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lundi 29 juin 2020

Municipales à Paris: Schiappa, appelée à se taire

Les électeurs déclarent indésirable à Paris la parachutée LREM du gouvernement

Coup d'arrêt aux femmes En Marche! à Paris

Attal, Pannier-Runacher, Philippe, Schiappa

La ré-élection d'Edouard Philippe est l'arbre malade qui cache la forêt-fossile. 

La secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes n'obtient même pas un L'ansiège de conseillère d'opposition dans le 14e arrondissement de Paris. 
https://cdn-media.rtl.fr/online/image/2020/0109/7799863628_marlene-schiappa-est-l-une-des-figures-les-plus-mediatisees-du-gouvernement-macron.jpg
Ancienne adjointe au maire socialiste du Mans, Marlène Schiappa figurait pourtant en deuxième position sur la liste LREM, conduite à Paris par Eric Azière. Arrivée en troisième position au premier tour (15,7%), la majorité présidentielle a encore fait moins au second, avec 8,6% des suffrages, dans une quadrangulaire remportée par la liste d'union de la gauche de la maire sortante Carine Petit (47,9%).  Le 14e n'a pas les mêmes valeurs que Schiappa: elle repart avec ses rillettes sur les hanches...
Quant à Cédric Villani, qui avait décidé de se maintenir, il ne fait pas tellement moins (13,29%) et il ne siégera pas non plus au conseil municipal.

Les hommes avait bénéficié d'un temps de répit face aux attaques féministes de la sous-ministre: le virus s'est réveillé dimanche 28 juin et la deuxième vague de propagation va de nouveau menacer l'égalité entre les sexes. Les électeurs ont pourtant assuré une équité exemplaire entre les genres: à méditer !

La liste de la droite, emmenée par Marie-Claire Carrère-Gée, arrive devant le parti du président totalisant 30,18% des voix. 

Gabriel Attal conserve son siège de conseiller municipal dans l'opposition à Vanves

Il se présentait donc dans les Hauts-de-Seine.

  
Gabriel Attal est réélu conseiller municipal dans l'opposition au maire sortant UDI, Bernard Gauduchau. Seul membre du gouvernement à figurer sur une liste nuancée LREM, le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse était en deuxième position sur la liste Vivre Vanves, menée par Séverine Edou. 
De la troisième, elle passe à la quatrième place au second tour, avec 19,87% des voix dans cette triangulaire remportée haut la main par le maire sortant Bernard Gauducheau (UDI), qui conserve son siège avec 53,35% des voix. 

La troisième liste, conduite par l'écologiste Pierre Toulouse et qui talonnait la liste LREM après le premier tour, lui est passé devant, avec 26,77% des voix au second. L'effet "membre du gouvernement" n'a pas opéré... 

En revanche, Vanves n'aura pas pour maire la femme de paille de Gabriel Attal: il forme avec Stéphane Séjourné un couple-pacsé et son échec à la prise de la mairie leur permettra de dégager du temps pour réaliser leur désir d'enfant via une GPA "éthique".

Ce score est toutefois suffisant pour que les trois premiers de la liste de Séverine Edou, dont l'ex-socialiste Gabriel Attal de Couriss, siègent au conseil municipal.

Agnès Pannier-Runacher échoue dans le 16e arrondissement à Paris

 
La secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances se présentait dans le 16e arrondissement. Mais la liste Ensemble pour Paris avec Agnès Buzyn, menée par Hanna Sebbah ne glane que 23,79% des voix.

Elle est sèchement battue par celle de l'avocat Francis Szpiner, soutien de la candidate LR Rachida Dati (elle-même ré-élue dès le premier tour), qui obtient 76,2% des suffrages. 

Le bon score de LREM aux dernières élections européennes aura donc fait illusion et Agnès Pannier-Runacher, en septième position, ne siégera donc pas au conseil municipal de Paris. Adieu veaux, vaches, cochons...

