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vendredi 30 mars 2018

Grèves à la SNCF et à Air France: les Français auront bientôt le choix de la concurrence étrangère

Les personnels d'Air France n'ont-ils rien à faire de leurs clients ?

Et si les usagers allaient voir ailleurs ?

Résultat de recherche d'images pour "Air France panneau annulations"

Le personnel d'Air France est de nouveau appelé à faire grève pour de meilleurs salaires,
vendredi, un troisième arrêt de travail en plus d'un mois qui conduit à l'annulation d'un quart des vols. 
Au fil des grèves, surprise ou non, nos ports français ont perdu de leur crédibilité. Contraints et forcés, entrepreneurs et  voyageurs ont changé leurs habitudes et ont opté pour les ports et chantiers navals du nord. Bon nombre y sont restés...
Le trafic aérien était conforme aux prévisions vendredi matin, soit 76% de vols maintenus, a indiqué un porte-parole de la compagnie. Jeudi, la direction prévoyait d'assurer 80 % des vols long-courriers et autant de court-courriers, à Orly et en province, ainsi que 70 % des moyen-courriers au départ et vers Roissy.
Le trafic intérieur est sacrifié.
A Nice Côte-d'Azur, la moitié des vols Air France (filiale Hop! comprise) sont annulés, selon les prévisions de la deuxième plateforme aéroportuaire française.

Les estimations de grévistes indiquent une mobilisation de 31,6 % des pilotes, livrées par la direction à partir des déclarations préalables,  28,3 % des hôtesses et stewards, 20,4 % des personnels au sol. Les chiffres définitifs seront connus dans la soirée, a indiqué le porte-parole de la direction, des salariés pouvant se déclarer grévistes au moment de leur prise de poste.

Un rassemblement est prévu à 10h00 près du siège de la compagnie aérienne, à Roissy, à l'appel des organisations de pilotes (SNPL, Spaf, Alter), d'hôtesses et stewards (SNPNC, Unsa-PNC, Unac, CFTC, SNGAF) et de personnels au sol (CGT, FO et SUD).

Ces onze syndicats avaient programmé quatre grèves

Ils ont mené deux grèves les 22 février et 23 mars et en ont programmé deux autres (les 3 et 7 avril), pour obtenir une augmentation générale de 6 %.
Ils jugent insuffisante la politique salariale de l'entreprise, au regard des efforts passés et des bons résultats réalisés l'an dernier. La direction affirme ne pas pouvoir offrir plus, sans fragiliser sa compétitivité et sa croissance.
Une première grève a eu lieu du 9 au 12 septembre 2017, demandant entre autres une revalorisation salariale et le retour des 12 jours de repos supprimés dans le cadre de Trust Together. La deuxième s'est imposée aux usagers du 3 avril 2018 à 00h01 au 3 avril 2018 à 23h59.La troisième est prévue du 7 avril 2018 à 00h01 (pour les départs en vacances de la zone A) au 7 avril 2018 à 23h59.
Malgré l'absence d'accord majoritaire avec les syndicats, la direction a déjà décidé une augmentation générale - la première depuis 2011 - de 0,6 % au 1er avril et 0,4 % au 1er octobre, ainsi qu'une enveloppe d'augmentations individuelles (primes, promotions, ancienneté...) de 1,4 % dédiée aux personnels au sol.

Avec les 130 millions d'euros d'intéressement, "on arrive à 200 millions d'euros" redistribués, a souligné jeudi le directeur général d'Air France, Franck Terner, en le rapportant au bénéfice d'exploitation de 590 millions d'euros enregistré l'an dernier.

Jusqu'à présent, les tentatives de conciliation de la direction ont été repoussées

Dernier exemple en date : la négociation entamée mardi avec les syndicats de pilotes, en vue de parvenir à un accord "gagnant-gagnant", s'est terminée deux jours plus tard dans un claquement de porte.
"Nous avons quitté la salle de négociations, la direction refusant ne serait-ce que d'écouter nos demandes", a assuré jeudi matin Grégoire Aplincourt, président du Spaf (2e syndicat de pilotes, 21% des voix,et non-signataire de Trust Together), qui n'a rien de commun avec la Société des poètes et artistes de France.

Les pilotes réclament 6 % d'augmentation générale pour tous, alors que la revalorisation de certaines primes ou majorations gonfle la facture de +4,7 %, soit "plusieurs dizaines de millions d'euros", d'après la direction.
Le groupe justifie la modération salariale par des besoins importants en financement, dans un contexte concurrentiel "toujours très agressif".
"Air France a besoin de moyens pour investir afin de ne pas perdre des parts de marché", a ainsi fait valoir Franck Terner jeudi. "Pour distribuer de la richesse, il faut d'abord l'avoir créée", a-t-il rappelé.

