POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est NPA. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est NPA. Afficher tous les articles

mercredi 31 juillet 2019

Mort de Steve Maia Caniço à Nantes : les oppositions réclament la vérité et la justice

Les élus de la majorité et sa presse se satisfont d'un rapport interne de police

Les circonstances de la mort du jeune fêtard restent confuses

Le corps en état de décomposition avancée retrouvé dans la Loire le 29 juillet est bien celui de Steve Maia Caniço, disparu dans la nuit du 21 au 22 juin, au cours d'une opération de police controversée le soir de la Fête de la musique
Les forces de l'ordre qui ont chargé sur le quai Wilson à Nantes, le soir de la Fête de la musique, ont-elles une part de responsabilité dans la mort de Steve, un jeune animateur périscolaire.

Une information judiciaire "contre X" pour "homicide involontaire" a été ouverte après que les analyses dentaires ont confirmé l’identité du corps retrouvé plus d’un mois après la disparition du jeune homme de 24 ans. Deux magistrats instructeurs vont être saisis pour rechercher d’éventuelles responsabilités pénales. 

Sans attendre leurs conclusions, le service interne d'inspection de la Police nationale et de la préfecture de police de Paris, l'IGPN, a rendu, mardi 30 juillet, un rapport publié dès le lendemain de la découverte du corps, le 29. Et il conclut que l'intervention policière, qui devait mettre un terme au rassemblement, "était justifiée et n'est pas apparue disproportionnée"

Voici dans le détail ce qu'il faut en retenir.

"Aucune charge" de la police, mais des affrontements

Selon le rapport de la police des polices, les violences survenues ce soir-là sur le quai Wilson se sont concentrées entre 4h31 et 4h52 du matin, après écoute des "échanges radio des policiers intervenus". Les forces de l'ordre tentent, à ce moment-là, de faire éteindre le dernier des "dix sound systems"installés à l'occasion de la Fête de la musique, mais se confrontent à la résistance des fêtards. C'est là que les premiers affrontements ont lieu. Le rapport insiste sur le nombre important de "voies de faits" survenus ce soir-là et pointe d"très nombreux projectiles en tout genre [jetés] sur les policiers".

En se fondant sur les vidéos collectées des événements de la nuit du 21 au 22 juin, le rapport de l'IGPN assure qu'"aucune charge [de la police] n'était mise en évidence". Le rapport fait néanmoins état du nombre de munitions utilisées par les forces de l'ordre : en vingt minutes, trente-trois grenades fumigènes, douze balles de défense et dix grenades de désencerclement ont été utilisées.

Le rapport pointe aussi le cas de quatre CRS blessés par les jets de projectiles. S'il "n'y a pas à remettre en cause l'intervention collective des forces de l'ordre", estime l'IGPN, le rapport précise toutefois qu'une autre enquête "spécifique" et "distincte" sera menée pour un "usage de la matraque sur une personne au sol pendant l'intervention""Des coups de matraque montrés par une vidéo sur une personne au sol pourraient constituer à l'égard de son auteur, non identifié pour le moment, un usage disproportionné de la force", est-il écrit.

8 à 14 chutes dans la Loire

Le télégramme de fin de mission, remis par la DDSSP à l'issue de l'intervention policière sur le quai Wilson, fait uniquement état de quatre personnes tombées à l'eau entre 3 heures et 5 heures du matin. Le rapport de l'IGPN tient cependant compte des déclarations des pompiers et de l'association Sécurité Nautique Atlantique, affrétée par la mairie de Nantes pour patrouiller dans la zone ce soir-là. "Durant cette nuit, entre huit et quatorze personnes sont tombées dans la Loire sans que l'on puisse être certain du décompte effectué par les sauveteurs", explique le rapport. La première personne a chuté à 3h34, soit une heure avant les affrontements. 
Entre 4h36 et 4h39, plusieurs appels signalent des personnes tombées dans la Loire. Le chef scaphandrier de la Sécurité Nautique Atlantique est ensuite informé "qu'une personne aurait coulé et deux autres auraient été à la dérive. [...] A 7h54, la police informait que la personne disparue avait été retrouvée dans la ville de Nantes"
Selon le rapport toujours, "aucune des personnes repêchées" ce soir-là n'a par ailleurs déclaré être tombée à l'eau du fait de l'action de la police. "La seule certitude étant que trois personnes étaient tombées préalablement à l'intervention des forces de l'ordre", ajoute l'IGPN.

La disparition de Steve Maia Caniço signalée au petit matin

"Les premières investigations confirment que l'intéressé était présent à proximité des lieux de l'opération de police", selon le rapport de l'IGPN. A 5h52 du matin, un jeune homme appelle le 17 pour faire état "de la disparition de son 'copain' sur l'île de Nantes", explique le rapport, qui poursuit : "Il s'était fait gazer vers 4h30 pas très loin du 'Warehouse' et il n'avait plus donné de nouvelles depuis".
Mais selon le document, "il ne peut être établi de lien entre l'intervention des forces de police [...] et la disparition de M. Steve Maia Caniço après 4 heures dans le même secteur"
Le rapport de l'IGPN cite, au sujet de Steve Maia Caniço, un télégramme de police du 23 juin 2019, qui relate la disparition du jeune homme : "Le téléphone de la personne disparue déclenchait un dernier relais téléphonique à 3h16, le 22 juin 2019", est-il noté.
"On ne peut pas dire que Steve serait tombé à l'eau du fait de l'intervention de la police. On ne peut pas dire qu'il est tombé en dehors de l'intervention non plus", estime un cadre de l'IGPN, cité par l'AFP, qui renvoie vers "l'enquête judiciaire".

