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dimanche 29 mars 2020

Les routiers appelés à exercer leur droit de retrait dès le 30 mars, face au coronavirus

Trois syndicats appellent les chauffeurs routiers à se protéger en exerçant leur droit de retrait

Pas sympa, çà, mais Macron pense-t-il à eux ?

Alors que le Covid_19 continue de se propager dans le pays, les routiers sont appelés à exercer "individuellement" leur droit de retrait, à compter du 30 mars, en cas de "manquements" aux mesures de protection sanitaire contre l'épidémie de coronavirus. Les routiers sont inquiets face à cette crise sanitaire qui monte toujours en puissance. 

Manque de masques, de gants et de gel hydroalcoolique, mais aussi manque de sanitaires et de douches" et 
des services de restauration "pas assez répandus", tandis que des "clients ne respectent pas les conducteurs à la juste valeur", face à cette situation très préoccupante et un constat perdurant de jour en jour, justifient, selon les trois syndicats, cet appel à exercer librement leur droit de retrait, dès lundi 30 mars, si leur protection sanitaire contre le COVID-19 n'est pas garantie.

Les trois syndicats précisent plusieurs de leurs revendications

Citons  "des dispositifs sérieusement protecteurs", mais aussi "l'arrêt des transports non essentiels", la "réquisition des aires de repos, stations-services, restaurants routiers", ainsi que "les mêmes protections que les urgentistes" concernant les transports sanitaires.

A l'heure actuelle, le gouvernement ne fixe aucun contre-indication à la libre-circulation des transports en commun. Le ministère de la Santé recommande le port du masque et les bons gestes communs pour protéger sa santé, surtout au retour de Chine, de Singapour, de Corée du Sud, d'Iran ou des régions du nord de l'Italie, fortement touchées elles-aussi. 

Si des routiers exercent individuellement leur droit de retrait, comme souhaité par les syndicats 
CFDT, FO et CFTC, ils "alimenteront" encore davantage les craintes de la population d'une pénurie dans les supermarchés, en dépit des garanties présentées par le ministre de l'Economie : "aucune pénurie alimentaire et pas de rationnement prévus", a promis Bruno Le Maire, dimanche 15 mars, précisant que "90 à 95 % des références (seraient) présentes" dans les rayons.. Et d'ajouter : la "sécurité d’approvisionnement en produits alimentaires" sera "garantie dans les jours et les semaines à venir".


La semaine dernière,
FO-Transports avait, seule, lancé puis levé un appel au droit de retrait à partir du 23 mars pour les salariés du transport routier et de la logistique "non essentiels". 
Le syndicat avait expliqué lever son appel après avoir obtenu une série d'engagements du gouvernement pour garantir la sécurité sanitaire des chauffeurs pendant l'épidémie de coronavirus.

Aujourd'hui, 
"nous ne pouvons malheureusement que constater que les conditions de travail des salariés en matière de sécurité sanitaire ne sont pas au rendez-vous", ont expliqué ces trois syndicats de routiers - CFDT (réformiste), FO et CFTC (modéré) - dans un communiqué commun. "Même si des efforts ont pu être consenti", confient-ils, "cela est bien maigre au regard des risques sanitaires et cela devient de plus en plus dangereux face à cette pandémie", indiquent les trois syndicats dans un communiqué commun.

mardi 9 avril 2019

Les retraités de nouveau décidés à manifester jeudi 10 contre le dédain de Macron

Les seniors dénoncent un gouvernement "qui reste "sourdingue" à leurs difficultés

Déjà la septième journée d’actions et de manifestations depuis l’élection de Macron

Image associée

Neuf syndicats et associations de retraités les ont appelés à une crier leur colère partout en France jeudi,  contre la politique du gouvernement "qui reste sourdingue" à leurs revendications. Plus de 130 initiatives sont recensées, ont indiqué les neuf organisations - CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR (Fédération Générale des Retraités), LSR (

Loisirs et Solidarité des Retraités

)
et UNRPA (Union Nationale des Retraités et des Personnes âgées ) - lors d’une conférence de presse, lundi.

"Le printemps des retraités va se manifester dans les rues à travers de nombreux rassemblements et manifestations", a affirmé Olivier Jouchter, de la CGT. Les organisateurs espèrent un sursaut après plusieurs mobilisations en demi-teinte : depuis le point d’orgue de mars 2018, qui avait poussé le gouvernement à revenir en partie sur la hausse de la CSG, les cortèges de retraités se sont clairsemés.

