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mardi 14 avril 2020

Castaner avoue mais n'assume pas le vol de masques à l'aéroport de Bâle-Mulhouse

Castaner reconnaît la réquisition de masques à l'aéroport de Bâle-Mulhouse
 
Le joueur de poker avait commencé par nier "toute réquisition ni par l'armée, ni par qui que ce soit"

https://img.aws.la-croix.com/2020/03/29/1301086702/Capture-ecran-video-transmise-compagnie-aerienne-Air-France-29-2020-montrant-cargaison-masques-medicaux-provenance-Chine-debarquee-Boeing-777-aeroport-Roissy-Charles-De-Gaulle_1_1399_782.jpg
Les "héros" approuvent-ils ces méthodes de voleurs ?
L'opération de piratage a été effectuée au détriment de commandes des collectivités localesà l'aéroport de Bâle-Mulhouse, soi-disant en raison de livraisons arrivées incomplètes de masques importés de Chine.

Interrogé au Sénat mercredi, lors des questions au gouvernement, Christophe Castaner avait affirmé qu'il n'y avait "pas eu de réquisition ni par l'armée ni par qui que ce soit", mais qu'il s'agissait "de fournir en priorité le personnel soignant de la région du Grand Est".

"Il n'est pas question qu'il y ait de guerre de masques entre les collectivités territoriales et l'Etat", avait-il ajouté.

Mais le ministre de l'Intérieur a fini par avouer !

Des millions de masques importés de Chine ont bien été réquisitionnés par l'Etat à l'aéroport de Bâle-Mulhouse... pour les affecter en priorité aux personnels de santé.
Marseille : Attaque d'un train de marchandises ! - FNCV Infos et ...
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a reconnu vendredi la réquisition par les services de l'Etat : un vol du gouvernement perpétré contre une collectivité locale.
"La manœuvre opérée a pris la forme d’une réquisition. Sur le fond, il s’agit d’une affectation prioritaire des masques organisée par l’Etat [totalitaire], au profit de ceux dont nous considérions qu'ils en avaient le plus besoin, a-t-il raconté après coup, plutôt que d'être, comme promis, "transparent": les personnels de santé", a argué le ministre dans une déclaration au quotidien régional L'Est Républicain, propriété du groupe EBRA, détenu par la Banque fédérative du Crédit mutuel (BFCM), une fédération de banques en forme de société anonyme. "L’Etat a donc bien priorisé la satisfaction des soignants et des malades, parmi les différents clients de ce fournisseur", a susurré le forban.
















Une réquisition "sans concertation" : méthode de voyous

Jeudi, L'Est Républicain s'était fait auxiliaire du gouvernement.
Le quotidien avait publié une photo de l'arrêté "portant réquisition de masques chirurgicaux dans le cadre de la gestion du Covid-19", signé du préfet du Haut-Rhin.

Mais une réquisition "sans concertation, ni même information préalable" 
de millions de masques sur le tarmac de l'aéroport de Bâle-Mulhouse à l'arrivée, la veille, d'un avion en provenance de Chine que la présidente socialiste de Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay, avait dénoncée lundi, trois jours plus tôt.

FILM 16: ATTAQUE du Fourgon postal (L') - EUR 214,50 | PicClick FREn fait, le même importateur avait pris deux commandes groupées, explique-t-on a posteriori: à la fois les commandes de l'Agence régionale de santé Grand Est, qui approvisionne les professionnels de santé, mais aussi de trois collectivités territoriales (Grand Est, Bourgogne Franche-Comté et  département des Bouches-du-Rhône).

Or, le nombre de masques livrés était inférieur à l'ensemble des commandes
puisque l'avion "contenait seulement 3,6 millions de masques - soit un volume inférieur au solde dû par l'importateur à l’État - qui ont été pris en charge par la préfecture de la zone de défense et de sécurité Est, avec le concours de moyens logistiques de l’armée de terre", avait tenté de se justifier la préfecture du Grand Est - soit dix départements - dans un communiqué lundi, au nom de Josette Chevalier, nommée mi-janvier 2020, à la suite de Jean-Luc Marx, en tant que préfète du Grand Est et du Bas-Rhin, après avoir exercé les mêmes fonctions, depuis mai 2018,... en Corse.

