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jeudi 17 octobre 2019

Brexit : Macron s'aligne sur Merkel

Avec la chancelière, il affiche un optimisme raisonné sur les chances d'un accord sur le Brexit, la défense et le droit

Macron et Merkel sont convenus d'avancer sur leurs projets communs en matière de défense ou "de droits voisins"
Capture d'écran de BFMTV d'Emmanuel Macron, qui s'essaye au tennis en siège roulant, pour défendre la candidature de Paris au Jeux olympiques de Paris 2024.
Macron, président en situation de handicap
"Je veux croire qu'un accord est en train d'être finalisé (sur le Brexit) et que nous pourrons ainsi le consacrer demain" à Bruxelles, envisage désormais le président français dans une conférence de presse avec Angela Merkel, lors d'un conseil des ministres franco-allemand jeudi à Toulouse, à la veille d'un sommet européen. "Je pense de plus en plus que nous obtiendrons cet accord", a confirmé la chancelière. "Nous sommes dans le sprint final". 

Le 22 août dernier, Macron n'était pourtant guère conciliant sur le Brexit.
 Le locataire de l'Elysée et le premier ministre britannique avaient affirmé leur volonté de trouver un accord pour une sortie ordonnée du Royaume-uni de l'Union européenne, en jugeant possible de s'entendre sur la frontière irlandaise, mais le Français jouait encore la carte de la fermeté.
Lorsque, pour la deuxième étape de sa première tournée à l'étranger depuis son arrivée au pouvoir fin juillet, le premier ministre britannique, Boris Johnson, déclara dans la cour de l'Elysée :"Je veux un accord. Je pense que nous pouvons avoir un accord et un bon accord" en vue d'un Brexit, le 31 octobre, à son côté, Macron s'était montré plus prudent sur la possibilité qu'une solution puisse être trouvée "dans les 30 prochains jours" entre Londres et les 27, après un référendum populaire de sortie de l'UE et trois ans d'atermoiements. 
Boris Johnson et Emmanuel Macron, le 22 août 2019
Nuque raide, Macron se voulait le plus sévère de l'UE.
Les moyens de parvenir à un Brexit devaient occuper l'essentiel du déjeuner entre Emmanuel Macron et Boris Johnson, à la veille du sommet du G7 à Biarritz. La presse britannique, notamment, le dépeignait souvent "comme le plus dur de la bande" au sein de l'Union européenne sur le dossier du Brexit. "Je suis comme la chancelière Merkel confiant sur le fait que l'intelligence collective et notre volonté de construire doivent nous permettre de trouver quelque chose d'intelligent dans les 30 jours s'il y a une bonne volonté de part et d'autre" mais, "en même temps", "j'ai toujours dit très clairement : il y a un choix qui a été fait (par les Britanniques), donc ça ne sert à rien d'essayer de ne pas appliquer ce choix", avait-il insisté.

Interrogé sur les pressions contre la Turquie pour la faire interrompre son offensive contre les rebelles Kurdes de Syrie, Macron a promis "des initiatives" floues avec des membres de l'OTAN "pour continuer pression, dialogue et résolution de cette crise, de cette situation inacceptable", mais sans évoquer d'éventuelles sanctions.

La France de Macron et Le Drian est un gros fournisseur d'armes à la Turquie.
Or, le 12 octobre, Macron s'est résolu à annoncer la suspension de "tout projet d’exportation vers la Turquie de matériels de guerre susceptibles d’être employés dans le cadre de l’offensive en Turquie". Un gros manque-à-gagner pour la France...
La France ne s'est d'ailleurs pas précipitée pour suspendre - une partie de -  ses exportations d’armes vers la Turquie : la décision de Paris est intervenue après celles de l’Allemagne et des Pays-Bas. Elle a été annoncée juste avant le conseil des Affaires étrangères de l’UE qui doit se tenir ce lundi 14 octobre à Bruxelles. Les ministères français des Armées et des Affaires étrangères l'ont prise, avec "effet immédiat",  en réaction à l’opération militaire lancée par la Turquie contre la Syrie. Les rebelles kurdes syriens, supplétifs de l’armée turque, ont en effet lancé une offensive contre une milice kurde, deux jours après que les Etats-Unis ont retiré des militaires américains déployés dans certains secteurs du Nord syrien.
Cette mesure de Paris est censée mettre la pression sur Recep Erdoğan. Mais suspendre les exportations d’armes vers la Turquie n’est pas sans conséquence pour les finances de la France. En effet, selon le rapport publié en 2019 par le ministère de la Défense et rendu public en juin, les industriels français ont reçu de la Turquie l’équivalent de 594,5 millions d’euros de commandes en dix ans, explique Le ParisienEn 2018, Ankara a ainsi versé 45,1 millions d’euros pour des armes françaises, bien moins qu’en 2017 où les sommes atteignaient 198,2 millions d’euros ou qu’en 2010 où la Turquie avait dépensé 209,3 millions d’euros pour l’achat de matériel militaire en provenance de l’Hexagone. Concernant les livraisons concrètes d’armes vers la Turquie, c'est-à-dire celles qui quittent in fine le territoire et sans prendre en compte les services associés, on atteint les 461,7 millions d’euros en dix ans, dont 50,6 millions l’an dernier, détaille le quotidien.

