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mardi 2 juin 2020

Municipales à Strasbourg: le candidat LR menace de faire cavalier seul

Les négociations ont repris entre Barseghian et Trautmann, mais Vetter (LR) et Fontanel (LREM) n'ont pas d'accord

Vetter flingue les Verts et fait cavalier seul 

Prenant avantage d'une dynamique de campagne favorable, le candidat LR Jean-Philippe Vetter, arrivé 4e, avec 18,27 % au terme d’une campagne efficace, flingue les Verts et envisage d'y aller seulsans s’allier avec le LREM Fontanel (2e avec 19,86 %) - mais  plutôt avec la socialiste Trautmann (3e avec 19,78 %)...

"Soyons clairs : il ne s’agit pas de s’opposer aux idées écologiques, explique-t-il dans une tribune adressée aux DNA. Nous devons préserver notre environnement, verdir la ville, mettre fin au gaspillage et mieux recycler ses déchets. Il s’agit de s’opposer à une liste dont la philosophie politique est d’extrême gauche, sectaire et doctrinaire par nature. […]

Lorsqu’on s’oppose à certaines expériences de l’Université de Strasbourg, c’est la recherche qu’on enterre.

Lorsqu’on veut interdire la circulation de véhicules diesels dès 2021, c’est la cohésion sociale et territoriale de notre métropole qu’on attaque.

Lorsqu’on veut lancer un grand emprunt de plusieurs centaines de millions d’euros, c’est la santé financière de la ville qu’on hypothèque.

Lorsqu’on veut fermer notre aéroport, c’est la présence du Parlement à Strasbourg qu’on met en péril.

Lorsqu'on s’oppose à la rénovation du stade de la Meinau, c’est l’avenir du Racing et le rayonnement du territoire qu’on fragilise." Ça c’est pour la partie "péril rouge".

L’élu strasbourgeois regrette "que l’intérêt supérieur de Strasbourg ne soit [pas] au centre des discussions"
 
Elu au Conseil municipal de Strasbourg depuis 2014 - dans le groupe de la juppéiste Fabienne Keller, dont il a été l'assistant parlementaire -,  Jean-Philippe Vetter mène une partie de "poker menteur", assurant qu’il ira plutôt seul : "Au-delà des coalitions entre candidats, il faut construire le rassemblement des Strasbourgeois".

Aujourd’hui, je suis prêt. Je suis prêt à agir pour nos valeurs. Prêt à rassembler les Strasbourgeois, quel que soit leur vote du premier tour. Prêt à relever le défi d’épargner l’extrême gauche à Strasbourg. Prêt à porter un projet d’avenir qui concilie le développement durable avec l’efficacité économique. […] Ce sera tout le sens de la politique que je porterai demain pour les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois." 

A gauche, des acteurs politiques appellent Catherine Trautmann et Jeanne Barseghian (EELV) à unir leurs forces. Le 29 mai dernier, l'écologiste arrivée en tête au premier tour avait annoncé vouloir "tendre la main" à l'ancienne maire de Strasbourg, un marche-pied utile à la trentenaire.
 

lundi 18 mai 2020

Confinement à Amiens : un match de foot provoque une enquête pour mise en danger de la vie d'autrui

Un match de foot organisé au mépris des règles de distanciation 

Ce match organisé en pleine période de déconfinement n'était pas autorisé.

Le stade Soufflot à Amiens. Capture d’écran Google Maps
La presse, ici, VDN, n'a pas de meilleure photo:
minimise-t-elle la gravité des faits dans la ville de Macron ?

 
Le Parquet d'Amiens a ouvert ce dimanche une enquête sur cet événement  organisé par des associations soupçonnées d'avoir mis en danger de la vie d'autrui en rassemblant plus de 100 individus - 150, selon La Voix du Nord - samedi soir au stade Soufflot, au sud-est (Amiens-centre et Boves et Cagny, cantons représentés par un PS et une EELV) de la ville UDI de Brigitte Fouré

Cette rencontre de football, "spontanée", mais avec du public, était interdite en plein déconfinement. Elle a pourtant rassemblé un peu plus de 100 participants à Amiens, capitale historique de la Picardie. Macron est originaire de Amiens et l'ex-secrétaire d’Etat EELV de Hollande, Barbara Pompili est députée LREM de la 2e circonscription de la Somme.

Seul le sport individuel est de nouveau autorisé depuis le début du déconfinement, le 11 mai, les sports collectifs, comme le football restent donc proscrits jusqu'à nouvel ordre. Les rassemblements de plus de 10 personnes en milieu extérieur sont aussi interdits

Les organisateurs et les participants ne pouvaient ignorer qu'ils étaient dans l'illégalité la plus totale ce samedi soir : après un premier rappel à l'ordre, la police a dû intervenir pour disperser tout le monde, dans un climat tendu. Les organisateurs de cette partie sont actuellement  (activement ?) recherchés. 