La concurrence n'est-elle pas plus responsable, respectueuse et fiable ?

samedi 30 juillet 2016

Air France sous le "coût" des syndicats: excuses et prise en charge des usagers par le contribuable

Le PDG d'Air France héberge et présente ses excuses aux otages des syndicats  

Le nouveau PDG d'Air France KLM juge le mouvement syndical "extrêmement regrettable et agressif".

Jean-Marc Janaillac, ce nouveau PDG, tacle son prédécesseur, promettant de consacrer son énergie à rétablir la confiance avec les syndicats. Trois semaines après sa prise de fonction à la tête de sa Société anonyme (SA où l'Etat est actionnaire à hauteur de 17,6% mais où il dispose de droits de vote doubles et souffle le froid et le chaud), Jean-Marc Janaillac doit faire face à une grève des hôtesses et stewards de la compagnie nationale
Le mouvement syndical a démarré le mercredi 27 et doit durer jusqu'au 2 août. Le nouveau PDG, qui assumait mercredi les résultats semestriels du groupe, a livréau journal Le Figaro son analyse de la grève le mercredi 27 juillet

Votre prise de pouvoir coïncide avec une grève des hôtesses et stewards. Comprenez-vous ce mouvement? 
Ce mouvement est extrêmement regrettable et agressif. D'abord par le choix de cette période de l'année qui est très importante économiquement pour Air France et symboliquement pour les vacances en famille de nos clients. Je veux leur présenter les excuses du Groupe et les assurer de la totale mobilisation des équipes pour limiter les désagréments. 
Cette grève est regrettable, ensuite, parce qu'il n'y a pas d'urgence: l'accord collectif des PNC [Personnel Navigant Commercial] s'achève le 31 octobre. 
Enfin par la disproportion entre les conséquences économiques, financières et d'image pour Air France et le différend autour de la seule durée du texte proposé. [Le conflit social de septembre 2014 avait coûté 500 millions d’euros.]

Après plusieurs mois de discussions, la direction d'Air France a proposé de reconduire l'accord actuel avec des modifications très marginales. Dès lors, déclencher une grève aussi longue dans ce calendrier paraît difficilement justifiable. Cette grève peut-elle faire replonger Air France dans le rouge? 
Elle aura un coût financier très élevé, ce qui ne peut que compliquer le travail qui reste à faire pour placer la compagnie dans un cycle de croissance rentable. D'autant que le second semestre 2016 s'annonce incertain voire volatile [sic]. 
Le marché est toujours sur-capacitaire ce qui met notre recette unitaire sous pression. Le contexte économique global est compliqué sur certaines destinations comme l'Amérique du Sud et le Royaume-Uni. Et la situation sécuritaire en Europe, plus particulièrement en France, pèse sur notre activité en provenance du Japon ou encore de la Chine mais aussi d'Amérique du Nord. 


Ce mouvement illustre aussi la défiance entre syndicat et direction... Il y a clairement un manque de confiance. Les syndicats prêtent à la direction des arrières pensées. Pour qu'il y ait dialogue, il faut une confiance réciproque. Je consacrerai toute mon énergie dans les semaines et mois qui viennent à rétablir

cette confiance.



A son troisième jour de grève, Air France prévoyait de maintenir "plus de 80%" de ses vols




Vendredi, à la veille d'un week-end noir marqué par le chassé-croisé de centaines de milliers de Français et d'étrangers, le troisième jour de grève des hôtesses et stewards d'Air France, la direction de la compagnie a précisé par communiqué que "30.000 passagers ont été touchés par la grève ce jour-là, jeudi,sur un total de 140.000"

La compagnie ajoutait qu'elle assurerait vendredi "plus de 90%" de ses vols longs-courriers et 85% de ses vols domestiques sur l'ensemble du réseau, ainsi que 75% des moyens-courriers à Roissy. Ses chiffres intègrent les vols opérés par la filiale domestique Hop! Air France, non concernée par la grève, a-t-on appris auprès du groupe aérien. 



Des annulations de dernière minute à prévoir ce vendredi 
Selon un premier bilan, la grève a provoqué l'annulation de 139 vols long et moyen-courriers au départ ou à l'arrivée de l'aéroport parisien de Roissy, selon des sources aéroportuaires. 138 vols ont été annulés par anticipation et un avion pour Delhi a été supprimé "à chaud" vendredi matin.


A Orly, 20% des vols étaient annulés vendredi matin mais on s'attendait à des "annulations à chaud dans la journée, sur les moyen-courriers notamment". 
Pour la seule compagnie Air France, les annulations ont concerné jeudi 163 vols sur 516 programmés depuis ou vers l'aéroport de Roissy (32%), selon des sources aéroportuaires interrogées par l'AFP. A Orly, 59 vols ont été annulés sur 171 (35%).

