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samedi 14 mars 2020

Municipales: Macron maintient le scrutin malgré le risque de propagation de l'infection

Le virus va-t-il infecter les résultats du scrutin ?

Effet viral de l'allocution de Macron


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"Geste barrière" de Macron ? Est-il porteur du Covid-19 ?
 a aussitôt sorti un sondage d'intox du scrutin : alors que le risque est vécu en France depuis le 31 janvier, quand deux cent vingt Français ont été rapatriés de Chine dans les Bouches-du-Rhône et placés en quatorzaine à Carry-le-Rouet, que Macron a finassé pendant six semaines - prétendant opérer un "freinage" de la propagation de l'épidémie mortelle - on recense 92 cas de contamination dans ce département, et que, le 2 mars, le sondeur élyséen avait évalué la cote de confiance de Macron en chute sous la barre des 30%, en baisse de 2 points (29%), le jeudi 12 mars, Macron s'adresse aux Français et le lendemain, vendredi 13 mars, la magie du verbe a opéré sur l'échantillon de Français choisis par Bernard Sananès, manipulateur en chef à Elabe.
Elabe et l'AFP clament : "près de six Français sur dix (59%) font confiance à Emmanuel Macron et au gouvernement pour lutter efficacement contre l'épidémie de coronavirus." "En même temps," les manipulateurs de l'opinion mettent toutefois un bémol à cet enthousiasme suspect de veille des élections municipales: "l'inquiétude monte dans le pays, " admet Elabe.

Elabe - relayé par l'AFP - assure que Macron a tout bon !
Il est critiqué pour sa politique molle de "freinage" de la propagation du virus et pour son attitude de retrait derrière les numéros 1 et 2 du ministère de la Santé, ainsi que pour son silence énigmatique de Sphinx craintif entouré de précautions sanitaires, mais l'enquête servile d'Elabe ne pose pas les questions qui dérangent le maître. 

U
ne même proportion (58%) penserait que 
le locataire confiné de l'Elysée aurait eu raison de maintenir les élections municipales des 15 et 22 mars, contre 42% d'un avis contraire. 

Le taux d'abstention au 1er tour déterminera les niveaux réels d'inquiétude et de rejet des listes LREM

L'abstention pourrait atteindre 42% au premier tour: 
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un pourcentage fixé à un niveau élevé laissant toute latitude pour vanter - si possible - la force de persuasion de Macron.
C'est dans un contexte inédit d'épidémie mondiale et d'intox nationale que les Français se rendront ou non aux urnes dimanche pour le premier tour des élections municipales, un scrutin qu'ils jugent important. En 2014, les abstentionnistes étaient pourtant 37,8 %: Elabe a prévu une marge comfortable pour l'émerveillement... Mais ce scrutin fut une défaite pour la gauche, qui perdit 121 villes de plus de 15.000 habitants, tandis que l'extrême droite gagnait 14 villes, un niveau jamais atteint sous la Ve République.

Le retard tactique de Macron à l'allumage face au Covid-19 fait que la crise sanitaire écrase un peu davantage un scrutin aux enjeux pourtant multiples, d'heure en heure. Après une mise en scène malsaine d'une possible annulation sur fond de contamination, Macron s'est retranché derrière la science et les scientifiques pour déclarer le scrutin sanitairement sécure et le maintenir in extremis, malgré l'inquiétude croissante savamment entretenue de la population et le risque d'une abstention massive (mais une excuse, en cas de gamelle de LREM), au bout d'une campagne qui s'est confinée. 

Partie prenante, Macron en a profité pour limiter les rassemblements à 100 participants, une pénalité pour les grands partis avec un fonds copieux de militants, ce dont le parti présidentiel ne peut se targuer. Tout juste peut-il se dissimuler dans des listes à la ramasse...
A l'approche du vote, le premier ministre Edouard Philippe a martelé sa "conviction" sur la bonne tenue des élections, y compris du second tour, le 22 mars, lorsque l'épidémie, qui a fait environ 90 morts morts en France, aura encore progressé dans le pays. Au Havre, l'Edouard ne peut d'ailleurs espérer passer au premier, comme en 2014, quand la liste juppéiste qu'il menait fut élue dès le premier tour, avec 52,04 % des suffrages exprimés. Il a expliqué que, du fait de ses fonctions ministérielles, il ne souhaite pas pour autant devenir maire, sans exclure cette possibilité pour la suite: de nouvelles ambiguïtés qui n'arrangent pas son cas de représentant de Macron au Havre...

Le sondage Elabe diffusé vendredi, à deux jours du premier tour, 58% des Français estiment que Macron a eu raison de maintenir les élections... 

La décision de Macron avait-elle besoin de la validation d'un sondage? C'est encore Elabe qui se prête à cette mascarade... Posture malaisée, puisqu'ils sont désormais aussi 61% à se dire "inquiets" de la propagation du virus, soit 13 points de plus que lors d'une précédente enquête réalisée les 10 et 11 mars.

Dans les bureaux de vote, on se prépare à entourer les électeurs des meilleures mesures possibles de protection: poignées de porte, tables, isoloirs... tout doit être nettoyé avant le vote et des mesures sont prises pour éviter les files d'attente et faire respecter les distances de sécurité.

Cela suffira-t-il à convaincre les électeurs de se mettre en danger - près de 47,7 millions d'électeurs, dont 330.000 ressortissants d'autres pays de l'UE sont appelés aux urnes - à se déplacer ? Notamment les plus âgés que le chef de l'Etat a justement encouragés jeudi à rester chez eux ? 

- Record d'abstention ? 
L'urgence sanitaire laisse présager un nouveau record d'abstention, alors que le taux de participation aux municipales - 63,55% au premier tour en 2014 - diminue déjà depuis 30 ans.

Pour les spécialistes des mobilisations électorales, une nouvelle baisse toucherait en particulier un électorat âgé et pénaliserait plutôt la droite.


