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mercredi 13 mai 2020

Déconfinement à Tourcoing: la photo d'une cour de récréation suscite une forte émotion sur les réseaux sociaux

La presse aux ordres, obligée de reprendre l'information

Est-ce la reprise voulue par Blanquer et souhaitée par les parents ? 

La photo publiée sur Twitter a été largement commentée / © Lionel Top / TWITTER
La photo publiée par Lionel Top sur Twitter est glaçante
BFMTV a diffusé quelques photos sans vraiment prendre garde à l'effet produit, ni surtout au traumatisme causé aux enfants par les politiques, comme les éducateurs.
Les photos sont censées "immortaliser" la "rentrée" scolaire du 12 mai 2020, après les deux mois de confinement en France, dans une école de Tourcoing (Nord). BFMTV, presse d'information en continu, qui n'a guère d'autre priorité que le sensationnel et la rentabilité, en fait un moment "historique", "symbole d'un moment exceptionnel", mais les réseaux sociaux qui partagent les photos en font une toute autre lecture. Cette série de clichés est devenue virale ce mardi.

Pourquoi seuls les réseaux sociaux sont-ils doués de sentiments?


Surprise, et consternation

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Pourquoi le cliché est-il ici plus clair ?

Symbole de l'école en temps de coronavirus ou de notre société macronienne ?
Prises à Tourcoing ce mardi, les photos montrent une cour de récréation avec des carrés ou des croix tracés à la craie sur le sol bitumé, avec un bambin assigné à chacun d'eux et interdiction d'en bouger pour jouer. 
Les enfants jouent, dansent, sautent, rient ensemble... mais depuis ce carré.
La "distanciation physique" conduit à la  déshumanisation.
"Je n’ai jamais vu une image aussi triste ...", écrit en réaction Myriam Cau sur Twitter. C'est la différence avec la presse professionnelle. L'une a un coeur, l'autre a un organe greffé sur le CAC40 et qui bat au rythme de l'audimat et des battements de cils de sa direction, en l'occurrence Marc-Olivier Fogiel, directeur général de la chaîne de télévision d'information BFMTV et ancien élève de la sixième à la terminale au lycée Janson-de-Sailly. Il s'est aligné sur celui d'Alain Weill, avec lequel il n'a manifestement pas d'enfant en commun, pas plus qu'avec Patrick Drahi, le grand manitou qu'on ne voit jamais, un entrepreneur et homme d'affaires milliardaire maroco-franco-luso-israélien dont les enfants sont probablement en Suisse. 
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Pourquoi le cliché est-il ici plus clair ?

"De ce qu’on a vu, ils ne le vivent pas comme une punition," hasarde le correspondant régional à Lille de la chaîne d'info.

"C’est horrible de faire subir cela à des enfants.
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Je ne comprends pas que ça ne rue pas davantage dans les brancards", s'indigne Lilly, une autre internaute, faisant mine de ne pas connaître le fonctionnement des journalistes-robots de la presse institutionnelle. 

"Juste inhumain, honteux pour les enfants mais aussi pour les profs et instit ! Quelle horreur !!!!", "s'emporte" Lemethor. S'il n'y a pas de colère (et de haine), l'article n'est pas valable...

BFMTV est sur un tout autre registre.
"Image saisissante [sic] d'un retour à l'école pas comme les autres.. Elle restera dans l'histoire... " [sans 'H', par chance], constate "plus sobrement" [BFMTV] France. Ce commentaire de la chaîne privée alignée sur l'Elysée tenterait-elle de contenir la sensibilité des "gens qui ne sont rien" et à qui il faut tout expliquer. 

Des adjectifs creux aseptisent une situation "compliquée"! "La photo des enfants dans les carrés dessinés à la craie finira par illustrer cette situation bien étrange dans les livres d’histoire plus tard...", estime un jeune "créatif" (en ce qu'il est admirateur de l'art des autres), Antoine Diot, dans un autre commentaire sec sans aucun affect, mais choisi pour cela par BFM.
La ville est celle du ministre des Comptes publics de Macron, Gérald Darmanin: ceci expliquant cela...

