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mercredi 31 octobre 2018

Budget des ménages : ce qui nous attend au 1er novembre

Pendant que Macron est au repos, les augmentations continuent
Budget : ce qui change au premier novembre

A partir de jeudi,
les tarifs réglementés du gaz d'Engie augmentent de 5,79 % en moyenne. 

En octobre, les tarifs avaient déjà augmenté de 3,25%. Près de 5 millions de clients en France sont concernés par cette hausse du groupe industriel énergétique français, ex-GDF, dont le principal actionnaire est l'Etat français qui détient un quart du capital. Si, depuis le 1er janvier 2015, les prix ont en moyenne baissé de 4,4%, les consommateurs sont confrontés à une progression ces derniers mois : la faute à une hausse des cours sur les marchés, comme pour les prix des carburants... 

La Toussaint marque aussi le début de la trêve hivernale. 

Comme chaque année, les expulsions de locataires sont suspendues pendant la période allant du 1er novembre au 31 mars de l'année suivante. L'expulsion est toujours possible si un relogement décent pour le locataire et sa famille est prévu ou si les locaux font l'objet d'un arrêté de péril, rappelle le site "service public.fr".

Quand les prestations sociales sont revalorisées, c'est le secteur privé qui paie

Les retraites complémentaires des salariés du secteur privé, Agirc et Arrco, sont revalorisées de 0,6 %, versées aux travailleurs en contrepartie ou à l’occasion du travail.
L'allocation adulte handicapé passe de 819 euros par mois à 860 euros à taux plein. Versée en France par la CAF (organisme de droit privé financé par les cotisations pour partie à la charge des employeurs et, pour l'autre, à la charge des salariés) ou par la MSA (Mutualité sociale agricole) aux personnes atteintes d'un handicap ou d'une maladie chronique ou invalidante, elle sera également rehaussée l'an prochain pour atteindre 900 euros mensuels.

Avion : première taxation des bagages-cabines

Il y a aussi du changement si vous prenez l'avion. La compagnie aérienne Ryanair va désormais faire payer un surplus pour les bagages cabines, comme annoncé fin août. Jusqu'ici, il était possible d'embarquer avec un bagage de 10 kilos et un petit sac personnel. Il faudra désormais devenir client "prioritaire" pour avoir les mêmes privilèges. Une option facturée au minimum six euros.
 

Wizz Air adapte aussi sa politique bagages. Chaque passager de cette compagnie aérienne à bas prix hongroise sera autorisé à emporter gratuitement un sac de dix kilos maximum qui devra être placé sous le siège. Et seuls les passagers ayant souscrit au service prioritaire pourront emporter un sac supplémentaire en cabine.

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mercredi 4 novembre 2015

Retraites complémentaires: la vérité sur l'accord

Les socialistes ont maintenu l'illusion française d'avoir toujours le meilleur modèle 

Hollande a-t-il réussi à maintenir le nirvana des retraites complémentaires ?
Si on en croyait les thuriféraires de Libération et du Monde, pour ne citer qu'eux, leur président aurait entretenu le rêve de notre modèle social d’après-guerre, en dépit de la démographie, des finances publiques, des crises, de la mondialisation ou des mutations économiques et technologiques. 
Par Jean-Charles Simon, économiste et fondateur de Facta. 
Or, le compromis négocié entre les partenaires sociaux sur les retraites complémentaires appartient à ce domaine de l'illusion dont le premier symptôme est toujours le concert de louanges et de satisfecits soulagés pour ne pas avoir rompu le "pacte", ne pas avoir touché au modèle social français. Ainsi, les décisions prises ont toujours pour objet la préservation et non la transformation du système. Syndicats et patronat sont les Lampedusa de la question sociale : "il faut que tout change pour que rien ne change"...

L'accord comporte un lot de mesures permettant d'éviter que les dérives ne deviennent abyssales, histoire de réduire le risque de remise en cause brutale. Les partisans du laisser-aller, qui refusent de considérer les déficits comme une menace, quand ils ne les glorifient pas, telle la CGT, ont fait une colère, accordant en fait une caution nécessaire à ce nouvel épisode du feuilleton : les raisonnables ont su faire front aux irresponsables! Il faut en fait veiller à ce que chaque partie puisse garder la face, notamment un patronat en caoutchouc contraint en permanence -comme les autres- de faire comme si ces accords et ce modèle étaient cohérents avec la vision économique que professent les uns et les autres par ailleurs.

Tout s'est organisé autour de la CFDT, allié du pouvoir socialiste

Ce syndicat est le véritable maître de l'illusion dans ces jeux de rôles et il déroule son agenda au fil de ces négociations attribuées au gouvernement. Il se plie ainsi à la contrainte de rester en retrait, laissant l'apparente initiative et l'accueil de ces réunions au Medef, des concessions bien superficielles.

La CFDT veille aussi à ménager la CFTC et les cadres de la CGC, afin de s'assurer des alliés face à FO et la CGT et de dégager un bloc syndical majoritaire, sans subir les tocades de FO ni les diktats de la CGT. Ainsi va la vie dans le monde de la négociation interprofessionnelle à la française, parée contre le psychodrame attendu, ses pressions et coups de gueule divers méthodiquement mis en scène pour parvenir à s'entendre, souvent au petit matin, et continuer à cohabiter dans le cocon du paritarisme de gestion jusqu'à la prochaine échéance.

