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jeudi 2 avril 2020

Coronavirus : des masques commandés par la France vendus "sur le tarmac" au plus offrant

"En cash, sur le tarmac" chinois, révèle le destinataire français

Les Américains rachètent au prix fort des masques destinés à la France

https://www.bfmtv.com/i/0/0/b508b6/0744eea220e91b26f442b566fd.jpeg

Les acheteurs américains "payent trois ou quatre fois les commandes" françaises. 
Le président de la région Grand Est, Jean Rottner, a révélé que le rachat des masques commandés par la France a été négocié par les Américains sur le tarmac des aéroports chinois.
"C'est compliqué, on se bat 24 heures sur 24," explique Jean Rottner, mercredi 1er avril. "Sur le tarmac, les Américains sortent le cash et payent trois ou quatre fois les commandes que nous avons faites; donc il faut vraiment se battre. Et moi, j'ai été très heureux de voir arriver cet avion chez nous, hier soir", a-t-il expliqué au micro de RTL. Jean Rottner n’est pas le seul à avoir fait l’expérience de la difficulté à obtenir les masques commandés. 

Le président de la région PACA, Renaud Muselier, confirme cette pratique d'acheteurs américains. Lors d'une réunion entre les présidents de régions, "un président de région nous a expliqué que sa commande de masques lui avait été piquée sur l'aéroport même, par les Américains, qui ont payé trois fois le prix, en liquide. Mais je ne vous donnerai ni le nom de la région, ni le nombre de masques commandés", a-t-il rapporté à l'AFP.

La région PACA a dû ruser

Coronavirus : Un pont aérien avec la Chine pour acheminer des ...
"Doublés" - en fait "triplés" - par les Américains
Pour récupérer une commande de quatre millions de masques, prête depuis samedi, la région PACA a ainsi "finalement décidé de passer par le biais de Ceva, la filiale logistique de la CMA-CGM", une compagnie maritime d'affrètement française basée à Marseille et troisième plus grande compagnie maritime de transport de conteneurs au monde, a précisé Renaud Muselier. Cette société privée a plusieurs partenariats stratégiques, notamment avec des opérateurs portuaires chinois.
"Au moins, je suis sûr que personne ne va me les acheter sur le tarmac. Normalement, ils sont sur la route vers l'aéroport. Mais je reste d'une prudence de Sioux, c'est un parcours du combattant incroyable" d'un point de vue logistique, a-t-il constaté.

Cinq millions de masques pour le Grand-Est

Deux millions de masques chirurgicaux commandés par la région Grand Est à la Chine ont été livrés dans la nuit de mardi à mercredi à l'aéroport de Bâle-Mulhouse. Jean Rottner, lui-même médecin urgentiste, a en fait commandé au total cinq millions de masques, financés par le budget de la région.

Devançant le gouvernement de Macron jugé peu réactif et efficace, la Région Grand Est est ainsi la première région à recevoir sa propre commande de masques passée en complément de livraisons à venir de commandes nationales.

Pointé pour le manque de masques auquel doivent faire face la France et principalement les soignants et acteurs de l'approvisionnement des Français, Macron a encore promis mardi "l'indépendance pleine et entière" d'ici à la fin de l'année pour la production de masques, lors d'une visite dans une usine de fabrication en Anjou, sous hautes protections policière et sanitaire.

jeudi 14 février 2019

Le Parlement européen condamne les excès sécuritaires de Macron

Le Parlement européen condamne le "recours disproportionné à la force" contre les manifestants

En plein mouvement des Gilets jaunes, certains députés européens souhaitaient une condamnation de l’usage des lanceurs de balles de défense, ce que la majorité a finalement refusé

L'usage de lanceurs de balles de défense contre le peuple
plonge la France en état de guerre
 
En pleine crise sociale en France et en dépit des critiques insistantes contre les ordres aux forces de l’ordre de faire usage des lanceurs de balles de défense (LBD), jeudi 14 février, le Parlement européen a clairement condamné "le recours à des interventions violentes et disproportionnées par les autorités publiques lors de protestations et de manifestations pacifiques"

La résolution "sur le droit à manifester pacifiquement et l’usage proportionné de la force", qui n’a pas de caractère contraignant, a été votée par 438 députés européens, 78 autres se prononçant contre et 87 s’étant abstenus. 
Le texte, qui invite les Etats membres à "veiller à ce que le recours à la force par les services répressifs soit toujours légal, proportionné et nécessaire et qu’il ait lieu en ultime recours et à ce qu’il préserve la vie et l’intégrité physique des personnes", rappelle que "le recours aveugle à la force contre la foule est contraire au principe de proportionnalité".