Le gel des pensions, moteur de la fronde

Résultat de recherche d'images pour "manifestation retraites"
Cette année, c’est le quasi-gel des pensions qui alimente la colère, mais l’exécutif a déjà ouvert la porte à un aménagement en faveur des ménages modestes. Le "groupe des 9" syndicats prévoit de se réunir le 18 avril pour décider des "prolongements utiles" à la journée du 11.

Signe que d’autres mobilisations sont envisagées, les revendications se sont étendues au sujet de "la prise en charge de la perte d’autonomie", au cœur de la future réforme de la dépendance, et à " l’amélioration des pensions de réversion", point sensible de la réforme des retraites.

mercredi 11 juillet 2018

Macron dresse les syndicats patronaux et ouvriers contre lui

Patronat et syndicats tentent un front uni

Les chefs des huit principales organisations patronales et syndicales sont réunis mercredi matin

Force ouvrière,MEDEF et CGT
Ils sont déterminés à trouver des priorités communes et à opposer un front uni au chef de l'Etat, qui doit les recevoir le 17 juillet à l'Elysée. 
Aux côtés de la CFTC, sont réunis Geoffroy Roux de Bézieux (Medef), Philippe Martinez (CGT), Laurent Berger (CFDT), François Asselin (CPME), Pascal Pavageau (Force ouvrière), François Hommeril (CFE-CGC) et Alain Griset (U2P). La réunion à huis clos s'est ouverte vers 08h00 au Conseil économique, social et environnemental (Cese), à Paris.

De mémoire de syndicalistes et d'entrepreneurs, c'est la première fois que les leaders syndicaux et patronaux arrivent à prendre langue tous ensemble.
"C'est que l'heure est grave", analyse l'historien Stéphane Sirot, qui y voit "la conséquence de la pratique du pouvoir d'Emmanuel Macron, où le dialogique social n'existe pas", contrairement au quinquennat précédent.

François Hollande avait fait des partenaires sociaux des "co-législateurs" qui disposaient d'une autonomie, avec la possibilité de négocier des accords interprofessionnels traduits ensuite dans des lois, "Macron a rompu avec ça", poursuit l'historien. 
"La méthode Macron a été un des éléments déclencheurs de cette réunion", reconnait Philippe Louis, le président de la CFTC.

Chacun vient avec ses propres doléances et l'espoir de trouver des points de convergence avec les autres

Un objectif ambitieux, tant leur passé syndicale divise les organisations.
Côté ouvrier, FO et la CFDT veulent défendre la fixation d'un agenda social commun, indépendant de celui voulu par le gouvernement. Parmi les sujets à aborder, selon Laurent Berger, la qualité de vie au travail, les conditions de travail dans les plateformes.
"Nous allons nous éprouver collectivement pour voir si nous sommes capables d'avancer vers un agenda partagé pour construire du progrès", a déclaré sur Radio Classique Laurent Berger pour qui "le format est original, mais l'intérêt, c'est le contenu".

Philippe Louis, un ex-cheminot, souhaite, au nom de la CFTC, des réunions au sommet plus systématiques, "pour faire le point" sur les dossiers.

Côté patronat
"La réunion est inédite avec beaucoup d'espoir", a commenté à son arrivée François Hommeril (CFE-CGC), en souhaitant "qu'il en sorte quelque chose de concret".

Geoffroy Roux de Bézieux va "essayer de partager certaines préoccupations communes", notamment autour de la création de l'emploi, des richesses et de la croissance française.

Prudent (et caché derrière sa main, ci-contre), le nouveau patron du MEDEF voit ce rendez-vous plutôt comme une "prise de contact" et ne prévoit pas d'en sortir avec "un calendrier commun". Il n'épargne pas le gouvernement pour autant, critiquant la multiplication des réformes.

Alain Griset, président de l'U2P (artisanat et professions libérales), veut faire le point "sur les méthodes utilisées, les résultats obtenus".

Une des deux initiatrices de ce projet avec FO, la CPME, Confédération des petites et moyennes entreprises, reste discrète sur ses attentes.

Les participants s'accordent pour penser que "les corps intermédiaires sont considérés comme une sorte de faire-valoir" par le gouvernement et non "comme des partenaires incontournables"

Cette annonce conjointe des syndicats n'est pas un hasard du calendrier. L'Elysée a dévoilé qu'Emmanuel Macron recevra les partenaires sociaux le 17 juillet. Une occasion de "jeter les bases d'un nouveau contrat social, celui du siècle qui s'ouvre", a expliqué lundi devant le Congrès le chef de l'Etat.

En vérité, c'est une rencontre réclamée par la CFDT et FO.
Y seront abordés la santé au travail, la future réforme des retraites, le plan pauvreté qui doit être annoncé en septembre, mais aussi l'assurance chômage.

