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dimanche 7 mai 2017

Macron, favorable à une intervention militaire en Syrie

Le candidat Macron s’est déclaré pour une intervention militaire en Syrie 

Macron a réagi à chaud à l’attaque chimique dont est accusée l’armée syrienne de Bachar el-Assad 

Macron (à gauche) et la pucelle d Orléans (8 mai 2016)
dans la ville de Khan Cheikhunfief rebelle de la province d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie. Ce bombardement aurait fait au moins 86 morts, dont 27 enfants et 546 blessés. 
Invité de "l’Emission politique" de France 2, le candidat à l’élection présidentielle, le néophyte de la politique s’est déclaré en faveur d’une intervention militaire sous l’égide des Nations unies. "Bachar el-Assad n’en est pas à son premier crime, a affirmé le banquier. Si les faits se confirment, il faut une intervention militaire internationale sous l’égide de l’ONU. On ne peut pas laisser ce qui s’est passé sans sanction", a déclaré le va-t-en guerre.

Les Etats-Unis, la France et le Royaume-uni ont demandé au Conseil de sécurité de l'ONU de voter ce jeudi sur le projet de résolution Optimiste, le trentenaire sans aucune formation militaire a affirmé que la Russie pourrait l’accepter, ce qui serait une vraie nouveauté dans le dossier syrien. 

Emmanuel Macron a néanmoins prôné le dialogue avec le clan Assad
Résultat de recherche d'images pour "macron va-t-en guerre"
ce qui ne clarifie pas sa position internationale, alors que le dialogue n’a pas été la voie diplomatique choisie par le Quai d’Orsay depuis le début de la crise. "Notre priorité ce sont les terroristes. Donc, on doit d'abord les éradiquer. On doit ensuite construire une solution politique, sortir Bachar al-Assad du jeu, mais dans un premier temps cette transition se fera avec lui".

En revanche, Macron n'est aussi pas déterminé à "éradiquer" les islamistes en France, puisqu'il a accepté le soutien de l'UOIF. 
A la suite de la désignation de l'UOIF comme organisation terroriste par les Émirats arabes unis en novembre 2014le Front national demande à Hollande sa dissolution.
Sur la même ligne, 
un sympathisant de Macron, le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Christian Estrosi, a envisagé la dissolution de l'UOIF : "C'est l'occasion peut-être pour l'UOIF de prendre enfin des positions claires. De deux choses l'une, soit ils sont décidés à dénoncer définitivement toute forme de djihadisme et à le combattre dans leur propos, dans leur comportement, dans leur organisation, soit ils sont décidés à se reconnaître dans toutes les valeurs de la République, soit il faudra que le gouvernement en tire toutes les conséquences jusqu'à aller à sa dissolution."
Au sujet de la Russie, François Macron n'a pas hésité à dénoncer la "complaisance" de ses adversaires à la présidentielle, François Fillon, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. La Russie est "une puissance régionale importante" et il faut lui "parler", mais "elle n'a pas nos valeurs ni nos préférences", a poursuivi l'ancien conseiller de Hollande et ex-ministre de Manuel Valls.

Marine Le Pen est opposée à la politique du Hollande-bis

 

Candidate FN à la présidentielle, Marine Le Pen a exprimé l’opinion contraire, sur LCI,
critiquant le président des Etats-Unis Donald Trump qui a évoqué une intervention. "Attention, je le dis clairement, à ne pas se relancer dans une opération militaire en Syrie. J'ai entendu des propos de M. Trump qui évoque une intervention... Je crois qu'il a tort", a-t-elle estimé. "En faisant cela, il entre dans la roue des anciennes administrations américaines, que ce soit l'intervention en Irak ou en Libye; ça n'a pas été une réussite pour le moins. Il faut être prudent avec ce type de menaces," a insisté la rivale de Macron.

vendredi 27 novembre 2015

Diplomatie: reculs de Hollande et Fabius sur tous les fronts de Syrie

A reculons, les psycho-rigides de l'exécutif socialiste accèdent à la raison

Laurent Fabius envisage une coopération avec Al-Assad pour aider à lutter contre l'EI

Pour la première foisLaurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères de Hollande, a envisagé comme une soudaine évidence que le président Bachar al-Assad pourrait associer les troupes syriennes à la lutte contre le groupe État islamique en Syrie.
Vendredi 27 novembre sur la radio RTL, Laurent Fabius s'est finalement rallié à l'idée générale que des forces du régime syrien puissent participer aux forces rassemblées des états démocratiques face aux agressions djihadistes de Daesh (EI).vendredi.
Pour lutter contre l'EI, "il y a deux séries de mesures : les bombardements [...] et des forces au sol, qui ne peuvent pas être les nôtres, mais qui doivent être des forces de l'Armée syrienne libre [opposition], des forces arabes sunnites, et pourquoi pas des forces du régime", a déclaré Laurent Fabius à la radio RTL.
Cette déclaration tranche avec la position d'intransigeance affichée par le pouvoir socialiste et ses media serviles depuis le début du conflit syrien qui consiste à réclamer le départ du président Bachar al-Assad. Comment justifier désormais l'éviction du chef légitime de l'état syrien.

