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jeudi 14 mai 2020

Des hauts fonctionnaires du ministère dénoncent le projet de Blanquer 

Une tribune politique,  publiée par le Café pédagogique et diffusée par la CGT-Educ'action

La gauche radicale co-gestionnaires sort du bois

"Nous observons, consternés, un système éducatif détourné de ses fondements républicains et de ses valeurs et ne pouvons nous taire". 
Ils sont comme ça une quinzaine de hauts fonctionnaires salariés du ministère  à arroser les media de leur tribune. Les mentions de deux rapports internes non publiés de l'Inspection générale montre l'origine du texte: DASEN (Directeur académique des services de l'Education nationale), inspecteurs généraux, cadres du ministère, tous grassement rémunérés, mais aussi réceptacles de primes diverses et variées qu'ils s'octroient généreusement, puisqu'ils sont les auteurs des textes qui en font des nantis. 

Bien que privilégiés et parce qu'ils voient leur emprise rognée,
ils dénoncent une "mise au pas" du ministère qui va des cadres aux enseignants de terrain
astreints à suivre des guides pédagogiques, ce qui est pourtant la moindre des garanties contre les errements de certains professeurs et d'un enseignement égalitaire sur toute l'étendue du territoire. 

Plus que "l'aveuglement scientiste" de ce dernier - qui vaut bien le scientisme des "méthodologistes" de l'Education ou ses statisticiens - , ils démontent les politiques menées par Jean-Michel Blanquer depuis 2017 : une vieille rancune réchauffée par le coronavirus. 
D'abord sur l'enseignement professionnel, officiellement "réévalué", alors que s'applique en fait un véritable hold-up sur l'avenir des jeunes des lycées professionnels à qui on ferme toute perspective de poursuite d'études. La vérité, c'est que ce sont des études clairement définies, depuis l'origine, comme courtes et limitées  dans les perspectives ouvertes. 
Même logique pour les autres lycéens, engagés avec les E3C dans une course perpétuelle à la performance qui élimine les faibles: la vie est sans pitié pour les canards boiteux et le marché ne les recrute pas, sinon, point de marché, point d'emploi et de pouvoir d'achat. 

Proclamée par Jean-Michel Blanquer, la "priorité au primaire" est en fait la "priorité aux maternelles privées", favorisées par la loi Blanquer: autre vieille querelle inépuisable remontant à la séparation de l'Eglise et de l'Etat, mais "tigre enfourché" par la gauche à la moindre occasion. 

Ainsi dénoncent-ils le "double discours permanent" de JM Blanquer 
En évoquant cet "en même temps", nos hauts-fonctionnaires visent Macron "nourrissant une rhétorique d'une duplicité chronique" lui aussi et au premier chef. 

Pour les activistes du ministère, attachés aux valeurs républicaines de l’Ecole, comme les usurpateurs, PS ou LFI, qui se sont approprié la démocratie, la politique menée par Blanquer est profondément réactionnaire. 
Cette tribune est en fait une riposte haineuse venant quelques jours après la tribune d'un haut fonctionnaire du ministère de l’Education nationale: ce nouveau texte témoigne de la lutte d'influence qui se joue autour de Blanquer - que la presse a justement déclaré en partance lors de la constitution du prochain gouvernement, avant l'été -, du climat insupportable de fin de règne au gouvernement et donc rue de Grenelle.

Voici le texte dont les électeurs français ont rejeté l'idéologie qui la sous-tend 

Nous, enseignants, formateurs, chercheurs, inspecteurs du premier et second degrés, inspecteurs généraux, directeurs académiques, cadres de l'administration centrale [deux de chaque catégorie font environ quinze], sommes des témoins privilégiées et informés de la situation actuelle de l'école. Animer des équipes pédagogiques, diriger les services départementaux de l’Education nationale, piloter une circonscription, former des enseignants, enseigner les disciplines au programme, réfléchir à comment faire en sorte d'assurer au mieux la réussite de tous les élèves : tel est, depuis tant de temps pour les uns, moins longtemps pour d'autres, notre métier. Nous ne nous sentons pas partisans, et avons toujours été du côté des réformes quand celles-ci allaient dans le sens de l'amélioration des apprentissages et de l'épanouissement des élèves. L'esprit de chapelle nous est étranger et l'idée d'appartenir à un quelconque parti ou organisation qui nous aurait obligés à nous taire en cas de désaccord ne nous a jamais effleuré. Du reste, certains d'entre nous sont de « droite » et d'autres « de gauche » mais notre loyauté aux valeurs de l’École n’est d'aucun bord, elle est quotidienne. Et nous nous efforçons, au jour le jour, de la défendre et de la faire vivre de notre mieux.
Or aujourd'hui, nous ne pouvons plus nous taire. Au-delà même de la gestion chaotique du Covid 19 dans les écoles, au-delà, dans ce contexte complexe, des propos du ministre contradictoires, évasifs, ou immédiatement infirmés par le Premier ministre, nous considérons que ce serait une faute éthique et politique. Qu'observons-nous bien plus précisément que les journalistes, même les plus aguerris, n'écrivent ?

Nous voyons tout d'abord un immense mensonge.

En prétendant construire une école de la Confiance, le ministre et son Cabinet instaure un authentique climat de défiance. Dans ce climat aux ordres, le Cabinet ministériel manie contrôles, censures, dans un management autoritaire, fondé sur la suspicion, la menace, le verrouillage de toute expression qui ne serait pas « dans la ligne ». Les recteurs et les Directeurs académiques convoqués pour une grand messe qui nie leur marge d'autonomie et d'expertise. Ces procédés sont inédits, jamais vus à ce niveau dans l’École de la République ; les cadres que nous sommes les constatons, et les déplorons, soucieux que nous demeurons de ne pas confondre loyauté et soumission, conscience professionnelle et obéissance aveugle.

