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samedi 29 avril 2017

Macron s'imagine accéder en solo à l'Elysée

Aucun grand parti ne trouve grâce aux yeux de Macron: il exclut une "coalition"...

Vers une présidence personnelle

Valls a déteint sur Macron
Emmanuel Macron a exclu toute "coalition" avec LR ou le PS s’il est élu président. 
L'ambitieux néophyte s'est même autorisé une critique contre le sénateur-maire (Les Républicains) de Troyes François Baroin, selon lui constant dans "la recherche de son intérêt personnel”, dans un entretien au Figaro.

"L’objectif que je fixe est clair: obtenir aux législatives une majorité absolue qui soit une majorité présidentielle"
Mis en garde contre les risques de son splendide isolement, Macron a d'abord lancé dans un entretien avec Le Figaro mis en ligne vendredi soir : "Il n’y aura pas de coalition avec les deux grands partis existants, ni avec LR, ni avec le PS". 

"Mais dans les temps qui arrivent, il y aura une refondation de la vie politique qui verra des socialistes et des Républicains me rejoindre individuellement”, a ensuite tempéré le candidat d’En Marche! "C’est la clé pour ne pas avoir de majorité coulissante. On ne peut pas se le permettre dans les temps d’incertitude que nous traversons”, a-t-il argué.

Favori du second tour de l’élection présidentielle, E. Macron cherche désormais à rassembler à droite comme à gauche. 

Mais le protégé de Hollande a déjà ses têtes de turc.
Il a fustigé l’attitude de certains responsables, singulièrement François Baroin, avec mépris. "Nous avons M. Baroin, qui est l’un des responsables d’un parti qui fait 20%" au premier tour de la présidentielle. Macron n'a-t-il pas commencé en politique par un CV adressé à Nicolas Sarkozy ?
"Et il dit de manière absolument invraisemblable: 'moi je veux bien être Premier ministre de M. Macron'. Vous me direz, il a voulu être celui de M. Sarkozy. Il a voulu être ensuite celui de M. Fillon. Il voudrait devenir le mien. Il manifeste donc une vraie constance: la recherche de son intérêt personnel”, a raillé Macron, semblant prendre l'offre de service de Baroin au premier degré. 
Après Monsieur P'tite blague, un président sans aucun sens de l'humour ?

Le ministre de Valls et Hollande s'en est également pris au Parti socialiste

L'homme du président sortant soupçonne de calcul politique le parti de Hollande. "Jeudi, M. Cambadélis disait que, s’il était réélu député, il ne voterait pas l’habilitation à réformer le Code du travail. Très bien ! Mais moi je suis clinique: M. Cambadélis [secrétaire du PS] est le chef d’un parti qui fait 6 %… Donc, sa principale préoccupation est surtout de savoir combien de députés il aura avec l’étiquette socialiste", a-t-il souligné. 
Macron et Philippe de Villiers, coalisés ?
"Cette cécité prouve qu’ils ne sont pas en situation d’avoir une majorité, a encore taclé le présomptueux Macron, quant à lui en recherche de partisans plus compétents et éligibles qu'arrivistes. 
Mais Macron, "combien de divisions" aux législatives ?

jeudi 26 novembre 2015

Hollande cherche de l'aide auprès d'Obama, Cameron, Merkel et même Poutine face au terrorisme islamiste

Les "alliés" compatissent mais renâclent

Hollande peine à mobiliser les occidentaux

Après être allé prendre les consignes de Barack Obama à Washington mardi 24, le président français doit recevoir la chancelière allemande avant de rencontrer le président russe à Moscou. A l'ordre du jour des discussions, la mise en place d'une "grande coalition" face à l'EI.


De retour dépité de Washington où il a tenté en vain de faire passer Barack Obama des paroles aux actes dans la lutte contre le groupe État islamique (EI), le président français  a reçu la chancelière allemande, Angela Merkel à Paris mercredi 25 novembre, avant de rencontrer ce jeudi, le président russe, Vladimir Poutine, à Moscou, sans être parvenu à obtenir d'inflexion des États-Unis vis-à-vis de la Russie. Un dîner de travail figure à leurs agendas pour 20 heures.
Les Etats-Unis et la France ont décidé mardi d'intensifier leurs opérations militaires contre l'Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak et de coordonner leurs renseignements sur la menace intérieure. Mais plusieurs problèmes de personnes  restent entiers sur la place à réserver au président Bachar al-Assad dans une éventuelle transition politique de la Syrie et sur la confiance à accorder à Poutine dans une éventuelle coordination des moyens militaires contre Daesh. "On est probablement plus enclin à travailler avec M. Poutine que M. Obama ne l'est à ce stade", a reconnu une source diplomatique française.