Si elle ne cible pas un Etat membre en particulier, le débat animé auquel ont pris part plusieurs eurodéputés français est à l'évidence intervenu dans les circonstances sécuritaires exceptionnelles que subit la France depuis trois mois - sans rapport aucun avec les actions terroristes qu'elle a connues et menées depuis l'intérieur ou l'étranger, comme d'autre, telle l'Espagne, et la résolution est assortie d'un préambule voulu par le Parlement de Strasbourg.

La première version du texte, défendue par une coalition regroupant l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S&D), les Verts et la GUE (Gauche unitaire européenne), condamnait explicitement "le recours à certains types d’armes à létalité réduite par les forces de police contre des manifestants pacifiques, comme les projectiles à impact cinétique" – dont les LBD font partie – ainsi que "le recours aux gaz lacrymogènes", massivement utilisés par les forces de l’ordre françaises et qui font eux aussi débat
Elle demandait de rassembler "des preuves concernant le recours abusif, (...) les blessures et les décès ainsi que leurs causes" dus aux armes utilisées par les forces de l’ordre et enjoignait les Etats à "recourir à des pratiques alternatives qui ont déjà fait leurs preuves". Une désescalade à laquelle se refuse Macron.

La deuxième versionpar la droite européenne, a tendu à adoucir le texte. 
Mais celle-ci (réunie au sein du Parti populaire européen, PPE), majoritaire dans l’hémicycle, a obtenu que la résolution finale ne cible ni la France, ni l’Espagne, ni aucune autre capitale. Et le texte final ne mentionne plus les "armes à létalité réduite" ni leur éventuel "recours abusif".
Cette version de la résolution assure également son soutien à la police, "qui a compté elle aussi de nombreuses victimes dans ses rangs, travaille dans des conditions difficiles, compte tenu notamment de l’hostilité dont font preuve certains manifestants, mais également de la charge de travail excessive". Sachant toutefois que les forces de l'ordre ne sont pas extrêmement sollicitées entre deux samedis.

Après les modifications par le PPE, les Verts ont finalement voté contre la résolution, tandis que la GUE (groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique, GUE/NGL, de tendance socialiste, antilibérale, anticapitaliste, éco-socialiste ou communiste) s’est abstenue, tout comme les quelques élus du mouvement Génération.s de Benoît Hamon.

Le débat des eurodéputés a mis en évidence une "surenchère de violence"

Le débat, demandé par une coalition regroupant l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S&D), les Verts et la GUE (Gauche unitaire européenne), avait été lundi soir dominé en partie par la situation en France avec les manifestations des Gilets jaunes, même s’il fait référence à d’autres pays (Roumanie, Espagne, Hongrie, Grèce).

L’eurodéputé écologiste français Yannick Jadot a notamment dénoncé l’usage des LBD, qui a causé de nombreuses blessures graves (énucléation et fracture d'os faciaux, etc) et qui fait même débat au sein des forces de l’ordre
"Il n’y a qu’en France, en Pologne et en Grèce qu’il y a un usage sans limite de ces instruments qui (…), selon les équipes médicales, causent des blessures de guerre."

Les eurodéputés français de Génération.s (groupe S&D : Isabelle Thomas, ex-UNEF-ID, Guillaume Balas, proche des "frondeurs" Christian Paul, Laurent Baumel et Emmanuel Maurel, et Edouard Martin, syndicaliste CFDT médiatisé lors de la fermeture de l’usine ArcelorMittal, à Florange) mettent le président Macron en accusation: "le président de la République française doit entendre l’alerte du Parlement européen et revoir sa politique de maintien de l’ordre, qui conduit à une surenchère de violence"

"Je m’inquiète pour mon pays, je m’inquiète pour les libertés en France et je m’inquiète du basculement autoritaire du président Macron", a lancé Younous Omarjee, de La France insoumise (GUE) et ancien assistant parlementaire de Paul Vergès - fondateur du Parti communiste réunionnais - au Parlement européen.