Cette fois encore, le petit cinéma du paritarisme se sera déroulé sur plusieurs mois de négociations. Le 19 octobre, un compromis était annoncé entre le patronat et les trois comparses syndicaux habituels, CFDT, CFTC et CGC, finalisé en un accord formel le 30 octobre. Pour que chacun puisse défendre auprès de ses adhérents les mesures douloureuses les concernant, il a fallu évidemment brandir les contreparties obtenues du camp adverse, et plus encore le caractère "innovant", "réformateur", "structurel" de ces accords à trois. Il faut beaucoup de force de persuasion pour lever tout soupçon de conservatisme et de gestion à la petite semaine. A croire que le modèle va être revisité du sol au plafond... 

Quoi de neuf donc dans cet accord ? 

Il porte son regard sur deux horizons temporels. D'une part, ce qui s'applique tout de suite, dès 2016. Toutes les mesures traditionnelles des précédents accords sur les retraites complémentaires sont ressorties. Des pensions qui sont abaissées, avec une sous-indexation d'un point par rapport à l'inflation, sans pouvoir être négative. Et leur revalorisation reportée à plus tard, au 1er novembre de chaque année, soit 7 mois d'attente supplémentaire par rapport à la pratique actuelle. Deux mesures qui devraient donc entraîner des pertes de pouvoir d'achat pour les retraités... si toutefois l'inflation est au rendez-vous, ce que rien ne garantit. 

Toujours aussi classique pour prendre l'argent et pour faire face aux déficits publics de Hollande, la baisse du rendement des cotisations, un mouvement pluri-décennal s'agissant de l'Agirc et de l'Arrco. On continue donc comme on a commencé, cette fois en abaissant le rendement brut du point à 6%. C'est peu de dire que les retraites complémentaires ont un piètre rendement... 

Et pour couronner le tout, la traditionnelle taxation additionnelle. En l'occurrence, seuls les cadres supérieurs sont concernés par cette première louche supplémentaire : l'application de la cotisation AGFF - 2,2%, sans créer de droits - à la fraction des salaires comprises entre 4 et 8 plafonds de la sécurité sociale.

Rien que du déjà vu dans ces mesures de rendement appliquées dès 2016. Mais, pour qu'elles n'apparaissent pas peu ambitieuses et à courte vue, les partenaires sociaux ont cette fois rusé en reprenant l'idée de leur échelonnement, prévoyant donc un second train de mesures, renvoyées à 2019. Ce qui a l'avantage de faire moins mal et qui, sait-on jamais, pourra toujours se renégocier.

L'avenir de la gauche étant plus qu'hypothéqué, le patronat a finalement accepté d'avaler à l'horizon 2019 le noyau dur en matière de cotisations : le passage de 125 à 127% du taux d'appel des cotisations. Le taux d'appel est ce chef d'œuvre d'hypocrisie créé par les partenaires sociaux pour que l'augmentation des cotisations ne crée pas de droits supplémentaires à la retraite. Le taux de cotisation (dit "contractuel") peut ainsi rester virtuellement inchangé, et c'est le seul pris en compte pour l'acquisition de points de retraite. Mais il est en fait multiplié par un taux d'appel qui détermine le niveau effectif de la cotisation, partagée ensuite entre employeurs et salariés. Cette fois, avec cette mesure le coup de massue est de 800 millions d'euros supplémentaires sur les cotisations.

Quel est le jeu du Medef ?
Le patronat se veut rassurant avec un argument d'une incroyable naïveté, mauvaise foi ou les deux cumulées : la hausse de la part patronale ne serait pas si grave car il aurait reçu du gouvernement l'assurance d'une baisse équivalente des cotisations accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP). Or, il paraît bien imprudent de gager une hausse de cotisations sur une promesse faite par une majorité qui a fait la démonstration de son incapacité à tenir ses promesses et qui ne cesse de racler les fonds de tiroirs pour tenter de baisser de la main droite les dépenses publiques qu'elle accroît de la main gauche. De plus et surtout, si les cotisations AT-MP sont effectivement trop élevées au regard des risques couverts, elles doivent baisser et cette diminution devrait profiter aux entreprises, sans compensation. Il est donc invraisemblable de considérer que puisqu'on payait trop dans une caisse, le retour à la normal autorise à verser plus dans les autres.

De plus encore, une autre hausse des cotisations se profile derrière la fusion annoncée de l'Arrco et de l'Agirc en un seul régime, grande affaire de cet horizon 2019. A elle seule, elle devrait rapporter près d'un milliard de plus par an aux caisses du régime désormais unifié. Et ce sont les cotisations des salariés qui trinqueront : sous couvert d'uniformiser les règles de répartition à 60/40 entre cotisations patronales et salariales (au lieu de 62/38 à l'Agirc aujourd'hui), les premières (Arrco) seront inchangées et les secondes (Agirc) relevées. De sorte que le taux de cotisation global passera de 16,44% en 2018 à 17% en 2019 (le tout, donc, multiplié par 127% pour arriver au taux réellement prélevé).

Quant au rapprochement de l'actuelle "tranche 2" de l'Arrco et de la tranche B de l'Agirc, elle se fera sur la base de la seconde, relevant ainsi plafond et taux de cotisations des non-cadres. Or, peu importe finalement que les hausses de cotisations sociales portent sur la part salariale ou patronale : le coût du travail est forcément impacté dans tous les cas, au moins indirectement par le jeu des négociations salariales qui tiennent compte de la baisse de pouvoir d'achat entraînée par des hausses de cotisations salariales.