Le coronavirus a relégué les enjeux politiques du vote, avec des candidats macronens masqués derrière des logos opaques ou au sein de listes paravents  et l'occasion pour les partis traditionnels de gauche et de droite de redresser la tête, après trois années de faux-semblants et d'oppression par une macronie arrogante et peu respectueuse des personnes et des institutions.

A Paris, l'ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn (LREM) recueille moins de 20% d'intentions de vote, loin derrière la sortante Anne Hidalgo (PS) et sa rivale LR Rachida Dati, virant alternativement en tête avec plus ou moins 25%. 
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La tête de liste du parti du président est un substitut de Benjamin Griveaux, un rigolo qui envoie des textos pornos de son sexe en action, et une ancienne ministre de la Santé qui a sous-estimé la virulence du Covid-19 et conduit à l'impréparation du pays face à l'épidémie... Buzyn a la responsabilité de l'envoi en Chine du stock stratégique de masques FFP2 français, 17 tonnes qui font cruellement défaut aujourd'hui. Ce qui pourrait devenir une affaire d’Etat. SOS Médecins, plusieurs médecins dans des hôpitaux publics et des médecins généralistes ont fait savoir qu’ils n’avaient pas reçu le matériel nécessaire pour se protéger de l’épidémie de coronavirus dans l’exercice de leurs fonctions.
A Marseille, le macronien Yvon Berland stagne à moins de 10%. 
Résultat très incertain au Havre, où le premier ministre de Macron a dû annuler son dernier meeting pour cause de crise sanitaire et joue son avenir à Matignon.

La droite a au contraire les cartes en mains pour faire un pli après avoir été mise capot aux européennes. Les Républicains semblent bien placés pour conserver nombre de leurs villes prises à la gauche en 2014 et récupérer une partie de leurs électeurs partis chez les macroniens depuis 2017. Mais certaines de leurs listes sont infectées de candidats LREM encagoulés, des logiciels malveillants, des virus. 
Mais à Marseille, LR part divisé au premier tour et le Rassemblement national espère sortir en tête au premier tour.

- Résultats difficiles à déchiffrer

C'est une volonté de Macron et l'objet de la "circulaire Castaner'

A gauche, les écologistes d'EELV et les socialistes sont engagés dans un rapport de force. Les Verts, qui servent traditionnellement de force d'appoint aux socialistes au second tour, profitent de la prise de conscience de l'urgence écologique et ambitionnent de s'imposer à Besançon, Tours, Rouen (ou après le désastre industriel de Lubrizol, un incendie et une explosion ont été déclenché à l'usine Saipol, autre site Seveso : lien PaSiDupes) ou bien sûr Grenoble, quand le PS tentera surtout de conserver ses bastions, de Paris, Lille, Rennes ou Nantes.

Le RN semble quant à lui en passe de conserver ses mairies conquises en 2014 -parfois dès le premier tour- et pourrait même renforcer son implantation avant les régionales de 2021.

La barre relativement basse (10% des suffrages exprimés au premier tour) au-dessus de laquelle une liste peut se maintenir laisse prévoir une multiplication des triangulaires, voire des quadrangulaires, au second tour.

Avec le chevauchement des lignes droite/gauche et la multiplication des listes "sans étiquette", les résultats du scrutin s'annoncent particulièrement difficiles à décrypter et les tractations d'entre-deux tours cruciales.
Dimanche soir, à l'issue du vote, les candidats autorisés à se maintenir auront jusqu'à mardi 18h00 pour trouver des alliés ou fusionner leurs listes en vue du second tour. Une phase 2 dont la validité républicaine dépendra encore de la gestion de la pandémie du coronavirus.

dimanche 8 mars 2020

Municipales: Macron va-t-il encore plumer Les Républicains ?

Juppé a convaincu Macron: Les Républicains est soluble dans LREM...

A LR, certains dénoncent des investitures trop favorables à des candidats Macron-compatibles
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Ceci n'est pas une alliance "bonnet blanc et blanc bonnet"
Plus souple que la ligne de Wauquiez, celle de Christian Jacob leur apparaît mortifère. Quant à l'électorat, il réclame plus de clarté... Outre que tous se planquent en fonction de l'histoire politique locale et des chiffres aux scrutins passés, les candidats investis découvrent parfois tardivement quels sont les accords passés d'un état-major parisien à l'autre. Puisque le parti du président est démasqué (cf. circulaire Castaner : lien 1 : Municipales: la circulaire scélérate de Castaner ; Lien 2 : politique des listes aux municipales : Castaner doit battre en retraite) et sa stratégie de dissimulation éventée - les logos du parti doivent disparaître des professions de foi et les listes se drapper de toutes les nuances de flou cher à Macron.  e candidat encarté chez LR se souvient de la scène. Peu ancré en région, l'ex-banquier a calculé qu'il a tout à gagner à placer ses quelques oeufs dans le nid attitré des partis fragilisés qui ont la faiblesse de croire que, puisqu'ils sont installés, le renard de l'Elysée ne peut pas à nouveau les dépouiller et les chasser.  A un candidat qui apprit qu'il bénéficierait du soutien de LREM aux municipales, Christian Jacob répondit: "La règle, c'est qu'il n'y a pas d'alliance entre LR et LREM". "Au niveau national?", interroge le sortant perplexe. "Tu as compris", lui assène le patron de LR… sous-entendant qu'au niveau local, chaque candidat est libre de composer ses listes comme il l'entend. D'autant plus si Paris en a ainsi décidé. Et notamment avec des candidats issus du parti de Macron, face auquel LR s'affiche pourtant en opposant.

Alors que, dans une stratégie très claire, Laurent Wauquiez avait clairement fixé la ligne rouge à ne pas franchir vers des candidats Macron-compatibles, Christian Jacob adopte une conduite beaucoup plus flexible et déroutante. "A Provins (où il a été maire pendant quatorze ans), j'ai toujours gagné sur mon projet, pas sur mon logo LR, UMP ou RPR", a coutume de répéter le chef de la droite. L'aurait-il été avec l'étiquette socialiste ? La ville est à droite depuis 1965 et Alain Peyrefitte, ministre de de Gaulle, notamment.