Pour samediAir France prévoit d'assurer 80% de ses vols, un chiffre quasi stable par rapport à vendredi. Plus de 90% des vols long-courriers, plus de 70% des moyen-courriers à Roissy et plus de 80% des vols intérieurs seront maintenus, anticipe le transporteur qui fait état de 42% de grévistes, contre 36% annoncés pour vendredi.

Participation mitigée des personnels
La direction a comptabilisé 36% de grévistes mais les syndicats SNPNC-FO et l'Unsa-PNC, représentant près de la moitié du personnel navigant commercial (PNC), accusent la direction de «désinformer outrageusement» en minorant le taux de participation. Le mouvement «monte en puissance», préviennent-ils. «Nous savons tous que c'est au fil des jours que les effets de la grève s'amplifient», écrivent-ils à quelques heures du grand week-end de chassé-croisé entre juillettistes et aoûtiens.

Une grève "disproportionnée," selon le nouveau PDG
En grève jusqu'au 2 août, les PNC (personnel navigant commercial) protestent contre la reconduction pour 17 mois seulement de l'accord d'entreprise fixant ses règles de travail, de rémunération et en matière de déroulement de carrière. L'accord actuellement en vigueur arrive à son terme le 31 octobre. Les cinq syndicats qui appellent à la grève (SNPNC, Unsa, SNGAF, CFTC et SUD) jugent "insuffisante" la durée proposée.

Le nouveau PDG du groupe Air France-KLM Jean-Marc Janaillac est sorti de sa réserve jeudi pour dénoncer une "disproportion entre les conséquences économiques, financières et d'image pour Air France et le différend autour de la seule durée du texte proposé", un critère de  'disproportion' qui est habituellement appliqué aux déploiements de forces de police...
"L'idée qu'Air France pourrait disparaître reste encore étrangère à certains salariés" (...), déplore le nouveau PDG. Si on ne prend pas les bonnes décisions et si les équipes ne se mobilisent pas, il y a un fort risque de déclin, et on ne peut pas savoir où mène le déclin", affirme Jean-Marc Janaillac, à qui les syndicats n'accorde pas le temps de présenter son plan stratégique en novembre.

Les syndicats veulent des garanties pour leurs conditions de travail
Les syndicats estiment que la crainte d'une faillite de la compagnie tricolore n'est plus d'actualité, Air France ayant dégagé en 2015 ses premiers bénéfices depuis six ans. "Pourquoi, dans ces conditions, l'entreprise refuse-t-elle de garantir nos conditions de travail et de rémunération sur une période décente ?", demande l'intersyndicale SNPNC-Unsa. A l'automne, en cas d'échec persistant des négociations, la direction pourrait appliquer aux plus de 13.000 PNC d'Air France un texte rédigé unilatéralement, avec la réglementation internationale pour seule contrainte. 

Autre compagnie, autre grève : Aigle Azur, qui dessert l'Algérie, le Portugal, le Mali, la Chine et le Sénégal, devait annuler 20% de ses vols jeudi. Le SNPL appelle ses pilotes à déserter les cockpits, durant huit jours, pour forcer la direction à "négocier des conditions de travail compatibles avec un niveau acceptable de fatigue".

20 % de vols annulés samedi
Pour la quatrième journée, la grève des personnels navigant a entraîné l’annulation de 20 % des vols de la compagnie. Un chiffre qui devait rester stable dimanche, selon Le Monde qui se veut rassurant, mais avoue toutefois qu'il peut masquer "de possibles désagréments de dernière minute". "Une radicalisation récente", en quelque sorte... Dimanche, une amélioration est attendue à Roissy avec 80 % de moyens-courriers maintenus, contre 70 % samedi. Une prétendue amélioration puisque, à la vérité, huit moyens-courriers sur dix volaient déjà... La compagnie prévoit d'ailleurs un taux de grévistes de 41 % parmi le personnel navigant commercial (PNC).

Les syndicats mettent leur outil de travail en péril

Deux mois après la grève des pilotes [entamée le 11 juin, lors de l'Euro de football et dont les quatre premiers jours d’arrêt de travail avaient pesé 40 millions d’euros] et le préavis de grève de quatre jours -sans suite- des trois syndicats de pilotes, lSNPL, SPAF et Alter, pour la période du 24 au 27 juin, celle des hôtesses et stewards d’Air France fragilise, encore un peu plus, la compagnie déjà impactée par les attentats de Bruxelles et de Nice, mais aussi par une situation économique mondiale très incertaine, où la plupart des transporteurs aériens ont vu, ces derniers temps, leur recette unitaire chuter, ou du moins s’effriter.