L'organisation de la mairie critiquée

Dans ses observations, l'IGPN relève également que la mairie de Nantes "n'avait mandaté que deux agents d'une société privée de sécurité afin d'empêcher la foule attirée par les sound systems de tomber dans le fleuve proche" et qu'elle "avait fait positionner des barriérages le long d'une partie seulement du quai Wilson alors que les sound systems ont été installés jusqu'au bout du quai, ce qui a généré un risque pour le public".

Le rapport reconnaît néanmoins que c'est le fait d'avoir fait éteindre les neuf premiers sound systems qui a entraîné "un déplacement des fêtards vers le dernier de ces points d'émission de musique situé au bout du quai, en zone non couverte par des barriérages".


Le premier ministre lui-même demande que les responsabilités soient établies 

Le lendemain de la découverte du corps sur les lieux même de la charge de police, le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé les conclusions de l’enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) lors de sa conférence de presse en milieu d'après-midi, en présence muette du ministre contesté de l'Intérieur: selon ce service d'inspection des polices du ministère de l'Intérieur, "il ne peut être établi de lien entre l’intervention des forces de police et la disparition de M. Steve Maia Caniço". Edouard Philippe  a lui aussi pointé "des interrogations sur la préparation de cet événement" et a annoncé qu’il saisit l’inspection générale de l’administration (IGA), au motif que "le déroulement de cette soirée, l’enchaînement des faits restent confus". 
, le Premier ministre, Edouard Philippe,Il a ainsi annoncé saisir l'Inspection générale de l'administration, pour "faire toute la lumière" sur la mort de Steve Maia Caniço.

Pour nombre d'élus d'opposition tous partis confondus, la justice doit répondre aux nombreuses questions encore posées 

Quelques minutes après que l'identification du corps de Steve Maia Caniço après un mois de recherches infructueuses, alors que la dépouille n'a pas bougé, plusieurs élus d'opposition ont exprimé leur indignation sur les réseaux sociaux.
"Voilà ce qu’est devenu notre pays", a tonné Jean-Luc Mélenchon, chef LFI dans une publication Facebook ce mardi soir. "Un pouvoir qui ne contrôle plus la police parce qu’il l’a sollicitée pour des tâches dont il ne veut pas assumer la responsabilité politique".
"À présent je lis qu’on ne 'saurait établir de coïncidence' entre la disproportion de la charge de police et la mort de Steve. Ils nous diront ensuite, je suppose, qu’on ne peut établir de lien entre sa chute dans l’eau et sa noyade, non plus", a-t-il encore ironisé sur le réseau social.

C'est le député LFI de Seine-Saint-Denis qui a dans un premier temps eu une pensée pour la famille du défunt, avant d'exiger "la justice pour Steve." À l'antenne de BFMTV, il a détaillé sa pensée en assurant que l'IGPN ne va pas "régler la question" et Eric Coquerel a exigé l'ouverture d'une "commission d’enquête sur les circonstances de ce qui s’est passé ce soir-là".
"Pourquoi y a-t-il eu des charges, alors que les jeunes rappelaient aux policiers que la Loire était derrière eux? Pourquoi le préfet a laissé faire? Pourquoi en arrive-t-on à la mort d’un jeune pour 30 minutes de musique supplémentaire? La vérité doit être faite sur cette terrible affaire", a-t-il encore détaillé
Eric Coquerel
@ericcoquerel
Nous savons malheureusement maintenant où était Steve. A cette heure je m’associe à la détresse de sa famille et de ses proches. Mais viendra ensuite le temps d’exiger la justice pour Steve. #JusticePourSteve

Demande déposée le 17 juillet 

Eric Coquerel est rejoint par le député LFI de l'Ariège Michel Larive qui souligne que "nous devons vérité et justice à ses proches." En illustration de son message, ce dernier a également publié une proposition de résolution du 17 juillet passé, signée par Jean-Luc Mélenchon et l'ensemble des députés du parti d'extrême-gauche, qui réclamait déjà cette commission d'enquête.
Michel Larive
@Michel_Larive
On sait mntnt où était #Steve : mort dans la Loire. Avec mes collègues de #LFI, nous réclamons une commis° d'enquête s/ l'opérat° de maintien de l’ordre du 21/6 à Nantes. Nous devons vérité et justice à ses proches à qui j'exprime mes sincères condoléances http://www.assemblee-nationale.fr/15/propositions/pion2176.asp …

Cette proposition de commission d'enquête trouve un écho chez le porte-parole du PCF et ancien candidat à la dernière élection européenne, Ian Brossat. Ce mardi après-midi, après la prise de parole d'Edouard Philippe et ce dernier a estimé qu'"à nier l'évidence, on se (couvre) de honte"... Le candidat communiste à la Mairie de Paris souhaite que "toute la lumière soit faite sur ce qui s'est passé et qui restera, pour toujours, une honte."
Ian Brossat
@IanBrossat
Mourir à 24 ans, en France, un soir de Fête de la musique après une intervention policière.
Pensées pour la famille de Steve et pour ses proches.
Toute la lumière devra être faite sur ce qui s'est passé et qui restera, pour toujours, une honte. #justicepoursteve
5 367
Plusieurs personnalités politiques ont également réagi à l'instar de l'eurodéputé Yannick Jadot (EELV) qui a exigé que "la vérité et la justice s'imposent".
"Toute la lumière doit être faite rapidement (...) c'est indispensable pour nous toutes et tous, à Nantes et bien au-delà de notre ville, dans toute la France", a aussi demandé la maire socialiste de Nantes, Johanna Rolland.
Pour Ensemble!44, mouvement pour une alternative de gauche écologiste et solidaire (Les Alternatifs, Convergences et alternative FASE et Gauche anticapitaliste, avec trois députées: Autain, Fiat et Obono), "Steve est mort des suites de l'action insensée de la police contre des jeunes en train de finir de faire la fête de la musique" initiée par Jack Lang. 

