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jeudi 17 octobre 2019

Brexit : Macron s'aligne sur Merkel

Avec la chancelière, il affiche un optimisme raisonné sur les chances d'un accord sur le Brexit, la défense et le droit

Macron et Merkel sont convenus d'avancer sur leurs projets communs en matière de défense ou "de droits voisins"
Capture d'écran de BFMTV d'Emmanuel Macron, qui s'essaye au tennis en siège roulant, pour défendre la candidature de Paris au Jeux olympiques de Paris 2024.
Macron, président en situation de handicap
"Je veux croire qu'un accord est en train d'être finalisé (sur le Brexit) et que nous pourrons ainsi le consacrer demain" à Bruxelles, envisage désormais le président français dans une conférence de presse avec Angela Merkel, lors d'un conseil des ministres franco-allemand jeudi à Toulouse, à la veille d'un sommet européen. "Je pense de plus en plus que nous obtiendrons cet accord", a confirmé la chancelière. "Nous sommes dans le sprint final". 

Le 22 août dernier, Macron n'était pourtant guère conciliant sur le Brexit.
 Le locataire de l'Elysée et le premier ministre britannique avaient affirmé leur volonté de trouver un accord pour une sortie ordonnée du Royaume-uni de l'Union européenne, en jugeant possible de s'entendre sur la frontière irlandaise, mais le Français jouait encore la carte de la fermeté.
Lorsque, pour la deuxième étape de sa première tournée à l'étranger depuis son arrivée au pouvoir fin juillet, le premier ministre britannique, Boris Johnson, déclara dans la cour de l'Elysée :"Je veux un accord. Je pense que nous pouvons avoir un accord et un bon accord" en vue d'un Brexit, le 31 octobre, à son côté, Macron s'était montré plus prudent sur la possibilité qu'une solution puisse être trouvée "dans les 30 prochains jours" entre Londres et les 27, après un référendum populaire de sortie de l'UE et trois ans d'atermoiements. 
Boris Johnson et Emmanuel Macron, le 22 août 2019
Nuque raide, Macron se voulait le plus sévère de l'UE.
Les moyens de parvenir à un Brexit devaient occuper l'essentiel du déjeuner entre Emmanuel Macron et Boris Johnson, à la veille du sommet du G7 à Biarritz. La presse britannique, notamment, le dépeignait souvent "comme le plus dur de la bande" au sein de l'Union européenne sur le dossier du Brexit. "Je suis comme la chancelière Merkel confiant sur le fait que l'intelligence collective et notre volonté de construire doivent nous permettre de trouver quelque chose d'intelligent dans les 30 jours s'il y a une bonne volonté de part et d'autre" mais, "en même temps", "j'ai toujours dit très clairement : il y a un choix qui a été fait (par les Britanniques), donc ça ne sert à rien d'essayer de ne pas appliquer ce choix", avait-il insisté.

Interrogé sur les pressions contre la Turquie pour la faire interrompre son offensive contre les rebelles Kurdes de Syrie, Macron a promis "des initiatives" floues avec des membres de l'OTAN "pour continuer pression, dialogue et résolution de cette crise, de cette situation inacceptable", mais sans évoquer d'éventuelles sanctions.

La France de Macron et Le Drian est un gros fournisseur d'armes à la Turquie.
Or, le 12 octobre, Macron s'est résolu à annoncer la suspension de "tout projet d’exportation vers la Turquie de matériels de guerre susceptibles d’être employés dans le cadre de l’offensive en Turquie". Un gros manque-à-gagner pour la France...
La France ne s'est d'ailleurs pas précipitée pour suspendre - une partie de -  ses exportations d’armes vers la Turquie : la décision de Paris est intervenue après celles de l’Allemagne et des Pays-Bas. Elle a été annoncée juste avant le conseil des Affaires étrangères de l’UE qui doit se tenir ce lundi 14 octobre à Bruxelles. Les ministères français des Armées et des Affaires étrangères l'ont prise, avec "effet immédiat",  en réaction à l’opération militaire lancée par la Turquie contre la Syrie. Les rebelles kurdes syriens, supplétifs de l’armée turque, ont en effet lancé une offensive contre une milice kurde, deux jours après que les Etats-Unis ont retiré des militaires américains déployés dans certains secteurs du Nord syrien.
Cette mesure de Paris est censée mettre la pression sur Recep Erdoğan. Mais suspendre les exportations d’armes vers la Turquie n’est pas sans conséquence pour les finances de la France. En effet, selon le rapport publié en 2019 par le ministère de la Défense et rendu public en juin, les industriels français ont reçu de la Turquie l’équivalent de 594,5 millions d’euros de commandes en dix ans, explique Le ParisienEn 2018, Ankara a ainsi versé 45,1 millions d’euros pour des armes françaises, bien moins qu’en 2017 où les sommes atteignaient 198,2 millions d’euros ou qu’en 2010 où la Turquie avait dépensé 209,3 millions d’euros pour l’achat de matériel militaire en provenance de l’Hexagone. Concernant les livraisons concrètes d’armes vers la Turquie, c'est-à-dire celles qui quittent in fine le territoire et sans prendre en compte les services associés, on atteint les 461,7 millions d’euros en dix ans, dont 50,6 millions l’an dernier, détaille le quotidien.