Les syndicats d’hôtesses et stewards exigent des garanties salariales sur le long terme.
Non sans malveillance, cette grève instrumentalise le chassé-croisé estival et entend ignorer la crise qui impacte l'ensemble des Français, les tensions inter-communautaires extrêmes à Beaumont-sur-Oise et depuis les attentats islamistes de Nice à Saint-Etienne-du-Rouvray par des djihadistes français, les revendications catégorielles sont jugées difficilement acceptables en terme d’image pour la compagnie et surtout malvenues, voire injustifiée.

Annoncé le 5 avril 2016, le malencontreux changement de PDG - Alexandre de Juniac était devenu "le bouc émissaire" du SNPL (syndicat dominant de pilotes de ligne) - est une faute dont les syndicats profitent pour cueillir le nouveau -venu de la RATP et de la SNCF- alors qu'il prend ses marques, avant d’entamer des négociations avec les différentes catégories de personnels. 

Donner du temps au temps, sans verrouiller, sur plusieurs années des accords collectifs sur les conditions de travail et de rémunération. La méthode a été comprise par les pilotes, mais rejetée par les hôtesses et stewards. Le courant ne passe pas avec les PNC, notamment depuis un vol de contact et de présentation sur Bogota, il y a une dizaine de jours.  Les syndicats d’hôtesses et stewards attendaient des garanties, sur cinq ans et non sur 17 mois, jusqu’en mars 2018, ce qui les conduit après la présidentielle, d’où une crainte des PNC. L’opinion publique jugera de la validité de ce mouvement de grève.

Une opposition syndicale tournante chez Air France
Le problème d’Air France est depuis longtemps ailleurs. Ce sont des pressions politiques entretenues par la gauche aussi bien en interne qu’en externe. Comme chez les pilotes, les personnels au sol, ou la maintenance, les syndicats cherchent à prendre le manche de la compagnie et entretiennent un climat de ras le bol général sur fond de communication, de non reconnaissance et de co-gestion du groupe.
Suite à une culture syndicale très spécifique, Air France co-habite très mal avec KLM et TRANSAVIA pour le court-moyen-courrier. KLM en profite pour redécoller en terme de rentabilité. Et discrètement, la compagnie à bas coûts Norwegian vient d'inaugurer son premier vol Transatlantique entre Paris et New York.

Air France sous le "coût" des syndicats: excuses et prise en charge des usagers par le contribuable

Le PDG d'Air France héberge et présente ses excuses aux otages des syndicats  

Le nouveau PDG d'Air France KLM juge le mouvement syndical "extrêmement regrettable et agressif".

Jean-Marc Janaillac, ce nouveau PDG, tacle son prédécesseur, promettant de consacrer son énergie à rétablir la confiance avec les syndicats. Trois semaines après sa prise de fonction à la tête de sa Société anonyme (SA où l'Etat est actionnaire à hauteur de 17,6% mais où il dispose de droits de vote doubles et souffle le froid et le chaud), Jean-Marc Janaillac doit faire face à une grève des hôtesses et stewards de la compagnie nationale
Le mouvement syndical a démarré le mercredi 27 et doit durer jusqu'au 2 août. Le nouveau PDG, qui assumait mercredi les résultats semestriels du groupe, a livréau journal Le Figaro son analyse de la grève le mercredi 27 juillet

Votre prise de pouvoir coïncide avec une grève des hôtesses et stewards. Comprenez-vous ce mouvement? 
Ce mouvement est extrêmement regrettable et agressif. D'abord par le choix de cette période de l'année qui est très importante économiquement pour Air France et symboliquement pour les vacances en famille de nos clients. Je veux leur présenter les excuses du Groupe et les assurer de la totale mobilisation des équipes pour limiter les désagréments. 
Cette grève est regrettable, ensuite, parce qu'il n'y a pas d'urgence: l'accord collectif des PNC [Personnel Navigant Commercial] s'achève le 31 octobre. 
Enfin par la disproportion entre les conséquences économiques, financières et d'image pour Air France et le différend autour de la seule durée du texte proposé. [Le conflit social de septembre 2014 avait coûté 500 millions d’euros.]

Après plusieurs mois de discussions, la direction d'Air France a proposé de reconduire l'accord actuel avec des modifications très marginales. Dès lors, déclencher une grève aussi longue dans ce calendrier paraît difficilement justifiable. Cette grève peut-elle faire replonger Air France dans le rouge? 
Elle aura un coût financier très élevé, ce qui ne peut que compliquer le travail qui reste à faire pour placer la compagnie dans un cycle de croissance rentable. D'autant que le second semestre 2016 s'annonce incertain voire volatile [sic]. 
Le marché est toujours sur-capacitaire ce qui met notre recette unitaire sous pression. Le contexte économique global est compliqué sur certaines destinations comme l'Amérique du Sud et le Royaume-Uni. Et la situation sécuritaire en Europe, plus particulièrement en France, pèse sur notre activité en provenance du Japon ou encore de la Chine mais aussi d'Amérique du Nord. 