L’ancien bras droit de Marine Le Pen, le président des Patriotes, Florian Philippot, s’est présenté dans l’hémicycle en gilet jaune, la main sur un œil pour symboliser les blessés au cours des manifestations, et a dénoncé "un pouvoir aux abois [qui] donne des ordres délirants, irresponsables, insensés contre sa propre population".

Pour le groupe PPE (Parti populaire européen, qui rassemble les partis de droite) Renaud Muselier, Les Républicains, a quant à lui comparé le président Emmanuel Macron à "Jupiter revenu sur terre", lui reprochant des concessions aux Gilets jaunes", "au détriment des règles budgétaires européennes". 

mardi 29 janvier 2019

"Gilets jaunes" : plainte d'un syndicat policier contre la cagnotte de Renaud Muselier

Ce syndicat de policier "patriote" est "proche de l’extrême droite", estime Renaud Muselier

L’affaire de la cagnotte de soutien aux forces de l’ordre devient une bataille juridique
Renaud Muselier lors de ses voeux à la presse à Marseille.
Le syndicat France Police-Policiers en colère a porté plainte contre Renaud Muselier, qui a lancé le 8 janvier dernier une cagnotte en ligne pour soutenir les forces de l’ordre. 

Michel Thooris, secrétaire général du syndicat, demande "le blocage des fonds auprès de Leetchi.com ou la saisie à titre conservatoire de ces dons", rapporte LCI, chaîne de télévision d'information en continu du groupe TF1 (Bouygues), à qui il a été donné accès à ce courrier.

Renaud Muselier, président LR de la région PACA, annonce porter plainte en retour pour diffamation et dénonciation calomnieuse


Des policiers manifestent place de la République à Paris, le 22 octobre 2016. (archives)
"Je n’ai aucunement l’intention de laisser les policiers blessés être pris en otage par un syndicat politisé", lance dans un communiqué de presse vengeur, Renaud Muselier, 59 ans. Petit-fils de vice-amiral des Forces françaises libres déporté à Dachau pour faits de résistance, il étiquette France Police-Policiers-en-colère "syndicat d’extrême droite." 


Ce nouveau syndicat se présente comme cinquième puissance syndicale du Ministère de l'Intérieur et première force d'opposition de la Police Nationale ! Syndicat 100% Indépendant, 100% Autonome, 100% Corporatiste, 100% Apolitique, 100% Patriote, 100% Contestataire !

Renaud Muselier se défend aussi, affirmant que "la transparence dans la répartition des fonds est absolue." La cagnotte a permis de récolter près d’1,5 million d’euros. Il y a quelques jours, le président LR de la "région Sud" (ex-Paca) s’était engagé à verser un million d’euros de cette cagnotte aux policiers blessés.
"Le reste ira directement dans les orphelinats des forces concernées, les policiers, les gendarmes, les sapeurs pompiers, les pompiers de Paris et les marins pompiers de Marseille pour qui j’ai une affection toute particulière", affirmait l’élu.

Mais le grand gagnant de cette cagnotte est Leetchi...

Une partie des fonds collectés va être reversée à Leetchi…
Pour tout dire, Leetchi, la plateforme créée en 2009 qui héberge cette cagnotte, fait partie d’un groupe du même nom, qui emploie désormais près de 80 salariés, et à chaque cagnotte, la société prélève une commission, sauf si l’argent est dépensé chez un de ses partenaires commerciaux, comme la Fnac ou ...Amazon. "Leetchi applique une tarification claire et transparente, affirme la société. Nous prenons un pourcentage qui dépend du montant de la cagnotte. Notre commission nous permet de couvrir les frais techniques et bancaires liés aux participations et au transfert d’argent vers le bénéficiaire et garantit la qualité et la sécurité du service que nous mettons en œuvre."Cette commission s’élève à 4 % si la cagnotte ne dépasse pas les 2.000 euros, 2.9 % pour les cagnottes entre 2.000 et 200.000 euros et 1.9 % pour les autres. Ainsi, en l’état actuel de la cagnotte, environ 27.547 euros de la cagnotte destinée aux forces de l’ordre seront reversés à la société Leetchi.