Elle pourra "travailler" à la reprise de l'économie endommagée par la Covid-19: "regarder" les dossiers ne semblait pourtant pas être la tâche prioritaire de cette candidate de la majorité présidentielle.


jeudi 5 mars 2020

Municipales au Havre : Edouard Philippe importe le chaos dans la ville

Des heurts en marge d'une réunion publique d'Edouard Philippe, premier ministre en campagne

L'électorat havrais se sent constamment trompé par son ancien maire  

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Est-ce la teigne ?
Philippe a changé de rue en cours de mandat municipal et a provoqué la colère à Matignon. Et il ose se représenter en tête de liste sans prendre pour autant le fauteuil de maire: qu'est-ce que c'est que cet individu? Un Juppéiste...
Jeudi 5 mars, la réunion publique d'Edouard Philippe - qui a préféré Paris au Havre (Seine-Maritime) - et la présence voyante de forces de l'ordre en surnombre ont provoqué des heurts dans la soirée avec des manifestants. A l'appel de l'intersyndicale, plus de 300 manifestants rassemblés près de la salle des fêtes où se tenait le meeting pour autant de curieux. 
Les accès avaient été bloqués à la circulation par des barrières de sécurité et les contestataires n'ont pu participer à la réunion pour protester contre la réforme Macron des retraites et l'injonction du président en conseil des ministres  - dédié au coronavirus -  au gouvernement d'utiliser l'article 49.3 pour imposer cette réforme à trous, sans vote et avec le rejet d'une enquête d'impact demandée par le PS.

Les manifestants ont été gazés à la bombe lacrymogènes par les forces de l'ordre qui ont eu droit à des jets de chaises, d'œufs, de tomates et de farine.




"De nombreux militants n'ont pu accéder à la réunion publique", a regretté l'équipe de campagne de l'Edouard. "Merci d'avoir bravé la pluie froide et les manifestants chauds", a lancé Edouard Philippe sur scène.


La tête de la liste sans étiquette "Le Havre !" - qui professe la transparence - a ensuite joué la carte du local et de l'écologie en déclinant son projet pour Le Havre 2026 au long d'une déambulation aseptisée dans différents quartiers choisis de la ville, diapositives à l'appui, mais population tenue à distance respectable, inaudible aux oreilles du locataire de Matignon. "On ne gagne jamais sur un bilan mais sur un projet", avait professé le candidat prévoyant, en début de réunion. Philou a pourtant principalement évoqué la continuité des projets engagés depuis 2010, en termes de rénovation urbaine et de stabilité fiscale.

Le premier ministre s'est rendu partout indésirable

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Désinvolture feinte
Sa emploi à Matignon est plus que précaire comme est son retour au Havre incertain. La mairie n'est donc qu'une solution de repli, au départ, mais sa réputation nationale ne joue pas en sa faveur localement non plus: le premier ministre est loin d'être assuré d'une victoire aux municipales au Havre, où le contexte national, le niveau d'abstention et l'hypothèse d'une union des gauches au second tour font planer l'ombre d'un doute: ajouté à sa surdité et à sa raideur, le recours au 49.3 lui a collé une image de brutalité. 
Lien PaSiDupes
Selon ce sondage Ifop/Cnews, Edouard Philippe récolte 42% des intentions de vote au 1er tour, devançant le candidat PCF (soutenu par La France insoumise) Jean-Paul Lecoq à 25%, l'écologiste Alexis Deck (soutenu par le Parti socialiste) à 16%, et le représentant du Rassemblement national Frédéric Groussard à 10%.
Les voix de gauche additionnées peuvent lui valoir une défaite à retentissement national.
Ce sondage effectué par téléphone (anonymat levé !) auprès de 602 Havrais du 22 au 27 février, laisse toutefois beaucoup d'"incertitude", selon Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop. En 2014, Edouard Philippe avait été élu dès le premier tour avec 52% des voix.

samedi 23 mars 2019

Jouanno pointe l'instrumentalisation du "grand débat" par Macron à des fins électorales

Le gouvernement confond "débat public et campagne électorale," dénonce la présidente de la Commission nationale du débat public 

L'ancienne karatéka ne lâche pas prise


L'ancienne auteure d'un rapport sur le travail frontalier pour le ministère du Travail et de l'Emploi de la socialiste Martine Aubry en 1992 avait dû se retirer de l'organisation du grand débat après que son salaire mirifique a filtré dans la presse.
En qualité de présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), ses attaques renouvelées contre le grand débat national font d'autant plus mouche que cette nomination "n'est probablement pas étrangère à son appel au rassemblement autour d'Emmanuel Macron après son élection," estime Capital, Bien qu'elle ait renoncé à piloter le grand débat, confié à deux membres du gouvernement, Emmanuelle Wargon et Sébastien Lecornu. 