La rencontre franco-allemande de mercredi a abouti à plusieurs projets communs
Emmanuel Macron, Jean-Yves le Drian et Florence Parly à la préfecture de Toulouse le 16 octobre 2019 ( POOL / Guillaume HORCAJUELO )
La presse française montre  Macron, Jean-Yves le Drian et Florence Parly de face
à la préfecture de Toulouse le 16 octobre 2019, mais leur invitée, Angela Merkel, de dos...
Elle a conduit à la consolidation de leurs projets militaires communs - avion de combat du futur et char du futur - et à la conclusion d'un accord sur les exportations d'armes, pomme de discorde entre les deux pays.
avec une vingtaine de leurs ministres, 
L'accord laisse chaque pays décider librement d'exporter ses armes, avec l'accord automatique de l'autre. Y compris si ces équipements comportent des composants de l'autre pays, mais en dessous d'une faible pourcentage, qui n'a pas été précisé.
La décision allemande de suspendre ses ventes d'armes à l'Arabie Saoudite en raison de la guerre au Yémen a jusqu'ici bloqué des ventes de matériels militaires d'Airbus qui intègrent des composants allemands.
Macron a par ailleurs réaffirmé sa volonté de continuer les ventes d'armes à Ryad, assurant que ces équipements n'étaient pas dirigés contre le Yémen. Il a lancé au passage une pique contre son invitée, invitant les journalistes à examiner les ventes qui s'effectuent via des pays tiers.

En revanche, Merkel et Macron ont réussi à parler d'une même voix.
Ainsi réclament-ils l'adoption rapide du "Pacte Vert" pour l'Europe proposé par Ursula von der Leyen. Ils ont en particulier soutenu l'instauration d'un prix minimum du carbone au niveau européen, en vue d'une future taxe carbone aux frontières.

Il ont également affiché leur volonté de contraindre Google à rémunérer les producteurs de contenus, dont la presse, au titre des "droits voisins", comme l'y oblige une récente directive européenne. Il reste à Facebook ou tumblr à respecter les contenus qui leurs sont offerts et sur lesquels ils veulent faire commerce, sans considération de langue ou de préférences politiques. Nous aborderons plus tard le sujet sensible du "shadow banning" qu'ils pratiquent, comme Blogger (Google), et qui consiste à mettre sous le boisseau les contenus qu'ils n'apprécient pas : cette pratique sournoise consiste à bloquer tout ou partie - pour des raisons généralement hypocritement "techniques" ou sans raison explicite - des échanges de la communauté en ligne d'un utilisateur, ou du contenu qu'il produit. Cette mise au placard commence avec une disparition des moteurs de recherche, partielle ou intermittente, mais se concrétise par une baisse de fréquentation, des statistiques et des commentaires et autres 'likes' par des robots de tripatouillage.

"Certains acteurs comme Google veulent s'en affranchir [du Pacte Vert]. Nous ne laisserons pas faire, assure Macron, 1,75m, et très clairement demandons aux autorités nationales et européennes de la concurrence d'examiner et d'engager au plus vite toutes les procédures possibles", a grondé Macron. Comme à son habitude, alors qu'il se pose en champion de l'anti-dumping, disant lutter contre la concurrence déloyale de pays comme la Chine ou l'Inde sur l'acier, il demande aux autres (Trump, ici, ou les collectivités territoriales, là), de faire le boulot à sa place...
Face à la concurrence déloyale européenne, les Etats-Unis menacent d'appliquer dès vendredi des taxes à des produits européens en représailles aux prêts publics à Airbus, Paris et Berlin n'avaient pas d'autre choix que de se montrer fermes aussi. "Nous avons partagé nos préoccupations sur les tensions commerciales : l'Europe ne doit faire preuve d'aucune faiblesse et défendre avec clarté ses intérêts et ses règles", a lancé le président français.
Obligés de maintenir leur soutien protectionniste à Airbus,  tous deux sont allés vers midi visiter la chaîne d'assemblage de l'A350 au siège de l'avionneur et déjeuné à bord d'un Airbus-école avec de jeunes apprentis. "Il y a 50 ans, des décisions ont permis de développer une coopération étroite entre nos deux pays. Nous ferons tout pour garantir le succès de cette entreprise", a lancé la chancelière.