Cas le plus dérangeant, celui de Toulouse (Haute-Garonne)
Le maire sortant CDS (Union du centre, apparue en 1976 pour soutenir les gouvernements d'ouverture de centre-gauche de Michel Rocard, d'Edith Cresson, puis de Pierre Bérégovoy du socialiste François Mitterrand) Jean-Luc Moudenc a d'abord bénéficié du soutien de LREM le 28 octobre, avant de recevoir celui de LR le lendemain ! "S'il y a 45 % de conseillers municipaux LREM à Toulouse, dans les faits, c'est une alliance avec En marche", s'inquiète un LR désireux de plus de limpidité. 

A Nice, le maire LR sortant Christian Estrosi devrait avoir également la "double nationalité", le double soutien LR-LREM, situation troublante. Si les candidats sont compatibles avec un autre parti ou mouvement, sont-ils bien clairs dans leur tête et leurs intentions?

"Les élus qui ont notre soutien nous l'ont demandé clairement"
"La réalité, c'est que chez LREM, ils sont incapables de composer des listes. Ils se mettent sur le porte-bagages en essayant de faire croire que ce sont eux qui pédalent!", attaquait Christian Jacob fin novembre, dans Le Parisien.  

Le mois suivant, le même, 
nouveau président de LR, déclarait: "Les Républicains ne doivent pas baisser la tête". Il assurait alors qu'il ne se résolvait pas à l’effacement de son parti. Alors qu’il s’apprêtait à ouvrir son premier conseil national, il expliquait vouloir miser sur le travail de fond, l’implantation locale et la jeunesse. Autant dire qu'il laboure le terrain pour Macron.

A Chelles et à Rosny-sous-Bois, LREM a en effet décidé de soutenir les maires LR sortants : confortable... Mais les situations où LR a désigné des chefs de file pour négocier le soutien des candidats Macron-compatibles ne sont pas rares : un marché gagnant-gagnant où il y aura un perdant sur le moyen et le long terme. 

La direction de LR ne voit pas monter le danger

Résultat de recherche d'images pour "cheval de troie en Marche"C'est le cas notamment à Rouen (PS) où le responsable LR local crie à la " trahison", Niort (PS-MR) ou Angoulême (UMP, mais en alternance avec le PS)... 

En juin dernier, 72 maires de droite et du centre ont fait sensation en annonçant leur soutien clair et sans ambiguïté à Macron.


Les signataires :

  1. Christophe Béchu, Maire d’Angers (49)
  2. Delphine Bürkli, Maire du 9e arrondissement (75)
  3. Philippe Augier Maire de Deauville (14),
  4. Frédéric Augis Maire de Joué les Tours (37),
  5. Dominique Baert Maire de Wattrelos (59),
  6. Jérôme Baloge Maire de Niort (79),
  7. Daniel Benquet Maire de Marmande (47),
  8. Éric Berdoati Maire de Saint-Cloud (92),
  9. Pascal Blanc Maire de Bourges (18),
  10. Jean-Luc Bléher Maire de Guer (56),
  11. Yves Bleuven Maire de Grand-Champ (56),
  12. Luc Bouard Maire de la Roche-sur-Yon (85),
  13. Christophe Bouchet Maire de Tours (37),
  14. Pierre Breteau Maire de Saint-Grégoire (35),
  15. Laurent Brosse Maire de Conflans-Saint-Honorine (78),
  16. Olivier Carré Maire d’Orléans (45),
  17. Pierre-Marie Charvoz Maire de Saint-Jean-de-Maurienne (73),
  18. Gwendoline Chaudoir Maire de Portiragnes (34),
  19. Alain Chrétien Maire de Vesoul (70),
  20. François Commeinhes Maire de Sète (34),
  21. Nicolas Criaud Maire de Guérande (44),
  22. Gérard Daniélou Maire de Cléder (29),
  23. Grégoire de Lasteyrie Maire de Palaiseau (91),
  24. Guillaume Delbar Maire de Roubaix (59),
  25. Grégoire de la Roncière Maire de Sèvres (92),
  26. François Decoster Maire de Saint-Omer (62),
  27. Laurent Degallaix Maire de Valenciennes (59),
  28. Rodrigue Desmet Maire de Roncq,
  29. Chantal Eyméoud Maire d’Embrun (05),
  30. Anne-Marie Forgeoux Maire de Monêtier-les-Bains (05),
  31. Brigitte Fouré Maire d’Amiens (80),
  32. François Gernigon Maire de Verrières-en-Anjou (49),
  33. Marie-Cécile Gessant Maire de Sautron (44),
  34. François Goulard Président du Conseil départemental du Morbihan (56),
  35. Jean-Jacques Guillet Maire de Chaville (92),
  36. Stéphanie Guiraud-Chaumeil Maire d’Albi (81),
  37. Laurent Hénart Maire de Nancy (54),
  38. Hubert Honoré Maire de Courménil (61),
  39. Ludovic Jolivet Maire de Quimper (29),
  40. Fabian Jordan Président de Mulhouse Alsace agglomération (68),
  41. Yvan Lachaud Président de Nîmes Métropole (30),
  42. Marc Laffineur Maire d’Avrillé (49),
  43. Gérard Lebas Premier adjoint au Maire de Châlons-en-Champagne (51),
  44. Franck Le Bohellec Maire de Villejuif (94),
  45. Gwenn Le Nay Maire de Plouay (56),
  46. Olivier Lepick Maire de Carnac (56),
  47. Franck Leroy Maire d’Epernay (51),
  48. Frédéric Leturque Maire d’Arras (62),
  49. Ronan Loas Maire de Ploemeur (56),
  50. Nicolas Meary Maire de Brétigny-sur-Orge (91),
  51. Yves Métaireau Maire de la Baule (44),
  52. Jean-Paul Michel Maire de Lagny-sur-Marne (77),
  53. Philippe Nolland Maire de Pithiviers (45),
  54. Karl Olive Maire de Poissy (78),
  55. Joseph Parpaillon Maire d’Orvault (44),
  56. Arnaud Péricard Maire de Saint-Germain-en-Laye (78),
  57. Teddy Regnier Maire de Chateaubourg (35),
  58. Claude Renoult Maire de Saint-Malo (35),
  59. Franck Reynal Maire de Pessac (33),
  60. Franck Reynier Maire de Montélimar (26),
  61. Christian Robache Maire de Montévrain (77),
  62. David Robo Maire de Vannes (56),
  63. Jean-Louis Roger Maire de Sucé-sur-Erdre (44),
  64. Marie-Hélène Thoraval Maire de Romans-sur-Isère (26),
  65. Jean-Michel Tobie Maire d’Ancenis (44),
  66. Frédéric Valletoux Maire de Fontainebleau (77),
  67. Francisque Vigouroux Maire d’Igny (91),
  68. Louis Vogel Maire de Melun (77),
  69. Alain Vogel-Singer Maire de Pezenas (34),
  70. Jean-Marie Vuylsteker Maire de Tourcoing (59),
  71. Stéphanie Yon-Courtin Maire de Saint-Contest (14),
  72. Pierre Yvroud Maire de La Rochette (77)
Parmi eux, certains ont depuis reçu l'investiture… des Républicains .
(à Sète, Saint-Germain-en-Laye, Poissy, Conflans-Sainte-Honorine, Vannes ou Albi. "On suit les propositions de la fédération départementale, les positions de nos militants sur le terrain. Et les élus qui ont notre soutien nous l'ont demandé clairement", certifie le Chiraquien Christian Jacob. 
À Sèvres, dans l'Ouest parisien, le bureau départemental de LR a même décidé de soutenir le maire Grégoire de la Roncière qui a officiellement rejoint LREM en juillet dernier.

