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samedi 14 mars 2020

Municipales: Macron maintient le scrutin malgré le risque de propagation de l'infection

Le virus va-t-il infecter les résultats du scrutin ?

Effet viral de l'allocution de Macron


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"Geste barrière" de Macron ? Est-il porteur du Covid-19 ?
 a aussitôt sorti un sondage d'intox du scrutin : alors que le risque est vécu en France depuis le 31 janvier, quand deux cent vingt Français ont été rapatriés de Chine dans les Bouches-du-Rhône et placés en quatorzaine à Carry-le-Rouet, que Macron a finassé pendant six semaines - prétendant opérer un "freinage" de la propagation de l'épidémie mortelle - on recense 92 cas de contamination dans ce département, et que, le 2 mars, le sondeur élyséen avait évalué la cote de confiance de Macron en chute sous la barre des 30%, en baisse de 2 points (29%), le jeudi 12 mars, Macron s'adresse aux Français et le lendemain, vendredi 13 mars, la magie du verbe a opéré sur l'échantillon de Français choisis par Bernard Sananès, manipulateur en chef à Elabe.
Elabe et l'AFP clament : "près de six Français sur dix (59%) font confiance à Emmanuel Macron et au gouvernement pour lutter efficacement contre l'épidémie de coronavirus." "En même temps," les manipulateurs de l'opinion mettent toutefois un bémol à cet enthousiasme suspect de veille des élections municipales: "l'inquiétude monte dans le pays, " admet Elabe.

Elabe - relayé par l'AFP - assure que Macron a tout bon !
Il est critiqué pour sa politique molle de "freinage" de la propagation du virus et pour son attitude de retrait derrière les numéros 1 et 2 du ministère de la Santé, ainsi que pour son silence énigmatique de Sphinx craintif entouré de précautions sanitaires, mais l'enquête servile d'Elabe ne pose pas les questions qui dérangent le maître. 

U
ne même proportion (58%) penserait que 
le locataire confiné de l'Elysée aurait eu raison de maintenir les élections municipales des 15 et 22 mars, contre 42% d'un avis contraire. 

Le taux d'abstention au 1er tour déterminera les niveaux réels d'inquiétude et de rejet des listes LREM

L'abstention pourrait atteindre 42% au premier tour: 
Résultat de recherche d'images pour "coronavirus abstention"
un pourcentage fixé à un niveau élevé laissant toute latitude pour vanter - si possible - la force de persuasion de Macron.
C'est dans un contexte inédit d'épidémie mondiale et d'intox nationale que les Français se rendront ou non aux urnes dimanche pour le premier tour des élections municipales, un scrutin qu'ils jugent important. En 2014, les abstentionnistes étaient pourtant 37,8 %: Elabe a prévu une marge comfortable pour l'émerveillement... Mais ce scrutin fut une défaite pour la gauche, qui perdit 121 villes de plus de 15.000 habitants, tandis que l'extrême droite gagnait 14 villes, un niveau jamais atteint sous la Ve République.

Le retard tactique de Macron à l'allumage face au Covid-19 fait que la crise sanitaire écrase un peu davantage un scrutin aux enjeux pourtant multiples, d'heure en heure. Après une mise en scène malsaine d'une possible annulation sur fond de contamination, Macron s'est retranché derrière la science et les scientifiques pour déclarer le scrutin sanitairement sécure et le maintenir in extremis, malgré l'inquiétude croissante savamment entretenue de la population et le risque d'une abstention massive (mais une excuse, en cas de gamelle de LREM), au bout d'une campagne qui s'est confinée. 

Partie prenante, Macron en a profité pour limiter les rassemblements à 100 participants, une pénalité pour les grands partis avec un fonds copieux de militants, ce dont le parti présidentiel ne peut se targuer. Tout juste peut-il se dissimuler dans des listes à la ramasse...
A l'approche du vote, le premier ministre Edouard Philippe a martelé sa "conviction" sur la bonne tenue des élections, y compris du second tour, le 22 mars, lorsque l'épidémie, qui a fait environ 90 morts morts en France, aura encore progressé dans le pays. Au Havre, l'Edouard ne peut d'ailleurs espérer passer au premier, comme en 2014, quand la liste juppéiste qu'il menait fut élue dès le premier tour, avec 52,04 % des suffrages exprimés. Il a expliqué que, du fait de ses fonctions ministérielles, il ne souhaite pas pour autant devenir maire, sans exclure cette possibilité pour la suite: de nouvelles ambiguïtés qui n'arrangent pas son cas de représentant de Macron au Havre...