Lundi matin, François Hollande et David Cameron s'étaient recueillis sur le site du Bataclan, une des cibles des attentats qui ont fait 130 morts le 13 novembre à Paris,
avant de prendre la direction de l’Elysée pour un entretien sur la lutte contre le terrorisme et la Syrie. C'était la première étape dans la quête diplomatique de François Hollande d’une coalition "unique" contre les djihadistes de l’organisation Etat islamique en Syrie et en Irak.
Le Premier ministre britannique David Cameron a affirmé  sa "ferme conviction" personnelle que le Royaume-Uni doit intervenir militairement en Syrie: "Je soutiens fermement l’action que le président Hollande a entreprise pour frappe l’Etat islamique en Syrie", a-t-il assuré, soulignant toutefois qu'il reste à entraîner le parlement britannique à le suivre. David Cameron a précisé qu’il lui proposera cette semaine  une "stratégie globale pour affronter l’Etat islamique".
 
"Nous mènerons le combat ensemble contre ceux qui ont commis l'inconcevable contre vous", affirmait la chancelière allemande,
tout de noir vêtue, le 14 novembre à Berlin, au lendemain des attaques de Paris et Saint-Denis. Pour autant, l'Allemagne ne semble pas prête à s'engager davantage dans la coalition internationale qui lutte depuis septembre 2014 contre l'expansion de Daesh en Irak d'abord, puis, pour quelques uns des partenaires de cette coalition, en Syrie.

Depuis quatorze mois, l'Allemagne a choisi d'envoyer des armes aux peshmergas, ces combattants kurdes qui luttent sur le terrain contre l'EI, mais Berlin a refusé d'engager des moyens aériens, comme si les Allemands ne croyaient pas à l'efficacité de cette méthode. En revanche,
à la fin de l'été, la chancelière a lancé son ministre des Affaires étrangères dans un marathon diplomatique pour mettre un terme au conflit religieux qui gangrène la Syrie où les Sunnites s'opposent aux Alaouites,  groupe ethnique et religieux du nord du pays, auquel appartiennent  les présidents al-Assad, père et fils. Au point de conclure, fin octobre, à l'inverse de la position française d'alors qu' "il faut parler avec de nombreux acteurs, et cela implique (Bachar al) Assad". "Il y en a d'autres", avait-elle ajouté à la fin d'un sommet extraordinaire des 28 à Bruxelles, consacré à la crise migratoire en Europe. Et de citer "non seulement les États-Unis, la Russie, mais aussi les partenaires régionaux importants, les Chiites d'Iran, des pays sunnites comme l'Arabie saoudite".
 
Ce mercredi matin, la ministre de la Défense allemande Ursula von der Leyen a toutefois annoncé devant la commission défense du Bundestag sa volonté d'envoyer 650 soldats allemands... au Mali, afin d'épauler la France sur le front du terrorisme.

Parée de sa nouvelle aura de défenseur des réfugiés, Angela Merkel, appelle à "parler à Assad", elle qui ­est si réfractaire aux mots 'guerre" ou 'opération militaire '

Avant d'avoir sensibilisé l’ensemble des dirigeants des membres du Conseil de sécurité des Nations unies, outre  l'italien, Hollande doit encore rencontrer son homologue chinois Xi Jinping, dimanche.  

La "grande coalition", comprendre "unique" face à l'organisation terroriste reste hypothétique


En dépit de la volonté de Hollande de faire front contre l'Etat islamique qui a revendiqué les assassinats islamistes de masse à Paris, le vendredi 13 novembre 2015, les divergences avec la Russie et l'Iran sur la Syrie sont toujours aussi fortes.
"Nous sommes tous Français", a lancé, dans la langue de Molière, le président américain au cours d'une conférence de presse à la Maison Blanche, mais cette déclaration médiatique n'a pourtant été suivie d'aucune annonce spécifique, le dirigeant américain se bornant à plaider pour l'intensification des échanges de renseignement.
L’entraînement des rebelles dits "modérés" par les Etats-Unis est un tel échec que le président russe s’en moque ouvertement : "Soixante de ces combattants ont reçu une formation digne de ce nom. Seuls quatre ou cinq restent armés. Les autres ont déserté avec les armes américaines pour rejoindre l’Etat islamique." Pis encore, l’Irak vient, sans prévenir les Américains, d’amorcer un accord de partage de renseignements avec l’Iran, la Russie et la Syrie. De quoi rendre fou furieux Barack Obama. 

