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dimanche 31 mars 2019

Nathalie Loiseau a laissé en vrac les comptes de l'ENA

La cheffe de file de la liste présidentielle aux Européennes n'était déjà pas une affaire à la tête de l'ENA 

La meilleure d'entre eux pour le Parlement de Strasbourg
, selon Macron,  a laissé  l’ENA dans le rouge

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Ecole Nationale d'Administration à Strasbourg :
ouverte sur le monde réel ?
Ce n'est pas non plus  à l'ENA que les technocrates peuvent apprendre à gérer.
L'état de la comptabilité et le bilan social 2017 de la prestigieuse Ecole nationale d’administration jette un doute sur la compétence de sa directrice (2012-2017), Nathalie Loiseau, dont Macron s'efforce de se débarrasser en la retournant à l'expéditeur, son colombier strasbourgeois (Loiseau est née Ducoulombier), après l'avoir promue en juin 2017 ministre chargée des Affaires européennes. L’établissement, qu'elle a dirigé pendant cinq années et qui formate l’élite dirigeante de la nation, accuse un grave déficit.

C’est, dit-on, la fabrique à hauts fonctionnaires, voire à présidents, ce qui ne contribue pas à sa renommée : Giscard, Chirac, Hollande et Macron en sont sortis, mais Mitterrand et Sarkozy n'y sont pas passés. Quant à Loiseau, elle y a niché, comme le coucou, sans y avoir jamais été admise, mais n'a laissé que des dettes au nid.  

A l’Ecole nationale d’administration, les voyants financiers sont au rouge.
Depuis 2005, la totalité de la scolarité de l’ENA est organisée à Strasbourg
Loiseau a laissé l'ardoise à son successeur. La masse salariale pèse lourd. Les nouvelles missions imposées par l’Etat coûtent cher, alors que la subvention publique stagne. Et les trésoriers de l’école peinent à se faire payer les factures des prestations que l’ENA propose. Loiseau a pris son envol avant d'entreprendre la réforme nécessaire à l'assainissement des comptes. Résultat, le déficit augmente et si rien ne change, l’école, qui dispose encore d’une petite réserve pour éponger, fera banqueroute d’ici quatre ans. Voilà qui fait désordre à l’endroit même où l’Etat se fixe pour mission d’enseigner les règles de la bonne gestion publique.

La situation se dégrade depuis plusieurs années, les années Loiseau. 
La fuite d’une note interne avait déjà mis le sujet sur la place publique par le passé. Mais, pour la première fois, le compte financier 2017 de la prestigieuse école a fuité dans la presse et c'est semble-t-il mission impossible de boucler un budget à l’équilibre
En 2017sur un budget de 40,8 millions d’euros, le déficit a atteint 2,8 millions d’euros. Les chiffres parlent d’eux-mêmes et c’est d’ailleurs pour cela que ces millions ont été si difficiles à obtenir. Pour se les procurer, la fondation iFRAP, un think-tank libéral, a sollicité la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada). "J’ai dû attendre un an entre ma demande initiale à l’ENA et le moment où l’école a été forcée par la Cada à m’envoyer ses comptes", soupire Agnès Verdier-Molinié, la directrice de l’iFRAP, qui a passé au crible les dépenses et les recettes de l’établissement.
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Premier constat, les 30,9 millions d’euros de dépenses de personnels absorbent à eux seuls la quasi-intégralité de la subvention d’Etat (31,1 millions d’euros). Pas besoin d’avoir fait l’ENA pour comprendre que boucler un budget à l’équilibre dans ces conditions relève de l'exploit !
Si les salaires de l’équipe pédagogique et des enseignants sont confortables, ce sont surtout les 9,2 millions d’euros alloués aux élèves qui plombent la ligne "dépenses de personnels". C'est dès l'ENA que les futurs hauts-fonctionnaires apprennent à vivre, à l'aise, aux crochets des contribuables, ces classes moyennes qu'arrivés aux manettes, ils n'hésitent pas à maltraiter.

Elèves-salariés, scolarité "all inclusive", des étudiants gagnants ?

Les 117 étudiants qui composent chaque promotion sont payés en moyenne 1.691 € bruts par mois en France (Source : JDN - point d'indice, 2016). De quoi faire s’étrangler, par exemple, les élèves des meilleures écoles de commerce, dont les frais de scolarité sont parmi les plus élevés. Et encore davantage les Gilets jaunes que l'information va remonter pour encore trois mois. 

Mais ce n’est pas tout. A l’ENA, les frais de mission sont également pris en charge. Une sorte de scolarité "all inclusive". L’ENA dépense ainsi chaque année 1,5 million d’euros en frais de déplacement, repas et nuitées accordés aux étudiants lorsqu’ils sont sur le terrain, en stage dans les préfectures par exemple. Avantageux ? Tout dépend. "C’est le jackpot si vous êtes un fils de bonne famille de 20 ans, célibataire, qui fait ses stages logé-nourri-blanchi sans dépenser un rond, confie une ancienne élève. C’est plus compliqué si vous avez 30 ans, un conjoint et déjà un ou deux enfants à charge. Là, le salaire est un peu juste…"
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La promotion Senghor (2002-2004) comptait dans ses rangs un certain Emmanuel Macron, fils de parents divorcés, 
un père médecin, professeur de neurologie et une mère, médecin conseil

Les énarques savent veiller sur leurs propres intérêts... 
L’ancien ministre des Finances de Hollande, Michel Sapin, élève de la promotion Voltaire sortie de l’ENA en 1980, se souvient qu’il avait mis en place une "caisse de solidarité" pour lisser les écarts de ce type. Délégué des élèves en 1979, l’ex-ministre de l’Economie siégeait au conseil d’administration de l’école. "A l’époque, je n’ai pas souvenir de problèmes liés au déficit", confie celui qui, au gouvernement, voyait sans cesse venir le redressement de la courbe de l'emploi, en vain... 