Ce mouvement illustre aussi la défiance entre syndicat et direction... Il y a clairement un manque de confiance. Les syndicats prêtent à la direction des arrières pensées. Pour qu'il y ait dialogue, il faut une confiance réciproque. Je consacrerai toute mon énergie dans les semaines et mois qui viennent à rétablir
cette confiance.


A son troisième jour de grève, Air France prévoyait de maintenir "plus de 80%" de ses vols



Vendredi, à la veille d'un week-end noir marqué par le chassé-croisé de centaines de milliers de Français et d'étrangers, le troisième jour de grève des hôtesses et stewards d'Air France, la direction de la compagnie a précisé par communiqué que "30.000 passagers ont été touchés par la grève ce jour-là, jeudi,sur un total de 140.000"

La compagnie ajoutait qu'elle assurerait vendredi "plus de 90%" de ses vols longs-courriers et 85% de ses vols domestiques sur l'ensemble du réseau, ainsi que 75% des moyens-courriers à Roissy. Ses chiffres intègrent les vols opérés par la filiale domestique Hop! Air France, non concernée par la grève, a-t-on appris auprès du groupe aérien. 


Des annulations de dernière minute à prévoir ce vendredi 
Selon un premier bilan, la grève a provoqué l'annulation de 139 vols long et moyen-courriers au départ ou à l'arrivée de l'aéroport parisien de Roissy, selon des sources aéroportuaires. 138 vols ont été annulés par anticipation et un avion pour Delhi a été supprimé "à chaud" vendredi matin.

A Orly, 20% des vols étaient annulés vendredi matin mais on s'attendait à des "annulations à chaud dans la journée, sur les moyen-courriers notamment". 
Pour la seule compagnie Air France, les annulations ont concerné jeudi 163 vols sur 516 programmés depuis ou vers l'aéroport de Roissy (32%), selon des sources aéroportuaires interrogées par l'AFP. A Orly, 59 vols ont été annulés sur 171 (35%).

Pour samediAir France prévoit d'assurer 80% de ses vols, un chiffre quasi stable par rapport à vendredi. Plus de 90% des vols long-courriers, plus de 70% des moyen-courriers à Roissy et plus de 80% des vols intérieurs seront maintenus, anticipe le transporteur qui fait état de 42% de grévistes, contre 36% annoncés pour vendredi.

Participation mitigée des personnels
La direction a comptabilisé 36% de grévistes mais les syndicats SNPNC-FO et l'Unsa-PNC, représentant près de la moitié du personnel navigant commercial (PNC), accusent la direction de «désinformer outrageusement» en minorant le taux de participation. Le mouvement «monte en puissance», préviennent-ils. «Nous savons tous que c'est au fil des jours que les effets de la grève s'amplifient», écrivent-ils à quelques heures du grand week-end de chassé-croisé entre juillettistes et aoûtiens.

Une grève "disproportionnée," selon le nouveau PDG
En grève jusqu'au 2 août, les PNC (personnel navigant commercial) protestent contre la reconduction pour 17 mois seulement de l'accord d'entreprise fixant ses règles de travail, de rémunération et en matière de déroulement de carrière. L'accord actuellement en vigueur arrive à son terme le 31 octobre. Les cinq syndicats qui appellent à la grève (SNPNC, Unsa, SNGAF, CFTC et SUD) jugent "insuffisante" la durée proposée.

Le nouveau PDG du groupe Air France-KLM Jean-Marc Janaillac est sorti de sa réserve jeudi pour dénoncer une "disproportion entre les conséquences économiques, financières et d'image pour Air France et le différend autour de la seule durée du texte proposé", un critère de  'disproportion' qui est habituellement appliqué aux déploiements de forces de police...
"L'idée qu'Air France pourrait disparaître reste encore étrangère à certains salariés" (...), déplore le nouveau PDG. Si on ne prend pas les bonnes décisions et si les équipes ne se mobilisent pas, il y a un fort risque de déclin, et on ne peut pas savoir où mène le déclin", affirme Jean-Marc Janaillac, à qui les syndicats n'accorde pas le temps de présenter son plan stratégique en novembre.

