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lundi 29 juin 2020

Municipales : la droite confisque Forcalquier à Christophe Castaner, ministre de Macron

Forcalquier était le "fief" de Christophe Castaner, sauvé par Les Républicains

Castaner s'est fait gazer par les électeurs de Forcalquier

Après presque vingt ans de gouvernance socialiste, la commune des Alpes-de-Haute-Provence s'est choisie une tête de liste LR. 
Le ministre de l'Intérieur de Macron n'est même plus conseiller municipal... 

Le rideau de fin est tombé sur Castaner

Castaner s'est fait sortir aux élections municipales à Forcalquier  
Dix-neuf ans après sa conquête de la ville, le ministre de l'Intérieur a vu Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence) lui tourner le dos dimanche soir. Cette année, le "kéké" était tenu au devoir de réserve, en tant que "ministre des élections" et ne s'était pas impliqué dans la campagne électorale, occupé à Paris par les manifestations en tout genre et se retrouvant spectateur du duel entre la liste de David Géhant (Les Républicains, 53,19%) et celle de l'ex-Verte Dominique Rouanet (46,81%).

La vague verte n'a pas atteint la ruralité
Le premier tour à Forcalquier, le 15 mars 2020, avait opposé la liste baptisée "Nos vies Notre ville", menée par David Gehant, LR, arrivée en tête avec 42,1% des voix, devant la liste écolo, "Forcalquier en commun", menée par Dominique Rouanet, 41,8% des voix.

La petite sous-préfecture de 5.000 habitants avait basculé de droite à gauche en 2001 lorsqu'un socialiste inconnu, Christophe Castaner, tombé du ciel parisien, avait remporté l'élection municipale. Réélu une première fois en 2008, puis, de justesse dès 2014, par 22 voix d'avance sur la droite, il en est resté maire jusqu'à son entrée au gouvernement, en 2017. L'élu du Sud-Est, soutien de Macron, mais battu aux Régionales, avait alors préféré Paris à la commune, abandonnant la province à son compagnon de route, Gérard Avril, PS, qui avait craint de se représenter, au vu de l'impopularité de son mentor.
   
Sept autres membres du gouvernement échouent aux municipales
Comme lui, Olivier Dussopt (Fonction publique), Jacqueline Gourault (Cohésion des territoires), Jean-Baptiste Lemoyne (Tourisme) et Christelle Dubos (Solidarités et Santé) n'étaient pas candidats dans leurs communes. 

Mais les arrogantes ont-elles appris l'humilité?
Agnès Pannier-Runacher a cru que c'était gagné. Elle s'est faite recaler dans le 16e de Paris.
Quant à Marlène Schiappa (Egalité entre les femmes et les hommes), elle n'est plus élue au Mans (Sarthe) et n'est pas parvenue à entrer au conseil du 14e arrondissement de Paris. Elle est très amère: les électrices n'ont pas fait la différence...
C'est sans parler de l'expérience désastreuse d'Agnès Buzyn, l'ancienne ministre qui avait  fait de la figuration au ministère de la Santé et qui, à Paris, a bu la coupe jusqu'à la lie.

jeudi 9 avril 2020

Castaner s'en prend aux maires qui veulent rendre les masques obligatoires

Le ministre de l'Intérieur veut obliger les maires à retirer leurs arrêtés rendant le port du masque obligatoire

Castaner a demandé aux préfets impliqués "de faire retirer les arrêtés sur le port du masque obligatoire" contre le coronavirus