Les cadres que nous sommes y voient se déployer sans retenue, un double discours permanent, nourrissant une rhétorique d'une duplicité chronique : cela passe par l'affirmation d'une priorité accordée au primaire, notamment dans la politique dite des fondamentaux et du dédoublement des classes (GS, CP et CE1), mais dans le même temps une relégation d'autres mesures parmi les plus efficaces (comme « plus de maîtres que de classes) au profit de dispositifs dont aucune étude ne permet à ce jour de mesurer l'efficacité réelle sur les apprentissages des élèves. Le seul juge de paix étant le ressenti du Ministre disant que tout va mieux là où aucun indicateur fiable ne peut le confirmer. L'affichage d'un discours sur l'Excellence en voie professionnelle est brandie alors que dans le même temps s'opère une dilution de la voie professionnelle publique sous statut scolaire en vue d'une disparition progressive du lycée professionnel mis en concurrence avec des organismes de formation privés et l'apprentissage. En voie générale des lycées, la réforme du Bac a montré son impréparation et aussi le fait que les élèves les mieux dotés socialement seraient, là encore, les plus à l'aise.

Mise au pas

Ce n'est pas seulement la liberté pédagogique des enseignants qui est mise à mal, mais aussi la liberté de pensée d'une Institution toute entière mise au pas. La liste serait longue, à la Prévert (mais malheureusement moins réjouissante) : des enseignants à qui l'on distribue des « guides », au mépris de leur expertise, des inspecteurs du premier degré que l'on veut caporaliser, dont on réduit les missions à des fonctions de contrôle, des inspecteurs du second degré sommés de relayer des injonctions paradoxales, et de nier la réalité des difficultés de mise en œuvre sur le terrain, une Inspection générale de plus en plus technocratisée, réduite au contrôle et dépossédée de sa fonction d'expertise, des chercheurs en sciences de l'éducation, en sciences humaines et sociales que l'on stigmatise, ostracise, voire excommunie du débat d'idées inhérent à tout système éducatif dans un État de droit, des instances d'évaluation que l'on met au pas, voire que l'on remplace pour que le Ministre ne puisse disposer que des évaluations abondant dans le sens des réformes du ministère.

Ce sont encore des fonctionnaires et hauts-fonctionnaires purement et simplement dépossédés de leurs dossiers d'expertise au profit de technocrates plus soucieux de leur intérêt de carrière à court terme que de la qualité du service rendu compte tenu, au choix, de leur inexpérience ou de leur incompétence. Ou d'autres encore qui sans conscience ou par idéologie, peuvent enfin donner libre cours à leur autoritarisme spontané.
Les enseignants du premier degré sont quant à eux renvoyés à un statut de simple exécutants, suspendus à des préconisations d'une neuroscience devenue toute puissante et intolérante aux autres sciences de l'éducation. Des inspecteurs territoriaux deviennent contraints de surveiller et obligés de se faire, eux-mêmes et à leur corps défendant, des exécutants aux ordres, malgré leur ressentiment, malgré parfois leur honte (une phrase revient souvent dans toutes les académies, à presque tous les postes sans que le Cabinet n'en ait cure : « jusqu'où pourrons-nous nous regarder dans la glace le matin ? » ; « nous avons l'impression de nous renier nous-mêmes », etc.). Les agents publics sont amenés à faire passer les réformes venues d'en haut, au mépris même de leur autonomie et de leur conceptions éducatives.

Scientisme

Nous, cadres, observons également un aveuglement scientiste : le Ministre, dès son arrivée rue de Grenelle, a voulu donner une caution scientifique colorée de modernité à ce qui ne relève que de mesures idéologiques marquées dans les faits du sceau d'une pensée conservatrice et néolibérale sommaire. L'installation, sous la houlette directe du ministère et au détriment d'instances existantes d'évaluation du système scolaire, du Conseil Scientifique de l’Education nationale en témoigne. Ici, ne règne qu'une vision de la recherche cognitive, sans la didactique, sans les sciences de l'éducation, ni la sociologie de l'école. « Tout se joue dans le cerveau » dit le ministre. Vive l'imagerie du cerveau. À bas les 100 ans de recherches pluridisciplinaires sur l'école ! La communication ministérielle est formelle, en laissant croire que la simple « remédiation » technique, fondée sur des procédures et des protocoles, sur du «pilotage par les preuves» suite à des tests de positionnement pourra vaincre la difficulté scolaire. Les neurosciences (et encore, une école particulière) sont érigées au rang de nouvelle doctrine pédagogique au détriment du savoir-faire des enseignants et des personnels d'encadrement de terrain ; elles se substituent ainsi à la compréhension des enjeux culturels, sociaux et cognitifs des apprentissages scolaires. Le numérique éducatif, alpha et oméga de la pensée pédagogique actuelle, sert de cheval de Troie pour infiltrer les pratiques pédagogiques et offrir l'échec scolaire en marché aux éditeurs numériques et opérateurs privés. Les annonces récentes du Ministre au moment du déconfinement sur l'importance future de l'enseignement à distance vont bien dans ce sens. L'invasion des soft skillsissues de l'idéologie néolibérale, reprenant les théories béhavioristes les plus éculées, contaminent le champ éducatif comme nouveau modèle de compétences centré sur l'individu au détriment des valeurs du collectif. Un détournement des thématiques de la personnalisation, de l'individualisation vient achever le travail en faisant porter sur les individus et non plus sur le collectif et les choix politiques la réussite des personnes ou de leur propre échec dans le système.