Hollande est allé demander l'aide d'un Poutine qu'il diabolisait

A l'issue de la discussion jeudi entre Vladimir Poutine et François Hollande, la France et la Russie se sont mis d'accord pour "coordonner" leurs frappes contre l'Etat islamique et notamment leurs sites pétroliers, a indiqué le président de la République française. Le chef de l'Etat a assuré que Paris et Moscou augmenteraient "les échanges d'informations et de renseignements".<br>En revanche, François Hollande et Vladimir Poutine ne s'entendent toujours pas sur l'issue politique au conflit syrien. 

Selon François Hollande, la Russie et la France se seraient mis d'accord pour que "les forces luttant contre Daesh" ne soient pas "visées" par les actions militaires. Référence aux groupes que soutient 
l'Occident, bien que rebelles, tels que l'Armée syrienne libre. Toujours selon Hollande, les frappes viseront donc "uniquement Daesh et les autres groupes djihadistes".

Vladimir Poutine est toutefois apparu beaucoup plus réservé.
 
Il a ainsi indiqué que la Russie "essaie d'entrer en contact" avec de tels groupes d'opposition. Mais il a aussi maintenu que "seule l'armée de Bachar al-Assad est à même de lutter contre l'Etat islamique", car "je considère l'armée de Bachar comme notre allié naturel", a tenu à répéter le président russe.

Et c'est en quoi la démarche de Hollande est un échec: Poutine n'a rien cédé.
 
Les objectifs politiques diffèrent comme avant le voyage de Hollande. Pour le président français, "Bachar al-Assad n'a pas sa place dans l'avenir de la Syrie". Il préconise un gouvernement transitoire d'union nationale qui organiserait ensuite des "élections représentant toutes les communautés". Mais Vladimir Poutine a aussitôt rappelé que "le destin du président de la Syrie se trouve à 100% dans les mains du peuple syrien". Une leçon de démocratie.
D'autant qu'en 1920, la France imposa son mandat sur le pays, ce qui entraîna l’exil en Irak de Fayçal, premier et dernier roi arabe, issu de la famille hachémite, de la Syrie indépendante. La France et le Royaume-Uni, qui se disaient alliés des forces arabes de Fayçal, s’étaient mis d’accord pour se partager le Proche-Orient.Suite à la campagne de France de juin 1940, les Britanniques et les Forces françaises libres ont pris le contrôle du pays en juin-juillet 1941, redonnant le pouvoir à la France libre, mais les Syriens, avec l’appui des Britanniques, ont continué de réclamer le départ des Français. S'en sont suivis une prise de pouvoir par des civils en 1954, une République arabe unie de l'Égypte et de la Syrie en 1958, le chaos et plusieurs coups d'état par le parti Baas en 1963 et le ministre de la Défense, Hafez el-Assad, à la faveur de la défaite de l'Egypte et la Syrie dans la guerre des Six Jours, puis de la crise en Jordanie entre le roi Hussein et l'OLP (Septembre noir) en 1970. Grâce à sa "révolution corrective", Hafez el-Assad est devenu le nouveau premier ministre et chef de l’État de 1970 à 2000, quand son fils, Bachar el-Assad, lui a succédé en juillet 2000.
Un pouvoir syrien fort aux mains d'Alaouites, communauté religieuse minoritaire, proche du chiisme, qui résiste aux agressions sunnites et que combat l'Occident, comme il a combattu d'autres pouvoirs forts et de stabilité de la région, lors des "printemps arabes" successifs qui ont introduit l'instabilité en Egypte, en Tunisie et en Lybie, avant la Syrie. 
Sans tirer jamais les leçons de ses inconséquences tragiques.

mardi 23 septembre 2014

Etat islamique : Après l'Irak, les Etats-Unis frappent la Syrie pour la première fois

Les barbares islamistes de l'EI rassemblent contre eux 

Les appareils de l'armée américaine ont bombardé mardi les positions de l'Etat islamique (EI) en Syrie
,
 
 Décollage d'avions de chasse US, le 23/9/2014, 
contre l'organisation de l'Etat islamique en Syrie
avec la caution de leurs alliés arabes. Selon le Pentagone, les frappes ont été menées au moyen d'avions de chasse, de drones et de bombardiers. Pour la première fois au combatles Etats-Unis ont même utilisé leur chasseur bombardier furtif F-22 Raptor, l'appareil le plus sophistiqué de l'arsenal aérien américain et qui peut attaquer sans être repéré. 47 missiles Tomahawk ont également été tirés depuis des navires américains opérant dans les eaux internationales de la Mer Rouge et du Golfe persique.