Sur ce dernier point, le gouvernement a pris de court les partenaires sociaux, en annonçant qu'il va leur demander de rouvrir des négociations dès septembre, alors qu'une réforme est déjà en cours d'examen au Parlement. 
Mercredi matin, Laurent Berger a prévenu: "Si c'est pour aller rogner les droits avec une lettre de cadrage du gouvernement qui est déjà la conclusion de la négociation, cela ne marchera pas".
Si les réformistes de la CFDT montent au créneau, la rentrée va être chaude.


dimanche 1 avril 2018

Début d'une grève SNCF usante: lundi 2 au soir; fortes perturbations, mardi

Il ne suffisait pas à la SNCF d'acheter le silence des usagers abandonnées en rase campagne

Les cadres-cheminots ont déjà gagné une prime de plus, avant même que la base ait commencé à nous gâter la vie pendant trois mois

Nostalgie de Mai 68
La direction de la SNCF a proposé à des cadres une prime pour les inciter à conduire des trains pendant la grève qui doit débuter lundi soir, a-t-on appris dimanche auprès de sources syndicales qui dénoncent une tentative de déstabilisation du mouvement.
"Depuis la semaine dernière", la direction "propose une prime de conducteur occasionnel" à des "cadres opérationnels qui ne la touchaient pas jusqu'à présent", a clamé Erik Meyer (SUD-Rail), qui avait commencé par faire fuiter l'information par franceinfo.

Cette prime mensuelle d'un montant de "150 euros" était jusqu'alors versée à des "cadres de direction issus de la conduite" amenés à conduire un train de temps en temps, "une fois par trimestre", a développé E. Meyer. La direction "a commencé à étendre ce dispositif" aux "cadres traction", les "chefs d'équipe" des agents de la conduite, leur proposant cette prime "de manière pérenne", a-t-il précisé.

Il s'agit d'"une prime qui existait déjà" et qu'on rendrait "plus incitative", a commenté Bernard Aubin, du syndicat FiRSTémanation de la CFTC (non-représentatif), en dénonçant des "pressions exercées sur l'encadrement pour remplacer les grévistes". C'est "la politique de la carotte et du bâton" pour "réduire au maximum les impacts de la grève", a-t-il commenté.

La direction de la SNCF a confirmé l'existence de "cette prime forfaitaire de 150 euros", qui "a pris effet au 1er janvier 2018", et a dénoncé "un faux procès", les discussions à ce sujet "remontant à 2017".

Qui sont les "jaunes" ciblés par l'offre ?
Résultat de recherche d'images pour "les jaunes briseurs de greve"Désormais, la prime "va être versée aux chefs conducteurs qui ont quitté la direction de la traction (...), mais qui continuent à entretenir leurs compétences", afin de pouvoir "remplacer des conducteurs au pied levé, quelle que soit la cause du remplacement", a expliqué un porte-parole.

"Jusque là, ils le faisaient sans rémunération supplémentaire", a-t-on précisé de même source. Les briseurs de grèves seront désormais récompensés par cette prime "tous les mois, indépendamment du nombre de jours de conduite effectués" et cela "va aider à assurer la continuité du service public pendant la grève", a ajouté le porte-parole.

Face à la grève dure qui s'annonce, "on voit bien" que la direction est "aux abois", a estimé E. Meyer. 
Cédric Robert (CGT Cheminots) a accusé pour sa part la direction d'être "prête à tous les subterfuges pour casser la grève".

La grève à la SNCF contre le projet de réforme de leur statut démarre lundi soir

CGT, Unsa et CFDT appellent à un mouvement par épisode de deux jours sur cinq jusqu'au 28 juin, SUD-Rail appelle à une grève illimitée, reconductible par 24 heures.

L'opposition des syndicats de la SNCF est unitaire, face à un gouvernement déterminé à ne pas céder. Evoquant les remontées de certaines régions, E. Meyer a parlé par exemple d'"un TER sur dix en Picardie" pour mardi et, en région parisienne, d'une circulation sur le RER D "catastrophique". C'est la ligne du réseau express régional d'Ile-de-France qui dessert une grande partie de la région selon un axe nord-sud. Elle comprend trois arrêts dans Paris intra-muros : Gare du Nord, Châtelet - Les Halles et Gare de Lyon.

Lundi soir, le trafic devrait être peu perturbé, mais la grève entrera dans  le dur mardi, à l'aube, avec la promesse de très fortes perturbations.

