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mercredi 18 avril 2018

Strasbourg : Macron refuse toute critique de son intervention militaire en Syrie

Le "chef de guerre" français a dénoncé avec véhémence ceux qui "à chaque fois s'indignent", mais "restent assis"

A Strasbourg, Macron a haussé le ton pour défendre ses frappes sur la Syrie 


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Emmanuel Macron assure qu'il "aime particulièrement l'exercice du débat avec le Parlement". Mais, alors qu'il s'exprimait pour la première fois devant les 750 députés européens, dont 74 Français, réunis en séance plénière à Strasbourg ce mardi, le chef de l'Etat est monté sur ses grands chevaux. Au cours de son allocution de vingt-cinq minutes, le président de la République n'a fait aucune annonce nouvelle : il n'a fait que haranguer son auditoire.Tout juste a-t-il repris, au nom de la France, une idée qui circule depuis plusieurs semaines au Parlement européen: un programme européen pour financer les collectivités locales accueillant des réfugiés. Macron a surtout développé sa vision de la démocratie en Europe pour faire face aux tentations autoritaires; objectif "raviver l'Europe des peuples".

D'abord lorsqu'il a sèchement répondu aux eurosceptiques Florian Philippot et Nicolas Bay. 

Mais surtout lorsqu'il a évoqué l'intervention française en Syrie qu'il "assume parfaitement", une phrase creuse. "Je vous le demande: les mêmes qui, à chaque fois, s'indignent devant les images que nous avons vues, d'enfants (et) de femmes morts d'attaques de chlore, restons-nous assis ? Défendons-nous des droits en disant: “les droits, c'est pour nous", "les principes, c'est pour nous", mais "la réalité, elle est pour les autres" ?  Non ! Non ! (...) Trois pays sont intervenus et, je vous le dis avec beaucoup de franchise [ou d'aplomb]: pour l'honneur de la communauté internationale !", a-t-il pensé en haussant le ton, pour tenter de donner force à son propos. 
  
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El-Assad "mène une guerre parallèle contre le peuple syrien et ses opposants" Rappelant que la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis sont intervenus "dans un cadre légitime, multilatéral (et) de manière ciblée" - une affirmation controversée, puisque la triade a passé outre l'aval de l'ONU - qu'il a contribué à "impuissanter" - et ignoré les états de la région - il a fait valoir qu'"aucune victime humaine" n'est à déplorer. 

Il s'est également félicité que "trois sites de production et de transformation d'armes chimiques" ont été détruits. Or, la Syrie ironise en précisant que l'une des cibles atteintes était une usine de production de liquide vaisselle...

"Regardons nos principes en face; regardons le droit international en face, et demandons-nous où nous voulons aller ?", a-t-il poursuivi, en dépit du mépris des alliés pour leurs parlements respectifs, l'ONU et les états arabes, telle l'Arabie saoudite, sous les applaudissements d'une partie de l'hémicycle et le silence glacé de l'autre. 

Enfin, des questions pour dénoncer cette action sans mandat de l'ONU ont déstabilisé Macron

En réponse, le cowboy est entré dans une colère noire pour défendre les frappes.


Emmanuel Macron a concédé que "ces frappes ne règlent rien". "Mais elles mettent fin, simplement, à un système auquel nous nous étions habitués qui est que, en quelque sorte, le camp du droit serait devenu le camp du faible. Et je ne m'y résous pas", a-t-il considéré.

"Nous continuons le travail (...) diplomatique et humanitaire", a-t-il ajouté, se défendant encore de n'avoir "déclaré la guerre à personne" d'autre que Daech. 

Et d'accuser le pouvoir - pour le coup légitime - de Bachar el-Assad, qui "mène une guerre parallèle contre le peuple syrien et ses opposants", en fait contre les rebelles soutenus par l'étranger et contre Daech. 

Macron a été ridiculisé par un eurodéputé écolo belge

L'élu lui a offert une corde, non pas pour qu'il se pende, mais pour dénoncer son expression "premiers de cordée".


dimanche 7 mai 2017

Macron, favorable à une intervention militaire en Syrie

Le candidat Macron s’est déclaré pour une intervention militaire en Syrie 

Macron a réagi à chaud à l’attaque chimique dont est accusée l’armée syrienne de Bachar el-Assad 

Macron (à gauche) et la pucelle d Orléans (8 mai 2016)
dans la ville de Khan Cheikhunfief rebelle de la province d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie. Ce bombardement aurait fait au moins 86 morts, dont 27 enfants et 546 blessés. 
Invité de "l’Emission politique" de France 2, le candidat à l’élection présidentielle, le néophyte de la politique s’est déclaré en faveur d’une intervention militaire sous l’égide des Nations unies. "Bachar el-Assad n’en est pas à son premier crime, a affirmé le banquier. Si les faits se confirment, il faut une intervention militaire internationale sous l’égide de l’ONU. On ne peut pas laisser ce qui s’est passé sans sanction", a déclaré le va-t-en guerre.