Le pouvoir est clairement provoqué

Est-ce un pur hasard que François Ruffin (LFI) est député de la circonscription rebelle ? 

La photo de 20 Minutes ne rend pas très fidèlement compte de la situation...
20 Minutes ne rend pas très fidèlement
compte de la situation réelle...

Dès ce dimanche soir, en dépit de l'enquête du ministère de la Justice, près de 100 personnes ont de nouveau tenté de refaire un match de football, en escaladant les grilles du stade Soufflot. Deux voitures de police et un fourgon ont fait évacuer les participants avant même qu'une nouvelle rencontre ne commence.

Les présidents des clubs de football de Boves et Cagny sont respectivement Joao Morais de Araujo et Bruno Godin qui ne semblent pas joignables...

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vendredi 28 février 2020

Incendie à Strasbourg : deux personnes en garde à vue

La piste criminelle désormais "privilégiée"

L
es enquêteurs privilégient clairement la piste criminelle



Ils écartent la thèse de l'accident dans l'incendie d'immeuble qui a fait cinq morts et sept blessés à Strasbourg dans la nuit de mercredi à jeudi, même si la garde à vue des deux suspects interpellés peu après a été levée.
"Une seconde expertise privilégie la piste criminelle", a déclaré "une source (innommable?) proche du dossier" , alors que le Parquet a annoncé que les deux hommes ont été remis en liberté vendredi 28 février "faute d'indices graves ou concordants suffisants justifiant en l'état leur défèrement".
Faut-il comprendre qu'ils appartienne à une communauté totémisée par les groupes de pression de gauche (radicale)?

Le Parquet  précise que l'enquête sera confiée à deux juges d'instruction qui seront saisis d'une information judiciaire ouverte contre X pour «destructions» et «dégradations volontaires des biens d'autrui par l'effet d'un incendie» ayant "entraîné la mort de 5 personnes", des qualifications "criminelles", mais un "mode opératoire" des juges  qui  laissant présager un rapport d'experts psychiatriques suggérant un...déséquilibre ! 

Le représentant du ministère de la Justice avait commencé par envisager "l'hypothèse d'une simple défaillance électrique," selon les premières observations. La presse locale lui avait fait écho, alors qu'il est de notoriété publique que l'immeuble  connaît une activité souterraine que le préfet aurait dû contrôler... 

"Aucun désordre électrique (n'a) été mis en évidence à ce stade," a fini par Parquet de Strasbourg  le  admettre par les investigations des experts, avait fait valoir le Parquet. L'enquête, confiée dans un premier temps à la Sûreté départementale, associe désormais la Police judiciaire de Strasbourg "en raison de la complexité des investigations à mener", avait ajouté la magistrate en termes qui n'accrédite aucune volonté de transparence.

Que sait-on des gardés à vue ? Rien !

On saura que le sinistre a mobilisé 48 sapeurs-pompiers et 23 engins. Seules traces du drame sur la façade de l'immeuble jeudi au petit matin: des traînées noires au niveau du troisième étage, autour de fenêtres grandes ouvertes. 
Sur place, la journaliste Caroline Arnold révèle que les "deux hommes" interpellés vers 1h30 du matin, tout près de l'immeuble "seraient connus des services de police. Ils ont été "placés en garde à vue pour vérifications", précise-t-elle.
Des habitants auraient signalé des problèmes sur un boîtier électrique de l'immeuble, ajoute-t-elle. "Alors, incendie accidentel ou d'origine criminelle ? Impossible pour l'heure de le dire", conclut la journaliste. 

On ne saura rien des incendiaires, leur âge, leur genre et encore moins leur origine...
En revanche, si les familles attendent toujours les informations qui comptent pour elles, la Justice ne renseigne pas les Français et cultive le flou. Trois hommes et deux femmes ont péri dans l'incendie qui s'est déclenché vers 01h00 jeudi dans un immeuble des années 70 du quartier de la gare de Strasbourg, et sept autres personnes ont été hospitalisées en "urgence relative". Selon la procureure, les cinq corps sans vie ont été découverts "à l'intérieur (de l'immeuble) et principalement dans la cage d'escalier" par les sapeurs-pompiers.

Les personnes décédées sont un homme de 30 ans, un autre âgé d'une trentaine d'années et un troisième de 45 ans ainsi qu'une femme de 25 ans et une autre d'environ 70 ans, avait indiqué dans un premier temps le directeur de cabinet de la préfecture de la Région Grand Est, Dominique Schuffenecker. Mais le Parquet avait souligné que les victimes étaient encore en cours d'identification formelle à l'Institut médico-légal de Strasbourg, comme si elles n'étaient i connues ni des services de police, ni de ceux du ministère des Affaires étrangères. Comme les individus aux mains de la justice?
Parmi les sept blessés hospitalisés, dont la vie n'est pas en danger, figure une femme enceinte.