Le sondage Elabe diffusé vendredi, à deux jours du premier tour, 58% des Français estiment que Macron a eu raison de maintenir les élections... 

La décision de Macron avait-elle besoin de la validation d'un sondage? C'est encore Elabe qui se prête à cette mascarade... Posture malaisée, puisqu'ils sont désormais aussi 61% à se dire "inquiets" de la propagation du virus, soit 13 points de plus que lors d'une précédente enquête réalisée les 10 et 11 mars.

Dans les bureaux de vote, on se prépare à entourer les électeurs des meilleures mesures possibles de protection: poignées de porte, tables, isoloirs... tout doit être nettoyé avant le vote et des mesures sont prises pour éviter les files d'attente et faire respecter les distances de sécurité.

Cela suffira-t-il à convaincre les électeurs de se mettre en danger - près de 47,7 millions d'électeurs, dont 330.000 ressortissants d'autres pays de l'UE sont appelés aux urnes - à se déplacer ? Notamment les plus âgés que le chef de l'Etat a justement encouragés jeudi à rester chez eux ? 

- Record d'abstention ? 
L'urgence sanitaire laisse présager un nouveau record d'abstention, alors que le taux de participation aux municipales - 63,55% au premier tour en 2014 - diminue déjà depuis 30 ans.

Pour les spécialistes des mobilisations électorales, une nouvelle baisse toucherait en particulier un électorat âgé et pénaliserait plutôt la droite.


Le coronavirus a relégué les enjeux politiques du vote, avec des candidats macronens masqués derrière des logos opaques ou au sein de listes paravents  et l'occasion pour les partis traditionnels de gauche et de droite de redresser la tête, après trois années de faux-semblants et d'oppression par une macronie arrogante et peu respectueuse des personnes et des institutions.

A Paris, l'ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn (LREM) recueille moins de 20% d'intentions de vote, loin derrière la sortante Anne Hidalgo (PS) et sa rivale LR Rachida Dati, virant alternativement en tête avec plus ou moins 25%. 
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La tête de liste du parti du président est un substitut de Benjamin Griveaux, un rigolo qui envoie des textos pornos de son sexe en action, et une ancienne ministre de la Santé qui a sous-estimé la virulence du Covid-19 et conduit à l'impréparation du pays face à l'épidémie... Buzyn a la responsabilité de l'envoi en Chine du stock stratégique de masques FFP2 français, 17 tonnes qui font cruellement défaut aujourd'hui. Ce qui pourrait devenir une affaire d’Etat. SOS Médecins, plusieurs médecins dans des hôpitaux publics et des médecins généralistes ont fait savoir qu’ils n’avaient pas reçu le matériel nécessaire pour se protéger de l’épidémie de coronavirus dans l’exercice de leurs fonctions.
A Marseille, le macronien Yvon Berland stagne à moins de 10%. 
Résultat très incertain au Havre, où le premier ministre de Macron a dû annuler son dernier meeting pour cause de crise sanitaire et joue son avenir à Matignon.

La droite a au contraire les cartes en mains pour faire un pli après avoir été mise capot aux européennes. Les Républicains semblent bien placés pour conserver nombre de leurs villes prises à la gauche en 2014 et récupérer une partie de leurs électeurs partis chez les macroniens depuis 2017. Mais certaines de leurs listes sont infectées de candidats LREM encagoulés, des logiciels malveillants, des virus. 
Mais à Marseille, LR part divisé au premier tour et le Rassemblement national espère sortir en tête au premier tour.

- Résultats difficiles à déchiffrer

C'est une volonté de Macron et l'objet de la "circulaire Castaner'

A gauche, les écologistes d'EELV et les socialistes sont engagés dans un rapport de force. Les Verts, qui servent traditionnellement de force d'appoint aux socialistes au second tour, profitent de la prise de conscience de l'urgence écologique et ambitionnent de s'imposer à Besançon, Tours, Rouen (ou après le désastre industriel de Lubrizol, un incendie et une explosion ont été déclenché à l'usine Saipol, autre site Seveso : lien PaSiDupes) ou bien sûr Grenoble, quand le PS tentera surtout de conserver ses bastions, de Paris, Lille, Rennes ou Nantes.