Hollande ne paie-t-il aujourd'hui le prix de ses agressions passées ?

Certes, il ne peut être tenu pour responsable de la destruction d'un avion de combat russe, abattu mardi
par la Turquie, pays membre de l'OTAN, dans l'espace aérien syrien, près de la frontière commune. Cet incident, le plus grave depuis le début de l'engagement militaire russe au côté de Bachar al-Assad, a provoqué la colère du président russe, qui a dénoncé un "coup de poignard dans le dos" porté par les "complices des terroristes".

Au G20 de Brisbane à la mi-novembre 2014, l'ombre des navires de guerre que Hollande refusait toujours de livrer à Moscou avait plané sur les relations diplomatiques entre la Russie et l'Occident qui accuse Poutine d'avoir annexé la Crimée dont la population majoritairement russophone demandait à quitter l'Ukraine et à  s'associer à la Russie. Le premier porte-hélicoptères -rééquipé aux frais de la France- sera le seul finalement livré, à l'Egypte, mais payé par l'Arabie saoudite, a-t-on appris. Un geste dont Hollande reste redevable au roi du pétrole.


Alors que l'embargo occidentale continue, Hollande prétend rallier la Russie...
 
La Russie reste sous le coup de sanctions économiques décidées par une Union européenne aujourd'hui dans l'impasse. La Russie a en effet riposté aux sanctions occidentales en interdisant, pendant un an, toute importation de la plupart des produits agroalimentaires occidentaux. Or, la Russie est le deuxième client, après les États-Unis, de la filière agricole et agroalimentaire européenne. Les Russes importaient ainsi 8 % des exportations agricoles et agroalimentaires françaises, ce qui représentait 1 milliard d'euros par an. "Les fruits sont les premiers concernés par l'embargo en France, suivis des fromages et produits laitiers puis la viande et le poisson, déplorait Xavier Beulin (FNSEA). Le préjudice avait été instantané pour les producteurs français de fruits d'été comme les pêches ou les nectarines à durée de vie limitée."
François Hollande est partie prenante à ce chaos diplomatique. Il était même moteur, mais doit réviser ses positions désastreuses. Après avoir ostensiblement ignoré Poutine pour éviter de lui serrer la main, François Hollande ne rappelle plus non plus que les Etats-Unis lui ont fait faux bond en 2013, alors qu’il voulait déjà frapper la Syrie. Le 13 novembre, l es djihadistes de Daesh en Europe ont tenu à rappeler qu'ils n'ont pas oublié que Hollande est un va-t-en-guerre, si isolé et sous-équipé soit-il.
C’est dans ce climat glacial que le président François Hollande arrive à Moscou, jeudi 26 novembre, deux jours seulement après s’être rendu à Washington.
Tant qu'il n'y aura pas de "changement stratégique" de la part du président russe sur ce point, la coopération sera "très difficile", a clairement averti Barack Obama, signifiant à Hollande que la position américaine sur le dossier n'a pas bougé. "Si leur priorité est d'attaquer l'opposition modérée qui pourrait faire partie d'un futur gouvernement syrien, la Russie n'aura pas le soutien de notre coalition", a maintenu Obama. Au grand dam du capitaine de pédalo.




Le président français a appelé Poutine à reconsidérer son soutien à Bachar al-Assad, celui-ci n'ayant "pas sa place" dans une transition politique, selon lui. "Dès lors qu'il a été le problème, il ne peut pas être la solution", a-t-il affirmé.



lundi 20 avril 2015

Yémen: de nouveaux combats et des raids de l'Arabie saoudite

Les affrontements font 85 morts en 24 heures 

La coalition dirigée par l'Arabie saoudite poursuit sans relâche ses combats et ses raids au Yémen

En janvier 2015, le maréchal Abd Rabbo Mansour Hadi, président de la République depuis 2012, fut poussé à la démission, lorsque les houthistes s'emparèrent du palais présidentiel. Il se réfugia en février à Aden, port stratégique du sud du pays, ce qui replongea le pays dans les violences inter-confessionnelles et les attaques terroristes. A partir de mars 2015, la force aérienne royale saoudienne, avec l'appui de plusieurs pays sunnites dont l'Égypte et les membres du Conseil de coopération du Golfe, effectuent des frappes aériennes sur de nombreuses positions houthis dans l'ouest du pays.