Sécurité: Christophe Castaner favorable à un «partenariat» avec le ...
Nunez et Castaner s'obstinent à rejeter le masque
A Sceaux (UDI) ou à Royan (LR), le port du masque est désormais obligatoire. 
Certains maires n'en pouvaient plus d'attendre des consignes nationales en la matière et ils ont mis à profit les revirements incessants de doctrine sanitaire pour rendre les protections du visage obligatoire, suivant ainsi plusieurs avis scientifiquesdont celui de l'Académie de médecine qui a conseillé vendredi qu'un masque "grand public" soit rendu obligatoire pour les sorties pendant et après le confinement.
Lundi, le maire de Sceaux (Hauts-de-Seine), Philippe Laurent, a été le premier à annoncer avoir pris un arrêté obligeant les habitants de plus de dix ans à se couvrir le nez et le visage avant de sortir. Plus précisément, la mairie oblige au port d'un masque artisanal, d'une écharpe ou d'un foulard, "à défaut d'un masque chirurgical ou d'un masque FFP2", toujours indisponibles à la majorité des Français.
“Nous avons considéré qu’il était temps d’obliger nos concitoyens à se protéger la bouche et le nez. S’ils ne le font pas pour eux, qu’ils le fassent pour les autres afin d’éviter le plus possible la projection des postillons des gens qu’ils sont amenés à croiser”, explique-t-il à BFMTV.
Les contrevenants recevront une amende de 38 euros en cas de non respect de l'arrêté municipal, loin des 135 euros assénés par le gouvernement. Le maire, également secrétaire général de l'Association des maires de France (AMF), espère ainsi que l’arrêté agisse comme une "incitation morale" auprès des autres maires de France. Le message semble avoir été entendu puisque d’autres élus locaux lui ont depuis emboîté le pas, comme à Paris, Cannes, Nice ou Bordeaux.

A Nice, le LR Christian Estrosi, qui a annoncé la distribution durant une dizaine de jours de masques à tous ses habitants, avant de rendre également le port obligatoire:
“Nous serons en mesure de donner à chaque Niçois un masque lavable et réutilisable pendant un mois. Dès lors, que je puisse prendre un arrêté qui impose que tous ceux à l’extérieur aient l’obligation de le porter”, nous indique-t-il.
Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes)
A une quarantaine de kilomètres, la ville de Mandelieu-la-Napoule a pris la même décision.
"J'ai demandé à disposer dans les plus brefs délais de réserves suffisantes pour être en mesure d'équiper en masques toute la population de notre ville. La distribution sera effectuée par nos services et gratuite pour les citoyens. Je prendrai ensuite un arrêté pour imposer le port du masque à tous les citoyens se trouvant sur la voie publique. Cette mesure durera le temps nécessaire à la sortie de cette crise", a affirmé sur Twitter lundi le maire LR Sébastien Leroy qui vient d'être ré-élu au premier tour avec 81,54% des voix.
Bordeaux (Gironde)
Le maire juppéiste s’apprête aussi à rendre obligatoire le port du masque dans toute la métropole. Après trois semaines de confinement, la ville et la métropole vont enfin commander les masques auprès d’une dizaine d’entreprises françaises et étrangèresL’obligation entrera en vigueur lorsque les masques auront été reçus et distribués auprès des 800.000 habitants.

Mais Christophe Castaner y voit une stigmatisation de sa mollesse.
Ailleurs dans le monde, plusieurs pays ont fait un choix semblable pour tout leur territoire national. 
C’est le cas du Maroc, où le port du masque est ainsi devenu obligatoire "à partir de mardi pour l'ensemble des personnes autorisées à se déplacer" pendant le confinement décrété par le royaume.
La Slovénie a également rendu obligatoire le port d'un masque de protection. Les Slovènes doivent désormais porter des gants et des masques de protection quand ils se rendent dans les magasins d'alimentation et autres espaces encore ouverts au public.
En Italie, la Lombardie, région a plus touchée par le coronavirus, le port du masque est désormais obligatoire.

Le ministre de l'Intérieur s'est fait menaçant envers les élus prenant de tels arrêtés
 
Auditionné ce jeudi matin par la mission d'information de l'Assemblée nationale consacrée à la réponse du gouvernement face à l'épidémie de Covid-19Christophe Castaner les a recadrés. "Sur les arrêtés de communes qui prévoient le port du masque obligatoire, (...) j'ai demandé aux préfets de prendre langue avec ces maires pour qu'ils retirent leurs arrêtés pendant toute la période du confinement," a déclaré le noctambule aux députés.

L'ancien socialiste s'est ensuite justifié. 
"C'est à la fois pas cohérent par rapport à l'exigence qu'implique le confinement parce que ça peut laisser penser qu'on peut sortir". Ce qui n'est pourtant pas faux, pour les achats de première nécessité...
"Et c'est aussi un sujet d'égalité territoriale parce que certaines communes peuvent avoir les moyens d'équiper l'ensemble de leur population en masque, quand d'autres ne l'auraient pas", a-t-il argué. Estimant au passage que "c'est un sujet qui n'est pas médicalement démontré".