Un vrai pactole pour Leetchi, quand on sait que le montant de la cagnotte de Renaud Muselier, qui sera close dans une quinzaine de jours, dépasse d’ores et déjà les cagnottes records de 2018 enregistrées sur la plateforme. En mars dernier, près de 1.278.064 euros avaient été collectés à destination des cheminots, en restant ouverte environ cinq mois. "La cagnotte de soutien aux forces de l’ordre lancée par Renaud Muselier est une première pour Leetchi, tant en termes de montant que de rapidité des dons collectés", reconnaît d’ailleurs la plateforme.


dimanche 13 janvier 2019

Un Gilet jaune lance une cagnotte en soutien aux blessés dans la lutte pour le pouvoir d'achat

La presse intolérante a-t-elle fait la promotion de cette cagnotte-là ?

L'une des figures du mouvement des gilets jaunes a ouvert une cagnotte pour les manifestants blessés


Les routiers sont sympas : sur le modèle de la cagnotte à succès soutenant Christophe Dettinger, l'ex-boxeur qui se laissa gagner par la colère contre la violence policière sur la passerelle Léopold-Sédar-Senghor, le samedi 5 janvier, Eric Drouet a appelé mercredi aux dons pour les gilets jaunes blessés
"Cagnotte officielle pour les blessés gilets jaunes de France !! Sont invitées à participer toutes les personnes qui disent soutenir la cause des gilets jaunes plus particulièrement les personnes médiatiques [qui peuvent toujours reverser le montant de l'abattement fiscal de 7.650 euros dont ils jouissent], cela prouverait leur sincérité !!", a écrit sur Facebook le chauffeur routier controversé, singulièrement dans la presse gouvernementale, pour présenter cette cagnotte lancée en ligne, via la plateforme Paypal
Vers 17 heures ce mercredi, elle avait récolté près de 20.000 euros, soit 17.000 de plus qu'à midi. 
Eric Drouet vise le million d'euros mais, depuis deux jours, la presse boycotte cette cagnotte.

Affrontements politiques par cagnottes interposées

Cagnotte en faveur des blessés
des ronds-points et des samedis
Depuis lundi, soutiens et détracteurs des gilets jaunes s'affrontent par cagnottes interposées. Le succès de celle en faveur de Christophe Dettinger, poursuivi pour avoir agressé deux gendarmes à Paris, lors de l' "acte 8" du mouvement social pour la défense du pouvoir d'achat, samedi 5 janvier, a choqué le gouvernement et une partie de la classe politique, qui l'ont vivement dénoncée.
En moins de 48 heures, des internautes opposées à la répression policière décidée par le président Macron ont rassemblé plus de 117.000 euros, avant que la plateforme Leetchi ne soit contrainte de fermer la cagnotte...

Image associée
Il aura suffi d'une simple recommandation télévisuelle de Marlène Schiappa, sous-ministre en charge des femmes, auprès du premier ministre, un boxeur (ci-contre) Bien que la procédure soit légale, Leetchi décida finalement de geler la cagnotte et d'attribuer les fonds aux seuls frais d'avocats de Christophe Dettinger, alors que la description de la cagnotte spécifiait qu'elle reviendrait à l'intéressé et à sa famille. 
Objet officiel de la tirelire numérique : "soutenir sa famille et lui montrer la solidarité du peuple des gilets jaunes." Une rupture de contrat, mais aussi une absence de compassion de la secrétaire d'Etat aux femmes, une sectaire qui se mêle encore de ce qui ne la regarde pas et qui ne veut entendre parler ni de l'épouse de ce boxeur, ni de leurs enfants...
Pour l'avocat Régis de Castelnau, Leetchi "semble bien avoir commis le délit d’abus de confiance prévu et réprimé par l’article 314-1 du Code pénal." Dans un communiqué, l'entreprise affirme que la cagnotte destinée à couvrir les frais de justice de M. Dettinger était "légale", mais qu’elle avait été fermée en raison d’un montant suffisant atteint, conformément à ses clauses d'utilisation.
Mauvaise pioche : comme Fortuneo Banque, le propriétaire de Leetchi est le groupe Crédit Mutuel Arkéa (à hauteur de 86 % des parts de l'entreprise), un groupe de bancassurance coopératif et mutualiste composé de fédérations, dont le Crédit mutuel de Bretagne.
La start-up se justifie ainsi : "En aucune manière nous ne portons de jugement de valeur sur une thématique, une cause ou un projet et ne prenons nullement position. […] Leetchi s’engage à ce que les fonds collectés sur la cagnotte de soutien à Christophe Dettinger servent uniquement à financer les frais de justice conformément à nos CGU [conditions générales d’utilisation] et à la législation en vigueur. En effet, nos CGU proscrivent toute incitation à la haine ou à la violence. Compte tenu des actes reprochés à Christophe Dettinger, aucune autre utilisation de la cagnotte ne saurait être acceptée." Du Schiappa dans le texte ?