La véritable hausse des cotisations de retraite complémentaire est donc très importante, puisqu'elle représentera 1,8 milliard d'euros de plus à compter de 2019 (toutes mesures confondues, y compris celle de la cotisation AGFF sur la tranche C applicable dès 2016). A ajouter aux hausses de cotisations décidées en 2013 par les mêmes organisations patronales et syndicales et rapportant environ 1,1 milliard d'euros supplémentaires depuis cette année. Les partenaires sociaux ont ainsi eu la main lourde avec ces 2 accords, qui pèseront à la fin de la décennie de près de 3 milliards de plus sur les salaires en France. Donc, le coût du travail et la compétitivité.

Travailler (au moins) un an de plus ?  

Quid du mécanisme de bonus-malus selon l'âge de départ à la retraite ? 
Cette mesure, qui entrerait en vigueur en 2019, aura un impact finalement marginal sur l'économie générale de l'accord. En effet, à partir de 2019, les retraités se verront appliquer 10% de minoration de leur retraite complémentaire s'ils n'ont pas travaillé au moins un an au-delà de l'âge qui leur donnerait le taux plein du régime de base, et ce pendant trois ans (et au plus jusqu'à 67 ans, avec une exemption pour les retraités exonérés de CSG et quelques autres situations). Un effet de l'ordre de 0,5% des montants moyens totaux devant être perçus à la retraite...
Pour illustrer l'absence de véritable incitation à reporter la retraite à 63 ans, contrairement à ce que diffusent de nombreux media et commentateurs, il suffit de noter qu'un salarié de 62 ans risquera un impact cumulé sur trois ans très inférieur à un mois de salaire s'il se voit appliquer ce malus. En un mois de travail en plus, il aura plus que compensé la totalité de cet abattement : ce n'est donc pas ça qui pourrait le décider à travailler une année supplémentaire. 

Parallèlement, ceux qui partiront à la retraite au moins deux ans après l'âge requis pour le taux plein dans le régime de base seront gratifiés d'une majoration de 10% de leur retraite complémentaire (ou 20/30% en cas de report d'au moins 3/4 ans)... mais pendant un an seulement. Diable ! Mais vu comme un moyen de retarder l'âge de liquidation des droits - ce qu'il n'est pas, il sera toujours possible de liquider sa retraite à 62 ans, voire plus tôt dans le cadre des dispositifs de carrière longue -, le dispositif a été commenté et vanté à l'excès, et a conduit les négociateurs à se dépeindre en grands réformateurs.

Le chiffrage de ces mesures et de la situation financière qui en résulterait pour les retraites complémentaires n'est pas à l'image de l'autosatisfaction affichée dans l'après-négociation. D'une part, l'essentiel du redressement financier attendu est lié aux décisions les plus classiques employées pour colmater ces régimes. Le chiffrage de 7,4 milliards pointe en effet deux paquets majeurs : pour 4,1 milliards en 2030, les effets des décisions sur les pensions; et pour 3,3 milliards, toujours en 2030, les mesures supportées par les actifs, soit sous forme de hausses de cotisations, soit du fait de la baisse du rendement des points acquis. En revanche, le "bonus-malus" ne rapporterait aux régimes que 800 millions à cette échéance, soit quelque 10% du total des effets attendus de l'accord.

Même fusionnés, les régimes resteront déficitaires 

Les régimes resteraient malgré tout déficitaires. 
L'équilibre Agirc-Arrco n'est pas en vue, malgré ce nouveau remède de cheval sur les cotisations et les prestations. Certes, les déficits envisagés seront réduits, mais il faut rappeler que ceux-ci entraînaient une faillite inévitable de l'ensemble Agirc-Arrco dans le courant de la prochaine décennie. Avec le nouvel accord, on oscillerait entre 2 et 4 milliards de déficit technique annuel, aucune amélioration significative due à la fin des effets de la transition démographique en cours n'étant à espérer avant environ 2040. Ce qui signifie une situation très tendue si les résultats financiers sont médiocres, ce qu'une faible inflation et croissance à l'horizon pourraient laisser craindre.

Le scénario économique retenu pour le chiffrage des mesures et de l'évolution de la situation financière des régimes pose problème. 
La prudence n'est guère de mise dans le domaine de la retraite. Et si les scénarios plutôt optimistes de 2015 ne se concrétisaient pas, alors les prévisions évoquées seraient encore davantage dégradés. Notamment, les mesures censées rogner le pouvoir d'achat des retraités en figeant un peu plus l'évolution de leurs pensions n'auront de véritable effet que s'il y a, justement, une inflation tangible. Si, au contraire, celle-ci restait à peu près nulle, comme c'est le cas ces derniers temps, alors les salaires n'évolueraient pas assez vite par rapport aux pensions de retraite pour redresser comme espéré les comptes des régimes complémentaires. Les négociateurs ont beau se féliciter de l'instauration d'un mécanisme pompeux de 'pilotage stratégique et tactique', il faudrait encore trouver de nouveaux accords et recourir invariablement aux mêmes vieilles recettes, si une vraie réforme n'était pas décidée.

Qu'aurait pu être une vraie réforme réussie ?

