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lundi 6 juillet 2020

Lille: deux recours contre l'élection de Martine Aubry


Les listes LREM et EELV contestent les résultats

Arrivées de peu derrière la liste de la maire sortante socialiste, elles ont déposé des réclamations au tribunal administratif de Lille.


Dans un contexte d’abstention record (68,27%), l’élection de Martine Aubry (40%) n'est pas gagnée.
La liste Stéphane Baly, EELV, 39,41%, distancée de seulement 227 voix au second tour, et celle de Violette Spillebout, LREM, 20,59%, ont déposé un recours vendredi. Un lapsus de Martine Aubry en dit long sur ses sueurs froides: dans son discours de ré-élection à son quatrième mandat, elle a rendu hommage aux maires "qui lui ont succédé"...
 
Des signatures d’électeurs sensiblement différentes entre le premier et le deuxième tours ont décidé les Verts à aller au recours. Pour ces municipales, il y a eu deux registres d’émargement, alors que d’habitude, les électeurs signent sur la même ligne pour les deux scrutins. "La mairie nous a expliqué que pour intégrer les électeurs ayant atteint 18 ans entre les deux tours, il était plus simple de faire un autre registre", indique le porte-parole d’EELV à Lille, Dominique Plancke. Il évalue à quelques dizaines les paraphes dissemblables d’un livre à l’autre. "Les gens ont peut-être décidé de changer de signature pendant le confinement ?" ironise-t-il. Plus sérieusement, il pointe "un contrôle d’identité altéré", avec le port du masque obligatoire et des cartes d’identité présentées à distance, autant de précautions sanitaires, mais aussi la difficulté pour les assesseurs de confronter les signatures des deux tours.

Il évoque encore d’autres anomalies, comme des bulletins déclarés nuls suite à des erreurs de présidents de bureaux de vote, des procès-verbaux pas toujours bien remplis, et des procurations refusées. "C’est le tableau d’ensemble qui nous interroge", précise-t-il, refusant de voir ce recours comme politique, mais bien comme purement technique. 

"Nous avons le sentiment qu’il y a proportionnellement plus d’anomalies à Lomme qu’ailleurs, sans que nous en tirions pour l’instant des conclusions définitives", distille-t-il cependant. Cette commune associée à Lille, fief socialiste, a fait l’élection, en donnant 600 voix d’avance à Martine Aubry, alors qu’elle était battue dans Lille intra-muros et à Hellemmes.
 
Dominique Plancke dénonce tout de même l’ambiance électrique de la dernière semaine avant le vote, avec en exemple le mail pro-Aubry envoyé par Meriem Amouri, présidente de l’association qui gère le projet d’initiative citoyenne lillois, anciennement fonds de participation des habitants, à 270 associations qui y ont eu recours. Ils étaient priés de signer un appel en faveur de la maire de Lille. Un mélange des genres malsain, qui a fait bondir le monde associatif, et a obligé l’entourage de la candidate à s’en démarquer. 

Violette Spillebout, la candidate malheureuse pour LREM, partage les mêmes griefs : une série de "transgressions" et d'irrégularités.
Avec ses équipes, elle a constitué un dossier "de 20 pages", accompagné d'environ "200 pièces justificatives" destinées à démontrer "des irrégularités" et "transgressions". Parmi celles-ci "des moyens de publicité commerciales utilisés à fins de propagande électorale".

L'ancienne collaboratrice de Martine Aubry met de son côté en cause le documentaire de France 3, la Dame de Lille, diffusé le 2 décembre, qu’elle trouve "panégyrique", avec une soirée de lancement à Sciences-Po Lille qui l’interroge. Elle voudrait le voir intégré dans le compte de campagne de Martine Aubry et précise que la promotion publicitaire d’un candidat est interdite. 

Examen des comptes de campagne 

"Ce sont nos électeurs qui nous ont poussés à déposer ce recours", assure l'écologiste Dominique Plancke. "Du moment que nous avons des doutes, nous ne pouvons pas nous asseoir dessus." 
Violette Spillebout se pose en défenseuse de la vertu républicaine : "Ce recours est basé sur des principes et des valeurs. En tant que nouvelle élue progressiste, je ne laisserai pas passer ces distorsions à la démocratie, qui font le lit de l’abstention. C’est un signal fort envoyé aux 60% des Lillois qui n’ont pas voté pour Martine Aubry, et aux 70% qui n’ont pas du tout été voter." 
 
L’entourage de la maire ne s’exprime pas sur ces recours, déposés au tribunal administratif de Lille. Celui-ci, s’il ne les rejette pas tout de suite, a trois mois pour les examiner, mais sans doute attendra-t-il l’examen des comptes de campagne, déposés au plus tard le 11 septembre, pour se prononcer, ce qui devrait rallonger ce délai. La réponse devrait tomber en fin d’année.
Ces recours pourraient mener à l'annulation du scrutin. 

jeudi 2 juillet 2020

Municipales 2020: les vainqueurs sont-ils ceux qu'on dit ?