Le nom du gestionnaire des copropriétés de cet immeuble nous importe peu, mais il sest livré. Yves Reutenauer a évoqué jeudi la présence de "trafics" dans l'immeuble, qui abrite essentiellement des studios et des deux-pièces en location et où un système de vidéosurveillance avait été installé.
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samedi 7 septembre 2019

Acte 43 des Gilets jaunes : des milliers en France ont fait leur rentrée

Les contestataires tenaces, mais des heurts à Montpellier ou Rouen et 400 manifestants à Bordeaux

La presse observe la consigne élyséenne d'occultation de ce mouvement au long cours

  
“Gilets jaunes” : des milliers de manifestants pour la rentrée – Le tour des manifestations
Les media ont 
passé au quasi silence plusieurs manifestations organisées ce samedi avec l'intention de ne pas participer à la relance du mouvement de contestation de la politique du président Macron

Les Gilets Jaunes avaient voulu des retrouvailles de rentrée avec plusieurs rassemblements organisés en France, le 43e depuis novembre dernier, le mouvement souhaitant relancer la mobilisation qui s'était relâchée dans la période estivale caniculaire, tout en se poursuivant, ici ou là, par des actions ponctuelles. 

La presse ne retient que les heurts, notamment à Montpellier ou encore à Rouen, tandis qu'à Bordeaux, ville dont le maire fut Juppé - traître notoire à a famille politique - et où les drames sociaux de Blanquefort ou les intempéries ou les incendies ont fait des victimes, les forces de l’ordre étaient massivement mobilisées contre les mécontents en colère, bien décidés à investir le centre-ville.

A Bordeaux, la présence policière a exacerbé le mécontentement
Dans la capitale girondine, l’organisation du campus de rentrée du parti de la majorité présidentielle LREM avait galvanisé les troupes. Plusieurs dizaines de gilets jaunes ont ainsi été verbalisés et repoussés ce samedi aux abords du parc des expositions où était organisé le forum.
Moreau Florence@flohmoreau [Journaliste à Sud Ouest]
Bordeaux: un cortège d’une centaine de gilets jaunes part de la place de la Bourse. ⁦@SO_Bordeaux⁩ ⁦@sudouest
Plusieurs centaines de manifestants ont tenté et réussi à pénétrer dans le centre-ville, dans l’après-midi. Le  cortège a défilé dans la Rue Sainte-Catherine, malgré la présence des forces de l’ordre censées bloquer les manifestants aux abords. Les forces antagonistes ont provoqué l’arrêt du tramway sur les lignes A et B du tramway dans le centre-ville.
Au total, six personnes ont été interpellées et cinq placées en garde à vue pour dissimulation de visage ou pour un jet de pierre sur les forces de l’ordre, rapporte Sud-Ouest.

A Montpellier, entre 1.500 (préfecture) et 3.000 manifestants (organisateurs),
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l'Est républicain ou Libération et Le Monde n'hésitent pourtant pas à titrer: "une rentrée sans grande ampleur"... Les opposants à la politique anti-sociale de Macron se sont rassemblés en nombre samedi dans le centre de Montpellier après un appel "national" des Gilets Jaunes, ville dans laquelle la mobilisation est particulièrement forte chaque samedi depuis le début du mouvement, n'en déplaise à la presse de Bolloré ou Drahi (BFMTV, etc)
Comme à Bordeaux, la présence policière très visible dans la ville socialiste a été la cause d'incidents avec les forces de l’ordre. Des heurts se sont produits face à la gare, avec des jets de projectiles par des manifestants contrariés dans leur défilé.

Cette presse qui, par le passé, pointait les mesures d'interdiction du port de cagoules et de capuches lors des rassemblements de foule, signale aujourd'hui les casques et les masques, et les vêtements noirs des anarchistes. Force lui est désormais de mentionner des tirs de gaz lacrymogènes par les forces de l’ordre déployés aux abords de la gare pour en interdire l’accès et la libre expression populaire.
 "Un véhicule en feu" le samedi dans le centre-ville
de Montpellier, c'est un véhicule de la police. 
Or, "selon la préfecture de l'Hérault, qui a compté 500 "black blocks" environ dans le cortège, ce sont des manifestants qui ont ouvert la porte du véhicule de police et y ont jeté un cocktail molotov," rapporte Arte.
"Gilets jaunes": une "rentrée" marquée par des violences
L'inscription 'ACAB' des activistes d'extrême gauche,
en français, signifie 'Tous les flics sont des salauds'
La préfecture a fait état de deux interpellations pour "jets de projectiles, engins incendiaires et possession de couteaux". Dans le centre-ville, plusieurs commerces étaient fermés et des devantures  protégées par des panneaux de bois, malgré le manque d'"ampleur" de la contestation affirmée par CNews. Vers 15h, alors que les tensions entre les forces en présence devenaient palpables, des cafés sur la place de la Comédie ont préféré replier leurs terrasses dans l’urgence après des jets de projectiles, alors que le cortège remontait vers la préfecture, traditionnel lieu d’affrontement depuis le début du mouvement.