Les deux dirigeants ont également privilégié les sujets de défense.
Ils ont décidé de présider un conseil de défense avec les ministres impliqués. Les futurs avions (SCAF) et chars (MGCS) de combat élaborés en commun doivent remplacer les Rafale et les Eurofighter, le MGCS, sous direction allemande, les Leclerc et Leopard.

Angela Merkel et Emmanuel Macron ont été rejoints par la présidente élue de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Tous trois parleront industrie au cours d'une rencontre dînatoire avec les patrons d'une cinquantaine de grands groupes industriels européens.

Jeudi à Bruxelles, contre son soutien au programme de la nouvelle présidente, Macron espère obtenir des deux dirigeantes l'inclusion de 'Renew Europe' (groupe Alliance des démocrates et des libéraux, ADLE, sa tendance minoritaire au Parlement européen, dirigée par un Roumain) et la constitution d'une coalition qui l'inclurait, puisqu'il a échoué à phagocyter le Parlement de Strasbourg.
L'échec de la liste menée par la malveillante Nathalie Loiseau (à laquelle il a dû se substituer, sans réussir à redresser la situation), et le rejet par les eurodéputés de la candidate française à la Commission Sylvie Goulard, pour des raisons d'éthique, fait craindre à Macron une hostilité larvée du Parlement.

Avant le sommet européen qui démarre à la mi-journée, personne ne prenant conscience d'un accroc au principe de séparation des pouvoirs entre un président et des députés, fussent-ils européens, pour la première fois, Macron participera donc à la réunion pré-sommet du groupe parlementaire Renew, qui regroupe les formations centristes autour de La République en Marche.
L'Elysée a indiqué que pour remplacer Sylvie Goulard évincée pour des raisons d'éthiques - à Bruxelles, quand Paris en manque -  Macron ne proposera pas de nouveau candidat dans l'immédiat : l'excuse du bras cassé aux mains vides, c'est l'attente que soit  résolue "l'instabilité politique", selon lui, au Parlement européen. L'entrée en fonction de la nouvelle Commission sans tête a d'ailleurs été repoussée d'un mois, au 1er décembre.

dimanche 10 janvier 2016

L'Allemagne hébergeait le terroriste du 18e en foyer de réfugiés...

Le terroriste abattu devant un commissariat du 18e venait d'un foyer de réfugiés en Allemagne

Une vague de compassion récompensée

En septembre dernier, un nombre record de migrants était arrivé en Allemagne à l'invite d'Angela Merkel et tandis que l' "audacieux" François Hollande appelait les "réfugiés" à se diriger Outre-Rhin, son premier ministre, Manuel Valls, avait appelé l'Europe – et donc l'Allemagne – à fermer sa porte aux migrants.

De part et d'autre du Rhin, les populations ont depuis compris leur douleur, notamment à Cologne où une action concertée d'islamistes très bien intégrés a donné lieu à des agressions sexuelles aux abords de la gare centrale pour la Saint-Sylvestre. A Paris, un terroriste, un peu allemand et beaucoup djihadiste, se lançait quant à lui à l'assaut d'un commissariat du 18e arrondissement, un hachoir à la main.

Lors d'une perquisition de routine,  samedi, dans un foyer de demandeurs d'asile dans l'ouest de l'Allemagne, à Recklinghausen en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, la police allemande a découvert que l'assaillant abattu devant un commissariat 18e arrondissement de Paris y était hébergé. L'islamiste hâtivement décrit  comme "déséquilibré" et dont l'identité double n'est toujours pas confirmée, avait déposé une demande d'asile sous un troisième nom, soupçonne la police allemandeElle n'a pas précisé si cet homme était enregistré comme demandeur d'asile en Allemagne, mais une source proche du dossier l'affirme. Une carte SIM allemande avait d'ailleurs été retrouvée en la possession du terroriste. 