Les mises en lumière des media écrasent la réalité

Les écolos ont bénéficié de coups de projecteurs avant, pendant et après le scrutin, mais la vérité est moins flatteuse 

La "vague verte" n'est pas la déferlante annoncée, puis vantée, le PS et LR n'ont pas disparu, la ville de plus de 100.000 habitants décrochée pour la première fois par le RN est un mirage et le parti présidentiel repart gros-jean comme devant… Mais au lendemain du second tour des élections municipales du dimanche 28 juin, toutes les formations politiques trouvent des raisons de crier victoire, validant sa stratégie en vue de la présidentielle de 2022.

Mais qu'en est-il vraiment ? Pas facile d'y voir clair depuis que le candidat Macron a brouillé les cartes en 2017 avec des traversées de rues hors des clous à la faveur de rideaux de fumée rendant tout raisonnement trouble. Le monde politique était essentiellement bipartite. Macron l'a éclaté, balkanisant le paysage de la France. 

Le soir des résultats a toutefois conservé sont lot habituel de de mauvaise foi et de vérité. Le politologue Martial Foucault, directeur du Cevipof de Sciences Po Paris observe que "le constat peut varier selon que l'on regarde les résultats en nombre de villes gagnées, en nombre de voix ou en nombre de conseillers municipaux. Certains partis peuvent aussi interpréter comme une victoire une défaite moindre qu'annoncé."

La vague verte écolo n'est pas le tsunami prédit

Les candidats écologistes ont réussi en zone urbaine, dimanche, remportant 7 des 42 villes françaises de plus de 100 000 habitants, et parmi les plus "bourgeois-bohême" (bobo-intello) : Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Tours, Annecy,  Besançon faisant exception (comme Aix-en-Provence qui, à l'inverse, n'a pas basculé), en plus de Grenoble, déjà conquise en 2014 et conservée.

Pour Martial Foucault, il s'agit d'un "tour de force historique", d'autant que le scrutin municipal et son mode de scrutin majoritaire à deux tours avantage généralement les grandes formations politiques. Or, pour la première fois, EELV a "réussi à enjamber cette barrière institutionnelle", note-t-il. De bon augure à l'approche des élections régionales et départementales en 2021.  Si toutefois leurs alliances municipales ne les entraînent pas sur leur pente naturelle punitive. 

Car cette analyse doit être nuancée, estime Emeric Bréhier : "Hormis à Lyon et à Strasbourg, leurs conquêtes sont le fruit d'unions à gauche dès le premier tour. Et ils n'ont pas réussi à inverser le rapport de force avec le PS dans des villes comme Nantes, Rennes ou Rouen, qu'ils estimaient gagnables."

Surtout, la poussée écologiste est restée cantonnée aux centres-villes. "Leur succès est bien moindre dans les périphéries", observe Emeric Bréhier. Si les Verts ont gagné sept grandes villes, ils n'en dirigeront pas forcément les agglomérations. Or, c'est souvent à cet échelon intercommunal que se prennent les décisions en termes de transports ou d'urbanisme, thématiques incontournables dans les programmes écolos.

Quant aux villes moyennes et aux plus petites communes, le bilan est encore moins flatteur. Sur les 3.168 villes en France qui comptent plus de 3.500 habitants, EELV n'en a remporté qu'une trentaine, soit moins de 1%. Au niveau national, le succès vert tient donc davantage de la vaguelette que du raz-de-marée.

Malgré la victoire à Perpignan, le recul du RN 

La stratégie de l'ex-Front National était de présenter moins de candidats qu'en 2014 pour se concentrer sur des villes prenables. Mais, à l'issue du scrutin, le Rassemblement national est vainqueur à Perpignan (120.000 habitants) et dans la plupart des villes conquises en 2014 (Fréjus, Beaucaire, Hénin-Beaumont, Hayange, etc.), mais perd Mantes-la-Ville (Yvelines) au profit d'un Div C, soutenu par la gauche), Le Luc (Var), également au profit d'une liste Divers Centre, ainsi que le 7e secteur de Marseille, remporté par la liste Les Républicains du général de gendarmerie David Galtier. Les quelques nouvelles prises comme Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais) et Moissac (Tarn-et-Garonne) ne compensent pas forcément les échecs enregistrés à Carpentras (Vaucluse), Vauvert (Gard) ou Sète (Hérault).

Derrière la victoire très symbolique de Louis Aliot à Perpignan, le parti de Marine Le Pen subit "une défaite en termes d'ancrage territorial", selon Martial Foucault. Ainsi, en six ans, le RN enregistre-t-il un net recul en nombre d'élus. En 2014, il avait remporté 1.438 sièges dans les conseils municipaux de 463 communes. En 2020, il n'en compte plus que 827 dans 271 villes... Un comparatif trompeur, car si on considère un nombre de villes identique, les élus municipaux sont  équivalents en nombre! .
L\'évolution du nombre de conseillers municipaux du Rassemblement national entre 2014 et 2020.
L'évolution du nombre de conseillers municipaux du Rassemblement national entre 2014 et 2020. (FRANCEINFO)
Les arrogants de LREM se sont pris une veste 

Les élections municipales n'ont pas permis au parti du président de s'ancrer. En ne gagnant aucune grande ville, LREM prend une gifle magistrale, à la mesure de l'impopularité du président Macron. Le coup d'arrête à la marche de la majorité inquiète l'Elysée, son électorat potentiel se situant précisément dans ces métropoles. Martial Foucault attribue la faute à un casting organisé depuis Paris, évidemment sans connexion avec le tissu associatif local, lequel n'existe pas ! Aux nombreuses candidatures dissidentes se sont ajoutées des stratégies d'entre-deux-tours illisibles ou franchement désastreuses.