A Rouen, ville socialiste depuis 1995 
Plusieurs heurts ont éclaté samedi à Rouen à l’occasion de la manifestation soutenue par la CGT de Seine-maritime, qui dispose pourtant d'un service d'ordre aguerri. Deux interpellations sont confirmées par la préfecture. Le préfet de la région Normandie avait pris un arrêté interdisant toutes manifestations et rassemblements en centre-ville de Rouen samedi de 10h00 à 22h00, comme c’est le cas depuis le début du mouvement, "pour protéger les commerces".
"Les manifestants ont jeté des projectiles sur les forces de l’ordre. Des sommations ont été faites et il y a eu l’utilisation de gaz lacrymogènes en réponse aux jets de projectiles, les manifestants ont été éconduits et remis à l’extérieur du périmètre", a-t-il ajouté, le représentant du gouvernement refusant de préciser le nombre de manifestants présents samedi à Rouen. Selon la même source, il y a eu 21 verbalisations et deux interpellations en flagrant délit pour des "actes caractérisés" contre les forces de l’ordre. 

Ailleurs en France : "Et ça va être de pire en pire!"

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A Toulouse, le cortège, de plusieurs centaines de Gilets Jaunes, selon un journaliste de l'AFP, était bien plus important que les derniers samedis, traduisant selon de nombreux manifestants une "reprise" de la mobilisation. "C’est normal qu’il y ait plus de monde, c’est une reprise du mouvement qui n’a jamais été mort", a commenté Francis, un retraité toulousain de 66 ans. "Et ça va être de pire en pire!", prédit-il. Sur une des portes de l’Hôtel de ville, un homme a collé un carton sur lequel on pouvait lire : "Ça prendra le temps que ça prendra, mais nous on lâchera pas"

A Lille, quelque 650 manifestants selon une source policière (seule source citée par Arte), 1.500 selon des représentants des "gilets jaunes", défilaient eux dans une ambiance bon enfant, derrière une banderole annonçant la "rentrée sociale" et la "convergence des luttes" des gilets "jaunes", "rouges", "roses" et "verts".
"On est tous ensemble, on veut que le gouvernement change clairement de politique et (…) un changement radical ne peut passer que par la démission du gouvernement et la mise en place d’une alternative politique", a déclaré Alexandre Chantry, figure des Gilets jaunes lillois.
A Strasbourg, environ 350 Gilets Jaunes, selon la préfecture manifestaient depuis la mi-journée dans le centre-ville.
Des « gilets jaunes » le 7 septembre à Montpellier.
Le 7 septembre, à Montpellier
A Paris, épicentre des premières manifestations des Gilets Jaunes qui n'était pas un lieu national de rassemblement,  quelques dizaines de manifestants ont tenté de se rassembler sur les Champs-Elysées, qui restent interdits aux manifestations. Les forces de l’ordre déployées dans le quartier ont verbalisé 55 personnes, dont Eric Drouet, l’un des initiateurs du mouvement.

Cas unique, Arte signale qu'
"à Dijon, la manifestation déclarée en préfecture, qui a rassemblé 250 personnes, s'est déroulée sans incident"...

dimanche 12 mai 2019

Gilets jaunes : quel "essoufflement" du mouvement social, depuis 26 semaines ?...

Mobilisation en baisse, heurts à Nantes et Lyon, conséquences du mépris de Macron

Quelques épicentres régionaux choisis par les Gilets jaunes ont encore fait de la résistance

Gilets jaunes: pour l’acte 26, l’essoufflement se confirme
Des milliers de manifestants continuent de défiler
depuis plus de 6 mois en France, comme ici à Lyon, le 11 mai 
Au sixième mois de la contestation, les Gilets jaunes sont parvenus à mobiliser. Samedi, lors du 26e samedi consécutif de manifestations, depuis le 17 novembre, contre la politique de Macronles Gilets jaunes n'étaient pas rassemblés seulement à Paris, mais aussi en régions, et ont connu une nouvelle baisse de participation, par rapport à la semaine précédente, conséquence des défilés du 1er Mai et de la grève nationale unitaire des fonctionnaires du jeudi  9 mai, trois jours plus tôt, quand ils s'étaient associés aux syndicats.

Deux mobilisations dans la même semaine

L’image contient peut-être : texte
Chiffre est en hausse? malgré
le climat et les violences policières
Avec 18.900 manifestants samedi 11 mai, les gilets jaunes avaient connu lors de l'acte XXV la plus faible mobilisation en six mois, depuis le 17 novembre. Des chiffres contestés par les intéressés. 
L’image contient peut-être : texteA noter qu'à la différence de la préfecture de police, Le Nombre jaune diffuse le détail de ses relevés, soumettant ainsi ses chiffres à la critique. 