Yémen, une guerre par procuration entre l'Arabie saoudite et l'Iran
L'insurrection houthiste est l'un des conflits de la troisième guerre du Yémen. Animés par un sentiment de marginalisation ressenti par la communauté chiiteles rebelles, soutenus par l'Iran, continuent leur avancée, bien que les victimes se comptent par dizaines. Loin donc d'arrêter la progression des rebelles houthistes, l'intervention militaire des pays du Golfe n'a pas empêché une nouvelle aggravation du bilan des victimes au Yémen. 
Les données chiffrées datent de 2010
Des combats particulièrement meurtriers entre rebelles Houthis et partisans du président Mansour Hadi réfugié à Riyad, appuyés par l'aviation saoudienne, ont eu lieu ce dimanche dans quatre villes du sud du pays. Ces affrontements et raids aériens ont fait 85 morts en moins de 24 heures, selon un bilan partiel dimanche en début de soirée, tandis qu'au même instant des migrants africains trouvaient la mort par noyade dans le naufrage de leur embarcation supposée les amener clandestinement d'Afrique en Italie par la Libye.

Les combats les plus sanglants se sont déroulés à Dhaleh, où 31 Houthistes et 17 de leurs adversaires ont été tués par les Sunnites, a indiqué un haut responsable provincial.

D'autres affrontements ont eu lieu à Aden, deuxième ville du Yémen, et à Taëz, autre grande ville du sud relativement épargnée jusqu'à ces derniers jours et où les Houthis viennent d'ouvrir un nouveau front.

Les houthistes poursuivent leur progression

Combattants Houthis
Toujours à Taëz, des positions Houthies ont de nouveau été la cible de raids de l'aviation saoudienne. La ville était totalement déserte et aucun commerce n'était ouvert, selon un correspondant de guerre.
Les rebelles sont arrivés à Taëz bien avant le début, le 26 mars, des frappes aériennes de la coalition arabe conduite par l'Arabie saoudite, mais ils n'ont pas réussi à en prendre totalement le contrôle, face à la résistance des partisans du président Abd Rabbo Mansour Hadi au sein de la population.

Taëz, troisième ville du Yémen, constitue un point stratégique important pour les Houthis qui peinent à venir à bout des partisans du président à Aden, la grande cité portuaire plus au sud.

Dans un discours télévisé, prononcé au 25e jour de l'opération militaire de la coalition, le chef de la rébellion, Abdel Malek al-Houthi, a affirmé ce dimanche que son groupe ne céderait "jamais" devant "l'agression" menée, selon lui, par la coalition arabe conduite par l'Arabie saoudite.

Plus de 120.000 Yéménites déplacés

Les conséquences du conflit deviennent de plus en plus lourdes pour les civils.
Entre 120.000 et 150.000 personnes ont fui les combats en cours à l'intérieur du Yémen, alors qu'il y avait déjà plus de 300.000 déplacés avant la crise actuelle, selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a déploré un manque cruel de médicaments, d'aliments et de carburant.

Al-Qaïda tire profit de la crise
Nasser al-Wuhaish (centre),
  leader d Al-Qaïda
dans la péninsule arabique
Autre conséquence du conflit, l'autorité de l'Etat ou ce qu'il en reste s'est effritée au profit d'Al-Qaïda ou de groupes tribaux armés dans le sud-est.

Le réseau extrémiste a pris le 2 avril Moukalla, chef-lieu de la province du Hadramout (est) et le 14, des combattants tribaux se sont emparés de l'unique terminal gazier du Yémen, celui de Belhaf, sur le Golfe d'Aden. 
Depuis vendredi, d'autres tribus contrôlent les champs pétrolifères de Masila.

Bon prince, le roi saoudien a promis de prendre en charge le coût des opérations humanitaires au Yémen ...

dimanche 22 février 2015

Valls dispose-t-il d'une marge de manoeuvre depuis les motions de censure de droite et de gauche?