Deux jours avant le second tour, le délégué général du parti, Stanislas Guerini maintenait être en mesure d'atteindre le chiffre de 10.000 élus municipaux. Malgré plus de 6.000 adhérents élus dès le premier tour, , iIl n'était même pas certain que cette modeste jauge soit atteinte : la France compte quelque 500.000 conseillers municipaux. 

Pour vérifier ces propos, il faudrait avoir accès au fichier des adhérents LREM... En revanche, lorsqu'on analyse les résultats des élections municipales, en utilisant la nuance politique "LREM" attribuée par le ministère, on est (très) loin du compte. Seules 9 villes ont été remportées par des candidats qui ne dissimulaient pas leur allégeance à LREM. L'étiquette LREM avait un effet repoussoir: à Paris, Buzyn, Schiappa et Pannier-Runacher, membres du gouvernement, ont compris leur douleur...
Et du côté des élus municipaux, on en compte seulement... 693: 150 de moins que le RN.... 
Bon nombre d'élus soutenus ou investis par La République en marche étaient dissimulés sous une étiquette centriste. Les comptes sont donc encore plus trompeurs qu'il apparaît.

Les partis historiques, à gauche et à droite, maintiennent leurs positions

Les Républicains comptaient sur le temps et ces élections municipales pour retrouver leur bonne mine. "On renoue avec la victoire", s'est exclamé Christian Jacob. Le patron du parti peut revendiquer la victoire dans "plus de la moitié des villes de plus de 9.000 habitants". Les villes données perdues d'avance sont restées dans le giron de la droite républicaine: Aix-en-Provence ou Toulouse

Au PS, le premier secrétaire, Olivier Faure, a salué un "immense élan social-écologique".

Les résultats montrent une très grande stabilité. 
La proportion de maires sortants réélus "est encore plus importante que d'habitude"83% selon les calculs du Figaro -, note Emeric Bréhier. "Les alternances reçoivent davantage d'attention médiatique, surtout dans les métropoles, mais concernent une minorité de villes", confirme Martial Foucault.

Comme le montre le graphique, ci-dessous, la droite et la gauche maintiennent globalement leurs positions, avec peu de bascules dans un sens ou dans l'autre par rapport au scrutin de 2014, lors duquel la droite avait enregistré une victoire probante sur la gauche. Parmi les 3.168 communes de plus de 3.500 habitants concernées par le nuançage politique,  83 passent de gauche à droite, comme ce fut le cas à Metz. Et 115 passent de droite à gauche, comme Villejuif ou Quimper.

A noter toutefois, en 2020, une plus grande proportion de listes gagnantes sous l'étiquette "divers gauche" ou "divers droite", "un signe de l'affaissement des structures partisanes", selon Emeric Bréhier. Ou de la confusion créée par Macron et ses listes masquées.

Au final, la droite reste la principale force municipale, surtout dans les villes moyennes. La gauche, elle, conserve ses bastions et progresse dans les grandes villes.


La recomposition politique voulue par Macron, inconnu en 2017, a-t-elle vécu ?
"Il ne faut surtout pas tirer de conclusions nationales. Les résultats des élections municipales sont un très mauvais critère pour prédire le vainqueur de l'élection présidentielle suivante", met en garde Martial Foucault (CEVIPOF, rattaché au CNRS ).

"On est en train d'assister (peut-être provisoirement) à la fin du parallélisme entre la vie politique nationale et les vies politiques locales. Il y a une décorrélation de plus en plus forte", estime Emeric Bréhier. 

Interrogeant sur la validité des schémas figés de l'IFOP, son sondage paru le 22 juin sur l'élection présidentielle de 2022 tient toujours absolument à placer d'ailleurs Emmanuel Macron et Marine Le Pen loin devant les autres prétendants éventuels. 
"Les trois partis qui ont perdu ces municipales (LREM, le RN et La France insoumise) totalisent 65% à 67% des intentions de vote au premier tour de la présidentielle," annonce déjà Emeric Bréhier, deux ans avant l'heure.

lundi 29 juin 2020

Municipales : la droite confisque Forcalquier à Christophe Castaner, ministre de Macron

Forcalquier était le "fief" de Christophe Castaner, sauvé par Les Républicains

Castaner s'est fait gazer par les électeurs de Forcalquier

Après presque vingt ans de gouvernance socialiste, la commune des Alpes-de-Haute-Provence s'est choisie une tête de liste LR. 
Le ministre de l'Intérieur de Macron n'est même plus conseiller municipal... 

Le rideau de fin est tombé sur Castaner

Castaner s'est fait sortir aux élections municipales à Forcalquier  
Dix-neuf ans après sa conquête de la ville, le ministre de l'Intérieur a vu Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence) lui tourner le dos dimanche soir. Cette année, le "kéké" était tenu au devoir de réserve, en tant que "ministre des élections" et ne s'était pas impliqué dans la campagne électorale, occupé à Paris par les manifestations en tout genre et se retrouvant spectateur du duel entre la liste de David Géhant (Les Républicains, 53,19%) et celle de l'ex-Verte Dominique Rouanet (46,81%).