La culture des commentateurs plafonne au niveau du film d'épouvante. Nous sommes aussi au temps où Marina Foix peut s'ériger sans rire en protectrice des arts et cultures... Et encore n'est-elle pas très Pour d'autres, cela rappelle carrément des films d'horreur, notamment la série d'une dizaine d'opus intitulée Halloween avec son personnage central Michael Myers, tueur en série précoce. Que celui-là soit acteur et les autres victimes ne semble pas faire de différence.

Transition DogvilleAutre réaction similaire, celle de Doodoms, sur Twitter également, qui déclare : "On est dans Dogville..." film dramatique de 2003 de Lars von Trier où, Grace (interprétée par Nicole Kidman) réfugiée chez les habitants de cette ville minière va finalement subir toute la noirceur humaine de la communauté.

BFMTV vole au secours du gouvernement

Le ministère de l'Education nationale n'a pas donné explicitement la consigne de tracer ces carrés dans les cours de récréation mais a donné des grands principes pour les temps de pause en plein air :
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- éviter les croisements de classes et d'élèves, - adapter la surveillance à l'effectif présent en récréation,- port du masque par les personnels, - veiller au respect des gestes barrière et de la distanciation physique dans les jeux extérieurs, - proscrire les jeux de contact et de ballon et tout ce qui implique des échanges d’objets, ainsi que les structures de jeux dont les surfaces de contact ne peuvent pas être désinfectées, - neutraliser l’utilisation des jeux et installations d’extérieurs avec points de contact (par balisage physique, rubalise, etc.) ou assurer une désinfection régulière adaptée, - proscrire la mise à disposition et l'utilisation de jouets collectifs ou assurer une désinfection après chaque manipulation, - proposer des jeux et activités qui permettent le respect des gestes barrière et la distanciation physique (privilégier des activités non dirigées limitant l'interaction entre les élèves), - en cas de conditions climatiques inadaptées, et sans possibilité d'avoir un espace extérieur abrité permettant la distanciation physique, organiser les récréations en intérieur en favorisant un autre espace que celui de la classe (par exemple : salle de motricité). Dans ce cas, ventiler l'espace dédié préalablement et après la récréation.
An final, les psychologues du gouvernement doivent assumer que le respect de cette liste de consignes cumulées puisse donner çà ! 

"Ca me fait mal au cœur, vous n’imaginez pas!" confie une instit.
Et à Macron, ça lui fait quoi ?

lundi 11 mai 2020

Déconfinement: la loi de prolongation de l'état d'urgence sanitaire n'a pas été promulguée à temps

Le "maître des horloges" n'a pas prévu que le Conseil constitutionnel ne travaille pas le dimanche...

La loi de prorogation de l’état d’urgence sanitaire n’a pas été promulguée à temps pour le déconfinement


Contre-temps : le Conseil constitutionnel rendra son avis lundi. 
Défaillant, le gamin de l'Elysée fait appel à la "responsabilité des Français" pour respecter des règles qui n'ont pas force de loi sur la limitation des déplacements et l’utilisation des transports en commun.

Depuis minuit ce lundi, la France s'est libérée après cinquante-cinq jours de confinement strict sur l’ensemble du territoire : elle autorise à nouveau certains déplacements et la réouverture de la plupart des commerces. Mais la reprise de l’activité n'est que partielle et les appels à la prudence se sont multipliés, avec plusieurs craintes: outre le risque d'infection qui perdure, la possibilité d'une seconde vague de contamination.
A ces peurs, les stagiaires prétentieux de l'exécutif ajoutent un raté de taille: la prorogation de  loi d’état d’urgence sanitaire du 10 mai au 10 juillet n’a pas été promulguée à temps.