Le terroriste islamiste 
avait peint un symbole de l'EI sur un mur de son foyer,
Remerciements à "Mama" Merkel...
révèle dimanche l'hebdomadaire allemand Welt am Sonntag
. Le magazine Spiegel assure aussi qu'il a posé dans le centre d'accueil avec un drapeau de l'organisation, ce qui a amené les autorités locales à le surclasser de "déséquilibré" à "potentiellement dangereux". Puis, il a disparu de Recklingshausen au mois de décembre, note Spiegel Online. 

Welt am Sonntag précise pour sa part que "l'homme" (comme s'obstine à le désigner l'AFP et, derrière elle, les godillots de la presse "libre et indépendante") 
- bien qu'il crie "Allah Akbar" un hachoir au poing - était enregistré en Allemagne sous quatre identités différentes et en donnant des nationalités variables, par exemple syrienne, marocaine ou encore géorgienne. Ainsi, sa demande d'asile aurait-elle été déposée sous le nom syrien ou albanais de Walid Salihi, selon le journal. 

Une volonté de désinformation:

Les auteurs des crimes sexuels étaient en majorité des demandeurs d’asile: "Lors des contrôles d’identité effectués, les personnes ne disposaient, majoritairement, que de documents remis aux demandeurs d’asile par l’Office fédéral des migrations et des réfugiés. En règle générale, ils ne disposaient pas de papiers d’identité."

Les services français ne disposaient jusqu'à présent que de deux identités pour le même djihadiste

Star Wars à la Goutte d'Or, Paris 18e
Sallah A., le nom donné lors d'une précédente affaire en 2013, et Tarek B., comme il a été identifié par une famille en Tunisie. Et encore l'Agence de presse française fait-elle de la dissimulation. Ce Tarek B. s'appellerait Belkacem, comme la ministre de l'Education de Hollande, Najat Vallaud-Belkacem...
BFMTV assure toutefois avoir rencontré un proche de la famille de l'individu,qui assure qu'il se prénomme Tarek Belgacem. L'agresseur marocain (ou tunisien, allez savoir) n'est pas son cousin...

"Aucun indice" d'autres attaques
Lors de la perquisition de ce foyer situé à Recklinghausen en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, "aucun indice de possibles autres attaques" n'a été trouvé. Précisant avoir agi sur information des autorités françaises, la police judiciaire assure que "les enquêtes se poursuivent" et que les résultats de la perquisition vont encore être examinés en détail.

Un an jour pour jour après les attentats contre Charlie Hebdo, le terroriste islamiste était arrivé en courant vers les policiers en faction devant le commissariat de la Goutte d'Or, un quartier multi-culturel de Paris, en brandissant un hachoir de boucher, et muni d'un dispositif explosif factice. Il n'a pas répondu aux injonctions de s'arrêter des policiers, qui ont alors ouvert le feu. Une revendication djihadiste incluant une profession de foi de l'organisation Etat islamique a été retrouvée sur "l'homme", selon les autorités françaises.
Les tensions dans Barbès, où se situe le quartier de la Goutte d'Or, sont très préjudiciables à l'activité touristique de Montmartre qui se trouve au nord du 18e arrondissement d'Annick Lepetit, députée, et de Daniel Vaillant, (ex-) député, PS.


jeudi 26 novembre 2015

Hollande cherche de l'aide auprès d'Obama, Cameron, Merkel et même Poutine face au terrorisme islamiste

Les "alliés" compatissent mais renâclent

Hollande peine à mobiliser les occidentaux

Après être allé prendre les consignes de Barack Obama à Washington mardi 24, le président français doit recevoir la chancelière allemande avant de rencontrer le président russe à Moscou. A l'ordre du jour des discussions, la mise en place d'une "grande coalition" face à l'EI.


De retour dépité de Washington où il a tenté en vain de faire passer Barack Obama des paroles aux actes dans la lutte contre le groupe État islamique (EI), le président français  a reçu la chancelière allemande, Angela Merkel à Paris mercredi 25 novembre, avant de rencontrer ce jeudi, le président russe, Vladimir Poutine, à Moscou, sans être parvenu à obtenir d'inflexion des États-Unis vis-à-vis de la Russie. Un dîner de travail figure à leurs agendas pour 20 heures.
Les Etats-Unis et la France ont décidé mardi d'intensifier leurs opérations militaires contre l'Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak et de coordonner leurs renseignements sur la menace intérieure. Mais plusieurs problèmes de personnes  restent entiers sur la place à réserver au président Bachar al-Assad dans une éventuelle transition politique de la Syrie et sur la confiance à accorder à Poutine dans une éventuelle coordination des moyens militaires contre Daesh. "On est probablement plus enclin à travailler avec M. Poutine que M. Obama ne l'est à ce stade", a reconnu une source diplomatique française.