Castaner se désolidarise de sa subordonnée :
 
Je suis très fière d'être la première préfète de l'Essonne » - Le ...il qualifie d'"inopportune" la démarche de la préfète

Jeudi, lors d'une audition devant la mission parlementaire sur l'épidémie de Covid-19, Christophe Castaner avait fait valoir qu'il n'y avait "pas de mise en cause du choix (du préfet Josette Castaner, ci-contre), mais de la méthode" utilisée, qualifiée "d'inopportune" ! 
Il a affirmé avoir dit, en début de semaine, à l'ensemble des préfets lors d'une visioconférence, que "la méthode était inopportune et qu'il n'était pas question que cela se reproduise"...
"Nous aurions dû être plus prévenants avec les collectivités locales (...) Je m’en suis excusé car je sais que l’intention des préfets et de l’ARS était de faire au mieux", a-t-il réaffirmé vendredi, répondant à L'Est Républicain.

Un million de masques reçus en Bourgogne Franche-Comté
La région présidée par Laurent Wauquiez a annoncé vendredi avoir réceptionné un premier million de masques chirurgicaux sur les quatre millions commandés.
"Il s’agit d’une première livraison arrivée à Marseille, dont la majeure partie servira à équiper les Ehpad et les services de soins à domicile", a indiqué la région dans un communiqué.
Transportés jusqu'à Dijon par camion, les masques vont être distribués aux conseils départementaux de la région qui en assureront la répartition dans les établissements médico-sociaux, relaie l'AFP.

jeudi 2 avril 2020

Coronavirus : des masques commandés par la France vendus "sur le tarmac" au plus offrant

"En cash, sur le tarmac" chinois, révèle le destinataire français

Les Américains rachètent au prix fort des masques destinés à la France

https://www.bfmtv.com/i/0/0/b508b6/0744eea220e91b26f442b566fd.jpeg

Les acheteurs américains "payent trois ou quatre fois les commandes" françaises. 
Le président de la région Grand Est, Jean Rottner, a révélé que le rachat des masques commandés par la France a été négocié par les Américains sur le tarmac des aéroports chinois.
"C'est compliqué, on se bat 24 heures sur 24," explique Jean Rottner, mercredi 1er avril. "Sur le tarmac, les Américains sortent le cash et payent trois ou quatre fois les commandes que nous avons faites; donc il faut vraiment se battre. Et moi, j'ai été très heureux de voir arriver cet avion chez nous, hier soir", a-t-il expliqué au micro de RTL. Jean Rottner n’est pas le seul à avoir fait l’expérience de la difficulté à obtenir les masques commandés. 

Le président de la région PACA, Renaud Muselier, confirme cette pratique d'acheteurs américains. Lors d'une réunion entre les présidents de régions, "un président de région nous a expliqué que sa commande de masques lui avait été piquée sur l'aéroport même, par les Américains, qui ont payé trois fois le prix, en liquide. Mais je ne vous donnerai ni le nom de la région, ni le nombre de masques commandés", a-t-il rapporté à l'AFP.

La région PACA a dû ruser

Coronavirus : Un pont aérien avec la Chine pour acheminer des ...
"Doublés" - en fait "triplés" - par les Américains
Pour récupérer une commande de quatre millions de masques, prête depuis samedi, la région PACA a ainsi "finalement décidé de passer par le biais de Ceva, la filiale logistique de la CMA-CGM", une compagnie maritime d'affrètement française basée à Marseille et troisième plus grande compagnie maritime de transport de conteneurs au monde, a précisé Renaud Muselier. Cette société privée a plusieurs partenariats stratégiques, notamment avec des opérateurs portuaires chinois.
"Au moins, je suis sûr que personne ne va me les acheter sur le tarmac. Normalement, ils sont sur la route vers l'aéroport. Mais je reste d'une prudence de Sioux, c'est un parcours du combattant incroyable" d'un point de vue logistique, a-t-il constaté.

Cinq millions de masques pour le Grand-Est

Deux millions de masques chirurgicaux commandés par la région Grand Est à la Chine ont été livrés dans la nuit de mardi à mercredi à l'aéroport de Bâle-Mulhouse. Jean Rottner, lui-même médecin urgentiste, a en fait commandé au total cinq millions de masques, financés par le budget de la région.

Devançant le gouvernement de Macron jugé peu réactif et efficace, la Région Grand Est est ainsi la première région à recevoir sa propre commande de masques passée en complément de livraisons à venir de commandes nationales.

Pointé pour le manque de masques auquel doivent faire face la France et principalement les soignants et acteurs de l'approvisionnement des Français, Macron a encore promis mardi "l'indépendance pleine et entière" d'ici à la fin de l'année pour la production de masques, lors d'une visite dans une usine de fabrication en Anjou, sous hautes protections policière et sanitaire.

dimanche 3 février 2019

Foulards rouges : qui est à l'origine du détournement parodique sur BFMTV ?

Castaner est-il l'auteur de l'infox annonçant 500.000 "foulards rouges" ?...