La rencontre franco-allemande de mercredi a abouti à plusieurs projets communs
Emmanuel Macron, Jean-Yves le Drian et Florence Parly à la préfecture de Toulouse le 16 octobre 2019 ( POOL / Guillaume HORCAJUELO )
La presse française montre  Macron, Jean-Yves le Drian et Florence Parly de face
à la préfecture de Toulouse le 16 octobre 2019, mais leur invitée, Angela Merkel, de dos...
Elle a conduit à la consolidation de leurs projets militaires communs - avion de combat du futur et char du futur - et à la conclusion d'un accord sur les exportations d'armes, pomme de discorde entre les deux pays.
avec une vingtaine de leurs ministres, 
L'accord laisse chaque pays décider librement d'exporter ses armes, avec l'accord automatique de l'autre. Y compris si ces équipements comportent des composants de l'autre pays, mais en dessous d'une faible pourcentage, qui n'a pas été précisé.
La décision allemande de suspendre ses ventes d'armes à l'Arabie Saoudite en raison de la guerre au Yémen a jusqu'ici bloqué des ventes de matériels militaires d'Airbus qui intègrent des composants allemands.
Macron a par ailleurs réaffirmé sa volonté de continuer les ventes d'armes à Ryad, assurant que ces équipements n'étaient pas dirigés contre le Yémen. Il a lancé au passage une pique contre son invitée, invitant les journalistes à examiner les ventes qui s'effectuent via des pays tiers.

En revanche, Merkel et Macron ont réussi à parler d'une même voix.
Ainsi réclament-ils l'adoption rapide du "Pacte Vert" pour l'Europe proposé par Ursula von der Leyen. Ils ont en particulier soutenu l'instauration d'un prix minimum du carbone au niveau européen, en vue d'une future taxe carbone aux frontières.

Il ont également affiché leur volonté de contraindre Google à rémunérer les producteurs de contenus, dont la presse, au titre des "droits voisins", comme l'y oblige une récente directive européenne. Il reste à Facebook ou tumblr à respecter les contenus qui leurs sont offerts et sur lesquels ils veulent faire commerce, sans considération de langue ou de préférences politiques. Nous aborderons plus tard le sujet sensible du "shadow banning" qu'ils pratiquent, comme Blogger (Google), et qui consiste à mettre sous le boisseau les contenus qu'ils n'apprécient pas : cette pratique sournoise consiste à bloquer tout ou partie - pour des raisons généralement hypocritement "techniques" ou sans raison explicite - des échanges de la communauté en ligne d'un utilisateur, ou du contenu qu'il produit. Cette mise au placard commence avec une disparition des moteurs de recherche, partielle ou intermittente, mais se concrétise par une baisse de fréquentation, des statistiques et des commentaires et autres 'likes' par des robots de tripatouillage.

"Certains acteurs comme Google veulent s'en affranchir [du Pacte Vert]. Nous ne laisserons pas faire, assure Macron, 1,75m, et très clairement demandons aux autorités nationales et européennes de la concurrence d'examiner et d'engager au plus vite toutes les procédures possibles", a grondé Macron. Comme à son habitude, alors qu'il se pose en champion de l'anti-dumping, disant lutter contre la concurrence déloyale de pays comme la Chine ou l'Inde sur l'acier, il demande aux autres (Trump, ici, ou les collectivités territoriales, là), de faire le boulot à sa place...
Face à la concurrence déloyale européenne, les Etats-Unis menacent d'appliquer dès vendredi des taxes à des produits européens en représailles aux prêts publics à Airbus, Paris et Berlin n'avaient pas d'autre choix que de se montrer fermes aussi. "Nous avons partagé nos préoccupations sur les tensions commerciales : l'Europe ne doit faire preuve d'aucune faiblesse et défendre avec clarté ses intérêts et ses règles", a lancé le président français.
Obligés de maintenir leur soutien protectionniste à Airbus,  tous deux sont allés vers midi visiter la chaîne d'assemblage de l'A350 au siège de l'avionneur et déjeuné à bord d'un Airbus-école avec de jeunes apprentis. "Il y a 50 ans, des décisions ont permis de développer une coopération étroite entre nos deux pays. Nous ferons tout pour garantir le succès de cette entreprise", a lancé la chancelière.

Les deux dirigeants ont également privilégié les sujets de défense.
Ils ont décidé de présider un conseil de défense avec les ministres impliqués. Les futurs avions (SCAF) et chars (MGCS) de combat élaborés en commun doivent remplacer les Rafale et les Eurofighter, le MGCS, sous direction allemande, les Leclerc et Leopard.

Angela Merkel et Emmanuel Macron ont été rejoints par la présidente élue de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Tous trois parleront industrie au cours d'une rencontre dînatoire avec les patrons d'une cinquantaine de grands groupes industriels européens.

Jeudi à Bruxelles, contre son soutien au programme de la nouvelle présidente, Macron espère obtenir des deux dirigeantes l'inclusion de 'Renew Europe' (groupe Alliance des démocrates et des libéraux, ADLE, sa tendance minoritaire au Parlement européen, dirigée par un Roumain) et la constitution d'une coalition qui l'inclurait, puisqu'il a échoué à phagocyter le Parlement de Strasbourg.
L'échec de la liste menée par la malveillante Nathalie Loiseau (à laquelle il a dû se substituer, sans réussir à redresser la situation), et le rejet par les eurodéputés de la candidate française à la Commission Sylvie Goulard, pour des raisons d'éthique, fait craindre à Macron une hostilité larvée du Parlement.