La vague verte n'a pas atteint la ruralité
Le premier tour à Forcalquier, le 15 mars 2020, avait opposé la liste baptisée "Nos vies Notre ville", menée par David Gehant, LR, arrivée en tête avec 42,1% des voix, devant la liste écolo, "Forcalquier en commun", menée par Dominique Rouanet, 41,8% des voix.

La petite sous-préfecture de 5.000 habitants avait basculé de droite à gauche en 2001 lorsqu'un socialiste inconnu, Christophe Castaner, tombé du ciel parisien, avait remporté l'élection municipale. Réélu une première fois en 2008, puis, de justesse dès 2014, par 22 voix d'avance sur la droite, il en est resté maire jusqu'à son entrée au gouvernement, en 2017. L'élu du Sud-Est, soutien de Macron, mais battu aux Régionales, avait alors préféré Paris à la commune, abandonnant la province à son compagnon de route, Gérard Avril, PS, qui avait craint de se représenter, au vu de l'impopularité de son mentor.
   
Sept autres membres du gouvernement échouent aux municipales
Comme lui, Olivier Dussopt (Fonction publique), Jacqueline Gourault (Cohésion des territoires), Jean-Baptiste Lemoyne (Tourisme) et Christelle Dubos (Solidarités et Santé) n'étaient pas candidats dans leurs communes. 

Mais les arrogantes ont-elles appris l'humilité?
Agnès Pannier-Runacher a cru que c'était gagné. Elle s'est faite recaler dans le 16e de Paris.
Quant à Marlène Schiappa (Egalité entre les femmes et les hommes), elle n'est plus élue au Mans (Sarthe) et n'est pas parvenue à entrer au conseil du 14e arrondissement de Paris. Elle est très amère: les électrices n'ont pas fait la différence...
C'est sans parler de l'expérience désastreuse d'Agnès Buzyn, l'ancienne ministre qui avait  fait de la figuration au ministère de la Santé et qui, à Paris, a bu la coupe jusqu'à la lie.

Les écologistes refusent d'entrer au gouvernement en cas de remaniement

Ils ont la pastèque !

L'exemple de Nicolas Hulot et son expérience gouvernementale avec Macron ont laissé séquelles et rancoeur à Europe Ecologie-Les Verts

 
Niet !, disent par avance les écologistes au gouvernement. 
Au lendemain de la poussée verte aux municipales, à la faveur de l'abstention historique, les responsables d'Europe Ecologie-Les Verts ont assuré lundi 29 juin qu'aucun membre du parti n'entrera au gouvernement - sauf bravade ! -,  à l'occasion du remaniement attendu cette semaine. C'est l'assurance donnée par l'ancien secrétaire national, l'eurodéputé David Cormand, sur Public Sénat. 

"Le centre de gravité de la majorité actuelle, ce n'est pas l'écologie, ce n'est pas le social," dénonce David Cormand sur Public Sénat 
"Nicolas Hulot a montré à quel point il avait été empêché d'agir", a rappelé l'eurodéputé Yannick Jadot sur Europe 1. "Il ne s'agit pas d'entrer dans un gouvernement qui gouverne seul ce pays", a-t-il insisté en appelant Macron à "agir" sans faire d'"opportunisme écologique".
 
Vers une union de la gauche en 2022 ?
 
De droite à gauche, les députés européens EELV David Cormant, Salima Yenbou, Yannick Jadot et David Belliard, qui était le candidat vert à la mairie de Paris le 24 septembre 2019 à Paris






















<br>La priorité de la majorité est d'"accélérer" en matière d'écologie, a assuré Stanislas Guerini, le délégué général du parti présidentiel, sur RTL. "La question des personnes" pour l'incarner étant "secondaire," selon lui. La conquête par les candidats Europe Ecologie-Les Verts des mairies de quelques grandes villes aux municipales les place au centre de l'échiquier politique et pourrait aussi ouvrir la voie à un candidat d'union entre les écologistes et les partis de gauche en 2022.
 
Sauf que les écolos ont pris la grosse tête et ne sont pas disposés au partage. 
Pour l'heure et sans illusion, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, s'est d'ailleurs dit "prêt à [se] ranger derrière celui qui incarnera" ce bloc en 2022.

Municipales à Paris: Schiappa, appelée à se taire

Les électeurs déclarent indésirable à Paris la parachutée LREM du gouvernement

Coup d'arrêt aux femmes En Marche! à Paris

Attal, Pannier-Runacher, Philippe, Schiappa

La ré-élection d'Edouard Philippe est l'arbre malade qui cache la forêt-fossile. 

La secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes n'obtient même pas un L'ansiège de conseillère d'opposition dans le 14e arrondissement de Paris. 
https://cdn-media.rtl.fr/online/image/2020/0109/7799863628_marlene-schiappa-est-l-une-des-figures-les-plus-mediatisees-du-gouvernement-macron.jpg
Ancienne adjointe au maire socialiste du Mans, Marlène Schiappa figurait pourtant en deuxième position sur la liste LREM, conduite à Paris par Eric Azière. Arrivée en troisième position au premier tour (15,7%), la majorité présidentielle a encore fait moins au second, avec 8,6% des suffrages, dans une quadrangulaire remportée par la liste d'union de la gauche de la maire sortante Carine Petit (47,9%).  Le 14e n'a pas les mêmes valeurs que Schiappa: elle repart avec ses rillettes sur les hanches...
Quant à Cédric Villani, qui avait décidé de se maintenir, il ne fait pas tellement moins (13,29%) et il ne siégera pas non plus au conseil municipal.

Les hommes avait bénéficié d'un temps de répit face aux attaques féministes de la sous-ministre: le virus s'est réveillé dimanche 28 juin et la deuxième vague de propagation va de nouveau menacer l'égalité entre les sexes. Les électeurs ont pourtant assuré une équité exemplaire entre les genres: à méditer !

La liste de la droite, emmenée par Marie-Claire Carrère-Gée, arrive devant le parti du président totalisant 30,18% des voix. 

Gabriel Attal conserve son siège de conseiller municipal dans l'opposition à Vanves

Il se présentait donc dans les Hauts-de-Seine.

  
Gabriel Attal est réélu conseiller municipal dans l'opposition au maire sortant UDI, Bernard Gauduchau. Seul membre du gouvernement à figurer sur une liste nuancée LREM, le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse était en deuxième position sur la liste Vivre Vanves, menée par Séverine Edou. 
De la troisième, elle passe à la quatrième place au second tour, avec 19,87% des voix dans cette triangulaire remportée haut la main par le maire sortant Bernard Gauducheau (UDI), qui conserve son siège avec 53,35% des voix. 

La troisième liste, conduite par l'écologiste Pierre Toulouse et qui talonnait la liste LREM après le premier tour, lui est passé devant, avec 26,77% des voix au second. L'effet "membre du gouvernement" n'a pas opéré... 

En revanche, Vanves n'aura pas pour maire la femme de paille de Gabriel Attal: il forme avec Stéphane Séjourné un couple-pacsé et son échec à la prise de la mairie leur permettra de dégager du temps pour réaliser leur désir d'enfant via une GPA "éthique".

Ce score est toutefois suffisant pour que les trois premiers de la liste de Séverine Edou, dont l'ex-socialiste Gabriel Attal de Couriss, siègent au conseil municipal.

Agnès Pannier-Runacher échoue dans le 16e arrondissement à Paris

 
La secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances se présentait dans le 16e arrondissement. Mais la liste Ensemble pour Paris avec Agnès Buzyn, menée par Hanna Sebbah ne glane que 23,79% des voix.

Elle est sèchement battue par celle de l'avocat Francis Szpiner, soutien de la candidate LR Rachida Dati (elle-même ré-élue dès le premier tour), qui obtient 76,2% des suffrages. 

Le bon score de LREM aux dernières élections européennes aura donc fait illusion et Agnès Pannier-Runacher, en septième position, ne siégera donc pas au conseil municipal de Paris. Adieu veaux, vaches, cochons...

Elle pourra "travailler" à la reprise de l'économie endommagée par la Covid-19: "regarder" les dossiers ne semblait pourtant pas être la tâche prioritaire de cette candidate de la majorité présidentielle.


vendredi 26 juin 2020

Municipales: Hulot vote EELV contre les listes LREM de Macron

En optant pour EELV contre LREM, Hulot bascule dans l'écologie radicale, voire ultra

L'ancien ministre d'Etat de Macron souhaite "le triomphe de l’écologie" dans de nombreuses grandes villes comme à Starsbourg, Marseille ou Lyon


Hulot fait le lit des ayatollahs verts.
Contaminé par Europe Ecologie-les Verts, après s'être longtemps fait cavalier seul, l’ancien ministre amer d'Edouard Philippe à la Transition écologique qui avait refusé de donner une consigne de vote pour les élections européennes de 2019, a tombé le masque pour les municipales.
Tout en évoquant ses “divergences” avec Macron sur la préservation du climat, Nicolas Hulot n’avait encore jamais pour autant cédé aux avances d'EELV et à la candidature portée par Yannick Jadot. Mais un an plus tard, Hulot a enfin su prendre une décision. Mais a-t-il pris la bonne, ce mercredi 24 juin, en  se prononçant clairement pour le vote vert aux élections municipales, à Lyon notamment, où son collègue de gouvernement, Gérard Collomb, doit les repousser, ou à Grenoble, où ils tentent de se maintenir. 

L’écologie a le vent en poupe sur le papier, des organes de presse et des sondeurs.
Les Européennes ont gonflé les écolos à bloc, mais ce scrutin n'a jamais eu rien de commun avec des municipales où leur arrogance tombe, tel un soufflet. 
Nicolas Hulot sort de sa réserve dans l'entre-deux tours pour "souhaiter" désormais "un triomphe de l’écologie qui porte une approche intégrale et remette en cause un modèle néolibéral.” C'est ainsi qu'il stupéfait notamment en refusant donc son soutien à Collomb et son alliance avec la droite rhodanienne. 

"Je serais très heureux que des écologistes, quels qu’ils soient, arrivent au pouvoir dans de grandes villes, comme à Marseille ou à Lyon", explique-t-il en qualifiant de “faute politique” les alliances nouées par La République en marche avec les Républicains pour "faire barrage à l’écologie" à Bordeaux, Strasbourg ou Lyon.