BFMTV a diffusé une vidéo toxique supposée rendre compte d'une manifestation de 'foulards rouges' (des pro-Macron honteux qui n'avouent que leur opposition aux violences en marge de mobilisations pacifiques).
Résultat de recherche d'images pour "500000 Foulards rouge"
Ce document n'est dû ni à BFMTV, ni aux Foulards rouges : alors ?
Parce qu'ils ne vérifient pas leurs sources (que par ailleurs ils protègent, notamment de la concurrence !), et qu'ils ont le jugement brouillé par leurs partis-pris , les journalistes macroniens de la chaîne privée - des pros !-  se sont fait rouler dans la farine.

Mais le ridicule n'a encore pas tué BFMTV ce dimanche 27 janvier. Il ne s’agit  même pas d’un montage grossier, mais en fait d'une attribution mensongère et grotesque destinée à faire rire. Cette vidéo n’a même rien à voir avec la France, puisqu'il s'agit d'une manif d'étudiants à Cagliari. C'est dire...
En voulant ridiculiser la presse, l'auteur ne s'y serait pas pris autrement et c'était justement son intention.

Les professionnels du décryptage ont bondi les yeux fermés sur l'occasion de magnifier la mobilisation des soutiens à Macron et sa bande. Ils se sont fait mystifier comme des bleus puisque les moqueurs ont collés des propos inventés de Christophe Castaner, plus énormes que ce qu'il peut produire dans son état normal à l'heure du pastis. Et là, il a dépassé son seuil d'incompétence depuis plusieurs semaines, n'en déplaise à l'auteur de ses prises de parole qui ne connaît pas plus d'une figure de rhétorique, celle qu'on croyait usée jusqu'à la corde par Hollande, l'anaphore (vous savez : "Moi, président de la République", répété ad nauseam)…
La video annonce le chiffre fantaisiste de 500.000 manifestants, preuve à l'appui, visuelle imparable, surtout vue du haut d'un immeuble et non pas à hauteur de tête. Las, les images montrent quelques pelés et un tondu, de ceux qui ne diffèrent pas en Sardaigne et en France.

Ainsi, la préfecture se serait emmêlée les boules de son boulier - une première ?- en comptant autour de 10.000. Dans les dizaines de milliers de partages et commentaires, de nombreux internautes jouent le jeu, dénonçant une presse hors sol et une "propagande merdiatique toujours plus absurde" ou la "corruption des media" qui reprend servilement une "manipulation" du ministre de l’Intérieur. 
Seuls les amateurs ont repéré la supercherie, les internautes, à la différence de la fine fleur de la chaîne du franco-israelo-libanais Patrick Drahi, cinquième homme le plus riche de France et détenteur de plusieurs organes de presse, dont Libération, L'Express, en plus de BFM TV et RMC. Cette élite contemptrice de twittos se donnera l'excuse de travailler en temps réel, la tête dans le guidon..., juste un peu soucieuse de buzzer avant l'autre, sans aucunrespect des "gens" auxquels ils prétendent expliquer la vie.

Il aurait suffi de visionner le document avant de le balancer...
S’il est difficile de savoir qui est à l’origine de cette vidéo (une des premières occurrences qu’on trouve sur Facebook remonte à dimanche en début d’après midi), elle est devenue virale après avoir été partagée quelques minutes plus tard par une page Facebook intitulée "Info Libre" et qui a pour titre : "Vouloir Savoir - Oser Dire". Plutôt populaire (elle compte près de 300.000 abonnés et plus de 500.000 vues de plusieurs de ses publications récentes), elle se présente comme une "source d’information alternative libre et indépendante de France" avec pour devise : "A l’ère de l’information, l’ignorance est un choix… et l’indifférence est un crime !" 
Aucune information n’est donnée sur ses auteurs et aucun lien avec un site Internet en particulier n'est fourni (même si elle porte le même nom que ce site, qui n’est plus alimenté depuis 10 ans). Tout juste sait-on que deux personnes l’administrent depuis la France, puisque Facebook donne (depuis peu) accès à ces informations. Clairement, ces deux hommes ne sont pas protégés par des syndicats, ni par des chartes de déontologie faites pour être impunément violées, ni par la solidarité de la profession, quoi qu'il arrive, quelque soit les turpitudes de la profession. Ils doivent se dissimuler pour ne pas disparaître au nom de la liberté de la presse politiquement correcte et subventionnée (tel est le cas du JDD (groupe Lagardère : édition, Elle ou Paris Match et Europe 1) ou des Echos (pôle media de LVMH, famille Arnault : champagne, Cognac, Dior, Kenzo ou Bulgari et Le Parisien, etc) 

Son logo a été emprunté au site d’information espagnol de gauche Infolibre (qui dispose d’un partenariat avec Mediapart, site révolutionnaire trotskiste). La bannière de la page renvoie vers un collectif de "médias libres" (la Coordination permanente des médias libres, CPML) qui regroupe plusieurs media indépendants proches de la gauche et de la gauche extrême comme Acrimed, Politis, Fakir ou Reporterre. Mais la page Facebook "Info Libre" ne semble pas en faire partie puisqu’elle n’est jamais citée sur le site de la CPML.