L’ENA, bonnet d’âne de l’encaissement des factures

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ENA, Paris
De 2002 à 2004, Macron était élève de l'ENA à Strasbourg, mais le futur banquier n'a rien entrepris, à la différence de Sapin.  L’ENA n’est pas douée pour faire rentrer l’argent dans ses caisses, ce qui explique en partie pourquoi la situation financière s’est beaucoup dégradée depuis 1980. Beaucoup de factures de formations restent en souffrance. Le Koweït est de loin le plus gros débiteur, qui doit 569 700 €. Mais d’autres petites ardoises s’accumulent. Le Brésil a deux paiements en suspens pour 20.500 € et 11.000 €, la République dominicaine pour 22.588 €, la Jordanie pour 7.268 €.

Et l’ENA n’apparaît guère plus pressée pour pousser les mauvais payeurs français à régulariser leur situation. Castaner va-t-il enfin régler la facture de l’Ecole nationale supérieure de la police et Jacqueline Gourault, celle du Commissariat général à l’égalité des territoires qui lui doivent chacun 10.000 €. Et de Rugy, ministre de l'écologie punitive, va-t-il presser l'établissement public AgroParisTech (Institut des sciences et industries du vivant et de l'environnement) de régler sa dette de 9.120 €. Et, Eric Verlhac, inspecteur général de l’administration du développement durable, un ...haut fonctionnaire d'Etat, les 5.200 € de l’Association des maires de France ?

Un petit paradis pour fonctionnaires ?

Image associée
ENA, Paris
Il fait bon vivre à l’ENA, un paradoxe comptable, si l’argent sort plus vite de l’école qu’il n’y rentre. 
L’institution affiche une politique d’action sociale généreuse. En 2017, elle a accordé 11.405 € d’aides financières non remboursables à ses agents, un poste budgétaire en hausse de + 48,12 %. De quoi faire rêver ceux qui n’ont d’autre solution que de demander une avance sur salaire. Ou de négocier un prêt étudiant...
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ENA, Paris,
site de l'Observatoire
L’ENA délivre aussi généreusement les formations en interne, y compris certaines aux intitulés insolites comme "Comprendre l’UE en une journée", " The Lego serious play method" ou encore la mystérieuse "Praticien en hypnose ericksonienne".

Enfin, si la décision a été prise de déménager l’ENA à Strasbourg, l’école a fait ses cartons en conservant une antenne parisienne. Une double implantation coûteuse à l’heure des économies d’échelles.

"Nous ne sommes pas en faillite"

"Nous ne sommes pas en faillite, nous n’avons pas de dettes, insiste Thierry Rogelet, le secrétaire général de l’ENA, un ancien chef du bureau des ressources humaines et de la ...modernisation (sic), à la direction de la défense et de la sécurité civiles du ministère de l’Intérieur. L’école est en difficulté financière mais notre objectif est de revenir à l’équilibre en 2020". Ben voyons ! L’établissement travaille avec le ministère de l’Action et des Comptes publics (Gérald Darmanin) pour mettre en place un plan de redressement.

"Nous avons déjà fait beaucoup d’effort sur nos dépenses, poursuit le secrétaire général. Nous avons également réduit la masse salariale en supprimant 38 postes ces dernières années. Et quatre autres postes ont été supprimés en 2018 », détaille-t-il. Voilà donc pourquoi les nouveaux énarques seront mieux formés...

Une diète budgétaire d’autant plus cruelle que l’école n’est pas responsable de tout. Absorption de l’Institut international administration publique en 2002, du Centre d’études européennes de Strasbourg en 2005, l’Etat lui a imposé de grossir sans vraiment revaloriser la subvention qu’il lui verse.

Objectif : un retour dans le vert en 2020

Thierry Rogelet veut développer les recettes propres plutôt que de réclamer davantage de deniers publics. "Nous nous sommes réorganisés pour mieux encaisser les factures ( ! ) et nous allons nous recentrer sur des missions à forte valeur ajoutée, explique-t-il, suivant les conseils du Sénat et de l'IFRAP. Nous aimerions aussi faire en sorte que la rémunération de la préparation au concours interne ne soit plus uniquement supportée par l’ENA. Notre objectif est que d’autres écoles du service public ou bien les employeurs d’origine (collectivités locales, ministères…) participent".

La fabrique à président de la République n’entend pas mettre la clé sous la porte. "Selon nos estimations, nous serons à -1,4 million d’euros de déficit en 2018, puis à -400.000 € en 2019. Avant un retour dans le vert à +500.000 € en 2020", promet Thierry Rogelet. 
On croirait entendre la France qui défend son budget à Bruxelles, sous les regards narquois de ses collègues.

L’ENA EN CHIFFRES


  • 1945 : Création de l’Ecole nationale d’administration. Objectif, démocratiser l’accès à la haute fonction publique de l’Etat.


  • 6 500 anciens élèves français. Auxquels il convient d’ajouter 3 657 anciens élèves étrangers, originaires de 134 pays.


  • 6 % d’heureux élus. L’an passé, le nombre d’inscrits aux trois concours a atteint 1 368 candidats, pour un total de 80 places. En clair, beaucoup d’appelés, peu d’élus, avec une sélectivité d’un sur sept pour le concours interne (agents publics), d’un sur treize pour le concours externe (diplômés de l’enseignement supérieur) et d’un sur huit pour le 3e concours (actifs du secteur privé).