Cette journée de samedi confirme la détermination des Gilets jaunes de trois agglomérations privilégiées, Paris, Nantes et Lyon, où l’essoufflement n'est pas ce qu'en dit la presse institutionnelle subventionnée. Au total, dans toute la France, quelque 18.600 manifestants ont été officiellement recensés par le ministère de l'Intérieur, dont 1.200 à Paris qui sortait de trois mobilisations en dix jours. De leur côté, les Gilets jaunes font pourtant encore état de plus de 45.000 participants. 
Petite mobilisation d'entretien à Paris


La mobilisation a été de courte durée dans les rues de la capitale. Un cortège regroupant 600 participants s'est élancé de Jussieu dans le 5e, vers 13 heures.
Le point de départ avait été choisi "en soutien aux enseignants" pour protester contre la loi Blanquer. Deux heures plus tard, la foule a terminé son parcours pacifiquement, dans l'arrondissement jouxtant Jussieu, sur l'esplanade Pierre Vidal-Naquet (13e arrondissement). Une partie des participants a continué à occuper l'esplanade au cours de l'après-midi, tandis que d'autres ont entamé une "manif sauvage" dans Paris. 
Une nouvelle fois, l'accès aux Champs-Elysées avait été fermé dans un périmètre d'interdiction comprenant le palais présidentiel et l'Assemblée nationale, ainsi que le secteur de Notre-Dame.


Des heurts à Nantes et à Lyon

A Nantes, où Maxime Nicolle avait fait le déplacement et où la préfecture avait dit "redouter "le rassemblement de 500 membres de l'ultragauche", 2.200 Gilets jaunes étaient dans la rue, sous escorte de la gendarmerie mobile et d'un hélicoptère. En marge de cet Acte XXVI déclaré "essoufflé", des heurts ont éclaté vers 15 heures, lorsqu'une équipe de la Brigade anti-criminalité (BAC) a reçu de manifestants une volée de projectiles, conduisant à une intervention des forces de l'ordre et à l'usage de LBD 40. 


Selon Yahoo Actualités, les tirs de LBD ont fait plusieurs blessés, dont un journaliste reporter d'images (JRI) de la chaîne d'information CNews qui dit avoir été touché par un tir de LBD . Il a été pris en charge par des "street medics". "J'ai reçu un tir de LBD au niveau du bas ventre, je vais bien car ma ceinture abdominale a permis d'atténuer le choc", a dit Stéphane Perrier. 26 manifestants ont été interpellés.

Des milliers de manifestants ont défilé dans les rues de France, comme ici à Nantes.
L'après-midi a également été marqué par un épisode de vive tension sur le quai de la Fosse. "Un automobiliste a tenté de forcer un barrage" ce qui a conduit des gendarmes à "sortir leur arme". Puis "l'automobiliste a fait demi-tour", indique la préfecture de Loire-Atlantique. Les forces de l'ordre "n'ont pas fait usage de leur arme; ça s'est arrêté là. Aucun coup de feu n'a été tiré; on ne peut pas parler d'un manque de sang froid", se défend la préfecture, précisant qu'une enquête de police a été ouverte.

Des heurts ont également éclaté à Lyon, où quelque 2.000 manifestants ont été recensés. Les forces de l'ordre ont riposté par de nombreux tirs de gaz lacrymogènes à des jets de projectiles. 


Des heurts qui ont fait
22 blessés côté forces de l'ordre, 2 côté manifestants et ont conduit à 9 interpellations, précise la préfecture.
A Bordeaux, dont le maire était Juppé et place forte de la mobilisation depuis le 17 novembre, la préfecture n'a vu que 700 personnes dans le cortège mais a fait état de 11 interpellations (soit plus qu'à Lyon où la mobilisation était plus importante), ainsi que de plus de 70 verbalisations pour participation à un rassemblement non autorisé, mais qui n'a donné lieu à aucun incident ni violences notables.

Des mini-rassemblements avaient également lieu à Dijon, Toulouse, Orléans, où les autorités avaient mis en place des zones interdites aux manifestations. 
A Montpellier, 1.300 Gilets jaunes" ont défilé dans le calme, de l'aveu de la préfecture, dans une ambiance bon enfant.

L'acte 26 de la mobilisation des "gilets jaunes" n'a pas mobilisé les foules ce samedi. (Archives)Enfin, à Strasbourg, ils étaient une soixantaine aux abords du meeting de LREM au Palais de la musique et des congrès avec sur une banderole bleu-blanc-rouge le slogan : "Vivre pas survivre, justice fiscale"

dimanche 31 mars 2019

Nathalie Loiseau a laissé en vrac les comptes de l'ENA

La cheffe de file de la liste présidentielle aux Européennes n'était déjà pas une affaire à la tête de l'ENA 

La meilleure d'entre eux pour le Parlement de Strasbourg
, selon Macron,  a laissé  l’ENA dans le rouge

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Ecole Nationale d'Administration à Strasbourg :
ouverte sur le monde réel ?
Ce n'est pas non plus  à l'ENA que les technocrates peuvent apprendre à gérer.
L'état de la comptabilité et le bilan social 2017 de la prestigieuse Ecole nationale d’administration jette un doute sur la compétence de sa directrice (2012-2017), Nathalie Loiseau, dont Macron s'efforce de se débarrasser en la retournant à l'expéditeur, son colombier strasbourgeois (Loiseau est née Ducoulombier), après l'avoir promue en juin 2017 ministre chargée des Affaires européennes. L’établissement, qu'elle a dirigé pendant cinq années et qui formate l’élite dirigeante de la nation, accuse un grave déficit.