Les Etats-Unis, la France et le Royaume-uni ont demandé au Conseil de sécurité de l'ONU de voter ce jeudi sur le projet de résolution Optimiste, le trentenaire sans aucune formation militaire a affirmé que la Russie pourrait l’accepter, ce qui serait une vraie nouveauté dans le dossier syrien. 

Emmanuel Macron a néanmoins prôné le dialogue avec le clan Assad
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ce qui ne clarifie pas sa position internationale, alors que le dialogue n’a pas été la voie diplomatique choisie par le Quai d’Orsay depuis le début de la crise. "Notre priorité ce sont les terroristes. Donc, on doit d'abord les éradiquer. On doit ensuite construire une solution politique, sortir Bachar al-Assad du jeu, mais dans un premier temps cette transition se fera avec lui".

En revanche, Macron n'est aussi pas déterminé à "éradiquer" les islamistes en France, puisqu'il a accepté le soutien de l'UOIF. 
A la suite de la désignation de l'UOIF comme organisation terroriste par les Émirats arabes unis en novembre 2014le Front national demande à Hollande sa dissolution.
Sur la même ligne, 
un sympathisant de Macron, le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Christian Estrosi, a envisagé la dissolution de l'UOIF : "C'est l'occasion peut-être pour l'UOIF de prendre enfin des positions claires. De deux choses l'une, soit ils sont décidés à dénoncer définitivement toute forme de djihadisme et à le combattre dans leur propos, dans leur comportement, dans leur organisation, soit ils sont décidés à se reconnaître dans toutes les valeurs de la République, soit il faudra que le gouvernement en tire toutes les conséquences jusqu'à aller à sa dissolution."
Au sujet de la Russie, François Macron n'a pas hésité à dénoncer la "complaisance" de ses adversaires à la présidentielle, François Fillon, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. La Russie est "une puissance régionale importante" et il faut lui "parler", mais "elle n'a pas nos valeurs ni nos préférences", a poursuivi l'ancien conseiller de Hollande et ex-ministre de Manuel Valls.

Marine Le Pen est opposée à la politique du Hollande-bis

 

Candidate FN à la présidentielle, Marine Le Pen a exprimé l’opinion contraire, sur LCI,
critiquant le président des Etats-Unis Donald Trump qui a évoqué une intervention. "Attention, je le dis clairement, à ne pas se relancer dans une opération militaire en Syrie. J'ai entendu des propos de M. Trump qui évoque une intervention... Je crois qu'il a tort", a-t-elle estimé. "En faisant cela, il entre dans la roue des anciennes administrations américaines, que ce soit l'intervention en Irak ou en Libye; ça n'a pas été une réussite pour le moins. Il faut être prudent avec ce type de menaces," a insisté la rivale de Macron.

jeudi 17 septembre 2015

Hollande entre en guerre en Syrie: qu'en pense al-Assad ?

Nos frappes aériennes contre Daesh en Syrie vont commencer, prévient Le Drian

Pourquoi François Hollande a changé de stratégie en Syrie

Ce changement de stratégie s'ajoute à tous les revirements précédents. Le président Hollande a annoncé que la France envisage, pour la première fois, des frappes aériennes contre l’organisation Etat islamique en Syrie. "Aujourd’hui en Syrie, ce que nous voulons, c’est connaître, savoir ce qui se prépare contre nous et ce qui se fait contre la population syrienne", a lancé le chef de l’Etat lors de sa conférence de rentrée lundi. "Aussi ai-je décidé qu’il y aura dès demain (mardi) des vols de reconnaissance (…) et ensuite, selon les renseignements que nous aurons collectés [l'"audacieux" se laisse une porte de sortie], nous serons prêts à faire des frappes"Cette annonce pourrait permettre à la France de peser davantage dans les négociations, pense-t-il...