L'exécutif est encore une fois la risée du monde et sa bavure apporte de l'eau au moulin de ses opposants politiques qui ne s'attendaient pas à autant de négligence prolongée - elle aussi - en quatrième année d'exercice du pouvoir: Macron n'a pas laissé le temps au conseil constitutionnel de valider sa loi d’extension de l'état d’urgence sanitaire. Dans un communiqué commun, l’Elysée et Matignon expliquent que le Conseil constitutionnel, saisi par Macron notamment, ne rendra finalement son avis que lundi sur cette loi d’urgence adoptée samedi par le Parlement. Sous réserve de cet aval, l’entrée en vigueur de deux dispositions phares est repoussé à lundi soir : la limitation des déplacements à 100 km et l’attestation obligatoire dans les transports en commun.

Même un "cerveau reptilien" de macronien peut entrevoir l'engagement de sa responsabilité et le risque de poursuites pénales

De nombreux citoyens de bonne foi pourraient parcourir des centaines de kilomètres et l’exécutif fait piteusement appel "au sens de la responsabilité des Français", et rappelle qu'il était "en tout état de cause prévu que les nouvelles mesures devaient faire l’objet d’une période de tolérance"... Selon le projet de loi voté par le Parlement et entrant en vigueur à 00h00 ce lundi matin, le défaut de présentation de l’attestation d’employeur demandée pour emprunter les transports en commun d’Ile-de-France entre 6 h 30 et 9 h 30 et entre 16 heures et 19 heures ne devait ainsi être verbalisé qu’à partir de mercredi. 
Macron apprend la tolérance, mais la marche est longue: pas d'amendes avant mercredi. Ce délai est-il prorogé jusqu'à jeudi ?

Les autres mesures du déconfinement vont entrer en vigueur dès lundi matin 
"Compte tenu de ces circonstances exceptionnelles", un décret temporaire a été publié au Journal officiel de lundi pour les faire appliquer à effet immédiat. Il s’agit de la fin des limitations des sorties du domicile, obligation du port du masque dans les transports en commun, réouverture des commerces à condition du respect des gestes barrières et de la distanciation et limitation à 10 personnes des rassemblements dans les lieux publics. 

"Sens des responsabilités" des Français à défaut d'efficience du pouvoir

Brigitte Macron apparaît le bras en écharpe après une mauvaise ...
La retraitée se casse un bras, mais Macron ne se foule pas
A défaut de masques de protection disponibles, le confinement d’une bonne partie de la population a porté ses fruits, avec un bilan quotidien des décès retombé dimanche soir à 70 morts, le plus bas niveau depuis la mise en cinquantaine du pays, le 17 mars. Pour l'heure, le bilan total s’élève toutefois à au moins 26.380 décès, et les principaux responsables ont multiplié les appels à la prudence et à la patience. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a ainsi averti sur TF1 : "Nous n’en avons pas terminé avec le virus. Nous allégeons les conditions du confinement mais la vie ne peut pas reprendre comme elle était auparavant".

L’apparition de trois nouveaux foyers en Nouvelle-Aquitaine et en Vendée appelle à rester vigilants. Ces nouveaux foyers d'infection se situent en effet en zones classées en "vert", ce qui incite plus que jamais à la prudence. L’un d’eux a été identifié dans un collège, où des personnels s’étaient réunis pour préparer la rentrée, et un autre dans une entreprise. Certains y voient deux "fake news" officielles - matière à "desinfox coronavirus" (si le palais de l'Elysée n'avait pas été contraint de fermer sa page attentatoire aux libertés) - visant à responsabiliser les Français à la veille du déconfinement de deux secteurs précisément ré-ouverts le 11 mai, écoles et entreprises.  "Dans ces zones dites vertes, il faut considérer que le virus est là. Il est en embuscade, il circule", a alerté dimanche le professeur Anne-Claude Crémieux, une infectiologue (hôpital Saint-Louis à Paris), qui poursuit sur sa ligne : "Minimiser pour rassurer rompt la confiance avec le citoyen", insistait-elle le 9 mai. "Et l’absence de traitement ou de vaccin incite à la vigilance : "Malheureusement, l’évolution de l’épidémie est extrêmement incertaine à ce jour et c’est l’avenir qui nous permettra de trancher", a-t-elle insisté, participant à la montée de l'anxiété dans la population.