En atteignant le "haut du spectre" de la démagogie, la SNCF verse dans le populisme.
Après le remboursement du ticket des usagers abandonnés au milieu de nulle part (sondage PaSiDupes ci-dessous : colonne de droite -> SNCF et catastrophe naturelle) et les chocolats aux voyageuses pour la Journée internationale de la femme (lien PaSiDupes), voici la prime aux "jaunes"...

vendredi 30 mars 2018

Grèves à la SNCF et à Air France: les Français auront bientôt le choix de la concurrence étrangère

Les personnels d'Air France n'ont-ils rien à faire de leurs clients ?

Et si les usagers allaient voir ailleurs ?

Résultat de recherche d'images pour "Air France panneau annulations"

Le personnel d'Air France est de nouveau appelé à faire grève pour de meilleurs salaires,
vendredi, un troisième arrêt de travail en plus d'un mois qui conduit à l'annulation d'un quart des vols. 
Au fil des grèves, surprise ou non, nos ports français ont perdu de leur crédibilité. Contraints et forcés, entrepreneurs et  voyageurs ont changé leurs habitudes et ont opté pour les ports et chantiers navals du nord. Bon nombre y sont restés...
Le trafic aérien était conforme aux prévisions vendredi matin, soit 76% de vols maintenus, a indiqué un porte-parole de la compagnie. Jeudi, la direction prévoyait d'assurer 80 % des vols long-courriers et autant de court-courriers, à Orly et en province, ainsi que 70 % des moyen-courriers au départ et vers Roissy.
Le trafic intérieur est sacrifié.
A Nice Côte-d'Azur, la moitié des vols Air France (filiale Hop! comprise) sont annulés, selon les prévisions de la deuxième plateforme aéroportuaire française.

Les estimations de grévistes indiquent une mobilisation de 31,6 % des pilotes, livrées par la direction à partir des déclarations préalables,  28,3 % des hôtesses et stewards, 20,4 % des personnels au sol. Les chiffres définitifs seront connus dans la soirée, a indiqué le porte-parole de la direction, des salariés pouvant se déclarer grévistes au moment de leur prise de poste.

Un rassemblement est prévu à 10h00 près du siège de la compagnie aérienne, à Roissy, à l'appel des organisations de pilotes (SNPL, Spaf, Alter), d'hôtesses et stewards (SNPNC, Unsa-PNC, Unac, CFTC, SNGAF) et de personnels au sol (CGT, FO et SUD).

Ces onze syndicats avaient programmé quatre grèves

Ils ont mené deux grèves les 22 février et 23 mars et en ont programmé deux autres (les 3 et 7 avril), pour obtenir une augmentation générale de 6 %.
Ils jugent insuffisante la politique salariale de l'entreprise, au regard des efforts passés et des bons résultats réalisés l'an dernier. La direction affirme ne pas pouvoir offrir plus, sans fragiliser sa compétitivité et sa croissance.
Une première grève a eu lieu du 9 au 12 septembre 2017, demandant entre autres une revalorisation salariale et le retour des 12 jours de repos supprimés dans le cadre de Trust Together. La deuxième s'est imposée aux usagers du 3 avril 2018 à 00h01 au 3 avril 2018 à 23h59.La troisième est prévue du 7 avril 2018 à 00h01 (pour les départs en vacances de la zone A) au 7 avril 2018 à 23h59.
Malgré l'absence d'accord majoritaire avec les syndicats, la direction a déjà décidé une augmentation générale - la première depuis 2011 - de 0,6 % au 1er avril et 0,4 % au 1er octobre, ainsi qu'une enveloppe d'augmentations individuelles (primes, promotions, ancienneté...) de 1,4 % dédiée aux personnels au sol.

Avec les 130 millions d'euros d'intéressement, "on arrive à 200 millions d'euros" redistribués, a souligné jeudi le directeur général d'Air France, Franck Terner, en le rapportant au bénéfice d'exploitation de 590 millions d'euros enregistré l'an dernier.

Jusqu'à présent, les tentatives de conciliation de la direction ont été repoussées

Dernier exemple en date : la négociation entamée mardi avec les syndicats de pilotes, en vue de parvenir à un accord "gagnant-gagnant", s'est terminée deux jours plus tard dans un claquement de porte.
"Nous avons quitté la salle de négociations, la direction refusant ne serait-ce que d'écouter nos demandes", a assuré jeudi matin Grégoire Aplincourt, président du Spaf (2e syndicat de pilotes, 21% des voix,et non-signataire de Trust Together), qui n'a rien de commun avec la Société des poètes et artistes de France.