Le RN semble quant à lui en passe de conserver ses mairies conquises en 2014 -parfois dès le premier tour- et pourrait même renforcer son implantation avant les régionales de 2021.

La barre relativement basse (10% des suffrages exprimés au premier tour) au-dessus de laquelle une liste peut se maintenir laisse prévoir une multiplication des triangulaires, voire des quadrangulaires, au second tour.

Avec le chevauchement des lignes droite/gauche et la multiplication des listes "sans étiquette", les résultats du scrutin s'annoncent particulièrement difficiles à décrypter et les tractations d'entre-deux tours cruciales.
Dimanche soir, à l'issue du vote, les candidats autorisés à se maintenir auront jusqu'à mardi 18h00 pour trouver des alliés ou fusionner leurs listes en vue du second tour. Une phase 2 dont la validité républicaine dépendra encore de la gestion de la pandémie du coronavirus.

jeudi 23 mai 2019

Abstention - Macron appelle à la "mobilisation générale" : et puis après?

Macron croit encore que sa voix porte

Voix criant dans le désert, le président a appelé mercredi à "la mobilisation générale"

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Pour convaincre les électeurs de voter dimanche aux Européennes, assure-t-il,
mais inquiet en vérité pour la liste dont il a pris le commandement, dans un combat indécis et avant un ultime débat entre candidats jeudi.

Mercredi soir, une quinzaine de chefs de parti ou têtes de liste ont débattu, en deux temps sur France 2, pour tenter d'exister, malgré la polarisation par la presse aux ordres sur le duel RN-LREM voulu par Macron qui espère profiter de la diabolisation du parti a du mal à séduire les Français après deux années d'annonces de jours meilleurs.
Macron a profité du Conseil des ministres pour prendre encore la parole au prétexte de cet appel de mobilisation, parce que "l'impact" de ce scrutin sur "notre vie quotidienne, mais aussi sur l'avenir de la France à l'intérieur de l'Union européenne est évidemment décisif", répète la "meuf" porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye.

BFMTV boucle la série des débats jeudi soir en alignant onze têtes de liste.
Plusieurs sondages pronostiquent une abstention pouvant atteindre des records dimanche. Mais les entreprises de sondages tentent une opération d'entraînement : une étude Elabe pour BFMTV publiée mardi (en prévision du débat de son commanditaire, jeudi)  estime la participation au scrutin du 26 mai à 46% et une autre de BVA, publiée mercredi, entre 46% et 52%, soit un niveau supérieur à 2014 (42%).

La plupart des récentes enquêtes d'opinion donnent le RN en tête avec une avance de 0,5 à 2 points sur LREM, et toutes les autres listes loin derrière. Ainsi les efforts de l'Elysée en faveur de ce duel auraient-ils réussi. 
Selon un sondage Ifop-Fiducial diffusé jeudi, le RN (24,5%) devance LREM (23%) et la liste Les Républicains (14%). Loin derrière, La France insoumise pointe à 8,5%, Europe Ecologie Les Verts à 6,5% et la liste PS/Place publique est créditée de 6% (+0,5).
En fait rien n'est fait: la marge d'erreur étant de 3 à 5%. Les urnes peuvent parfaitement contrarier l'engouement des entreprises de sondage pour le pouvoir et produire un bouleversement des prévisions parmi les trois premiers favoris.

Le premier débat sur France 2 mercredi

Les têtes de liste Raphaël Glucksmann (PS/Place publique), Yannick Jadot (EELV) et Manon Aubry (LFI) faisaient face aux chefs de partis Marine Le Pen (RN), Laurent Wauquiez (LR) et François Bayrou (MoDem, pour la liste portée par LREM), lequel incarnait l'ancien monde plutôt que le nouveau annoncé par Macron.
La candidate LFI a ironisé: "Vous n'aviez probablement pas confiance en (Nathalie Loiseau, Jordan Bardella, François-Xavier Bellamy) pour qu'ils ne soient pas représentés sur ce plateau", alors que France 2 avait laissé le choix aux partis d'envoyer leur dirigeant ou tête de liste.