Il aura suffi d'à peine 3 heures de réunion hébergée par le Quai d'Orsay à Paris, pour que les  27 pays arabes et occidentaux et trois organisations internationales s'accordent pour déclarer que l'EI (Daesh, si on parle arabe, comme Fabius) constitue "une menace non seulement pour l'Irak mais aussi pour toute la communauté internationale". Ainsi, ce front de lutte contre ce groupe djihadiste s'étend-il d'Irak en Syrie, sur le territoire de Bachar al-Assad.
Les Sunnites de Jordanie, d'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et du Qatar comme les Chiites de Bahreïn ont participé à ces frappes, s'est félicité le président américain, lors d'une intervention mardi après-midi.  Barack Obama a souligné que la "force de la coalition démontre clairement au monde qu'il ne s'agit pas simplement du combat de l'Amérique". En marge de l'Assemblée générale des Nations unies qui se déroule à New York, il devrait rencontrer très prochainement les responsables de ces cinq pays. 

L'impact des frappes reste indéterminé 

Les bombardements ont visé des sites d'entraînement, des centres de commandement des bases, des dépôts, des véhicules armées et des camions de ravitaillement de l'EI dans les régions de Raqa, le centre du pouvoir de l'EI au nord de la Syrie, de Deir-Ezzor et d'Hassaka au nord-est et de Boukamal au nord du pays.

D'après le Pentagone, ces cibles ont été détruites ou endommagées et environ 120 djihadistes ont été tués au cours des frappes selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. 

Retour de la Syrie dans le concert international... 

D'après le département d'Etat américain, Damas n'a pas été prévenu des frappes de la coalition. "Nous n'avons pas donné de notification à l'avance aux Syriens, ni donné d'indication sur le moment des frappes ni sur les cibles spécifiques", a affirmé Jennifer Psaki, la porte-parole du département d'Etat, tout en précisant que Washington avait informé Damas de son intention d'agir il y a quelques jours. Bachar al-Assad devient ainsi un interlocuteur honorable.   

Bachar el-Assad a déclaré pour sa part soutenir tout "effort international» contre le terrorisme. "La Syrie continuera avec fermeté la guerre qu'elle mène depuis des années (le début du soulèvement populaire remontant en effet à 2011) contre le terrorisme takfiri [extrémistes sunnites]3, a affirmé le président syrien. Leur idéologie exige l'élimination de tous les non-musulmans, notamment les viols, meurtres par égorgement et toute atrocité, parfois filmée.

En Iran, Téhéran ne partage pas la position conciliante de Damas. 
Le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Hossein Amir-Abdollahian, a dénoncé l'action militaire des Américains et de leurs alliés "sans avoir la permission du gouvernement de ce pays et sans respecter les lois internationales (...). La bataille contre le terrorisme ne peut pas être un prétexte à la violation de la souveraineté internationale."

La France n'a pas participé à ces frappes 

Djihadiste auprès d'une épave d'avion syrien 
abattu par EI, à Raqa, le 16 septembre 2014
"La France n'a pas peur", selon les termes de B. Cazeneuve à l'annonce de la prise en otage d'Hervé Gourdel, un ressortissant français en Algérielundi, par un groupuscule lié à l'EIDans la nuit, l'Elysée s'est donc empressé de déclarer que la France n'a pas pris part aux frappes. Les barbares islamistes ont en effet menacé d'exécuter leur prise dans les 24 heures si la France n'arrête pas ses frappes en Irak aux côtés des Etats-Unis.
L'EI n'était pas la seule cible visée par les Américains. Ils ont aussi frappé, seuls cette fois, le "groupe Khorassan" (du nom du territoire qui inclut l’Afghanistan et l’Iran moderne), formé d'anciens combattants d'Al-Qaïda aux alentours d'Alep (Syrie) et qui, selon Barack Obama, préparait "une attaque imminente contre les Etats-Unis et les intérêts occidentaux". "Tous ceux qui veulent frapper l'Amérique ne trouveront refuge nulle part", a une nouvelle fois averti le président américain.

L'EI appelle au meurtre 

Plusieurs dizaines de pays ont offert de participer d'une manière ou d'une autre au combat contre le groupe extrémiste sunnite annoncé par Barack Obama le 10 septembre et fédéré le 15 septembre à Paris lors d'une conférence pour la paix et la sécurité en Irak. 
Dimanche, le président américain a appelé à élargir la coalition contre le califat
En représailles, l'EI a appelé lundi ses fidèles, dans un message publié en plusieurs langues, à tuer les citoyens - notamment américains et français - des pays appartenant à la coalition internationale.

Quelques heures plus tard, le groupe djihadiste algérien "Jund al-Khilafa", qui a fait allégeance à l'EI, a revendiqué dans une vidéo l'enlèvement d'un Français, enlevé dimanche soir à Tizi Ouzou, à 110 km à l'est d'Alger. "Je laisse à Hollande, le président de l'Etat français criminel, le soin d'arrêter les attaques contre l'Etat islamique dans les 24 heures qui suivent la publication de ce communiqué ou son ressortissant Hervé Gourdel sera égorgé", déclare l'un des deux hommes armés qui entourent Gourdel dans cette vidéo.

mardi 7 août 2012

Proche orient: le conflit syrien est avant tout religieux

Le "printemps arabe" n'est pas social comme on nous le fait croire


Le site atlantico.fr a interrogé Karim Sader, un politologue et consultant, spécialiste du Moyen-Orient et du Golfe arabo-persique qui intervient régulièrement auprès de nombreux médias en France et à l’étranger.