On est passé à côté d'une réforme vraiment structurelle de ces retraites complémentaires.
Côté institutions, l'organisation actuelle des retraites complémentaires n'a plus de sens. A leur fondation, ces régimes s'articulaient autour des professions, et pour chacune correspondait une institution. Chaque branche négociait les conditions de son régime de retraite complémentaire et l'administrait avec des caisses dédiées (généralement une caisse non-cadre et une caisse cadre). Les taux et les prestations différaient donc entre les branches. Mais cette époque est révolue depuis longtemps. Le processus d'unification complète des taux et des modalités de cotisations a supprimé toute différence entre les salariés, quelle que soit leur profession (à quelques exceptions de surcotisations décidées dans certaines branches), et la fusion Agirc-Arrco en 2019 finira d'achever la fiction de régimes distincts.

Dès lors, pourquoi maintenir une kyrielle de caisses de retraite, hébergées en général dans des "groupes de protection sociale" qui ont également des activités d'assureurs privés ? Faire adhérer chaque entreprise à l'une de ces caisses plutôt qu'une autre a-t-il du sens, dès lors que les cotisations et les prestations sont les mêmes ? Pourquoi multiplier les frais de gestion relatifs au recouvrement des cotisations et au versement des prestations, d'autant que l'opacité reste forte sur ce qui relève vraiment de ces missions et ce que l'on fait supporter à ces caisses de retraite mais qui ressort en fait d'activités concurrentielles ? Et pour quelle raison compliquer la vie des entreprises, qui doivent donc s'affilier à une caisse et ensuite leur verser des cotisations séparées du reste des cotisations sociales, alors qu'une centralisation du recouvrement par les URSAAF simplifierait grandement cette gestion, et en réduirait sûrement de beaucoup le montant ? La réponse est hélas bien connue : gérer des caisses de retraite assure aux partenaires sociaux une importance, leur permet d'attribuer des mandats et parfois même des emplois à leurs militants, et financent plus ou moins directement la vie des branches professionnelles et des centrales, par exemple comme sponsor ou acheteur d'événements, de publications, etc. On est là au cœur des cuisines malodorantes du paritarisme. Mais l'intérêt supérieur des salariés et des entreprises commanderait de mettre fin à ce système d'un autre temps.

Avec un recouvrement commun par les URSAAF, pourquoi ne pas rapprocher encore plus le régime de base et les retraites complémentaires ? Aujourd'hui, la compréhension des droits à la retraite et de leur évolution est terriblement compliquée pour la plupart des salariés du privé, car ils ont affaire, au minimum, aux droits acquis dans le régime de base, dépendant d'abord de la durée d'affiliation, et à ceux des régimes complémentaires, exprimés en points. Des partenaires sociaux réformistes et modernistes devraient travailler avec l'Etat à une grande fusion de l'ensemble, afin de définir un régime global unifié par points, beaucoup plus lisible et pilotable que la dualité actuelle.

Enfin et peut-être surtout, toutes les parties aux décisions prises sur les retraites acceptent des hausses de cotisations depuis des années. Toutes et y compris celles qui s'alarment, à raison, du coût du travail en France et plus encore de l'écart gigantesque entre ce coût du travail et le salaire net, que l'on baptise pudiquement le "coin social". Or, ce coût des cotisations sociales salariales et patronales, qui était déjà considérable en France en 2012, ce sera encore fortement accru entre 2012 et 2019, en prenant en compte à la fois les décisions prises par l'Etat pour les régimes de base (financement des départs à 60 ans et réforme du régime général de 2013) et celles des partenaires sociaux relatives aux régimes complémentaires (accords de 2013 et de 2015).

En sept ans, le total des prélèvements sociaux dédiés à la retraite sur les salaires aura ainsi augmenté de 5,6% pour la première tranche des revenus (jusqu'au plafond de la sécurité sociale) et jusqu'à 18,3% sur la tranche C (au-dessus de 4 plafonds de sécurité sociale)... Et si les réformes des régimes de base sont en cause aux trois-quarts sur la tranche A, les accords Agirc-Arrco de 2013 et 2015 comptent pour 68% de la hausse des cotisations sur la tranche B et 85% sur la tranche C...

Et, encore une fois, la comparaison ne nous est pas favorable avec la situation en Allemagne, pays pourtant plus touché que nous ne le sommes par le vieillissement de la population (et alors même que les cotisations vieillesse en Allemagne couvrent également les risques invalidité et décès). Encore s'agit-il d'un pays au modèle social très protecteur. Si on observe maintenant le Royaume-Uni, on observe par exemple que les cotisations patronales aux retraites complémentaires Agirc-Arrco dépassent à elles seules (au-dessus du plafond de sécurité sociale) la totalité des cotisations patronales de toute la sécurité sociale britannique... 

samedi 31 octobre 2015

Retraites complémentaires: accord avec une minorité de syndicats, CFDT, CFTC et CFE-CGC

La gauche comptable se met d'accord avec le MEDEF, sur le dos des faibles

Travailler plus longtemps pour espérer perdre moins ?