Les enseignants préparent la reprise en présenciel 

Sur l’autre dossier sensible, les écoles, la journée de lundi doit permettre  aux professeurs une pré-reprise des cours en présence physique d' élèves attendus à partir de mardi, voire plus tard selon les communes, avec des règles sanitaires drastiques - pour rassurer les parents et contenter Blanquer - mais qui resteront largement théoriques.

"85 % des écoles sont prévues pour rouvrir lundi, ce qui ne veut pas dire 85% des élèves (…) Un million d’enfants vont ["va": le ministre de la Santé parle beaucoup et parfois le français] retrouver le chemin de l’école, les conditions sanitaires sont réunies", a assuré Olivier Véran
Le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer souhaite en effet que tous les enfants aient pu retrouver "au moins une fois" leur école d’ici à fin mai, déclare-t-il dans un entretien avec le Journal du dimanche.

Port du masque obligatoire et inquiétudes persistantes

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Le bouffon du gouvernement ne respecte rien : ni port du masque, ni distanciation !
On recherche un "illettré" pour lui décrypter le texte d'urgence sanitaire ?
Lundi, le masque devient la clé obligatoire d'accès aux transports publics. 
A partir de lundi, l’Etat mettra "10 millions de masques à disposition des opérateurs de transport", destinés aux usagers, dont 4,4 millions pour la région Ile-de-France, promet Christophe Castaner. 

Les Français qui s’apprêtent à reprendre le travail lundi expriment leurs craintes.
53 % disent avoir personnellement davantage peur pour leur santé ou celle de leurs proches que des conséquences économiques de la crise, selon un sondage Ifop.

dimanche 10 mai 2020

Macron ne crée pas la confiance pour la réouverture des écoles après déconfinement

Une reprise de l'école lourde d'incertitudes et d'inquiétudes


Une minorité d’enfants doit reprendre le chemin de l’école, lundi 11 mai, au premier jour du déconfinement en France

Tous les enfants doivent retourner à l’école "au moins une fois" avant fin mai, a décidé le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer,  dimanche 10 mai. 
Or, la plupart des écoles sont  "en capacité de pouvoir" - admirez le pléonasme en cours parmi les "sachants", qu'ils nous expliquent ou nous décryptent la vie - accueillir seulement une minorité d’enfants dans le respect des règles sanitaires très strictes et irréalisables. Tout le monde le sait, sauf au gouvernement: le président qui se suffit amplement à lui-même ne sait pas ce que signifie "élever" un enfant.

Etape psychologique importante de la sortie progressive du confinement, la réouverture des écoles va se dérouler, lundi 11 mai, dans un climat d’inquiétude pour les parents, les enseignants et les élus. 
Un foyer de Covid-19 vient en effet d'être signalé après une réunion de préparation de la rentrée dans un collège de la Vienne, en Nouvelle-Aquitaine, région classée en zone verte.

Les premiers élèves accueillis sous haute surveillance seront ceux de grande section de maternelle, CP et CM2, en plus des enfants dont les parents exercent des professions prioritaires, comme les personnels soignants.

"Près de 86 %" des écoles doivent ouvrir, a insisté le ministre de l’Education nationale.
"Ce qui correspond à 89 % des communes ayant au moins une école" et "représente plus de 1,5 million d’enfants", a estimé Blanquer, dans un entretien avec Le Journal du Dimanche du 10 mai, précisant qu’une proportion de "50 %" d’enseignants sera présente pour accompagner cette reprise scolaire.
L'autre moitié assurera la continuité pédagogique comme elle l'a fait pendant le confinement et ne restera donc pas sans rien faire comme le leur a reproché la porte-parole du gouvernement, qui répercute dans les media ce que pensent le président et son entourage. Nul ne peut imaginer en effet que 'Sibete' Ndiaye ait les qualités requises pour parler en majesté: "Nous n'entendons pas demander à un enseignant qui aujourd'hui ne travaille pas de traverser toute la France pour aller récolter des fraises" gariguettes et prêter main forte aux agriculteurs.


Pas de retour à l’école avant juin pour certains enfants.
Concernant les élèves des autres classes, le ministre ajoute: "Je souhaite que tous les enfants aient pu retrouver physiquement leur école au moins une fois d’ici à la fin du mois", "ce qui nécessitera de "s’adapter" ".