Les pilotes réclament 6 % d'augmentation générale pour tous, alors que la revalorisation de certaines primes ou majorations gonfle la facture de +4,7 %, soit "plusieurs dizaines de millions d'euros", d'après la direction.
Le groupe justifie la modération salariale par des besoins importants en financement, dans un contexte concurrentiel "toujours très agressif".
"Air France a besoin de moyens pour investir afin de ne pas perdre des parts de marché", a ainsi fait valoir Franck Terner jeudi. "Pour distribuer de la richesse, il faut d'abord l'avoir créée", a-t-il rappelé.

La concurrence n'est-elle pas plus responsable, respectueuse et fiable ?

mardi 10 octobre 2017

Journée d'action unitaire des fonctionnaires : forte mobilisation attendue

Les 5,4 millions d'agents du service public se mobilisent en nombre mardi 10 octobre

A l'appel de tous leurs syndicats, une première depuis dix ans

Concertation des syndicats de fonction publique sans la CFDT: 
Groison (FSU), Mailly (FO) et Martinez (CGT) comptent sur forte mobilisation, mardi 10 octobre 2017
Des enseignants aux soignants (dont les médecins des hôpitaux) et des ministères aux collectivités, ils protestent contre des mesures "inacceptables" du gouvernement. 
Les neuf fédérations syndicales de la fonction publique - CGT, CFDT, FO, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC, CFTC et FA (Autonomes) - lancent ensemble un appel à une journée de grève et de manifestations dans les trois secteurs de la fonction publique (Etat, hospitalier, territorial) pour exprimer leur "profond désaccord" avec les mesures annoncées par le gouvernement.

Les motifs sont multiples : suppressions de 120.000 postes d'ici à la fin du quinquennat, gel des rémunérations, rétablissement du jour de carence, remise en cause de leur statut... 

Le premier ministre Edouard Philippe leur a opposé lundi une fin de non recevoir
affirmant "assumer pleinement les mesures prises", considérant que les fonctionnaires ne sont "pas du tout déconsidérés" et jugeant démaguogiquement qu'ils sont "même essentiels dans le fonctionnement de notre pays".

La mobilisation promet d'être "forte", selon les syndicats

Près de 130 manifestations et rassemblements sont prévus dans 90 départements.
A Paris, le cortège partira à 14h00 de la place de la République pour rejoindre celle de la Nation. 

Représentent environ 20% de l'emploi, cette grève des fonctionnaires se traduira par des fermetures de crèches, d'établissements scolaires - où le service minimum, prévu par la loi, ne sera pas toujours assuré - et de nombreux services publics.
Selon la Fédération CGT des Services publics, première dans la fonction publique territoriale, il n'y aura notamment pas d'accueil périscolaire ou de restauration scolaire dans nombre d'écoles, essentiellement dans le secondaire.

Côté enseignants, "un sur deux au moins sera en grève dans les écoles primaires", a indiqué lundi la secrétaire générale de la FSU, Bernadette Groison.

Dans le transport aérien, 30% des vols ont été annulés préventivement en raison de la grève des agents de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC qui emploie majoritairement des fonctionnaires). 

En revanche, il ne devrait pas y avoir de perturbations à la SNCF et à la RATP, ou dans les anciens secteurs publics mobilisés comme Orange ou La Poste en signe de solidarité, sauf sur le RER B qui est une ligne du réseau express régional d'Ile-de-France, qui relie Paris à l'aéroport Charles-de-Gaulle 2 TGV.

Fait inédit depuis 2009, une dizaine de syndicats de praticiens hospitaliers (médecins, pharmaciens, dentistes) se sont joints à l'appel du secteur hospitalier (infirmiers, aides-soignants).

Des appels à la mobilisation "solidaire" ont aussi été lancés dans le privé (banque, chimie, agroalimentaire ou commerce).

Les fonctionnaires demandent reconnaissance et respect 

En désaccord sur les moyens de peser sur les réformes sociales d'Emmanuel Macron, ce qu'a confirmé la réunion de l'intersyndicale lundi soir, les grandes centrales syndicales soutiennent unanimement le mouvement des fonctionnaires. 

De Philippe Martinez (CGT) à Laurent Berger (CFDT) en passant par Jean-Claude Mailly (FO), leurs leaders prendront part aux défilés mardi à Paris ou en région avec le souci de "ne pas parasiter" les revendications des agents publics avec la contestation contre la réforme du Code du travail.
Seule l'Union syndicale Solidaires - dont les trotskistes de SUD, la FAT (dans les transports), la FASP (dans la police) ou le SNJ dans la presse) - a clairement appelé à une "convergence" du public et du privé, contre le risque d'une "régression sociale généralisée". Lors d'un entretien avec le journal Sud Ouest, le 26 novembre 2007, François Hollande, alors secrétaire national du Parti socialiste, déclara que "le syndicalisme que l’on doit combattre est celui de SUD"...