Cet accord n'est pas signé entre tous les syndicats et le patronat, mais par certaines organisations syndicales: seulement trois...
Libération se félicite que "le texte de l’accord vise 6,1 milliards d’économies à l’horizon 2020, de manière à limiter à 2,3 milliards d’euros le déficit cumulé des deux régimes." On croirait lire un communiqué de Bercy... 
La négociation durait depuis février et devait s’achever en juin. Les syndicats patronaux (Medef, CGPME, UMPA) et trois syndicats ouvriers (CFDT, CFTC et CFE-CGC) ont finalement validé vendredi, après une "dernière séance" (sic) au siège du Medef, l’accord destiné à renflouer les caisses de retraites complémentaires des salariés du privé.  Libération ne mentionne pas la CGT, FO, SUD et UNSA. Et pourquoi passent-ils à la trappe de leur information sélective ? ILs ont refusé de signer !

L’Agirc et l’Arrco sont en effet menacés d’asphyxie financière:
par la crise économique (celle que la gauche a niée de 2008 à 2012...), l’arrivée de millions de papy-boomers à la retraite (qu'il est permis de racketter, selon l'éthique de la double peine "validée" par Libération, bien qu'ils aient déjà été imposés une première fois sur le revenu tout au long de leur activité) et la réduction des cotisations à cause du chômage élevé (du fait de la gauche socialiste au pouvoir après bientôt quatre ans). 
Ces deux régimes complémentaires ont vu leur déficit se creuser respectivement à 1,985 milliard d’euros et à 1,153 milliard en 2014. Avec, en l’absence d’accord, un risque pour l’Agirc (cadres) de voir ses réserves épuisées d’ici à 2018 et à 2027 pour l’Arrco.
Le texte de l’accord, qui doit être formellement signé dans les jours qui viennent, vise 6,1 milliards d’économies à l’horizon 2020, de manière à limiter à 2,3 milliards d’euros le déficit cumulé des deux régimes. Ses principales mesures sont une incitation à travailler plus longtemps via un système de bonus-malus, une moindre revalorisation des retraites ou encore une fusion des régimes Agirc-Arrco

Bien naturellement, mais "comme prévu" selon Libération,
la CGT et Force ouvrière ont refusé de signer cet accord.
Côté Medef, le négociateur Claude Tendil a, lui, salué "un bon accord pour l’ensemble des partenaires signataires, puisque nous sommes six à signer", Côté syndical, l'exécutif socialiste atteint son objectifCet accord ouvre "selon elles" (à la différence de Libération, propriété des hommes d'affaires multi-millionnaires, Bruno Ledoux et Patrick Drahi, ) la voie à un report de l’âge de départ à la retraite. Philippe Pihet (FO) a dénoncé un texte "déséquilibré", tandis qu’Eric Aubin (CGT) a déploré une "régression"
Dans le détail, l’accord prévoit:

  • Dès 2016
  • 2,1 milliards d’économies à l’horizon 2020:
    Une moindre revalorisation des pensions pendant trois ans (1 point de moins que l’inflation), avec toutefois une "clause plancher" pour empêcher une diminution. 

    1,3 milliard d’économies:
    La date de revalorisation des pensions sera décalée au 1er novembre (au lieu d’avril). 
    100 millions d’euros d’économies: Augmentation du prix d’achat du point pendant trois ans, de manière à diminuer le rendement des régimes pour le futur retraité. Le montant de la retraite complémentaire dépend du nombre de points Arrco (cadres) et Agirc (tous salariés du privé) accumulés. Alors que pour 1.000 euros cotisés, le salarié a actuellement 65,6 euros de rente, il n’aura plus que 60 euros dans trois ans.

  • A partir de 2019

  • 500 millions d’euros d’économies en 2020: Mise en place, à compter du 1er janvier et pour les générations nées à partir de 1957, d’un bonus-malus pour inciter les salariés à travailler un an de plus une fois qu’ils ont rempli les deux conditions nécessaires pour partir avec une retraite à taux plein (âge légal et durée de cotisation). Sans considération de la longueur des études et de l'âge d'entrée dans la vie professionnelle des étudiants et futurs cadres exposés au burn-out et aux maladies cardiaques. 
    Un salarié disposant de toutes ses annuités et qui prendrait sa retraite à 62 ans, verrait sa retraite complémentaire amputée de 10% par an pendant deux voire trois ans, avant d’obtenir une retraite à taux plein à 65 ans. En revanche, s’il travaillait jusqu’à 63 ans, ce malus temporaire serait annulé. Il bénéficierait pendant un an d’un bonus de 10% s’il restait deux ans de plus en activité, bonus qui grimperait à 20% pour trois ans de plus et 30% pour quatre ans de plus. 
    Les personnes pouvant partir dès 60 ans (carrières longues) et celles devant travailler au-delà de 62 ans pour avoir toutes leurs annuités seront également concernées par ce système, qui s’applique au maximum jusqu’à 67 ans. Les nouveaux retraités exonérés de CSG seront dispensés, ceux qui sont soumis à son taux réduit pourront subir des décotes de 5% pendant 3 ans. Des dérogations sont également prévues pour les salariés handicapés (50% d’incapacité) et les aidants familiaux. 

    800 millions d’économies attendues des comptables de Bercy
    Augmentation des cotisations patronales, via une augmentation de deux points du 'taux d’appel', passant de 125 à 127%. Economies attendues: 800 millions d’euros. Les cotisations aux régimes complémentaires sont calculées via deux taux, le "taux contractuel" et le "taux d’appel". Le premier ouvre des droits: plus on cotise, plus on engrange de points, plus la retraite sera élevée. Le 'taux d’appel' n’ouvre en revanche pas de droits : même si on cotise plus, la pension ne sera pas plus élevée, ce qui permet de remplir les caisses des régimes. 