Le recours au 49.3, c'est le début de la fin

Il est au bout du rouleau
 le gouvernement qui doit contourner le Parlement au moyen du 49-3
 
pour adopter en force une loi - la loi Macron - dite "pour la croissance et l'activité".
Ce texte "fourre-tout" et jugé "sans courage" (Montebourg) méritait-il cette débauche d'énergie?
Hollande et Valls ont pris le risque mesuré d'un dépôt de motion de censure par la droite mais ont été sauvés par ceux-là mêmes qui menaçaient de les faire tomber. Le psycho-drame était bien joué, mais le complot a-t-il mis l'exécutif d'un nouvel accès de fièvre de son aile gauche qui pourrait l'emporter? Un député de gauche pouvait-il voter une motion de censure présentée par la droite ? Déterminés à manifester leur opposition au gouvernement socio-libéral de Manuel Valls, tout en évitant un grand écart improbable avec claquage, des parlementaires ont décidé de présenter leur propre motion de censure. Un texte a été rédigé pour "une motion de censure de gauche"...  
VOIR et ENTENDRE ce débat de France 24 (partie 1):

Le monde politique français ne tourne pas rond
Valls transpire comme un damné...
Les "frondeurs" n'ont-ils mieux à faire que d'amuser la galerie, sachant qu'il faut 58 députés pour présenter une motion de censure? Une motion de censure "de gauche", "c'était mission impossible", souligne André Chassaigne, le président du groupe GDR (élus communistes et d'Outre-mer), qui se disait prêt, en revanche, à voter celle présentée par l'UMP et l'UDI.
Seulement quelques jours après le grand spectacle de rue de l'unité nationale consécutive aux tueries qui ont fait 17 morts du fait de djihadistes français, Mélenchon s'est agacé de cette motion de censure associant les dix députés du Front de gauche à l'UMP et  l'UDI: "Qu'est-ce qu'on va se fourrer avec la droite ?"
L'essentiel pour les signataires, l'essentiel n'était pas là, mais de dessiner les contours d'une coalition alternative : Front de gauche, Nouvelle donne, voire aile gauche d'EELV. "Il ne suffit pas d'être contre, il faut montrer qu'il existe une alternative", avait lâché Jean-Luc Mélenchon sur France Info. Le refus catégorique des socialistes "frondeurs" de voter la censure montre qu'aujourd'hui, cette alternative n'est pas pour demain.
"Le groupe communiste va voter la motion de censure. [...] Personne ne m'a demandé mon avis ni cette fois-ci, ni les autres. Le groupe à l'Assemblée pense qu'il est normal de faire ce qu'il veut sans consulter personne", a encore râlé Jean-Luc Mélenchon. Mais s'il avait siégé à l'Assemblée nationale, il "n'aurai[t] pas procédé comme ça".
"D'abord parce qu'il n'y a aucune chance que cette motion de censure passe. Donc qu'est-ce qu'on va se fourrer avec la droite dans une aventure pareille ? Je me serai adressé aux frondeurs pour leur dire 'Les amis, il ne suffit pas d'être contre, il faut être pour.' J'aurais proposé aux frondeurs et aux écologistes une motion de censure pour montrer que si le gouvernement est désapprouvé, il l'est par la gauche."
La majorité gouvernementale décidément est dans un piteux état. 
La motion de censure n'est pas passée mais, au-delà de cette mascarade, la confiance n'est pas pour autant revenu: à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Manuel Valls a affronté l'un des revers les plus cuisants depuis son arrivée à Matignon. 
VOIR et ENTENDRE  la seconde partie de ce débat proposé par France 24:

Peut-il pour autant poursuivre son action ? Quelles sont ses marges de manoeuvre et comment sortir de l'impasse ?

VOIR et ENTENDRE cet échange:


mardi 23 septembre 2014

Etat islamique : Après l'Irak, les Etats-Unis frappent la Syrie pour la première fois

Les barbares islamistes de l'EI rassemblent contre eux 

Les appareils de l'armée américaine ont bombardé mardi les positions de l'Etat islamique (EI) en Syrie
,
 
 Décollage d'avions de chasse US, le 23/9/2014, 
contre l'organisation de l'Etat islamique en Syrie
avec la caution de leurs alliés arabes. Selon le Pentagone, les frappes ont été menées au moyen d'avions de chasse, de drones et de bombardiers. Pour la première fois au combatles Etats-Unis ont même utilisé leur chasseur bombardier furtif F-22 Raptor, l'appareil le plus sophistiqué de l'arsenal aérien américain et qui peut attaquer sans être repéré. 47 missiles Tomahawk ont également été tirés depuis des navires américains opérant dans les eaux internationales de la Mer Rouge et du Golfe persique.