  • Nathalie Loiseau est-elle responsable de la dégradation des comptes de l'ENA ?


    La situation catastrophique du budget de l'ENA est partiellement due à la baisse de dotation de l’Etat (19 % depuis 2010), comme aux autres institutions, singulièrement depuis Hollande (Moscovici et Sapin), mais aussi et surtout à un "développement insuffisant des ressources propres".

    Juan Branco, avocat et auteur de 'Crépuscule', livre "réquisitoire contre la politique d’Emmanuel Macron" mentionne un rapport de l’Ifrap qui s’est "violemment payé" la gestion de l’Ecole nationale d’administration (ENA) lorsqu’elle était dirigée par Nathalie Loiseau, tête de liste LREM aux Européennes. J. Branco souligne au passage que la charge de la Cour des comptes est d’autant plus forte que la plupart de ses membres sont recrutés directement dans les promotions sortantes de l’ENA.
    L’Ifrap (fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques) est un cercle de réflexion libéral dirigé par Agnès Verdier-Molinié, régulièrement invitée sur les plateaux de télévision où elle défend notamment une baisse drastique des impôts et dépenses publiques. 

    Dans un rapport publié en octobre 2018, l’Ifrap fustigeait "les mauvais comptes de l’ENA" (un déficit de près de 3 millions d’euros, rappelons-le). En s’appuyant sur le dernier exercice alors disponible (2017) de cette école obtenus auprès de la commission d’accès aux documents administratifs, l’institut décrivait "une grande fragilité financière, caractérisée par un déficit récurrent qui nécessite des ponctions régulières dans la trésorerie de l’école". 

    Le think tank faisait des propositions pour combler le déficit : "faire l’économie d’environ 70 postes parmi ses personnels permanents" et baisser drastiquement le traitement des élèves fonctionnaires "de 1.682 € bruts par mois à environ 1.000 €".

    Le nom de Nathalie Loiseau n'apparaît jamais dans ce rapport, mais le site de l’Ifrap note toutefois en 2018 que "la situation se dégrade depuis plusieurs années". Or, la tête de liste LREM a quitté ses fonctions à l’ENA en 2017 et c’est donc bien son bilan qui est pointé. Une mise en cause confirmée par les chiffres livrés par le magazine spécialisé Acteurs publics : la situation financière de l'ENA s’est même fortement dégradée entre l’arrivée de Nathalie Loiseau en 2012 et son départ en 2017 : d’une situation de léger excédent d’environ 200 000 €, on passe à un déficit de près de 3 millions d’euros. Après son départ, le déficit est ensuite bien moindre, puisqu’il repasse à 339.597 € en 2018 (et l’actuel secrétaire général de l’ENA estime qu’il sera comblé d’ici 2020).

    Loiseau n'avait aucun poids, aucune audience.
    Un rapport de la commission des lois du Sénat de novembre 2018 souligne même que l’Etat, qui "constitue la principale source de financement de l’ENA" aussi longtemps que l'Ecole néglige son auto-financement, a profité de l'arrivée de la mollusque à sa tête pour baisser son financement de 2,27 millions sur un an dès 2012 et 2013. Malgré cette baisse et sans que Loiseau ne bronche, l’Etat confiait dans le même temps à l’ENA de nouvelles missions, comme l’organisation de nouveaux cursus ou le passage des promotions de 80 à 90 élèves (qui a coûté 1,4 million d’euros par an supplémentaire à lui seul). Savoir si la potiche, qui n'est pas elle-même énarque, n'a pas été placée à ce poste pour avaler les couleuvres.

    Le Sénat impute clairement à la direction de l'ENA, un "développement insuffisant de [ses] ressources propres" avec "la multiplication d’actions non rentables ou à faible valeur ajoutée". Le rapport cite un exemple : "Une semaine de formation au sein du cycle international spécialisé d’administration publique est facturée 1.000 euros, ce qui est insuffisant pour amortir son coût d’organisation et de gestion."
    Attention, Strasbourg, il vous arrive un drôle de Loiseau.

    mercredi 7 novembre 2018

    Macron n'a aucune obligation de surtaxer les carburants et le chauffage

    "On peut taxer moins le travail sans surtaxer le carburant et le chauffage"

    Par un beau week-end d'avril 2018, Ségolène Royal est arrivée au zoo de Beauval à bord d'un BMW X6
     

    Segolene Royal avait fait de Mia sa voiture officielle.
    Royal(e) gabegie de fonds publics
    Un choix plutôt malheureux de celle qui vient de lancer une ONG consacrée à la lutte contre ...le réchauffement climatique. Malgré ses hauts cris de vertueuse exemplaire, elle se discrédite parmi ceux/celles qui prônent le "faites ce que je dis, pas ce que je fais !".  En février 2018, la voiture du délégué interministériel à la sécurité routière a été filmée garée sur une piste cyclable. Début mars dernier encore, le convoi d'Edouard Philippe avait pris de sacrées libertés avec le code de la route, pour des raisons de sécurité… mais à l'occasion d'un déplacement auprès d'accidentés de la route ! Les 80 km/h, trop peu pour lui ! Chantal Perrichon, la présidente de la 'Ligue contre la violence routière', lui a-t-elle adressé un choix de ses remontrances les plus acerbes ?