C’est, dit-on, la fabrique à hauts fonctionnaires, voire à présidents, ce qui ne contribue pas à sa renommée : Giscard, Chirac, Hollande et Macron en sont sortis, mais Mitterrand et Sarkozy n'y sont pas passés. Quant à Loiseau, elle y a niché, comme le coucou, sans y avoir jamais été admise, mais n'a laissé que des dettes au nid.  

A l’Ecole nationale d’administration, les voyants financiers sont au rouge.
Depuis 2005, la totalité de la scolarité de l’ENA est organisée à Strasbourg
Loiseau a laissé l'ardoise à son successeur. La masse salariale pèse lourd. Les nouvelles missions imposées par l’Etat coûtent cher, alors que la subvention publique stagne. Et les trésoriers de l’école peinent à se faire payer les factures des prestations que l’ENA propose. Loiseau a pris son envol avant d'entreprendre la réforme nécessaire à l'assainissement des comptes. Résultat, le déficit augmente et si rien ne change, l’école, qui dispose encore d’une petite réserve pour éponger, fera banqueroute d’ici quatre ans. Voilà qui fait désordre à l’endroit même où l’Etat se fixe pour mission d’enseigner les règles de la bonne gestion publique.

La situation se dégrade depuis plusieurs années, les années Loiseau. 
La fuite d’une note interne avait déjà mis le sujet sur la place publique par le passé. Mais, pour la première fois, le compte financier 2017 de la prestigieuse école a fuité dans la presse et c'est semble-t-il mission impossible de boucler un budget à l’équilibre
En 2017sur un budget de 40,8 millions d’euros, le déficit a atteint 2,8 millions d’euros. Les chiffres parlent d’eux-mêmes et c’est d’ailleurs pour cela que ces millions ont été si difficiles à obtenir. Pour se les procurer, la fondation iFRAP, un think-tank libéral, a sollicité la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada). "J’ai dû attendre un an entre ma demande initiale à l’ENA et le moment où l’école a été forcée par la Cada à m’envoyer ses comptes", soupire Agnès Verdier-Molinié, la directrice de l’iFRAP, qui a passé au crible les dépenses et les recettes de l’établissement.
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Premier constat, les 30,9 millions d’euros de dépenses de personnels absorbent à eux seuls la quasi-intégralité de la subvention d’Etat (31,1 millions d’euros). Pas besoin d’avoir fait l’ENA pour comprendre que boucler un budget à l’équilibre dans ces conditions relève de l'exploit !
Si les salaires de l’équipe pédagogique et des enseignants sont confortables, ce sont surtout les 9,2 millions d’euros alloués aux élèves qui plombent la ligne "dépenses de personnels". C'est dès l'ENA que les futurs hauts-fonctionnaires apprennent à vivre, à l'aise, aux crochets des contribuables, ces classes moyennes qu'arrivés aux manettes, ils n'hésitent pas à maltraiter.

Elèves-salariés, scolarité "all inclusive", des étudiants gagnants ?

Les 117 étudiants qui composent chaque promotion sont payés en moyenne 1.691 € bruts par mois en France (Source : JDN - point d'indice, 2016). De quoi faire s’étrangler, par exemple, les élèves des meilleures écoles de commerce, dont les frais de scolarité sont parmi les plus élevés. Et encore davantage les Gilets jaunes que l'information va remonter pour encore trois mois. 

Mais ce n’est pas tout. A l’ENA, les frais de mission sont également pris en charge. Une sorte de scolarité "all inclusive". L’ENA dépense ainsi chaque année 1,5 million d’euros en frais de déplacement, repas et nuitées accordés aux étudiants lorsqu’ils sont sur le terrain, en stage dans les préfectures par exemple. Avantageux ? Tout dépend. "C’est le jackpot si vous êtes un fils de bonne famille de 20 ans, célibataire, qui fait ses stages logé-nourri-blanchi sans dépenser un rond, confie une ancienne élève. C’est plus compliqué si vous avez 30 ans, un conjoint et déjà un ou deux enfants à charge. Là, le salaire est un peu juste…"
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La promotion Senghor (2002-2004) comptait dans ses rangs un certain Emmanuel Macron, fils de parents divorcés, 
un père médecin, professeur de neurologie et une mère, médecin conseil

Les énarques savent veiller sur leurs propres intérêts... 
L’ancien ministre des Finances de Hollande, Michel Sapin, élève de la promotion Voltaire sortie de l’ENA en 1980, se souvient qu’il avait mis en place une "caisse de solidarité" pour lisser les écarts de ce type. Délégué des élèves en 1979, l’ex-ministre de l’Economie siégeait au conseil d’administration de l’école. "A l’époque, je n’ai pas souvenir de problèmes liés au déficit", confie celui qui, au gouvernement, voyait sans cesse venir le redressement de la courbe de l'emploi, en vain... 