Avant le sommet européen qui démarre à la mi-journée, personne ne prenant conscience d'un accroc au principe de séparation des pouvoirs entre un président et des députés, fussent-ils européens, pour la première fois, Macron participera donc à la réunion pré-sommet du groupe parlementaire Renew, qui regroupe les formations centristes autour de La République en Marche.
L'Elysée a indiqué que pour remplacer Sylvie Goulard évincée pour des raisons d'éthiques - à Bruxelles, quand Paris en manque -  Macron ne proposera pas de nouveau candidat dans l'immédiat : l'excuse du bras cassé aux mains vides, c'est l'attente que soit  résolue "l'instabilité politique", selon lui, au Parlement européen. L'entrée en fonction de la nouvelle Commission sans tête a d'ailleurs été repoussée d'un mois, au 1er décembre.

dimanche 7 avril 2019

"On travaille plus au gouvernement qu'à l'Elysée", confie Sibeth Ndiaye

Sibeth Ndiaye a encore lâché un commentaire inapproprié à sa fonction

La secrétaire d'Etat nouvellement promue n'a pas tardé à s'épancher sur sa petite personne

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Elle revient en effet largement sur son parcours personnel et un peu sur les dossiers chauds du moment, dans une long entretien avec Le Parisien, ce dimanche. Le journal indique qu'"elle s’explique sur son parcours politique, les réformes, le grand débat," ce qui n'a pas lieu d'être puisque ses commentaires sont nuls et non avenus, comme ceux de Marlène Schiappa qui donne son avis sur tout.

Nommée porte-parole du gouvernement il y a une semaine, Sibeth Ndiaye, de rouge vêtue, est escortée de ses trois conseillères, ce qui en matière de parité n'est encore pas au point... Son agenda n'est clairement pas surchargé:  "Je resterai le temps qu’il faut", annonce-t-elle, inconsciente du mauvais signal lancé sur l'activité supposée débordante du gouvernement. 
Une marginalisation | Tpe tatouage
Le Parisien estime qu'il reçoit "la carte maîtresse du mini-remaniement décidé la semaine dernière par Emmanuel Macron - une femme, jeune et noire - affiche un large sourire qui laisse apercevoir un piercing discret sur la langue." Qui sont les tatoués (outre Marlène Schiappa, Jacqueline Gourault, Franck Riester ou Christophe Castaner : "mort aux vaches" ?) et les percés du gouvernement (Le Maire dans les parties intimes, selon Clara, ou Nicole Belloubet au téton gauche, ou ce gland de Griveaux, là où on sait à sa tête), s'interrogent désormais les habitués du Bar du Commerce et donc Closer, Gala, Voici ou Paris Match. Rien à voir avec Benjamin Griveaux, son prédécesseur à cette fonction aussi stratégique qu’exposée, toujours sautillant sur le perron de l'Elysée dans un costume-cravate.
L’exercice devrait être simple pour celle qui était jusqu’alors la conseillère "communication" du chef de l’Etat et menteuse assumée. Le Parisien la présente comme une "marcheuse " de la première heure, âgée de "39 ans et demi", plus habituée à l’ombre qu’aux micros et aux projecteurs, mais elle n'est pourtant jamais passée inaperçue: la discrétion ne compte pas au nombre de ses qualités. N'a-t-elle pas choisi le moment de son entrée au gouvernement pour arborer une touffe de cheveux taillée à la mode afro-américaine ? Sans doute un message de revanche sur ses origines sénégalaises et un encouragement adressé à la communauté africaine à s'affirmer en se distinguant de son pays d'accueil. 

Le Parisien s'extasie aussi de sa capacité à répondre "sans hésitation aux questions personnelles posées par des panélistes curieux". "Avec naturel", selon Le Parisien, ou par bêtise, elle avoue travailler beaucoup plus à ce nouveau poste qu'à celui qu'elle occupait à l'Elysée.
Quant au message politique, pas de surprise, sinon à quoi serviraient trois conseillères... Si le "parler vrai" ou sans filtre qu’elle revendique est audible, c’est plus dans la décontraction du langage que sur le fond du discours, ce qu'on appelle la transparence… Elle pratique la langue de bois et, en cela, n'apporte aucun plus à la parole des ministres : les "éléments de langage" que distribue la porte-parole du gouvernement à l'usage de la presse ont-ils besoin d'être diffusés aux "gens", ces "illettrés" méprisables.  Des Gilets jaunes à la fiscalité, de la réforme des retraites à la sortie du "grand" débat, de l’avenir de l’Europe à celui des maternités, la porte-parole a ses fiches. Elles les mélange et comble avec des "euh" et des "eh bien", mais "elle est très pédagogue," assure néanmoins Le Parisien: jugement subjectif et donc un coup de brosse à reluire que le propriétaire du journal, le groupe LVMH, ne peut qu'apprécier. "C’est comme cela que les ministres devraient s’adresser aux Français", estiment plusieurs participants au panel (qu'on ne dénonce évidemment pas), "très réceptifs aux différentes pistes exposées clairement par la ministre sur l’âge de la retraite". "Elle nous prend pour des enfants, des élèves", relèvent en revanche ceux qui, au contraire, sont agacés par les explications laborieuses - pas toujours très rigoureuses - de la sous-ministre sur les dépenses publiques et la dette. 
-N'a-t-elle pas pourtant obtenu un DESS d’économie publique en 2007, qui sait, à la faveur dela politique socialiste de promotion de la diversité. D'autant que Sibeth Ndiaye était militante à l'Union nationale des étudiants de France (UNEF), de 1999 à 2006, administratrice de La Mutuelle des étudiants (MNEF), de 2003 à 2008, et adhérente au Parti socialiste (PS) de 2002 à 2016. Autant de critères décisifs dans la délivrance d'un diplôme-maison comme un DESS.