Un projet réactionnaire

Nous contemplons aussi, atterrés au quotidien, des mesures dites « pour la justice sociale » qui ne font qu'augmenter les inégalités sociales devant l'école.

En voie générale, sous le prétexte de l'exigence et du rehaussement du niveau, le ministre rétablit une culture élitiste qui trie, hiérarchise et sélectionne les élèves, mettant en place la compétition de tous et l'élimination des plus faibles au fur et à mesure du cursus scolaire. La réforme du Bac soumet les familles à une carte des enseignements de spécialités créant des inégalités territoriales de fait. Les E3C soumettent à une pression certificative permanente les élèves et leurs enseignants; dénoncées par les Chefs d'établissement et par une note interne de l'Inspection générale, perturbées dans plusieurs établissements, générant anxiété des élèves, pression permanente de tous et difficultés de mise en œuvre, ces épreuves ne servent que des logiques évaluatives au détriment des logiques de formation.
En voie professionnelle, alors qu'une large part du projet de démocratisation de l’École a reposé sur l'accès de ces élèves à l'enseignement supérieur, les bacheliers professionnels ont été dépossédés à bas bruit des disciplines de l'enseignement général par une baisse drastique des horaires, ce qui leur interdit désormais tout projet de poursuites d'études. Cette saignée horaire des disciplines générales en lycée professionnel, dénoncée par les enseignants comme on crie dans le désert, attente aussi à un enseignement émancipateur, levier majeur de l'intégration des élèves issus des milieux populaires. Cette politique consiste, de fait, à séparer les LP du paysage scolaire français en les arrimant au monde de l'entreprise et à une vision surannée et irréelle de l'apprentissage.
Dans le primaire et au collège, la liste est longue encore des entorses à notre Pacte républicain autour de l’École : une priorisation accordée à la maternelle privée (avec l'obligation scolaire à 3 ans) quand les maternelles publiques manquent de moyens ; une instrumentalisation de la thématique de l'échec scolaire pour rogner sur les moyens attribués à l’Éducation prioritaire (dont le nom même s'efface du portail internet du ministère) ; l'abandon de la dimension pédagogique de l’Éducation Prioritaire se faisant, au profit du thème, politiquement fort, de la ruralité. Nous dénonçons, en tant qu'acteurs de terrain et pilotes de ces réseaux, le détricotage progressif de cette politique œuvrant depuis des années à comprendre et à agir sur les difficultés des élèves les plus éloignés de l’Ecole.

[Fin du formatage?]
Education à la citoyenneté et laïcité dévoyés

Et pour aggraver encore le constat, le Ministre a choisi une mise en scène d'un traitement « sage » de la question de la laïcité scolaire tout en nommant un Conseil des Sages composé de membres dont certains sont très nerveux sur ces questions sensibles, contribuant ainsi à une irresponsable hystérisation du débat médiatique sur l'islam. Ce principe de laïcité scolaire, auquel nous tenons tant, se dit parfois au mépris de la loi, par le Ministre lui-même. À ce titre, l'instrumentalisation de la laïcité à des fins politiques, est heureusement contrôlée par les acteurs de terrain que nous sommes et... le Premier ministre lui-même au sujet des mamans accompagnatrices. Une instrumentalisation qui s'étend aussi aux questions liées aux banlieues, et au mépris des travaux existants. Mais il est vrai qu'il s'agit souvent de travaux sociologiques que le ministre renvoie, d'une formule de slogan, à des bourdieuseries sans intérêt et fausses.

Pourtant, le Ministre se voulait offensif sur la question de la citoyenneté : n'a-t-il pas annoncé un ajout au tryptique [Nous, qui ne sommes pas enseignants, formateurs, chercheurs, inspecteurs, nous écrivons 'triptyque' !] républicain : Liberté, égalité, fraternité et Respecter autrui ? Il s'agit là encore de l'énonciation d'une formule (« respecter autrui ») dont, nous, acteurs de terrain situés à tous les échelons de l'Institution, pouvons certifier du fait qu'aucune action ne vient appuyer cette intention, réduite à une formule d'affichage réservée à la communication médiatique ministérielle. Le Conseil Supérieur des Programmes a consciencieusement vidé de sa substance pédagogique l'enseignement moral et civique (EMC) par un ajustement de ces programmes deux ans à peine après sa mise en place. Verrouillage, contrôle et reprise en main sont là aussi à l'ordre du jour. De même, rien ne vient favoriser les formations d'enseignants sur ce « respecter autrui » dont l'exemple le plus net est la formation statutaire des enseignants du premier degré qui, cantonnés aux « fondamentaux » que seraient le français et les mathématiques, évacue tous les domaines de la culture (tant scientifique, humaniste, artistique, historique que géographique). La formation statutaire des cadres suit le même chemin dans un Institut (l'IH2EF) dévolu désormais uniquement à la passation des consignes ministérielles. Le ministère ferait bien d'initier dans ses logiques quotidiennes ce « respecter autrui » si absent de ses propres fonctionnements, comme un rapport de l'Inspection générale vient de le pointer, notamment au sujet de l'organisation interne de la rue de Grenelle et de la Dgesco en particulier.
Nous, cadres de l’Education nationale, confondus par la situation faite à l’Ecole de la République, ne pouvons nous résoudre à cet état de fait et prenons la responsabilité d'écrire ici pour, qu'au moins, nous puissions nous regarder en face et nous dire que nous avons prévenu du tournant qu'avait pris l’École. Car au-delà de telle ou telle mesure, c'est bien la philosophie d'ensemble qui vient heurter nos valeurs. La culture ministérielle actuelle est éloignée, de fait, de la culture professionnelle enseignante et de terrain. Le Ministre entend aujourd'hui piloter de façon autoritaire des réformes sans construire l'adhésion des enseignants et sans prendre en compte l'expertise des personnels d'encadrement. Symptomatiquement, la loi « pour l'école de la confiance » couvre de facto une politique de la défiance inédite à l'égard du pédagogique. Le plus grave est là. Nous observons, consternés, un système éducatif détourné de ses fondements républicains et de ses valeurs et ne pouvons nous taire. Le terrifiant verrouillage en cours du débat démocratique sur les enjeux et les finalités d'une École pour tous ne se fera pas avec notre contribution car nous ne voulons pas, nous, enseignants, formateurs, chercheurs, inspecteurs du premier et second degrés, inspecteurs généraux, directeurs académiques, cadres de l'administration centrale, trahir l’École de la République et ses idéaux.