    Cette fois, c'est Ségolène Royal qui est surprise en flagrant-délit. 
    On se souvient que l'ancienne ministre de l'Ecologie est une grande promotrice de la voiture électrique, faisant notamment tout son possible pour sauver le constructeur Mia, au prix d'un endettement colossal de la Région Poitou-Charentes. Déjà empêtrée dans ses déclarations sur General Electric, Alstom et l'écotaxe, Ségolène Royal l'avait choisie comme véhicule de fonction, mais l'image de la marque n'y a rien gagné : l'expérience a tourné au fiasco. Sa Mia est un projet à la casse. Lentreprise de Cérizay a été démantelée et ses actifs vendus.
    Bien que la presse présente son bilan politique comme une référence, c'est tout un pan de la stratégie de la ministre de l'Ecologie qui s'effondrait. En mars 2010, alors que le carrossier Heuliez était au plus mal, Ségolène Royal promettait de redresser l'entreprise et, mieux, de constituer une filière de la voiture électrique en Poitou-Charentes. La région devait être son laboratoire, la preuve qu'une responsable politique peut influer le cours de l'économie. La présidente socialiste de région créa une société d'économie mixte pour sauver les derniers actifs de Mia. Elle y injecta un million d'euros, en pure perte.
    Si on y ajoute le soutien accordé à Eco&Mobilité, ce sont 20 millions investis à perte et perdus au final en gaz d'échappement. Et Ségolène Royal avait promis la création de 100.000 emplois grâce à la filière verte.
    Les élus de l'opposition avaient intenté une action en justice contre la mauvaise gestion financière de Ségolène Royal (impayés, dette) à la tête de Poitou-Charentes (2004-2014).
    Le tribunal administratif de Bordeaux a débouté le groupe d'opposition LR/CPNT de la région Nouvelle-Aquitaine qui voulait se substituer à l'exécutif socialiste pour lancer une action en justice contre "les irrégularités" de gestion de l'ex-région Poitou-Charentes, a annoncé jeudi le groupe dans un communiqué.
    "Scandale impuni". Virginie Calmels, présidente (LR) du groupe LR/CPNT, son vice-président (LR) Yves d'Amécourt, et Olivier Chartier, chef de file de l'opposition dans l'ex-région Aquitaine, "regrettent que justice ne soit pas rendue et prennent acte de cette décision défavorable qui met à l'abri de toute poursuite pénale les auteurs politiques de ces actes délictueux". Les élus de l'opposition régionale soulignaient qu'"à l'heure où le Parlement vote une loi de moralisation de vie politique, le scandale de la gestion de l'ex-région Poitou-Charentes restera donc impuni."
    Pour aller au zoo, la coquecigrue du marais poitevin utilisait un des modèles de la marque allemande basée dans sa région Poitou-Charentes pour venir au conseil des ministres, sous l'oeil des caméras.
    Résultat de recherche d'images pour "segolene royal BMW X6"

    L'équipe de l'émission Quotidien, diffusée sur TMC, est allée à sa rencontre lors d'un déplacement au zoo de Beauval. Surprise, Ségolène Royal est arrivée à bord d'un BMW X6, un modèle qui n'existe ni en électrique ni en hybride !

    Une situation des plus incohérentes et irresponsables pour celle qui est officiellement "ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique" depuis quelques mois et qui vient de lancer une ONG pour lutter contre le réchauffement climatique ! Comment peut-on, avec une telle vitrine, fouler aux pieds les grands principes énoncés gravement sur toutes les chaînes, et rouler à bord d'un énorme 4x4 'made in Germany', pour pas moins de 74.300 €. Ce  serait une voiture de fonction que ça ne ferait pas mon tache, singulièrement en déplacement officiel lié à l'écologie.

    La plupart des taxes présentées comme "vertes" ne financent pas la transition énergétique

    Or, le poids de la fiscalité dite environnementale pèse de plus en plus lourdement depuis 2016
    Plutôt que d'augmenter la fiscalité sur les carburants, le gouvernement pourrait aisément trouver de nouvelles économies, estime l'iFRAPChaque semaine, ce think-tank libéral publie sur lefigaro.fr une évaluation d'une des promesses du président de la République et il accorde à cette politique la note de 2/10...

    Macron met du sel sur une plaie ouverte par "l'ancien monde".
    Et le président d'un "nouveau monde" supposé attise la colère montante des automobilistes contre la hausse du prix des carburants
    En 2013, la taxe sur les produits pétroliers (TICPE, pour 'Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques') s'élevait à 42,8 centimes sur le litre de gazole et 60,7 centimes sur le litre de super sans plomb 95. 
    En 2018, ces taxes sont respectivement de 59,4 et 68,3 centimes. 
    L'année prochaine, il est prévu que la taxe sur le gazole augmente encore de 6,5 centimes et celle sur le super de 2,9 centimes. 

    La réalité du terrain est pire que les barêmes officiels. Des distributeurs ont devancé les hausses inscrites au calendrier. 
    Une part importante des distributeurs vend d'ores-et-déjà le gazole plus cher que le super 95 : la plupart des points de vente ont dépassé 1,5 euro le litre. 
    Jusqu'à présent, la modération du prix du baril depuis 2015 avait masqué l'augmentation des taxes (qui sont indépendantes de l'évolution du prix du brut mais pas des volumes livrés).