Celle qui a entretenu des relations malaisées avec la presse paraît "accessible" et "sympathique" aux yeux des panélistes anonymes: il faut croire Le Parisien sur parole... La ministre, qui devait passer une heure et demie dans les locaux du Parisien, y est restée finalement près de trois heures. Un relent de "grand" débat qui contredit le dicton "ce qui se conçoit bien s'énonce clairement" et en peu de mots. Après tout, si rien ne presse dans son ministère...

Bernard Vautier, pour Le Parisien. Ne craignez-vous pas d’être une cible de par vos fonctions mais aussi votre couleur de peau ?

Sibeth Ndiaye. Quand vous êtes porte-parole, il faut s’attendre à être l’objet de critiques et il faut savoir les supporter. Quant au racisme, je suis vaccinée. Je pense plus à mes enfants, notamment mes deux filles de neuf ans qui commencent à comprendre. Mais la France, c’est aussi un pays où vous pouvez être considérés pour ce que vous êtes. Ce que pense une minorité de gens ne doit pas être généralisé.

Marine Prud’hon. Vous avez trois enfants. Comment trouvez-vous votre équilibre entre vie professionnelle et vie privée ?

A part avoir le mari le plus merveilleux de la terre, je ne sais pas… Il a accepté de mettre sa carrière entre parenthèses pendant des années. Je suis d’ailleurs favorable à une plus grande reconnaissance du congé parental pour les hommes. Avant d’accepter le porte-parolat, j’ai beaucoup hésité [une hésitation de trois jours]. Je me demandais si je pouvais allier les deux. Mais je me suis aussi dit que je pouvais peut-être servir d’exemple. Comme ma mère, magistrate, l’a été pour moi, ainsi que mes trois grandes sœurs qui ont toutes fait un beau parcours.

Sandra Biondo. Qu’est-ce que ça change de passer de conseillère communication d’Emmanuel Macron à porte-parole du gouvernement ?

C’est un autre point de vue. Le président fixe le cap, la vision. Le Premier ministre et le gouvernement mettent en œuvre cette politique et sont attentifs à ce que les réformes soient bien appliquées. En fait, ce que je découvre, c’est qu’on travaille plus au gouvernement qu’à l’Elysée (rires) Vous mettez vraiment les mains dans le cambouis; vous êtes dans un contact très direct avec les Français. Dans les deux ans qui viennent de s’écouler, c’est peut-être un peu ce qui m’a manqué [alors qu'elle avait une charge de travail plus légère...].

Bernard Vautier. Envisagez-vous une carrière d’élue ? [la question vaut son pesant de cacahuètes]

Non. On m’a déjà proposé d’être élue [la réponse n'est donc pas dans les urnes !], dans un autre parti [PS, qu'on ne nomme plus...], une autre vie. Je ne l’ai jamais souhaité. J’ai beaucoup d’admiration pour ceux qui s’engagent mais je ne sais pas si j’en serais capable [au gouvernement, on ne rend pas de comptes aux électeurs]. Le grand changement qu’a apporté en Marche !, c’est de considérer qu’il fallait avoir des gens qui ne soient pas des professionnels de la politique, mais des professionnels en politique. Autrement dit, qu’il fallait avoir de la compétence [sauf politique], de l’envie, mais qu’on ne pouvait pas l’être à vie.


-

Bernard Vautier. Je perçois une retraite modeste et j’ai voté pour Emmanuel Macron. Mais je suis déçu. Je me demande ce que vous pourriez nous annoncer à l’issue du grand débat même si, franchement, je n’en attends rien…

Je pense que ce moment a été très utile. Il faut pouvoir entendre ce qui s’est dit et voir comment changer les choses. Mais notre constat de départ, le chômage, les gens empêchés dans leur vie quotidienne, ce constat ne change pas. Il n’y aura pas d’effet de balancier ; ce ne serait pas sérieux. Mais ce que je peux dire avec force, c’est que, après ce débat, rien ne sera comme avant. Les gens [sic] ont besoin d’être beaucoup plus associés aux décisions. Il y a aussi un sentiment d’injustice, en matière fiscale notamment, et il faudra aussi qu’on y réponde. [Trois au Parisien, mais aucune information]

Jean-François Tarlet. Ne faudrait-il pas réduire les dépenses de l’Etat et le nombre de fonctionnaires ?

On dépense trop d’argent public, ce qui génère de la dette. Cette dette, ce sont nos enfants, nos petits-enfants qui auront à l’assumer [des mots pour ne rien dire]. Quant aux fonctionnaires, je veux d’abord leur rendre justice [langue de bois] car ils sont souvent vilipendés alors que ce sont des gens très engagés, qui n’ont pas des salaires mirifiques. Ceci étant dit ["j'dis ça, j'dis rien !"], pour réduire la dépense publique, il faut aussi réduire le nombre de fonctionnaires et c’est pourquoi nous maintenons notre objectif de 120.000 suppressions de postes. Jusqu’à maintenant, on avait beaucoup réduit le nombre de fonctionnaires de terrain. Des sous-préfectures, des services publics locaux, des hôpitaux même ont été fermés et ça n’était pas la bonne méthode. Ma conviction, c’est qu’il faut rééquilibrer, faire en sorte qu’il y ait des fonctionnaires qui soient utiles au plus près des gens[Pour Ndiaye, les dépenses de l'Etat se résument au nombre de fonctionnaires, mais en aucun cas au train de vie de l'exécutif et aux mesures onéreuses mais inefficaces].  