Groupe Grenelle
L'identité des signataires n'est pas connue: ils restent encapuchonnés... 

Fin août dernier, la gauche extrême avait déjà eu un accès de colère
Dans la foulée des mobilisations de l’année écoulée, et notamment de la grève des correcteurs du bac, s'était tenue à Vincennes (Val-de-Marne), du 26 au 28 août, une université d’été enseignante organisée en marge des syndicats et placée sous le signe de la contestation des réformes gouvernementales, première 'Université d’été des enseignants', unis par une commune aversion idéologique à l’égard des réformes lancées par le ministre Jean-Michel Blanquer, réformes qui, selon eux, ont pour but de préparer une école "à deux vitesses", un slogan éculé, dans l’écrin de verdure de la Cartoucherie de Vincennes (Val-de-Marne) connue pour être un lieu tabou de création théâtrale, puisqu'animé par Ariane Mnouchkine - laquelle, avec 150 intellectuels, signa un texte qui appelle à voter pour Ségolène Royal, en 2007 - et sa troupe du Théâtre du Soleil, lequel accueillit des membres de la troupe afghane 'Théâtre Aftab' de Kaboul.

Rappelez-vous aussi "Bloquons Blanquer", site créé en mars 2019.
A la suite d'une AG parisienne, deux militantes enseignantes franciliennes, partisanes de la "pédagogie active", dont 'Louise', un pseudonyme pour cette pratiquante de la méthode Freinet, avaient créé ce site étendard de la révolte enseignante contre la politique menée par Blanquer, qualifiée de 'Blitzkrieg' ou 'guerre-éclair', qui vise la sidération. 
A titre d'exemple, citons leur dénonciation de l’article 1 de la loi, qui crée une "école du socle" et instaure un "devoir d’exemplarité" qui les inquiéta : "on est dans 1984, mais ça a l’air d’être un mauvais Disney, avec des couleurs chatoyantes et rien de bien méchant".
Pour faire court: on ne touche à rien. Ne cherchez pas les conservateurs, vous les avez...

dimanche 10 mai 2020

Macron ne crée pas la confiance pour la réouverture des écoles après déconfinement

Une reprise de l'école lourde d'incertitudes et d'inquiétudes


Une minorité d’enfants doit reprendre le chemin de l’école, lundi 11 mai, au premier jour du déconfinement en France

Tous les enfants doivent retourner à l’école "au moins une fois" avant fin mai, a décidé le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer,  dimanche 10 mai. 
Or, la plupart des écoles sont  "en capacité de pouvoir" - admirez le pléonasme en cours parmi les "sachants", qu'ils nous expliquent ou nous décryptent la vie - accueillir seulement une minorité d’enfants dans le respect des règles sanitaires très strictes et irréalisables. Tout le monde le sait, sauf au gouvernement: le président qui se suffit amplement à lui-même ne sait pas ce que signifie "élever" un enfant.

Etape psychologique importante de la sortie progressive du confinement, la réouverture des écoles va se dérouler, lundi 11 mai, dans un climat d’inquiétude pour les parents, les enseignants et les élus. 
Un foyer de Covid-19 vient en effet d'être signalé après une réunion de préparation de la rentrée dans un collège de la Vienne, en Nouvelle-Aquitaine, région classée en zone verte.

Les premiers élèves accueillis sous haute surveillance seront ceux de grande section de maternelle, CP et CM2, en plus des enfants dont les parents exercent des professions prioritaires, comme les personnels soignants.

"Près de 86 %" des écoles doivent ouvrir, a insisté le ministre de l’Education nationale.
"Ce qui correspond à 89 % des communes ayant au moins une école" et "représente plus de 1,5 million d’enfants", a estimé Blanquer, dans un entretien avec Le Journal du Dimanche du 10 mai, précisant qu’une proportion de "50 %" d’enseignants sera présente pour accompagner cette reprise scolaire.
L'autre moitié assurera la continuité pédagogique comme elle l'a fait pendant le confinement et ne restera donc pas sans rien faire comme le leur a reproché la porte-parole du gouvernement, qui répercute dans les media ce que pensent le président et son entourage. Nul ne peut imaginer en effet que 'Sibete' Ndiaye ait les qualités requises pour parler en majesté: "Nous n'entendons pas demander à un enseignant qui aujourd'hui ne travaille pas de traverser toute la France pour aller récolter des fraises" gariguettes et prêter main forte aux agriculteurs.


Pas de retour à l’école avant juin pour certains enfants.
Concernant les élèves des autres classes, le ministre ajoute: "Je souhaite que tous les enfants aient pu retrouver physiquement leur école au moins une fois d’ici à la fin du mois", "ce qui nécessitera de "s’adapter" ".