    51 milliards de fiscalité verte en 2016… 62 en 2019

    La fiscalité dite environnementale aura augmenté en 2019 de 11,3 milliards d'euros en quatre ans, dont 4,92 milliards prévus entre 2018 et 2019.
    Une augmentation principalement imputable la hausse de la TICPE - ce droit d’accise est un impôt indirect perçu par le gouvernement sur la consommation - liée à la convergence diesel-essenceà la montée en puissance de la composante carbone et à la suppression partielle de la niche du gazole non-roulant
    Depuis 2014, la TICPE intègre une composante carbone dont le montant est appelé à augmenter jusqu'à 100 €/t de CO2 en 2030 , dans le cadre de la stratégie nationale bas carbone de lutte contre le réchauffement climatique.
    Seulement voilà, sur une augmentation de 3,9 milliards d'euros prévue pour le TICPE, seulement 80 millions d'euros seront reversés sur le Compte d'affectation spécial (CAS) Transition énergétique, un fonds dédié.
    Depuis 2005, la France a obtenu une dérogation de la part de l'Union européenne pour collecter une taxe intérieure de consommation régionalisée sur les produits pétroliers pour les supercarburants sans plomb (95 et 98) et le gazole. Une partie de la TICPE est affectée au budget des régions, dans la limite de 1,15 centimes pour le gazole et de 1,77 centimes pour l'essence. Par ailleurs, les régions peuvent majorer la TICPE dans la limite de 1,35 centimes pour le gazole et de 0,73 centimes pour l'essence. Au total, c'est donc 2,5 centimes par litre qui sont du ressort des régions. Toutes les régions ont opté pour la fiscalité maximale, sauf la Corse et la région Poitou-Charente, qui ont renoncé à la part régionale et à la majoration. Finalement, en 2014 la TICPE totale s'établit donc à 41,69 centimes par litre pour le gazole et 58,92 centimes par litre pour l'essence dans ces deux régions, et à 44,19 et 61,42 centimes par litre dans les autres régions.
    Mais la variation de la collecte de la TICPE profite quasi-exclusivement… au budget général de l'Etat pour 3,7 milliards d'euros. 
    Vient ensuite l'agence de financement des infrastructures de transport, avec 200 millions, puis la transition énergétique, avec 100 millions d'euros environ. D'ailleurs en 2016, 800 millions d'euros des crédits affectés à la transition énergétique n'ont pas été utilisés.

    La TICPE est bien devenue une variable d'ajustement pour les finances de l'Etat.
    Ainsi,  est mensonger l'argument d'une hausse des recettes de la TICPE pour financer la mission Ecologie, développement et mobilité durable  entre 2018 et 2019. D'ailleurs, cette affectation ressortait à 10,39 milliards de crédits de paiement en 2018 et a seulement 10,62 milliards en 2019. Il n'y a donc pas de recyclage des recettes de TICPE dans des dépenses environnementales supplémentaires (sauf à élargir le financement au périmètre du ministère tout entier, dont le budget est annoncé en hausse de 1 milliard à 34,2 milliards d'euros, mais là encore le compte n'y est pas, de près de 2,7 milliards). L'augmentation est donc avant tout une opération de pur rendement fiscal. Et quel que soit le prix des carburants, les Français devront s'en acquitter.

    Conscients de la charge explosive portée par l'augmentation qui arrive pour 2019, des parlementaires de la majorité proposent en catastrophe des chèques pour aider les Français modestes à payer leur carburant, et le gouvernement une prime à la casse pour changer de voiture. 
    Mais pour acheter quoi? De l'essence ou du diesel? Et des voitures neuves qui coûtent plus de 15.000 euros? Avec une aide de 1.000 à 2.500 euros? Pour racheter un véhicule au diesel... Le président de la République annonce une aide pour ceux qui font plus de 30 km pour se rendre sur leur lieu de travail. Des aides (et donc des dépenses budgétaires) pour palier des hausses d'impôts. C'est ubuesque.

    Les incohérences du gouvernement risquent bien de se révéler intenables. 
    Si le prix du baril reste haut - mais il a baissé en octobre -, il ne pourra que renoncer à l'augmentation de la taxe sur les carburants prévue pour 2019. Et il devra trouver des économies pour financer la perte en recettes et en gaspillages au sommet de l'Etat : quel est le coût du déplacement du gouvernement en grand appareil à la préfecture de Charleville-Mézières, le 7 novembre 2018, avant pendant et après ? Les ministres se sont-ils déplacés en bus hybrique de nouvelle génération ?

    Résultat de recherche d'images pour "Marseille Citaro BlueTec-Hybrid"
    Marseille a mis en circulation deux Citaro BlueTec-Hybrid.
    Rien qu'en supprimant la possibilité de partir avant 62 ans dans la fonction publique, et en en faisant de même avec les régimes spéciaux, on arrive rapidement à plus de 2 milliards d'euros d'économies. Et il existe bien d'autres pistes… Si, si, on peut taxer moins le travail sans surtaxer les déplacements et le chauffage des Français…

    Le Macronomètre, observatoire des réformes du gouvernement, est un site de la Fondation iFRAP en partenariat avec Le Figaro.fr. Il s'agit d'un outil dédié à l'évaluation du quinquennat d'Emmanuel Macron: évaluation économétrique par rapport à son programme électoral et aux annonces de son gouvernement. L'action du gouvernement y est notée sur 10 chaque mercredi, avant le conseil des ministres, et devient lisible d'un seul coup d'œil. Le Macronomètre permet à chacun de se faire un avis sur la tenue ou non des promesses du président de la République et sur l'efficacité des réformes du gouvernement.

    mercredi 23 janvier 2013

    Hollande prépare une baisse de nos retraites

    La gauche sacrifie  les retraités à ses dépenses


    Le gouvernement à la croisée des invectives et des promesses 


    Les vieux sont la cible la plus facile:
     ils ne cassent pas de  vitrines !

    Ayrault a donc choisi entre allonger la durée de cotisations, faire payer davantage les actifs ou geler les pensions et, pour éviter la faillite du système, faute de rentrées budgétaires, les pensions de retraites seront rognées : évidemment, Hollande a arbitré en faveur de certaines dépenses.

    Concertation ? Non, c'est "inéluctable" !