    La création d’un nouveau régime fusionnant l’Agirc et l’Arrco est également prévue à cet horizon. Tout comme la mise en place d’une nouvelle répartition des cotisations à l’Agirc: 60% à la charge de l’employeur et 40% à celle des salariés (contre respectivement 62 et 38% actuellement), comme c’est le cas à l’Arrco.

    Des économies à n'importe quel prix et au détriment des retraités, pourquoi pas, selon la majorité présidentielle, le PS et la CFDT, ainsi que leurs media affiliés... La démarche socialiste consistant à frapper les salariés du secteur public et les retraités a quelque chose d'insupportable quand le gouvernement continue a augmenter la dette publique.


    mercredi 24 juin 2015

    Grèce: un cataplasme sur une jambe de bois en guise d'accord

    Hollande se targue d'obtenir pour la Grèce un accord obligé a minima

    Un accord à l'arraché qui ne réglera pas tout 

    J.-C. Juncker gourmande Alexis Tsipras
    (22 juin 2015 à Bruxelles)
    Lâchées trop tard pour sceller un accord ce lundi, les nouvelles concessions grecques permetteront toutefois d'en espérer un dans le courant de la semaine.
    Les nouvelles propositions de l'extrême gauche grecque au pouvoir avec Syriza pour débloquer 7,2 milliards d'euros d'aide ne suffisent pas. "Il reste du travail à faire", a reconnu le commissaire européen Pierre Moscovici, affichant toujours peu d'optimisme à l'issue de la réunion de l'Eurogroupe en milieu de journée. "Journée décisive... Je crois à un accord," déclarait-il sur Europe1. Mais quel accord?

    Moins de préretraites, plus de TVA

    Voici la liste des  propositions grecques, d'après la presse nationale:
    Augmentation de la TVA  de 6,5% à 13% sur les séjours hôteliers. Le taux le plus bas de TVA, 6,5%, serait uniquement réservé aux médicaments, aux livres, et aux billets de théâtre. Selon le quotidien économique Naftemporiki, cette mesure rapporterait 2 milliards d'euros. L'électricité resterait à 13%, alors que le FMI voulait la faire passer à 23%.

    Limitation des préretraites dès 2016. L'âge légal de la retraite en Grèce est de 67 ans depuis janvier 2013, mais il est possible d'être en préretraite dès 62 ans à partir de quinze ans de cotisations, avec décote dissuasive, où même en retraite pour certains métiers considérés à risque.
    Diminution des retraites complémentaires supérieures à 1.000 euros. Ces deux mesures sur les retraites rapporteraient deux milliards.

    Hausse d'impôts sur les entreprises réalisant un bénéfice supérieur à 500.000 euros

    Hausse d'impôt sur les revenus supérieurs à 30.000 euros

    Le montant de surplus primaire du budget, calculé avant d'en déduire la charge de la dette, reste fixé à 1 % du PIB en 2015 et 2 % en 2016, selon le compromis qui avait déjà été trouvé en fin de semaine dernière.
    Dans ces propositions, "rien de substantiel" pourtant, selon le ministre des finances allemand Wolfgang Schaüble, qui regrette de ne pas avoir reçu le dernier texte des Grecs. De toutes manières, elles sont arrivées trop tard pour être validées par les créanciers - Etats européens, BCE et FMI, dont les réunions se succèdent dans la journée. C'est trop tard aussi pour qu'un accord soit officialisé au sommet des chefs d'Etat qui doit avoir lieu ce soir. Le sommet "ne pourra être qu'un sommet de consultation", a prévenu la chancelière Angela Merkel depuis l'Allemagne: "Il y a beaucoup de jours dans la semaine pour prendre une décision".

    Un accord véritable  reste à trouver
    François Hollande, qui se veut à l'interface de l'Allemagne et de la Grèce, souhaitait un accord "global et durable", et non "partiel ou limité dans le temps", mais joue un double jeu devant les micros et caméras hexagonaux mais ne pèse rien sur les négociations, tandis que les journées à venir seront marquées par l'urgence: les Grecs vident leurs coffres bancaires au rythme de 700 millions par jour. Faut-il continuer à perfuser la Grèce à la façon de la BCE envers les banques en relevant désormais plusieurs fois par semaine son plafond? 
    Un accord à l'arraché sur une liste de réformes débloquerait les 7,2 milliards d'euros soldant le deuxième plan d'aide à la Grèce, sans parvenir à contenter tous les créanciers. Les 1,6 milliard dus au FMI seraient remboursés, mais où trouver les 7,4 milliards qui doivent être payés en juillet et en août? Et que penser d'un système où l'aide versée par les créanciers sert en grande partie à les rembourser eux-mêmes?
    Sans compter que ces nouvelles mesures de rigueur pourraient avoir à nouveau un effet récessif, comme toutes les précédentes. "Il faut s'accorder sur un minimum de réformes pour gagner du temps", explique Patrice Gautry, chef économiste de Union Bancaire Privée. "Cet accord-sparadrap ne réglera pas la question du refinancement de la Grèce sur le long terme, mais il permettra de passer les échéances de l'été". 