Le premier clash remonte à janvier 2019.
Elle est alors l'objet d'une polémique sur le montant de son salaire de 176.000 euros bruts annuels qu'elle touchera en 2019 en tant que présidente de la CNDP, soit 14.666 euros bruts mensuels, une rémunération proche des 15.410 euros touchés chaque mois par le premier ministre et le chef de l'Etat, preuve qu'une femme puisse être employée à salaire égal à celui d'un homme... Or, si ce salaire a été augmenté de 13 % par rapport à celui de son prédécesseur, c'est probablement le prix à payer pour le soutien officiel de la dame au candidat à la présidence de la République.
Elle répond à l'indignation générale en déclarant : "Cela ne dépend pas de moi et ça n'est pas lié au grand débat national […]; c'est le salaire fixé par les autorités […] [pour] les présidents de la CNDP, quels qu'ils soient", assurant que "ses missions, en tant que présidente de la CNDP, sont "plus larges que le grand débat national", ajoutant qu'elle "comprend" que ce salaire puisse choquer et invitant "les gens [à dire] […] en quoi ça les choque" et "[à] faire une proposition pour réviser ce salaire"". Un voeu qui sera entendu, puisque le statut des hauts fonctionnaires sera réformé. Elle annonce finalement qu'elle se met en retrait du pilotage du grand débat national pour éviter de perturber les discussions, mais reste présidente de la CNGD et ...conserve son salaire.

La polémique sur le salaire était née au moment où la présidente de la CNGD commençait à émettre des doutes sur les conditions dans lesquelles allait se dérouler le grand débat national. "Je suis devenue le symbole de l'injustice sociale. Et ne pouvais donc plus rester la garante du grand débat national, dont le ferment était précisément l'injustice sociale", se justifie-t-elle auprès de l'hebdomadaire Challenges (groupe L'Obs).

Une nouvelle polémique éclatera le 10 janvier.
Dans ses propos tenus la veille ("j'ai pris acte de la démission de Mme Jouanno que je regrette"), Edouard Philippe vendait la peau de l'ourse avant de l'avoir tuée, car contrairement à ce qu'avait rêvé le premier ministre, l'exécutif regrette justement qu'elle n'ait pas "démissionné" à proprement parler, puisqu'elle se maintient à la tête de la CNGD - continuant à percevoir les mêmes émoluments, sans accomplir les missions qui incombent à sa fonction, le pilotage du "grand débat". Trois personnes sont-elles payées pour assumer cette responsabilité ! Si Wargon et Lecornu ne percevaient aucune rétribution, de quelque nature que ce soit, il resterait qu'ils n'accomplissent pas les tâches liées à leurs fonctions gouvernementales, l'une secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, à qui il est reproché son inaction, et l'autre comme ministre chargé des Collectivités territoriales, domaine pourtant particulièrement sollicité actuellement. 
Aussi certains membres du gouvernement (et autres politiques) encouragent-ils Jouanno à renoncer à l'autorité administrative qu'elle dirige. Ainsi que l'a déploré le premier ministre lors de son intervention du 9 janvier, la nomination de Chantal Jouanno étant "irrévocable", seule sa démission pourrait provoquer une nouvelle nomination à la présidence de la CNGD. Le 10 janvier, Chantal Jouanno annonça qu'elle ne présenterait pas sa démission et dénonça des "attaques personnelles incompréhensibles", selon elle.
Quelques jours plus tard, Mediapart révéla qu'elle avait en réalité démissionné de l'organisation du grand débat national, avant même le déclenchement de la polémique sur son salaire, après que le gouvernement a refusé de se soumettre à la méthodologie de la CNGD pour son organisation, au risque, selon Chantal Jouanno, que le débat ne devienne une "campagne de communication".

La présidente de la Commission nationale du débat public vient, une nouvelle fois, de critiquer sèchement l'organisation de la grande consultation décidée par Macron. Dans un entretien à Challenges, l'ancienne sénatrice UDI ne mâche pas ses mots sur les intentions du gouvernement. "Ce qu'Emmanuel Macron et le gouvernement ont organisé, ce n'est pas un débat public, mais une opération de communication politique", dénonce-t-elle. En janvier, déjà, elle avait qualifié sur LCI les discussions d' "opération de communication" et estimé le débat "faussé". 