    Depuis que la gauche a découvert la crise en mai dernier,  les media engagés assurent au côté du gouvernement que notre système de retraite est au bord de la faillite: les choix du gouvernement - ses dépenses budgétaires au détriment de la lutte contre les déficits publics - ne contribuent donc pas à l'état, pour le coup "lamentable", de nos finances publiques.

    Certains journaux plaignent l'exécutif
    "C’est un sujet épineux pour le gouvernement et sa majorité, mais  elle aura du mal à l’esquiver." Mais que dire alors des retraités !

    Jeudi 17 janvier, en guise de vœux au monde de l’entreprise et aux organisations paritaires, François Hollande a considéré que, la réforme de 2010, n’a pas tout réglé. Avec sa politique budgétaire,    l’allongement de la durée de cotisation  devient insuffisante pour bénéficier d’un taux plein de 41 ans en 2012 et à 41,75 ans en 2020 et pour maintenir l'équilibre du système de financement.

    Fin décembre, le Conseil d’orientation des retraites, le COR, avait déjà agité le chiffon rouge en publiant des prévisions alarmistes : l’organisme prévoit un déficit prévisionnel de 21 milliards dès 2017.

    Côté retraites complémentaires, ce n’est guère mieux
    Le déficit cumulé des deux régimes, AGIRC (pour les cadres) et ARRCO ( pour tous les salariés), s’élève à 6,5 milliards d’euros. Il passera à 10,5 milliards dès 2017. Surtout, si rien n’est fait, les réserves de l’Agirc seront épuisées dès 2017, et celles de l’Arrco en 2020.

    Pour le printemps, un an après sa prise de fonction, Hollande  annonce finalement la tenue "d'une concertation sur le financement des retraites" 

    Considérant la confiance qu'il inspire et même avec le soutien militant de la CFDT, le gouvernement socialiste dispose de marges de manœuvre particulièrement faibles. 
    Sur quels leviers habituels va-t-il appuyer   
    - repousser l’âge et allonger la durée de cotisations ?
    - augmenter les cotisations ?
    - ou baisser les pensions ?

    Le pour et le contre

    1- Retarder l'âge du départ à la retraite
    C’est le scénario qui exigerait de la gauche le plus de courage. 
    Mais en tête des cortèges en 2010, les socialistes étaient les premiers à faire du barouf contre le précédent gouvernement qui a pris la décision difficile et impopulaire - faute de consensus national - d'enterrer la retraite à 60 ans. Choisir cette option est donc désormais interdit au PS qui avait excellé dans l'aveuglement doctrinaire et la mauvaise foi. Comment la "gauche sociale" pourrait-elle maintenant reprendre à son compte les recommandations de l’organisation patronale qui milite depuis plusieurs années pour un recul de l’âge du départ à la retraite. 
    Mardi 15 janvier, Laurence Parisot a encore appelé à la raison : "Tous nos voisins ont choisi, à l'horizon 2035 ou 2040, de reculer l'âge légal de départ à 66 ou 67 ans, a-t-elle expliqué. Nous devons lancer le débat sur des orientations claires à moyen terme et la question de l'âge légal devra être reposée".

    2- Augmenter les cotisations
    Le "président des bisous" trouverait la décision difficile à prendre. 
    L’impact sur le pouvoir d’achat serait immédiat. Surtout, pour les entreprises et les salariés, d'autant plus qu'un effort de ce type a déjà été demandé aux mêmes en 2012. Pour financer l’extension du dispositif carrières longues promis par François Hollande, elles ont déjà subi une hausse. C’est à ce prix que l’engagement d’un retour à 60 ans pour les salariés ayant commencé tôt leur vie professionnelle a pu être honoré: si peu nombreux que soient les bénéficiaires, il a un coût....

    Mardi 15 janvier, à l’occasion d’une séance de négociation sur le renflouement des retraites complémentaires, - une négociation se tient actuellement sur le sujet qui doit se terminer fin mars- la CGT a toutefois proposé de mettre en place une hausse modulée des cotisations en fonction de la part de la masse salariale dans la valeur ajoutée de l’entreprise.

    3- Baisser ou geler les pensions
    Le patronat est présenté comme le promoteur de cette option
    Ce mardi 15 janvier, toujours lors de la négociation autour de l’AGIRC et l’ARRCO, le gouvernement a laissé venir le MEDF sur ce choix. Le méchant a évoqué la  troisième possibilité d'une revalorisation inférieure à l’inflation jusqu’en 2017. Si elle était adoptée, ce quasi gel générerait une économie de 780 millions d'euros pendant quatre ans. Les syndicats sont théoriquement contre cette mesure qui traduirait par une baisse du pouvoir d’achat des plus âgés, mais dans la pratique et devant l’urgence, certains hypocrites - dont la CFDT - pourraient cependant l’accepter, à condition toutefois que cette désindexation soit ...temporaire !

    La nouveauté serait de ne pas soupçonner que le temporaire puisse durer

    Ces dernières années, les obstructeurs avait toujours bloqué cette voie. 
    En effet, Nicolas Sarkozy avait toujours refusé de toucher au pouvoir d’achat des retraités
    La gauche pourrait donc briser ce tabou. 
    Jérôme Cahuzac laisse entendre qu'il pourrait s'y résigner. Dans un entretien aux Echos, mardi 15 janvier, le ministre du budget a estimé qu'une décision de désindexation des retraites complémentaires par les partenaires sociaux serait un "élément d'appréciation très important" pour le gouvernement.

    Selon Jérôme Cahuzac, elle pourrait inspirer le régime général. 
    Sournois, le ministre du Budget prépare le terrain et a précisé que "rien n'est décidé aujourd'hui et rien ne le sera sans qu'une concertation approfondie soit menée, comme c'est du reste prévu sur ce dossier". Il n’empêche, le ministre socialiste a ouvert la brèche.