Alors que publie cette page ? 
Ces derniers jours, les publications sont variées, entre contenus d’information (inspirés de plusieurs media), appels à la grève et montages humoristiques, par exemple. Quasiment toutes les publications ont un point commun : elles sont pro-gilets jaunes et anti-Macron, ce qui change de la presse institutionnelle et pareillement partisane. 
Et pour viser le président de la république, la page Facebook se montre trans-partisane : elle pioche aussi bien dans des contenus publiés par Le Media, émanation de La France Insoumise, comme avec cette interview de la sociologue d'extrême gauche Monique Pinçon-Charlot, que de ceux publiés par TV Libertés, webTV d’extrême droite qui recevait récemment l’ancien du FN Jean-Yves Le Gallou. Un trait d'union entre les oppositions à Macron sans idéologie sectaire, qui est tenue depuis le début du mouvement trans-partisan des Gilets jaunes.

Maduro, ça va, mais Salvini, "ça fout des frissons"...

Avant l'éruption sociale incarnée par les Gilets jaunes, la page Facebook avait au contraire une ligne très claire.
Quelques années en arrière, il apparaît  que la page pouvait aussi bien défendre une ligne politique proche de l’extrême droite identitaire. En 2017, la page Facebook qualifiait ainsi la députée insoumise Danièle Obono de "cosmopolite […] prioritaire pour la ré-émigration" (une réaction que son comportement urticant pouvait en partie expliquer). La page multipliait à l’époque les contenus anti-migrants ou ouvertement islamophobes, ce qui ne devrait pas être une hérésie dans une authentique démocratie, et partageait les vidéos de figures de l’extrême droite comme les Youtubeurs Aldo Sterone (pseudo d'un Algérien vivant à Londres et critique du gouvernement français et de l’islam prosélyte), aussi bien que Paul Joseph Watson, un Britannique irrité par l'internationalisme. 

Les camarades de Mediapart "Info Libre" partagent également régulièrement des contenus qualifiés de complotistes, comme une vidéo qui prétend que l’attentat de Nice du 14 juillet 2016 ferait "partie d’un rituel sacrificiel". Ce n'est pourtant pas une création de l'esprit de dire que l'Etat islamique exhorte ses partisans kamikazes à faucher les piétons au moyen de camions dans les rues bondées : on l'a vu à Londres, Strasbourg ou Nice. 
Comparer les photos et voir
quelle exploitation en est faite par le NPA
Depuis la création de la page, un autre sujet revient systématiquement : Vladimir Poutine, présenté sous un jour favorable, ce qui contraste avec la diabolisation dont il est l'objet en France, comme Trump (Parti républicain) qui a pour tache originelle d'avoir écarté Hillary Clinton (Démocrate). Ni Le New York Times, ni le Washington Post ne s'en est remis : tous deux lui vouent une haine tenace, dupliquée par la presse sous anesthésie profonde du "politiquement correct".

Ainsi, en novembre dernier, juste avant l’acte 1 de la mobilisation populaire aux ronds-points, pour la défense du pouvoir d'achat, la page Facebook partageait en revanche une vidéo du ministère de l’Intérieur nationaliste Salvini démocratiquement désigné par les électeurs, avec pour commentaire "ça fout des frissons". Quelques jours plus tôt, elle prenait le parti des abandonnés de la macronie, en dénonçant le fait que Macron cherche à donner "plus pour les migrants, moins pour nos retraités", un raccourci saisissant destiné à éveiller les consciences. Dans le même temps, la page pointait également les contenus ouvertement hostiles à Jean-Luc Mélenchon et à la France Insoumise


Une preuve un peu légère, en fait, si on songe qu'en 2018, l'association anti-corruption Anticor - qui ne peut être accusée d'extrémisme droitier ! - a "déposé une plainte contre X visant les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon. (Le 8 juin, une autre association, le Front républicain d’intervention contre la corruption (Fricc), a annoncé son intention de porter plainte, auprès du Parquet de Paris, pour "financement illégal de campagne électorale", visant Emmanuel Macron. Sait-on ce qu'il est advenu ?)

Avant de publier ces contenus, la page avait toutefois adopté encore un autre ton : les premières vidéos partagées, qui avaient rencontrés un franc succès, portaient sur la souffrance animale ou les ravages de la pollution.