L’ENA, bonnet d’âne de l’encaissement des factures

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ENA, Paris
De 2002 à 2004, Macron était élève de l'ENA à Strasbourg, mais le futur banquier n'a rien entrepris, à la différence de Sapin.  L’ENA n’est pas douée pour faire rentrer l’argent dans ses caisses, ce qui explique en partie pourquoi la situation financière s’est beaucoup dégradée depuis 1980. Beaucoup de factures de formations restent en souffrance. Le Koweït est de loin le plus gros débiteur, qui doit 569 700 €. Mais d’autres petites ardoises s’accumulent. Le Brésil a deux paiements en suspens pour 20.500 € et 11.000 €, la République dominicaine pour 22.588 €, la Jordanie pour 7.268 €.

Et l’ENA n’apparaît guère plus pressée pour pousser les mauvais payeurs français à régulariser leur situation. Castaner va-t-il enfin régler la facture de l’Ecole nationale supérieure de la police et Jacqueline Gourault, celle du Commissariat général à l’égalité des territoires qui lui doivent chacun 10.000 €. Et de Rugy, ministre de l'écologie punitive, va-t-il presser l'établissement public AgroParisTech (Institut des sciences et industries du vivant et de l'environnement) de régler sa dette de 9.120 €. Et, Eric Verlhac, inspecteur général de l’administration du développement durable, un ...haut fonctionnaire d'Etat, les 5.200 € de l’Association des maires de France ?

Un petit paradis pour fonctionnaires ?

Image associée
ENA, Paris
Il fait bon vivre à l’ENA, un paradoxe comptable, si l’argent sort plus vite de l’école qu’il n’y rentre. 
L’institution affiche une politique d’action sociale généreuse. En 2017, elle a accordé 11.405 € d’aides financières non remboursables à ses agents, un poste budgétaire en hausse de + 48,12 %. De quoi faire rêver ceux qui n’ont d’autre solution que de demander une avance sur salaire. Ou de négocier un prêt étudiant...
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ENA, Paris,
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L’ENA délivre aussi généreusement les formations en interne, y compris certaines aux intitulés insolites comme "Comprendre l’UE en une journée", " The Lego serious play method" ou encore la mystérieuse "Praticien en hypnose ericksonienne".

Enfin, si la décision a été prise de déménager l’ENA à Strasbourg, l’école a fait ses cartons en conservant une antenne parisienne. Une double implantation coûteuse à l’heure des économies d’échelles.

"Nous ne sommes pas en faillite"

"Nous ne sommes pas en faillite, nous n’avons pas de dettes, insiste Thierry Rogelet, le secrétaire général de l’ENA, un ancien chef du bureau des ressources humaines et de la ...modernisation (sic), à la direction de la défense et de la sécurité civiles du ministère de l’Intérieur. L’école est en difficulté financière mais notre objectif est de revenir à l’équilibre en 2020". Ben voyons ! L’établissement travaille avec le ministère de l’Action et des Comptes publics (Gérald Darmanin) pour mettre en place un plan de redressement.

"Nous avons déjà fait beaucoup d’effort sur nos dépenses, poursuit le secrétaire général. Nous avons également réduit la masse salariale en supprimant 38 postes ces dernières années. Et quatre autres postes ont été supprimés en 2018 », détaille-t-il. Voilà donc pourquoi les nouveaux énarques seront mieux formés...

Une diète budgétaire d’autant plus cruelle que l’école n’est pas responsable de tout. Absorption de l’Institut international administration publique en 2002, du Centre d’études européennes de Strasbourg en 2005, l’Etat lui a imposé de grossir sans vraiment revaloriser la subvention qu’il lui verse.

Objectif : un retour dans le vert en 2020

Thierry Rogelet veut développer les recettes propres plutôt que de réclamer davantage de deniers publics. "Nous nous sommes réorganisés pour mieux encaisser les factures ( ! ) et nous allons nous recentrer sur des missions à forte valeur ajoutée, explique-t-il, suivant les conseils du Sénat et de l'IFRAP. Nous aimerions aussi faire en sorte que la rémunération de la préparation au concours interne ne soit plus uniquement supportée par l’ENA. Notre objectif est que d’autres écoles du service public ou bien les employeurs d’origine (collectivités locales, ministères…) participent".

La fabrique à président de la République n’entend pas mettre la clé sous la porte. "Selon nos estimations, nous serons à -1,4 million d’euros de déficit en 2018, puis à -400.000 € en 2019. Avant un retour dans le vert à +500.000 € en 2020", promet Thierry Rogelet. 
On croirait entendre la France qui défend son budget à Bruxelles, sous les regards narquois de ses collègues.