Ouverts sur la question écologique, puis sur la fiscalité, les échanges ont notamment été marqués par une joute entre F. Bayrou et L. Wauquiez, le patron du MoDem déplorant que "l'Union européenne (soit) au bord de la disparition", le second accusant Emmanuel Macron d'avoir "accompagné cette dislocation".

Le président des Républicains a ensuite observé que la finaliste malheureuse de la présidentielle de 2017 était encore "dans ce tempérament (du débat, jugé raté) du second tour de la présidentielle": "Vous avez l'air assez agressive ce soir", a-t-il noté, avant que Yannick Jadot s'emporte, rouge de fureur, quant à lui, contre la dirigeante du RN.
"Vous savez quoi, M. Wauquiez ? J'espère qu'un jour, vous aurez la possibilité de faire un débat au second tour de la présidentielle", lui a répondu M. Le Pen qui gardait visiblement au chaud cette réplique préparée.

Peu de temps après, ce sont Manon Aubry et Raphaël Glucksmann qui se sont empoignés sur l'opportunité de sortir des traités pour mettre en place une TVA à 0% sur les produits de première nécessité, mesure à laquelle ils sont pourtant tous deux favorables. Les siamois tentaient ainsi de se démarquer l'un de l'autre, aux yeux de l'électorat.
"Il y a une directive qui empêche de faire un taux de TVA à moins de 5%, et on touche du doigt l'impossibilité en matière fiscale de faire de l'harmonisation juste" en Europe, a souligné la candidate d'extrême gauche, en appelant à "changer" les traités.
"Pas besoin de sortir des traités", a en revanche assuré R. Glucksmann, puisque "dans le cadre de ces traités, on peut avoir une politique fiscale différente : on peut faire des coopérations renforcées, une fiscalité plus juste".

Un second débat a suivi le premier, mercredi, également sur le service public

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Il a réuni Ian Brossat (PCF), Jean-Christophe Lagarde (UDI), Francis Lalanne (liste "Alliance jaune"), Nicolas Dupont-Aignan (DLF), Dominique Bourg (Urgence Ecologie), Guillaume Balas (liste Génération.s de Benoît Hamon), Florian Philippot (Les Patriotes), Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) et François Asselineau (UPR). 

nouveau en difficulté dans les sondages, après son retentissant échec à la présidentielle de 2017 (6,4% des voix), l'ex-représentant de la gauche, abandonné de la plupart au PS, B. Hamon, a prévenu mercredi qu'il "tirera les leçons d'un deuxième échec majeur au suffrage universel", s'il n'est pas élu dimanche, bien que tête de liste. 

Depuis deux ans, le paysage politique reste jonché de partis en décomposition, comme le PS, ou en recomposition, comme LR, et les media et sondeurs privilégient la stratégie de l'Elysée en faveur d'un duel entre le RN et le camp présidentiel éclipsant les autres listes, lesquelles dénoncent une atteinte à la démocratie.

Macron, le président par défaut, élu en 2017 non pas dans un vote d'approbation, mais de rejet de la candidate FN, s'est engagé personnellement dans le débat en dramatisant à la fois l'offre électorale intérieure et l'enjeu européen. Le RN joue d'autant plus volontiers le jeu du duel qu'il lui a déjà été favorable en 2014, tandis que le président parvenu, en conflit d'autorité avec Angela Merkel et isolé, a anticipé sa deuxième ou troisième place en pointant la montée des populismes, l'autocrate n'hésitant pas à mettre en cause la montée des droites portées par des populations lassées de la technocratie et des lourdeurs de l'Union européennes telle qu'elle est devenue à 27. 

Leçon de La Fontaine dans "Le Coche et la Mouche" à l'omniprésence de l'autocrate Macron :


Ainsi certaines gens, faisant les empressés,
S'introduisent dans les affaires :
Ils font partout les nécessaires,
Et, partout importuns, devraient être chassés.