Atlantico : L’armée syrienne aurait [re]pris le contrôle de la capitale du pays, Damas. Dans la ville d’Alep, la situation est figée et les rebelles sont dans l’attente d’une contre-offensive de l’armée régulière. Quelles seraient les conséquences d’une reprise d’Alep par le régime ?

Karim Sader : Alep est la deuxième ville de Syrie. C’est aussi la capitale économique du pays. Il y a donc un enjeu très important à la fois sur les plans stratégique, économique et symbolique. Pour rappel, on est dans le nord-ouest du pays avec une base arrière turque qui ravitaille les insurgés [également en armes].

Pour le clan Assad, ce serait aussi un message ferme en direction du camp occidental hostile à son maintien, ainsi qu’à la Turquie qui soutient l’insurrection sunnite. A la frontière nord, le voisin turc tient en effet une position complexe. Pendant longtemps, le gouvernement de ce pays avait annoncé avoir fermé les frontières avec la Syrie pour éviter le pillage commercial des camions entre Alep et la Turquie.

De source turque [et donc saoudienne], il s’agit également d’un moyen d’isoler Alep et de l’étouffer sur le plan économique en coupant les ravitaillements et ainsi faciliter sa chute aux mains des rebelles. L’engagement de la Turquie est donc très fort. A titre personnel, j’ai toujours douté de la facilité avec laquelle on a annoncé la prise de la ville par les rebelles. En réalité, il est techniquement difficile par l’Armée syrienne libre de prendre une ville et de la maintenir durablement dans son giron. Il est clair que les capacités de l’armée syrienne libre sont surestimées, cette dernière disposant de matériels militaires rudimentaires en comparaison de ceux de l’armée régulière, en dépit du soutien discret des pays du Golfe, de la Turquie et des Occidentaux.[Cette déclaration est un appel]
En réalité, L’insurrection joue une sorte de jeu " du chat de la souris " avec l’armée régulière poussant cette dernière à intervenir systématiquement, faisant des forces pro-Assad une véritable armée d’occupation contrainte de maintenir ses chars dans une ville afin d’y asseoir sa légitimité par la seule force coercitive. On est clairement rentré dans une logique de guérilla ou bien de guerre d’usure.  

A vous écouter, la situation telle qu'elle est retranscrite par les media  français semble inexacte...
Je dirais plutôt qu’en parallèle du conflit militaire, nous sommes en pleine guerre de l’information. On a tous les jours des informations contradictoires concernant la crise syrienne. Le régime comme les rebelles essayent de marquer des points au niveau médiatique.
Comme la communication internationale est plus favorable aux insurgés car ils sont soutenus par les pays occidentaux et les pétro-monarchies du Golfe, on a tendance à retrouver des données inexactes voire manquant d’impartialité. De nombreux journalistes s’efforçant de couvrir le conflit  depuis la Syrie, se retrouvent coincés à la frontière turque d’où leur parviennent des informations forcement biaisées.
La couverture de certains media dénote une forme "d’effet libyen ", alors que la comparaison ne tient pas la route. A lire les journaux, on a l’impression que les rebelles prennent les villes les unes après les autres or selon moi, on se dirige vers une " libanisation " du conflit, sous-entendu une guerre civile qui pourrait durer plusieurs années, en l’absence d’une intervention extérieure. Il faut avoir à l’esprit qu’avant la réhabilitation hâtive d’Assad par les Occidentaux en 2008, le régime syrien avait longtemps vécu l’isolement international et peut se maintenir beaucoup plus longtemps qu’on le pense, malheureusement au prix de nombreuses victimes.
J’ajouterai enfin que cette guerre de l’information autour de la crise syrienne a tendance à s’élargir sur le plan régional. Par exemple, voilà une semaine que des media annoncent  la mort de Bendar Ben Sultan qui est le chef des renseignements saoudiens, sans que son " assassinat ", n’ait été démenti ou bien confirmé. Selon de nombreuses sources médiatiques, le Prince saoudien aurait été victime d’un attentat imputé aux services syriens, et ce, dans le but de se venger de l’attaque contre l’appareil sécuritaire du 18 juillet 2012 à laquelle Bandar aurait joué un rôle déterminant…