Lundi, Martinez et Berger ont souligné le "besoin de reconnaissance" des agents du public. "Ils ont le sentiment qu'ils ne sont qu'un coût, alors qu'ils sont une richesse", a relevé le leader de la CFDT.

Jean-Claude Mailly a souligné le "malaise" dans les hôpitaux, avec des agents "en perte de sens", et des situations qui deviennent "impossibles à gérer" dans un contexte budgétaire contraint.

Le gouvernement a décidé de reporter unilatéralement un rendez-vous salarial, initialement fixé mardi. Il devrait se tenir autour du 16 octobre.
"On attend que le gouvernement entende ce que disent les neuf fédérations de fonctionnaires et que, le 16 octobre, soit vraiment prise la mesure de cette expression", a prévenu Groison, petit soldat de la CGT.

lundi 25 septembre 2017

Financement des syndicats : l’imprudente provocation de Castaner

Chantage gouvernemental ou nouvel égarement de son porte-parole

Le porte-parole du gouvernement a dégoupillé une grenade ce lundi matin

Le gouvernement compte "remettre à plat le financement des syndicats",
Résultat de recherche d'images pour "castaner bourdin"a révélé Christophe Castaner, qui s'était invité au micro de l'accueillant Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV et RMC. Et de repasser une couche : "il faut l’assumer, il faut discuter",  avant d'enfoncer le clou : "ce serait une faute de l’exclure".

Et partout, c’est la stupeur générale face à des propos "un peu démagogiques" et jugés provocateurs, alors que les agriculteurs, les policiers et les routiers défilent en alternance dans les rues de Paris, ainsi qu'en régions.

La déclaration de Castaner a aussitôt mis le feu aux QG syndicaux. 

"Le financement a déjà été remis à plat. Il n’y a plus de place pour le flou, c’est la transparence complète : on a des commissaires aux comptes, les contrôles sont de plus en plus drastiques" semble regretter le président de la CFTC Philippe Louis, extrêmement irrité.

Même stupéfaction à la CFDT où le trésorier Thierry Cadart n’en a pas cru ses oreilles. "Ce mot 'remise à plat' est un peu surprenant. C’est ignorer tout ce qui a été fait notamment depuis trois ans," tempête-t-il, rappelant le chemin parcouru depuis le scandale des caisses noires de l’UIMM en 2007 pour mettre fin aux dérives.
"Pour mettre tout le monde dans la rue, il ne fallait pas s’y prendre autrement" lâche cet autre responsable syndical anonyme en colère pour qui "Castaner est un habitué de ces sorties en live sur des sujets qu’il ne maîtrise pas toujours". Et d’ajouter un brin moqueur de la fragilité des membre du gouvernement : "c’est le syndrome Bourdin. Quand vous êtes face à lui, on est obligé de tout savoir ou alors on perd la face !" On se rappelle en effet que le premier ministre avait fait piètre figure à RMC:

Au ministère du Travail, où les téléphones n’ont cessé de sonner,
Muriel Pénicaud s’est tout de suite employée à déminer le chantage malheureux du porte-parole en crise d'autorité à l'encontre des centrales syndicaux, tant il passe pour un bouffon. 
Et de marteler encore et encore : "Ce sujet a été réglé par la loi du 5 mars 2014" sur le financement des syndicats, via la formation professionnelle, sur laquelle ils ont la haute main, avec les effets désastreux que l'on sait sur les "bénéficiaires" : si 'bénéficiaires' il y a, ce sont les syndicats qui utilise ses crédits comme d'une pompe à fric.

lundi 1 mai 2017

Six policiers blessés ce 1er mai : le gouvernement met les syndicats hors de cause

1er Mai violent à Paris :  le ministre de l'Intérieur dénonce les 'casseurs' 

Des incidents ont éclaté dès le départ du défilé du 1er mai à Paris


Des provocations ont marqué le défilé à l'avant du cortège, au départ de la place de la République : on ne peut donc dire "en marge" du défilé syndical, mais c'est pourtant ce qu'écrit la presse aux ordres, soucieuse de déculpabiliser les organisateurs.
Place de la Bastille, des manifestants "insoumis", vêtus de noirs et encagoulés, ont jeté des bouteilles et des cocktails Molotov sur les CRS, dont trois ont été blessés. 
Les gendarmes ont répliqué avec des grenades lacrymogènes. 150 "sauvageons" de Cazeneuve ont été isolés rue de Lyon, à proximité de la place de la Bastille. 
Au total, six policiers ont été blessés selon la préfecture. Parmi eux, 2 CRS blessés légèrement dont un suite à des brûlures, un CRS brûlé sérieusement "au niveau du visage et d'une main", 2 policiers de la Compagnie de sécurisation et d'intervention (CSI) de la préfecture de Police blessés légèrement après des jets de cocktail Molotov. Enfin, une fonctionnaire de la CSI a été blessée à la main lors de la manipulation d'une grenade.  