La droite fait tout pour déboussoler son électorat.


Macron veut régner au-dessus des partis, sans ligne ni limites et ni dieu ni maître, au gré de ses pulsions : il "assume", mais seuls sont responsables, les autres. Il est imprévisible et on ne sait jamais où l'attendre. Il est donc ingérable : normal, il gère seul !  
Mais comment fait-on pour faire alliance avec un ami sans foi ni loi? 
"La vérité, c'est que ce sont les élus locaux qui ont pris le pouvoir dans le parti ", analyse un crâne d'oeuf de droite. La mission qu'ils ont confiée à Jacob, c'est de dépolitiser le plus possible les enjeux jusqu'aux municipales." Faire du Macron ! Sont-ils tous déjà macronisés, carbonisés ?

Bénéficiant d'un nombre de maires sortants conséquent, Les Républicains croit aseptiser le débat et dépolitiser le paysage politique... LR prend le risque de décérébrer son électorat en lui disant que traverser la rue n'est pas si grave. Un jeu dangereux auquel se prête le président Larcher, peu soucieux que, lors des sénatorieles de 2023, des grands électeurs (95% des conseillers municipaux) de Macron fasse entrer des PlayMobil au Sénat.

La stratégie du bureau LR est pourtant contestée en interne. 
Une dizaine de membres du bureau politique - dont l'ancien candidat à la présidence de LR Julien Aubert - a envoyé une lettre à tous les membres de ce bureau pour dénoncer "des alliances locales avec des candidats investis par le parti présidentiel". "Si de telles alliances sont formées pour les municipales, rien n'empêchera que d'autres ententes de ce genre soient formées aux élections départementales, puis aux régionales. […] La conclusion logique de ce processus d'alliances ne pourra être qu'une satellisation de notre parti par LREM, et un soutien apporté à Emmanuel Macron au moment de l'élection présidentielle" de 2022, dénoncent les signataires. 

"Notre ligne est claire [sic]: on apporte notre soutien à des maires sortants LR ou DVD avec qui on avait fait alliance en 2014 et qui ne sont pas En marche", répond-on, agacé, dans l'entourage de Christian Jacob où l'on cite en contre-exemples Orléans ou Vesoul. Dans ces deux villes, LR a investi des candidats contre des maires Macron-compatibles. 
Chez LR, on conteste l'idée d'un deux poids-deux mesures: "La ligne est la même" et "quand des maires de chez nous ont parlé à En marche!, on a mis un candidat LR contre lui", ajoute M. Jacob, en donnant les exemples d'Orléans, Vesoul, Melun... Ce qui ne peut convaincre tout le monde. "A force d'investir des maires soutenus par LREM, l'Intérieur va finir par nous considérer comme des divers droite !", grince un parlementaire.

Pour le député du Vaucluse Julien Aubert, d'ailleurs, "la qualification de chef de file ne trompe personne: il s’agit pour ces candidats de négocier des alliances locales avec ceux investis par le parti présidentiel". Et ça ne passe pas.

samedi 15 février 2020

Municipales 2020: LREM, un si mauvais départ

Dissidences, refus de porter l'étiquette ou défection au bureau exécutif: peut-on pire ?


“Les municipales, ça va être un sacré bordel"




Voilà comment - dès la mi-novembre dernier - un parlementaire En Marche évoquait déjà le scrutin de mars 2020, bien avant la cacophonie des deux candidats LREM pour la seule mairie de Biarritz ou l'affaire sordide des films porno de Benjamin Griveaux, candidat en mauvaise posture pour la mairie de Paris, masturbateur actif et harceleur impuni de jeune femme par sextos, pris en flagrant délit, présenté comme "victime" d'un complot russe

L'activité sexuelle de Griveaux aurait porté un coup à la démocratie!
La diffusion de ses sex-tapes aurait ébranlé LREM - "une déflagration", selon Stanislas Guerini, tête du parti présidentiel, crâne dégarni comme... Comme quoi, au fait? -   , sans toucher Macron, aurait pu dire Chirac... 