Le régime syrien a connu une nouvelle défection de son Premier ministre Riad Hijah. Alors que le régime semble avoir repris le contrôle de Damas, comment expliquer l’acte du Premier ministre ?
Là encore, le départ du Premier ministre a fait l’objet d’une guerre médiatique entre la télévision du régime qui l’a présenté comme un limogeage, alors qu’il s’agirait clairement d’une défection côté rebelle. Pour ma part, j’aurais tendance à interpréter l’acte de Riad Hijah - qui est un sunnite - comme le résultat d’une confessionnalisation évidente du conflit syrien.  
La stratégie actuelle du régime vise à créer les conditions d’une guerre sectaire rendant impossible la cohabitation entre la minorité alaouite et la majorité sunnite qui ambitionne de prendre le pouvoir à Damas. Je reste persuadé que le régime cherche à se replier près de Lattaquié et créer un Etat Alaouite. C’est selon moi, le scénario le plus envisageable, d’où l’intérêt pour le régime d’arriver à un point de non-retour dans une possible cohabitation entre les minorités.
Les plus grands massacres de sunnites ont d’ailleurs été perpétrés à la frontière du "pays alaouite " comme si le clan Assad cherchait à en délimiter  les frontières. Le père de Bachar el-Assad, Hafez,  avait lui-même dessiné les contours de cet état alaouite en cas de graves crises dans le pays.

Avec la possible création d’un état alaouite, la Syrie retournerait en arrière comme au temps du mandant français. Quel serait le sort des minorités ?
Concernant la viabilité d’un état alaouite, il est possible à la condition que la Russie et l’Iran maintienne leur soutien à Assad. La Russie grâce à la création de cet Etat va préserver son ouverture vers la Méditerranée par le port de Tartous ; et l’Iran pourrait assurer la continuité de son " croissant chiite " reliant Téhéran au Hezbollah libanais.
On pourrait assister à une recomposition de la carte du Moyen Orient sur une base confessionnelle avec les kurdes au nord de l’Irak, les alaouites au nord de la Syrie, les sunnites au sud….
Quant au sort des autres minorités, je pense particulièrement à celui des chrétiens, ces derniers peinent à se positionner.  Les chrétiens veulent un régime qui les protège. Ils ont peur de l’arrivée des islamistes car parmi les insurgés, il ne faut pas se le cacher, il y a clairement des hommes d'Al-Qaïda. Dans le même temps l’aspiration des chrétiens d’Orient reste liée aux valeurs de démocratie et de liberté contraire aux dictatures d’un autre temps. Cette " troisième voie ", celle d’un Etat de droit demeure à l’heure actuelle une grande utopie dans cette région.
Propos recueillis par Charles Rassaert

ENTENDRE aussi  Pierre Piccinin, historien-politologue



lundi 6 août 2012

Syrie: les media occidentaux intoxiquent l'opinion

Turquie, plaque tournante de l'opposition islamiste



Propagande
sunnite
étrangère


Voilà plus d'un an que les insurgés se dirigent vers le nord 

L'exode de "civils" jetés sur les routes par la rébellion n'est pas seulement celui de paysans fuyant les combats de villages, mais aussi des rebelles qui infiltrent le pays et assurent la liaison entre l'insurrection syrienne et l'Arabie saoudite qui les arme. 
En juin 2011, l'armée syrienne a envoyé blindés et hélicoptères à l'assaut de la ville de Jisr al Choghour, près de la frontière turque. Depuis, les civils fuient constamment les violences: le phénomène n'est ni nouveau, ni révélateur d'une  répression sanguinaire par le pouvoir légal et le lot de tueries, massacres et viols sont partagés par les forces en présence. L'Occident participe à la radicalisation du conflit par une escalade langagière qui sévit pareillement dans la couverture des événements par les media occidentaux partisans qui relayent les positions américaines. Plus de 4.000 seraient entrés en Turquie, et 10.000 autres seraient massés sur la frontière. 

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme, qui est aux mains des USA, participe à la propagande. 
Il estime que juillet 2012 est le mois le plus meurtrier depuis le début de la révolte en Syrie il y a un an et demi et dénombre plus de 4.000 morts, un chiffre passe-partout.

Des chaînes de télévision américaines ont rapporté que le président américain Barack Obama a signé un document secret autorisant l'aide américaine aux rebelles. Le porte-parole des Nations unies Martin Nesirky a affirmé mercredi 1er août que, selon la mission de l'ONU en Syrie, les rebelles sont en possession d'armes lourdes, dont des chars, à Alep, où de farouches combats ont lieu depuis le 20 juillet entre forces gouvernementales et insurgées.

Les rebelles aussi sont les auteurs d'exactions et de crimes 
Pour la première fois, les quartiers chrétiens et la vieille ville de Damas ont été touchés par les combats la nuit dernière. 
La communauté chrétienne, qui représente 5% de la population syrienne, est traditionnellement "protégée" par le régime et se retrouve donc dans une situation très inconfortable. Elle accuse le régime en place: "Les chrétiens ont été pris en otages par le régime Assad", affirme Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po, spécialiste de la Syrie. Conseiller des Affaires étrangères, Filiu a été en poste en Jordanie, en Syrie et en Tunisie, ainsi qu'aux États-Unis. Il a aussi été membre des cabinets du Ministre de l'Intérieur Pierre Joxe (1990-91), du même ministre à la Défense (1991-93) et du Premier Ministre Lionel Jospin (2000-2002) et instrumentalise le calvaire des Chrétiens.