Hulot se révèle très critique du président du président

"La classe politique joue un jeu très dangereux en caricaturant l’écologie et en fustigeant les écologistes, assène-t-il. Pourtant, la situation exige l’intelligence de tous. Je ne comprends pas que la droite républicaine soit encore engluée dans ses préjugés", avoue-t-il, à Libération. Il souhaite au passage aux candidats écolos le même avenir que celui d’Eric Piolle, le maire sortant EELV de Grenoble, bien parti pour sa réélection face notamment à la députée LREM Émilie Chalas. 

Hulot rompt avec LREM en se tournant à gauche. Et de saluer les "politiques ou associatifs" qui "portent" l’écologie "depuis longtemps”: “Ils ont été des lanceurs d’alerte. L’histoire leur donne cruellement raison”, estime-t-il, en nuançant toutefois: "Certains, sans être chez EELV, ont fait leur conversion. Il ne faut pas les 'cornériser'."

La République en marche n'a jamais su garder un écolo. Pas mieux que les transfuges juppéistes. La stratégie de la majorité pour ces élections municipales n'arrange rien. L’ancien eurodéputé EELV, Daniel Cohn-Bendit, ancien anarchiste lanceur de pavés en Mai 68, mais soutien de Macron, estimait par exemple, dans un entretien au Journal du dimanche, le 7 juin dernier, qu’il est "vraiment idiot" de la part de LREM d’avoir privilégié des alliances avec la droite plutôt qu’avec les Verts.
"C’est bête, c’est inutile et c’est contre-productif, assénait-il, (...) partout où les écologistes sont en position de prendre la mairie, je voterai écolo."
Une réaction d'humeur, une vexation de trop.

jeudi 25 juin 2020

Municipales : des Frères Musulmans dans les valises du candidat de la gauche à Toulouse

L’Union des Musulmans de France appelle à faire barrage à Jean-Luc Moudenc 


L’UMDF a pris parti pour la liste de gauche conduite par Antoine Maurice

Jean-Luc Moudenc, maire juppéiste sortant (LR) de Toulouse

Ils n'étaient pas invités au Florida, la brasserie qui fait face à l'Hôtel de Ville, quand les poids lourds de la gauche parisienne étaient descendus sur Toulouse pour relancer la campagne de leur liste, “Archipel citoyen”, portée par l'écologiste Antoine Maurice: ils étaient tous là, Ian Brossat, adjoint (PCF) d’Anne Hidalgo (PS) à Paris, le sénateur Claude Raynal (PS) et la députée Clémentine Autain (LFI), à l'appel du président socialiste du département, Georges Méric, nostalgiques du temps de Pierre Cohen.
 
Un Benoît Hamon arborant une barbe ostentatoire a rejoint le cortège qui s’est offert une déambulation post-prandiale jusqu’aux berges de la Garonne. "Je ne sors de ma retraite que pour Toulouse et Marseille et puis j’y retourne", assure l’ancien candidat du désastre de la gauche à la présidentielle. Il était curieux de découvrir celui qu'il soutient les yeux fermés, le chef de file écologiste d’Archipel citoyen, le rassembleur d'une improbable coalition de formations politiques de gauche, et aussi de revoir, à ce banquet des anciens battus, l’ex-maire socialiste de Toulouse. Pierre Cohen, qui avait rejoint son parti, Génération.s et monté une liste (5,66%) avant de se fondre piteusement dans Archipel Citoyen. Cohen y figure en dernière position, non éligible, sur la liste de son ancien adjoint.
Mais, sur la photo, manquait la honte de la famille, ce cousin maudit, qui pourrait réclamer sa part de l'héritage, si jamais la ville rose virait au rouge vif, ce qu'à Allah ne plaise.... 

Le cousin en question, l'UMDF, a d'abord tenté de s'affranchir en constituant, sous ses propres couleurs, une liste au 1er des municipales à Toulouse. Proche des Frères Musulmans égyptiens, le mouvement s’est ensuite contenté de candidats sur une liste intitulée En Avant Toulouse. Avec 120 voix et 0,14% des suffrages exprimés, l’expérience a tourné court. Mais l’UMDF s’engage, tout de même, dans le scrutin du 28 juin prochain.

L'ambition des Frères musulmans est désormais de faire re-basculer Toulouse vers la gauche incarnée par Antoine Maurice: à son programme, en effet, la promotion des Frères musulmans. Mhamdi Taoufik, le représentant toulousain de l'UMDF, demande clairement "aux musulmans de Toulouse qui ont un amour fou de la République mais surtout de la religion" de faire "tout (leur) possible pour faire un barrage" au maire sortant, Jean-Luc Moudenc, candidat LR-LREM. L’objectif (affiché) de l’UMDF est clair : "donner la victoire à Antoine Maurice".


L’appel à voter pour la liste d’Antoine Maurice s'est manifesté au-delà des paroles. Le représentant de l’UMDF a participé à une rencontre avec le candidat écologiste le 8 juin dernier.