Il aura suffi d'à peine 3 heures de réunion hébergée par le Quai d'Orsay à Paris, pour que les  27 pays arabes et occidentaux et trois organisations internationales s'accordent pour déclarer que l'EI (Daesh, si on parle arabe, comme Fabius) constitue "une menace non seulement pour l'Irak mais aussi pour toute la communauté internationale". Ainsi, ce front de lutte contre ce groupe djihadiste s'étend-il d'Irak en Syrie, sur le territoire de Bachar al-Assad.
Les Sunnites de Jordanie, d'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et du Qatar comme les Chiites de Bahreïn ont participé à ces frappes, s'est félicité le président américain, lors d'une intervention mardi après-midi.  Barack Obama a souligné que la "force de la coalition démontre clairement au monde qu'il ne s'agit pas simplement du combat de l'Amérique". En marge de l'Assemblée générale des Nations unies qui se déroule à New York, il devrait rencontrer très prochainement les responsables de ces cinq pays. 

L'impact des frappes reste indéterminé 

Les bombardements ont visé des sites d'entraînement, des centres de commandement des bases, des dépôts, des véhicules armées et des camions de ravitaillement de l'EI dans les régions de Raqa, le centre du pouvoir de l'EI au nord de la Syrie, de Deir-Ezzor et d'Hassaka au nord-est et de Boukamal au nord du pays.

D'après le Pentagone, ces cibles ont été détruites ou endommagées et environ 120 djihadistes ont été tués au cours des frappes selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. 

Retour de la Syrie dans le concert international... 

D'après le département d'Etat américain, Damas n'a pas été prévenu des frappes de la coalition. "Nous n'avons pas donné de notification à l'avance aux Syriens, ni donné d'indication sur le moment des frappes ni sur les cibles spécifiques", a affirmé Jennifer Psaki, la porte-parole du département d'Etat, tout en précisant que Washington avait informé Damas de son intention d'agir il y a quelques jours. Bachar al-Assad devient ainsi un interlocuteur honorable.   

Bachar el-Assad a déclaré pour sa part soutenir tout "effort international» contre le terrorisme. "La Syrie continuera avec fermeté la guerre qu'elle mène depuis des années (le début du soulèvement populaire remontant en effet à 2011) contre le terrorisme takfiri [extrémistes sunnites]3, a affirmé le président syrien. Leur idéologie exige l'élimination de tous les non-musulmans, notamment les viols, meurtres par égorgement et toute atrocité, parfois filmée.

En Iran, Téhéran ne partage pas la position conciliante de Damas. 
Le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Hossein Amir-Abdollahian, a dénoncé l'action militaire des Américains et de leurs alliés "sans avoir la permission du gouvernement de ce pays et sans respecter les lois internationales (...). La bataille contre le terrorisme ne peut pas être un prétexte à la violation de la souveraineté internationale."

La France n'a pas participé à ces frappes 

Djihadiste auprès d'une épave d'avion syrien 
abattu par EI, à Raqa, le 16 septembre 2014
"La France n'a pas peur", selon les termes de B. Cazeneuve à l'annonce de la prise en otage d'Hervé Gourdel, un ressortissant français en Algérielundi, par un groupuscule lié à l'EIDans la nuit, l'Elysée s'est donc empressé de déclarer que la France n'a pas pris part aux frappes. Les barbares islamistes ont en effet menacé d'exécuter leur prise dans les 24 heures si la France n'arrête pas ses frappes en Irak aux côtés des Etats-Unis.
L'EI n'était pas la seule cible visée par les Américains. Ils ont aussi frappé, seuls cette fois, le "groupe Khorassan" (du nom du territoire qui inclut l’Afghanistan et l’Iran moderne), formé d'anciens combattants d'Al-Qaïda aux alentours d'Alep (Syrie) et qui, selon Barack Obama, préparait "une attaque imminente contre les Etats-Unis et les intérêts occidentaux". "Tous ceux qui veulent frapper l'Amérique ne trouveront refuge nulle part", a une nouvelle fois averti le président américain.