    Pour une économie en récession en effet, une dette de 180% du PIB est insurmontable. "Depuis le début de la crise, l'Union européenne s'est focalisée sur le seul problème de la dette, pas assez sur la question de la croissance", regrette Patrice Gautry. "Il faut refinancer l'économie grecque à long terme pour lui permettre de se relancer". Cette semaine, même si un accord est trouvé, inaugure tout un été de négociations. Qui remettront la dette en question, au sein d'un troisième plan d'aide.

    mercredi 17 décembre 2014

    Retraites à 64 ans: Rebsamen a fuité sur de nouveaux choix difficiles

    Le ministre s'est aussitôt fait redresser les bretelles par sa camarade Marisol Touraine

    La réforme Ayrault met les régimes complémentaires en péril

    Malgré une prétendue amélioration des prévisions financières, les partenaires sociaux vont devoir prendre de nouvelles mesures pour sauver les retraites complémentaires, selon les dernières projections du Conseil d'orientation des retraites (COR), censées servir de base au pilotage annuel du système prévu par la réforme Ayrault. Difficile d'affirmer avec Le Point que les réformes successives des retraites portent leurs fruits - au prix de hausses excessives de cotisations employeurs et salariés - si elles menacent l'équilibre des complémentaires. En 2020, quel que soit le scénario économique retenu, le gain par rapport aux projections réalisées en 2012 atteint 0,6 point de PIB, soit environ 14 milliards d'euros. C'est au détriment des complémentaires, alors la Cour des comptes tente d'expliquer que des gains de productivité tout à fait significatifs pourraient être dégagés dans la gestion des régimes complémentaires. Ce que le gouvernement économise sur les régimes généraux, c'est au détriment des retraites complémentaires.

    Un an après la réforme des retraites, les jeunes, les handicapés et les agriculteurs attendent encore... La réforme Ayrault prévoit toutefois un allongement de la durée de cotisation qui atteindra 43 annuités (172 trimestres) en 2035, pour les générations 1973 et les suivantes. En 2013, le vote du Parlement, certaines mesures favorables aux assurés ne sont toutefois toujours pas entrées en vigueur, faute de décrets.

    "S'il faut allonger la durée de cotisation, nous le ferons" 
    Le ministre du Travail François Rebsamen a semé le trouble mardi en lâchant que le gouvernement allongerait, si nécessaire, la durée de cotisation pour une retraite à taux plein, une mesure aussitôt écartée par sa collègue des Affaires sociales Marisol Touraine
    Le pavé dans la mare du ministre du Travail a surpris au moment où la pérennité du système des retraites de base semble mieux assurée, selon le Conseil d'orientation des retraites. À l'inverse, les régimes de retraite complémentaire sont eux menacés de faillite. En fin d'après-midi, François Rebsamen lui-même a tenu à rectifier ses propos en évoquant la réforme Ayrault. "Je n'ai rien ajouté d'autre. J'ai dit que la durée de cotisation s'allongera progressivement, passera à 43 ans à l'horizon 2035", a-t-il dit. 
    VOIR et ENTENDRE Rebsamen rétro-pédaler à nouveau, après son couac sur le contrôle des chômeurs "fraudeurs": 
    Or, la loi ne touche pas à l'âge légal de départ à la retraite, fixé à 62 ans, prévoyant toutefois que ses mesures puissent évoluer. Qu'est-ce qui a donc poussé Rebsamen à mettre les pieds dans la plat, si ce n'est l'irréalisme de l'hypothèse du COR, dans ses dernières projections actualisées présentées mardi, estimant qu'un retour à l'équilibre du système est possible à l'horizon 2020 si l'activité économique repart ? Le ministre n'y croit-il donc pas? Le COR ne recommande d'ailleurs pas de renforcer la législation sur les retraites, du moins pour les retraites de base. Les cotisants aux complémentaires devront compenser le désengagement du gouvernement...

    VOIR et ENTENDRE Christian Paul avouer la pratique socialiste  du "ballon d'essais":  

    Vers un âge de départ moyen de 64 ans

    Les hypothèses de croissance à court terme retenues à l'époque ne seront pourtant pas atteintes, selon les dernières prévisions du gouvernement. Or, l'âge effectif moyen de départ en retraite va passer de 61 ans en 2013 à 64,1 an d'ici à 2040. Organisme consultatif composé d'experts, d'élus ainsi que de représentants patronaux et salariaux, le COR, n'a toutefois pas eu le temps d'évaluer l'impact des comptes personnels de pénibilité. Les décrets seraient parus trop tard pour permettre une évaluation d'une réforme censée s'autofinancer grâce à des cotisations spécifiques des entreprises.

    11,1 à 13 milliards à trouver en 2018
    En attendant, le casse-tête du financement des retraites est loin d'être réglé. D'abord à court terme. Les socialistes qui ont nié la crise jusqu'à leur arrivée au pouvoir, lui imputent désormais la compression de la masse salariale sur laquelle reposent les cotisations. Résultat, le trou dans le système de retraite devrait encore atteindre 11,1 milliards d'euros (0,5 % du PIB) en 2018, dont un peu plus de la moitié pour les seuls régimes complémentaires des salariés du privé (Agirc-Arrco). 
    Parce que, dès l'année prochaine, ils doivent négocier de nouvelles mesures d'ajustement sur les régimes complémentaires, les partenaires sociaux mettent la pression sur le gouvernement. Dans un rapport qui sera rendu public jeudi, mais dont les conclusions ont déjà fuité dans la presse, la Cour des comptes proposerait de repousser à 63 ou 64 ans l'âge minimum légal pour toucher sa complémentaire, alors qu'il est aujourd'hui calé sur celui des retraites de base, à 62 ans.
    En 2018, le régime de la fonction publique accusera lui aussi un trou, d'un peu plus de 2 milliards, si rien n'est fait. Sauf à toucher aux paramètres de la retraite des fonctionnaires, l'État devra donc augmenter ses cotisations employeurs pour combler la brèche, ce qui pèsera sur les finances publiques. Mais en 2018, le PS aura repassé la patate chaude aux suivants...