Olivier Besancenot, président du NPA, a exprimé son indignation dans un tweet: "Steve est mort! Assez de violences policières et de mensonge d'État! Castaner dehors!", a écrit le révolutionnaire trotskiste.
Olivier Besancenot@olbesancenot
Steve est mort. Assez de violences policières et de mensonges d’État ! Castaner dehors !#JusticePourSteve https://npa2009.org/communique/steve-est-mort-assez-de-violences-policieres-et-de-mensonges-detat-castaner-dehors …
La droite n'est pas moins indignée que la gauche

Le prénom Steve écrit avec des bougies, au pied de la fontaine de la Place Royale à Nantes, le 30 juillet 2019.
"Personne ne devrait trouver la mort dans un tel événément", a observé mardi 30 juillet sur franceinfo le député LR Julien Aubert. Contrairement à ce qu'en dit Ouest France, la droite a exprimé sa compassion et réclamé des éclaircissements. 


Les Républicains veulent que les responsables rendent des comptes."Pourquoi on a laissé organiser ce type de festival en bordure de fleuve ?", a lancé Julien Aubert, invité également de franceinfo. Le député du Vaucluse, secrétaire général adjoint des LR et candidat à la présidence du parti, exige qu'une responsabilité soit "endossée". "On ne peut pas sortir de cette affaire, en disant que ce n'est de la faute de personne," a insisté le secrétaire général adjoint LR.
Et c'est la mairie de Nantes qui est visée.

Le RN considère que Christophe Castaner est "dépassé".
Du côté du Rassemblement national, le porte-parole du parti, Sébastien Chenu voit dans cette affaire un aveu de faiblesse du ministre de l'Intérieur? Christophe Castaner. "Nous voyons simplement que le ministre de l'Intérieur et sa stratégie, ou plutôt son absence de stratégie en ce qui concerne le maintien de l'ordre, que ce soit lors des manifestations de gilets jaunes ou pendant cette Fête de la musique (...) semblent complètement dépassés par les événements."
Et d'ajouter que le fait que, dans cette affaire, "le premier ministre s'engage à la transparence, c'est le minimum"...


Castaner fragilisé par son application obtuse des consignes de fermeté données par Macron

Corbière souligne que Castaner est "très silencieux" sur la mort de Steve Maia Caniço. 
Ce mardi 30 juillet, c'est Edouard Philippe qui,   a été envoyé en première ligne pour livrer les conclusions du rapport de l'IGPN, solennellement, depuis la cour de Matignon pendant que le ministre de l'Intérieur, renfrogné, l'écoutait au premier rang, sans dire un mot.
Le PS élargit le débat à la politique répressive du gouvernement.

"Je suis pour que nous puissions assurer la sécurité dans ce pays, mais
la sécurité, ça n'est pas la surenchère, ça n'est pas la répression aveugle, ça n'est pas l'utilisation de n'importe quel moyen", a critiqué sur BFMTV Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste qui réclame, comme LFI, une commission d'enquête parlementaire.

Le député a dénoncé une doctrine de maintien de l'ordre "effectivement flottante, pour ne pas dire inexistante", qui conduit à des "drames", avec par moments des "forces de l'ordre livrées à elles-mêmes", alors que, par le passé, "nous avons été un exemple pour le monde entier, les champions de maintien de l'ordre sans casse".
"Désormais la question qui se pose, c'est est-ce que si je laisse mes enfants aller dans une fête, ils pourront en revenir vivants, c'est quand même incroyable d'avoir cette question qui se pose aujourd'hui dans un pays comme le nôtre", a-t-il déploré.

"Nous devons interroger la doctrine de maintien de l'ordre dans notre pays", a affirmé de son côté Boris Vallaud, député des Landes et porte-parole du Parti socialiste. 
Et c'est Castaner, ministre de l'Intérieur, qui est ainsi projeté sur la sellette.

Pour Maître Cécile De Oliveira, l'avocate de la famille de Steve Maia Caniço, qui 
s'est exprimée après que le premier ministre a annoncé que le rapport de l'IGPN dédouane la police, sa mort devient "une affaire d'Etat" et il "faut continuer à enquêter".

dimanche 3 février 2019

Foulards rouges : qui est à l'origine du détournement parodique sur BFMTV ?

Castaner est-il l'auteur de l'infox annonçant 500.000 "foulards rouges" ?...

BFMTV a diffusé une vidéo toxique supposée rendre compte d'une manifestation de 'foulards rouges' (des pro-Macron honteux qui n'avouent que leur opposition aux violences en marge de mobilisations pacifiques).
Résultat de recherche d'images pour "500000 Foulards rouge"
Ce document n'est dû ni à BFMTV, ni aux Foulards rouges : alors ?
Parce qu'ils ne vérifient pas leurs sources (que par ailleurs ils protègent, notamment de la concurrence !), et qu'ils ont le jugement brouillé par leurs partis-pris , les journalistes macroniens de la chaîne privée - des pros !-  se sont fait rouler dans la farine.

Mais le ridicule n'a encore pas tué BFMTV ce dimanche 27 janvier. Il ne s’agit  même pas d’un montage grossier, mais en fait d'une attribution mensongère et grotesque destinée à faire rire. Cette vidéo n’a même rien à voir avec la France, puisqu'il s'agit d'une manif d'étudiants à Cagliari. C'est dire...
En voulant ridiculiser la presse, l'auteur ne s'y serait pas pris autrement et c'était justement son intention.