Segayne Koita. Le gouvernement va-t-il reculer l’âge de départ à la retraite ?

Lorsque Emmanuel Macron était en campagne, il a promis de réformer les retraites. L’objectif était de rendre le système plus juste et plus transparent en construisant un régime universel sans modifier l’âge légal de départ à la retraite. Des concertations ont été menées par Jean-Paul Delevoye avec les organisations syndicales depuis un an sur la base de ce mandat qui est inchangé. En parallèle, il y a eu le grand débat qui a fait émerger des questions nouvelles comme la revalorisation des retraites ou la prise en charge de la dépendance. Il y a une génération de baby-boomers qui doit aider à la fois ses aînés en Ehpad mais aussi, du fait de la crise économique, les quadras et les trentenaires… [Ils doivent aussi subvenir à leurs propres besoins] Cette catégorie importante de la population a aussi une crainte : le grand âge et la dépendance [tous ces constats n'apportent rien].  
Comment va-t-on le financer ? Doit-on mettre en place un impôt nouveau alors que nous souhaitons les baisser ou faut-il plutôt travailler plus, par exemple en renonçant à un jour de congé comme avec le lundi de Pentecôte ou en reculant l’âge de départ à la retraite. Tant que le Président ne s’est pas prononcé à l’issue du grand débat, toutes ces options sont sur la table. [des questions sans réponses...]

Alderic Guiard. Comment le gouvernement va-t-il répondre à la dégradation des services publics, notamment en milieu rural ?

Je pense qu’il y a des manières modernes de faire vivre les services publics. On peut favoriser les regroupements ou mettre en place des fonctionnaires plus polyvalents. On peut aussi multiplier des bus pour faire venir les administrations au plus près des citoyens [défaire ce que ses amis socialistes ont fait]. Pour les maternités, on pourrait développer les maisons de naissance. [Comme on a des maisons de vieux. Ndiaye ne dit encore rien que les "gens" ne sachent]

Marine Prud’hon. Allez-vous rétablir la taxe carbone ?

La crise des Gilets jaunes prouve que les Français ne sont pas favorables à une fiscalité qui changerait les habitudes en matière d’écologie. On ne va pas dire, " Vous avez manifesté contre la taxe carbone mais on vous la remet à la fin !" Donc il faut trouver d’autres solutions pour créer un consensus et lutter contre le réchauffement climatique [Quelles sont ces solutions ? Ndiaye n'en a pas la moindre idée]. 

Les lunettes font la pédagogue !
Estelle de Talhouet Roy. Etes-vous prêts à accorder un nouveau délai à Theresa May sur le Brexit ?

Il y a un Conseil européen la semaine prochaine et une décision sera prise à cette occasion. Quand un peuple prend une décision à travers un référendum, mieux vaut la respecter sinon cela affaiblirait la démocratie [cf. 2005 en France]. C’est vrai que le Royaume-Uni vit un moment difficile. Du côté européen, on s’est préparé à toute éventualité, y compris une sortie brutale sans accord. Ce qui n’est pas notre volonté. Pour la France, le Royaume-Uni est, et restera, notre allié [économique]. Mais ce n’est pas à nous d’intégrer les difficultés des autres. [Ndiaye ne fait que répéter les propos de Macron]


Raphaël Cario. Comment allez-vous gérer les relations avec l’Italie de Matteo Salvini [Ligue du Nord plus que jamais souverainiste, populiste et identitaire]?


Avec l’Italie, on a une histoire très ancienne traversée par la Seconde Guerre mondiale et par la volonté de la dépasser grâce à la création de l’Europe. Cette dimension historique, il ne faut jamais l’oublier. L’Italie est un partenaire important [encore du temps perdu à enfoncer des portes ouvertes]. 
Avec le gouvernement italien, on se dit les choses clairement. Cela nous permet de nous mettre d’accord [avec la droite si extrême et vilipendée soit-elle] sur certains dossiers comme les travailleurs détachés ou la pêche électrique. C’est la force de l’Union européenne : on peut avancer sur certains points, même si politiquement on est en désaccord. Nous défendons pour notre part un projet progressiste, pour une Europe souveraine et qui protège, et non un projet de repli sur soi. Mais au final, ce sont les peuples qui décident, chacun dans son pays. Après les élections, on s’organisera en fonction de ce résultat.

BIO EXPRESS


13 décembre 1979. Naissance à Dakar (Sénégal).

1999-2006. Militante à l’Unef.

2002. Adhère au PS.

2008-2011. Chef du service de presse de Claude Bartolone, président du conseil général de Seine-Saint-Denis.

2013-2014. Conseillère presse du cabinet d’Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif.

2014-2016. Conseillère presse du cabinet d’Emmanuel Macron, ministre de l’Economie.

2016. Naturalisée française.

2017-2019. Conseillère presse et communication à l’Elysée.

31 mars 2019. Nommée secrétaire d’Etat et porte-parole du gouvernement.


Trois heures pour ne rien dire !
Le Parisien peut se le permettre : il est subventionné par le contribuable - moins d'un de ces "gens" sur deux - que le groupe LVMH méprise. Ce journal qui fait reluire la sous-ministre avec l'argent public est à notre charge (en plus de nos retraités en EPHAD !) derrière Libération, Le Figaro ou Le Monde...

On retiendra aussi qu'une femme-ministre peut faire vivre à elle seule une famille de cinq personnes.

dimanche 3 mars 2019

Port de Calais: incursion d'une centaine de migrants venus ...d'Angleterre clandestinement

Au moins 46 interpellations : qui est à la manoeuvre : collectif, association, parti politique ?