La déclaration du ministre suscite des interrogations de toutes parts

Les enseignants rappellent que ce sont d’abord les parents qui choisissent de remettre ou non leurs enfants à l’école. L’organisation et la configuration de chaque école seront ensuite des éléments déterminants, ainsi que les moyens hygiéniques indispensables.

"Dans le principe, cela ne se fera pas", réagit une directrice d’école élémentaire à Paris.
 
Car tout le deuxième groupe d'élèves, qui ne sont ni en CP ni en CM2, ne reviendra pas à l’école avant le mardi 2 juin, après le lundi de Pentecôte", souligne-t-elle. Ainsi, dans une classe de CE1 de son établissement, un premier groupe d’élèves sera admis le 25 mai et un second le 2 juin. "En quoi est-ce pertinent de faire revenir au moins une fois les enfants en mai ?", s’interroge en outre la directrice, s’inquiétant d’un "protocole sanitaire extrêmement contraignant et franchement anxiogène pour les enfants".

Des enseignants absents pour garder leurs propres enfants
"L’école sera un lieu de garde", estime-t-elle, regrettant que tous les efforts pour mettre en place un mode d’enseignement à distance, par visioconférence et travail en ligne, soient remis en question par la nécessité d’être présent à l’école pour une partie des élèves. "Ce qu’on va faire, c’est de la garderie", juge aussi un enseignant en classe de maternelle dans un département du Grand Est, inquiet, comme sa collègue, des risques de contamination pour les personnels des écoles.
Selon ce professeur des écoles, accueillir tous les enfants au moins une fois en mai est impossible. "La majorité des familles y sera opposée", fait-il valoir, avant d'observer que les enseignants qui ont des enfants de moins de 16 ans peuvent depuis peu obtenir une autorisation spéciale d’absence. 

Des parents ont d’ailleurs exprimé leur scepticisme à l'annonce du ministre, et pas seulement parce qu'une minorité de professeurs ne viendra pas jusqu’à nouvel ordre. "Tout cela est inquiétant pour septembre, souligne l’instituteur du Grand Est. On va servir de laboratoire mais, à la rentrée, comment fera-t-on ?"

Les sondages Odoxa ne plaident pas en faveur du pouvoir macronien






jeudi 16 avril 2020

Le mystère des vraies motivations du "déconfinement progressif"

Les raisons floues de la réouverture des écoles interpellent

"Le premier critère est d’abord social", a susurré le ministre de l’Education nationale

DÉCONFINEMENT PROGRESSIF ! - Blagues et les meilleures images drôles!
La Science a parlé...
(à moins que ce ne soit l'Economie !)
Les élèves en difficulté et les décrocheurs pourraient reprendre en premier,  a laissé entendre Blanquer, sans crainte de stigmatisation des cancres.

Lundi soir, Emmanuel Macron a annoncé la prolongation du confinement jusqu’au 11 mai et évoqué un déconfinement progressif après cette date, avec notamment la réouverture des écoles et la reprise de certaines activités économiques. Un lien qui n'a pas manqué de sauter aux yeux des moins éveillés...
En évoquant la possibilité pour le plus grand nombre "de retourner travailler, redémarrer notre industrie, nos commerces et nos services", sans donner plus de détails, il n'a échappé à personne que l'intérêt des enfants n'est pas sa priorité: à la préservation de leur santé, l'ex-banquier a préféré la reprise de l'économie. Des enjeux qui soulèvent de nombreuses questions, dont celle des enfants, porteurs asymptomatiques du virus et potentiels dangers pour la communauté éducative mais aussi pour la cellule familiale dans le cas où ils rapporteraient le CoVid 19 à la maison.

"Le président de la République a demandé au gouvernement de préparer un plan complet de sortie, un plan d’ensemble, j’aurai l’occasion de le présenter quand il sera prêt, largement avant la date du 11 mai, a déclaré le premier ministre lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. Mais il doit être travaillé en consultation avec beaucoup d’acteurs pour être véritablement à la hauteur des enjeux." C'est-à-dire que Macron a pris cette décision avant consultation des parties.
Et de détailler : "Il appartient au gouvernement de mettre en place les instruments, les méthodes, la doctrine d’emploi, la coordination nécessaire, pour faire en sorte que ces objectifs rappelés par le président de la République soient atteints ; c’est ce à quoi nous nous employons."

Le chef du gouvernement a assuré que "vers le 11 mai, nous aurons su diminuer le nombre de malades en réanimation, nous aurons su permettre à l’hôpital de reprendre une forme de capacités face au stress inouï, face à l’intensité de la première vague à laquelle il a dû faire face".

La réouverture des écoles n'est pas un choix éducatif

C'est un choix "social" critiquable et critiqué.
Officiellement inspirée par la volonté de lutter contre le creusement des inégalités dû au confinement, la décision de rouvrir progressivement les écoles à partir du 11 mai est prise pour des raisons inavouables.

Cela pourrait se traduire "peut-être par une forme adaptée", dans un fonctionnement "différent" de la normale, selon l'énigmatique E. Philippe qui navigue à vue. L'Edouard prévient d'ailleurs qu’il ne veut "sur ce point rien annoncer de définitif". "Il y a un impératif [de retour à l’école] qui est réel; il ne peut pas se faire au prix de la santé, bien entendu," se défend-il. En clair, l'exécutif est conscient des risques. "Il doit être conjugué avec la nécessité de préserver la santé de nos concitoyens, de garantir le respect de règles sanitaires ", a-t-il dit, brandissant sa volonté d'éviter que les inégalités sociales ne se creusent. Le cadet de ses soucis, en fait, la réouverture "progressive" des établissements scolaires inquiète les enseignants, car la préoccupation de Macron est d'ordre économique.