    La presse militante fait valoir qu'une telle décision permettrait de réaliser une économie substantielle. 
    Et de citer la Fondation IFRAP qui a chiffré qu’une sous-indexation (inflation moins un point) appliquée aux retraites de base (CNAV) permettrait de regagner entre 2 et 5 milliards d’euros (selon qu’on l’applique sur 2 ou 4 ans).


    Les fonctionnaires se font stigmatiser par ceux qu'ils ont portés au pouvoir
    Car la Fondation iFRAP, qui se veut indépendante, a été créée en 1985, dans les années Mitterrand, et la directrice de ce think tank, Agnès Verdier-Molinié, 
    accuse le service public d'être le plus coûteux d'Europe, dénonce la façon des fonctionnaires, "descendants de Colbert et Vauban", de paralyser " tous les gouvernements depuis plusieurs décennies et conclut que "le lobby des fonctionnaires pousse notre pays vers un point de non-retour."


    N'est-il pas étrange que le pouvoir socialo-écolo ressorte tout-à-coup l'IFRAP, en fonction des besoins quand on songe que la dame écrit : "C'est, paradoxalement, grâce à cette énarchie mais aussi grâce à un statut dont les principes ont été arrachés aux gaullistes par les communistes dans l'immédiat après-guerre que la fonction publique a en partie cessé d'être au service du public pour se mettre, parfois exclusivement, au service d'elle-même. Et ce, grâce au pouvoir que lui confère le fait d'être au centre de l'Etat, d'être devenue l'Etat, comme en témoignent les présidences et ministères de la Ve République." Et la CFDT d'applaudir ? Plus dans Le Figaro


    La presse engagée alimente justement un débat sur l’égalité entre les générations et leur solidarité républicaine
    En septembre dernier, la Cour des comptes estima d’ailleurs que "malgré la persistance de situations individuelles préoccupantes, il reste que contrairement à une idée reçue, les retraités sont [seraient ?] dans une situation globale en moyenne plus favorable que celle des actifs, notamment des plus jeunes" Voilà pourquoi, baisser les pensions pourrait s’avérer la moins mauvaise option pour les socialistes. CQFD ?

    Des retraités nantis désignés à la vindicte populaire.
     
    Avec des stigmates particuliers aux vieux fonctionnaires...
     Ils vont dérouiller !

    dimanche 1 mai 2011

    Tarifs spéciaux: les agents EDF-GDF n'en ont jamais assez

    Les militants EDF-GDF pompent notre énergie, mais vive le 1er mai !

    Tragédie - EDF/GDF : les agents vont payer plus

    C'est ce qu'on nous donnait à penser, en novembre 2010.
    Le "tarif agent" dont bénéficient quelque 300.000 salariés et retraités pourrait être relevé. On parlait bien de "tarif spécial" mais c'était pourtant vécu comme une agression des patrons. Pour une fois qu'on oubliait Sarkozy !
    Les groupes EDF et GDF Suez voulaient donc relever le "tarif préférentiel", c'est-è-dire "réduit", pour parler clair, de privilégiés, dont bénéficient ces centaines de milliers d'actifs, sans compter les retraités du secteur, a révélé le quotidien économique Les Echos, citant des "sources concordantes" !
    La rhétorique est superbe. "EDF et GDF Suez se préparent à toucher à l'un des symboles du statut des employés du gaz et de l'électricité. Les deux entreprises veulent faire évoluer la structure du ‘tarif agent’", écrit le quotidien.

    Un avantage sensible, symbolique et tout ce qu'on voudra, mais injuste
    Lors de la précédente tentative de modification de ces tarifs spéciaux, lorsque les entreprises avaient tenté d'y 'toucher', au début des années 1980 et des septennats du socialiste Mitterrand. Ces tarifs spéciaux constituent "un des éléments du pacte social". Comme ces choses-là sont bien dites: plus elles sont énormes, plus elles sont imparables !

    Pour mieux faire passer cette réforme, les deux groupes "vont laisser passer les élections professionnelles, qui débutent ... chez EDF, et engager le débat en 2011". EDF n'a pas souhaité commenter ces informations.

    Le "tarif agent" dont bénéficient quelque 300.000 salariés et retraités pourrait être relevé.

    Les groupes EDF et GDF Suez voulaient faire participer solidairement 300.000 privilégiés à l'effort collectif en prenant les 93% de grévistes (en 1983) pour des socialistes sociaux.

    Des aristocrates, avant 1789; les fonctionnaires, après
    Jeudi 7 avril 2011
    Les agents EDF-GDF étaient donc en grève pour défendre le tarif d'électricité extrêmement avantageux dont ils bénéficient : 0,5 centime d'euro le kw/h.
    Ainsi, en pleine flambée des prix de l'énergie pour tous les Français - mais pour certains Français plus que pour d'autres (qui ne sont pas ni patrons ni riches - et alors que le gouvernement essaie de mettre en place des mesures pour contrer cette flambée des prix, les agents EDF-GDF ont décidé de se mettre en grève pour défendre un privilège de longue date : le kw/h à 0,5 centime d'euro, au lieu des 12 centimes payés par les autres Français.

    Une économie de 100 euros par mois
    Pas moins de 300 000 fonctionnaires et retraités d'EDF et GDF bénéficient de cet avantage, grâce à une exonération de taxes et d'abonnement, leur permettant de ne payer au final que 5 à 10% de la facture. Au micro de RMC, Laurent Langlard, agent GDF et militant CGT avoue qu'"en moyenne, ça me fait une économie de 100 euros par mois". Mais considéré comme un avantage salarial, ce tarif spécial agent est soumis à l'imposition.