"Ces arrêtés posent des principes pour le moins contestables", a-t-il conclu, rappelant que les gens sont autorisés à sortir de chez eux quand ils respectent l'une des dérogations édictées par le gouvernement. Par exemple à Sceaux, l'arrêté pris par le maire UDI Philippe Laurent "s'appuie sur deux articles du Code général des collectivités territoriales, ainsi que sur le décret du 23 mars 2020 lequel précise que, dans cet état d'urgence sanitaire, chacun doit pouvoir lutter contre la pandémie à son niveau."

Il a ensuite rappelé le rôle des élus locaux auxquels il les a invités à se cantonner : la nécessité de travailler en coordination avec le ministère quand il y avait constatation d'un "relâchement de la population" quant au confinement, pour durcir les règles.

Par ailleurs, le ministre a annoncé que 9,5 millions de contrôles et 568.000 verbalisations avaient été réalisés depuis le début du confinement. 
A chacun sa méthode, brutale ou bienveillante...

jeudi 20 février 2020

Pour défendre Griveaux, Castaner s'attaque à la vie privée d'Olivier Faure


Le ministre de Macron évoque les "divorces et séparations" de son camarade patron du PS

Une basse vengeance contre les critiques d’Olivier Faure sur la "légèreté" - un euphémisme - de l’ex-candidat LREM à la mairie de Paris

Le ministre de l’Intérieur est passé à la "trash politics", "Casta la castagne" n'hésitant pas à mettre sur la place publique la vie sentimentale malheureuse de son ex-camarade du PS devenu un adversaire politique, ce mercredi, à une heure de grande écoute, à la matinale de France-Inter, ce mercredi 19 février.  

Le joueur de poker a été blessant envers le député PS Olivier Faure pour voler au secours de Benjamin Griveaux, l’ex-candidat LREM à la mairie de Paris contraint à l'abandon à la suite de la diffusion de sex-tapes de masturbation destinées au harcèlement d'Alexandra de Taddeo, actuelle compagne de l'activiste russe anti-Poutine, Piotr Pavlenski qui assume son "revenge porn" par leur fuitage, pour dénoncer l'hypocrisie du politicien.  

"Les politiques doivent rester des femmes et des hommes parce que sinon ils sont coupés de la réalité, théorise "Simplet". Et d'ajouter: […] J’invite la classe politique à beaucoup de modestie. J’ai été surpris d’entendre à votre micro [premier secrétaire du Parti socialiste] Olivier Faure, que je connais bien et depuis longtemps et que j’ai accompagné dans ses divorces.". "J’ai été étonné par ses leçons de morale", a insisté le 'kéké de Forcalquier"

Une vacherie largement commentée par des responsables politiques, dans le style des réseaux sociaux
"On savait Castaner capable de tout. Il le confirme à nouveau. Odieux", a notamment réagi sur Twitter Manuel Bompard, député de La France insoumise.

L'ancien ministre socialiste Patrick Kanner a également condamné les propos du ministre de l'Intérieur : "Amateur en tant que ministre ? Mais professionnel de l'attaque minable. Ces propos déshonorent leur auteur et le mettent au niveau de ceux qu'il prétend combattre dans cette pathétique affaire" , a tweeté le chef de file des sénateurs PS.

A droite aussi, ces déclarations ont indigné. "En attaquant Olivier Faure sur sa vie privée, Christophe Castaner fait la preuve de la bassesse dont est capable ce pouvoir qui dégrade chaque jour davantage le climat politique", a observé sur Twitter le président des sénateurs LR Bruno Retailleau.

Face à l’ampleur de la polémique, l'ancien voyou de Marseille a tenté de calmer le jeu en début d’après-midi, estimant sur Twitter qu’il n’y a  "ni menace ni attaque personnelle".

La "légèreté incroyable" de Griveaux

Christophe Castaner fait allusion à ce qu'il appelle des "leçons de morale" à l’ancien porte-parole du gouvernement et proche de Macron, en référence au tacle en douceur du premier secrétaire du PS, lundi sur France-Inter, jugeant les sextos porno de Griveaux "d'une légèreté incroyable" "Quand vous êtes un homme ou une femme publique, un décideur public, un ministre, vous devez prendre toutes les précautions d’usage pour ne jamais être à la portée des maîtres chanteurs."