Sur la route d'Alep, l'envoyé spécial de France Info en Syrie a pu rencontrer cinq alaouites capturés par les insurgés de l'armée syrienne libre (ASL). 

Ils faisaient partie des forces régulières de sécurité de la ville d'al-Bab. Ces prisonniers vivent maintenant dans la peur d'être exécutés par les rebelles.


Les divisions des rebelles expliquent le délitement de la situation insurrectionnelle

Le chef officiel de l'ASL, le colonel Riad Assaad, basé en Turquie, a accusé le
commandement rebelle de l'intérieur d'être "engagé avec fièvre dans la course à des postes" de pouvoir. Même si sur le terrain les insurgés ont marqué des points avec la prise des commissariats à Alep, de nouvelles divisions sont apparues au grand jour entre le commandement des rebelles en exil et celui de l'intérieur.
Les rebelles de l'intérieur, qui s'estiment les mieux placés pour gérer l'après Assad, avaient appelé cette semaine à la formation d'un conseil présidentiel en vue de diriger une éventuelle transition.

Bassam Tahhan, professeur syrien de géopolitique et de géostratégie à l’Ecole pratique des hautes études de Paris et de Lettres arabes au Lycée Henri IV, mais aussi porte-parole du Collectif pour la Syrie, une association de conciliation, milite pour le changement à Damas et donc pour "un dialogue serein entre les diverses composantes" du pays. Au micro d'une Mathilde Munos perturbée dans ses certitudes et qui oppose des "mais quand même" désespérés, l'expert affirme qu'Assad doit quitter le pouvoir, mais "dans la légalité", sans ingérence de l'Occident, des USA, de l'ONU et du roquet Laurent Fabius.
ECOUTER
VOIR et ENTENDRE ce même expert syrien:


"Attention aux barbus"!

- La situation à Alep
Selon cet expert en liaison téléphonique quotidienne avec la Syrie, la situation sur place n'est pas exactement celle décrite par les media occidentaux, qui seraient victimes (dans le meilleur des cas) ou coupables de manipulations et d'intox. "Les habitants d'Alep ne manquent de rien, si ce n'est de bonbonnes de gaz. Car les insurgés s'en servent pour fabriquer des explosifs". 

- Assad doit-il quitter le pouvoir ?
"Ce n'est ni aux Etats-Unis ni à Fabius (le ministre français des Affaires Etrangères) de décider. Il faut négocier. Si Assad doit partir, il faut que cela se passe dans la légalité.

- Quelle perspective pour l'après-Assad ? 
Le Collectif pour la Syrie, que représente Bassam Tahhan, se dit "pour une passation pacifique du pouvoir", ce qui apparaît compliqué au vu de la situation sur le terrain. "Il faut un changement", reconnaît-il, faisant confiance en la prise de conscience des Alaouites, mais il met en garde contre ceux qu'il appelle "les barbus". Il met l'Occident en garde: les insurgés sont des combattants du "croissant chiite". Et de conclure : "Ce n'est pas aux Américains d'imposer leur diktat à la Syrie." 
Et Fabius doit donc réviser ses positions alignées sur Obama.

mercredi 1 août 2012

Syrie: qui sont les rebelles soutenus par Juppé et Fabius ?

Une révolution militaire de l' "armée de la Syrie libre " ?


Image typique de l'intox médiatique:
cette photographie de demandeurs d'asile en Turquie,
ne présente aucune garantie d'authenticité


Officiellement, l'ASL  est la principale  force armée  opposée au régime de  Bachar el-Assad (1965), président  alaouite (c'est-à-dire  chiite, comme l'iranien Khomeini)  de la République arabe syrienne depuis  juin 2000 , date à laquelle il succéda à son père,  Hafez el-Assad, et en lutte contre l’ armée régulière depuis 2011 . Elles est essentiellement composée de membres des  Forces armées syriennes qui ont fait défection, mais cette affirmation est de plus en plus contestée. Cette guerre civile est un conflit armé issu des contestations plus ou moins spontanées contre le régime baasiste qui débute par des manifestations pacifiques en mars 2011, c'est-à-dire trois mois après le début du mouvement révolutionnaire surnommé "Printemps arabe".

L'armée syrienne fut longtemps appréciée du monde arabe

Durant la deuxième guerre du Golfe, le père de Bachar al-Assad envoya un corps expéditionnaire  libérer le Koweït entre 1990 et 1991; il compta 21 000 hommes et s'acquitta avec succès de sa mission. L'armée syrienne participa également à la guerre israélo-arabe de 1948-1949, guerre des Six Jours en 1967. Elle envoya  également  de l'aide à l'OLP dans l'événement du Septembre noir, puis à la guerre du Kippour en 1973 et à la guerre du Liban de 1976 à 1990. 