Lundi matin, François Hollande et David Cameron s'étaient recueillis sur le site du Bataclan, une des cibles des attentats qui ont fait 130 morts le 13 novembre à Paris,
avant de prendre la direction de l’Elysée pour un entretien sur la lutte contre le terrorisme et la Syrie. C'était la première étape dans la quête diplomatique de François Hollande d’une coalition "unique" contre les djihadistes de l’organisation Etat islamique en Syrie et en Irak.
Le Premier ministre britannique David Cameron a affirmé  sa "ferme conviction" personnelle que le Royaume-Uni doit intervenir militairement en Syrie: "Je soutiens fermement l’action que le président Hollande a entreprise pour frappe l’Etat islamique en Syrie", a-t-il assuré, soulignant toutefois qu'il reste à entraîner le parlement britannique à le suivre. David Cameron a précisé qu’il lui proposera cette semaine  une "stratégie globale pour affronter l’Etat islamique".
 
"Nous mènerons le combat ensemble contre ceux qui ont commis l'inconcevable contre vous", affirmait la chancelière allemande,
tout de noir vêtue, le 14 novembre à Berlin, au lendemain des attaques de Paris et Saint-Denis. Pour autant, l'Allemagne ne semble pas prête à s'engager davantage dans la coalition internationale qui lutte depuis septembre 2014 contre l'expansion de Daesh en Irak d'abord, puis, pour quelques uns des partenaires de cette coalition, en Syrie.

Depuis quatorze mois, l'Allemagne a choisi d'envoyer des armes aux peshmergas, ces combattants kurdes qui luttent sur le terrain contre l'EI, mais Berlin a refusé d'engager des moyens aériens, comme si les Allemands ne croyaient pas à l'efficacité de cette méthode. En revanche,
à la fin de l'été, la chancelière a lancé son ministre des Affaires étrangères dans un marathon diplomatique pour mettre un terme au conflit religieux qui gangrène la Syrie où les Sunnites s'opposent aux Alaouites,  groupe ethnique et religieux du nord du pays, auquel appartiennent  les présidents al-Assad, père et fils. Au point de conclure, fin octobre, à l'inverse de la position française d'alors qu' "il faut parler avec de nombreux acteurs, et cela implique (Bachar al) Assad". "Il y en a d'autres", avait-elle ajouté à la fin d'un sommet extraordinaire des 28 à Bruxelles, consacré à la crise migratoire en Europe. Et de citer "non seulement les États-Unis, la Russie, mais aussi les partenaires régionaux importants, les Chiites d'Iran, des pays sunnites comme l'Arabie saoudite".
 
Ce mercredi matin, la ministre de la Défense allemande Ursula von der Leyen a toutefois annoncé devant la commission défense du Bundestag sa volonté d'envoyer 650 soldats allemands... au Mali, afin d'épauler la France sur le front du terrorisme.

Parée de sa nouvelle aura de défenseur des réfugiés, Angela Merkel, appelle à "parler à Assad", elle qui ­est si réfractaire aux mots 'guerre" ou 'opération militaire '

Avant d'avoir sensibilisé l’ensemble des dirigeants des membres du Conseil de sécurité des Nations unies, outre  l'italien, Hollande doit encore rencontrer son homologue chinois Xi Jinping, dimanche.  

La "grande coalition", comprendre "unique" face à l'organisation terroriste reste hypothétique


En dépit de la volonté de Hollande de faire front contre l'Etat islamique qui a revendiqué les assassinats islamistes de masse à Paris, le vendredi 13 novembre 2015, les divergences avec la Russie et l'Iran sur la Syrie sont toujours aussi fortes.
"Nous sommes tous Français", a lancé, dans la langue de Molière, le président américain au cours d'une conférence de presse à la Maison Blanche, mais cette déclaration médiatique n'a pourtant été suivie d'aucune annonce spécifique, le dirigeant américain se bornant à plaider pour l'intensification des échanges de renseignement.
L’entraînement des rebelles dits "modérés" par les Etats-Unis est un tel échec que le président russe s’en moque ouvertement : "Soixante de ces combattants ont reçu une formation digne de ce nom. Seuls quatre ou cinq restent armés. Les autres ont déserté avec les armes américaines pour rejoindre l’Etat islamique." Pis encore, l’Irak vient, sans prévenir les Américains, d’amorcer un accord de partage de renseignements avec l’Iran, la Russie et la Syrie. De quoi rendre fou furieux Barack Obama. 