Les professionnels du décryptage ont bondi les yeux fermés sur l'occasion de magnifier la mobilisation des soutiens à Macron et sa bande. Ils se sont fait mystifier comme des bleus puisque les moqueurs ont collés des propos inventés de Christophe Castaner, plus énormes que ce qu'il peut produire dans son état normal à l'heure du pastis. Et là, il a dépassé son seuil d'incompétence depuis plusieurs semaines, n'en déplaise à l'auteur de ses prises de parole qui ne connaît pas plus d'une figure de rhétorique, celle qu'on croyait usée jusqu'à la corde par Hollande, l'anaphore (vous savez : "Moi, président de la République", répété ad nauseam)…
La video annonce le chiffre fantaisiste de 500.000 manifestants, preuve à l'appui, visuelle imparable, surtout vue du haut d'un immeuble et non pas à hauteur de tête. Las, les images montrent quelques pelés et un tondu, de ceux qui ne diffèrent pas en Sardaigne et en France.

Ainsi, la préfecture se serait emmêlée les boules de son boulier - une première ?- en comptant autour de 10.000. Dans les dizaines de milliers de partages et commentaires, de nombreux internautes jouent le jeu, dénonçant une presse hors sol et une "propagande merdiatique toujours plus absurde" ou la "corruption des media" qui reprend servilement une "manipulation" du ministre de l’Intérieur. 
Seuls les amateurs ont repéré la supercherie, les internautes, à la différence de la fine fleur de la chaîne du franco-israelo-libanais Patrick Drahi, cinquième homme le plus riche de France et détenteur de plusieurs organes de presse, dont Libération, L'Express, en plus de BFM TV et RMC. Cette élite contemptrice de twittos se donnera l'excuse de travailler en temps réel, la tête dans le guidon..., juste un peu soucieuse de buzzer avant l'autre, sans aucunrespect des "gens" auxquels ils prétendent expliquer la vie.

Il aurait suffi de visionner le document avant de le balancer...
S’il est difficile de savoir qui est à l’origine de cette vidéo (une des premières occurrences qu’on trouve sur Facebook remonte à dimanche en début d’après midi), elle est devenue virale après avoir été partagée quelques minutes plus tard par une page Facebook intitulée "Info Libre" et qui a pour titre : "Vouloir Savoir - Oser Dire". Plutôt populaire (elle compte près de 300.000 abonnés et plus de 500.000 vues de plusieurs de ses publications récentes), elle se présente comme une "source d’information alternative libre et indépendante de France" avec pour devise : "A l’ère de l’information, l’ignorance est un choix… et l’indifférence est un crime !" 
Aucune information n’est donnée sur ses auteurs et aucun lien avec un site Internet en particulier n'est fourni (même si elle porte le même nom que ce site, qui n’est plus alimenté depuis 10 ans). Tout juste sait-on que deux personnes l’administrent depuis la France, puisque Facebook donne (depuis peu) accès à ces informations. Clairement, ces deux hommes ne sont pas protégés par des syndicats, ni par des chartes de déontologie faites pour être impunément violées, ni par la solidarité de la profession, quoi qu'il arrive, quelque soit les turpitudes de la profession. Ils doivent se dissimuler pour ne pas disparaître au nom de la liberté de la presse politiquement correcte et subventionnée (tel est le cas du JDD (groupe Lagardère : édition, Elle ou Paris Match et Europe 1) ou des Echos (pôle media de LVMH, famille Arnault : champagne, Cognac, Dior, Kenzo ou Bulgari et Le Parisien, etc) 

Son logo a été emprunté au site d’information espagnol de gauche Infolibre (qui dispose d’un partenariat avec Mediapart, site révolutionnaire trotskiste). La bannière de la page renvoie vers un collectif de "médias libres" (la Coordination permanente des médias libres, CPML) qui regroupe plusieurs media indépendants proches de la gauche et de la gauche extrême comme Acrimed, Politis, Fakir ou Reporterre. Mais la page Facebook "Info Libre" ne semble pas en faire partie puisqu’elle n’est jamais citée sur le site de la CPML.

Alors que publie cette page ? 
Ces derniers jours, les publications sont variées, entre contenus d’information (inspirés de plusieurs media), appels à la grève et montages humoristiques, par exemple. Quasiment toutes les publications ont un point commun : elles sont pro-gilets jaunes et anti-Macron, ce qui change de la presse institutionnelle et pareillement partisane. 
Et pour viser le président de la république, la page Facebook se montre trans-partisane : elle pioche aussi bien dans des contenus publiés par Le Media, émanation de La France Insoumise, comme avec cette interview de la sociologue d'extrême gauche Monique Pinçon-Charlot, que de ceux publiés par TV Libertés, webTV d’extrême droite qui recevait récemment l’ancien du FN Jean-Yves Le Gallou. Un trait d'union entre les oppositions à Macron sans idéologie sectaire, qui est tenue depuis le début du mouvement trans-partisan des Gilets jaunes.

Maduro, ça va, mais Salvini, "ça fout des frissons"...

Avant l'éruption sociale incarnée par les Gilets jaunes, la page Facebook avait au contraire une ligne très claire.
Quelques années en arrière, il apparaît  que la page pouvait aussi bien défendre une ligne politique proche de l’extrême droite identitaire. En 2017, la page Facebook qualifiait ainsi la députée insoumise Danièle Obono de "cosmopolite […] prioritaire pour la ré-émigration" (une réaction que son comportement urticant pouvait en partie expliquer). La page multipliait à l’époque les contenus anti-migrants ou ouvertement islamophobes, ce qui ne devrait pas être une hérésie dans une authentique démocratie, et partageait les vidéos de figures de l’extrême droite comme les Youtubeurs Aldo Sterone (pseudo d'un Algérien vivant à Londres et critique du gouvernement français et de l’islam prosélyte), aussi bien que Paul Joseph Watson, un Britannique irrité par l'internationalisme. 