Aujourd'hui, le régime syrien est stigmatisé. 
Réprimée par les forces syriennes régulières, la rébellion -décrite comme citoyenne- est soutenue par des militaires: elle se transforme peu à peu en conflit opposant deux camps armés et se prolonge encore en 2012, attisé par l'étranger.Le régime de Damas prend des mesures de prévention contre le printemps arabe qui secoue le Proche orient, alternant répression et tentatives d'apaisement. Plusieurs appels à manifester sont lancés à partir du 4 février, mais les moukhabarat (services de renseignements des pays arabesrépriment sévèrement toute tentative d'opposition.

Des manifestations orchestrées quotidiennes se succèdent à partir du 15 mars
, bien couvertes par la presse française sympathisante. Plusieurs bâtiments symboliques du pouvoir (siège du Parti Baas, tribunaux) sont incendiés. Le vendredi 18 mars 2011, des manifestations de plusieurs milliers de personnes ont lieu à Damas, Homs, Banias et surtout Deraa. Le pouvoir réprime dans le sang ces manifestations, faisant des centaines de morts et des milliers de blessés ; Human Right Watch amplifie et ne tarde pas à dénoncer des arrestations en masse et de véritables massacres. Malgré cela, le mouvement s'étend néanmoins à toutes les principales villes du pays. 

La presse occidentale est sous influence de ce type d'ONG et le nombre des victimes est en fait difficile à estimer.
 
Sans doute le nombre des insurgés tués s’élève-t-il à plus de 10000, mais les journalistes se voient interdire l’entrée en Syrie et ne savent pas pour sûr. Ils colportent  les rumeurs émanant des rebelles qui assurent ainsi que, dans les prisons, la torture est systématique. Chaque jour ils rapportent un nouveau massacre ou une tuerie qui accréditerait le génocide: l'inflation des chiffres et des termes excessifs fait craindre le sensationnalisme morbide et la manipulation idéologique. 

L'association 
France Syrie Démocratie a affiché un banderole au sommet de la Tour Eiffel certifiant : " 21 000 morts, 65 000 disparus, 2 millions de déplacés".Des manifestants, au nombre d'une douzaine, proclament "Cela fait maintenant 16 mois que le régime d'Assad commet des crimes contre la population syrienne. Tout le monde détourne les yeux. [? Evidente mauvaise foi victimaire] Nous sommes ici pour réclamer un soutien à la révolution syrienne",  explique l'un des organisateurs, Ibrahim Wetti, qui a quitté la Syrie en 2006, pour venir suivre en France des études supérieures de  chirurgie dentaire et n'en sait pas plus que la presse occidentale sur la réalité du terrain, mais qui est abondamment relayé par Rue89 et Mediapart.


A Paris, France Syrie Démocratie, soutient l'opposition syrienne et a pu accrocher, le 27 juillet, un immense drapeau vert, blanc et rouge frappé de trois étoiles

Témoignage d'un des "héros" de la libération de Tripoli qui prête main forte à l'ASL, l'armée libre syrienne.


"La bannière de la nation"

90% des combattants seraient syriens !





En mai 2011, Erdogan,
premier ministre turc,
congratulait encore Bachar al-Assad...




Dans son rapport " Nous n’avons jamais vu de telles horreurs ", l’ONG américaine supranationale Human Rights Watch indique que des " crimes contre l’humanité " sont commis par les autorité et que le pire est sans doute à venir. Son autorité est remise en question pour son alignement sur la politique américaine, des dons de l'Arabie saoudite et des soupçons d'anti-sémitisme. 

La communauté internationale ne s'interroge pourtant pas vraiment sur la réalité du soutien populaire aux insurgés.
 

Fin août, la rébellion se structure et crée le CNS (Conseil national syrien), à l'image du CNT libyen. Il est lancé officiellement les 1er et 2 octobre 2011 à Istanbul, en Turquie. L'arabisation du mouvement apparaît clairement, mais l'occident n'y voit toujours aucun signe. 

C’est la dernière, à ce jour, des révolutions arabes. 

Les précédentes devraient donner à réfléchir.

En Syrie, les Frères musulmans suive leur stratégie habituelle: après avoir agité les classes populaires, spécialement dans les grandes villes de Hama (où un Frère musulman tenta d’assassiner le président syrien Hafez el-Assad en 1980, provoquant une répression et où la rébellion armée éclata contre le pouvoir en place de Bachar el Assad en 2011, Homs et Damas, ils adoptent un profil bas. Le leader syrien des Frères musulmans est Ali Sadr ad-Din al-Bayanouni, qui vit en tant que réfugié politique à Londres.
Le 3 août 2011, selon les raccourcis de la presse, le Conseil de sécurité de l'ONU condamne à l'unanimité, les " violations généralisées des droits de l'homme et l'emploi de la force contre des civils " (fussent-ils des rebelles armés par l'étranger) par les autorités syriennes. A vrai dire, ni la Chine, ni la Russie ne participe à cette collusion internationale. Ce type de protestations dépasse par son ampleur et sa durée le soulèvement qui avait mené à la répression de Hama en 1982, d'autant que les membres de différentes communautés se sont impliqués.