Les syndicats veulent des garanties pour leurs conditions de travail
Les syndicats estiment que la crainte d'une faillite de la compagnie tricolore n'est plus d'actualité, Air France ayant dégagé en 2015 ses premiers bénéfices depuis six ans. "Pourquoi, dans ces conditions, l'entreprise refuse-t-elle de garantir nos conditions de travail et de rémunération sur une période décente ?", demande l'intersyndicale SNPNC-Unsa. A l'automne, en cas d'échec persistant des négociations, la direction pourrait appliquer aux plus de 13.000 PNC d'Air France un texte rédigé unilatéralement, avec la réglementation internationale pour seule contrainte. 

Autre compagnie, autre grève : Aigle Azur, qui dessert l'Algérie, le Portugal, le Mali, la Chine et le Sénégal, devait annuler 20% de ses vols jeudi. Le SNPL appelle ses pilotes à déserter les cockpits, durant huit jours, pour forcer la direction à "négocier des conditions de travail compatibles avec un niveau acceptable de fatigue".

20 % de vols annulés samedi
Pour la quatrième journée, la grève des personnels navigant a entraîné l’annulation de 20 % des vols de la compagnie. Un chiffre qui devait rester stable dimanche, selon Le Monde qui se veut rassurant, mais avoue toutefois qu'il peut masquer "de possibles désagréments de dernière minute". "Une radicalisation récente", en quelque sorte... Dimanche, une amélioration est attendue à Roissy avec 80 % de moyens-courriers maintenus, contre 70 % samedi. Une prétendue amélioration puisque, à la vérité, huit moyens-courriers sur dix volaient déjà... La compagnie prévoit d'ailleurs un taux de grévistes de 41 % parmi le personnel navigant commercial (PNC).

Les syndicats mettent leur outil de travail en péril

Deux mois après la grève des pilotes [entamée le 11 juin, lors de l'Euro de football et dont les quatre premiers jours d’arrêt de travail avaient pesé 40 millions d’euros] et le préavis de grève de quatre jours -sans suite- des trois syndicats de pilotes, lSNPL, SPAF et Alter, pour la période du 24 au 27 juin, celle des hôtesses et stewards d’Air France fragilise, encore un peu plus, la compagnie déjà impactée par les attentats de Bruxelles et de Nice, mais aussi par une situation économique mondiale très incertaine, où la plupart des transporteurs aériens ont vu, ces derniers temps, leur recette unitaire chuter, ou du moins s’effriter.

Les syndicats d’hôtesses et stewards exigent des garanties salariales sur le long terme.
Non sans malveillance, cette grève instrumentalise le chassé-croisé estival et entend ignorer la crise qui impacte l'ensemble des Français, les tensions inter-communautaires extrêmes à Beaumont-sur-Oise et depuis les attentats islamistes de Nice à Saint-Etienne-du-Rouvray par des djihadistes français, les revendications catégorielles sont jugées difficilement acceptables en terme d’image pour la compagnie et surtout malvenues, voire injustifiée.

Annoncé le 5 avril 2016, le malencontreux changement de PDG - Alexandre de Juniac était devenu "le bouc émissaire" du SNPL (syndicat dominant de pilotes de ligne) - est une faute dont les syndicats profitent pour cueillir le nouveau -venu de la RATP et de la SNCF- alors qu'il prend ses marques, avant d’entamer des négociations avec les différentes catégories de personnels. 

Donner du temps au temps, sans verrouiller, sur plusieurs années des accords collectifs sur les conditions de travail et de rémunération. La méthode a été comprise par les pilotes, mais rejetée par les hôtesses et stewards. Le courant ne passe pas avec les PNC, notamment depuis un vol de contact et de présentation sur Bogota, il y a une dizaine de jours.  Les syndicats d’hôtesses et stewards attendaient des garanties, sur cinq ans et non sur 17 mois, jusqu’en mars 2018, ce qui les conduit après la présidentielle, d’où une crainte des PNC. L’opinion publique jugera de la validité de ce mouvement de grève.

Une opposition syndicale tournante chez Air France
Le problème d’Air France est depuis longtemps ailleurs. Ce sont des pressions politiques entretenues par la gauche aussi bien en interne qu’en externe. Comme chez les pilotes, les personnels au sol, ou la maintenance, les syndicats cherchent à prendre le manche de la compagnie et entretiennent un climat de ras le bol général sur fond de communication, de non reconnaissance et de co-gestion du groupe.
Suite à une culture syndicale très spécifique, Air France co-habite très mal avec KLM et TRANSAVIA pour le court-moyen-courrier. KLM en profite pour redécoller en terme de rentabilité. Et discrètement, la compagnie à bas coûts Norwegian vient d'inaugurer son premier vol Transatlantique entre Paris et New York.