La déclaration du ministre suscite des interrogations de toutes parts

Les enseignants rappellent que ce sont d’abord les parents qui choisissent de remettre ou non leurs enfants à l’école. L’organisation et la configuration de chaque école seront ensuite des éléments déterminants, ainsi que les moyens hygiéniques indispensables.

"Dans le principe, cela ne se fera pas", réagit une directrice d’école élémentaire à Paris.
 
Car tout le deuxième groupe d'élèves, qui ne sont ni en CP ni en CM2, ne reviendra pas à l’école avant le mardi 2 juin, après le lundi de Pentecôte", souligne-t-elle. Ainsi, dans une classe de CE1 de son établissement, un premier groupe d’élèves sera admis le 25 mai et un second le 2 juin. "En quoi est-ce pertinent de faire revenir au moins une fois les enfants en mai ?", s’interroge en outre la directrice, s’inquiétant d’un "protocole sanitaire extrêmement contraignant et franchement anxiogène pour les enfants".

Des enseignants absents pour garder leurs propres enfants
"L’école sera un lieu de garde", estime-t-elle, regrettant que tous les efforts pour mettre en place un mode d’enseignement à distance, par visioconférence et travail en ligne, soient remis en question par la nécessité d’être présent à l’école pour une partie des élèves. "Ce qu’on va faire, c’est de la garderie", juge aussi un enseignant en classe de maternelle dans un département du Grand Est, inquiet, comme sa collègue, des risques de contamination pour les personnels des écoles.
Selon ce professeur des écoles, accueillir tous les enfants au moins une fois en mai est impossible. "La majorité des familles y sera opposée", fait-il valoir, avant d'observer que les enseignants qui ont des enfants de moins de 16 ans peuvent depuis peu obtenir une autorisation spéciale d’absence. 

Des parents ont d’ailleurs exprimé leur scepticisme à l'annonce du ministre, et pas seulement parce qu'une minorité de professeurs ne viendra pas jusqu’à nouvel ordre. "Tout cela est inquiétant pour septembre, souligne l’instituteur du Grand Est. On va servir de laboratoire mais, à la rentrée, comment fera-t-on ?"

Les sondages Odoxa ne plaident pas en faveur du pouvoir macronien






lundi 4 mai 2020

Réouverture des écoles : en dramatisant, Macron fait du zèle

Son choix est en désaccord avec le "conseil scientifique"

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a prétendu être en accord avec le conseil scientifique sur la réouverture des écoles prévue le 11 mai. Ce n’est pourtant pas le cas.

Dans la presse de dimanche 3 mai, Olivier Véran est interrogé sur la différence entre le choix de Macron de rouvrir des écoles à partir du 11 mai et les recommandations du conseil scientifique communiquées le 20 avril. Le ministre de la santé a répondu qu’un tel désaccord n’existait tout simplement pas.
Le conseil scientifique était opposé à la réouverture des écoles "comme avant", ce qui n’a jamais été notre volonté. Nous sommes donc en accord.
Pourquoi Véran ment

L’argument d'O. Véran consiste ainsi à dire que le conseil scientifique ne s’opposait pas au principe de la réouverture des écoles, mais à ses modalités : il se serait plutôt opposé à une réouverture incontrôlée des écoles. Ce n’est pourtant pas ce que ses membres ont écrit.

Dans leur avis finalisé le 16 avril – soit trois jours après que Macron eût annoncé cette réouverture – et communiqué aux autorités le 20 avril pour publication -, les membres du conseil scientifique ont énoncé une position claire :
"Le risque de transmission est important dans les lieux de regroupement massif que sont les écoles et les universités, avec des mesures barrières particulièrement difficiles à mettre en œuvre chez les plus jeunes.
En conséquence, le Conseil scientifique propose de maintenir les crèches, les écoles, lescollèges, les lycées et les universités fermés jusqu’au mois de septembre."

Ledit conseil poursuit en prenant "acte de la décision politique (…) de réouverture progressive et prudente des crèches, écoles, collèges et lycées", précisant alors les mesures barrières qui peuvent être envisagées afin de proposer les meilleures conditions de réouverture possibles.