"Les combattants de Daesh ont gagné du terrain"

En fait, l’aviation française participe bien depuis septembre 2014 aux opérations de la coalition emmenée par les Etats-Unis en Irak, et ce soulignement de leur impuissance n'a pas manqué d'irriter les coalisés auxquels Hollande est supposé apporter son soutien.  Le président et Fabius pointent en fait la décision à laquelle ils ont adhéré de frapper l'Irak mais de laisser le président al-Assad se débrouiller avec ses rebelles et ses terroristes de Daesh également nuisibles aux habitants de Syrie. Que Hollande s'intéresse tout à coup à "ce qui se fait contre la population syrienne" est tout à son honneur, quoique tardif, alors que la Syrie subit une hémorragie dramatique de population, avec des répercussions historique sur l'Europe.  
Jusqu’à aujourd’hui, Hollande était resté aligné sur Obama qui refusait de frapper le territoire syrien. "Il y a un an, le gouvernement français souhaitait avant tout éviter de contribuer à renforcer Bachar al-Assad. En outre, Paris avançait l’absence de base juridique pour justifier une intervention militaire contre Daesh en Syrie, c’est-à-dire ni sollicitation du gouvernement légitime, ni mandat international", précise Bruno Tertrais, maître de recherches à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).
Une intervention militaire contre Daesh en Syrie reste sans "fondement juridique" En clair, une ingérence militaire sur le territoire d'un état souverain est un acte de guerre. "Mais cet argument semble moins pertinent, car les combattants de Daesh ont gagné du terrain en Syrie, s'arrange le chercheur. Et d'accuser: "L’armée régulière ne fait plus grand-chose pour contre-attaquer dans les zones contrôlées par l’Etat islamique".
Combattre "l’EI imposait d’être présent sur l’ensemble du territoire" occupé par l'Etat islamique, estime-t-on désormais

"Le premier élément déclenchant est politique" [mais plutôt médiatique]. 
Cette décision découlerait du mouvement d’opinion que la presse a provoqué autour de la photo de cet enfant syrien mort sur une plage turque, raconte Jean-Claude Allard, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Aylan n'est pourtant pas le premier enfant échoué ou ramassé dans des filets de pêcheurs. La question est plutôt pourquoi la photo a été diffusée quand les précédents documents étaient censurés. "On sait bien que les personnes fuient les combats et les atrocités commises par les combattants de l’EI lorsqu’ils s’emparent des régions", commente le général à la retraite.

Frappes contre Daesh en Syrie : vers une politique du calcul du "moins pire"
Cette volte-face diplomatique est un revirement stratégique. "D’un point de vue militaire, il était évident qu’un combat contre l’EI imposait d’être présent sur l’ensemble du territoire occupé par le groupe, à la fois en Irak et en Syrie, 
reconnaît désormais Jean-Claude Allard, un bavard jusqu'ici moins catégorique sur la Syrie. La France faisait une distinction entre l’Irak et la Syrie qui n’était pas pertinente car les combattants islamistes ont aboli les frontières". 
"Peser davantage dans la négociation internationale," dernière intox de l'ElyséeEn août 2013, François Hollande, qui voulait "punir" Bachar al-Assad , si c'était aux côtés des alliés, comme il a voulu des "sanctions" contre Poutine, à la suite d'Obama, avait présumé de son poids international. S'agissant de l'Ukraine, depuis mars 2013, Vladimir Poutine ne cesse de dire, qu'il "faut s'asseoir à une table, il faut discuter et il faut que nous gérions le monde en multilatéral". Cela pose un problème, je le conçois, car on se dit toujours "est-ce qu'il est honnête et sincère ou est-ce qu'il veut nous tromper ?" expliquait le général. Et d'expliquer que "son intérêt, pourtant, en tant qu'exportateur de gaz et de pétrole n'est pas de dresser l'Europe contre lui, il faut le comprendre et s'asseoir à une table avec lui."
Voilà qu'Hollande se range finalement du côté de l’Iran et de la Russie, soutiens de Damas. "C’est une stratégie en deux temps", tente d'expliquer l’ancien militaire. L’EI devient maintenant la cible n°1, et le sort du président syrien, le seul qui résiste actuellement sur le terrain, viendra après". "Si son armée craquait dans les semaines qui viennent, l’EI s’installerait à Damas". La priorité est donc devenue l'éradication des terroristes de Daesh.
L’aviation française pourrait-elle avoir un impact sur l'issue du conflit ?
Un pas de plus vers l’intervention militaire en Syrie
L
es frappes aériennes contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie débuteront dans les prochaines semainesa annoncé le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. Lundi, le président François Hollande avait que la France devait mener ces frappes aériennes contre les positions de Daesh en Syrie.