Vendredi 14 février, Castaner s'était alarmé en termes très durs de l’intrusion d’éléments de la vie privée dans le débat politique. 
"Le respect dû à chacun de nos concitoyens s’applique aussi à la classe politique", avait-il sermonné, dans un amalgame pointant "celles et ceux qui utilisent tous les moyens pour nuire à la classe politique mais aussi pour nuire à leurs voisins, à leurs tiers, à des gens dont ils veulent se venger".

Et le prêcheur intarissable de poursuivre : "Nous avons des lois protectrices dans notre pays, il est essentiel de les faire vivre, sinon c’est non seulement le système démocratique qui serait emporté par ces dérives-là mais c’est aussi un jeu très pervers qui naîtrait dans les relations humaines", commentait encore celui qui dispose précisément des moyens de mettre en oeuvre ses propos.

Et, dans sa leçon, Castaner prônait la "vigilance". 
"Il en va à la fois des règles démocratiques, mais bien au-delà du respect de la vie privée des femmes et des hommes qui dans notre pays s’engagent."

Faure vs Castaner : le contentieux

Tout avait pourtant bien commencé entre Christophe Castaner et Olivier Faure, d'anciens de l'écurie Rocard, deux ex-complices depuis la fin des années 1980, dont on pensait qu'ils avaient signé un pacte de non-agression à l’arrivée au printemps 2017 place Beauvau de Castaner, ancienne tête de liste PS démissionnaire en faveur de l'UMP Estrosi aux Régionales de 2015 en Provence-Alpes-Côte-d’Azur Avant que la situation n’évolue courant 2019. " Ça commençait à gronder sur sa mansuétude (celle d’Olivier Faure) à l’égard de Castaner", un infidèle au PS, comme à sa femme, au vu de photos prises en boîte à Paris.


Mais, la presse déclenche les hostilités le 17 mars 2019 avec la diffusion d’images montrant le ministre en boîte de nuit, le soir de l'acte 17 des Gilets Jaunes." Olivier Faure tacle alors une "faute professionnelle" "Quand on est ministre de l’Intérieur, on est 24 heures sur 24 au service de la République. Imaginez qu’à l’heure où il était en boîte de nuit, il y ait eu un attentat. Imaginez qu’on l’ait retrouvé à moitié saoul. Il y a quand même une dignité à assumer jour et nuit".  Et le patron du PS de rappeler que les images du ministre avaient été captées un soir de manifestation des Gilets Jaunes.
 
Dans le même registre, Faure s'était également inquiété de la gestion du maintien de l’ordre par Castaner "entre deux verres".  

mercredi 5 février 2020

Macron, pris quatre fois en défaut par le Conseil d'Etat en une semaine

Les amateurs de l'exécutif reçoivent une correction tous les deux  jours : la fessée a du bon! 

"Bats ta femme tous les matins; si tu ne sais pas pourquoi, elle le sait"
(à la différence des féministes athées)...

Mais les juges administratifs le savent et rappellent
 l'arrogant Macron à la modestie ?
Résultat de recherche d'images pour "Emmanuel Macron devrait rappeler à ses troupes qu'il n'est jamais bon de jouer avec l'état de droit Jacques Witt/SIPA""
La casquette au 3e rang est-elle celle du préfet Lallement
qu'on croyait disparu des radars dans un nuage de lacrymo ?
En huit jours, le pouvoir a pris quatre maxi baffes sur le terrain juridique. Il découvre que tout n'est pas permis dans un état de droit.

Par trois fois en une semaine,
le Conseil d'Etat a démontré sa verdeur et son indépendance, malgré ses 220 ans d'âge célébrés le 13 décembre dernier. Un exemple pour la presse... Plus haute juridiction administrative en France, cette institution discrète est plus que jamais accablée de travail en tant que rouage majeurs de notre vie publique, puisqu'elle doit éplucher chaque texte législatif, projet de loi et ordonnance, avant son examen en Conseil des ministres, au titre des articles 38 et 39 de la Constitution de 1958. A la fois conseil et juge, elle est le garant du respect du droit et des libertés fondamentales par le pouvoir exécutif et l'arbitre des litiges entre les citoyens et les administrations. Autant dire que cette maison prestigieuse et respectée est un pilier de l'état de droit, donc de la démocratie. Et, depuis plus de deux années maintenant, l'incompétence des bras cassés de l'exécutif macronien lui confèrerait des droits en matière de pénibilité s'ils n'étaient pas déjà particulièrement bien traités, car , rien que cette dernière semaine, sans eux, Macron et ses équipes pléthoriques auraient par trois fois mis sérieusement à mal le droit à mal. Leurs abus confinent au harcèlement...

