiblement filmée par les casseurs eux-mêmes, a par ailleurs largement circulé sur les réseaux sociaux cette nuit.


    Le groupe Vinci Autoroutes a en conséquence fermé dans les deux sens l'A50 autour du site vandalisé sur l'axe entre Marseille et Toulon. Les sapeurs-pompiers ont été dépêchés sur place, de même qu'une cinquantaine de membres des forces de l'ordre.

    Dix-sept personnes ont été interpellées pour "dégradations et attroupement".
    Pour rappel, Vinci Autoroutes, qui exploite la majorité des autoroutes du sud de la France, a évalué ce dimanche le coût des dégradations liées au mouvement des "gilets jaunes" à "plusieurs dizaines de millions d'euros". 


    jeudi 6 décembre 2018

    Amateurisme des prétentieux : le rétropédalage du gouvernement sur la hausse de la taxe carbone

    Du moratoire à l'annulation, le rétropédalage des bras-cassés du gouvernement sur la hausse de la taxe carbone

    L'Elysée a annoncé, mercredi soir, l'annulation de l'augmentation de la taxe carbone pour 2019

    Résultat de recherche d'images pour "tango"Or, la veille, le premier ministre, Edouard Philippe, évoquait pourtant un moratoire de six mois sur cette hausse.
    L'exécutif fait marche arrière et ces braves gens expliquent leur rétropédalage en se parant des vertus de l'écoute attentive et de la compréhension bienveillante dont ils ont pourtant si peu fait montre jusqu'ici : l'Elysée et Matignon sont tombés d'accord pour assurer qu'ils ont entendu la "colère" grave et "insaisissable" des "gilets jaunes"

    Alors qu'il assurait maintenir le cap, affirmant et réaffirmant sa volonté d'augmenter la taxe sur les carburants au 1er janvier 2019,
    le gouvernement a finalement cédé aux manifestants pourtant inorganisés, répondant à leur première revendication des Gilets jaunes : l'annulation de cette hausse de la taxe carbone qui frappe les automobilistes à la pompe, sans distinction de revenus. La hausse de plus de 40 centimes d'euros sur le diesel, en seulement quelques semaines, continue toutefois de grever tous les budgets, indistinctement.
    La taxe carbone, un prélèvement fiscal pesant inégalement sur les produits énergétiques en fonction de leur niveau d'émission de CO2, devait passer de 44,60 à 55 euros la tonne de CO2 au 1er janvier 2019. Avant que les 'Gilets jaunes' ne prennent le mors aux dents, les taxes sur le gazole devaient ainsi augmenter de 6,5 centimes par litre l'année prochaine et les taxes sur l'essence de 2,9 centimes par litre. Elles étaient d'autant plus mal perçues que la tendance cours du Brent (prix du pétrole brut) est plutôt à la baisse depuis octobre et que le fruit de cet impôt indirect était détourné de l'écologie au profit du budget général de l'Etat...
    De l'annonce d'un moratoire de six mois sur cette hausse, mardi 4 décembre, à l'annulation de l'augmentation en 2019, mercredi 5, retour sur les cinq actes du rétropédalage de l'exécutif

    Résultat de recherche d'images pour "tango Macron Philippe"

    1 - Sous la pression de la rue, Matignon annonce un moratoire de six mois

    La journée de mardi marque un tournant dans la réponse du gouvernement face au mouvement des "gilets jaunes". Tôt dans la matinée, Matignon révèle à l'AFP que le Premier ministre, Edouard Philippe, va annoncer un moratoire sur la hausse des taxes sur les carburants.

    Selon une source gouvernementale, la mesure a été décidée lors d'une réunion de crise, présidée par Emmanuel Macron lundi soir. Quarante-huit heures plus tôt, de graves violences ont éclaté à Paris, en marge de l'"acte 3" de la mobilisation des "gilets jaunes". La situation est critique : 133 personnes ont été blessées et 412 ont été interpellées. 