La tête de liste du RN, Jordan Bardella, a ainsi répété mercredi que si son parti arrivait en tête, le chef de l'Etat "devra s'en aller".

vendredi 22 février 2019

Gilets jaunes : Macron dans le déni de ses échecs

Macron n'hésite pas à voir dans le mouvement des gilets jaunes un "gigantesque échec collectif"

Macron étend  à l'édition sa campagne du "Grand débat national"

A quelques semaines des élections européennes, Macron estime qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même et se charge de son bilan à l'approche de son mi-mandat dans un ouvrage paru ce jeudi. 'Le peuple et le président' (Plon) communique les réflexions d'un président qui détient tous les pouvoirs mais qui n'accepte pourtant pas d'endosser la responsabilité de la crise sociale et politique qui fait vaciller Jupiter sur son trône depuis l'automne : de son échec personnel, il fait "un gigantesque échec collectif", bien que l'éditeur le présente comme "l'histoire d'un affrontement, d'une révolte que personne n'a vus venir".

Le chef de l'Etat a accordé début janvier un long entretien aux deux auteurs, Cyril Graziani et Cécile Amar qui retracent l'histoire des trois premiers mois de crise, avec ses affrontements, ses débats et ses contradictions, à travers les témoignages de ceux qui manifestent pour la première fois, de policiers attaqués pour les violences qu'ils ont commises sur ordre de Castaner, de figures diverses du mouvement et de responsables politiques. Les auteurs assurent être allés aussi bien sur les ronds-points, dans les manifestations, mais aussi auprès des forces de l’ordre et à l’Elysée. Cyril Graziani, 69 ans, est grand reporter au service politique de France Inter et auteur de 'Le premier secrétaire de la République', chronique du quinquennat de Hollande "qui est allé de (nor)mal en pis". Cécile Amar, 69 ans,est l'auteur d'un autre livre consacré également à Hollande, 'Jusqu'ici', tout va mal'. Elle est passée par le JDD, mais travaille aujourd’hui pour le journal français L'Obs, détenu à 66 % par les actionnaires principaux du Groupe Le Monde, Xavier Niel et Matthieu Pigasse.
Le Monde a déjà rapporté comment le chef de l'Etat vit le phénomène "gilets jaunes".Le journal officieux du PS révéla notamment que Macron a été insulté et menacé de mort lors de son déplacement en catimini, de nuit, au Puy-en-Velay, le 4 décembre, où la préfecture où un début d'incendie avait été éteint trois jours plus tôt. Pour parcourir les dix kilomètres entre l’aéroport de Loudes, en Haute-Loire, jusqu’au Puy-en-Velay, son cortège a dû éviter la RN88 et le rond-point de Lachamp, sur la commune de Saint-Pierre-Eynac, où des manifestants avaient cousu un pantin de taille humaine, posé sur un échafaud plus vrai que nature. Sur le billot était écrit : "Te guillotiner, c’est notre projet." Sa visite n'avait pas été annoncée, mais la nouvelle s'en était répandue comme une traînée de poudre et au moment de son départ la foule alertée poursuivit sa voiture en l'invectivant. Il a confié au président du MoDem, François Bayrou, qu'une femme lui avait lancé à travers la vitre de sa voiture : "Salope, j’espère que tu vas crever sur la route !" Toujours au Puy, la foule lui a lancé : "On vous hait !" Insultes, huées, menaces… Lien PaSiDupes

Désormais, quand il sort, cela tourne mal. Depuis le début de la mobilisation des Gilets jaunes, pour le président qui aimait tant flâner, les promenades sont devenues rares. S'il va au cinéma en couple, c'est à la dernière séance, et s'il doit se monter, entre deux obligations, il choisit les lieux clos plutôt qu'ouverts : c'est ainsi qu'il s'est rendu au 34e dîner du CRIF, mais a refusé de participer au "rassemblement de l'union contre l'antisémitisme"... 
"C'est nous qui devons avoir honte"

L'ouvrage révèle que le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, avait organisé une rencontre de Macron avec les occupants d'un rond-point, le 23 novembre, pour discuter avec des gilets jaunes. . "Ça aurait seulement affaibli l'exécutif", prétexte Macron a posteriorpour justifier son annulation.

"Beaucoup de gens avaient honte de leur vie, de ne pas parvenir à s'en sortir malgré leurs efforts. C'est nous qui devons avoir honte", raconte-t-il affectant la contrition. "C'est un gigantesque échec collectif, j'en prends ma part. Mais j'ai encore trois ans pour changer cela", a-t-il dit aux journalistes Cyril Graziani et Cécile Amar.

Un président abandonné, sans ancrage, ni entourage compétent

Les auteurs décrivent un président qui admet avoir sous-estimé la crise en voyant une mobilisation "plus faible que la plus petite mobilisation contre la réforme de la SNCF", selon lui.