Hollande ne paie-t-il aujourd'hui le prix de ses agressions passées ?

Certes, il ne peut être tenu pour responsable de la destruction d'un avion de combat russe, abattu mardi
par la Turquie, pays membre de l'OTAN, dans l'espace aérien syrien, près de la frontière commune. Cet incident, le plus grave depuis le début de l'engagement militaire russe au côté de Bachar al-Assad, a provoqué la colère du président russe, qui a dénoncé un "coup de poignard dans le dos" porté par les "complices des terroristes".

Au G20 de Brisbane à la mi-novembre 2014, l'ombre des navires de guerre que Hollande refusait toujours de livrer à Moscou avait plané sur les relations diplomatiques entre la Russie et l'Occident qui accuse Poutine d'avoir annexé la Crimée dont la population majoritairement russophone demandait à quitter l'Ukraine et à  s'associer à la Russie. Le premier porte-hélicoptères -rééquipé aux frais de la France- sera le seul finalement livré, à l'Egypte, mais payé par l'Arabie saoudite, a-t-on appris. Un geste dont Hollande reste redevable au roi du pétrole.


Alors que l'embargo occidentale continue, Hollande prétend rallier la Russie...
 
La Russie reste sous le coup de sanctions économiques décidées par une Union européenne aujourd'hui dans l'impasse. La Russie a en effet riposté aux sanctions occidentales en interdisant, pendant un an, toute importation de la plupart des produits agroalimentaires occidentaux. Or, la Russie est le deuxième client, après les États-Unis, de la filière agricole et agroalimentaire européenne. Les Russes importaient ainsi 8 % des exportations agricoles et agroalimentaires françaises, ce qui représentait 1 milliard d'euros par an. "Les fruits sont les premiers concernés par l'embargo en France, suivis des fromages et produits laitiers puis la viande et le poisson, déplorait Xavier Beulin (FNSEA). Le préjudice avait été instantané pour les producteurs français de fruits d'été comme les pêches ou les nectarines à durée de vie limitée."
François Hollande est partie prenante à ce chaos diplomatique. Il était même moteur, mais doit réviser ses positions désastreuses. Après avoir ostensiblement ignoré Poutine pour éviter de lui serrer la main, François Hollande ne rappelle plus non plus que les Etats-Unis lui ont fait faux bond en 2013, alors qu’il voulait déjà frapper la Syrie. Le 13 novembre, l es djihadistes de Daesh en Europe ont tenu à rappeler qu'ils n'ont pas oublié que Hollande est un va-t-en-guerre, si isolé et sous-équipé soit-il.
C’est dans ce climat glacial que le président François Hollande arrive à Moscou, jeudi 26 novembre, deux jours seulement après s’être rendu à Washington.
Tant qu'il n'y aura pas de "changement stratégique" de la part du président russe sur ce point, la coopération sera "très difficile", a clairement averti Barack Obama, signifiant à Hollande que la position américaine sur le dossier n'a pas bougé. "Si leur priorité est d'attaquer l'opposition modérée qui pourrait faire partie d'un futur gouvernement syrien, la Russie n'aura pas le soutien de notre coalition", a maintenu Obama. Au grand dam du capitaine de pédalo.




Le président français a appelé Poutine à reconsidérer son soutien à Bachar al-Assad, celui-ci n'ayant "pas sa place" dans une transition politique, selon lui. "Dès lors qu'il a été le problème, il ne peut pas être la solution", a-t-il affirmé.



mardi 22 septembre 2015

L'UE recule sur la répartition des migrants: de "contraignante" à "volontaire"

Les réfugiés sont distribués dans les Etats membres de l'UE, qu'ils en veuillent ou non 

La décision de répartition de l'effort d'accueil de réfugiés a été prise

Les Etats membres de l'Union européenne ont adopté mardi la décision de  120.000 réfugiés en deux ans, dans 23 des 28 Etats membres, en provenance prioritairement d'Italie et de Grèce. La Hongrie est absente de la liste, ainsi que la Grèce et l'Italie.