"On n'est pas dans un #GrandDebat, on est dans une consultation..." 


"Quand vous procédez uniquement par un questionnaire, en réalité, la réponse est déjà faite, le débat est faussé"  
A l'approche des élections européennes, le gouvernement, et plus particulièrement Emmanuel Macron, omniprésent avec d'interminables interventions, sont pointés  du doigt pour avoir voulu transformer le grand débat en une pré-campagne électorale. Un sentiment partagé par Chantal Jouanno : " Ils ont confondu débat public et campagne électorale. Ecouter, cela n'est pas convaincre. Ni faire de la pédagogie.
En pointant la mise en place d'un questionnaire où les "questions sont vite orientées", Chantal Jouanno dénonce en même temps les sondages

Vient ensuite la question de la restitution de toutes les contributions. 
Une tâche difficile que le gouvernement n'a pas exécutée en toute transparence souligne-t-elle. "L'exécutif voulait pouvoir relire et corriger le rapport final  !" prévient ainsi Chantal Jouanno. 

La collecte des doléances et des suggestions manque en outre de diversité : les profils qui participent aux différentes réunions publiques ne permettent pas d'avoir un maillage global des demandes des Français. "C'est le grand écueil d'une consultation sujette à caution : les participants ressemblent aux organisateurs du débat. Les opposants ou les personnes isolées ne s'y rendent pas. Or, c'était justement ces populations-là que le gouvernement devait entendre", déplore l'ancienne ministre.

jeudi 21 mars 2019

Affaires Benalla : Edouard Philippe et Ferrand et la politique de la chaise vide

Le premier ministre et le président de l'Assemblée sont-ils des démocrates?

Edouard Philippe boycotte les questions au gouvernement du Sénat

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Le premier ministre a délibérément refusé de se rendre à la séance de questions au gouvernement qui se tenait ce jeudi 21 mars au Sénat. Il "a décidé de ne pas aller" aux questions au gouvernement", a clairement expliqué son entourage, au dernier moment, jeudi après-midi. "Il vient de parler à Gérard Larcher", le président du Sénat, "pour lui en donner les raisons", a précisé un conseiller à Matignon.

Plus tôt dans la journée,
la chambre haute avait décidé de saisir la justice du cas Benalla, ainsi que de plusieurs proches de Macron, soupçonnés  de faux témoignages lors de leur audition devant la commission d'enquête sénatoriale. Philippe manifestait ainsi son désaccord avec la décision des sénateurs. 

L'exécutif considère cette décision des sénateurs comme une déclaration de guerre. "Je ne suis en guerre contre personne. Pas contre l'Elysée et personne d'autre. Le sujet est d'une autre nature.
C'est simplement l'application du droit, rien que le droit, tout le droit," a expliqué le président du Sénat, Gérard Larcher.

Une entrave de Matignon au bon fonctionnement du Parlement.
En refusant de répondre aux questions des sénateurs, le méprisant premier ministre a choisi d'entraver le jeu démocratique. Plusieurs sénateurs avaient en effet prévu d'adresser leurs questions à Edouard Philippe ce mercredi et n'ont pas manqué de pointer sa bouderie. "Ma question s’adressait initialement au Premier ministre", a par exemple souligné la sénatrice PS Monique Lubin, mais aussi Jean-Marc Todeschini (PS) et Christine Bonfanti-Dossat (LR). Cette dernière n'a d'ailleurs trouvé aucune excuse au gouvernement sur sa gestion des violences annoncées de l'ultra-gauche en marge de la manifestation des Gilets jaunes samedi 16 mars, alors que la presse et les sondages à la solde de l'Elysée avait déclaré le mouvement moribond. 
Dans la dérobade de l'Edouard, il faut donc "décrypter" sa peur d'affronter les élus.

"Etes vous sûr qu’avec un tel discrédit, le ministre de l’Intérieur est encore en mesure de poursuivre sa mission place Beauvau?", a interrogé la sénatrice de Lot-et-Garonne, s'adressant à Edouard Philippe, absent.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, le ministre chargé des relations avec le Parlement Marc Fesneau ou encore le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez ont dû se succéder pour répondre à la place du chef du gouvernement défaillant lors de ces échanges, ponctués de huées. 