Macron est présenté comme un président découvrant la solitude du pouvoir: "Qui m'a soutenu pendant la crise des gilets jaunes? Personne," gronde-t-il. 

Et de tenter, désespérément, de se rasséréner en se racontant des histoires : "C'est le peuple français qui m'a choisi", pas la République des partis. Je lui dois tout. Si j'échoue, j'aurai échoué pour lui et avec lui. Jamais contre lui." 


Emmanuel Macron44%
Abstention25%
Marine Le Pen22%
Votes blancs et nuls9%
Total:
100

Sachant que ce choix par défaut est celui d'un électeur sur quatre : seulement 44% des inscrits, avec 25,44% d'inscrits qui ne sont pas allés voter, selon les chiffres définitifs du ministère de l'Intérieur (cette élection présidentielle enregistre le taux d'abstention le plus élevé pour un second tour depuis 1969: cf. graphique ci-dessous), sachant aussi que, parmi les électeurs d'Emmanuel Macron au second tour, 43% disent avoir voté pour lui en premier lieu pour faire barrage à Marine Le Pen, et que seulement 16% de ses propres électeurs avouent avoir préféré son programme et 8% sa personnalité.
1965
15,7
1969
31,1
1974
12,7
1981
14,1
1988
15,9
1995
20,3
2002
20,3
2007
16
2012
19,7
2017
25,4
Macron n'hésite pas à accuser les media !

Le Jupiter de l'Elysée assure que les media ont participé à la destruction "des corps intermédiaires durant cette crise". Ils auraient mélangé les torchons et les serviettes : "Ils ont dit: 'M. Trucmuche, parce qu'il a un gilet jaune, est aussi représentatif, et peut-être plus sincère qu'un maire ou un leader syndical'. Il n'y a plus aucune reconnaissance de la représentation ni hiérarchisation du point de vue", assure le président des riches.

"J'ai fait mon mea culpa, prétend-il. Mais les journalistes aussi doivent le faire", accuse le président "plein de mots" (et de morgue) qui assure en quelque sorte que faire la photo de la paroi est la preuve de son ascension. 

Un clone du président Hollande pour qui "jusqu'ici tout va mal".
Les propos de Macron révèlent un pervers narcissique. Il joue le premier de cordée, affichant une supériorité qui atteint l'arrogance, mais dont l'excès trahit une image dévalorisante de lui-même - illustrée par son attachement à la figure maternelle et protectrice de Brigitte - et se valorise en rabaissant les autres : ceux qui sont revenus de leurs illusions en perçant sa personnalité ambiguë et faible, solitaire et frustrée, deviennent sa cible. Il exprime sa haine de lui-même en la retournant contre les media qui l'ont servi et doutent aujourd'hui de lui.
Ses propos font ainsi écho aux reproches que lui adressent des maires, présidents de régions et autres syndicats, d'après lesquels le chef de l'Etat a méprisé l'ensemble des corps intermédiaires.

Pour autant, le Président affirme sa détermination à tenir, par fierté.
"Ils me tueront peut-être d'une balle, mais jamais d'autre chose", aurait-il déclaré à ses proches?, selon les auteurs. Une convergence avec les islamistes que Marlène Schiappa n'a pas analysée...

jeudi 7 février 2019

Un sondage BFMTV pour renforcer le RN de Marine Le Pen

BFMTV colporte les idées reçues depuis deux ans 

BFMTV mène un combat douteux, sur la base d'un sondage-maison véhiculant des messages ambigus


Sondage toxique du Parisien, un mois avant la présidentielle de 2007.
Royal sera battue de plus de six points !



