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mercredi 11 mars 2020

Coronavirus: Macron s'en prend à l'Union européenne en la sommant de se mobiliser

L'arrogant Macron se décharge sur l'UE

Il réclame une coopération européenne contre le coronavirus

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"Face au coronavirus, ne laissons aucune place à la spéculation et à l’instabilité. L’Europe devra faire tout ce qui est nécessaire sur le plan sanitaire comme sur le plan économique", a osé revendiquer Macron, beau parleur, mais mauvais faiseur.
Face au Coronavirus, ne laissons aucune place à la spéculation et à l’instabilité. L’Europe devra faire tout ce qui est nécessaire sur le plan sanitaire comme sur le plan économique.

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Macron et ses homologues ont pourtant joué personnel pendant plusieurs semaines. 
La crise liée au virus a mis en évidence les éternelles divisions entre les 27 Etats de l’UE, et même provoqué plusieurs polémiques. "A chaque crise, cela saute aux yeux : l’Union européenne n’existe pas encore", a ainsi dénoncé ce jeudi l’eurodéputé de Place publique Raphaël Glucksmann.

Un manque de soutien à l’Italie
Pays du continent le plus touché par le Covid-19, avec déjà plus de 800 morts, l’Italie n’a pas vraiment pu compter sur le soutien de ses "partenaires" européens, des donneurs de leçons et champions auto-proclamés de la solidarité. 

Symbole de cet individualisme criminel, alors que les masques de protection sont depuis quelques jours en rupture de stock, c’est la Chine qui a r
écemment apporté son aide à l'Italie. La branche locale du constructeur chinois Xiami a annoncé le 5 mars sur Facebook l’envoi de dizaines de milliers de masques FFP au pays en quarantaine. "Nous sommes des vagues de la même mer, des feuilles du même arbre, des fleurs du même jardin", a commenté l'entreprise chinoise. 
Pékin devrait également envoyer des experts et du matériel, a annoncé le ministère chinois des Affaires étrangères.
Dai leader Ue ampio sostegno per le misure adottate dall’Italia per l’emergenza . Dobbiamo procedere con il massimo coordinamento. L’Europa adotti tutti gli strumenti necessari per proteggere la salute dei suoi cittadini e ridare respiro all’economia

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A l’inverse, plusieurs Etats européens comme l’Allemagne, la République Tchèque ou la France, ont décidé de pas exporter leur matériel de protection. "Nous devons être solidaires dans la répartition des masques de protection. Un blocage des exportations entre les Etats membres n’est pas dans l’esprit de l’Union européenne", a réagi sur Twitter la ministre belge de la Santé, Maggie De Block.

Des déclarations intempestives de la bécasse en chef du porte-parolat du gouvernement français ont également fait polémique sur les réseaux sociaux, puisque la presse institutionnelle est aseptisée. "L’Italie a pris des mesures qui n’ont pas permis d’enrayer l’épidémie", a raconté Sibeth Ndiaye mercredi. Une accusation dénoncée notamment par Michela Marzano. "Comment osez-vous ? Savez-vous que l’OMS recommande à la France de prendre des mesures comme en Italie ?", lui a répliqué la philosophe italienne et ancienne députée du centre-gauche.
La brêle a rétropédalé dare-dare, assurant que personne ne l'a encore compris...
Attention, ce n'est pas exactement ce que j'ai dit : je parlais uniquement des mesures initiales de contrôle de température et de la fermeture des frontières pour les vols en provenance de zones à risque. J'adresse par ailleurs tout mon soutien au peuple italien. https://twitter.com/BFMTV/status/1237724062916448257 

Le coronavirus a également attisé les tensions entre l’Italie et l’Autriche après la décision de quasi-fermeture de leur frontière commune.
"Que vaut le concept tant rabâché de "solidarité européenne", quand l’Union européenne n’est pas capable d’aider l’Italie ou la Grèce ?", a réagi Marine Le Pen sur Twitter.

Se satisfaisant en France d'une politique molle de "freinage" de la propagation, Macron a tenté de faire porter sa voix mardi 10 mars à 19h, depuis l'Elysée, alors qu'un nouveau bilan provisoire fait état de 33 décès et plus de 1.700 contaminations au coronavirus en France. Il a notamment évoqué les mesures prises par les Etats membres de l'Union européenne lors d'une réunion organisée un peu plus tôt entre les différents chefs d'Etats.
Il  a pris la parole en son palais pour avertir que le pays n'est, comme chacun sait, "qu'au début de l'épidémie".