Les Frères musulmans ont obtenu des contreparties à leur engagement.
Et la gauche les leur a garanties, mais les électeurs ne savent pas lesquelles. L’impact électoral des consignes de vote est toujours aléatoire, surtout lorsqu’elles émanent d’une force politique qui représente quelques centaines de voix. Or, une élection peut précisément basculer à quelques voix près, et cet accord avec les Frères musulmans, dissuader les centristes de voter pour une liste faite de bouts de ficelles électorales et qui, avec les Frères musulmans de l'UMDF sortis du maquis, a créé des tensions dès la campagne.

En effet, le "barrage" anti-Moudenc s'explique par une prise de position claire, quand le maire de Toulouse a établi une comparaison entre le Coran des islamistes et "le livre d’Hilter", 'Mein Kampf'.
L’UMDF réveille une polémique qui remonte au 19 août 2016. Lors du 72ème anniversaire de la Libération de Toulouse, Jean-Luc Moudenc a déclaré :
Le terrorisme et la barbarie nous ont frappés et nous frappent encore. Notre premier devoir est de nommer le mal. Ceux qui préfèrent édulcorer la réalité se contentent de parler de "terrorisme" et de "barbarie", évitant soigneusement de désigner l’idéologie qui les inspire. C’est comme si, derrière Vichy, on avait ignoré qu’il y avait 'Mein Kampf'. Ce mal c’est le "nazislamisme".
La gauche atteinte d'anosmie ne sent plus les "relents nauséabonds"

Comme Assa ressort la mort d'Adama en 2016, le représentant de l’UMDF ressort ces propos tenus il y a quasiment 4 ans et, malgré les attentats de 2015 qui contextualisent la comparaison de Moudenc, les Frères musulmans refont le coup de la victimisation.
En 2015, a lieu une série d'attentats terroristes islamistes entre les 7 et 9 janvier, visant le journal Charlie Hebdo, puis, des policiers et des Français de confession juive fréquentant une supérette cacher, soit dix-sept personnes assassinées et vingt blessées ; les trois terroristes sont abattus le 9 janvier, par les forces de l'ordre.
Suivront, la même année, six attentats, dont une série de sept par au moins dix  islamistes et une vingtaine de terroristes complices, en Seine-Saint-Denis. 
En 2020 en France, quatre attentats ont encore eu lieu: à Villejuif, un jeune converti de 22 ans tue es passants à l'arme blanche et blesse gravement 2 femmes), à Metz (un fiché S, armé d'un couteau a tenté d'agresser des policiers), à Romans-sur-Isère (un réfugié soudanais tue au couteau deux passants et en blesse cinq autres, leur demandant de préciser s'ils sont de confession musulmane) et à Colombes (Hauts-de-Seine), dans trois sur quatre, au cri de "Allah Akbar".
Un climat "délétère" s'est abattu sur la ville rose en campagne
Cette prise de position s’inscrit donc dans un contexte très particulier. Sur les réseaux sociaux circulent des vidéos qui portent atteinte à la vie privée d’une tête de liste. Avant le 1er tour, les rédactions ont reçu des appels visant l’entourage d’un autre candidat.
L’UMDF n’est pas encore un mouvement de premier plan, avec des élus et des bataillons d’électeurs, et il faut relativiser la menace, assure la gauche. 

Jean-Luc Moudenc, maire sortant LR-LREM, est arrivé en tête du premier tour avec 36,18% des voix. Avec 27,56% des suffrages, Antoine Maurice est arrivé en seconde position mais, pour le second tour, a rassemblé la quasi-totalité des forces de gauche pour tenter d'empêcher le retour du maire sortant au Capitol. Mais sa tambouille électoraliste vire au tord-boyaux politicien avec un ingrédient à vous dynamiter la flore intestinale: l’Union Démocratique des Musulmans Français.

Mhamdi Taoufik, au menu d'Archipel
Dans une vidéo publiée sur son compte Facebook, ceresponsable de l’UDMF de la région, a appelé ses frères musulmans à faire barrage "à ce personnage qui ne respecte pas les musulmans", a-t-il estimé. 
Pourquoi tant de haine ? En description de sa vidéo, ce dernier explique qu’il n’a pas apprécié la manière dont le maire avait parlé de “sa” religion en 2016, lors de son discours célébrant les 72 ans de la Libération. Il y a quatre ans, Moudenc avait certes rompu avec la langue de bois. Il ne visait pourtant que l’islamisme cher à Taoufik, et non pas à l'islam, modéré et respectueux des Français et de leurs lois républicaines. 

En dépit de la clarté des propos ciblés du maire sortant, le candidat tente manifestement un détournement à des fins politiciennes, polémiques et malveillantes  : "Nous demandons le grand respect à notre livre le Coran. Pas d'insulte ! Les musulmans répondront dans les urnes", a menacé le candidat, après avoir rencontré Maurice, le 8 juin, révèle France 3. Voilà un soutien controversé qui pourrait être une épine dans le pied de la gauche… 

Malgré son nom, l’Union Démocratique des Musulmans Français, pour le moins évocateur, l’UDMF s'efforce de se blanchir de tout soupçon de séparatisme et se revêt de l'habit trompeur du laïcisme. 

mardi 23 juin 2020

Municipales à Marseille: de multiples soupçons de fraude, mais combien de preuves ?