Les camarades de Mediapart "Info Libre" partagent également régulièrement des contenus qualifiés de complotistes, comme une vidéo qui prétend que l’attentat de Nice du 14 juillet 2016 ferait "partie d’un rituel sacrificiel". Ce n'est pourtant pas une création de l'esprit de dire que l'Etat islamique exhorte ses partisans kamikazes à faucher les piétons au moyen de camions dans les rues bondées : on l'a vu à Londres, Strasbourg ou Nice. 
Comparer les photos et voir
quelle exploitation en est faite par le NPA
Depuis la création de la page, un autre sujet revient systématiquement : Vladimir Poutine, présenté sous un jour favorable, ce qui contraste avec la diabolisation dont il est l'objet en France, comme Trump (Parti républicain) qui a pour tache originelle d'avoir écarté Hillary Clinton (Démocrate). Ni Le New York Times, ni le Washington Post ne s'en est remis : tous deux lui vouent une haine tenace, dupliquée par la presse sous anesthésie profonde du "politiquement correct".

Ainsi, en novembre dernier, juste avant l’acte 1 de la mobilisation populaire aux ronds-points, pour la défense du pouvoir d'achat, la page Facebook partageait en revanche une vidéo du ministère de l’Intérieur nationaliste Salvini démocratiquement désigné par les électeurs, avec pour commentaire "ça fout des frissons". Quelques jours plus tôt, elle prenait le parti des abandonnés de la macronie, en dénonçant le fait que Macron cherche à donner "plus pour les migrants, moins pour nos retraités", un raccourci saisissant destiné à éveiller les consciences. Dans le même temps, la page pointait également les contenus ouvertement hostiles à Jean-Luc Mélenchon et à la France Insoumise


Une preuve un peu légère, en fait, si on songe qu'en 2018, l'association anti-corruption Anticor - qui ne peut être accusée d'extrémisme droitier ! - a "déposé une plainte contre X visant les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon. (Le 8 juin, une autre association, le Front républicain d’intervention contre la corruption (Fricc), a annoncé son intention de porter plainte, auprès du Parquet de Paris, pour "financement illégal de campagne électorale", visant Emmanuel Macron. Sait-on ce qu'il est advenu ?)

Avant de publier ces contenus, la page avait toutefois adopté encore un autre ton : les premières vidéos partagées, qui avaient rencontrés un franc succès, portaient sur la souffrance animale ou les ravages de la pollution.

En somme, cette page aborde tous les sujets avec un oeil critique qui dérange les media institutionnels et leurs inspirateurs, réussissant ainsi à se mettre tout le monde à dos. Les déviants n'ont pas bonne presse...

Acte XII : des Gilets jaunes pacifiques par milliers contre les violences policières sur ordre de Castaner

Plus de 60.000 manifestants ont encore défilé en France contre les violences ordonnées par le ministre de l'Intérieur

58.600 Gilets jaunes" ont défilé dans le pays, ce samedi, selon le ministère de l’Intérieur

Patrick Vignal (LaREM) aux gilets jaunes :
Au lendemain de la décision du Conseil d'Etat de maintenir l'usage des lanceurs de balle de défense (LBD) dans les manifestations, une "grande marche des blessés", en hommage aux victimes des violences policières sur ordre de Castaner s’est mise en route dans le calme vers midi à Paris, deux mois et demi après le début de ce mouvement  inédit de contestation sociale.

Parties de la place Félix-Eboué dans le XIIe arrondissement de Paris, plusieurs milliers de personnes ont d’abord rallié la place de la Bastille en milieu d’après-midi derrière un kaléidoscope de visages tuméfiés et des banderoles réclamant "l’interdiction" des grenades et des LBD. 10.500 ont participé au défilé, selon la Préfecture de police, contre 13.800, selon le cabinet Occurrence (qui se dit indépendant, ce que conteste Agoravox), un comptage rendu possible puisqu'un seul cortège était organisé dans la capitale, alors que les services du ministère de l'Intérieur peut les minorer les chiffres de participation partout ailleurs en France. 

Jérôme Rodrigues, après sa blessure samedi 26 janvier 2019.
Le cortège, dédié aux victimes de violences policières, a réservé un accueil de rock star au Gilet jaune  Jérôme Rodrigues, gravement blessé à l’œil droit, ci-contre, le 26 février, soit par un Flash-ball (LBD 40), soit par une grenade de désencerclement, ce que déterminera peut-être l'enquête de l'IGPN.
"Ce sont des blessures qui mutilent, qui détruisent des vies alors que nous sommes des pacifistes", a souligné Antonio, un des organisateurs de la marche, lui-même blessé par une grenade GLI-F4.

En pleine polémique sur les LBD 40 qui blessent et mutilent des manifestants, plusieurs dizaines de milliers de Gilets jaunes ont dénoncé ce samedi les violences policières à travers la France, lors d’un acte 12 pacifique, finalement de nouveau marqué par des heurts avec la police, principalement à Paris et Bordeaux.
Les chiffres officiels de participation concoctés par le ministère de l’Intérieur (58.600 personnes) permettent au gouvernement des comparaisons qui l'arrangent (69.000 la semaine dernière, pour l'acte XI) et de faire de la désinformation, mais ses estimations sont contestés par les Gilets jaunes. 