Il a évoqué la réunion en visioconférence entre les chefs d'États de gouvernement des Etats membres, le président du Conseil européen, Charles Michel, la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, et la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, pour "acter plusieurs décisions importantes quant à la crise de coronavirus qui touche les pays européens".

Coordination quotidienne des ministres de la santé
Les 27 ont prévu une coordination quotidienne sur le plan sanitaire entre tous les ministres européens de la Santé.

En matière d'équipements, une organisation commune est également prévue, notamment concernant les masques chirurgicaux et les respirateurs artificiels, "pour passer des marchés communs afin de limiter les manques et d'apporter une réponse collective", alors que certains services d'urgence italiens sont confrontés à de grandes difficultés.

Mise en place d'un conseil scientifique et un soutien en matière de recherche, soulignant que déjà plus de 100 millions d'euros avaient été dépensés dans des programmes de recherche.

Accompagnement des PME.
Sur les conséquences économiques et financières de l'épidémie, les réponses nationales nécessaires seront apportées pour "accompagner tous les secteurs touchés sur la plan économique, en particulier les PME."
"Tous ensemble, nous sommes prêts à prendre les décisions nécessaires, les mesures indispensables pour faire face à cette épidémie et à toutes les conséquences auxquelles elle peut donner lieu, et éviter toute forme d'instabilité financière", a-t-il poursuivi, tout en restant dans le flou, ajoutant d'ailleurs que que la BCE doit prendre à son tour la parole jeudi à ce sujet. Pour dissiper ce flou?

"Nous sommes prêts à utiliser tous les instruments qui sont nécessaires", avait lui-même déjà déclaré le président du Conseil européen, Charles Michel, à l'issue du sommet européen extraordinaire en visioconférence. "Une application souple des règles de l'UE en particulier concernant les aides d'Etat et le Pacte de stabilité et de croissance (qui encadre les déficits budgétaires) sera nécessaire", a-t-il ajouté. Que fait-on pour savoir de quoi ils parlent tous ?

S'exprimant à ses côtés, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a annoncé la création d'un fonds d'investissement de 25 milliards d'euros pour amortir l'impact économique de la crise sanitaire, avec déblocage immédiat de 7,5 milliards. Aucune précision n'est donnée sur leur répartition état par état, entre 27...

Macron a annoncé un conseil physique pour le 26 mars prochain et poursuivre la coordination européenne. La menace économique que constitue le Coronavirus représente un défi majeur pour l’Union européenne. Dans la situation de crise du leadership qu'elle traverse, le bras cassé Macron ne va pas hésiter à faire le show.

jeudi 23 mai 2019

Abstention - Macron appelle à la "mobilisation générale" : et puis après?

Macron croit encore que sa voix porte

Voix criant dans le désert, le président a appelé mercredi à "la mobilisation générale"

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Pour convaincre les électeurs de voter dimanche aux Européennes, assure-t-il,
mais inquiet en vérité pour la liste dont il a pris le commandement, dans un combat indécis et avant un ultime débat entre candidats jeudi.

Mercredi soir, une quinzaine de chefs de parti ou têtes de liste ont débattu, en deux temps sur France 2, pour tenter d'exister, malgré la polarisation par la presse aux ordres sur le duel RN-LREM voulu par Macron qui espère profiter de la diabolisation du parti a du mal à séduire les Français après deux années d'annonces de jours meilleurs.
Macron a profité du Conseil des ministres pour prendre encore la parole au prétexte de cet appel de mobilisation, parce que "l'impact" de ce scrutin sur "notre vie quotidienne, mais aussi sur l'avenir de la France à l'intérieur de l'Union européenne est évidemment décisif", répète la "meuf" porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye.

BFMTV boucle la série des débats jeudi soir en alignant onze têtes de liste.
Plusieurs sondages pronostiquent une abstention pouvant atteindre des records dimanche. Mais les entreprises de sondages tentent une opération d'entraînement : une étude Elabe pour BFMTV publiée mardi (en prévision du débat de son commanditaire, jeudi)  estime la participation au scrutin du 26 mai à 46% et une autre de BVA, publiée mercredi, entre 46% et 52%, soit un niveau supérieur à 2014 (42%).