Les états-majors des candidats sont débordés à chaque scrutin: de mémoire de Marseillais, la fraude électorale est un sport local bien entretenu

Pas d'élection sans fraude ou soupçons de fraude


La rumeur et la désinformation sont un sport phocéen bien ancré: toutes les municipales à Marseille sont régulièrement agitées par les rumeurs de soupçons de fraude électorale et la gauche essaie encore d'en accuser son adversaire. 

Dernier scandale en date : le 11 juin. 
Cette fois, la rumeur prend sa source à Paris :  l'arrivée du Parisien Denis Olivennes à la tête de l'hebdomadaire Marianne correspond à des rumeurs, à la diffusion desquelles s'associe France 2, concernant des procurations dites simplifiées
Des candidats les Républicains auraient proposé à des électeurs de remplir eux-mêmes des procurations, sans passer par un officier de police judiciaire. C’est formellement interdit. Une enquête préliminaire a été ouverte pour faux et usage de faux. Dans un Ehpad, des personnes âgées auraient signé des procurations à l’insu de leur famille.

La tête de liste, Martine Vassal, n'est pas directement impliquée, mais seul son nom circule: taire les noms des fraudeurs présumés, c'est accréditer l'idée d'un complot et faire porter la casquette à l'héritière de Gaudin.

La rumeur se répand à partir d'initiales transparentes, comme dans un jeu de rôle entre collégiens. Un message est signé "JR VB", des initiales qui ne laissent de place au doute de personne: il s’agit des têtes de liste LR du 11e secteur, le maire Julien Ravier et la députée Valérie Boyer. Depuis, Julien Ravier a écarté son directeur de campagne. Ces (photocopies de) procurations ne peuvent pas formellement être attribuées à un candidat plutôt qu'à un autre mais, parmi les mandataires de ces pensionnaires, les listes d’émargement consultées feraient apparaître les noms de plusieurs proches du successeur annoncé de Valérie Boyer, Julien Ravier, 41 ans, sportif de haut niveau (il court le Marseille-Cassis en 1h30), dont son directeur de cabinet, un élu ou encore la directrice générale des services de sa mairie.
 
Rien de ces rumeurs n'est prouvé et la presse prend toutes les précautions d'usage pour les colporter, avec force conditionnels et des identités non divulguées ou non vérifiées, telle celle du détenteur des 28 procurations. André Sarkissian, assesseur pour La République en marche (LREM) dans le 11e arrondissement décrit des photocopies de procurations, sans récépissé, mises de côté par les assesseurs, dont il est,… jusqu’à la réception d’un SMS leur intimant de les accepter. Or, l'identité de l'auteur de ce SMS n'est pas communiqué...

Plusieurs rumeurs suffisent-elles à faire une preuve et à entacher le scrutin? Une fois installée la candidate écologiste soutenue par toutes les gauches, il sera toujours temps d'admettre que les preuves ne sont pas établies...  Mais c'est ne pas connaître, à Paris, ce qu'est le bon sens marseillais et la capacité de ses électeurs à faire la part des faits et de la galéjade. 

Toujours le même folklore : vol d’urne et électeurs intimidés... 

La droite sortante ne pouvait s'attendre à mieux de la gauche vindicative.
Voila cinq mandats que la mairie reste incarnée par Jean-Claude Gaudin. Il est acteur de la vie politique marseillaise depuis 1965, Gaston Defferre mène une liste socialo-centriste où figure le jeune Marseillais pur jus. A 80 ans, cet ancien député, sénateur, chef de groupe et de parti, ainsi qu'ancien ministre juppéiste cède son siège que convoite la gauche depuis 1995... Pour le reprendre, elle est prête à tout: à des alliances multiples et si diverses qu'elles seraient la promesse d'une gouvernance chaotique, et aussi les inévitables rumeurs.

La fin justifie les moyens de la gauche et ils sont peu vertueux. 
Des fraudes avaient déjà été dénoncées au premier tour des municipales: c'est systématique ! Le 15 mars, trois hommes cagoulés et armés ont surgi dans un bureau de vote, ont tenté de s’emparer d'une urne, mais ont réussi à prendre la fuite: les voleurs appartiennent-ils au camp de la tête de liste écologiste ? 
Dans un autre bureau de vote, un jeune homme - qui n'a pas décliné son identité et on ne la lui a pas demandée - , a débarqué avec 28 procurations.

En réaction aux soupçons, Martine Vassal demande l’annulation de toutes les procurations du second tour. Il suffi de lui donner satisfaction... Mais la liste de toutes les gauches ne semble pas pressée d'appuyer cette requête qui assainirait pourtant le climat sur le Vieux-Port. 

En 1983, Gaston Deferre l’avait emporté face à Jean-Claude Gaudin, malgré des accusations de fraude. Gaudin n'avait pas obtenu gain de cause: Deferre était maire depuis 1953 et ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation, donc grand maître de la carte électorale comme des élections

En 2014, à la tête d'un collectif de dissidents écologistes, de membres d'associations et de personnalités de la société civile, feu Pape Diouf avait dénoncé des électeurs intimidés et une liste d’émargement signée avant l’ouverture d’un bureau de vote. Le scrutin n'avait pas été annulé...