En somme, cette page aborde tous les sujets avec un oeil critique qui dérange les media institutionnels et leurs inspirateurs, réussissant ainsi à se mettre tout le monde à dos. Les déviants n'ont pas bonne presse...

lundi 17 avril 2017

Présidentielle 2017: si les candidats ne sont guère inspirés, ils inspirent les créatifs du 'street art'

Le top 10 des affiches parodiques

La campagne présidentielle 2017 a produit son lot habituel d'affiches détournées

On relève des références aux grands classiques de Disney, à la BD ou aux jeux de mots et, le plus souvent, un bon slogan et un bon visuel. Comme pour les affiches officielles, les parodies qui fleurissent sur les panneaux d'affichage depuis quelques jours empruntent aux codes politiques pour mieux les détourner. Elles prêtent toutes à sourire et, pour certaines, font clairement référence à l'actualité. 
Jouez à associer le top 10 des affiches parodiques de cette campagne aux onze candidats en compétition. 

1. Juste Le Blanc

"Le vote juste, c'est le vote blanc, votez Juste Le Blanc". Qui n'a pas ri devant la mine déconfite de Jacques Villeret à l'énoncé de l'identité du personnage incarné par Francis Huster dans le cultissime 'Dîner de cons' ? On prend ici la même référence (qui marche avec tout), et on l'adapte à un propos très sérieux : la reconnaissance du vote blanc. C'est drôle et ça fonctionne.


Il n'a pas de prénom mais il aurait pourtant un programme... Qui cela peut-il être ?

2. Marion Cotillon

Un bon slogan, "La France festive", un bon candidat, Marion Cotillon, et un super visuel, parsemé de cotillon, ça donne le produit parfait du marketing.

3. La Petite Sirène

"En nage avec la Petite Sirène". Cruelle affiche que celle-ci pour le Parti socialiste puisque le hashtag est le même (#PS2017). Et on ne peut évidemment pas manquer l'allusion au surplace de Benoît Hamon, largué dans les sondages à moins de deux semaines de l'élection, et au mouvement En Marche! de Macron. 


4. Leodagan 

Si le langage fleuri de Leodagan, père du roi de Bretagne dans Kaamelott, fait souvent mouche dans la série, il en va de même sur les affiches ! Ce "Je peux vous proposer mon pied dans les noix" est une promesse qu'on le croit volontiers capable de tenir !

5 et 6. Pinocchio et Cendrillon

On vous laisse choisir pour l'ordre d'apparition dans le classement tant les deux se ressemblent. Préférez-vous Pinocchio et son "Jiminy Cricket n'a jamais été mon assistant parlementaire" ou Cendrillon et son "Ma robe et mes souliers m'ont été offerts par une amie" ? Inutile de préciser que les deux font références aux affaires Fillon...


7. Picsou

Faut-il encore croire en une redistribution équitable ? Picsou est affirmatif : non. "Pas de fausses promesses, je garderai tout pour moi", indique l'affiche. 

8. Grognon

On reste dans l'efficacité qui fait au moins décrocher un sourire avec ce schtroumpfissime "Moi j'aime pas les élections" de Grognon. S'il n'est pas élu, Schtroumpf Grognon pourra prétendre à un poste de ministre sous Juste Le Blanc... 

9. Cartman 

En reprenant le langage fleuri du petit Cartman de 'South Park', on obtient forcément une affiche dans l'air du temps : grossier, comme à la télé. Elle aurait toutefois bien mieux fonctionné si François Hollande avait eu le courage de se présenter. J'ai un bilan de m*rde et je vous emmerde"...

10. Kaa

Ce n'est pas le plus élaboré mais il fonctionne toujours : le regard de Kaa, le serpent du Livre de la jungle, est toujours aussi envoûtant. "Ayez confiaaaanceee, votez pour moaaaa". Nul besoin d'hologramme pour participer à ce jeu des sondeurs.  


Moins souriant...
Sur un tout autre sujet, mais en situation:
Voir illustration 5/6


dimanche 13 septembre 2015

Conte pour la jeunesse: neuf "migrants" syriens échouent sur une aire d'autoroute dans la Somme

Comment détourner un banal incident en fable politique

Un article  de presse à des fins éducatives, voire de propagande

Neuf migrants d’origine syrienne, trompés par un chauffeur routier, ont échoué dans la Somme. 
En s'introduisant furtivement à l'intérieur d'un poids lourd, ils pensaient arriver en... Angleterre, où des frères et des soeurs sont déjà installés, ce qui fait du monde... Mais, pris pour argent comptant, le récit qu'ils donnent de leur aventure  ne serait-il pas adapté à des fins de  prise en charge social sur les conseil des associations? A moins que ce ne soit de la propagande?