"Nous avons annoncé des vols de reconnaissance permettant d’envisager des frappes si c’était nécessaire, et ce sera nécessaire en Syrie", a affirmé le chef de l’Etat lors d’une conférence de presse commune avec son homologue du Nigeria Muhammadu Buhari, à Paris, le 7 septembre. Le 8 septembre, la première mission de reconnaissance avait été menée. De cet engagement militaire en Syrie, le Parlement français a débattu mardi, après décision présidentielle et sans vote.
"L’apport français sera de qualité, mais quantitativement, ce ne sera pas significatif par rapport à ce que déploient par exemple les Américains", répond Jean-Claude Allard. "Les frappes déjà menées par la coalition anti-Daesh ont permis de contenir un peu son expansion, mais dans des proportions limitées. Il est difficile d’en faire davantage sans troupes au sol, mais pour l’instant aucun pays n’est prêt à envoyer des soldats en Syrie".

François Hollande a d’ailleurs balayé cette idée d'un envoi de troupes au sol qu’il juge "irréaliste" et " inconséquente" lors de la conférence. Une prise de position qui, quant à elle, aura un impact sur l'évolution de la situation en Syrie et, du même coup, sur l'afflux de Syriens en Europe, notamment en Allemagne ou en Suède, et subsidiairement en France qu'ils préfèrent
, si possible, éviter. 
L'armée française sur tous les fronts
Les détachements de l'armée française hors du territoire européen comptent environ 6.500 militaires français (hormis les 20.000 soldats stationnés hors de la métropole) répartis, en 2015, dans les opérations extérieures (OPEX), dont les plus importantes se situent

- au Mali et au Tchad: opération Barkhane, soit 3.000 hommes, depuis plus d'un an (août 2014),
- en Centrafrique: opération Sangaris (2.000 hommes,
- Golfe de Guinée : mission Corymbe (300 hommes,
- Golfe d'Aden : opération Atalante (270 hommes)
- au Liban 
(opération Daman, 900 hommes) et en Côte d'Ivoire, sous mandat international de l'ONU.
Très impopulaire sur la scène intérieure, Hollande joue les matamores à l'internationale, dans l'ombre des puissants: le risque serait que les chiens aboient et que la caravane passe.

vendredi 9 mai 2014

L'intervention de Hollande au Mali fait un 8e mort français et deux blessés

Un militaire meurt, sans autorisation

Le jeudi ...8 mai, 
un militaire français a été tué en opération dans le nord du Mali
révèle l'Elysée. 

Ce sous-officier du 2e régiment étranger de parachutistes de Calvi porte à huit le nombre de pertes françaises au Mali depuis le début des opérations. Le président socialiste ne manque pas de mots... "Le chef de l'Etat exprime son grand respect pour le sacrifice de ce légionnaire français", peut-on lire dans un communiqué de l'Elysée. 
A l'origine de l'envoi de soldats français, Hollande exprime sa "totale confiance" [ce qui, en la circonstance, n'a aucun sens] aux forces françaises engagées dans la lutte "contre les groupes armés terroristes".

Le véhicule du soldat tué a été détruit sous l'effet d'un "engin explosif improvisé" placé par un groupe djihadiste, a affirmé, sans preuve, le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, sur BFM-TV et RMC
A l'issue des cérémonies commémorant le 8 mai 1945, le président Hollande a aussi indiqué que deux soldats ont été blessés par cette explosion.

Comme la courbe du chômage en France, la situation se serait néanmoins stabilisée dans le sud du Mali. Des groupes islamistes sont toujours actifs dans le Nord, a-t-il admis. "Il est mort pour la liberté du Mali, la sécurité du Mali, mais aussi pour la liberté, la sécurité de l'Europe [rien que ça !] et de la France", a-t-il estimé.

Hollande annonce la fin de l'ingérence française

Jean-Yves Le Drian a indiqué que l'opération Serval au Mali est "en train de se terminer dans sa phase de guerre frontale contre les groupes djihadistes ".

Le ministre annonce un désengagement français. "Nous sommes en train de nous réorganiser pour avoir une conception régionale du contre-terrorisme", a expliqué le ministre, précisant que 1.000 soldats français vont être concentrés près de Gao et 3.000 autres sur la "bande sahélo-saharienne", face aux islamistes d'Al-Qaïda AQMI.
Pourtant, en novembre 2013, "le calendrier de réduction de présence des forces françaises" n'était pas "remis en cause". Fixé par François Hollande, lors de sa visite à Bamako le 19 septembre, le chef de l'Etat disait alors : "vous serez environ 2.000 en novembre prochain. Vous aurez à cœur de permettre que le scrutin des élections législatives (24 novembre et 15 décembre) se tienne dans les meilleures conditions. Ensuite, il y aura un désengagement et vous serez 1.000 à la fin du mois de janvier [2014]." Des sources militaires n'excluaient pas alors qu'il puisse y avoir encore près de 1.500 hommes début février, le temps de plier bagage. En mai 2014, ils sont encore 4.000...
La France est intervenue militairement en janvier 2013 aux côtés des forces maliennes, à la façon de la Russie de Poutine, en soutien aux Ukrainiens de l'Est, pour déloger les combattants islamistes (comme les insurgés de Kiev) qui contrôlaient alors les deux tiers du pays et menaçaient la capitale, Bamako.