Cette réouverture ne se fera "pas du jour au lendemain", avait également insisté le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, dans la matinée  sur France 2. "Le premier critère est d’abord social", a-t-il répété en écho à l'Edouard, laissant entendre que les élèves les plus en difficulté pourraient reprendre en premier. "Il faut sauver les élèves qui pourraient partir à la dérive du fait du confinement. C’est les publics les plus fragiles que j’ai d’abord en tête pour assurer ce service public." S'il parvient à leur mettre la main au collet, leurs parents opératrices ou maçons pourront relancer la machine économique.

Les faux-semblants ne supportent pas d'avancer en gros sabots
Au cours des dernières semaines, Blanquer avait en effet commencé à préparer les esprits. Depuis, la presse nous serine avec la crainte que la fermeture des écoles depuis le 16 mars creuse les inégalités scolaires et accentuant le décrochage de certains jeunes, notamment des filières professionnelles. Logiquement, les premiers a bénéficier de la sollicitude du gouvernement devraient donc être les lycées professionnels... Sur tous les tons, la presse institutionnelle cite les propos du ministre : "les dégâts sociaux et humains" du confinement "peuvent être très importants", a reconnu le ministre mardi: "importants, mot creux, en dit long à lui seul sur la conviction du pouvoir.
Pour préparer la reprise, qui passera "forcément par de très grands aménagements", Jean-Michel Blanquer a annoncé des consultations de deux semaines avec les organisations syndicales, lycéennes, ou fédérations de parents.

Plus vite les enfants seront de retour dans les écoles, plus vite l'économie repartira

Bien qu’encore exclu du déconfinement, le secteur du tourisme, se prépare à une reprise d’activité pour cet été, annonce "en même temps" le gouvernement. Durement frappé par la crise sanitaire, il est déjà bénéficiaire d’un plan de soutien, car son déconfinement nécessitera une adaptation, notamment au plan sanitaire.
"Il est compliqué à ce stade de donner un horizon matérialisé par une date précise" ou "d’apporter des réponses précises et arbitrées" sur la reprise d’activité du secteur touristique, a déclaré mardi à la presse lors d’une conférence téléphonique le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne qui, comme les autres membres du gouvernement, parle pour ne rien dire.

Il est clair en revanche que "chaque jour de confinement aggrave les finances publiques".
Du côté du ministère de l’Economie, Bruno Le Maire a toutefois réussi à estimer  à 8 % le recul du produit intérieur brut français en 2020. "Nous aurons une prévision de croissance qui sera fixée à – 8 % pour le projet de loi finance rectificative", qui sera présenté mercredi en conseil des ministres, a-t-il déclaré sur RMC-BFM-TV.

En conséquence, le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, a fait savoir, quant à lui,  que le déficit public se creuserait plus que prévu, à environ 9 % du PIB, tandis que la dette augmentera à 115 % du PIB. Mais en septembre, il sera, lui, de retour à Tourcoing.

Il y a moins d’une semaine, les deux ministres n'étaient pas mécontents de faire supporter par le virus l'entière responsabilité de prévisions historiquement mauvaises pour l’économie française cette année. Ils prévoyaient une "contraction" (!) du PIB de 6 %, un déficit public de 7,6 % et une dette de 112 %.

Ces mauvaises prévisions avaient déjà poussé le gouvernement à doubler son plan d’urgence, à 100 milliards d’euros, pour soutenir les entreprises et les salariés. Ce plan est désormais encore relevé, avec notamment une augmentation du budget consacré au chômage partiel, estimé à 24 milliards d’euros contre 20 milliards précédemment.
Le fonds de solidarité destiné aux très petites entreprises et aux indépendants est, lui, doté d’un milliard d’euros supplémentaire, soit 7 milliards au total.

Au-delà du maintien des 1.500 euros pour les entreprises ayant une chute de plus de 50 % de leur chiffre d’affaires, le "deuxième étage" du dispositif "va être porté de 2.000 à 5.000 euros" pour les entreprises menacées de faillite, a déclaré Bruno Le Maire. "On n’est pas arrivé à la fin de cette crise du Covid-19. Les chiffres que je vous donne et que donne le ministre de l’économie, sont indicatifs", a toutefois précisé Gérard Darmanin. Quand Bercy et les assureurs travaillent à un régime d’assurance pandémie, le retour des décrocheurs à l'école est clairement le cadet de leurs soucis.

L’horizon du 11 mai pour entamer un déconfinement progressif est une date à "conquérir", a de son côté déclaré le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, sur France Inter, rappelant aux Français la "discipline" qui doit prévaloir dans le respect du confinement.
"Le 11 mai est une date d’objectif. Ce qu’a annoncé le président de la République hier, ce n’est pas le déconfinement le 11 mai, c’est le confinement jusqu’au 11 mai." La profondeur de cette brève de comptoir nuancée peut échapper au plus grand nombre mais, en cas de difficulté persistante, on peut faire appel au décryptage de la pensée castanerienne par Sibeth Ndiaye...

Le ministre des tireurs de LBD 40 met les Français en joue

"Il est nécessaire de ne pas se projeter en disant le 12 mai, c’est le mois de mai et nous faisons ce qu’il nous plaît, eh bien non, il faudra continuer à se battre", a poursuivi le noctambule.

Depuis leur mise en place à la mi-mars, 11,8 millions de contrôles ont été réalisés par les forces de l’ordre et 704.000 infractions ont été constatées, partout en France s'est félicité C. Castaner qui a même prétendu que "peu" d’abus générés par ces contrôles lui avaient été signalés. Clairement, tous les excès ne lui remontent pas...