L'EI appelle au meurtre 

Plusieurs dizaines de pays ont offert de participer d'une manière ou d'une autre au combat contre le groupe extrémiste sunnite annoncé par Barack Obama le 10 septembre et fédéré le 15 septembre à Paris lors d'une conférence pour la paix et la sécurité en Irak. 
Dimanche, le président américain a appelé à élargir la coalition contre le califat
En représailles, l'EI a appelé lundi ses fidèles, dans un message publié en plusieurs langues, à tuer les citoyens - notamment américains et français - des pays appartenant à la coalition internationale.

Quelques heures plus tard, le groupe djihadiste algérien "Jund al-Khilafa", qui a fait allégeance à l'EI, a revendiqué dans une vidéo l'enlèvement d'un Français, enlevé dimanche soir à Tizi Ouzou, à 110 km à l'est d'Alger. "Je laisse à Hollande, le président de l'Etat français criminel, le soin d'arrêter les attaques contre l'Etat islamique dans les 24 heures qui suivent la publication de ce communiqué ou son ressortissant Hervé Gourdel sera égorgé", déclare l'un des deux hommes armés qui entourent Gourdel dans cette vidéo.

dimanche 15 juin 2014

Hollande doit-il démissionner pour éviter une nouvelle révolution ?

Les Français devront-ils prendre le problème Hollande en mains ?
Envol de l'anti-hollandisme,
alors que le président chute 

dans les sondages
Un essai historico-politique compare la situation actuelle à des épisodes de crise graves du passé de la France et explique pourquoi les Français, à la différence de nombreux autres peuples, ne parviennent pas à résoudre dans le calme les problèmes du pays. Faudra-t-il encore passer par une révolution pour sortir le pays de la crise ?

Nous présentons les bonnes feuilles de "Français, prêts pour votre prochaine révolution ?", de Serge Federbusch, publié chez Ixelles. Il est président du Parti des Libertés, élu conseiller du 10e  arrondissement de Paris en 2008 et fondateur de Delanopolis, premier site indépendant d'informations en ligne sur l'actualité politique parisienne.

Hollande fédère les ressentiments: se coaliseront-ils ?

"Une véritable dynamique insurrectionnelle ne pourrait toutefois apparaître que dans la fédération ou au moins l’action concomitante des différentes oppositions au gouvernement. Pour l’heure, le seul dénominateur commun de cette contestation est la demande de démission de François Hollande. C’est le socle minimum à partir duquel Mélenchoniens, Printemps français, Manif pour tous, cégétistes, Bonnets rouges, petits patrons ulcérés, chauffeurs de taxi, travailleurs licenciés, lycéens en prurit adolescents, etc. pourraient s’unir.

Telle est la dynamique des révolutions : la coalition de groupes hétérogènes soudés par leur seule envie d’abattre le pouvoir en place ne permet pas, quand ils y parviennent, au système de se stabiliser puisque, précisément, ces factions n’étaient d’accord sur rien d’autre que le renvoi des anciens chefs.
On a vu récemment, au moment des "printemps arabes", comment un slogan ultra-rudimentaire comme "Dégage !" est à même de rassembler des opposants.
[Trois semaines après le séisme des élections européennes, qui a vu arriver le Front national en tête et le Parti socialiste en troisième position seulement, les différentes organisations de gauche (PS, EE-LV, Parti de Gauche, Parti communiste) ont réuni leurs instances ce week-end. Dans le même temps, le mouvement social se durcit contre la réforme ferroviaire du gouvernement.]

François Hollande, qui a de l’intuition et de la ruse à défaut d’avoir du courage, le sent bien puisque la police réserve depuis plus d’un an un traitement tout à fait particulier à un agitateur encore assez isolé, David Van Hemelryck [polytechnicien de 34 ans], dont le projet politique tient justement en ces seuls deux mots : " Hollande démission !" [Il est l'un des porte-paroles les plus médiatiques du mouvement d’opposition au chef de l’Etat.]

Arrêté sans motif réel des dizaines de fois [une vingtaine d'arrestations et quatre gardes à vue, jusqu'à janvier], il persiste néanmoins à promener ses ballons dirigeables, banderoles et tee-shirts dans toute la France et jusqu’aux États-Unis lors d’une visite présidentielle officielle. Pour l’heure, son action est marginale mais le ferment est présent.