lundi 5 octobre 2015

Air France: des affrontements font 7 blessés, dont un grave

De violents affrontements se sont produits ce lundi matin lors d'un CCE chez Air France 
Ils ont fait sept blessés dont un grave, annonce la direction, ce lundi.
Pour Bernard Vivier, directeur de l'Institut supérieur du Travail [que les trotskistes de Mediapart estampillent "officine patronale issue de la collaboration et de l’anticommunisme"...], les relations sociales au sein d'Air France évoluent à rebours de celles des entreprises en France, où le dialogue progresse, à ce qu'il dit.
Evacuation de force du DRH 
d'Air France, avant lynchage
Le Figaro - La tournure violente qu'a pris ce lundi le conflit social chez Air France marque-t-elle une rupture dans les relations sociales de la compagnie?

Bernard Vivier. - Oui clairement. C'est une rupture chez Air France, où les relations sociales ont longtemps été «confortables» et où les conflits sociaux durs, comme celui que connaît la compagnie aujourd'hui, étaient rares. Les syndicats comme la direction valorisaient le statut, comme un cadre stabilisateur et protecteur. Le SNPL, syndicat majoritaire parmi les pilotes, était directement associé aux décisions de la direction dans une forme de cogestion de l'entreprise. L'exposition d'Air France à une concurrence exacerbée - notamment des compagnies à bas coût ou, à l'inverse, haut de gamme, venue des pays du Golfe - a fait voler ce modèle social en éclat, de même que l'unité des salariés de la compagnie.

Cette évolution va-t-elle à rebours de celle des relations sociales en France ces dernières années?

Oui. Les conflits sociaux qui se soldent par des voies de fait sont devenus rares ces dernières années [depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir et malgré la montée du chômage] au sein des entreprises - les mouvements de protestation des agriculteurs, des transporteurs ou encore des médecins obéissent à une logique complètement différente. Les derniers débordements notables remontent à janvier 2014, lorsque des salariés de Goodyear et des syndicalistes de la CGT avaient séquestré deux cadres de l'entreprise.


Les conflits sociaux diminuent heureusement à la fois en nombre et en intensité, parce que le dialogue social gagne en maturité dans l'Hexagone [?]. 35.000 accords ont été signés l'année dernière dans les entreprises françaises ! Les débordements observés chez Air France sont des modes de protestation plus caractéristiques du 20e siècle que du 21e siècle. Même si les entreprises du secteur des transports, soumises à une concurrence très rude et en phase de transformation, restent plus sujettes aux mouvements sociaux.

A qui profitent ces débordements?

Ni aux salariés ni aux syndicats. Ils se révèlent in fine rarement profitables. Les dernières élections chez Air France, qui se sont déroulées en mars après la plus longue grève qu'ait connue l'entreprise, montrent qu'une partie au moins des salariés d'Air France sont conscients que la négociation reste plus fructueuse que le conflit: le SNPL [Syndicat National des Pilotes de Ligne] a perdu six points, et la CGT a essuyé un revers, au profit des syndicats modérés, notamment la CFE-CGC. Ces derniers n'ont d'ailleurs pas manqué de se désolidariser des heurts qui ont eu lieu ce lundi matin. La stratégie du SNPL et des manifestants qui ont fait preuve de violence risque plutôt de se retourner contre eux...


Rapidement,
les séquences, filmées par l'AFP, sont reprises par nos voisins européens, comme le site du Telegraaf, premier journal des Pays-Bas, ainsi qu'Euronews, chaîne basée à Lyon, qui traduit la situation en une dizaine de langues, dont l'anglais, le russe ou le portugais. Vers 13h, la Belgique diffuse les images dans ses journaux, peu après avoir évoqué la situation dramatique dans le sud de la France, après des inondations ce week-end. Enfin, la BBC a permis une diffusion mondiale de la situation via son canal international, BBC World News.
A chaque fois, les mêmes scènes: Xavier Broseta (images 1 et 2) et Pierre Plissonnier (image 3), violemment pris à partie, après la confirmation de la possible suppression de 2.900 postes, des salariés forçant une grille d'entrée, des cris "à poil, à poil", "démission" et enfin, les deux cadres torses nus, chemises déchirées, évacués au dessus d'un grillage.