La plupart des récentes enquêtes d'opinion donnent le RN en tête avec une avance de 0,5 à 2 points sur LREM, et toutes les autres listes loin derrière. Ainsi les efforts de l'Elysée en faveur de ce duel auraient-ils réussi. 
Selon un sondage Ifop-Fiducial diffusé jeudi, le RN (24,5%) devance LREM (23%) et la liste Les Républicains (14%). Loin derrière, La France insoumise pointe à 8,5%, Europe Ecologie Les Verts à 6,5% et la liste PS/Place publique est créditée de 6% (+0,5).
En fait rien n'est fait: la marge d'erreur étant de 3 à 5%. Les urnes peuvent parfaitement contrarier l'engouement des entreprises de sondage pour le pouvoir et produire un bouleversement des prévisions parmi les trois premiers favoris.

Le premier débat sur France 2 mercredi

Les têtes de liste Raphaël Glucksmann (PS/Place publique), Yannick Jadot (EELV) et Manon Aubry (LFI) faisaient face aux chefs de partis Marine Le Pen (RN), Laurent Wauquiez (LR) et François Bayrou (MoDem, pour la liste portée par LREM), lequel incarnait l'ancien monde plutôt que le nouveau annoncé par Macron.
La candidate LFI a ironisé: "Vous n'aviez probablement pas confiance en (Nathalie Loiseau, Jordan Bardella, François-Xavier Bellamy) pour qu'ils ne soient pas représentés sur ce plateau", alors que France 2 avait laissé le choix aux partis d'envoyer leur dirigeant ou tête de liste.

Ouverts sur la question écologique, puis sur la fiscalité, les échanges ont notamment été marqués par une joute entre F. Bayrou et L. Wauquiez, le patron du MoDem déplorant que "l'Union européenne (soit) au bord de la disparition", le second accusant Emmanuel Macron d'avoir "accompagné cette dislocation".

Le président des Républicains a ensuite observé que la finaliste malheureuse de la présidentielle de 2017 était encore "dans ce tempérament (du débat, jugé raté) du second tour de la présidentielle": "Vous avez l'air assez agressive ce soir", a-t-il noté, avant que Yannick Jadot s'emporte, rouge de fureur, quant à lui, contre la dirigeante du RN.
"Vous savez quoi, M. Wauquiez ? J'espère qu'un jour, vous aurez la possibilité de faire un débat au second tour de la présidentielle", lui a répondu M. Le Pen qui gardait visiblement au chaud cette réplique préparée.

Peu de temps après, ce sont Manon Aubry et Raphaël Glucksmann qui se sont empoignés sur l'opportunité de sortir des traités pour mettre en place une TVA à 0% sur les produits de première nécessité, mesure à laquelle ils sont pourtant tous deux favorables. Les siamois tentaient ainsi de se démarquer l'un de l'autre, aux yeux de l'électorat.
"Il y a une directive qui empêche de faire un taux de TVA à moins de 5%, et on touche du doigt l'impossibilité en matière fiscale de faire de l'harmonisation juste" en Europe, a souligné la candidate d'extrême gauche, en appelant à "changer" les traités.
"Pas besoin de sortir des traités", a en revanche assuré R. Glucksmann, puisque "dans le cadre de ces traités, on peut avoir une politique fiscale différente : on peut faire des coopérations renforcées, une fiscalité plus juste".

Un second débat a suivi le premier, mercredi, également sur le service public

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Il a réuni Ian Brossat (PCF), Jean-Christophe Lagarde (UDI), Francis Lalanne (liste "Alliance jaune"), Nicolas Dupont-Aignan (DLF), Dominique Bourg (Urgence Ecologie), Guillaume Balas (liste Génération.s de Benoît Hamon), Florian Philippot (Les Patriotes), Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) et François Asselineau (UPR). 

nouveau en difficulté dans les sondages, après son retentissant échec à la présidentielle de 2017 (6,4% des voix), l'ex-représentant de la gauche, abandonné de la plupart au PS, B. Hamon, a prévenu mercredi qu'il "tirera les leçons d'un deuxième échec majeur au suffrage universel", s'il n'est pas élu dimanche, bien que tête de liste. 