Ainsi, même si le conseil estime que certaines mesures barrières sont envisageables, il a aussi clairement expliqué que ces mesures sont « particulièrement difficiles » à mettre en œuvre, ce qui a motivé sa recommandation de laisser les établissements scolaires « fermés jusqu’au mois de septembre ».

Les recommandations sanitaires publiées dans l’avis du 24 avril ne changent pas la position du conseil scientifique : celui-ci énonce clairement une deuxième fois avoir "pris acte" de la décision politique et formule des recommandations en conséquence de cette décision.

O. Véran joue sur le fait que le conseil a formulé ces recommandations pour sous-entendre qu'il soutient cette décision, ce qui est inexact, pour trois raisons. D’abord, parce que le conseil a énoncé une position opposée claire, ensuite parce que le conseil n’a, à aucun moment, dit soutenir" de près ou de loin cette initiative. Et, enfin, parce que ses recommandations suivantes ne changent pas sa position. Le conseil a en effet un rôle d’aide à la décision qui implique qu’il formule des recommandations pour éclairer la décision politique… ou s’adapter à celles déjà prises. 
Attali s'est d'ailleurs empresse de rappeler la primauté du politique sur le scientifique...


Des députés et sénateurs LREM réclament de Macron un peu de réalisme

138 députés et sénateurs soutiennent la demande de protection juridique des maires pour la réouverture des écoles
<br>Macron veut des responsables, à condition que ce ne soit pas lui


Des parlementaires appuient la demande de protection juridique des maires, qui pourraient être tenus responsables si des contaminations au coronavirus avaient lieu en milieu scolaire.

Le 2 mai, le Conseil des ministres a approuvé le projet de loi ouvrant à une prolongation de l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 24 juillet, mais le compte n'y est pas: sept articles de loi, sauf celui qu'attendaient les élus. Le 30 avril, l'Association des Maires de France avait pourtant explicitement demandé qu'y figure, pour eux, une protection juridique adaptée aux prises de risques des maires à compter du 11 mai.

La réouverture des écoles expose les élus locaux à des poursuites en justice. 
Macron a délégué aux mairies toute une partie du fonctionnement des écoles et du temps scolaire, et les règles strictes du déconfinement qu'il a édictées les expose à des condamnations pénales, puisqu'il les rend responsables si un enfant était contaminé par le coronavirus pendant le temps scolaire. 
Elus, parents et enseignants ont pourtant fait connaître leurs inquiétudes, notamment du fait de la pénurie persistante de protections et de l'impossibilité d'appliquer certains gestes barrières.

Francis Monchet, maire de Selles-sur-Cher (Loir-et-Cher), a d'ailleurs annoncé le 2 mai que la commune ne réouvrirait aucune de ses 4 écoles. "Il n’y a pas toutes les réponses, il reste trop d’interrogations," a-t-il expliqué.

Des parlementaires demandent la protection juridique des maires 

Quelques heures après les annonces faites au conseil des ministres, le Journal du Dimanche a publié une tribune signée de 138 parlementaires LREM appuyant cette demande de protection juridique pour les maires. Parmi les signataires figurent les députés LREM du Loiret, Caroline Janvier, et d'Eure-et-Loir, Guillaume Kasbarian, trésorier de 'Tous politiques !', le nouvel institut de formation de LREM, qui serait proche de 'Printemps républicain', mouvement de gauche fondé en mars 2016 pour défendre une conception des valeurs de la République contre les "défaiseurs identitaires, nationalistes, islamistes, indigénistes ou communautaristes) - parmi lesquels (Karim Akouche, Elisabeth Badinter, Guillaume Balas,  Serge Blisko, Roland Castro,  Brice Couturier, Frédéric Cuvillier,  Olivier Faure, Jérôme Guedj,  Richard Malka, Emmanuel Maurel, François Morel, Fleur Pellerin, Marjane Satrapi, Anne Sinclair, Abderrahmane Sissako, etc.)- , et dont la suppléante, Véronique de Montchalin, est la tante par alliance d'Amélie de Montchalin, députée LREM puis secrétaire d'Etat aux Affaires européennes.
"Au cours des échanges nombreux avec les maires de nos circonscriptions, nous avons pu mesurer leurs légitimes appréhensions devant les responsabilités qui sont les leurs, écrivent les députés et sénateurs. (...) Pleinement à la hauteur des compétences qui sont les leurs, les maires veulent connaître avec clarté le champ de leurs responsabilités et disposer de l'ensemble des outils nécessaires à leur exercice."