Leetchi se sacrifie pour Macron. 
Cette entreprise assure que sa commission est dégressive (?) en fonction du montant collecté : 4 % en dessous de 2.000 €; 2,9 % de 2.000€ à 200.000 €; 1,9 % au dessus de 200.000 €.

Pour justifier ce recours au motif d’incitation à la ...haine inscrit dans l’article 26 de ses CGU, Leetchi avance alors un argument étonnant : "En fait, on regarde aussi les commentaires situés sous la cagnotte, et qui sont pour certains violents", explique à CheckNews Benjamin Bianchet, directeur de Leetchi. Et non pas seulement, donc, le libellé de la cagnotte. Avis aux suivants : Leetchi modère les cagnottes. A sa guise et à celle du pouvoir.

En réaction, a été lancée une caisse de "soutien aux forces de l'ordre" par le président LR de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Renaud Muselier a récolté plus de 100.000 euros en quelques heures mardi. Toujours ouverte, ses dons atteignaient plus de 188.000 euros, mercredi en fin d'après-midi.
Nouveau deux poids-deux mesures de l'exécutif qui discrimine les Français.

jeudi 27 septembre 2018

Les Régions lancent “l'appel de Marseille” pour plus de libertés locales

Un appel à Marseille, ville symbole de la décentralisation initiée par le socialiste Defferre

1.100 élus départementaux, régionaux ou locaux réclament plus d'autonomie

Martine Vassal, au centre,
présidente de la Métropole
Ils sont rassemblés au palais du Pharo depuis le mercredi 26 septembre au soir et pendant deux jours. Maires, présidents de région, ou présidents de conseils départementaux et tous s'opposent à la re-centralisation en coursIl souhaitent par exemple être en mesure de réfléchir localement à la politique énergétique ou à la politique du logement ou encore à l'apprentissage dont ils ont la responsabilité.

Image associée"Ce n’est pas un combat pour avoir des petits budgets," a expliqué Renaud Muselier, ci-dessus au centre. Les présidents de Régions, ont organisé un "rassemblement des élus pour les libertés locales" en ouverture de leurs travaux ce mercredi au Pharo à Marseille. Ils ont le soutien de l’Association des Départements de France et de l’Association des maires de France. Tous ont boycotté, en juillet, la conférence nationale des territoires pour protester contre une "recentralisation massive" depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron.


Présence de ministres

Pour essayer de défendre la position du gouvernement, 
plusieurs ministres ou secrétaires d'Etat, comme Elisabeth Borne (Transports), Jean-Michel Blanquer (Education) ou encore Frédérique Vidal (Enseignement supérieur) sont attendus

Edouard Philippe a assisté à ce congrès.


lundi 24 septembre 2018

"Avec Macron, ça risque de très mal finir", prévient Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy, influenceur politique de haute volée 

L'ancien chef de l'Etat déplore qu'Emmanuel Macron soit "entouré de gens inexpérimentés"

L'ex-président de la République a toujours un avis éclairé sur l'actualité politique, mais le quadra saura-t-il écouter son aîné qui l'a mis en garde dans Le Figaro, ce dimanche 23 septembre ? "La politique, c'est la vie, mais ce n'est pas ce que vous croyez", explique Nicolas Sarkozy qui s'intéresse notamment à l'actualité internationale. 