Le baptême du feu de LREM est un feu d'artifices pour le parti présidentiel ! Mais ses premières élections municipales depuis la grande recomposition politique créée par la candidature du pilleur de nids, le coucou Macron, en 2017 s’annonçaient déjà compliquées il y a trois mois et même quatre, depuis la dissidence de Cédric Villani (LREM). 
Entre dissidences dans des villes symboliques comme Paris ou Lyon, candidats qui ne veulent plus de l’étiquette En Marche!  comme à Lille ou cas locaux qui font bondir des poids lourds du parti, comme à Chelles (Seine-et-Marne), le parti du président ne s'est jamais mis en marche et l'élection intermédiaire de 2020 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. 

A quatre mois du scrutin, le HuffPost dressait un tableau pitoyable.

Le cas Villani fait tache d'huile
A Paris, ville symbolique que Macron aimerait ravir à la maire sortante socialiste Anne Hidalgo a donné le signal de la retraite dès la rentrée de septembre. La dissidence de Cédric Villani qui n’a pas accepté la décision de l'Elysée d’investir son rival Benjamin Griveaux a fait chanceler la stratégie du président jupitérien  dans la capitale. 
Divisé, le parti n'a cessé de peiner à rattraper la maire sortante dans les sondages: le candidat officiel de l'Elysée n'arrive que 3e, voire 4é, selon les enquêtes sur les intentions de vote. 
Une stratégie perdante qui n'a pas tardé à faire des petits. A Lyon, Metz ou Sens, dès septembre, des candidatures dissidentes surgissant et ce n’était pas fini: en février, quatorze députés (dont de nombreuses femmes) avaient pris leurs distances avec LREM.... Combien de femmes se sentant souillées par les sex-tapes de Griveaux vont-elles faire gonfler la liste?

Les ex-socialistes de LREM refusent le rôle de supplétifs

A Montpellier, par exemple, le député LREM Patrick Vignal assure  qu’il se présentera quoiqu’il arrive à l’Hôtel de Ville, même sans l’investiture de son parti qui doit se pencher sur le cas de la ville jeudi 14 novembre.
"J’incarne les valeurs d’En marche!, avançait-il imprudemment... je n’ai pas quitté le PS pour enfiler des perles. J’irai jusqu’au bout”, avait très tôt lancé ce soutien de Macron à l’Assemblée nationale, avant d’ajouter dans un sourire: "S’ils me virent, c’est leur problème, mais ils ne virent pas...".
“Dans l’ancien monde, Cédric Villani aurait été exclu”, répond, à propos du cas parisien, le jeune secrétaire d’Etat Gabriel Attal, invité du “Grand rendez-vous” sur Europe1 et CNews le 10 novembre, mais on croit encore qu’un rassemblement est possible”, assurait cet ancien membre d’un cabinet ministériel socialiste.

Les candidats s'émancipent et avancent masqués.
Outre son absence d'assise populaire locale - que Bayrou propose de tenter de pallier par d'âpres négociations - l’un des problèmes du parti présidentiel, c'est le manque de discipline consentie, qui menace de s'amplifier sous la loupe des 36.000 scrutins locaux. Par exemple, nombreux sont ceux qui prennent l’étiquette En Marche! pour s’en débarrasser juste après, selon la presse. 
La vérité, c'est que l'exécutif a en fait recommandé à ses candidats de dissimuler leur appartenance: en cultivant le flou, Macron espère tromper l'électorat, comme il l'a fait en floutant jusqu'au dernier moment son projet de réforme des retraites.

Ce fut le cas à Lille où la candidate LREM, Violette Spillebout, s’est empressée de prendre ses distances avec le parti macronien devant la presse quelques mois après avoir reçu l’investiture officielle. L’ex-directrice de cabinet de Martine Aubry a déclaré en novembre ne pas vouloir être "le soldat d’un président de la République tout-puissant". Elle a précisé que "les logos vont disparaître” de ses affiches et tracts, après avoir reçu le sceau LREM par la commission nationale d’investiture (CNI).
"Tous ils font ça”, se désole Patrick Vignal. “Il y a quand même une politique de faux cul dans nos élus: je prends la marque pour la contenir et dès que j’ai la marque je deviens ‘citoyen’", moque ce vieux singe de la politique à qui on n'apprend pas à faire des grimaces. 

Macron verse dans la tambouille politicienne
"Lille est un cas classique”, abonde un autre député macroniste qui préfère requérir l’anonymat: "lls pensent que l’étiquette LREM n’est pas porteuse aux municipales, alors qu’il faudrait des étiquettes partout!", se lamente cet élu. 
C’est l’un des autres problèmes pour ce scrutin auquel fait face le parti du président sorti de nulle part : le manque de  lisibilité, mais aussi de cohérence dans les alliances passées selon les villes

Pressée par Edouard Philippe et les juppéistes qui font vivre la majorité, LREM a changé de stratégie avant l’été. Sous la pression d’élus et de ténors (tel Bayrou) plus expérimentés ou plus ancrés (MoDem), le parti de Macron s’est résolu à ne plus imposer des candidats LREM partout, mais à soutenir localement des barons locaux sortants "Macron-compatibles", pour sauver la face. Et la circulaire Castaner est assez explicite à cet égard. Lien PaSiDupes : Municipales: la circulaire scélérate de Castaner
Résultat, une stratégie peu lisible où, selon les coins, LREM soutient des maires sortants, qu’ils soient de droite, comme le juppéiste Jean-Luc Moudenc  (LR) à Toulouse ou de gauche, comme Guy Férez (PS) à Auxerre qui se présente sans étiquette, mais qui est soutenu “en même temps” par le PS et LREM.
"Ça crée de l’invisibilité, surtout que les accords se font sans contrepartie", regrette ce même élu, toujours sous couvert d’anonymat - mais en pleine possession de sa liberté d'opinion ! - comme si la critique publique était de plus en plus mal au sommet du parti présidentiel.