Depuis deux ans, le paysage politique reste jonché de partis en décomposition, comme le PS, ou en recomposition, comme LR, et les media et sondeurs privilégient la stratégie de l'Elysée en faveur d'un duel entre le RN et le camp présidentiel éclipsant les autres listes, lesquelles dénoncent une atteinte à la démocratie.

Macron, le président par défaut, élu en 2017 non pas dans un vote d'approbation, mais de rejet de la candidate FN, s'est engagé personnellement dans le débat en dramatisant à la fois l'offre électorale intérieure et l'enjeu européen. Le RN joue d'autant plus volontiers le jeu du duel qu'il lui a déjà été favorable en 2014, tandis que le président parvenu, en conflit d'autorité avec Angela Merkel et isolé, a anticipé sa deuxième ou troisième place en pointant la montée des populismes, l'autocrate n'hésitant pas à mettre en cause la montée des droites portées par des populations lassées de la technocratie et des lourdeurs de l'Union européennes telle qu'elle est devenue à 27. 

Leçon de La Fontaine dans "Le Coche et la Mouche" à l'omniprésence de l'autocrate Macron :


Ainsi certaines gens, faisant les empressés,
S'introduisent dans les affaires :
Ils font partout les nécessaires,
Et, partout importuns, devraient être chassés.

La tête de liste du RN, Jordan Bardella, a ainsi répété mercredi que si son parti arrivait en tête, le chef de l'Etat "devra s'en aller".

jeudi 15 novembre 2018

Brexit : May doit désormais vendre l'accord à sa Chambre des députés

May a arraché un compromis qui permet de ne pas couper tous les ponts avec l'Union européenne

Réparer les effets du vote populaire de défiance à l'Union européenne était une rude tâche
Ils réclament un nouveau vote pour ou contre l'Union européenne
La Première ministre britannique Theresa May n'a plus qu'à faire oeuvre de pédagogie auprès du Parlement pour qu'il accepte le projet d'accord sur le Brexit, qui suscite la méfiance des partisans d'une largage des amarres et des résistances dans son propre camp.

Le Parti conservateur est très divisé, entre partisans d'un Brexit dur et europhiles. Th. May a d'ailleurs dû batailler pendant cinq heures mercredi pour obtenir l'aval de son gouvernement au projet d'accord sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, conclu la veille avec Bruxelles.
Elle va présenter le texte ce jeudi, lors d'une allocution devant la Chambre des Communes qui se prononcera en décembre. En cas de vote négatif, elle devrait reprendre les négociations de Londres avec Bruxelles engagées à la suite du référendum de rejet de l'UE, le 23 juin 2016.

Or, le compromis actuel ligue contre lui à la fois des partisans et des opposants du Brexit, qui craignent que le Royaume-Uni reste soumis aux règles de l'UE pendant des années, mais sans qu'il n'ait plus son mot à dire.

La pierre d'achoppement se trouvait en Irlande, où il s'agissait d'éviter une "frontière dure" entre le Nord (province britannique) et le Sud (république indépendante, membre de l'UE et paradis fiscal), afin de préserver l'accord de paix de 1998. Le nouveau texte de près de 600 pages prévoit un "filet de sécurité" au lieu d'une frontière physique sur l'île.
Il prévoit un alignement réglementaire plus poussé pour l'Irlande du Nord pendant une période de transition, jusqu'à ce que les discussions sur la future relation commerciale entre les deux parties soient conclues.
Cette solution permettra de reprendre le contrôle de "notre argent, nos lois et nos frontières, mettra fin à la liberté de mouvement, protégera les emplois, la sécurité et notre union", a affirmé Mme May mercredi soir devant la presse.

Le maintien d'une union douanière entre le Royaume-Uni et l'UE 
"Avec cet accord, nous allons rester dans l'union douanière, nous allons rester, de fait, dans le marché unique", a rétorqué un de ses principaux opposants à l'intérieur du parti Conservateur, les Tories, Boris Johnson, sur la BBC. L'ex-chef de la diplomatie pro-Brexit a même estimé que cela ferait de leur pays un "Etat vassal" de l'UE.


Député de la droite du parti Conservateur,
Jacob Rees-Mogg est le leader d'un influent groupe de plusieurs dizaines de députés "Brexiters" tendance dure et il a lui aussi appelé ses collègues à rejeter l'accord.