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, s’est dit confiant mardi matin concernant "la multiplication des pains points de dépistage" à partir du 11 mai. Mais seules y auront accès les personnes présentant les symptômes du Covid-19. Interrogé sur RTL, le sauveur de la Santé a souhaité "qu’on innove, qu’on mobilise toutes les bonnes volontés, toutes les forces vives de la nation", qu’il y ait des tests " dans les hôpitaux, les laboratoires - quel que ce soit leur statut", y compris ceux consacrés "à la recherche". A chaque fois que des kits de dépistage seront disponibles. 
Véran a dit aussi vouloir "s’appuyer sur les collectivités", lesquelles ne l'ont d'ailleurs pas attendu pour prendre les devants. Nombre d'entre elles ont dégagé des millions pour l'achat de masques et de tests. Elles ont décidé de "mettre en place des équipes mobiles, des "drive tests", procéder à partir des pharmacies, d’officines volontaires".

Le ministre continue de se projeter dans l'avenir: "On  - c'est qui : Macron ou les collectivités ? - a fait à peu près aujourd’hui 150.000 tests et au-delà par semaine; nous sommes en train d’aller vers les 200.000 tests par semaine" [à quelle échéance?], avec "l’objectif d’être capable de tester" actuellement "dans les Ehpad, les publics les plus fragiles, les malades hospitalisés, les soignants", a-t-il promis.

Quant à l’isolement des personnes testées positives au Covid19, Olivier Véran a déclaré que "toutes les possibilités [sont] à l’étude », notamment une éventuelle réquisition d’hôtels. Une éventualité est une piste mais non une réalité..

Les décisions de Macron étaient attendues lundi soir par 36,7 millions de téléspectateurs sur les onze chaînes qui la diffusaient, selon des données de Médiamétrie publiées mardi matin. 
L'angoisse des Français va donc grandissante : le 16 mars, 35,4 millions de spectateurs avaient espéré des mesures concrètes et précises lors de la précédente allocution et non des yeux de merlan frit, des intonations de prêtre en chair, des petits poings serrés. Le confinement aidant, l'inquiétude a conduit la quasi-totalité (94,4 %) des Français à se rassembler devant leur téléviseur entre 20h02 et 20h27. La presse n'a pas hésité à assurer que les Français voulaient entendre la parole du petit père de la patrie, de même que l'Elysée avait twitté que les soignants du CHU-Bicêtre avaient applaudi Macron, quand la vérité veut qu'ils se soient applaudis entre eux. 

Les décrypteurs de cette presse dévote n'ont pas capté que l'audience des allocutions présidentielles est inversement proportionnelle au niveau de confiance et de sérénité des Français. 
Le précédent "record d’audience" pour une déclaration officielle remonte à la fin de 2018 : 23 millions de téléspectateurs pour une allocution du président en pleine crise des "Gilets jaunes".

samedi 4 avril 2020

L'exécutif fait taire les ministres spécialistes des bavures verbales

Les membres du gouvernement devront obtenir l'autorisation de parler

Matignon leur accorde ou non la permission, uniquement dans leur domaine de compétence

Ils ne pourront plus s'exprimer sur tous les sujets et enfiler couacs sur bavures.
Ndiaye, la première porte-parole priée de la boucler... Elle a dû s'excuser pour avoir déclaré que les enseignants ne travaillent pas pendant le confinement,
Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture, s'est pareillement vu privé de la parole, après avoir appelé les Français à aller travailler dans les champs en plein confinement... 
Après une semaine de mensonges (carabistouilles, dans le langage daté du promoteur d'un "monde nouveau" à son image, et de couacs de membres de son gouvernement, le premier ministre a appelé ses ministres à plus de vigilance, voire de maîtrise de leurs propos.
En Conseil des ministres, ce vendredi, Edouard Philippe a sommé ses troupes d'arrêter de dire n'importe quoi. Les ordres sont clairs, selon Le Figaro: à Olivier Véran seul l’expression sur les sujets sanitaires, et une parole restreinte pour les autres ministres. "Plus vous multipliez les canaux de communication, plus vous êtes dans le risque de la contradiction. Or, nous n’avons aucun droit à l’erreur", abonde un député anonyme de La République en marche. "Il faut concentrer la parole sur Edouard Philippe et Olivier Véran, c’est le système mis en place", valide Erwan Balanant, député MoDem du Morbihan.

Les divagations des uns et des autres passent d'autant plus mal en temps d'épidémie mortelle. 

Plusieurs "imbéciles heureux" dans le viseur

Épinglé sur city
Immaturité ou infantilisation ?
En visio-conférence, le locataire de Matignon a coupé le sifflet aux prétentieux je-sais-tout: c'est le cas de la secrétaire d'Etat Sibeth Ndiaye, qui commence toutes ses phrases par un "nous" semblant l'inclure, en toute modestie, dans la prise des décisions du gouvernement, mais qui n'a pas craint d'avoir à présenter des excuses après plusieurs prises de parole foirées.
Ou Jean-Michel Blanquer qui change son fusil d'épaule à vue: le matin, il menace d'un zéro les bloqueurs d'une quarantaine de lycées où enseignants, parents et élèves s'opposent aux épreuves du nouveau baccalauréat, les E3C (épreuves communes de contrôle continu), en vigueur dans les classes de premières, mais l'après-midi, il lève la sanction de "bulle".
Le même, qui s'était cru maître de ses décisions à l'Education nationale, a dû revoir sa copie. Le 13 mars, il a d'abord refusé d’envisager une fermeture des écoles, mais ne les fermait plus quelques heures plus tard... "Il y a eu une réunion de scientifiques autour du président de la République et ils ont estimé qu’il fallait qu’on passe à une nouvelle étape, qui nécessite de fermer les écoles, les collèges, les lycées et les universités. C’était une façon de mettre fin à l’accélération de l’épidémie." Pour lui, du point de vue de l’école, "on est au stade 3, on a changé de paradigme". 