En février 2012, alors que plusieurs villes sont bombardées par l'armée syrienne, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, déclare que la répression contre les opposants est " presque certainement un crime contre l'humanité ". L'escalade verbale est officielle, mais prudente. 
Selon les sources proches de ...l'opposition, avec les précautions qui s'imposent sur leur validité, la répression et les combats sont estimées à 19 000 morts en juillet 2012 et des centaines de milliers de déplacés.  En un an, les organisations humanitaires estiment (à la louche ?) le nombre de réfugiés à 90 000 en Jordanie
Une partie du mouvement d'opposition s'arme, grâce à des défections au sein de l'armée de Bachar al-Assad et des soutiens étrangers, sans plus de précisions sur leur provenance, et forme l'armée syrienne libre, qui contrôle d'importantes parties du territoire syrien à la mi-2012.
Au milieu d'une cour d'école transformée en camp d'entraînement, au nord de la Syrie, ils sont quelque 200 combattants, en armes et en rangs serrés, à invoquer Dieu. L'homme qui les harangue est un Libyen : le légendaire commandant Mahdi, héros de la libération de Tripoli, est en Syrie depuis un peu plus d'un an.
Avec 35 de ses hommes, il est venu apporter son expérience du terrain à la révolution syrienne. "Ici c'est comme en Libye, tous les combattants sont des civils", explique-t-il au micro d'Europe 1. "Nous avons des médecins, des ingénieurs, des gens comme tout le monde. Il faut absolument les former au combat, à la tactique militaire, avec ce qui a été notre propre expérience de la révolution en Libye".

En un an, il a fédéré l'un des groupes de combattants les plus importants au nord du pays. La brigade Liwa al-umma, soit la "la bannière de la nation" compte 6.500 combattants venus parfois du monde entier participer à la révolution syrienne.
C'est le cas de Mahmoud, 22 ans, né de parents égyptiens et installé en Irlande. Du jour au lendemain, le jeune homme a quitté son appartement et son métier de consultant à Dublin pour venir au nord de la Syrie. "Pendant trop longtemps, nous nous sommes contentés de regarder, d'être en dehors, alors que nous savions tous quelle était la nature des régimes dans le monde arabe".

"J'ai tout abandonné parce que mes frères et mes sœurs étaient en train de mourir. Il fallait que je vive ce qu'ils vivaient, que je les aide", raconte-t-il, ajoutant : "être debout contre l'oppression, c'est ma vie. C'est devenu ma mission".
Le commandant Mahdi affirme que 90% de ses combattants sont syriens. Peut-on accorder du crédit à cette affirmation ? Il est en effet devenu un symbole, celui de l'infiltration des combattants venus de l'extérieur, dénoncée par Bachar al-Assad. Et il sait qu'il est désormais en tête de liste établie par le régime, celle des hommes à abattre.
Les rebelles poussent les populations civiles à l'exode
Les victimes de la rébellion islamiste affluent en Turquie, porte vers l'Europe.
L'armée turque multiplie les exercices militaires d'intimidation dans la province du Hatay, sur sa frontière avec la Syrie. Un camp de l'ASL est établi en Turquie depuis décembre 2011 et la jonction avec le nord de la Syrie explique les combats d'Alep. Les bombardements contre cette ville de 2,5 millions d'habitants et ses environs ont jeté en deux jours sur les routes quelque 200.000 personnes, selon l'ONU qui a demandé que les organisations humanitaires (dont Human Rights Watch !) puissent "accéder en sécurité" à Alep.

Bilan provisoire du "printemps arabe"

Tunisie (2010-2011):  gouvernement d'union nationale" du premier ministre Mohamed Ghannouchi (ancien ministre du Plan de Ben Ali),  épuration forte des benalistes et exode vers l'Italie (Lampedusa)une manifestation de 100 000 personnes à Tunis pousse à la démission le nouveau Premier ministre Ghannouchi, remplacé par Béji Caïd Essebsi, plusieurs fois ministre sous... Bourguiba. 

Egypte
:
Les Frères musulmans, avec à leur tête Mohamed Morsiobtiennent 44,6% des suffrages aux élections législatives et lessalafistes, 22,5%.

Lybie :
 
renversement de Mouammar Kadhafi (2011), le Conseil national de transition ou CNT assure la transition avec Abdel Rahim al-Kib qui devient président du Conseil exécutif du Conseil national de transition (CNT) depuis le 24 novembre 2011 et donne deux ministères régaliens aux ex-rebelles ayant combattu le régime de Mouammar Kadhafi. Le CNT au pouvoir  est accusé par des journalistes et penseurs d'actes de racisme à l'encontre de la population noire de Libye.