Autre risque : "les maires vont nous la faire à l’envers"

Si les électeurs ne sont pas matures (comme le pense Macron, d'expérience), sur le long terme, LREM va créer des déceptions profondes et durables sur le terrain. Dans plusieurs villes, des candidats très implantés n’ont pas été choisis par la direction, ce qui a pu jeter de l’huile sur le feu et, plus grave, des aigreurs.
Comme en Seine-et-Marne à Chelles, où  les marcheurs locaux ne marchent plus depuis la décision de soutenir le maire sortant LR Brice Rabaste, ancien directeur de cabinet de Jean-François Copé. "Comment va-t-on réussir à s’implanter dans la durée si on apporte notre soutien à des maires sans aucune condition?" se lamente l’un des déboussolés. 
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Soutien de son ancien assistant parlementaire Hadrien Ghomi (ci-contre, qu'il a récompensé du poste de secrétaire général du groupe LREM au Sénat)  contre Brice Rabaste, le sénateur François Patriat est excédé. Il a d’ailleurs claqué la porte du bureau exécutif de LREM qui valide les choix de la CNI, le 23 octobre.
“Le problème d’En Marche au niveau local, c’est qu’on nous dit ’vous allez soutenir les maires sortants’ qui n’ont, eux, jamais soutenu En marche à aucune élection et qui, à la prochaine présidentielle vont nous la faire à l’envers en soutenant un autre candidat qu’Emmanuel Macron”, s’agace ce marcheur de Seine-et-Marne qui pourrait soutenir une liste dissidente à Chelles si elle était lancée. 

"On a eu la marque honteuse" (Patrick Vignal, député LREM et candidat à Montpellier)
Mêmes impressions dans le sud de la France. Candidat à Montpellier, le député LREM Patrick Vignal (ci-contre à gauche) n’est pas d’accord avec la stratégie de la facilité consistant à "vouloir beaucoup d’élus locaux, 10.000, en soutenant des maires sortants".
"On n’a pas eu de stratégie concurrente, gagnante", regrette le transfuge du PS. "Nous aurions dû nous compter au premier tour. Il fallait faire comme aux législatives, quand Macron osait faire les choses et mettre des candidats partout", insiste cet élu de 61 ans. "Pour les municipales, on n’a pas osé et on a eu la marque honteuse. C’est l’erreur que nous avons faite: jouer placé au lieu de jouer gagnant", tance le député Vignal, avec la métaphore du tiercé.
 
"LREM est un mouvement très jeune", tente de justifier Gabriel Attal au micros d’Europe1 et de Cnews. "On aborde ces élections avec une forme de page blanche", reconnaît le secrétaire d’Etat qui n'ambitionne pas plus de quatre scrutin et quatre pages à son livre: une nouvelle ! “On est engagés avec des alliés comme le MoDem qui sont ancrés depuis longtemps, donc forcément ça peut frotter quelques fois”, admet-il. 

Déconnectés des territoires et de la France profonde
Des “frottements” qui font grincer les articulations de la marche dans de nombreux départements. 
A Sens (Yonne), ce n’est pas une alliance avec le MoDem mais avec le Mouvement radical qui a du mal à passer. En septembre, la députée LREM Michèle Crouzet, refusée par la commission d’investiture contre sa rivale radicale, dit tout haut ce que les élus du pouvoir central n'osent dire tout bas, estimant alors publiquement au micro de Europe1 que le président de la commission d’investiture - Alain Richard, cravate rose ci-dessus (photo 1) à gauche (avec Marie Guévenoux, veste rose au centre) - est "déconnecté des territoires" et que les dirigeants d’En Marche ne sont pas assez "à l’écoute" du terrain. Et, cas classique, elle annonce qu’elle sera candidate quand même. 
Depuis, Mediapart a rappelé que Claude Vivier Le Got (qui floute jusqu'à son âge), la candidate choisie par le parti présidentiel pour Sens, a été condamnée à un an d’inéligibilité en 2015 après l’invalidation de ses comptes de campagne des municipales 2014 et met au jour de possibles “détournements d’argent” de son entreprise à des fins personnelles. Une situation locale qui pourrait donc évoluer si les magistrats qui s'occupent du cas Balkany porte leur regard sur ce sujet...

Pendant ce temps-là à Marseille, selon La Provence,
huit candidats potentiels ont été désignés dans les différents secteurs de la ville et un “envoyé spécial” de la CNI, Jean-Marc Borello, est en mission sur place pour trouver la bonne pioche. 
Au milieu de ce grand bazar, pas sûr que les Français devront y retrouver leurs petits. 

mercredi 5 février 2020

Macron, pris quatre fois en défaut par le Conseil d'Etat en une semaine

Les amateurs de l'exécutif reçoivent une correction tous les deux  jours : la fessée a du bon! 

"Bats ta femme tous les matins; si tu ne sais pas pourquoi, elle le sait"
(à la différence des féministes athées)...

Mais les juges administratifs le savent et rappellent
 l'arrogant Macron à la modestie ?
Résultat de recherche d'images pour "Emmanuel Macron devrait rappeler à ses troupes qu'il n'est jamais bon de jouer avec l'état de droit Jacques Witt/SIPA""
La casquette au 3e rang est-elle celle du préfet Lallement
qu'on croyait disparu des radars dans un nuage de lacrymo ?
En huit jours, le pouvoir a pris quatre maxi baffes sur le terrain juridique. Il découvre que tout n'est pas permis dans un état de droit.

Par trois fois en une semaine,
le Conseil d'Etat a démontré sa verdeur et son indépendance, malgré ses 220 ans d'âge célébrés le 13 décembre dernier. Un exemple pour la presse... Plus haute juridiction administrative en France, cette institution discrète est plus que jamais accablée de travail en tant que rouage majeurs de notre vie publique, puisqu'elle doit éplucher chaque texte législatif, projet de loi et ordonnance, avant son examen en Conseil des ministres, au titre des articles 38 et 39 de la Constitution de 1958. A la fois conseil et juge, elle est le garant du respect du droit et des libertés fondamentales par le pouvoir exécutif et l'arbitre des litiges entre les citoyens et les administrations. Autant dire que cette maison prestigieuse et respectée est un pilier de l'état de droit, donc de la démocratie. Et, depuis plus de deux années maintenant, l'incompétence des bras cassés de l'exécutif macronien lui confèrerait des droits en matière de pénibilité s'ils n'étaient pas déjà particulièrement bien traités, car , rien que cette dernière semaine, sans eux, Macron et ses équipes pléthoriques auraient par trois fois mis sérieusement à mal le droit à mal. Leurs abus confinent au harcèlement...