    Des scénarios très divergents
    À plus long terme, la viabilité du système de retraites par répartition dépend des scénarios économiques retenus. Le COR en retient 5 principaux, reposant sur différentes hypothèses de productivité du travail (et donc de croissance économique) et de taux de chômage. En fonction des taux de croissance retenus (de 1 % à 2 %) et du taux de chômage (de 4,5 % à 10 %), le système passe d'un fort excédent de 12 milliards d'euros dans le scénario le plus favorable, à de lourds déficits (19 milliards d'euros en en 2030 et même 37 milliards en 2040).

    Marisol Touraine était-elle honnêtement justifiée à nier la réalité exprimée par Rebsamen?
    L'incroyable caporal du groupe socialiste, Bruno Le Roux, n'a pas craint d'ajouter sa fétidité à l'affaire: " Il n’est en aucun cas envisagé en ce moment, ni même dans la prochaine année ou dans les deux prochaines années d’augmentation de l’âge de départ à la retraite."
    La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, juge inutile une nouvelle réforme du régime de base des retraites et qualifie d'"irresponsable" tout catastrophisme en la matière. "Le rapport du Cor montre que la réforme (de janvier 2014) porte ses fruits et qu’on peut rassurer les Français : nous n’allons pas vers un crash du système de retraite", a affirmé mardi Marisol Touraine à des journalistes. "Une autre réforme des régimes de base n’est pas nécessaire."Le gouvernement Valls refuse d'envisager un nouveau relèvement par des socialistes: "Le relèvement des bornes d’âge n’est pas la solution", assure Marisol Touraine. "Cela ne veut pas dire qu’on n’accepterait pas qu’il faille travailler plus longtemps", ajoute-t-elle cependant. 
    L'exécutif laisse la responsabilité de trouver un remède aux partenaires sociaux gestionnaires de Agirc-Arrco en 2015 , mais il suivra ce dossier "avec une grande attention", assure Marisol Touraine, pour qui "faire du catastrophisme n’a pas de sens".
    L'incident n'est pas clos.

    samedi 29 mars 2014

    Nouveau coup dur pour le pouvoir d’achat des retraités

    Austérité: les retraites complémentaires ne seront pas revalorisées en 2014

    Les électeurs réaliseront 
    après les municipales que les pensions du régime général sont gelées

    L’augmentation des pensions est reportée à octobre !
    Et les retraites complémentaires ne seront pas valorisées en 2014.
    11,8 millions de retraités verront ler pouvoir d'achat gelé toute l'année 2014 Les pensions complémentaires de l'Arrco seront en effet gelées cette année. "Pour les retraités qui connaissent des fins de mois difficiles, cela ne va pas s'arranger", a regretté Gérard Rodriguez, en charge du dossier retraites à la CGT. 
    L’Arrco et l’Agirc sont les principaux régimes de pensions complémentaires du secteur privé. Gérés par les partenaires sociaux, ils versent à environ 15 millions d’anciens salariés une partie (parfois la moitié) de leur retraite. Le reste est versé par le régime des retraites de base.

    En mars 2013, les conseils d’administration des deux régimes ont négocié un accord visant à assainir leurs finances. Le texte prévoit que pour 2014 et 2015, les pensions seront revalorisées à hauteur d’un point de moins que l’inflation.

    Or, l’inflation n’a été que de +0,7%, contre la prévision de +1,3% attendue à l’époque par le gouvernementsocialo-écolo. Les pensions complémentaires devraient donc logiquement baisser, mais l’accord signé en 2013 avait  heureusement prévu que l'inflation serait inférieure et qu’une baisse ne serait pas possible.

    Quid de 2015. Conséquence de la faible inflation, les régimes dépenseront  finalement plus que ce qu’ils avaient prévu. L’accord signé ne permet pas d'économiser les 550 millions d’euros espérés, selon le quotidien économique Les Echos.

    Réunis pour entériner la décision, les conseils d’administration des deux régimes ont donc dû discuter d’un nouveau dispositif. Il est possible qu’ils décident de reverser le manque à gagner sur 2015. Autrement dit, l’année prochaine, les pensions seront valorisées à plus d’un point de moins que l’inflation

    Au final, les retraités font les frais de la tendance à la déflation

    Leurs pensions complémentaires vont continuer à stagner.

    Les craintes sur les retraites classiques viennent s'ajouter à l’alarme sur les pensions complémentaires, sonnée pour la CGT dans l’optique de sa manifestation du 18 mars. 
    Dans le cadre de la dernière réforme des retraites, le gouvernement a décidé de ne pas soutenir les pensionnés avant octobre 2014. 
    Les retraités devront encore attendre sept mois avant d'espérer toucher leur augmentation d'avril.