Griveaux y mêle la morale.
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Les socialistes Richard Ferrand et Sylvie Andrieux
Juste avant la séance, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux avait interpellé les journalistes sur un acte "politiquement bas et moralement très grave". "Ni en fait ni en droit, rien n'est fondé dans la décision qui a été prise ce matin," a jugé le porte-parole avant d'entrer dans l'hémicycle et le Sénat s'est transformé, selon lui, "en tribunal politique". Or, contrairement aux dires de Griveaux, les sénateurs s'en remettent à la justice qu'il invite à se prononcer. "Dans la période, le rôle du Sénat, ça n'est pas d'affaiblir, de diviser et de faire en sorte que le pays ne retrouve pas l'unité nationale dont nous avons tant besoin.", a polémiqué le membre de l'exécutif.

Le chef de file des sénateurs LREM dénonce un ...complot.
François Patriat n'a pas hésité, quant à lui, à fustiger la volonté manifeste d'une alliance des socialistes et des Républicains de mettre à mal l'exécutif. Et de soupçonner, petitement, du haut de son mètre soixante, une volonté de se venger d'une défaite électorale qu'ils n'ont jamais acceptée.

Le bon fonctionnement de l'Elysée est en cause.
Des élus du parti du président ont également manifesté leur désaccord avec l'annonce des sénateurs. Bien dans son rôle de courroie de transmission, le chef de file de La République en marche (LREM), Stanislas Guerini, y a vu "un procès politique contre l'Elysée". Pour le député, les sénateurs "cherchent évidemment à servir leur intention cachée : attaquer le président de la République", a-t-il déclaré.

L'exécutif macronien dénie au Sénat le pouvoir d'exercer librement son droit  constitutionnel de contrôle.
Le Sénat peut en effet créer une commission d’enquête sur des faits ayant donné lieu à des poursuites judiciaires et aussi longtemps que ces poursuites sont en cours. Si une commission a déjà été créée, sa mission prend fin dès l’ouverture d'une information judiciaire relative aux faits sur lesquels elle est chargée d’enquêter.

Jeudi matin, le Sénat a saisi la justice du cas d'Alexandre Benalla, cet ancien collaborateur d'Emmanuel Macron mis en examen pour des violences lors de la manifestation parisienne du 1er mai, ainsi que trois hauts responsables de la présidence. Benalla, son acolyte Vincent Crase et le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, sont soupçonnés d'avoir menti sous serment, un délit passible de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende.

Les deux autres responsables également  mis en cause par la procédure du Sénat sont le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler, et le général Lionel Lavergne, chef du groupe de sécurité de la présidence. Le Sénat a relevé des "incohérences" et des "contradictions" dans leurs déclarations face à la commission d'enquête sénatoriale, dont l'objectif était de faire la lumière sur le rôle d'Alexandre Benalla à l'Elysée.

Les sénateurs doivent-ils demander l'autorisation d'exercer leurs droits?
"Il n'y a aucune déclaration de guerre; ce n'est pas nous qui avons demandé aux collaborateurs de l'Elysée de mentir, nous en étions même très gênés," a répondu le sénateur Les Républicains François Grosdidier, membre de la commission d'enquête.
"Nous ne sommes pas la justice et nous ne sommes pas dans une question politique mais dans le cadre de la Constitution qui confère au Parlement un pouvoir de contrôle du gouvernement," a dû rappeler le co-rapporteur PS Jean-Pierre Sueur.

Télescopage de l'actualité, Alexandre Benalla a écopé mercredi soir de nouvelles mises en examen concernant d'autres faits de violences en marge du défilé parisien du 1er-Mai et pour l'épisode du selfie le montrant avec une arme.
Le président LREM de l'Assemblée boude le président LR du Sénat

Richard Ferrand a boycotté une conférence commune avec son homologue Gérard Larcher 
prévue vendredi à Sciences Po LilleIls devaient y expliquer ensemble "le fonctionnement des ...institutions parlementaires, à un moment où elles sont parfois questionnées", selon le communiqué.
"Prenant acte de la décision du Bureau du Sénat d’utiliser les fonctions de contrôle parlementaire à des fins politiciennesselon le communiqué de ses services, le Président de l’Assemblée nationale estime que ce choix empêche la tenue de ce débat républicain avec des étudiants, considérant que l’on ne peut simultanément abaisser et promouvoir le Parlement", ont estimé les totalitaires.