Le texte précise déjà la destination précise de 66.000 d'entre eux.
Les 54.000 restants devraient également être "relocalisés" à partir d'Italie et de Grèce, mais le Conseil de l'UE n'exclut pas d'autres provenances si une situation exceptionnelle devait se présenter.
Ce point devra ainsi être confirmé ultérieurement, mais leur répartition devrait être "proportionnelle" à la clé de répartition déjà utilisée pour les 66.000, a précisé la présidence luxembourgeoise du Conseil.

Voici un tableau récapitulant la destination entérinée des 66.000 premiers réfugiés concernés par le mécanisme, sur les 120.000 qui le seront à terme.

ETATS / Réfugiés d'Italie / Réfugiés de Grèce / Total
-----------------------------------------------------------
Allemagne: 4.027 
 / 13.009  / 17.036 (elle recherche des demandeurs d'emploi)
Autriche: 462  / 1.491  / 1.953
Belgique: 579  / 1.869  / 2.448
Bulgarie: 201  / 651  / 852
Chypre: 35  / 112  / 147
Croatie: 134  / 434  / 568
Espagne: 1.986  / 6.127  / 8.113
Estonie: 47  / 152  / 199
Finlande: 304  / 982  / 1.286
France: 3.064  / 9.898  / 12.962 (elle ne recherche pas de demandeurs d'emploi)
Lettonie: 66  / 215  / 281
Lituanie: 98  / 318  / 416
Luxembourg: 56  / 181  / 237
Malte: 17   / 54   / 71
Pays-Bas: 922  / 2.978  / 3.900
Pologne: 1.201  / 3.881  / 5.082 (contre son gré)
Portugal: 388  / 1.254  / 1.642
Rép. tchèque: 376  / 1.215  / 1.591
Roumanie: 585   / 1.890   / 2.475
Slovaquie: 190   / 612   / 802 (contre son gré)
Slovénie: 80  / 257   / 337
Suède: 567   / 1.830   / 2.397
-----------------------------------------------------------
TOTAL: 15.600 50.400 66.000


Le Royaume-Uni, le Danemark et l'Irlande ne sont pas concernés par cette répartition
: ils disposent d'une option de retrait des politiques européennes liées à ces questions
C'est un peu fort de thé si on considère les attaches naturelles et historiques du Royaume-Uni avec les pays de son ex-empire colonial et  ses liens actuels avec les états-membres du Commonwealth. Il est vrai aussi qu'il ne compte ni état du Proche- ni du Moyen-Orient...

Finis les quotas... 

Le 9 septembre 2015, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait exhorté les Etats de l’Union européenne à se répartir d’urgence l’accueil de 160.000 réfugiés (40.000 réfugiés + 120 000 clandestins se trouvant en Italie, en Grèce et en Hongrie), plaidant pour que le Vieux Continent fasse preuve de davantage "d’union". 

Juncker insistait même pour que l’UE mette en place "un mécanisme permanent (…) qui nous permettra de faire face plus rapidement à l’avenir" et d’éviter de laborieux marchandages entre Etats.

Avant de rétropédaler face au déferlement d'arrivants, la chancelière Angela Merkel avait de nouveau réclamé une "répartition contraignante" des réfugiés entre tous les pays de l’UE. Son porte-parole a aussi indiqué que l’Allemagne était " ouverte" à l’idée d’un sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne au sujet de la crise migratoire.

David Cameron s’était engagé à accueillir 20.000 réfugiés sur cinq ans, mais 
le premier ministre britannique ne voulait pas entendre parler de quotas de réfugiés, s'opposant au plan d’accueil proposé par la Commission européenne.

Après avoir paru en retrait, la France accueillit alors un premier contingent de deux cents Syriens et Irakiens déroutés d’Allemagne, contre leur volonté, mais  par "solidarité" selon Cazeneuve. En tout, un millier devrait arriver avant le vendredi 11 septembre. Et au cours des deux prochaines années, Hollande s’est dit prêt à ouvrir les portes de la France à 24.000 réfugiés, réélu ou non.

lundi 13 juillet 2015

Grèce: un accord arraché "un revolver sur la tempe", selon Mélenchon

Ce proche de Tsipras met en cause Hollande et attaque Merkel frontalement

François Hollande n'était qu'un "simple assesseur" de la chancelière allemande, Angela Merkel,
explique Jean-Luc Mélenchon, PG, en rupture totale avec les éléments de langage initiés par Valls et Sapin et repris en choeur par la presse aux ordres. A cet égard, BFMTV aura manqué de la plus élémentaire pudeur et de l'objectivité élémentaire qu'impose la déontologie professionnelle aux media qui se respectent. 