C'est le "dialogue social" apaisé ...

jeudi 1 octobre 2015

Opération survie à Air France

Air France-KLM a acté l'état de faiblesse d'Air France 

Le conseil d'administration d'Air France-KLM a validé le plan de réduction d'activité d'Air France

Réduction d'activité en 2016 puis en 2017. L'avenir d'Air France sera fixé le 5 octobre à partir des délibérations votées à l'unanimité ce mercredi par le conseil d'administration d'Air France-KLM, la maison-mère d'Air France et de KLM. Réunis à Amsterdam, les administrateurs ont accepté le plan alternatif proposé par le PDG d'Air France, après avoir constaté l'échec des négociations à Air France. "Le Conseil a pris acte de l'absence d'accord au 30 septembre 2015 dans les négociations entre la Direction d'Air France et les organisations représentatives des personnels navigants. Ceci survient malgré un dialogue ouvert depuis plusieurs mois et de nombreuses propositions formulées par la Direction d'Air France." 
"Face à l'impossibilité de signer des accords permettant au sein d'Air France la mise en œuvre de mesures de productivité conduisant à un retour à la profitabilité pérenne, les administrateurs considèrent indispensable de mettre en place un plan alternatif. Ils ont mandaté à l'unanimité la Direction d'Air France-KLM et d'Air France en ce sens". 
Un vote à l'unanimité signifie que les trois représentants socialistes de l'Etat et le représentant des pilotes d'Air France ont voté favorablement.

Le PDG 
prévoit une baisse de l'offre long-courrier de 10% d'ici à 2017 

Il s'accompagnera de suppressions massives de postes. L'objectif est de permettre de faire passer 80% des lignes long-courriers dans le vert d'ici à fin 2017, contre 50% aujourd'hui, et dégager un bénéfice d'exploitation de 740 millions d'euros.   

Son plan, 
"Garantir un avenir durable," comportant une réduction de l'activité d'Air France en 2016, puis 2017, afin de garantir les objectifs économiques et l'avenir de la compagnie, sera présenté lundi 5 octobre au Comité Central d'Entreprise d'Air France. 
"Comme l'a indiqué le Conseil d'administration qui a exprimé son soutien unanime, nous devons avancer dès aujourd'hui pour garantir un avenir durable aux activités du Groupe lui permettant de participer à la croissance du secteur," en s'appuyant sur ses activités les plus compétitives. 

"Nous tenons à réaffirmer notre détermination à faire d'Air France-KLM un des leaders dans la consolidation du secteur au niveau mondial," a déclaré Alexandre de Juniac, président-directeur général d'Air France-KLM.

"Une période difficile va s'ouvrir", prévient le chef des pilotes

Après l'échec des négociations entre les syndicats de pilotes et la direction mercredi, Gilles Laurent, pilote, directeur général en charge des opérations aériennes, estime dans un courrier envoyé aux pilotes de la compagnie que les efforts demandés "étaient supportables", notamment en comparaison du scénario qui s’annonce aujourd’hui. L'enclenchement - par force -  du plan B marque l'aube d' "une période de grande incertitude  pour la compagnie, et pour nous pilotes".

G. Laurent souligne que "malgré une entrée en négociation très tardive des organisations professionnelles, tout était encore possible il y a 10 jours", mais "qu'au fil de l'avancée des réunions, j'ai mesuré à quel point les enjeux cruciaux de cette négociation n'étaient pas intégrés de la même façon par les organisations professionnelles". 
 
Enorme défiance entre les représentants des syndicats (SNPL et Spaf) avec la direction
Gilles Laurent "invite chacun à s'interroger, honnêtement, sur la sienne" (défiance), lui le premier. "Ma conviction est que les objectifs fixés étaient atteignables. C'était une contribution importante mais réaliste. Bien sûr, j'ai conscience en tant que pilote, que les efforts demandés étaient conséquents et avaient des répercussions d'un point de vue professionnel, personnel et même familial. C'est aussi pour cette raison que les négociations portaient sur un ensemble de leviers, mais je persiste à penser que les efforts demandés étaient supportables, notamment en comparaison du scénario qui s'annonce aujourd'hui", écrit-il.
Et d'ajouter : "désormais, une autre partition va se jouer pour nous pilotes comme pour l'ensemble des catégories de personnel. Une période difficile va s'ouvrir".

Les syndicats s'accrochent à leurs  acquis contre les intérêts de l'entreprise. "Ce que l'on nous demandait constituait à mettre en place les pires conditions de travail en Europe", assure un syndicaliste.

Le plan B implique en effet les départs contraints de plus de 300 pilotes et, probablement, sur la remise à plat d'un certain nombre d'accords, notamment celui qui définit le périmètre de l'entreprise, lequel s'achève fin mars 2016.

La mise en oeuvre du plan B expose également les hôtesses et stewards à des licenciements. Le personnel au sol des escales les moins compétitives, comme Marseille, serait aussi frappé. Le plan de départs des autres personnels au sol se feront sur la base du volontariat. Les suppressions de postes pourraient s'élever à 3.300 sur quelques 30.000, mais 8.000 personnes, selon certains syndicats. Pour d'autres, il devrait avoisiner les 5.000 personnes.