L'exception démocratique française

Les députés français n'ont pas les pouvoirs de leurs homologues anglo-saxons, mais pas une voix ne s'élève dans la chambre rose actuelle.
En juillet 2013, les élus de la Chambre des Communes, l'équivalent de l'Assemblée nationale au Royaume-Uni, ont voté "non" à une intervention militaire en Syrie et  le Premier ministre conservateur, David Cameron, a suivi leur avis sans broncher. Rien de tel en France où la presse vient conforter cette passivité des parlementaires complices sur l'envoi de troupes en Afrique. Et les admirateurs du président américain Barack Obama n'ont éprouvé aucun état d'âme lorsqu'il a  ordonné qu'aucune frappe ne soit dirigée contre Damas tant que le Congrès ne lui aurait pas donné son aval. 
Dans l'hexagone, à la différence de Marylise Lebranchu ou J.-J. Urvoas, ses collègues du Finistère, seule la députée socialiste, Patricia Adam, présidente de la Commission de la Défense à l'Assemblée nationale, a regretté que "la France (soit) l'une des rares exceptions en Europe où le Parlement s'exprime a posteriori". 
En France, où le chef de l'Etat est aussi le "chef des armées" (article 15 de la Constitution) et le seul "garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités" (article 5) - ce qui n'est pas en cause au Mali - et où le Premier ministre est "responsable de la Défense nationale" (article 21), c'est l'exécutif qui décide en matière d'intervention militaire et les élus ne sont pas consultés. L'intervention militaire française décidée souverainement par Hollande n'est pourtant pas justifiée par une menace sur "l'intégrité du territoire" ou des Français Dans cette hypothèse, les enlèvements de ressortissants français légitimerait l'attaque de plusieurs états africains, notamment sub-sahariens La cohérence de la politique étrangère de Fabius est prise en défaut, comme sur l'Ukraine où il défend les rebelles du gouvernement transitoire et sans légitimité.

lundi 23 décembre 2013

Centrafrique (RCA): des milliers de musulmans manifestent contre l'intervention de Hollande à Bangui

Hollande doit faire face au rejet de son armée 

La mort de trois combattants Séléka 
dans un accrochage avec des soldats français déclenche la contestation

Des habitants des quartiers musulmans de Bangui (Centrafrique) ont manifesté en masse, dimanche 22 décembre, contre l'opération militaire française Sangaris, à l'occasion d'une opération de désarmement.

La Séléka est la coalition rebelle à majorité musulmane qui a pris le pouvoir en mars 2013 et porté le président Michel Djotodia au pouvoir. Ses membres font partie des miliciens que l'opération française a pour objectif de désarmer, afin de mettre fin aux violences interreligieuses.

Les forces françaises accusées de prendre parti pour les milices chrétiennes

Dans l'après-midi, les manifestants se sont rassemblés dans le centre-ville de la capitale centrafricaine et ont ensuite marché sur une grande avenue vers le quartier musulman PK5. "Non à la France", "Hollande criminel !", scandaient notamment les protestataires, qui entendaient dénoncer "la partialité" des militaires français déployés depuis début décembre en République centrafricaine (RCA).
Le président centrafricain Michel Djotodia, qui a pris le pouvoir, aidé des rebelles de la Séléka, à majorité musulmane, a renouvelé samedi 2  décembre son offre de dialogue aux milices chrétiennes, pour l'arrêt des tueries inter-religieuses.

Sans la protection des Séléka, de nombreux musulmans se disent laissés à la merci des atrocités des milices chrétiennes "anti-balaka" et la presse hexagonale relaie ce point de vue partisan. 

A l'inverse, nombre de Centrafricains chrétiens accusent en effet le Tchad d’être juge et partie: les troupes de la Séléka qu’il s’agit de désarmer sont en grande partie composées de mercenaires tchadiens.