Co-fondateur du Parti de gauche, proche de Syriza, le parti d'extrême gauche de Tsipras, Mélenchon a critiqué lundi un accord arraché à Alexis Tsipras "un revolver sur la tempe", dans lequel François Hollande n'est qu'un "simple assesseur" de Mme Merkel.
VOIR et ENTENDRE Mélenchon dénoncer ce compromis et les efforts des Européens condamnés à garder l'enfant prodigue grec dans la famille:

VOIR et ENTENDRE comment, en revanche, le pompeux Valls glorifie le rôle prêté à Hollande, aux limites du ridicule de l'outrance:


Dans une tribune publiée par le Journal du dimanche,
F. Fillon  (LR) accuse Hollande : "une solution aurait peut-être été possible plus tôt si vous n'aviez pas joué un trouble jeu : rigoureux en compagnie d'Angela Merkel, complaisant en coulisses avec Alexis Tsipras", écrit Fillon. "Votre activisme pour sauver Athènes éclipse temporairement nos propres échecs économiques, sociaux et financiers.
Et Alain Juppé, quant à lui, ne juge "pas étonnant que les Français fassent plus confiance à Merkel qu'à Hollande."




"Telle est dorénavant l'Union européenne, poursuit le leader d'extrême gauche. Un revolver sur la tempe, une nation déjà asphyxiée et placée sous blocus financier doit conclure un 'accord' après treize heures de 'discussion' ", a dénoncé l'admirateur de Castro et Gargamel de la BD (ci-dessus), ennemi déclaré des Schtroumpfs européens.

Sur quelle base, les membres de la zone euro auraient-ils retrouvé la confiance perdue en Tsipras ?
Alain Juppé  (LR) écrivait le 6 juillet :
"La Grèce n’est plus en mesure aujourd’hui d’assumer les disciplines de la zone euro. Chercher à l’y maintenir à tout prix, par des arrangements de circonstance, fragiliserait l’ensemble du système. Nous devons l’aider à organiser sa sortie, sans drame."
"Le gouvernement d'Alexis Tsipras a résisté pied à pied comme nul autre ne l'a aujourd'hui fait en Europe," considère Mélenchon mais, sans illusions sur la capacité du premier ministre à réformer et sur la volonté des Grecs de se responsabiliser, le patron radical du Parti de gauche estime, entre autres, qu' "il [Tsipras] accepte donc un armistice dans la guerre qui lui est menée."
L'ancien candidat à l'élection présidentielle de 2012 a également reproché à Hollande d'avoir "beaucoup trop tardé à intervenir" et "beaucoup trop tardé à envoyer ses experts aider les experts grecs". "Le résultat le voilà: c'est l'agenda de Mme Merkel qui sert de base aux discussions", a-t-il aussi dénoncé sur i-télé.

A l'inverse d'Alain Juppé,
Nicolas Sarkozy (LR) a apporté son soutien à la stratégie de l'actuel chef de l'État. Au 20 heures de TF1, il a tout de même tenu à apporter une condition sine qua non :
"Tout doit être fait pour trouver un compromis. Je partage ce point de vue exprimé par monsieur Hollande et par monsieur Valls. Mais il y a une ligne rouge, c'est que le compromis qui doit être trouvé ne doit pas détruire la crédibilité des 18 autres pays membres de la zone euro."
Cela dit, le président de Les Républicains juge qu'actuellement, il n'y a "que des mauvaises solutions". "La moins mauvaise étant de trouver un compromis acceptable", selon lui. Car, affirme-t-il, l'objectif n'est "pas seulement d'éviter la faillite de la Grèce, c'est d'éviter la destruction de la zone euro."

Pour Eric Woerth, "l'appel de Nicolas Sarkozy n'est pas resté lettre morte" dans les négociations visant à maintenir la Grèce dans la zone euro.

Dimanche, le président des Républicains a en effet appelé François Hollande à "se ressaisir" et a jugé "préférable" d'atteindre un "compromis". "L'appel d'un ancien président de la République est important", souligne Eric Woerth.
VOIR et ENTENDRE Eric Woerth mettre en évidence le lien entre l'accord trouvé et l'appel de Sarkozy:

Après avoir fustigé la chancellière allemande, quand l'eurogroupe exprimait son manque de confiance en Tsipras, maintenant qu'un compromis à l'arraché est obtenu hors limites, les socialistes vantent le couple Merkel-Hollande... 
Clairement, Valls est un bouffon. Grave.