L'exécutif sort politiquement affaibli 

Rendu public le 24 janvier dernier et parsemé de réserves et de signaux d'alarme, son avis sur le projet de loi consacré aux retraites a contrarié le pouvoir. 
Le gouvernement a pu corriger certains points faibles de sa copie et l'a validée en conseil des ministres, puis déposée au Parlement, mais la critique demeure. Concentrée sur le projet lui-même, elle souligne des lacunes qui ne peuvent qu'alimenter la suspicion des citoyens éclairés par les oppositions, renforcer les arguments des contestataires de cette réforme et justifier les mobilisations syndicales, alors que le pouvoir clame sa détermination à aller jusqu'au bout de sa réforme, si mal tournée soit-elle.  

Blanquer, agrégé de droit public, retoqué par le Conseil d'Etat

Le même jour, le Conseil est amené à mettre en évidence les chausse-trappes du  projet que le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, a tant peiné  à dissimuler pour faire croire aux enseignants  à un niveau de retraite identique à celui des autres fonctionnaires aux qualifications équivalentes. Un dispositif que le syndicat Sud Education ne cesse de dénoncer car il l'estime trompeur. Pas de chance pour le gouvernement, le Conseil d'Etat est compétent. Non seulement, il écarte ces dispositions qu'il juge imprécises et dépourvues de toute valeur normative, mais il ajoute qu'elles sont inconstitutionnelles, car elles font injonction au gouvernement de déposer un projet de loi. 

En termes moins choisis, on peut dire que le pouvoir est accusé de raconter des carabistouilles. Au passage, le Conseil colle une claque au ministre de l'Education, agrégé de droit public renvoyé à ses chères études. 
Enfin, il offre du grain à moudre à Sud enseignants dans son combat contre cette réforme. Une triple peine pour le meilleur choix possible de Macron à ce poste, selon la retraitée de l'enseignement logée à l'Elysée !

L'incompétence en droit du pouvoir est insondable, comme le montrent deux événements


D'abord, les déclarations insensées de Nicole Belloubet, magistrate, donc juriste supposée, ex-rectrice d'académie de surcroît et garde des Sceaux par défaut, à propos de Mila le 29 janvier sur Europe 1, à propos de la lycéenne de 16 ans qui, après avoir été traitée de "sale lesbienne", injure homophobe condamnée par la loi,  par des défenseurs de l'islam, avait diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo dans laquelle elle répliquait frontalement et tout aussi crûment: "Je déteste la religion [toutes les religions, donc]. Le coran, il n'y a que de la haine dedans, l'islam c'est de la merde... " .

Commentaire partisan de la ministre, que l'homophobie ne réussit pas à  ébouriffer le brushing  : " L'insulte à la religion, c'est évidemment une atteinte à la liberté de conscience. ". Non seulement, par ces propos, elle justifie les nombreuses menaces contre la jeune fille, mais elle se range aussi au côté des islamistes qui militent contre "le droit au blasphème", élément pourtant essentiel de la laïcité en France. Et cela, en dépit de l'appel du CFCM à la lapidation de la mécréante.
Comme l'explique avec vigueur l'avocat Richard Malka dans un entretien publié par Le Figaro le 30 janvier, "c'est la liberté de conscience de Mila qui est ici en jeu, car elle a le droit de penser ce qu'elle veut de l'islam et de le dire sur les réseaux sociaux. C'est ça le droit français : le fondement de la liberté de conscience n'est pas d'interdire la critique ou même l'injure, mais de protéger la liberté d'expression […] Si l'on interdit de critiquer une religion, on ne peut plus vivre ensemble. Et de mettre au défi la garde des Sceaux de trouver une quelconque décision de justice qui corroborerait sa prise de position partisane. 