La République centrafricaine menace donc toujours de s'embraser deux semaines après le début de l’opération Sangaris

La France est seule puissance européenne en Centrafrique. 
Mais ses 1.600 militaires interviennent dans le cadre de la Misca, Mission internationale de soutien à la Centrafrique. 3652 militaires et civils sous mandat de l’Union africaine proviennent d’Afrique centrale: Cameroun, Congo, Gabon, Burundi et Tchad. 

Or, la participation du Tchad (850 hommes) est très problématique.
Hollande reçoit Idriss Déby
Le Tchad et ses soldats en Centrafrique sont accusés d’interventionnisme systématique depuis qu'Idriss Déby est chef de l'Etat. Une façon pour lui de protéger son pouvoir et de sécuriser les champs de pétrole tchadiens proches de la frontière avec la Centrafrique, quitte à aider les rébellions.

Plus viscéralement,  Idriss Déby  est un musulman qui, durant la guerre civile libyenne de 2011, aurait envoyé des éléments de la garde tchadienne en Libye pour soutenir le colonel Mouammar Kadhafi.

Très concrètement, outre que la Minusma a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire sur les allégations de mauvaise conduite de casques bleus et d’abus sexuels à Gao, le lundi 16 septembre dernier, environ 160 soldats tchadiens de la Minusma, force de l’ONU au Mali, auraient déserté à Tessalit face aux rebelles djihadistes.

Le gouvernement tchadien a "formellement"démenti lundi l'implication de soldats tchadiens de la Misca dans la
mort d'un manifestant chrétien à Bangui ce lundi, veille de Noël. 

samedi 7 septembre 2013

Syrie: notre presse partisane trie les informations en faveur de frappes militaires

Ce qu'il faut savoir que notre presse dissimule pour servir les ambitions politiques de Hollande

Le 24 août, Le Point dénonçait les accusations de Damas 

Bachar al-Assad déclarait qu'une unité de son armée avait découvert un secteur aux mains des rebelles, celui de Jobar, quartier situé à la périphérie de Damas, où les "terroristes ont utilisé des armes chimiques". "Des soldats ont été blessés après inhalation de gaz toxiques et certains d'entre eux sont dans un état critique", précisait la télévision de Bachar al-Assad.

L"Observatoire syrien des droits de l’homme" est-il fiable?

Il est la source principale des media occidentaux sur la situation syrienne, mais dès septembre 2012, Alain Chouet, relayé par Georges Malbrunot, nous en apprenait de belles sur ce qui sert de référence aux va-t-en-guerre  : " C’est en fait une émanation de l’Association des Frères musulmans et il est dirigé par des militants islamistes dont certains ont été autrefois condamnés pour activisme violent, en particulier son fondateur et premier président, monsieur Ryadh el-Maleh. L’OSDH s’est installé à la fin des années 80 à Londres sous la houlette bienveillante des services anglo-saxons et fonctionne en quasi-totalité sur fonds saoudiens et maintenant qatari." Mis en garde, les vertueux gardiens de la morale politique continuent néanmoins de relayer ses informations partisanes.

Rien n'y fait quand piaffent les bellicistes


Etrangement, on ne nous ressort plus l'argument passe-partout de l'existence d'un très actif lobby d'infâmes marchands d'armes. C'est un signe.
 


Mais Carla Del Ponte peut bien être commissaire de l’ONU en charge de la Syrie, elle est elle-même occultée. Elle a pourtant récemment révélé que la commission d’experts n’a trouvé "aucune preuve de l’usage d’armes chimiques par l’armée syrienne". Bien qu’il ne s’agisse "pas encore de preuves irréfutables", elle émet des "suspicions fortes et concrètes" qui dérangent les plans des "maîtres de guerre", Obama et son aide de camp français: les révélations de la commissaire accréditent la rumeur rapidement étouffée que les armes chimiques ont été utilisées le 21 juin par les rebelles pour amorcer la chute du président syrien.

Haytham Manna
 ne peut être accusé de sympathies pour Bachar el-Assad. Or, ce responsable syrien du Comité de cordination nationale pour le changement démocratique [opposition non armée], en exil depuis trente-cinq ans, a pourtant affirmé au journal belge Le Vif que l’histoire des armes chimiques est un coup monté. 

Il explique à qui veut bien l'entendre que

– Les armes en question étaient… artisanales. Croire que l’armée loyaliste syrienne, déjà surmilitarisée, s’encombrerait de ces babioles de guerre quand elle dispose d’un matériel autrement plus perfectionné est aussi insensé que d’imaginer les GI débarquer en Irak armés de pistolets à eau.