L’ENA EN CHIFFRES


  • 1945 : Création de l’Ecole nationale d’administration. Objectif, démocratiser l’accès à la haute fonction publique de l’Etat.


  • 6 500 anciens élèves français. Auxquels il convient d’ajouter 3 657 anciens élèves étrangers, originaires de 134 pays.


  • 6 % d’heureux élus. L’an passé, le nombre d’inscrits aux trois concours a atteint 1 368 candidats, pour un total de 80 places. En clair, beaucoup d’appelés, peu d’élus, avec une sélectivité d’un sur sept pour le concours interne (agents publics), d’un sur treize pour le concours externe (diplômés de l’enseignement supérieur) et d’un sur huit pour le 3e concours (actifs du secteur privé).


  • Nathalie Loiseau est-elle responsable de la dégradation des comptes de l'ENA ?


    La situation catastrophique du budget de l'ENA est partiellement due à la baisse de dotation de l’Etat (19 % depuis 2010), comme aux autres institutions, singulièrement depuis Hollande (Moscovici et Sapin), mais aussi et surtout à un "développement insuffisant des ressources propres".

    Juan Branco, avocat et auteur de 'Crépuscule', livre "réquisitoire contre la politique d’Emmanuel Macron" mentionne un rapport de l’Ifrap qui s’est "violemment payé" la gestion de l’Ecole nationale d’administration (ENA) lorsqu’elle était dirigée par Nathalie Loiseau, tête de liste LREM aux Européennes. J. Branco souligne au passage que la charge de la Cour des comptes est d’autant plus forte que la plupart de ses membres sont recrutés directement dans les promotions sortantes de l’ENA.
    L’Ifrap (fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques) est un cercle de réflexion libéral dirigé par Agnès Verdier-Molinié, régulièrement invitée sur les plateaux de télévision où elle défend notamment une baisse drastique des impôts et dépenses publiques. 

    Dans un rapport publié en octobre 2018, l’Ifrap fustigeait "les mauvais comptes de l’ENA" (un déficit de près de 3 millions d’euros, rappelons-le). En s’appuyant sur le dernier exercice alors disponible (2017) de cette école obtenus auprès de la commission d’accès aux documents administratifs, l’institut décrivait "une grande fragilité financière, caractérisée par un déficit récurrent qui nécessite des ponctions régulières dans la trésorerie de l’école". 

    Le think tank faisait des propositions pour combler le déficit : "faire l’économie d’environ 70 postes parmi ses personnels permanents" et baisser drastiquement le traitement des élèves fonctionnaires "de 1.682 € bruts par mois à environ 1.000 €".

    Le nom de Nathalie Loiseau n'apparaît jamais dans ce rapport, mais le site de l’Ifrap note toutefois en 2018 que "la situation se dégrade depuis plusieurs années". Or, la tête de liste LREM a quitté ses fonctions à l’ENA en 2017 et c’est donc bien son bilan qui est pointé. Une mise en cause confirmée par les chiffres livrés par le magazine spécialisé Acteurs publics : la situation financière de l'ENA s’est même fortement dégradée entre l’arrivée de Nathalie Loiseau en 2012 et son départ en 2017 : d’une situation de léger excédent d’environ 200 000 €, on passe à un déficit de près de 3 millions d’euros. Après son départ, le déficit est ensuite bien moindre, puisqu’il repasse à 339.597 € en 2018 (et l’actuel secrétaire général de l’ENA estime qu’il sera comblé d’ici 2020).

    Loiseau n'avait aucun poids, aucune audience.
    Un rapport de la commission des lois du Sénat de novembre 2018 souligne même que l’Etat, qui "constitue la principale source de financement de l’ENA" aussi longtemps que l'Ecole néglige son auto-financement, a profité de l'arrivée de la mollusque à sa tête pour baisser son financement de 2,27 millions sur un an dès 2012 et 2013. Malgré cette baisse et sans que Loiseau ne bronche, l’Etat confiait dans le même temps à l’ENA de nouvelles missions, comme l’organisation de nouveaux cursus ou le passage des promotions de 80 à 90 élèves (qui a coûté 1,4 million d’euros par an supplémentaire à lui seul). Savoir si la potiche, qui n'est pas elle-même énarque, n'a pas été placée à ce poste pour avaler les couleuvres.

    Le Sénat impute clairement à la direction de l'ENA, un "développement insuffisant de [ses] ressources propres" avec "la multiplication d’actions non rentables ou à faible valeur ajoutée". Le rapport cite un exemple : "Une semaine de formation au sein du cycle international spécialisé d’administration publique est facturée 1.000 euros, ce qui est insuffisant pour amortir son coût d’organisation et de gestion."
    Attention, Strasbourg, il vous arrive un drôle de Loiseau.