Ce compromis "sape l'intégrité économique et constitutionnelle du Royaume-Uni" en accordant un traitement différent à l'Irlande du Nord, et n'est donc "pas acceptable", a mis en garde Arlene Foster, cheffe du parti nord-irlandais DUP, allié du Parti conservateur de Th. May et force d'appoint indispensable pour disposer d'une majorité absolue au Parlement composé de 650 députés.

Cette majorité est faible et des députés prévoient qu'elle s'amincisse encore un peu plus, comme l'envisage le député conservateur rebelle Peter Bone, conseiller du groupe de pression 'Leave means Leave', selon lequel la Première ministre risque de perdre le soutien de "nombreux députés conservateurs et de millions d'électeurs". Elle devra donc en trouver sur sa gauche.

Côté opposition, le patron du Parti travailliste Jeremy Corbyn, a indiqué qu'il était contre le texte, après s'être entretenu entretenu avec May mercredi.

L'accord suscite également la réprobation chez les anti-Brexit, qui ne peuvent se résoudre à quitter l'Union.

Et l'inégalité de traitement entre les différentes provinces britannique a suscité une vive réaction de la Première ministre écossaise, l'europhile Nicola Sturgeon, jugeant "dévastateur" pour l'Ecosse le projet d'accord, parce qu'il favoriserait l'Irlande du Nord.

May a déjà agité l'épouvantail d'une sortie sans accord
Il entraînerait une catastrophe économique et un chaos juridique que les sujets de Sa Gracieuse Majesté ont voulu dans les urnes. La première ministre brandit la menace d'un "pas de Brexit du tout", destinée aux députés eurosceptiques, mais que certains europhiles ont saisie pour conforter leur demande d'un second référendum, comme le Parti vert et un petit, mais croissant, nombre de députés conservateurs.

Dans la feuille de route du départ du Royaume-Uni de l'UE, fixé au 29 mars 2019, la prochaine étape est l'organisation d'un sommet exceptionnel des dirigeants européens destiné à valider le compromis, "probablement" le 25 novembre, selon le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar.
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, doit prononcer une allocution jeudi matin à 8h10 (7h10 HMT) à Bruxelles, et pourrait ainsi solennellement convoquer ce sommet, comme il en a le pouvoir.

Le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier, s'était réjoui des "progrès décisifs" dans les négociations sur le Brexit, ouvrant la voie à la finalisation d'un accord et à un "retrait ordonné" du Royaume-Uni de l'UE. Mais le Français l'avait dit: il reste encore "beaucoup, beaucoup de travail". Surtout pour Theresa May.

Il faut aussi que cesse la surenchère de réclamations britanniques visant à tirer de l'UE un maximum de dommages et intérêts pour
un départ volontaire, ne l'oublions pas.

lundi 8 janvier 2018

LR : la droite républicaine rompra-t-elle avec l'euro-béatitude ?

Wauquiez s'attachera à la refondation de l'Union européenne en 2018

Le nouveau patron de LR se veut plus critique et constructif

Laurent Wauquiez, lors d’une conférence de presse au siège du parti Les Républicains, à Paris, le 13 décembre 2017."Année sans élection ne veut pas dire année sans émotion," a prévenu Brice Hortefeux, député européen et soutien de Laurent Wauquiez. En particulier pour Les Républicains (LR), parti qui s'est remis de psychodrames imaginés ou réels, depuis 2012. En 2018, aucun scrutin n’est inscrit à l’agenda, mais la formation de droite va manier une matière inflammable: l’Europe.

Sujet de débat en interne, entre les europhiles revendiqués d’un côté et les "eurocritiques" patentés de l’autre, entre lesquels certains tracent des voies médianes,
le débat européen devrait animer la vie du parti en prévision des élections européennes de 2019. "La préparation des européennes sera notre principal défi de 2018", confirme Geoffroy Didier, secrétaire général délégué de LR et député européen, alors que le PS ne semble pas en état de mener le combat et que la gauche radicale se cherche une posture rassembleuse, mais cohérente, bien que ses adducteurs aient beaucoup perdu de leur élasticité. Un débat lors duquel L. Wauquiez, nouveau président du parti, va s'efforcer de dégager une ligne critique, mais positive, ce qui devrait relancer le débat, voire favoriser quelques départs sur son aile modérée qui cherche un prétexte pour rejoindre Emmanuel Macron. Cette mise sur la table sera l'occasion pour chacun de clarifier sa position en choisissant son camp.   