– A Paris, les chiffres de François Hollande font état -à la louche- de milliers de morts, tandis que la liste d’Haytham Manna contient moins de 500 noms.

– Des vidéos et des photos qui servent de preuves aux États-Unis ont été mises en ligne avant le début des attaques.

– Les Américains se sont retirés des négociations au moment où un rapprochement entre le régime et les opposants s'amorçait.


Pourquoi ne pas avoir accordé plus de crédit à une information qui pourrait se révéler décisive


Syrie_chimique_31_08_2013.jpg
Scène d'enterrement dans la banlieue Est de Damas: 

des victimes des rebelles syriens, 

selon le très crédible journaliste Dale Gavlak, 

correspondant au Moyen-Orient pour l'AP 

depuis deux décennies

Selon le très crédible correspondant au Moyen-Orient de l'Associated Press, Dale Gavlak, cette attaque blâmée par le monde entier serait en fait le résultat d'une mauvaise manipulation d'armes chimiques fournies par l'Arabie Saoudite!

Ce journaliste rapporte que de nombreux médecins, résidents de Ghouta, des combattants rebelles et leurs familles, assurent que certains rebelles ont reçu des armes chimiques par l'intermédiaire du chef du renseignement saoudien, le prince Bandar bin Sultan, et que ce sont ces armes qui sont responsables de la catastrophe chimique.

Les rebelles estiment qu'ils n'ont pas été correctement formés sur la façon de manipuler les armes chimiques, qu'ils ne savaient pas de quoi il s'agissait. Il semble que les armes devaient initialement être données à Al Qaïda et au groupe Front al-Nosra [un groupe djihadiste de rebelles armés].

Un militant de l'opposition aurait déclaré au journaliste qu'ils étaient très curieux au sujet de ces armes et que malheureusement certains d'entre eux ont manipulé les armes de façon inappropriée, ce qui a déclenché les explosions. Un autre combattant, une femme, a ajouté que le groupe de rebelles ne savaient pas de quel type d'armes il s'agissait ni comment les utiliser.

Abou Abdel-Moneim, le père d'un rebelle de l'opposition armée, a également dit à Gavlak: "Mon fils est venu me voir il y a deux semaines me demandant ce que je pensais du fait qu'on lui avait demandé de garder des armes." Le fils aurait décrit les armes comme une structure en forme de tube tandis que d'autres étaient comme une énorme bouteille de gaz. Le père a nommé le militant saoudien qui aurait fourni les armes comme étant Abou Ayesha. Selon le père, les armes ont explosé à l'intérieur d'un tunnel, tuant 12 rebelles.


Plus d'une douzaine de rebelles ont été interrogés et ont indiqué que leurs salaires proviennent du gouvernement saoudien, écrit Gavlak.
Si cette histoire est exacte, elle pourrait rendre complètement illégitime l'attaque des États-Unis sur la Syrie. L'ONU reste perplexe et étudie l'ensemble des rapports avant de se lancer tête baissée dans le piège islamiste.


La Russie a fourni aux Nations-Unies les images satellites des deux missiles lancés sur Al Ghouta. 
Ces images montrent que les gaz chimiques qui ont fait des centaines de morts et qui justifieraient aujourd’hui une guerre morale de représailles auraient été lancées depuis la région de Douma, contrôlée par les rebelles syriens.

"Nous détenons plus de nouvelles preuves attestant que cet acte criminel était de nature provocatrice", a insisté le ministre des Affaires étrangères russe. 
Il a rappelé qu'ont "circulé sur Internet" "des rapports" qui démontrent que "les matériaux de l’incident et l’objet des accusations contre les troupes gouvernementales avaient été publiés, pendant plusieurs heures, avant l’attaque en question", ajoutant qu’ "il s’agissait bien d’une action planifiée".

VOIR et ENTENDRE cette vidéo du 4 décembre 2012 qui tend à prouver que les rebelles syriens manipulent les gaz chimiques en cause dans l'attaque chimique du 21 juin 2013:

Nos journalistes, experts et décrypteurs ont bloqué les révélations
de nature à ébranler la belle détermination des deux chefs de guerre jusqu'au-boutistes, Obama et Hollande. 
Où les media autrefois impertinents ont-ils laissé leurs glaouï? Le syndrome de la "gauche molle" a-t-il gagné la presse?

G 20: l'Europe lâche Hollande sur la Syrie

Hollande, gaz toxique en Europe ? 