L'ancien chef de l'Etat (2007-2012) s'inquiète de voir "l'Occident en danger" au profit de l'Est, estimant qu' "à force d'être délaissé, Poutine se tourne vers la Chine"

Il désapprouve également le Brexit, jugeant "scandaleux qu'on ait laissé partir les Anglais". Mais, encore une fois, ce n'est pas ce qui le fera revenir sur le devant de la scène politique. N'a-t-il pas en effet refusé en juin dernier la proposition du président des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, de se porter candidat à la présidence de la Commission européenne ?

"Pourquoi voulez-vous que je rompe avec une partie de ma vie et de mes amis ?"

L'ancien ministre de l'Intérieur préfère le rôle de "Sage". Dans ses bureaux parisiens de la rue de Miromesnil, il reçoit des "anciens ministres, ex-conseillers, maires et députés, conseillers régionaux et sénateurs, ténors de la droite" et même le président du Sénat, Gérard Larcher, révèle Le Figaro. S'agit-il, comme l'espère un fidèle soutien, "d'entretenir ses soutiens et de s'assurer qu'au-delà d'une envie personnelle de peser, il serait soutenu, si jamais, dans des circonstances exceptionnelles, il y avait une demande"? "Vous ne pouvez pas avoir consacré autant d'énergie à la politique et ne pas vous tenir au courant", souligne un proche, assurant qu'il ne s'agit en aucun cas d'une stratégie de reconquête. 


"J'ai tellement aimé la politique, ça m'a donné tant de satisfaction. Ça a été une partie de ma vie. Pourquoi voulez-vous que je rompe avec une partie de ma vie et de mes amis ? Les sentiments, ça existe", explique de son côté Nicolas Sarkozy, à l'issue d'un déjeuner entre élus LR, avec notamment le maire de la cité phocéenne Jean-Claude Gaudin et le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur Renaud Muselier. "C'est de ne pas voir mes amis qui serait suspect. Il n'y a aucune raison que je me coupe d'eux. Mais ce n'est pas pour cela que je me projette politiquement", insiste-t-il. 

L'ancien président de la République reste par ailleurs très proche du ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin, qui a été exclu des Républicains en raison de son ralliement à Emmanuel Macron. Alors que beaucoup au sein de LR dénoncent sa "trahison", il tempère : "On ne peut pas refuser d'être ministre du Budget à son âge", sourit-il.

Les précieux conseils de Sarkozy

Nicolas Sarkozy observe que l'actuel locataire de l'Elysée est "entouré de gens inexpérimentés". "Avec Macron, ça risque de très mal finir", a-t-il même lâché devant des élus. Des propos que tenaient déjà l'époux de Carla Bruni en octobre dernier

Ces funestes prédictions sont-elles susceptibles d'interpeller Jupiter ? 
Les conseillers inexpérimentés de Macron lui réclament régulièrement des conseils, révèle Le Figaro. "On veut faire comme vous", confieraient certains membres de la garde rapprochée du président à Nicolas Sarkozy. 

Ce ne sont pas les seuls. Selon le quotidien, l'entourage de François Hollande a demandé l'an dernier conseil à ses équipes pour savoir s'il faut se rendre au dîner du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) en tant qu'ex-président.

mercredi 21 février 2018

Les hôpitaux de Marseille ont obtenu une aide d'urgence de 9 millions d'euros

Les hôpitaux de Marseille auront les moyens de rattraper le retard accumulé

Jean-Claude Gaudin, 
Renaud Muselier et Martine Vassal 
ont pu faire l'annonce après une entrevue avec la ministre de la Santé

"La ministre nous a confirmé que le gouvernement portera une attention toute particulière à l'APHM (...). Elle nous a annoncé que nous sommes en droit d'attendre le montant maximum possible", ont annoncé dans un communiqué commun le sénateur-maire de Marseille,  le président du Conseil régional et  la présidente du département, tous Les Républicains. 
L'AP-HM, troisième groupe hospitalier de France, compte parmi les établissements les plus endettés de l'Hexagone et mise sur un plan de modernisation cofinancé par l'Etat.
Fin janvier, ce projet avait été déclaré éligible par le Comité interministériel de performance et de la modernisation de l'offre de soins (Copermo), ce qui ouvre, selon l'Agence régionale de santé (ARS), "la perspective de reconfigurer et de rénover d'ici 2024 l'ensemble des services d'hospitalisation et de consultation des hôpitaux de la Timone, de la Conception et de Nord".
 