Prise en faute, Nicole Belloubet rétro-pédale dès le 30.
La juriste concède "une expression maladroite" et l'ancienne élue socialiste finit par condamner les menaces contre Mila. Ajoutée aux lacunes en droit des Blanquer et Pénicaud, cette énorme bavure fait également la preuve, comme le dit Richard Malka, "d'une culture juridique fantaisiste." Un zéro pointé pour la ministre agrégée de droit public. Par protection ?
La méconnaissance des règles de droit constitutionnel n'est en revanche pas en cause dans la circulaire du 10 décembre 2019 signée Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur gaffeur et bourrin.

 Un bâillon à la limite des règles démocratiques

La circulaire Castaner avait pour but officiel de tenir compte de la recomposition politique amorcée au moment de la présidentielle de 2017 avec l'attribution de nuances politiques aux listes composites candidates aux élections municipales des 15 et 22 mars. Or, la circulaire y va à la hache et classe sans étiquette les vainqueurs des municipales dans toutes les villes ou villages de moins de 9.000 habitants, soit 95% des communes. Autant dire où le parti du président est faiblement implanté puisqu'il est essentiellement bobo-urbain. Une grosse ficelle politique qui n'a échappé à personne, consistant à rayer d'un trait de plume la couleur politique de la moitié de la population française et de listes qui revendiquent parfois d'être sans étiquette mais étaient pour les trois-quarts d'entre elles intitulées ''Divers droite'' ou ''Divers gauche'' lors des élections municipales de 2014. Comme le parti majoritaire, La République en Marche (LREM), est faible voire inexistant dans cette France-là, la manœuvre du ministre de l'Intérieur visait en fait à y nier toute expression politique pour affaiblir du même coup les résultats globaux de la droite et de la gauche qui, en revanche, sont bien implantées dans la multitude des petites et moyennes communes où LREM n'a aucune réalité de terrain.

"En politique, disait François Mitterrand, il faut faire gros." Mais, alors que LREM perd des député(e)s lassés par l'autoritarisme et le sectarisme de leurs cornacs - on en a encore la démonstration avec l'affaire du congé de deuil pour mort d'enfant mineur que les PlayMobil ont rejeté par discipline (ce que les 'Pieds Nickelés' de la majorité appellent de la "loyauté"!) et surtout par mesquinerie (pour le pas déplaire au MEDF qui ne demandait rien) pour quelques jours supplémentaires d'"humanité", "le pouvoir a fait là beaucoup trop gros en lançant une bombe lacrymo sur la signification profonde du vote et privant d'identité politique plus d'un Français sur deux. Un tir de LBD 40 dans les règles démocratiques qui a évidemment soulevé les protestations de l'opposition et provoqué un rappel au droit sous forme de recours devant le juge des référés du Conseil d'Etat.


Une nouvelle humiliation juridique s'est abattue sur le pouvoir le 31 janvier, le juge administratif refusant l'application de cette limitation territoriale dans l'attribution des nuances politiques qui prive d'expression politique une large partie des électeurs. Une décision qui, accessoirement, ne simplifie pas non plus la tambouille des manipulateurs, politologues ou sondeurs. La circulaire Castaner leur aurait permis de balancer la moitié des Français dans le panier LREM. Pour de simples calculs politiciens, la recherche en science politique aurait été gravement faussée. Les juges du Conseil d'Etat ne servent pas la gloire du président, voilà qui satisfera les Républicains authentiques...

La leçon de droit au banquier de l'Elysée n'est pas terminée


Deux autres dispositions de la circulaire Castaner n'ont pas échappé à la vigilance du Conseil d'Etat : il les  annule aussi. 
L'une prévoyait d'élargir aux listes qui seraient soutenues par la triade LREM-MoDem-UDI, sans être officiellement investies par elle, l'appellation ''liste divers centre'' (LDC) réservée aux listes investies par deux partis complices (LREM de Macron et MoDem de Bayrou), un "nuançage" permettant, ni vu ni connu, de les y fondre dans les statistiques et autres camemberts puants... Un moyen grossier donc de gonfler artificiellement le succès officiel de la majorité présidentielle, tripotage  qui n'est pas possible, en revanche, aux autres partis de droite et de gauche.