A Amiens cet après-midi-là, après avoir échoué le matin même près de Péronne, sur l’aire d’autoroute d’Assevillers, première de France en terme de fréquentation et de chiffre d'affaire, ces jeunes Syriens ont encore l’envie d’y croire en montant dans le train en direction de Calais. Pourtant, trois mois après leur départ d’Alep, en Syrie, c’est à Calais, dans cette fameuse 'jungle' où ils campent depuis quatre semaines, que ces jeunes âgés de 20 à 27 ans vont encore devoir patienter. Leur aventure s’est terminée au milieu des champs de betterave, aux abords de l’aire d’autoroute d’Assevillers, dans la Somme, sur l’A1.
Or,
à Alep en août 2012, les rebelles de l'armée syrienne libre avaient tenté de chasser le régime syrien pour prendre possession du nord de la Syrie. Une violente bataille opposant 8.000 attaquants rebelles aux 20.000 soldats des forces loyalistes. Cette ville est toujours en guerre. A quel camp les neufs garçons appartiennent-ils?   

Des passeurs malveillants sur les autoroutes de France ?

Ce mercredi matin, neuf hommes marchaient à travers champs en direction de la gare TGV Haute-Picardie, quand ils sont repérés par une patrouille de gendarmes qui engagent la discussion, alors qu’ils traversent le pôle d’activités de Haute-Picardie.
Nos Syriens ne parlent pas français, sauf Bawan, 20 ans, qui connaît quelques mots d’anglais usuel. Il raconte: " Nous avons fui notre pays il y a trois mois. Nous avons traversé la Turquie, la Grèce, la Macédoine, la Serbie, la Hongrie, l’Autriche et l’Allemagne, avant d’arriver en France le 28 juillet. Nous sommes partis à Calais car nous voulons aller en Angleterre. David Cameron a dit qu’il donnerait des papiers aux migrants comme nous". Hollande aussi, mais l'un est crédible et l'autre non...
Après un mois dans la 'Jungle' de Calais, ils ont cherché un passeur pour l'Angleterre. Ils disent avoir déjà déboursé 12.000 euros  chacun pour effectuer ce long voyage jusque Calais, mais cette somme est insuffisante pour traverser la Manche. Or, ils racontent qu'un chauffeur routier leur a proposé de les cacher dans la remorque de son camion contre 400 €, pour franchir le tunnel sous la manche. "Nous étions heureux; enfin, nous allions être libres", disent-ils au journaliste picard. 

Ces migrants se disent rackettés
Ils sont montés au fond de la remorque du camion, remplie de cartons et les détails imaginés ou authentiques abondent. "Certains des cartons étaient vides, nous nous sommes cachés dedans." Et tous disent qu'il faisait extrêmement chaud dans les véhicules empruntés et qu'ils n'avaient  pas à boire, mais, le sachant, aucun ne prend jamais les précautions élémentaires.  
Le camion a démarré et quand il s’est arrêté, le chauffeur est venu leur ouvrir les portes. Il est un peu plus de 19 heures mardi soir et les neuf migrants pensent être de l’autre côté de la Manche. Ils sont en fait sur le parking de l’aire d’Assevillers. "Le conducteur du camion est aussitôt parti. On a compris très vite que nous n’étions pas en Angleterre". Ils ont passé la nuit à proximité de l’aire, autour d’un petit feu pour se réchauffer, et quand ils ont appris qu’il y avait une gare à proximité, ils ont pris sa direction à pied. Sur la seule foi des déclarations migrants le Courrier Picard qualifie le routier de "malveillant".

Ils sont arrivés mercredi matin, vers 10 h 30, sous escorte des gendarmes. Après avoir tenté de négocier pour prendre un TGV pour Calais, c’est finalement à bord d’un bus de la SNCF que vers midi ils ont rejoint Amiens où Cazeneuve la Croix-Rouge était sur place pour proposer boissons et nourriture. Les neufs billets ont bien dû être pris en charge par quelqu'un... La mairie d'opposition ?

Un conte comme il en circule beaucoup

Sur le quai de la gare routière d’Amiens, 
Victor, un Amiénois de 30 ans "passé là par hasard" s’arrête pour proposer des cigarettes au groupe de clandestins. Le commentaire vertueux arrive: "Je suis touché, et je me sens coupable", aurait déclaré cet inconnu. 
La presse réaliste se complaît actuellement dans les détails édifiants. "Avant de reprendre le train pour Calais, c’est aussi auprès des bénévoles de la Croix-Rouge que ces neufs migrants trouveront un peu d’humanité."