Rien de nouveau sous le soleil de la chaîne privée dévouée à Macron.
Selon  BFMTV, Marine Le Pen reste crédible dans certains domaines, ceux qui ne font plus l'actualité. Un Français sur deux environ "imagine" (sic) que Marine Le Pen serait plus compétente qu'Emmanuel Macron sur les sujets d'immigration, de lutte contre la délinquance et contre le terrorisme, qui sont ses domaines réservés, selon la gauche et le centre. Ces estimations sont issues du sondage Elabe "L'Opinion en direct". Elabe titre par ailleurs sur "Marine Le Pen, chef d’un parti encore convalescent" (mars 2018)  ou avance des certitudes sur l'image de Laurent Wauquiez (LR, février 2018): "honnêteté, sympathie et capacité à rassembler la droite sont en baisse auprès de l’ensemble des Français. Mais son image se structure, notamment chez les sympathisants de droite." Mais les  assertions réductrices d'Elabe épargnent La France insoumise de Mélenchon qui semble exclue de son coeur de cible, la droite. Cette entreprise commerciale fait remonter Macron dans les sondages, le situant à environ 25%, quatre points au-dessus de celui présenté par l'Ifop-Fiducial paru ce mardi 5 février 2019 assurant pourtant que "la cote de popularité d’Emmanuel Macron a encore remonté. Le pourcentage des personnes qui approuvent ses actions a augmenté de 6 points," ne craint pas d'affirmer BFMTV.

Le 7 mai 2017, les Français ont installé Emmanuel Macron à l'Elysée plutôt que sa concurrente, Marine Le Pen. Mais, après plus de dix-huit mois d'exercice du pouvoir du premier, l'institut de sondage Elabe a voulu sonder l'imaginaire des Français. "Sur chacun des thèmes suivants, pensez-vous que Marine Le Pen ferait mieux qu'Emmanuel Macron si elle était présidente de la République?", ont ainsi demandé à leurs interlocuteurs les auteurs de cette nouvelle enquête "L'Opinion en direct" que nous publions ce mercredi après-midi. Seul un "institut" auto-proclamé peut en effet sonder les reins et les coeurs, a fortiori le subconscient... Les selles ne seraient-elles pas plus accessibles à ces sondeurs-là ?
Il en ressort qu'en matière d'immigration et de lutte contre le terrorisme, ils sont une majorité à estimer qu' "elle s'en sortirait mieux" - tournure condescendante qui sied à merveille aux suppôts de ce pouvoir arrogant -  que l'actuel chef de l'Etat. Dans le cas de la bataille engagée contre le terrorisme, les sondés ne lui donnent pas d'avantage sur Emmanuel Macron cependant. Cette entreprise de construction de l'opinion s'attaquerait-elle aux fondements supposés du RN ?

Le verdict dans le détail 

Résultat de recherche d'images pour "Le Parisien presidentielle 2017 1ER TOUR"Sachant qu'un "verdict" indique la solution d'un procès criminel portant à la fois sur la culpabilité et sur la peine prononcée, celui prononcé par nos sondeurs, manipulateurs de mots, de chiffres et de'analyses, n'est pas le produit de magistrats présumés impartiaux, mais bien de partisans vénaux.

Le verdict, dans son détail, est celui-ci: 
54% des Français pensent que la présidente du Rassemblement national ferait mieux que le patron de l'exécutif en ce qui concerne l'immigration, 52% vont dans le même sens en ce qui concerne la lutte contre la délinquance. 
En revanche, si 48% seraient prêts à lui accorder une plus grande confiance dans les dossiers touchant au terrorisme, ils sont cependant 51% à poser que "non", elle ne ferait pas mieux que le chef de l'Etat sur ce point. Un faible avantage qui annonce un doute grandissant au fil des semaines, jusqu'aux Européennes: ce thème n'est-il pas un enjeu central du scrutin de mai prochain ? Il appert que plus de 90% des électeurs de Marine Le Pen au premier tour de la dernière présidentielle lui prêtent une plus grande compétence dans ces segments de l'exercice de l'Etat. Vous avez noté le hiatus entre sympathisants et la majorité des Français, du moins les sondés. 

Mais Elabe a conduit ses sondés à se poser cette même question concernant d'autres nombreuses thématiques, non sécuritaires.
Et, surprise, sur aucune de celles-ci la figure d'extrême droite ne semble en mesure de surpasser Emmanuel Macron. Voyons donc si les sujets du pouvoir d'achat ou de la CSF entrent dans cette catégorie qui pénalise MLP...

Elle ne récolte qu'un score de 41% lorsqu'on examine la nécessité de réduire les inégalités ou l'injustice sociale, 37% quant à l'avenir de la protection sociale, 36% sur le niveau des dépenses publiques. On se demande dès lors pourquoi les Gilets jaunes continuent de défiler dans les rues après plus de trois mois...