À peine arrivé au G20, 
le président Hollande est lâché par ses plus proches alliés de l'Union européenne, 
On a perdu le soldat Hollande
au G20 de St Petersbourg
alors même qu'il ambitionnait de fédérer une coalition favorable à l'intervention en Syrie.

"Il n'y a pas de solution militaire en Syrie", a clairement posé Herman Van Rompuy, le président de l'Union européenne. "La solution doit être politique", et s'inscrire dans le cadre de l'ONU, a insisté le représentant de l'UE à Saint-Pétersbourg, appuyé par José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne.

Les dirigeants européens refusent de donner leur caution à une intervention militaire, même s'ils n'ont pas de mots assez durs pour qualifier l'attaque chimique du 21 août en Syrie, un "crime contre l'humanité", selon Herman Van Rompuy.

La position allemande emporte la majorité

L‘Union européenne, membre de plein droit du G20, lâche la France en rase campagne, laissant François Hollande plus isolé que jamais, "avec Barack Obama comme seul allié de poids" au sommet, selon la presse aux ordres, alors que Hollande est en fait le supplétif du président "noir" tant apprécié de son ex-concubine et de la gauche multi-culturaliste. 

Herman Van Rompuy n'a laissé aucune chance au "capitaine de pédalo": les Français découvrent que la propagande médiatique de l'Elysée leur a fait croire à une autorité internationale de Hollande. Or, la France est le seul pays européen décidé à agir militairement en Syrie. "Quant à savoir quelle sera la réaction de l'UE, s'il y a une intervention militaire de la France, nous ne savons pas encore, nous y travaillons...", a-t-il ajouté.

Un camouflet pour Hollande

Le "chef de guerre" découvre que la Syrie n'est pas le Mali 
Pépère se flattait d'obtenir un soutien au moins moral, à son entreprise. L'Elysée rend l'Allemagne responsable de sa déconvenue et les salles de rédaction reprennent l'élément de langage selon lequel la position européenne est calquée sur celle de l'Allemagne. 
Malgré une campagne électorale qui la place largement en tête, Angela Merkel respecte son opinion publique: 70% des Allemands sont hostiles à toute intervention militaire. 

La Chancelière appuie une "solution politique" dans le cadre de l'ONU
La position allemande s'impose comme la position commune en Europe depuis que le Royaume-Uni a respecté le vote de la Chambre des Communes,et à quitter le camp de la guerre. 

En se démarquant du suivisme de Hollande,
l'Europe marque ainsi sa différence avec les intérêts géo-politiques américains.

 

mardi 3 septembre 2013

Marine Le Pen se déclare "farouchement contre toute intervention en Syrie"

Comme la Russie de Poutine

Marine Le Pen 
souligne le manque de preuves et les risques de représailles contre la France

Manipulation médiatique: exhibition d'un bébé,
victime présumée du gaz sarin
La patronne du FN a exprimé une vive hostilité à  une intervention militaire en Syrie : "Je suis farouchement contre toute intervention, quelles que soient les preuves apportées [sur une attaque chimique de Damas contre le peuple syrien]". "J'ai un peu le sentiment qu'on essaie de construire des preuves, a-t-elle expliqué à Jean-Jacques Bourdin, mardi matin sur BFMTV. On aimerait que la justice française réagisse comme ça, et que Mme Taubira exprime cette volonté de punir les criminels en France". 
 

Marine Le Pen met en évidence l'incohérence de la politique étrangère de Hollande
Le président socialiste combat al-Qaïda au Mali, mais soutient les mêmes islamistes en Syrie...

Craintes pour la sécurité de la France

Marine Le Pen en est convaincue,
"l'intérêt de la France n'est pas concerné, nous n'avons [donc] pas à intervenir. Tirons les leçons du passé: regardons l'Irak, regardons la Libye. Pourquoi n'a-t-on pas de nouvelles de la Libye ? C'est la charia qui règne en Libye... et c'est nous qui sommes responsables de ça (...). 
Quels que soient les crimes de Bachar, nous n'avons pas à intervenir en Syrie", martèle la présidente du Front national.
Et de conclure: "Il s'agit là d'une poudrière. Ce que je vois c'est la sécurité pour notre pays"

Hostile à la réforme des retraites  

Marine Le Pen ne descendra pourtant pas dans la rue mardi 10 septembre
avec . "Je ne manifeste pas aux côtés des complices de la situation économique de la France [la CGT et Force Ouvrière]. Or, je tiens la CGT comme complice".
La patronne du FN conclut en voyant "une très belle continuité entre la politique de Nicolas Sarkozy et celle de François Hollande. Lorsque nous parlions de l'UMPS, nous étions près de la réalité".