Interrogé sur l'état de la droite française, l'ancien ministre a clairement assumé "faire le
choix de ne pas chercher à garder tous ceux qui ont fait le naufrage de ce qu'est la droite aujourd'hui". Et d'ajouter en outre : "Un de mes grands défis est de construire une droite qui tourne le dos aux affaires."

"Je suis un européen convaincu",
 a-t-il martelé, lors d'un entretien au Figaro, le 16 novembre, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, à ceux qui, pour des raisons politiciennes, sur la scène politique et dans la presse partisane, le présentent comme un eurosceptique,  prenant un malin plaisir à déformer sa pensée
"Face à la mondialisation et pour que la France pèse et se protège, il est indispensable de s’adosser à l’Europe qui doit être un bouclier de protection et un moteur de conquête," a-t-il fermement déclaré. Mais ses opposants sont repartis à la charge et ont déjà entrepris de jeter la suspicion sur ses intentions.
L'ancien ministre a pris les devants en posant plusieurs jalons. 
Réformiste, l’auteur du livre polémique "Europe : il faut tout changer" (Odile Jacob, 2014), est conscient de l’importance de l’enjeu. Il s'efforcera de faire comme il l'a annoncé, préconisant ainsi de réduire l’Union européenne à un noyau dur de six membres.

Pour ce faire, le quadragénaire ne renonce pas à "changer le corpus idéologique" de la droitecomme il l’a affirmé dans une autre entretien accordé, celui-là, le 21 décembre, à six quotidiens européens.

Wauquiez y a dénoncé la vision fédéraliste et technocratique de Macron à l'égard de l'UE

<p>Emmanuel Macron "propose toujours plus de ce qui ne marche pas depuis 30 ans", a lancé Laurent Wauquiez, appelant à "tout refonder pour tout sauver".</p>
"Je veux plus d'Europe là où ça va, et moins là où ça ne va pas," a-t-il lancé, pragmatique, le mercredi 20 décembre. 
Laurent Wauquiez a donc vivement dénoncé la "fuite en avant" d'Emmanuel Macron sur l'Union européenne (UE). "L'Europe de Macron est fédéraliste, technocratique. Il veut créer douze nouvelles institutions européennes et quatre nouvelles taxes. C'est une fuite en avant", dénonce le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes dans cet entretien, communiqué par Les Républicains (LR). 
Emmanuel Macron "propose toujours plus de ce qui ne marche pas depuis 30 ans ", poursuit  Wauquiez, en appelant à "tout refonder pour tout sauver".

Le nouveau président des LR souhaite également "une refondation radicale" des accords de Schengen sur la libre circulation au sein de l'Union. "Je ne peux pas accepter que, quand un Etat membre décide de régulariser des irréguliers, cette décision affecte tous les autres États", poursuit-il dans cet entretien donné aux quotidiens Die Welt (Allemagne), The Daily Telegraph (Royaume-Uni), El Pais (Espagne), La Repubblica (Italie), Le Soir (Belgique) et La Tribune de Genève (Suisse).

La 'Théorie des cercles concentriques'
Le chef de parti réactive par ailleurs sa "théorie des cercles" concentriques, distinguant les six pays fondateurs, l'Eurozone, et le périmètre actuel de l'Union. 
"Je ne vois pas comment on pourrait durablement construire le continent européen en tournant le dos au Royaume-Uni", met-il en outre en garde, autant qu'il prévient, à propos de la Catalogne, qu'"en aucun cas l'Union européenne ne doit donner le sentiment qu'elle peut accepter l'éclatement de pays et encourager des autonomies".

Laurent Wauquiez, dont la décision d'installer une crèche dans l'hôtel de région qu'il préside a été contrariée par la justice administrative, estime par ailleurs que "la laïcité à la française" ne peut être exportée au niveau européen. Évoquant "les racines chrétiennes", il estime qu'"on est aujourd'hui dans une rupture historique avec des flux d'immigration massifs qui posent des difficultés d'intégration qui, potentiellement, peuvent emporter notre pays".