Les sénateurs ne sont pas à la botte de l'exécutif: un rappel salutaire adressé à leurs collègues députés de la majorité...
"C'est une victoire pour la démocratie," s'est enthousiasmée la sénatrice écologiste Esther Benbassa. 
"Le Sénat ne s'est pas couché," a commenté Eric Bocquet (CRCE, à majorité communiste).
Le chef de file des députés LR, Christian Jacob, a observé "qu'il va devenir compliqué que les collaborateurs du président visés puissent rester à leur poste".
"Savoir que le Sénat n'est pas à la botte du pouvoir devrait plutôt rassurer nos concitoyens," s'est quant à lui félicité Patrick Kanner, le chef de file des sénateurs PS.

lundi 19 novembre 2018

Gilets jaunes : Ségolène Royal riposte à Edouard Philippe

Ségolène Royal est colère, mais est-elle sincère?

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En faisant démonter 173 portiques, S. Royal déboursait entre 7 et 13 millions d'euros:
ils sont toujours là, neutralisés, inutiles
Suite à un week-end de manifestations spontanées à l'initiative des gilets jaunes partout sur le territoire, Edouard Philippe s'est invité sur le service public, au JT de 20h de France 2, dimanche pour commenter le mouvement de révolte et les revendications des mécontents. Dans son argumentaire, le premier ministre a tenté de s'exonérer de toute responsabilité, égratignant, et pourquoi ne pas le faire, l'ancienne ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal qui n'a pas la même lecture de son action de 2014 à 2017, relève Le Huffington Post.
En 2007, l'écotaxe prévoyait de taxer les poids lourds de plus de 3,5 tonnes, sur certains tronçons du réseau routier français. Elle devait entrer en vigueur le 1er janvier 2014, mais elle a été suspendue en novembre 2016."Je rappelle que l'écotaxe avait été votée, donc il était normal de l'appliquer," avait fait valoir l'ancien ministre des Transports, Thierry Mariani.
Face à la révolte populaire, Edouard Philippe se devait de répondre.
En l'absence de Macron qui n'a pas annulé pour autant sa visite à la Belgique, les gilets jaunes ont manifesté pendant tout le week-end et sur l'ensemble du territoire, établissant des barrages filtrants et affichant leur colère, bon-enfant jusqu'à l'entretien de l'Edouard avec le bellâtre du JT, et l'Edouard a dû monter au créneau, tandis que Jupiter se tenait en retrait. Certains se sont demandés où il était passé, samedi, et pensaient qu'il été claquemuré à l'Elysée, quand il était allé se relaxer à La Lanterne. A Versailles, les Gilets jaunes n'ont pas réussi à engager le débat à l'heure de la brioche : la résidence était bunkerisée par un service de sécurité hors normes.

Le premier ministre a continué à seriner qu'il entend la grogne populaire, bien qu'il ne l'ait visiblement pas  écoutée. Mais Philou a aussi polémiqué : alors qu'il se targuait de lancer "un nouveau plan", Edouard Philippe a fait une petite référence au passé et notamment à Ségolène Royal, a relevé le Huffington Post.
"J'ai vu, dans le passé, un nombre considérable de responsables politiques venir changer des plans qu'ils avaient formulés pour un nouveau plan...". En ajoutant. "Souvenez-vous des bonnets rouges : aujourd'hui, si on a un problème de financement des infrastructures, c'est probablement parce qu'à l'époque des bonnets rouges, le gouvernement - parce qu'il a été impressionné - a changé de plan."