    "Une mauvaise image auprès du public"
    Une réforme préparée par EDF pourrait avoir des conséquences sur ce tarif. EDF envisage en effet d'abandonner l'exonération de taxe ou d'aligner une partie du tarif sur celui des particuliers du Tiers Etat. Cependant, Laurent Langlard prévient : "Il est hors de question qu'il y ait une remise en cause de cet avantage. La dernière fois que l'on a tenté de toucher au tarif agent en 1983, il y a eu 96% de grévistes". L'agent GDF reconnaît pourtant qu'en cette période de hausse des prix généralisée, le mouvement des salariés EDF-GDF peut avoir une "mauvaise image auprès du public".

    Les entreprises et les salariés ont partie liée
    Proposer à ses salariés d’acheter à prix réduit les objets ou services qu’ils produisent, c’est positif pour les entreprises : renforcement de l’esprit maison, promotion de leurs produits et meilleure prise en compte des besoins du client par des employés eux-mêmes utilisateurs. Pour les salariés, les réductions de prix doivent être attractives, mais à EDF/GDF avec le "tarif agent", on est plus proche de la gratuité que de la baisse de prix. En 2011, ces deux entreprises essayent à nouveau de ramener cette pratique à un niveau raisonnable, mais les syndicats refusent toute évolution. Ce sont pourtant les autres Français qui financent ces avantages indus.
    A Air France, les salariés peuvent voyager à des tarifs très avantageux, mais à condition d’utiliser les places libres au moment de l’embarquement. Cet avantage provoque un manque à gagner mais ne coûte pratiquement rien aux compagnies aériennes. Chez les constructeurs automobiles, la réduction de prix est d’environ 25%, correspondant en partie aux coûts économisés en frais de vente et de transport des voitures neuves et de reprise des occasions. À EDF et GDF le taux de réduction est record. Et non pas indécent, mais outrageant.
    Les dépenses d’électricité et de gaz représentant environ 5% des dépenses des ménages, un ménage disposant de 4.000 euros de revenus par mois et dont un des membres est salarié d’EDF/GDF économise environ 200 euros par mois. Cela ne présente pourtant aucun avantage pour EDF et GDF, leurs salariés consommant plutôt plus (gaspillent ?) que les autres clients, y compris aux heures de pointe, et ne constituant en rien une publicité pour leur entreprise. Et pas davantage pour les syndicats qui soutiennent et encouragent.

    A première vue, la vente à prix réduit aux salariés semble de la seule responsabilité de l’entreprise et ne léser personne. En réalité, le montant de ces "dons" échappe au paiement des charges sociales (assurance maladie, retraite, chômage, famille). Ils échappent aussi au financement de l’État, puisque ces sommes sont soustraites à l’impôt sur le revenu. D’un côté, ce système prive la solidarité nationale de financements, et de l’autre, cette minoration du revenu réel permet à une partie des bénéficiaires d’avoir accès à plus de prestations sociales telles que tarifs réduits de cantine, HLM, etc.

    Le comité d’entreprise d’EDF/GDF financé à hauteur de 1% du chiffre d’affaires constitue un autre avantage en nature pour lequel les entreprises et les salariés ne paient ni charges sociales ni impôts.

    Ce risque de détournement est bien connu, et les avantages en nature doivent être déclarés. Mais au lieu de déclarer les montants exacts de ces avantages qu’EDF/GDF peuvent parfaitement connaître, ces entreprises ne déclarent que des valeurs forfaitaires, très rarement réévaluées et très inférieures à la réalité.
    Dans une situation de concurrence, les avantages accordés aux salariés par les entreprises sont financés grâce à la réussite de l’entreprise et la performance de ses salariés (si ce n’est pas le cas, l’entreprise court à la faillite). Mais parce qu’EDF/GDF ont été (et sont encore) en situation de monopole, les cadeaux qu’elles distribuent à leurs salariés le sont aux dépens de leurs véritables clients, les particuliers, et non pas grâce à la performance de l’entreprise.

    Autre idée fausse: des avantages en compensation des faibles salaires d’EDF/GDF ?
    C’est l’argument fallacieux utilisé en dernier recours par les syndicats d’EDF et GDF pourtant artisans des injustices sociales. Les salariés de ces entreprises sont mieux payés que la moyenne des autres Français. Et en incluant seulement les cotisations retraites payées par les employeurs EDF et GDF, on arrive à des coûts salariaux sans comparaison avec ceux de leurs collègues du privé.

    Exemple : Salarié gagnant 2.500 euros bruts par mois.
    Dans le privé, la cotisation retraite de l’employeur est de 15%, ce qui représente, pour ce salarié, un coût total de : 2.875 euros
    A EDF/GDF : la cotisation retraite de l’employeur est de 70%, ce qui représente, pour ce salarié, un coût total de : 4.250 euros.

    Les agents qui épargnent un millier d'euros/an tendaient le poing dans les rues

    Et quel était donc le mot d'ordre des sournois ?
    Nul ne songeant leur supprimer cet avantage, ils ont fait grève pour dire NON à l'indexation de leur tarif spécial sur la hausse du prix de l'énergie...
    De quoi faire sauter les plombs
    En 2015, quand nos factures de Français défavorisés ou retraités auront augmenté de 30% - après les 50% sur les cinq années déjà écoulées - , leurs "tarif spécial" n'aura toujours pas varié.

    A la prochaine grève, faudra-t-il
    leur offrir les derniers 5% de leur gaz et l'électricité ?