La manipulation est ouvertement dénoncée par le Conseil d'Etat parce qu'" elle institue une différence de traitement entre les partis politiques " et, plus rude encore, " méconnaît le principe d'égalité "

Une troisième disposition scélérate prévoyait, quant à elle, de basculer dans un bloc " Extrême droite " les listes ''Debout la France'', le parti de Nicolas Dupont-Aignan. Refus là aussi du juge qui estime que ce tour de passe-passe ne s'appuie pas " sur des indices objectifs ".

Cette série de bras tordus au droit est révélatrice de la moralité du pouvoir macronien.

Les soi-disant à-peu-près du gouvernement sont volontaires. Depuis les origines, Macron croît toujours pouvoir rouler les Français dans la farine, juridiquement, fiscalement, économiquement, dans les media et en tout lieu, parce qu'il est politiquement majoritaire et se pense supérieur. 

En 2018, le journaliste Olivier Mazerolle, décrypteur perspicace, assurait que "Emmanuel Macron a changé de comportement et de style", lors de son déplacement aux Antilles des 29 et 30 septembre pour casser son image arrogante.Début juillet 2019, Le Monde se saisissait du sujet en titrant : "L’arrogance, ce piège dans lequel Macron ne veut pas retomber"... Pour y retomber sans cesse comme l'alcoolique ! Pendant plusieurs semaines le président de la République avait vanté sa "nouvelle méthode" d’exercice du pouvoir : écoute, proximité, concertation… En bref, l’ "humain remis au cœur du projet ", avait-il promis lors d’une conférence de presse, fin avril. Mais les premiers coups de canif dans la majorité et  l’exécutif vinrent bientôt noircir le tableau.
Le 25 juin 2019, le secrétaire d’Etat chargé du numérique, 
Cédric O, menaça de créer un "conseil de l’ordre" des journalistes pour leur délivrer (ou non) un "agrément" de travail. « Si les journalistes ne le font pas, l’Etat le fera", avait menacé ce proche de Macron à l’Elysée dans un entretien à l’agence Reuters.  Deux jours plus tard, l'amateur de la méthode coréenne (du Nord !) le secrétaire d'Etat rétro-pédala, expliquant qu’il s’agissait de propos "qui n’engageaient pas la position du... gouvernement".Même velléité totalitaire, le 26 juin, lorsqu’une partie de la majorité tenta de durcir la législation sur les passoires énergétiques dans le bâtiment. Elle envisage alors d’interdire la relocation des appartements énergivores, ou encore d’obliger les propriétaires à "consigner" 5 % du prix de vente de leur bien pour financer des travaux. Le premier ministre Edouard Philippe y mit le holà lors d’un séminaire dînatoire  de la majorité, à Matignon. 

Macron avait dit qu'il renonçait à l'arrogance, mais c'est sa marque de fabrique. Pire, sa tendance stalinienne n'a échappé à personne pendant ces deux longues années où il a fallu sans cesse le recadrer. La tentation est forte, puisqu'i dispose d'une armée PlayMobil à l'Assemblée nationale pour fabriquer la loi et produire des réformes plus impopulaires les unes que les autres qui jettent dans la rue les moins dociles, ainsi que des porte-parole jugulaire-jugulaire et casquette sur les yeux pour reformater les esprits, avec le concours de media aux mains d'hommes d'affaires qui sont toujours au côté du pouvoir quel qu'il soit. 
Le droit, en revanche, impose à Macron des limites. Il n'est pas juridiquement libre de réformer n'importe comment, à la hussarde et au mépris des droits individuels. Le Conseil constitutionnel, mais surtout le Conseil d'Etat peuvent jouer le rôle de lanceur d'alerte en cas d'atteinte aux grands principes démocratiques de la République, comme vient de le monter les magistrats administratifs. 