Une déclaration qui a ébranlé la ministre de l'Ecologie de l'époque, Ségolène Royal.
Pour compenser l’abandon de l’écotaxe, Ségolène Royal avait choisi d’augmenter de deux centimes le prix du litre de gazole. Un choix qui n’était pas juste selon la Cour des comptes : "L'écotaxe devait peser sur les poids lourds étrangers circulant en France à hauteur de 31%", explique le rapport. "La compensation de son abandon par un relèvement de la taxe par le diesel ramène cette contribution à 2% et fait donc supporter cet abandon par les poids lourds français et les automobilistes à hauteur de 98% ?"
Royal explique-t-elle dans son bouquin que "l'écotaxe devait aussi servir à renflouer les caisses de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) qui supervise et finance les grands projets routiers ou ferroviaires dans notre pays. Or, la nouvelle taxe sur le diesel, qui devait rapporter un peu plus d’un milliard par an, n'allait déjà pas en totalité dans ses caisses, contrairement à ce qui était prévu avec l’impôt sur les poids lourds.


Concrètement, la décision de Ségolène Royal, motivée par la peur d'une paralysie du pays par les transporteurs routiers français et la ré-orientation des étrangers vers les ports de la concurrence, a affecté le développement du transport ferroviaire, comme le décrit l’ancien ministre Dominique Bussereau : "On va mettre en service la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux. C’est un coût de 8 milliards d’euros. Figurez-vous que l’AFITF ne peut pas payer la part de l’Etat ! Et donc SNCF Réseaux emprunte pour payer la part de l’Etat. L’AFITF est obligée de faire emprunter des opérateurs publics pour payer sa part."

Autre avatar, sur l'avenir de certaines routes nationales et départementales qui ont besoin d'être rénovées, Philippe Duron, membre du Parti socialiste, n'était pas très optimiste : "Il y a une dégradation des chaussées et des ouvrages d’art. L’État ne met plus assez d’argent. Il faudrait au moins 500 millions d’euros par an pour rénover nos routes. Or, l’État n’en met que 350."  D'où la décision de l'Edouard en faveur d'une réduction de vitesse à 80 km/h sur certaines routes secondaires...

Ces deux députés imputent la faute à l’abandon de l’écotaxe sur les poids lourds par l'amère Royal. Dans son dernier rapport annuel, la Cour des comptes chiffrait alors le manque à gagner à environ dix milliards d'euros en 2026, date à laquelle le contrat avec Ecomouv devait prendre fin.

La gauche se repasse la patate chaude

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Sur Twitter, l'ancienne ministre de François Hollande s'est justifiée avec sa véhémence coutumière. "Non ! Je n'ai pas été impressionnée, j'ai écouté, travaillé et découvert un projet injuste et aberrant signé par F. Fillon et aux financements étranges (...) Quand une réforme est mauvaise, humilité de la changer." Marie-Ségolène est humble, il fallait oser !

Dans son tweet, l'ancienne candidate à la présidentielle fait également la promotion de son 'opus', où elle donne sa vérité sur le sujet, preuve qu'elle a besoin de se justifier. 
Depuis plusieurs semaines, elle raconte que l'abandon de l'écotaxe était "un cadeau empoisonné" de la part de François Fillon. Elle dénonce même "un montage financier absurde", raison pour laquelle elle a préféré abandonner le projet, le 9 octobre 2014, soit un manque à gagner de 450 millions d'euros par an le démontage des 176 portiques aurait coûté plus de 75.000 € chacun. Il en reste 142... Et qu'a-t-elle fait des portiques inutiles dès lors qu'elle renonçait à cette taxe juste sur les pollueurs-payeurs.
L'ensemble des installations de portiques a eu un coût : les quelque 170 portiques, 230 bornes de contrôles pour les routes secondaires, 720.000 boîtiers qui devaient équiper les camions, sans compter un centre informatique dernier cri, ont coûté 652 millions d'euros, selon la Cour des comptes. Difficile d'avouer aux contribuables, notamment les Gilets jaunes, que tout a été jeté à la poubelle. Macron fait-il maintenant de la récup dans les poches des particuliers ? 
Sur France 2, Edouard Philippe, lui, défend l'écologie punitive de Rugy. 
"J'entends ce que disent les Français. Je vois le cap, je n'en change pas et j'essaye de trouver les bonnes solutions pour intégrer ce que les Français me disent."
Le fusible de Rugy sauterait que personne ne s'en plaindrait, mais cela suffirait-il ?

Les Gilets jaunes, "anarchistes" selon le troll Edouard Philippe et d'"extrême droite" pour d'autres

Les Gilets jaunes fédèrent: le centre est-il un trou noir ?