    L'idée d'un moratoire de six mois sur cette augmentation était présente dans une première version du discours d'Emmanuel Macron sur la transition écologique, mardi 27 novembre. Le président l'a finalement supprimée du texte final, au cours de son allocution... 

    2 - Edouard Philippe confirme ce moratoire

    Lors d'une allocation depuis l'Hôtel de Matignon, le chef du gouvernement annonce, quelques heures plus tard,, un ensemble de mesures en réponse à la mobilisation des "gilets jaunes". Edouard Philippe promet alors "une suspension pendant six mois de la hausse de la taxe carbone, de la convergence diesel-essence et de la hausse de la fiscalité sur le gazole entrepreneur non routier".

    Ces augmentations "ne s'appliqueront pas avant d'être débattues par toutes les parties prenantes" pendant la concertation sur les réponses à apporter aux "gilets jaunes", poursuit-il. "Il faut mettre en œuvre des mesures d'accompagnement. Si on ne les trouve pas, nous en tirerons les conséquences", lance le Premier ministre.
    A ce moment-là, Edouard Philippe n'exclut donc pas l'inscription de l'augmentation dans un budget rectificatif "au printemps", à l'issue des débats sur les solutions à apporter aux "gilets jaunes".

    3 - Le premier sinistre évoque une annulation

    Changement de ton mercredi matin. Au cours d'un débat de cinq heures à l'Assemblée nationale sur les mesures annoncées la veille par Edouard Philippe, le Premier ministre va plus loin, dans les concessions faites aux "gilets jaunes". Il ne s'agit alors plus d'un moratoire de six mois, mais d'un abandon pour 2019.
    "Si nous ne trouvons pas les bonnes solutions, alors, nous n'appliquerons pas cette taxe." (Edouard Philippe, devant les députés)
    Et le locataire de Matignon de conclure en annonçant que "la hausse de cette taxe est désormais abandonnée dans le PLF [projet de loi de finances] 2019". "Elle ne sera pas dans le PLF 2019 et toute solution devra être issue du débat", ajoute-t-il. Ses mesures sont approuvées par les suiveurs de la majorité présidentielle à l'Assemblée nationale, par 358 voix contre 194. 

    4 - L'Elysée confirme une hausse "annulée"

    Mercredi soir, l'Elysée tente de clarifier la position du gouvernement. La présidence annonce ainsi que l'augmentation de la taxe carbone au 1er janvier n'est pas "suspendue, ni différée", mais purement et simplement "annulée". L'Elysée enterre donc le soir le moratoire de six mois proposé par Edouard Philippe la veille, et déjà remis en cause par le premier ministre lui-même trois heures plus tôt, au Palais Bourbon.

    5 - L'exécutif nie tout différend

    Peu après cette annonce, la présidence précise ses propos dans un communiqué, relève Le Monde. L'Elysée assure alors que "le président et le Premier ministre ont souhaité de concert que la hausse de la taxe carbone prévue dans le PLF 2019 soit supprimée". Il nie ainsi tout désaveu du Premier ministre par Emmanuel Macron.

    Le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, a justifié lui aussi les changements de pieds successifs de l'exécutif, mercredi soir, sur BFMTV, lors d'un débat avec des "gilets jaunes". "Le président (...) m'a dit : 'Les gens ont eu l'impression qu'il y avait une entourloupe, qu'on leur disait, c'est une suspension, mais hop, ça reviendra après'", a défendu le ministre.

    "Il n'y a aucun différend" entre le chef du gouvernement et le président, a dû nier de son côté le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, sur France 2 jeudi matin. "La taxe sur les carburants est supprimée pour 2019; je pense que le message est suffisamment clair." Il fallait oser cette audace de la clarté... 




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    🗨️ @BrunoLeMaire "Il n'y a aucun différend entre le Président et le Premier ministre, on tirera les leçons au moment venu." @telematin

    Et il n'empêche que le député LREM Gilles Le Gendre a le front d'affirmer que l'exécutif est "trop intelligent" et "trop subtil" pour que les Français puissent comprendre la "pensée complexe" du président et de ses valets.