A chaque fois, ces déclarations ont déstabilisé et désorienté les Français. "Il était temps d’y mettre bon ordre", s’agace un conseiller ministériel anonyme, qui déplore que ces sorties de membres du gouvernement brouillent le message de l'exécutif qui se veut 'déflouté', à défaut de transparence réelle. Les règles sont désormais claires : seul Olivier Véran évoque les sujets santé, les autres ministres doivent se cantonner à leur champ  de compétence supposée.

Pas de place pour le 'stand-up" ministériel

Les membres du gouvernement doivent attendre les arbitrages avant de faire des annonces: Edouard Philippe n'est pas un adepte de l'improvisation. Il s'agissait d'un rappel en urgence de Macron que les conseillers d’Edouard Philippe ont relayé sans délai auprès de leurs homologues dans tous les ministères.



Brigitte Macron, personne vulnérable, n'est plus mobilisable
Après le couac du refus par la majorité présidentielle de l'allongement du  congé parental consécutif au deuil d'un enfant, en février dernier, les députés de la majorité et le gouvernement ont fait de la surenchère : le président avait en effet stigmatisé le "manque d'humanité" de ses députés. 
En déplacement à Metz, après l'épisode catastrophique de ce rejet du bout du pied, Brigitte Macron en avait profité pour se propulser sur le devant de la scène. A l'Institut national des jeunes sourds, l'ex-prof de théâtre a incarné le rôle de la bonne fille - air penché et tête dans les épaules, dans l'attitude cauteleuse de l'hypocrite, livrant un message de soutien à... la majorité insensible! 
Confinée, elle ne se montre plus. Mais pourvu qu'elle aussi se taise. 

jeudi 26 mars 2020

Coronavirus : Sibeth Ndiaye s'excuse après avoir accusé les enseignants "qui ne travaillent pas"

Les professeurs n'ont plus le droit de mettre les cancres perturbateurs à la porte. 
Et Macron?

A la recherche de main-d'œuvre dans l'agriculture, la porte-parole du gouvernement a pris l'exemple d'un "enseignant qui ne travaille pas"
La porte-parole du gouvernement a encore sorti une ânerie
Des propos insupportables, alors que les professeurs assurent la continuité pédagogique avec des moyens insuffisants et des outils qui ne fonctionnent guère. Qui occupe les trois enfants de son couple ? 

Qui veut encore de ses excuses à chaque prise de parole ?
"Mea culpa. Mon exemple n'était vraiment pas le bon," se contente-t-elle de commenter. Elle n'est pas non plus le choix de la bonne personne au bon endroit et même les féministes commencent à dire tout bas qu'elle est porteuse d'une méchante image de la femme.
Comment fait-on pour rester courtois face à une telle couche de... Je n'ai pas les mots...

Interrogée sur la pénurie de main-d'œuvre dans l'agriculture aux prises avec  l'épidémie de coronavirus - comme les hôpitaux avec l'absence de masques, de tests de dépistage du Covid-19 ou de respirateurs - , mercredi 25 mars, la porte-parole du gouvernement Ndiaye a pris en exemple le cas des "enseignants qui ne travaillent pas", avant de présenter les excuses d. "Je suis la première à mesurer combien l'engagement quotidien des professeurs est exceptionnel", ose affirmer la porte-parole dans un message d'excuses sur Twitter.

Sibeth Nidiaye avait cru pouvoir ainsi esquiver une question au détriment des serviteurs de l'Etat


 Toute ressemblance avec la fraise
des  bois ne 
serait que pure coïncidence
Elle était interrogée sur la contradiction entre l'appel du ministre de l'Agriculture Didier Guillaume à "aller dans les champs" et l'injonction constante des autorités à rester chez soi. "Nous n'entendons pas demander à un enseignant qui aujourd'hui ne travaille pas, compte tenu de la fermeture des écoles, de traverser la France entière pour aller récolter des fraises gariguette", a affirmé la porte-parole, suscitant de nombreuses critiques alors que les enseignants sont appelés à assurer un suivi pédagogique pendant le confinement.A l'issue du Conseil des ministres, 

Indignation dans la classe politique

Il est grand temps de la confiner dans un placard.
Chambre d'isolement
"Alors qu'ils assurent la continuité pédagogique, (...) Trobeth Ndiaye considère que les enseignants 'ne travaillent pas'", a ainsi ironisé Marine Le Pen : "Chaque jour est un naufrage pour ce gouvernement qui multiplie les énormités," a-t-elle souligné sur Twitter.
"Pardon mais dire que nos enseignants ne travaillent pas parce que les écoles sont fermées,
c'est pour le coup vraiment être 'aux fraises'", a renchéri Olivier Faure, le premier secrétaire du PS.

Le député socialiste Boris Vallaud - Monsieur Belkacem à la maison (et sa caisse de résonance) - a réagi :  



Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a préféré la zapper.
Il a délégué un stagiaire du ministère qui, en langue de bois, a donc salué "les professeurs de France [qui] font un travail extraordinaire, ne comptant ni leur temps ni leur énergie [ni leur désintéressement], pour suivre tous nos élèves en ces circonstances exceptionnelles"
A défaut d'être fiers de leur gouvernement, "tous les Français peuvent être fiers de notre service public. Remercions chaque jour nos professeurs", a-t-il ajouté.
Et on les applaudit chaque soir à 20h15 ? Les profs, pas les bras cassés à la langue fétide.