Le même taux est attribué à Marine Le Pen quand on en vient à l'éducation. Respectivement 35% et 34% lui accordent leur suffrage à propos de l'impôt et de l'emploi. 

Résultat de recherche d'images pour "presidentielle Chirac Le Pen"
Les 82% de Chirac (2002) laissent Macron loin derrière en 2017 avec 66%

La place de la France dans l'Union européenne, son rôle dans le monde? Ils ne sont que 30% à imaginer [commentaire péjoratif] qu'elle réussirait mieux que son vainqueur par défaut. 
La réponse est la même au pourcentage près sur la situation économique. 

Enfin, sur la défense de l'environnement, Marine Le Pen ne recueille que 27%. Savoir ce que récolte Macron, à l'heure de la démission de Matthieu Orphelin, un proche de Hulot disant faire le constat du désintérêt de Macron pour la transition énergétique, son renoncement à sa promesse d'interdire le glyphosate ou son calendrier de fermetures de centrales nucléaires (il a promis que quatorze tranches fermeront d'ici 2035, dans plus de trois quinquennats, dont "quatre à six d'ici 2030", soit trois ans après un hypothétique second mandat..

Tandis que Macron stagne au quasi plus bas dans les sondages de popularité, c'est "la sérénité des électeurs du RN qui s'effrite", selon Robin Verner, journaliste à BFMTV, issu de Slate: ils ne sont plus que sept sur dix environ à affirmer qu'elle serait meilleure qu'Emmanuel Macron face à ces difficultés. Tout de même 70 misérables pour cent que peut lui envier Jupiter.  De toute façon, rien n'y fait : Elabe confirme son sentiment du 30 janvier 2019 : "Par rapport à décembre, Emmanuel Macron est perçu nettement plus dynamique et courageux"...

"Quand je m'examine, je m'inquiète, quand je me compare, je me rassure"
Cette citation de Talleyrand est une bien piètre consolation, mais qu'importe, quoi qu'il fasse ou renonce à faire, en fait, Macron est satisfait de ses oeuvres.

Les commerçants du sondage prêt à l'emploi ont décidé que les sondés sont des psy...

Elabe a donc interrogé la perception que les Français ont de la personnalité de Marine Le Pen. Tâche à la fois ambitieuse et aventureuse, mais prétexte à faire dire n'importe quoi à leur échantillon ! Si elle est jugée "dynamique" et "courageuse" par 59% et 56% des gens, le sondage met en évidence le revers de la médaille : elle a l'air "autoritaire" et "arrogante" pour 74% et 61% d'entre eux. C'est l'apparence et le sondeur n'a encore pas pénétré les tréfonds annoncés de sa psychologie...
Est-elle susceptible de "comprendre les Français comme vous"? Oui, rétorquent 34% des sondés. 33% seulement parmi eux la voient "capable de rassembler les Français". Avons-nous enfin atteint  les profondeurs de la psychologie lepenienne ?
Mais il y a, comme toujours, au moins deux manières de lire ces avis, assure le journaleux, probablement à la psychologie par le Pigier de Brive. Le taux des Français (les sondés !) la décrivent comme "arrogante" n'est rien par rapport à celui collant à la peau du président de la République, supérieur de quinze points, mais le sondage instille la notion, en espérant un effet de vases communicants susceptible de soulager l'ex-banquier. 

Ils sont aussi 78% à trouver Emmanuel Macron "autoritaire" mais, vous avez compris la technique, ce n'est quasiment rien par rapport aux 74% pour la députée RN du Pas-de-Calais, dont les électeurs ne voient manifestement pas sous cet angle. 

Autre exemple de Marine Le Pen comme faire-valoir de Macron, le trentenaire est certes plus souvent considéré plus "dynamique" qu'elle (70%) et "courageux" (57%), mais les Français (sondés) ne sont que 19% à  penser qu'il "comprend les gens comme (eux)", ce qui le place par conséquent quinze points derrière sa rivale. Mais ses qualités imaginées ne suffisent toujours pas, dans les commentaires. 

Sondage réalisé sur Internet (!) les 5 et 6 février 2019 sur un échantillon de 1001 personnes représentatif de la population française de 18 ans et plus. La représentativité de l'échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l'interviewé [sur Internet??] après stratification par région et catégorie d'agglomération.