Emmanuel Macron va devoir intégrer que ni lui ni ses robots ne peuvent bafouer l'état de droit. 
C'est une faute lourde qui coûte toujours cher dans les urnes.

mardi 27 août 2019

Pas de "violences irréparables" du pouvoir contre les Gilets jaunes, estime Macron 

Des mots "terribles" et "dangereux", objecte la Ligue des droits de l'homme

Macron, dans le déni des mutilations et amputations sur manifestants

Résultat de recherche d'images pour "arc de triomphe MASQUE de Rude cassé"Avocat membre du bureau national de la Ligue des droits de l'Homme et conseil de plusieurs Gilets jaunes, maître Arié Alimi,  réagit aux assertions d'Emmanuel Macron, qui a assuré lundi que les forces de l'ordre n'ont pas commis de "violences irréparables" lors de ce mouvement social.
"Je trouve ces mots terribles et profondément dangereux", a -t-il expliqué sur franceinfo lundi 26 août, suite à l'entretien du président innocent sur France 2 : son ministre de l'Intérieur, Castaner, n'a pas commis l'irréparable en ordonnant aux forces de l'ordre équipées de LBD 40 (le "lanceur de balles de défense"), de grenades GLI-F4 et de balles en caoutchouc), de taper dans le tas.

La Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe ne sait pas ce qu'elle dit donc lorsqu'elle se déclare "gravement préoccupée" par la gravité des blessures provoquées par les armes utilisées par les forces de police au cours des manifestations de Gilets jaunes. L'inquiétude de Dunja Mijatovic n'est donc pas fondée, malgré le "grand nombre de personnes blessées, certaines très gravement" dans les manifestations. Pour elle, le climat d’hostilité qui règne dans certaines manifestations, ou la surcharge de travail des policiers, ne saurait d'ailleurs justifier "le nombre et la gravité des blessures résultant de l’usage de la force par les forces de l’ordre." 
La Commissaire aux droits de l’homme déplore au passage "une formation insuffisante aux techniques de maintien de l’ordre et à l’usage de certaines armes" de certaines unités de force de l’ordre engagées dans les manifestations.

Les violences policières se sont imposées également aux députés européens qui ont "dénoncé le recours à des interventions violentes" et condamné l'usage "disproportionné" des forces de police et militaire par "les autorités publiques lors de protestations et de manifestations pacifiques".

Jusqu'à la communauté internationale qui s'est indignée de la répression. 
L'ONU s'est quant à elle prononcée sur ce sujet dans un communiqué qui cite un groupe d'experts des droits de l'homme des Nations Unies. Ils s'inquiétaient du "nombre élevé d'interpellations et de gardes à vue, des fouilles et confiscations de matériel de manifestants, ainsi que des blessures graves causées par un usage disproportionné d'armes dites 'non-létales', telles que les grenades et les lanceurs de balles de défense ou 'flashballs', ajoutant que "les autorités devraient repenser leurs politiques en matière de maintien de l'ordre pour garantir l'exercice des libertés"

Les experts alertent également sur le risque de "sévères restrictions à la liberté de manifester" que pourrait causer la loi anticasseurs. Cette dernière permet en effet aux préfets de prononcer des interdictions de manifester, un point validé à chaud par la majorité présidentielle en émoi à l'Assemblée nationale, le 30 janvier dernier.


"Un homme qui fait primer l'ordre public sur le droit à la vie"

"Je m'interroge de savoir ce que vous penseriez d'un homme qui fait primer l'ordre public sur le droit à la vie", poursuit l'avocat, évoquant les cas de Zineb Redouane, une femme atteinte au visage par une grenade lacrymogène à la fenêtre de son appartement en marge d'une manifestation de Gilets jaunes à Marseille, en décembre 2018, et de Steve Maia Caniço, jeune fêtard de la fête de la musique, retrouvé mort dans la Loire à Nantes à la suite d'une charge policière.
Résultat de recherche d'images pour "Rodrigues J enucléé"On notera que les Gilets Jaunes énucléés - tel Jérôme Rodriguès, le 26 janvier, ou David, tailleur de pierre de 31 ans, le 1er décembre 2018 - ne sont pas mentionnés...

Arié Alimi a également pointé du doigt "un homme qui fait primer l'ordre public sur la liberté d'expression et d'opinion". "Que penseriez-vous d'un homme qui, face aux familles de ces personnes mortes, mutilées, qui ont perdu un membre ou un œil, leur dirait qu'il n'y a pas eu de violences irréparables ?" L'avocat "ne pense pas qu'il y ait un véritable mea culpa". Il évoque plutôt "une reconnaissance à pas feutrés", mais qui écarte toute "compassion pour les victimes du mouvement".

Au G7 de Biarritz,
la presse hexagonale a pu faire croire que Macron est un interlocuteur autrement plus respectable que Poutine ou Bolsonaro...