Le premier ministre adopte les méthodes de 'troll' d
es media 

"Gilets jaunes" : "on a vu des scènes qui relevaient de l'anarchie", affirme Edouard Philippe
L'Edouard ne fait pas mieux que les réseaux et media en peine de buzz.
Le locataire a l'"impression" que le mouvement de révolte qui a gagné tout le territoire ce week-end a parfois été émaillé de violences de type "anarchiste"
Invité du 20 heures de France 2, . 

Son patron lui-même est 'frappé'
En convoquant la montée du fascisme dans les années 30 de l'entre-deux-guerres pour soutenir sa cause et mobiliser en vue des élections européennes, Macron a laisser transparaître son sentiment d'échec : l'usage d'un cliché aussi éculé qu'injuste et inapproprié en guise de rhétorique manichéenne pourrait au contraire renforcer les partis d'opposition, ouvrant dès à présent la boîte de Pandore des caricatures et discriminations. 
Mercredi 31 octobre, au fil d'un entretien publié dans Ouest France et au plus bas dans les sondages, alors que les élections européennes de mai s'annoncent plus compliquées que prévu pour son mouvement 'La République en marche' (LREM), le président de la République a agité les chiffons rouges pour dresser un tableau très sombre du climat politique actuel. Se disant "frappé par la ressemblance entre le moment que nous vivons et celui de l'entre-deux-guerres", le chef de l'Etat s'est alarmé d'une "Europe qui est divisée par les peurs, le repli nationaliste, les conséquences de la crise économique", et menacerait de "se démembrer par la lèpre nationaliste et d'être bousculée par des puissances extérieures". 
Tous ses opposants sont étiquetés "populistes" et son premier ministre n'a pas hésité à s'engouffrer dans l'analogie nauséabonde, dimanche soir au JT de France 2.

L'Edouard est revenu sur la mobilisation "inédite" qui a  fait un mort et plusieurs centaines de blessés sur tout le territoire françaisDes incidents qui n'ont pas grand chose à voir avec les révoltés contre la fiscalité des carburants : sur cinq interpellations, trois visent des automobilistes qui ont perdu leurs nerfs, dont un Anglais et un Australien, et un quatrième en état d'ébriété.  

Des manifestations "bon enfant" et de rares incidents. 
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Bien que chaque défilé syndical ait régulièrement son lot de "casseurs" "en marge", bien sûr, des mobilisations, l'Edouard s'est laissé aller : "On a entendu de la colère, mais aussi de la souffrance, l'absence de perspective, l'idée que les pouvoirs publics depuis longtemps ne répondaient pas aux inquiétudes, au sentiment de déclassement et peut-être d'abandon", a poursuivi le Premier ministre. Ca, c'était le préambule...

"Mais il y a des endroits où ça s'est passé de façon très bon enfant, d'autres où ça a été très violent. (...) La France, c'est la liberté d'expression, de manifestation, mais ce n'est pas l'anarchie", a ensuite dramatisé Edouard Philippe. "On a vu hier des scènes qui relevaient de l'anarchie," a-t-il insisté. La sécurité a été une constante de notre attitude", a encore assuré Monsieur Parfait. Et de condamner le "comportement indécent" de "ceux qui ont utilisé" politiquement "le décès dramatique de cette manifestante en Savoie". La conductrice qui a donné la mort a été mise en examen.

L'Edouard tait que, à partir de cet instant, sa presse a tenté de discréditer le mouvement de contestation de la politique qu'il défend. 
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Et si la violence initiale était celle assumée par la claque de Macron, petits blancs-becs de la macronie, mobilisée pour clamer que tout va très bien, monsieur le marquis et que tout ira encore mieux demain. A les écouter, ils "entendent" et "comprennent" tout, mais seraient des incompris dont personne n'écoute les leçons condescendantes.

On retiendra donc de cette intervention que
les rebelles à la politique de Macron sont membres de l'extrême droite et anarchistes : les anarchistes peuvent être des extrémistes de droite, des "lépreux nationalistes"... En somme, quelle est la leçon du jour  ? Les Gilets jaunes seraient tous des 'skinheads' ! En tout cas des hérétiques et des barbares inclassables. Des 'transgenres' !...

Sujet de réflexion proposé par l'humoriste Gaspard Proust à Clémentine Autain (LFI):