L'exécutif sort politiquement affaibli 

Rendu public le 24 janvier dernier et parsemé de réserves et de signaux d'alarme, son avis sur le projet de loi consacré aux retraites a contrarié le pouvoir. 
Le gouvernement a pu corriger certains points faibles de sa copie et l'a validée en conseil des ministres, puis déposée au Parlement, mais la critique demeure. Concentrée sur le projet lui-même, elle souligne des lacunes qui ne peuvent qu'alimenter la suspicion des citoyens éclairés par les oppositions, renforcer les arguments des contestataires de cette réforme et justifier les mobilisations syndicales, alors que le pouvoir clame sa détermination à aller jusqu'au bout de sa réforme, si mal tournée soit-elle.  

Blanquer, agrégé de droit public, retoqué par le Conseil d'Etat

Le même jour, le Conseil est amené à mettre en évidence les chausse-trappes du  projet que le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, a tant peiné  à dissimuler pour faire croire aux enseignants  à un niveau de retraite identique à celui des autres fonctionnaires aux qualifications équivalentes. Un dispositif que le syndicat Sud Education ne cesse de dénoncer car il l'estime trompeur. Pas de chance pour le gouvernement, le Conseil d'Etat est compétent. Non seulement, il écarte ces dispositions qu'il juge imprécises et dépourvues de toute valeur normative, mais il ajoute qu'elles sont inconstitutionnelles, car elles font injonction au gouvernement de déposer un projet de loi. 

En termes moins choisis, on peut dire que le pouvoir est accusé de raconter des carabistouilles. Au passage, le Conseil colle une claque au ministre de l'Education, agrégé de droit public renvoyé à ses chères études. 
Enfin, il offre du grain à moudre à Sud enseignants dans son combat contre cette réforme. Une triple peine pour le meilleur choix possible de Macron à ce poste, selon la retraitée de l'enseignement logée à l'Elysée !

L'incompétence en droit du pouvoir est insondable, comme le montrent deux événements


D'abord, les déclarations insensées de Nicole Belloubet, magistrate, donc juriste supposée, ex-rectrice d'académie de surcroît et garde des Sceaux par défaut, à propos de Mila le 29 janvier sur Europe 1, à propos de la lycéenne de 16 ans qui, après avoir été traitée de "sale lesbienne", injure homophobe condamnée par la loi,  par des défenseurs de l'islam, avait diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo dans laquelle elle répliquait frontalement et tout aussi crûment: "Je déteste la religion [toutes les religions, donc]. Le coran, il n'y a que de la haine dedans, l'islam c'est de la merde... " .

Commentaire partisan de la ministre, que l'homophobie ne réussit pas à  ébouriffer le brushing  : " L'insulte à la religion, c'est évidemment une atteinte à la liberté de conscience. ". Non seulement, par ces propos, elle justifie les nombreuses menaces contre la jeune fille, mais elle se range aussi au côté des islamistes qui militent contre "le droit au blasphème", élément pourtant essentiel de la laïcité en France. Et cela, en dépit de l'appel du CFCM à la lapidation de la mécréante.
Comme l'explique avec vigueur l'avocat Richard Malka dans un entretien publié par Le Figaro le 30 janvier, "c'est la liberté de conscience de Mila qui est ici en jeu, car elle a le droit de penser ce qu'elle veut de l'islam et de le dire sur les réseaux sociaux. C'est ça le droit français : le fondement de la liberté de conscience n'est pas d'interdire la critique ou même l'injure, mais de protéger la liberté d'expression […] Si l'on interdit de critiquer une religion, on ne peut plus vivre ensemble. Et de mettre au défi la garde des Sceaux de trouver une quelconque décision de justice qui corroborerait sa prise de position partisane. 

Prise en faute, Nicole Belloubet rétro-pédale dès le 30.
La juriste concède "une expression maladroite" et l'ancienne élue socialiste finit par condamner les menaces contre Mila. Ajoutée aux lacunes en droit des Blanquer et Pénicaud, cette énorme bavure fait également la preuve, comme le dit Richard Malka, "d'une culture juridique fantaisiste." Un zéro pointé pour la ministre agrégée de droit public. Par protection ?
La méconnaissance des règles de droit constitutionnel n'est en revanche pas en cause dans la circulaire du 10 décembre 2019 signée Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur gaffeur et bourrin.

 Un bâillon à la limite des règles démocratiques

La circulaire Castaner avait pour but officiel de tenir compte de la recomposition politique amorcée au moment de la présidentielle de 2017 avec l'attribution de nuances politiques aux listes composites candidates aux élections municipales des 15 et 22 mars. Or, la circulaire y va à la hache et classe sans étiquette les vainqueurs des municipales dans toutes les villes ou villages de moins de 9.000 habitants, soit 95% des communes. Autant dire où le parti du président est faiblement implanté puisqu'il est essentiellement bobo-urbain. Une grosse ficelle politique qui n'a échappé à personne, consistant à rayer d'un trait de plume la couleur politique de la moitié de la population française et de listes qui revendiquent parfois d'être sans étiquette mais étaient pour les trois-quarts d'entre elles intitulées ''Divers droite'' ou ''Divers gauche'' lors des élections municipales de 2014. Comme le parti majoritaire, La République en Marche (LREM), est faible voire inexistant dans cette France-là, la manœuvre du ministre de l'Intérieur visait en fait à y nier toute expression politique pour affaiblir du même coup les résultats globaux de la droite et de la gauche qui, en revanche, sont bien implantées dans la multitude des petites et moyennes communes où LREM n'a aucune réalité de terrain.