Seulement cinq personnes interpellées... 



Le cortège, emmené par une intersyndicale CGT-FO-FSU-Solidaires
Une partie de la nébuleuse socialiste
a dû s'arrêter à plusieurs reprises, pendant que des militants d'extrême gauche, positionnés à l'avant de la manifestation, 
avec des projectiles parfois trouvés sur place et des cocktails Molotov, trouvaient des cordons de policiers sur leur passage. 
Ces heurts se sont concentrés aux abords de la place de la Bastille, selon des images non pas diffusées par la presse pourtant nombreuse, qui avait reçu des consignes de banalisation, mais sur les réseaux sociaux, en direct, que le pouvoir n'a pu contrôler. 
Des saccages d'abribus et de vitrines ont émaillé le parcours.  

Côté manifestants, "une personne a fait une chute a priori fortuite depuis les marches de l'Opéra" Bastille, selon la préfecture, qui précise qu'un bilan médical est en cours. 


Cinq personnes ont par ailleurs été interpellées, pour port d'arme, violences et dégradations.  Comme il se doit et, sans surprise, en des termes consacrés, Matthias Fekl, le ministre de l'Intérieur, a condamné "avec la plus grande fermeté les violences intolérables commises à l'encontre des forces de l'ordre". Il a lancé un appel au calme.
Le défilé syndical a repris normalement vers 16h avant d'être à nouveau interrompu une heure plus tard. 
Lutte ouvrière


Vers 17h30, de nouveaux heurts ont éclaté place de la Nation, point d'arrivée du cortège.
 
Toutes les artères, sauf le boulevard Diderot, ont été bloquées par des CRS et la situation était tendue. Une borne Autolib a été incendiée et ses vitres ont été brisées. Vers 18h30, le calme était de retour aux abords de la place de la Nation.

samedi 31 octobre 2015

Retraites complémentaires: accord avec une minorité de syndicats, CFDT, CFTC et CFE-CGC

La gauche comptable se met d'accord avec le MEDEF, sur le dos des faibles

Travailler plus longtemps pour espérer perdre moins ?

Cet accord n'est pas signé entre tous les syndicats et le patronat, mais par certaines organisations syndicales: seulement trois...
Libération se félicite que "le texte de l’accord vise 6,1 milliards d’économies à l’horizon 2020, de manière à limiter à 2,3 milliards d’euros le déficit cumulé des deux régimes." On croirait lire un communiqué de Bercy... 
La négociation durait depuis février et devait s’achever en juin. Les syndicats patronaux (Medef, CGPME, UMPA) et trois syndicats ouvriers (CFDT, CFTC et CFE-CGC) ont finalement validé vendredi, après une "dernière séance" (sic) au siège du Medef, l’accord destiné à renflouer les caisses de retraites complémentaires des salariés du privé.  Libération ne mentionne pas la CGT, FO, SUD et UNSA. Et pourquoi passent-ils à la trappe de leur information sélective ? ILs ont refusé de signer !

L’Agirc et l’Arrco sont en effet menacés d’asphyxie financière:
par la crise économique (celle que la gauche a niée de 2008 à 2012...), l’arrivée de millions de papy-boomers à la retraite (qu'il est permis de racketter, selon l'éthique de la double peine "validée" par Libération, bien qu'ils aient déjà été imposés une première fois sur le revenu tout au long de leur activité) et la réduction des cotisations à cause du chômage élevé (du fait de la gauche socialiste au pouvoir après bientôt quatre ans). 
Ces deux régimes complémentaires ont vu leur déficit se creuser respectivement à 1,985 milliard d’euros et à 1,153 milliard en 2014. Avec, en l’absence d’accord, un risque pour l’Agirc (cadres) de voir ses réserves épuisées d’ici à 2018 et à 2027 pour l’Arrco.
Le texte de l’accord, qui doit être formellement signé dans les jours qui viennent, vise 6,1 milliards d’économies à l’horizon 2020, de manière à limiter à 2,3 milliards d’euros le déficit cumulé des deux régimes. Ses principales mesures sont une incitation à travailler plus longtemps via un système de bonus-malus, une moindre revalorisation des retraites ou encore une fusion des régimes Agirc-Arrco