Le gouvernement a affecté une aide d'urgence de 9 millions d'euros à l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille, ont-ils annoncé mardi.
L'ARS Paca a pris la décision d'allouer, à titre exceptionnel, une dotation de 7,5 millions d'euros destinée à financer une première phase d'investissement prioritaire.

Les élus marseillais ont également insisté auprès d'Agnès Buzyn sur "l'inégalité existante quant à l'indemnité de résidence, qui est appliquée pour Lyon et Paris, mais pas pour Marseille". L'AP-HM verse chaque année 8,5 millions d'euros à ses agents pour les aider à se loger, mais l'Etat ne remboursait pas cette prime aux CHU de Marseille, à la différence  des CHU de Paris et de Lyon, villes socialistes.

Les syndicats évoquent des craintes de suppressions de personnels comme condition de la réalisation de ce plan de modernisation, mais Renaud Muselier, Martine Vassal et Jean-Claude Gaudin se sont félicités de ce déblocage d'une situation inégalitaire voulue par les instances socialistes et se sont réjouis de surcroît que la ministre ait "donné son accord de principe pour une visite à Marseille".

samedi 27 janvier 2018

Marseille : la guerre de succession à Jean-Claude Gaudin est ouverte

Les prétendants ont tiré les couteaux

Les rôles ne sont pas encore distribués : Mélenchon, Castaner, Ghali, Muselier ? 

Image associéeLa gauche se positionne, mais la droite a déjà sorti les couteaux, comme en témoignent les violentes attaques portées par Renaud Muselier contre un "mauvais maire" qui a fait "deux mandat de trop".

Résultat de recherche d'images pour "marseille terrasses du port"L'ancien premier adjoint de Jean-Claude Gaudin a surpris. La charge du président LR de la région PACA, héritier impatient passé à la révolte contre le "père" sur une chaîne nationale, Public Sénat, mercredi
Résultat de recherche d'images pour "Marseille  Gaudin"
"L'animal dégourdi piqua son homme au bras. 
Quant à vous, j'ose vous prédire 
Qu'il vous arrivera quelque chose de pire."
(Le Berger et le Roi, La Fontaine)
Muselier charge  un grand sénateur-maire vieillissant qui laissera, selon lui, une ville dans un état "catastrophique" : Renaud Muselier a choisi le moment malheureux de sa présentation des voeux à la presse, jeudi, pour décocher de nouvelles flèches contre son ex-mentor.
"Je ne veux pas, sous prétexte que j'appartiens à la même famille politique, me taire sur la multitude de dysfonctionnements qui entraînent doucement la ville vers un désastre permanent", assène l'ingrat. "Un des défauts du maire de Marseille est de ne pas préparer un successeur pour son œuvre", accuse-t-il, paradoxalement.

Gaudin a donné le signal du lâcher d'ambitieux

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Vingt-deux ans après son arrivée à l'hôtel de ville, Jean-Claude Gaudin a prévenu à plusieurs reprises qu'il ne se représentera  pas en 2020, provoquant ainsi l'émergence d'un dauphin : successivement, ses premiers adjoints Renaud Muselier, Roland Blum et Dominique Tian, Yves Moraine, le patron du groupe LR à la mairie, ou Bruno Gilles, sénateur LR, ont cru que leur destin allait se jouer.

Les Terrasses du Port, centre commercial
Mais R. Muselier et Y. Moraine ont perdu des élections, D. Tian a essuyé une condamnation judiciaire et Gilles fait face à des problèmes de santé: les prétendants sont en position de faiblesse et le maire sortant n'en est pas attristé. Lundi, lors de ses voeux à la presse, Gaudin a lâché :  "chaque fois qu'on m'a désigné un successeur, celui-là n'y arrive pas," un petit commentaire soulignant que le maire reste le maître des horloges

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Le Silo, revisité en salle de spectacles
Dernière hypothèse en date, alimentée par La Provence, qui soutient la majorité présidentielle : celle du patron de la République en Marche (LREM) Christophe Castaner, dont la candidature serait vue d'un bon oeil à l'hôtel de ville. Le journal régional évite toutefois de rappeler que le parachuté socialiste de Forcalquier s'est fait éliminer par les Provençaux dès le premier tour des Régionales. Jean-Claude Gaudin n'a pas à se défendre de le soutenir, sa candidature est vouée à l'échec, d'autant que Castaner a choisi de faire carrière à Paris, plutôt qu'en PACA, sacrifiant au passage son épouse restée au pays