Le gouvernement est "disponible", mais ce sont les associations qui assument. Dans le cadre de sa mission d’accueil d’urgence, l’association leur a offert un repas, une douche, mais aussi des vêtements. Les migrants, eux, sont surtout à la recherche de chaussures. 
Aro, 25 ans, semble même étonné par l’accueil qui leur est réservé, reprend le journaliste. "Les Français sont formidables", explique-t-il dans un anglais très approximatif. Bon, c'est un journaliste qui le dit et ils sont bien connus pour leur maîtrise des langues. Conscient de l'incohérence de la flatterie, le jeune homme retifie le tir:  "Je vais en Angleterre car c’est plus simple pour les papiers. Mais un jour, si dieu le veut, je reviendrai en France." 

Les origines sont désormais portées en bandoulière
Curieusement, les Français son absents de ce conte moral. Dans le local de la Croix-Rouge, Francisca, 73 ans, bénévole d’origine portugaise, donc a priori chrétienne, regarde le groupe de jeunes migrants avec une attention particulière. Il y a plus de 50 ans, elle quittait son pays pour fuir la dictature et la misère. "J’ai eu la chance d’être bien acceptée. Aujourd’hui, c’est à nous de faire un effort." L’heure du départ approche, celui des au revoir aussi. 
Dans le train pour Calais, montent trois agents de la police ferroviaire. "Sans lien avec la présence de migrants", nous assure l’un d’entre eux. Fauchés, les passagers n’ont pu s’acquitter de leur titre de transport. Une infraction qui devrait être jugée avec clémence par la SNCF, estime le journaliste qui "dans ce cas précis devrait faire preuve "d’humanité," commente-il encore. 

Les faits sont-ils authentiques? 
Nul ne l'aurait jamais su sans ce qui suit et qui lève le doute, tant la construction de l'article est scolaire et l'objectif prévisible. Visiblement, cette narration sensible de l'aventure fantasmée des neuf jeunes Syriens ne sert que de prétexte à une démonstration prévenue. La conclusion n'a en effet qu'un seul but: discriminer. 

Les villes picardes divisées 

Dans la Somme (LR), en fonction des possibilités d’accueil, des villes comme Abbeville (PS) ou Péronne (UDI) y sont favorables. Amiens (UDI) temporise.

Dans l’Aisne (UDI), refus fran du maire (LR) Xavier Bertrand, candidat à la présidentielle.

Dans l’Oise (LR), même position, sous réserve, à Beauvais (UMP), Compiègne (UMP, maire Philippe Marini) ou Chantilly, dont le maire Éric Woerth n'est pas cité: la population immigrée recensée dans la commune s'élève à 6,8 % de la population, chiffre nettement supérieur à la moyenne picarde - PS - de 4,8 %).

La presse joue un bien vilain rôle qui ne démontre en rien le respect du lecteur.

mardi 16 juin 2015

Sondage: les Français ont découvert la face cachée de Valls à Berlin

Pour sept Français sur dix, l'affaire du Falcon gouvernemental de Valls à Berlin est grave

Valls n'est pas sorti de l'affaire du jet de la République détourné pour la finale de Ligue des champions... en famille à Berlin

 "petit chat apeuré et haineux",
selon LR
68% estiment que le Premier ministre a détérioré son image, selon un sondage centré sur l'escapade du premier ministre à Berlin - dans un Falcon de la République - pour assister à la finale de la Ligue des champions avec deux de ses enfants, en prétextant une "rencontre de travail" qui était inscrite à son agenda le mercredi suivant à Paris.

Selon cette enquête Odoxa réalisée pour Le Parisien-Aujourd'hui en France, i-télé et CQFD, près d'une semaine après les faits, 33% des personnes interrogées considèrent l'affaire "grave" et 34% "assez grave". 11% ne la considèrent "pas grave du tout" et 21% "pas très grave" (1% ne se prononce pas).

L'image du Premier ministre irrémédiablement détériorée

A gauche, elle est jugée grave par près d'un sympathisant sur deux (48%), mais par seulement 30% des sympathisants du seul... Parti socialiste. Les sympathisants de droite considèrent en revanche massivement, à 80%, que ce voyage de Manuel Valls est une chose grave. La presse et les sondeurs semblent découvrir maintenant de quel côté se situe la moralité.

"Rembourser personnellement [sic] la prise en charge [très partielle] du voyage pour ses deux enfants, soit 2.500 euros", ne clôt pas la polémique pour une large majorité de Français (58%, contre 41%). Ce n'est d'ailleurs pas sa "décision", comme on peut le lire, mais la pression de l'opinion qui le pousse à apporter sa modeste contribution. Si c'est massivement le cas pour 71% des sympathisants de droite (contre 27%), ils sont encore 40% à gauche (contre 59%) à considérer que la polémique n'est pas close (dont 28% des sympathisants PS qui lui tiennent rigueur d'avoir planté le Congrès pour la satisfaction de ses menus plaisirs). Aux militants, Valls a clairement préféré son "équipe de coeur" et entretenir auprès du Barça la flamme catalane de ses fils.