Car, en empêchant le retour à la stabilité politique, même si l’opinion prend peur face à une contestation qui dégénérerait, la crise financière sera le facteur principal d’entretien du désordre. En retour, l’effet "boule de neige" de la crise politique créerait une incertitude qui aurait forcément des conséquences sur les taux d’intérêt, la confiance des agents économiques, la demande des consommateurs et l’épargne des ménages, etc.

Le doute commence d’ailleurs à étreindre de plus en plus clairement François Hollande 
puisque, dans une déclaration étrange du 18 avril 2014, il est allé jusqu’à avouer qu’il ne se représentera pas si le chômage ne baisse pas avant 2017, formule maladroite qui pourrait presque inciter les chefs d’entreprise qui lui sont hostiles, c’est-à-dire la quasi totalité d’entre eux, à limiter les embauches.

L’exemple de la révolution de 1789 est là pour montrer comment et à quelle surprenante vitesse les dérapages vers l’autoritarisme, l’arbitraire et le chaos se produisent. La valse-hésitation de Louis XVI sur la conduite à tenir : collaboration avec les députés, conflit par le veto ou fuite hors de France, lui a coûté son trône et sa tête. Peu après, les rivalités d’intérêt et d’ambition entre révolutionnaires ont vite cédé la place à la peur panique. C’est pour prendre les devants sur leurs ex-amis devenus adversaires, puis ennemis, que les Robespierristes firent périr les Dantoniens. C’est pour les mêmes motifs que, quelques mois plus tard, les Thermidoriens envoyèrent vers l’échafaud les partisans de Robespierre et Saint-Just.

Il n’y a plus ni rime ni raison quand la terreur gouverne les esprits. Ces luttes intestines perduraient car la question de la crise financière et les menaces aux frontières entretenaient en permanence les rivalités au sujet de la conduite à tenir. Nous n’en sommes heureusement pas là mais, dans la France de 2014, les éléments d’une crise de régime se mettent peu à peu en place.

Déjà en janvier 2014
Tous convergent vers l’efficacité ou l’inefficacité de la politique menée à Francfort et Bruxelles. Or, on l’a vu, le vice de construction de l’Euroland rend peu probable le retour de la croissance dans les pays d’Europe qui ont accumulé un handicap de compétitivité trop important ces dix dernières années.

Il suffirait que l’activité internationale replonge pour une raison quelconque : crise entre la Chine et Taïwan, guerre en Ukraine, lassitude des milieux financiers devant l’incontrôlable déficit budgétaire américain, troubles liés au ralentissement économique en Chine, résurgence du conflit entre l’Inde et le Pakistan, expansionnisme russe en Asie centrale, etc. et la stagnation dans laquelle se débat l’Europe redeviendrait récession.

Pourtant, le pire n’est jamais sûr

'J'savois ben que
j'aurions not tour !
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À ceux qui voudraient éviter une révolution et ses conséquences imprévisibles, la voie de la réforme profonde, que nous nommerons l’ " Antichose ", est étroite mais elle n’est pas encore fermée. Les deux mâchoires qui se referment sur la France pourraient être écartées en même temps à l’occasion par exemple d’élections présidentielle et législative anticipées. Il faudrait desserrer l’étau européen en même temps que réduire puis éliminer la " Chose " et ses excroissances et démembrements.

Personne n’imagine que ce sera aisé. Puisque le mal est lové au coeur de la République et du système politique, l’entreprise peut même sembler impossible : comment demander aux politiciens professionnels, par exemple, de se faire hara-kiri en diminuant drastiquement leur nombre et leurs privilèges ? Cette réforme radicale de la France est de celles qu’une société n’accomplit qu’une ou deux fois par siècle. Elle impliquerait de donner à la France un élan et d’assumer une prise de risque au moins analogues à ceux de 1958. Elle passerait par le rétablissement du lien direct entre le pouvoir central et le peuple, seul antidote au mal qui ronge la France depuis deux siècles, isolant les dirigeants du reste de la population et les circonscrivant à une relation stérile avec des corporations réactionnaires."
[Valls vient de donner tout son poids à cet essai en mettant en garde la gauche qui se laisse mourir, tandis que le Front national se développe. Lien PaSiDupes]