Provocations et heurts à Paris et Bordeaux

A Paris, des échauffourées ont éclaté peu après l'arrivée de la tête du cortège place de la République. Au moins 10 interpellations ont eu lieu, selon des chiffres communiqués par la préfecture de police de Paris.
Une centaine de manifestants vêtus de noir, masqués ou cagoulés et identifiés comme des "Black bloc" ont jeté des projectiles sur les forces de l'ordre stationnées à proximité, lesquelles ont riposté avec des gaz lacrymogènes, des charges et en utilisant un camion lanceur d'eau. 
Des Gilets jaunes ont dû chasser les "Black bloc" (activistes violents anticapitalistes, internationalistes et anarchistes) que la police de Castaner (un ex-membre des cabinets ministériels de Catherine Trautmann et de Michel Sapin, sous le gouvernement PS de Lionel Jospin.) avait laissé s'infiltrer dans le cortège, en sorte de  discréditer le mouvement social entier.
Quand le site "revolutionpermanente" livre sa version des faits, ça donne ça:

"Nous relatons ci-dessous, le compte rendu de la scène est très brutale. En plein interview, un homme habillé de noir, cagoulé, surgit et crie : « Pas de partis politiques ici, vous dégagez ! », avant que d’autres hommes, une vingtaine, eux aussi cagoulés et vêtus des Gilets Jaunes pour la plupart, se ruent sur le cortège du NPA pour l’attaquer à coups de poings et de pieds. Une agression clairement revendiqué par ces militants d’extrême-droite crient « Antifa ah ah. »

« Ils ont gueulé : « la bise à Clément », témoigne un manifestant [anonyme] interviewé par Révolution Permanente. Par cette référence à Clément Méric il s’agit clairement d’une allusion à , assassiné par un militant-d’extrême. Dans la vidéo, filmée en direct, on aperçoit un militant du NPA, le nez en sang, après avoir reçu des coups de poing de la part de plusieurs militants d’extrême-droite [la vidéo existe-t-elle ? Elle n'est pas produite : le 24 novembre 2014, le magazine Spécial Investigation de Canal+ diffuse un documentaire de Thierry Vincent, « Violences de l'extrême droite : Le retour ». Le film divulgue la vidéo, objet de controverses, et confirme ainsi qu'il est impossible d'en déduire de quelle façon s'est déroulée l'agression.]. Une agression clairement revendiquée par les militants d’extrême-droite [sic]. Outre les slogans « Bisous à Clément », assassiné par un militant d’extrême-droite, on peut entendre en partant les agresseurs dire « Antifa ah ah »." [Le procès en appel est en attente]
Trente-trois manifestants ont été interpellés dans la capitale, selon la Préfecture de Police, dont 21 personnes étaient à ce stade en garde à vue, a indiqué le Parquet de Paris.

L’un des activistes a été atteint au visage par un tir de LBD 40 et évacué par les pompiers, rapporte l’AFP. 
Louis Boyard, le président du syndicat lycéen UNL, a déclaré avoir été lui-même victime d’un tir de LBD au pied. "Tout le pied semble cassé", écrit-il sur Twitter, photo à l'appui.

Autre ville-cible du mécontentement social, Bordeaux, la ville de Juppé, a été de nouveau le théâtre d’incidents en fin de manifestation.
17 personnes ont été interpellées. Visées par toutes sortes de projectiles, les forces de l’ordre ont répliqué en faisant notamment usage de LBD 40, a constaté la presse.

A Nantes, ville de Jean-Marc Ayrault, deux policiers ont été blessés lors d’une mobilisation émaillée d’incidents et de dégradations. 
Un autre policier a été blessé et quatre personnes interpellées à Morlaix (Finistère). Peu avant le début d’une manifestation, Claudie 56 ans, saisonnière au chômage, l’œil bandé, expliquait être là pour "une vie meilleure, vivre et non survivre".

Dans l’Est, à Strasbourg et Nancydes affrontements ont eu lieu entre forces de l’ordre et Gilets jaunes et trente-deux personnes au total ont été interpellées.

A Toulouse, autre place forte du mouvement, plusieurs milliers de personnes ont défilé.

Des marches ont également eu lieu à Lille (1.400 personnes selon la police, 2.000 selon les organisateurs), Marseille (2.000 selon la police), Tours ou Lyon. Partout, les manifestants arboraient cache-oeil, bandages et faux sang.

A Rennes, Pascale est venue dénoncer l’usage des LBD, expliquant avoir vu un jeune perdre un œil lors "d’une manif contre la loi travail en 2016". "Ça aurait pu être moi", explique cette dame de 59 ans.

"Si moins d’incidents sont à déplorer, je condamne fermement les dégradations et violences qui ont été commises", a tweeté Castaner, le ministre de l’Intérieur, en soirée.
Pour cette gilet jaune,
Le risque de violences rend "nécessaire de permettre aux forces de l’ordre" de pouvoir y recourir," avait estimé vendredi le Conseil d’Etat, à la stupéfaction générale, à la suite d’une demande d’interdiction du LBD.
Castaner avait pourtant reconnu que cette arme -utilisée plus de 9.200 fois depuis le début de la contestation- pouvait "blesser", tout en en défendant l’utilisation "face aux émeutiers".

Forte mobilisation à Valence

Ce samedi, les manifestants avaient également appelé à se mobiliser en masse à Valence, où le président Emmanuel Macron s’était rendu la semaine dernière pour le grand débat national. Selon la préfecture, 18 personnes ont été interpellées à Valence et "une centaine d’armes blanches ou par destination" saisies. 

Dans la ville de la Drôme où les autorités et la presse avaient créé une psychose de la peur, des mesures de sécurité exceptionnelles avaient été prises, mais les quelque 5.400 manifestants ont défilé dans une ambiance bon enfant

Dans chaque ville où se rendra Macron, des Gilets jaunes prévoient d'organiser des contre-manifestations chaque week-end suivant ses meetings de campagne des Européennes, sous couvert de Grand débat national.

dimanche 20 janvier 2019

Gilets jaunes à Bordeaux : sans Juppé, la mobilisation serait-elle toujours aussi vive ?