Une centaine de migrants illégaux s'est introduite par la force samedi soir dans l'enceinte du port de Calais (Pas-de-Calais)

Le sauvetage de migrants sur cheminée d’un ferry DFDS à Calais. PHOTO JOHAN BEN AZZOUZUne cinquantaine de clandestins a réussi à grimper à bord d'un ferry en provenance d'Angleterre, selon la préfecture, ajoutant qu'au moins 44 (46 ?) ont été interpellées et placés en garde à vue, tandis que plusieurs autres restent cachés quelque part à bord du bateau.
Voulaient-ils embarquer ou débarquer ? Il n'est pas encore clairement établi que les passagers clandestins noirs voulaient emprunter le bateau lors de son retour à son port d'attache britannique, Douvres. Il n'est donc pas impensable, en l'état, d'envisager l'amorce d'un mouvement de reflux de ces Africains récalcitrants vers le continent, dans la crainte du Brexit.
A 10h30 dimanche, les sapeurs-pompiers du GRIMP (Groupe de reconnaissance et d'intervention en milieu périlleux) étaient toujours sur place pour tenter de faire descendre "une petite dizaine de migrants", regroupés "sur une passerelle exposée en plein vent à plusieurs dizaines de mètres de hauteur" à l'extérieur de la cheminée du ferry, a indiqué Jean-Philippe Vennin, sous-préfet de permanence pour le Nord et le Pas-de-Calais. Tombés à l'eau lors de leur tentative, deux migrants ont été repêchés par les pompiers.

Les clandestins, qui espéraient rejoindre le Royaume-Uni, avaient pénétré dans l'enceinte du port samedi entre 21h15 et 21h30. Une cinquantaine d'entre eux avaient réussi à monter à bord du "Calais Seaways", un ferry de la compagnie DFDS, importante compagnie maritime danoise, "en provenance de Douvres et qui venait d'accoster", au moyen d'une échelle d'entretien et en raison de la marée haute, selon J.-P. Vennin. En avril 2018 la compagnie maritime danoise a annoncé l'acquisition de U.N. Ro-Ro, une entreprise de transport maritime turc.
Jean-Marc Puisseseau, président de la société d’exploitation des ports de Calais – Boulogne : « On comprend leur détresse mais c’est peine perdue que de vouloir monter dans un bateau sans être découvert. Ils sont passés par un endroit où il y a forcément eu des repérages. Ils ont été guidés par des passeurs. Ce qui est affligeant, c’est qu’il continue à y avoir des migrants à Calais que l’on nourrit, que l’on soigne, à qui on donne des douches. C’est dommage, on avait constaté une baisse des migrants."

Intervenant à bord, les forces de l'ordre avaient organisé "la sortie des véhicules, voitures et poids lourds" et "ratissé le ferry", interpellant dans un premier temps 46 personnes, placées en garde à vue au commissariat de Calais.

"La petite dizaine de migrants toujours réfugiée en haut de la cheminée refuse pour le moment de descendre. 
Une première tentative des sapeurs-pompiers a permis de les approcher, sans parvenir à les convaincre, et une deuxième tentative est en cours", a dit dimanche matin Jean-Philippe Vennin, insistant sur les "conditions météo pluvieuses et venteuses" rendant l'opération "compliquée". Les cheminées dégagent de la chaleur et les (cinq ?) individus sont équipés chaudement, notamment des incontournables capuches... Il fait actuellement 15° à Calais à la mi-journée.

Le trafic des bateaux, temporairement perturbé samedi soir, est revenu à la normale dimanche, selon la préfecture. "Le ferry en question a été déplacé au cours de la nuit" pour ne pas gêner la circulation des autres bateaux.
Sujet nouveau de la gestion à risque des passagers clandestins sur les lignes commerciales.Le sujet des passagers clandestins embarqués sur les navires [incluant la marine marchande] et les conséquences de leur présence au sein du monde maritime et portuaire est un phénomène  peu médiatisé, car peu visible mais entraînant pourtant des situations humainement difficiles, devant concilier des considérations économiques et  les droits humains.
Suite à une enquête dans une vingtaine de sites portuaires autour de l'Europe, le réseau Migreurop a récemment publié un rapport faisant état du traitement réservé aux passagers clandestins à bord des bateaux, ainsi que dans les ports maritimes au départ comme à l'arrivée. Cette recherche met en exergue la diversité d'acteurs publics et privés intervenants tout au long de la trajectoire des passagers clandestins et témoigne de la
complexité du transfert de compétences, notamment en terme de prévention, d'enfermement et de rapatriement, d'acteurs publics traditionnellement concernés par ces questions (Etats, services sociaux, etc) à des acteurs privés, au rang desquels les sociétés d'assurance qui exercent un rôle notoire. En marge de ce rapport et en puisant dans les enquêtes effectuées notamment dans les ports de Barcelone en Espagne et de Tanger Med au Maroc, le passager clandestin pose un problème de gestion du risque, pour lui-même et pour  les transporteurs, les assureurs et les complexes portuaires confronté à des situations nouvelles, diverses, croissantes et démesurées qui ne relèvent pas de leur compétence traditionnelle.
Révélateur d’intérêts économiques et politiques,
le risque "passager clandestin" entraîne l'apparition d'une économie, pécuniaire et administrative, mais aussi d'une politique "humanitaire", qui crée des problèmes de réactivité compatible avec la protection des populations endogènes, ou en cours d'un établissement déjà perturbé par des considérations idéologiques divergentes. Voire une instrumentalisation.

vendredi 25 janvier 2019

Le phénomène Gilets jaunes a gagné l'U.E. : le mouvement est-il aussi anti-européen ?