Pour plus des deux tiers des personnes interrogées (68%), l'image que  Manuel Valls donne de lui-même s'est plutôt "détériorée, parce qu'il n'aurait jamais dû faire ce voyage", contre 31% d'un avis contraire. Plus d'un sympathisant de gauche sur deux, 52%, et 40% de ceux du PS, considèrent ainsi que l'image du Premier ministre s'est dégradée. C'est, sans surprise, également le cas de 83% des sympathisants de droite (contre 16%).

Sondage réalisé en ligne les 11 et 12 juin, auprès d'un échantillon de 1.011 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. 

vendredi 1 août 2014

Des œuvres "perdues" de l’Élysée retrouvées en vente sur eBay

Mediapart avait vendu la mèche sur son propre site

650 œuvres du Mobilier national ont été "perdues", mais pas pour tout le monde

L’inventaire de l'institution chargée de meubler les bâtiments officiels de la République a fait apparaître des pertes inattendues. On savait, depuis les révélations de Mediapart, que le mobilier de la République pouvait, parfois, subir les attaques de chiens présidentiels, comme ce fut le cas avec celui de François Mitterrand, mais on sait également aujourd’hui que les prédateurs à quatre pattes ne sont pas les seuls: il faut compter d'autres aux dents également longues.

Ce vendredi 1er août, Le Figaro nous apprend que certains objets ont été mis en vente sur Internet. Voici ce qu’écrit le quotidien :

De son côté, le ministère de l’Intérieur a repéré, sur eBay, des objets de la manufacture de Sèvres, issus de l’Élysée : un attaché militaire, en poste dans les années 1950, avait pris l’habitude de les offrir. Cinquante ans plus tard, des assiettes ont donc refait surface.
Selon le rapport annuel de la Cour des comptes, 32 œuvres des musées nationaux et 625 meubles du Mobilier national sont considérés comme "non vus", après les derniers inventaires effectués à l’Élysée entre 2007 et 2009.

"Sous la pression du ministère de la Culture, des plaintes sont désormais déposées en cas de disparition : elles sont même répertoriées sur son site dans un catalogue baptisé… Sherlock !", écrit encore Le Figaro.

Pas sûr que cela suffise. Comme le note le député PS René Dosière, "à l’Élysée, la gestion des entrées et des sorties est artisanale". Il ajoute :

Lorsqu’on dresse un inventaire, le Mobilier national n’a pas les mêmes chiffres que l’Élysée, qui n’a pas les mêmes chiffres que la Commission de récolement, liée au ministère de la Culture. Bref, c’est la pagaille.
Qui sont les indélicats?

Il aura fallu que Nicolas Sarkozy fasse détacher un conservateur du Mobilier national aux collections de l'Élysée et du fort de Brégançon. En principe, c'est lui et lui seul qui peut déplacer des meubles ou des objets. Il doit signaler la casse éventuelle, les besoins en réparation, etc. On sait que les meubles anciens, lorsqu'ils sont utilisés, sont fragiles. En dépit des précautions, il y a toujours des dégradations. La Cour rappelle d'ailleurs qu'il y a environ 500.000 euros de frais d'entretien et de restauration par an sur le mobilier des résidences présidentielles: une source de résorption du déficit public. Cela paraît beaucoup, mais en cas de besoin, tout est refait selon les règles de l'art, avec des matériaux spécifiques. Ce qui ne va pas, en revanche, c'est que, contrairement aux ministères ou aux ambassades, l'Élysée n'a pas de cadre juridique pour son mobilier.
Dans les ministères, les procédures sont très explicites: on ne peut pas emprunter ou rendre un meuble au Mobilier national selon ses désirs. Tout est fiché. D'ailleurs, si une disparition est constatée, des plaintes sont systématiquement déposées. 

Mais aucun meuble n'a été brisé à l'Elysée, dément le Mobilier national

Rue89 reconnaît que c'est le démenti "le plus surréaliste du moment". Il est vrai que ces quelques lignes ont de quoi faire sourire: le Mobilier National, prestigieuse institution qui a pour mission de meubler les bâtiments officiels de la République française, a précisé sur Facebook qu'aucun mobilier n'a été détruit lors d'une éventuelle scène de ménage entre François Hollande et sa concubine, Valérie Trierweiler, à l'Elysée.