Le maire promet d'être derrière "le candidat de (sa) liste et de (ses) amis" 

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Rocade L2 Marseille : 10,5 km de voies rapides et autoroutes 
pour désengorger le centre-ville
Après s'être  ironiquement déclaré "reconnaissant" à l'égard de Castaner qui s'est retiré en 2015 entre les deux tours des régionales pour barrer la route au FN, Gaudin n'est pas disposé à aider au retour des socialistes à Marseille, fussent-ils déguisés en centristes.

Qui sera le favori du maire ? En fin tacticien, Gaudin entretient le mystère. 
Gaudin, qui s'est pleinement dédié à sa ville, admet que la présidente LR du conseil départemental Martine Vassal a "toutes les qualités" pour lui succéder à la présidence de la métropole Aix-Marseille, mais il ne cite aucun nom pour la mairie: "Il y a au conseil municipal plusieurs personnalités, hommes ou femmes, qui ont les qualités nécessaires pour être maire. D'ici 2020, nous avons le temps de nous mettre d'accord"...

Gaudin attend que ses adversaires s'alignent.
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Les Docks, ré-aménagés
en bureaux et
lieux de convivialité
Plusieurs têtes s'exposent sur la ligne de crête.

Renaud Muselier ? "Je suis président de la région jusqu'en 2021 et je compte bien le rester. C'est clair." Mais flou, aussi... "Je déteste l'immobilisme. Marseille mérite mieux", ajoute l'ex-dauphin.

Christophe Castaner ? Aujourd'hui, à 52 ans, "la question ne se pose pas", esquive l'ancien maire socialiste de Forcalquier, passé à LREM, de passage dans la cité phocéenne pour l'inauguration de la permanence d'une députée de son parti, le 19 janvier. Mais, dans deux ans - quand Macron aura renouvelé son entourage à mi-mandat, s'il tient sa promesse - ... "oui, évidemment, Marseille ne se refuse pas", reconnaît aussi ce joueur de poker, bachelier à l'âge de 20 ans (à la faveur du rattrapage) et pourtant ex-membre de cabinets de maires, puis de ministériels, au hasard de leurs ascensions politiques : directeur de cabinet de Tony Dreyfus, alors maire du 10e arrondissement de Paris, puis conseiller ...technique de la ministre de la ...Culture, Catherine Trautmann, en 1997 (virée du gouvernement Jospin en 2000), avant qu'elle en fasse son chef de cabinet en 1998 et assure sa promotion comme chef de cabinet de Michel Sapin, alors ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l'État, en ...2000, justement.

Jean-Luc Mélenchon ? Bien qu'il ait toujours officiellement écarté l'idée d'être candidat à la mairie de Marseille - il aura 69 ans en 2020 - , le député LFI des Bouches-du-Rhône tisse sa toile dans la ville. "Le dernier dont on parle, c'est Castaner, et après, on vient me voir, moi, tous les jours. On me dit: 'alors ?' ", s'est-il pris à fantasmer, le 19 janvier, lors de sa cérémonie de voeux à Marseille. "Alors, rien du tout: c'est moi qui décide et personne ne va me tordre le bras", affirme-t-il, insistant sur la nécessité de faire "d'abord" un programme avant de se demander qui va "marcher devant".

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Samia Ghali ? La sénatrice PS des quartiers Nord, candidate malheureuse à la primaire PS lors des municipales de 2014, est, quant à elle, passablement compromise. Elle ne redoute pourtant de rien et se montre la plus directe: elle "n'exclut pas du tout d'être candidate", avoue-t-elle sur RMC mardi. "Je serai toujours candidate pour faire avancer", se la joue-t-elle. Pourquoi pas aussi le socialiste Patrick Mennucci qui, en octobre 2013, la traita d'Arabe" !... 

Un seul s'est d'ores et déjà déclaré officiellement candidat à la succession de Jean-Claude Gaudin: le sénateur FN Stéphane Ravier, qui rêve ouvertement d'un coup d'éclat, même si la barre paraît haute.