En se posant en champion de l'Europe, Macron aggrave-t-il son cas ?

Le hasard des circonstances en ont fait le "maître du chaos"


Emmanuel Macron se voit décerner le titre de "champion du monde de foot", sans rien faire, arrivant simplement au moment de la remise de la coupe. Il accepte aussi d'être sacré "champion de la Terre" à New York (Hollande savait au moins pourquoi il lui avait été décerné, dans la foulée de la COP21 en 2015), à l'automne 2018 (titre partagé avec Narenda Modi, le premier ministre indien), quatre mois seulement après son arrivée à l'Elysée (et bien qu'il n'ait pas réussi à faire venir un représentant de l'administration Trump au One Planet Summit, ce sommet dédié à la finance verte, le 12 décembre 2017, à Paris), par effraction, pour contrer Marine Le Pen, en mai 2017, et alors que la consommation générale d'énergie est en hausse de 4,2%  sur l'année 2017 par rapport aux objectifs fixés et que la consommation des énergies renouvelables est, elle, en-dessous des prévisions. Comprenne qui peut cette conjonction de distinctions honorifiques... Un peu comme la remontée de la popularité du tandem exécutif, selon des entreprises de sondages, en dépit de plus de deux mois de crise sociale, dont on ne voit pas l'issue, et deux shows télévisés 
filtrés par des préfets et encadrés par des maires ruraux sélectionnés   - , qui ne trouvent pas le seul public qui vaille, celui des contestataires.
Alors que Macron cherche toujours auprès d'élus locaux des solutions pour apaiser la colère des Gilets jaunes français à l'origine du phénomène, 
le mouvement de contestation gagne peu à peu d'autres pays européens. 

Les actions de "Gilets jaunes" en Europe
En décembre 2018
La contestation prend toutefois des formes différentes.
La Belgique est le premier pays étranger à avoir repris le mouvement des "gilets jaunes", avec une violence similaire à celle constatée sur les Champs-Elysées les 1er et 8 décembre à Paris. Des centaines de manifestants ont convergé devant les institutions européennes de Bruxelles, pour réclamer la fin du "carnage social". Résultat, deux véhicules de police incendiés et une soixantaine d'interpellations vendredi dernier.
Dès le 30 novembre, près de 300 gilets jaunes s'étaient rassemblés à Bruxelles pour protester contre les hausses du prix du carburant et des taxes. France24 rapporta : "en Belgique, les actions ont commencé dès vendredi [16 novembre], une tradition dans le pays. Plusieurs dizaines de manifestants ont bloqué les raffineries de Feluy (Charleroi), Wierde (Namur) et de Wandre (Liège). L’objectif serait "de mettre à sec le pays" en matière de carburants selon les appels lancés en ligne, afin de faire réagir rapidement les dirigeants politiques".
Certains manifestants ont aussi demandé le départ du premier ministre, Charles Michel. La manifestation qui avait commencé calmement a dégénéré en "jets de pavé contre canon à eau", rapporta l’AFP. Charles Michel a remis sa démission en décembre 2018, mais le souverain l'a chargé d'expédier les affaires courantes jusqu'aux élections de 2019.


Libération avait cru pouvoir établir une distinction. "Les revendications belges plutôt proches du mouvement français diffèrent toutefois sur un point : la représentativité et le débouché politique. Alors que parmi les propositions des gilets jaunes français on retrouve notamment celle de la création d’une assemblée citoyenne, les gilets belges (au moins une partie) veulent se lancer en politique, et créer un parti politique pour les prochaines élections fédérales. L’annonce avait été faite par Claude Gilles, un des porte-parole du mouvement et ancien membre d’un micro-parti classé à l’extrême droite." En France, une première liste 'Gilets jaunes' s'est déclarée et la différence établie par Libération ne résiste pas à l'épreuve du temps et elle est proche de Macron, pour retirer des voix à ses concurrents aux Européennes, en passant pour contestataire.

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Libération a également convoqué la Serbie en appui de sa démonstration. "En Serbie, un leader d’un mouvement de droite nationaliste, Boško Obradović, est intervenu au parlement avec un gilet jaune pour demander une baisse du prix des carburants… menaçant de manifestations comme en France." Quiconque revêt un gilet jaune serait d'extrême droite, selon Libération, dans sa tentative primaire de diabolisation du mouvement : ainsi, le député Jean Lassalle, ci-dessus ?


Aux Pays-Bas, la contestation se fait dans une ambiance plus apaisée.
 Samedi dernier, 120 Gilets jaunes se sont retrouvés devant le parlement à la Haye. Certains ont également bloqué une autoroute, alertant sur leurs difficultés financières. Des rassemblements néerlandais contre la vie chère et la politique de leur gouvernement se sont tenus à Amsterdam, Rotterdam ou La Haye.
Un sondage posté sur un groupe Facebook Gilets Jaunes auquel ont participé plus de 600 internautes, indique toutefois que, outre une meilleure prise en charge des frais de santé ou la démission du Premier ministre Mark Rutte, l’immigration et le "pacte de Marrakech" (un texte émanant de l’ONU et organisant les migrations internationales qui devait être signé le 10 décembre par les chefs d’Etat, et auquel l’extrême droite s’oppose fermement ) occupent deux des trois premières places. 
Libération n'envisage pas que les Gilets jaunes mettent l'Union européenne en question du fait des accords de Schengen, un traité sur la suppression des contrôles aux frontières européennes, signé en 1985.