Bien naturellement, mais "comme prévu" selon Libération,
la CGT et Force ouvrière ont refusé de signer cet accord.
Côté Medef, le négociateur Claude Tendil a, lui, salué "un bon accord pour l’ensemble des partenaires signataires, puisque nous sommes six à signer", Côté syndical, l'exécutif socialiste atteint son objectifCet accord ouvre "selon elles" (à la différence de Libération, propriété des hommes d'affaires multi-millionnaires, Bruno Ledoux et Patrick Drahi, ) la voie à un report de l’âge de départ à la retraite. Philippe Pihet (FO) a dénoncé un texte "déséquilibré", tandis qu’Eric Aubin (CGT) a déploré une "régression"
Dans le détail, l’accord prévoit:

  • Dès 2016
  • 2,1 milliards d’économies à l’horizon 2020:
    Une moindre revalorisation des pensions pendant trois ans (1 point de moins que l’inflation), avec toutefois une "clause plancher" pour empêcher une diminution. 

    1,3 milliard d’économies:
    La date de revalorisation des pensions sera décalée au 1er novembre (au lieu d’avril). 
    100 millions d’euros d’économies: Augmentation du prix d’achat du point pendant trois ans, de manière à diminuer le rendement des régimes pour le futur retraité. Le montant de la retraite complémentaire dépend du nombre de points Arrco (cadres) et Agirc (tous salariés du privé) accumulés. Alors que pour 1.000 euros cotisés, le salarié a actuellement 65,6 euros de rente, il n’aura plus que 60 euros dans trois ans.

  • A partir de 2019

  • 500 millions d’euros d’économies en 2020: Mise en place, à compter du 1er janvier et pour les générations nées à partir de 1957, d’un bonus-malus pour inciter les salariés à travailler un an de plus une fois qu’ils ont rempli les deux conditions nécessaires pour partir avec une retraite à taux plein (âge légal et durée de cotisation). Sans considération de la longueur des études et de l'âge d'entrée dans la vie professionnelle des étudiants et futurs cadres exposés au burn-out et aux maladies cardiaques. 
    Un salarié disposant de toutes ses annuités et qui prendrait sa retraite à 62 ans, verrait sa retraite complémentaire amputée de 10% par an pendant deux voire trois ans, avant d’obtenir une retraite à taux plein à 65 ans. En revanche, s’il travaillait jusqu’à 63 ans, ce malus temporaire serait annulé. Il bénéficierait pendant un an d’un bonus de 10% s’il restait deux ans de plus en activité, bonus qui grimperait à 20% pour trois ans de plus et 30% pour quatre ans de plus. 
    Les personnes pouvant partir dès 60 ans (carrières longues) et celles devant travailler au-delà de 62 ans pour avoir toutes leurs annuités seront également concernées par ce système, qui s’applique au maximum jusqu’à 67 ans. Les nouveaux retraités exonérés de CSG seront dispensés, ceux qui sont soumis à son taux réduit pourront subir des décotes de 5% pendant 3 ans. Des dérogations sont également prévues pour les salariés handicapés (50% d’incapacité) et les aidants familiaux. 

    800 millions d’économies attendues des comptables de Bercy
    Augmentation des cotisations patronales, via une augmentation de deux points du 'taux d’appel', passant de 125 à 127%. Economies attendues: 800 millions d’euros. Les cotisations aux régimes complémentaires sont calculées via deux taux, le "taux contractuel" et le "taux d’appel". Le premier ouvre des droits: plus on cotise, plus on engrange de points, plus la retraite sera élevée. Le 'taux d’appel' n’ouvre en revanche pas de droits : même si on cotise plus, la pension ne sera pas plus élevée, ce qui permet de remplir les caisses des régimes. 

    La création d’un nouveau régime fusionnant l’Agirc et l’Arrco est également prévue à cet horizon. Tout comme la mise en place d’une nouvelle répartition des cotisations à l’Agirc: 60% à la charge de l’employeur et 40% à celle des salariés (contre respectivement 62 et 38% actuellement), comme c’est le cas à l’Arrco.

    Des économies à n'importe quel prix et au détriment des retraités, pourquoi pas, selon la majorité présidentielle, le PS et la CFDT, ainsi que leurs media affiliés... La démarche socialiste consistant à frapper les salariés du secteur public et les retraités a quelque chose d'insupportable quand le gouvernement continue a augmenter la dette publique.