Président de Bordeaux-Métropole et soutien de Macron, Juppé cristallise la colère des révolutionnaires  

Commencée dans le calme, la manifestation s’est tendue aux abords de l’hôtel de ville de Bordeaux, avant d’être dispersée par les CRS dans des nuages de gaz lacrymogènes.


Comme tous les week-ends depuis novembre à Bordeaux, les gilets jaunes se sont donné rendez-vous dès 13 heures place de la Bourse, sur les bords de la Garonne. Réunis sur le miroir d’eau, les manifestants profitèrent du soleil et entonnèrent une Marseillaise, avant que le cortège ne s’élance vers le quai Richelieu, en direction du centre-ville et de ses rues commerçantes. Aux rythmes des tambours battants, la foule convergea doucement vers la place de l’Hôtel de Ville. Les plus démonstratifs se trémoussaient dans une ambiance aux apparences bon-enfant. Pourtant, dans le ciel, un hélicoptère de la gendarmerie observait la manifestation.
L’affiche représentant Christophe Castaner est composée de photos de blessés 
durant les manifestations pour la défense du pouvoir d'achat

Ce chauffeur routier arbore une large pancarte sur laquelle on peut lire "Olivier, marié, 3 enfants et pompier volontaire". Le nom de cette victime des consignes sécuritaires de l'exécutif et du tir de LBD et de la grenade assourdissante est inscrit sur de nombreux panneaux. "Lorsque Castaner nous dit qu’il n’y a pas de violence policière, excusez-moi, mais ça me fait bien rire", affirme Daniel. 
En effet, les déclarations du ministre de l’Intérieur sont encore fraîches à la mémoire de nombreux mécontents. Au fil du cortège, on retrouve de nombreux slogans et affiches contre la BAC, la brigade anticriminalité, soupçonnée d’être responsable du tir de LBD contre le pompier volontaire lors du rassemblement du 12 janvier.

On n'est visiblement pas dans les "années 30"... 

Rue Sainte-Catherine, hyper-centre commerçant et piétonnier de la ville, les garçons de cafés rangent le mobilier de leur terrasse, pendant que des touristes profitent de la montée d'adrénaline. Badauds et habitants aux balcons sortent leur smartphone et immortalisent le défilé. "Ne nous regardez pas, rejoignez-nous !"leur crient en retour les Gilets jaunes. 
Arrivé place Pey-Berland, le défilé s’arrête. Le gros de la foule reste bloqué par les forces de police. Masqués et cagoulés, de nombreux 'Black Bloc' sortent alors des rangs et se dirigent vers la mairie, gardée par les CRS. Rompus aux techniques de 'guerre urbaine', les petits groupes mobiles allument des feux de poubelles, avant de se fondre dans la foule à nouveau, tandis que d’autres s’attaquent aux palissades de chantier qui protègent la tour Pey-Berland, et disparaissent.
La peste brune était rouge
Les faits démontrent que Macron a instrumentalisé l’Histoire de manière hasardeuse et inconsistante.
Par trois fois, l'exécutif a convoqué le passé pour établir des comparaisons aussi douteuses politiquement qu’erronées historiquement. Ce sera en outre Edouard
Philippe à Hanoï qui s'y est d'ailleurs livré à cet exercice de l’autoflagellation qui consiste à ériger en héros d’anciens adversaires de la France, tel aussi le FLN algérien. 


L'élément de langage suggéré par le président inspirera  d'autres lumières de son entourage.
 Ainsi, agitant à leurs tours la peur des "années 30", ce seront, le dernier week-end de novembre, l'improbable demi-ministre de l'Intérieur, Castaner qui a notamment dénoncé "une mobilisation de l'ultradroite" parmi les manifestants présents sur la célèbre avenue des Champs-Elysées, ou son garde-fou Nunez qui déraillera en assurant qu' "on a affaire à des séditieux, des factieux, qui sont des casseurs extrêmement violents". 

Il faut citer enfin le comble du crétinisme partisan en la personne du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, qui a quant à lui jugé dans un tweet que les violences et débordements survenus en marge des manifestations reflétaient "un seul visage, lâche, raciste, antisémite, putschiste" :


Autre exemple de grand corps malade au pouvoir, et non des moindres, le ministre des Comptes publics, l'immense Darmanin, qui a voulu opposer gilets jaunes et casseurs des Champs-Elysées et a évoqué ...la "peste brune"


Ces expressions se voulaient en effet une référence à la montée du nazisme dans les années 30 et à la présence de membres de l'ultra-droite dans les rangs les plus violents des manifestants. Les violences de Bordeaux signent en vérité la présence de groupes de Black bloc qui sont au contraire à l'extrême gauche, comme du NPA, parti révolutionnaire trotskiste. 

"Castaner est un irresponsable ! Il invente et en rajoute contre un 'péril jaune fluo' d'extrême droite pour seulement insulter le peuple en colère. Les vrais séditieux sont au gouvernement", a renchéri le député LFI de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière.

Quelques gilets jaunes sont montés sur le toit de l’entrée du parking souterrain et guettent l’avancée des CRS.
 
"On est complètement pris en étau", constate, désespéré, un retraité venu de Dax. Malgré la cohue, Hélène, militante révolutionnaire à Lutte ouvrière continue de distribuer ses tracts. Imperturbable. "On viendra tous les week-ends, jusqu’à ce que Macron daigne nous entendre, promet-elle. On s’appelle "Lutte ouvrière", pas "causerie ouvrière". Alors il va falloir se battre." 

Plusieurs fronts se forment, l’un près de la mairie, l’autre dans les rues piétonnes du centre : jets de pavés contre LBD, les affrontements de la fin d’après-midi sont violents.