En Allemagne, c'est l'extrême droite qui s'est emparée du mouvement. Trois organisations ont appelé leurs soutiens à manifester devant la porte de Brandebourg à Berlin. Ils protestaient contre le Pacte des Nations Unies, souhaitant "des migrations sûres, ordonnées et régulières". Un combat éloigné de celui des Gilets jaunes français qui a pris ses racines dans les taxes, notamment la hausse des prix des carburants.
Des Gilets jaunes à Bruxelles, le 8 décembre dernier.

Si la chancelière Angela Merkel avait apporté son soutien à Emmanuel Macron au début de la crise en France, elle a changé de ton avec l'apparition de "Gelbe Westen", des Gilets jaunes. Au début décembre, une manifestation anti-Merkel s’était même tenue à Berlin, à l’appel notamment du mouvement anti-islam Pegida, réunissant moins d’un millier de personnes.

En Hongrie, le jaune fleurit dans les manifestations anti-Orban
Dans ce pays dirigé par le conservateur Viktor Orban, l’actualité sociale est surtout marquée par un mouvement de protestation contre une loi assouplissant le droit du travail et en particulier les heures supplémentaires. Des manifestations sont organisées quotidiennement, celle du 16 décembre ayant rassemblé jusqu'à 15.000 participants. Or, dans ce mouvement, certains manifestants ont enfilé gilets jaunes en écho aux protestations françaises.

En Pologne, les agriculteurs enfilent le gilet
On a pu compter quelque 300 agriculteurs polonais revêtus d'un gilet jaune pour bloquer pendant plusieurs heures une autoroute en direction de Varsovie. La référence au mouvement français était assumée, afin de se faire davantage entendre. Mais l’action s’est terminée dans le calme, après des discussions avec la police et rencontre avec le ministre de l’Agriculture.
Ces manifestants réclamaient une aide aux éleveurs touchés par la peste porcine africaine (PPA). Ils ont lancé un ultimatum au gouvernement, qui avait jusqu’à la mi-janvier pour satisfaire leur demande. 

Et aussi…
  • Au Portugal, des appels à manifester ont été lancés sur Facebook pour mettre le pays "à l’arrêt" en s’inspirant du mouvement français. En décembre, les autorités se préparaient à cette première journée de mobilisation, tout en rappelant l’obligation de déclarer à l’avance toute mobilisation.
  • Au Royaume-Uni, où l’accord sur le Brexit avec l’UE divise, quelques partisans d’une sortie de l’Europe ont sorti pour la deuxième fois le gilet jaune à Londres, perturbant notamment le trafic routier. Libération tient absolument à ce que l'apparition des gilets jaunes en Angleterre soit aussi fortement liée aux groupes d’extrême droite, tout en admettant que le contexte particulier du Brexit puisse avoir un rôle, mais sans indiquer que les pro-Brexit se répartissent également entre Conservateurs et Travaillistes, sachant que la tête de ces derniers, Jeremy Corbyn, chef de l'opposition officielle, marqué à la gauche du parti, et fortement contesté (il fut mis en minorité) est un partisan ambigu de l'UE. Mediapart observa ainsi qu'il se montra "extrêmement réticent à se lancer dans la campagne référendaire"."










  • Même tableau en Irlande, où une centaine de personnes s’était réunie dans le centre-ville de Dublin.




  • En Bulgarie, des blocages d’axes routiers étaient intervenus dès le mois de novembre pour protester contre la flambée du prix des carburants.
  • En Italie, des revendications anti-europe retiennent l'attention de Libération. La mobilisation des gilets jaunes s’est lancée sur les réseaux sociaux en Italie, avec la création le 19 novembre d’une page Facebook, 'likée" plus de 6.000 fois. Parmi les revendications, on retrouve pêle-mêle la baisse du prix du carburant et de certaines taxes, mais aussi des revendications europhobes, clairement hostiles à la directive Bolkestein conférant  l'application du droit du travail au pays d'origine du travailleur et non plus au pays dans lequel s'effectue le travail, le droit), ce que Libération évite de préciser.




  • Dans le reste du monde, des Gilets jaunes ont manifesté vendredi dernier en Israël, contre l'augmentation du coût de la vie, sept ans après un large mouvement de contestation sociale contre la vie chère.
    D’autres tenues fluorescentes ont été aperçues dans des manifestations au Liban, en Afrique du Sud, en Russie et même en Irak, à Bassora, deuxième ville du pays.

  • Macron est vraiment le champion de la planète...


    Quel est le rôle exact d'Ingrid Levavasseur ?
    Cette aide-soignante de 31 ans  a été aussitôt étiquetée "Gilet jaune modérée ". Bizarrement, cette contestataire consensuelle est originaire de l'Eure, tout comme Sébastien Lecornu, son ex-député, avant d'être ministre des Collectivités territoriales et co-"animateur" du "grand débat national" organisé pour circonvenir le mouvement des Gilets jaunes, et département d'accueil de ce Barnum itinérant de Macron pour sa première représentation à Grand Bourgtheroulde, dont le maire (2016-2017) fut Bruno Questel, avant d'être député LREM.
    Cette tête de caravane macronienne est première de cordée sur la liste du "ralliement d'initiative citoyenne", l'autre RIC: pour les Européennes (et les municipales qui suivront) ? Inféodée à LREM, sert-elle à renouer le lien entre le mouvement des gilets jaunes et l'UE ?