"En politique, disait François Mitterrand, il faut faire gros." Mais, alors que LREM perd des député(e)s lassés par l'autoritarisme et le sectarisme de leurs cornacs - on en a encore la démonstration avec l'affaire du congé de deuil pour mort d'enfant mineur que les PlayMobil ont rejeté par discipline (ce que les 'Pieds Nickelés' de la majorité appellent de la "loyauté"!) et surtout par mesquinerie (pour le pas déplaire au MEDF qui ne demandait rien) pour quelques jours supplémentaires d'"humanité", "le pouvoir a fait là beaucoup trop gros en lançant une bombe lacrymo sur la signification profonde du vote et privant d'identité politique plus d'un Français sur deux. Un tir de LBD 40 dans les règles démocratiques qui a évidemment soulevé les protestations de l'opposition et provoqué un rappel au droit sous forme de recours devant le juge des référés du Conseil d'Etat.


Une nouvelle humiliation juridique s'est abattue sur le pouvoir le 31 janvier, le juge administratif refusant l'application de cette limitation territoriale dans l'attribution des nuances politiques qui prive d'expression politique une large partie des électeurs. Une décision qui, accessoirement, ne simplifie pas non plus la tambouille des manipulateurs, politologues ou sondeurs. La circulaire Castaner leur aurait permis de balancer la moitié des Français dans le panier LREM. Pour de simples calculs politiciens, la recherche en science politique aurait été gravement faussée. Les juges du Conseil d'Etat ne servent pas la gloire du président, voilà qui satisfera les Républicains authentiques...

La leçon de droit au banquier de l'Elysée n'est pas terminée


Deux autres dispositions de la circulaire Castaner n'ont pas échappé à la vigilance du Conseil d'Etat : il les  annule aussi. 
L'une prévoyait d'élargir aux listes qui seraient soutenues par la triade LREM-MoDem-UDI, sans être officiellement investies par elle, l'appellation ''liste divers centre'' (LDC) réservée aux listes investies par deux partis complices (LREM de Macron et MoDem de Bayrou), un "nuançage" permettant, ni vu ni connu, de les y fondre dans les statistiques et autres camemberts puants... Un moyen grossier donc de gonfler artificiellement le succès officiel de la majorité présidentielle, tripotage  qui n'est pas possible, en revanche, aux autres partis de droite et de gauche.

La manipulation est ouvertement dénoncée par le Conseil d'Etat parce qu'" elle institue une différence de traitement entre les partis politiques " et, plus rude encore, " méconnaît le principe d'égalité "

Une troisième disposition scélérate prévoyait, quant à elle, de basculer dans un bloc " Extrême droite " les listes ''Debout la France'', le parti de Nicolas Dupont-Aignan. Refus là aussi du juge qui estime que ce tour de passe-passe ne s'appuie pas " sur des indices objectifs ".

Cette série de bras tordus au droit est révélatrice de la moralité du pouvoir macronien.

Les soi-disant à-peu-près du gouvernement sont volontaires. Depuis les origines, Macron croît toujours pouvoir rouler les Français dans la farine, juridiquement, fiscalement, économiquement, dans les media et en tout lieu, parce qu'il est politiquement majoritaire et se pense supérieur. 

En 2018, le journaliste Olivier Mazerolle, décrypteur perspicace, assurait que "Emmanuel Macron a changé de comportement et de style", lors de son déplacement aux Antilles des 29 et 30 septembre pour casser son image arrogante.Début juillet 2019, Le Monde se saisissait du sujet en titrant : "L’arrogance, ce piège dans lequel Macron ne veut pas retomber"... Pour y retomber sans cesse comme l'alcoolique ! Pendant plusieurs semaines le président de la République avait vanté sa "nouvelle méthode" d’exercice du pouvoir : écoute, proximité, concertation… En bref, l’ "humain remis au cœur du projet ", avait-il promis lors d’une conférence de presse, fin avril. Mais les premiers coups de canif dans la majorité et  l’exécutif vinrent bientôt noircir le tableau.
Le 25 juin 2019, le secrétaire d’Etat chargé du numérique, 
Cédric O, menaça de créer un "conseil de l’ordre" des journalistes pour leur délivrer (ou non) un "agrément" de travail. « Si les journalistes ne le font pas, l’Etat le fera", avait menacé ce proche de Macron à l’Elysée dans un entretien à l’agence Reuters.  Deux jours plus tard, l'amateur de la méthode coréenne (du Nord !) le secrétaire d'Etat rétro-pédala, expliquant qu’il s’agissait de propos "qui n’engageaient pas la position du... gouvernement".Même velléité totalitaire, le 26 juin, lorsqu’une partie de la majorité tenta de durcir la législation sur les passoires énergétiques dans le bâtiment. Elle envisage alors d’interdire la relocation des appartements énergivores, ou encore d’obliger les propriétaires à "consigner" 5 % du prix de vente de leur bien pour financer des travaux. Le premier ministre Edouard Philippe y mit le holà lors d’un séminaire dînatoire  de la majorité, à Matignon. 

Macron avait dit qu'il renonçait à l'arrogance, mais c'est sa marque de fabrique. Pire, sa tendance stalinienne n'a échappé à personne pendant ces deux longues années où il a fallu sans cesse le recadrer. La tentation est forte, puisqu'i dispose d'une armée PlayMobil à l'Assemblée nationale pour fabriquer la loi et produire des réformes plus impopulaires les unes que les autres qui jettent dans la rue les moins dociles, ainsi que des porte-parole jugulaire-jugulaire et casquette sur les yeux pour reformater les esprits, avec le concours de media aux mains d'hommes d'affaires qui sont toujours au côté du pouvoir quel qu'il soit. 
Le droit, en revanche, impose à Macron des limites. Il n'est pas juridiquement libre de réformer n'importe comment, à la hussarde et au mépris des droits individuels. Le Conseil constitutionnel, mais surtout le Conseil d'Etat peuvent jouer le rôle de lanceur d'alerte en cas d'atteinte aux grands principes démocratiques de la République, comme vient de le monter les magistrats administratifs. 

Emmanuel Macron va devoir intégrer que ni lui ni ses robots ne peuvent bafouer l'état de droit. 
C'est une faute lourde qui coûte toujours cher dans les urnes.