Sous un déluge de grenades lacrymogènes, la place Pey-Berland se vida très rapidement de plusieurs milliers de personnes : face aux canons à eau, le cortège fut contraint de reculer. 
Mais, sous les applaudissements, Philippe Poutou s’écart des échauffourées pour rejoindre un petit groupe d’ouvriers de l’usine Ford de Blanquefort. Un des leurs tient dans sa main une balle de LBD. "Les gaz lacrymos ça va encore. C’est quand ils tirent au "Flash-Ball" que ça devient dangereux", déclare l’ouvrier syndicaliste et ancien candidat à la présidentielle. 

Sur la place, les CRS procèdent à des interpellations sous les lazzis des gilets jaunes obligés de fuir. Ce samedi, 49 personnes ont été interpellées par les forces de l’ordre.
Le jeudi 7 juin 2018, à l’occasion d’une réunion extraordinaire de son comité d’entreprise (CE), la direction de Ford (US) confirmait l’ouverture "d’une information consultation sur un projet de fermeture" de son site girondin, à Blanquefort, dès la fin juin 2018, précisant l’hypothèse du plan social. 
Débrayage à l'usine Ford de Blanquefort, le 5 mars 2018.
En décembre 2018, la brillante politique économique et sociale du  président n'éloigne pas la perspective d'une fermeture de Ford à Blanquefort: "Avec les millions que l’Etat a injecté, elle est déjà presque publique cette usine," commente le délégué syndical CGT...
L’idée serait de racheter provisoirement cette usine, afin de la revendre au repreneur qui s’est positionné, le groupe franco-belge Punch Powerglide. Ce dernier a présenté une offre qui reprendrait environ 400 salariés, sur les 850 que compte l’usine actuellement.
Alors que la nuit tombait, le gros de la manifestation se dispersa. Cours Pasteur et cours Victor-Hugo, des feux sporadiques furent allumés. Devant les voies du tramway, des casseurs, armés de marteaux et de pieds de biche, s’en prirent aux vitrines des banques non protégées. Face à cela, de nombreux gilets jaunes aidèrent les garçons de café à ranger leur terrasse pendant que les commerçants se dépêchaient de baisser leur rideau de fer. Les petits groupes restants se dirigèrent vers la place de la Bourse. Une centaine de gilets jaunes et de jeunes se rassemblèrent sur le miroir d’eau, là où la journée avait commencé. 
De leur enceinte portative jaillit la voix de Bob Marley : "Get up, stand up, stand up for your rights", 1980, (Lève-toi, dresse-toi, bats-toi pour tes droits, une chanson contre le racisme et l'oppression exercée sur les diverses ethnies issues d'Afrique ou en Afrique même; album 'Burnin' ', En flammes, qui inclut 'I shot the Sheriff') reprennent en chœur les manifestants. 
'I shot the Sheriff' de Jamaïcain Bob Marley est au coeur d'une polémique suscitée par BFMTV qui, le 13 décembre 2018, en diffusa un extrait en musique de fond, lors de son émission spéciale consacrée à la mort du terroriste islamiste Chérif Chekatt, auteur de l’attaque du 11 décembre 2018 à Strasbourg...
Le maire de Bordeaux a appelé Macron à plus de fermeté

Début décembre, Alain Juppé faisait déjà la leçon à Emmanuel Macron


"Le Président doit répondre concrètement à certaines attentes légitimes" a estimé l'ancien Premier ministre, le 9 décembre 2018. Au lendemain du quatrième weekend de mobilisation au cours duquel la ville de Bordeaux avait fait l'objet de nombreuses dégradations, le septuagénaire avait pris la parole lors d'un point presse organisé en compagnie du préfet du département, représentant du gouvernement en Gironde. Si, dans sa déclaration bien construite de pro, il a tenu à "rendre hommage aux forces de l'ordre qui ont été à la hauteur", l'ancien premier ministre des années 90 avait également déploré les scènes de "guérilla urbaine" par "200 à 300 casseurs en fin de défilé", affichant émotion et indignation.
Juppé revivait le douloureux souvenir de 1995
L'allocution du maire de la 5e ville de France (par l'aire urbaine, mais 9e par la commune) a rapidement pris une tournure politique, lorsqu'Alain Juppé a appelé Emmanuel Macron à s'adresser rapidement aux Français. "le Président doit répondre concrètement à certaines attentes légitimes", "mais les gilets jaunes responsables doivent cesser d'appeler à manifester, au risque de convoquer les casseurs à casser" a-t-il estimé.

"Les gilets jaunes et leurs revendications méritent la considération et il doit y avoir des mesures fortes. La surtaxation des carburants est réglée, mais le pouvoir d'achat doit également être abordé, tout comme la situation des salariés aux faibles revenus, la hausse de la CSG,...

Juppé revivait un précédent conflit social qui l'a durablement meurtri
L'acte 6 des Gilets jaunes, un retour aux «années 1930» ? C'est l'avis du gouvernement

La réaction de l'ancien premier ministre de Jacques Chirac est d'autant plus forte qu'en 1995, au moment du plan Juppé sur les retraites et la Sécurité sociale, le locataire de Matigon avait du faire face à une série de manifestations et de grèves d'une grande ampleur qui avait conduit à l'abandon du plan contesté.
Devenu très impopulaire, du fait aussi de l'affaire de son appartement et de celui de son fils Laurent (né en 1967, il est aujourd'hui producteur dans l'audiovisuel), un mois après son entrée en fonction, il dut quitter la tête du gouvernement après la défaite de la droite aux élections législatives de 1997, après avoir prononcé les mots qui caractérisent sa rigidité psychologique "Je suis droit dans mes bottes et je crois en la France". Il ne parvint jamais plus à revenir au pouvoir, ce qui le rendit vindicatif et le remplit de rancoeur.