Ces élus rappellent leur "estime" pour ce mandat que plusieurs d'entre eux ont exercé par le passé, et qui reste "le mandat préféré des Français".

Selon un sondage commandé par la presse régionale à Odoxa-CGI, à six mois des élections municipales, 63 % des personnes interrogées déclaraient avoir "une bonne opinion" de leur maire, qui reste clairement l'élu préféré des Français, pour sa proximité et son écoute. Et son aura est d'autant plus grande que la ville est plus petite. Dans les communes de moins de 2.000 habitants, ils sont 68 % à aimer leur maire. 

Ces élus annoncent également leur intention de défendre une adaptation de la loi "pour effectivement protéger les maires pénalement mais aussi toutes les personnes dépositaires d'une mission de service public dans le cadre des opérations de déconfinement". 
Le projet de loi de prorogation de l'état d'urgence doit être débattu au Sénat et à l'Assemblée nationale dans le courant de la semaine.

dimanche 3 mai 2020

Macron ne sera pas prêt pour le 11 mai: la faute à qui ?

Véran commence à pointer la responsabilité des Français 

La date du 11 mai "pourrait être remise en question", lance Olivier Véran

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Et l'AFP s'y colle ce dimanche,  titrant: "Lente amélioration à confirmer avant le déconfinement"... en écho à l'annonce par le ministre de la Santé Olivier Véran à la sortie du Conseil des ministres du samedi 2 mai de la prolongation de l'état d'urgence sanitaire en France jusqu'au 24 juillet. 

La pression sur les services de réanimation continue à retomber, avec 51 patients atteints du Covid-19 en moins au cours des dernières 24 heures, a annoncé samedi le ministère de la Santé. Le virus a causé la mort de 166 personnes lors des dernières 24 heures, loin cependant des centaines de morts quotidiennes il y a encore quelques semaines.

La carte de France a encore "verdi" d'un coup samedi avec de nouveaux départements de PACA, six au total, désormais dans le vert (Alpes-de-Haute-Provence (04), Hautes-Alpes (05), Alpes-Maritimes (06), Bouches-du-Rhône (13), Var (83), Vaucluse (84), dont trois en bordure de Méditerranée), outre les trois ou quatre "erreurs" des "savants" (Cher, Gers, Lot et Haute-Corse), les tensions sur le système hospitalier diminuant. Dans les départements en vert, 47 au total, une moindre présence du virus permettra d'organiser un déconfinement plus large.

Le "bon signal" d'une lente amélioration dans la lutte contre le coronavirus ne suffit pas: il doit être confirmé, préalablement à un déconfinement autour duquel les interrogations subsistent, de la réouverture des écoles aux mesures de quarantaine prévues à l'entrée en France après le 11 mai, en passant par l'arrivée ou non des masques de protection à destination du grand public, les "gens qui ne sont rien".

Le "pervers narcissique" de l'Elysée reste néanmoins braqué sur sa propre image

Le chef de guerre n'entend toujours pas ranger ses armes au vestiaire.
Macron a annoncé samedi la prolongation de l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 24 juillet. 
Celle-ci ne pouvant être autorisée que par la loi, le texte sera examiné à partir de lundi au Sénat, puis le lendemain mardi à l'Assemblée nationale.
Le coronavirus en France, au 2 mai 2020: alors, impressionné ?
Pour créer l'illusion qu'il gère, l'exécutif radicalise sa position de déconfinement : au moment où les chiffres appellent à un desserrement de la pression, il a rendu obligatoire une "quatorzaine" pour les personnes arrivant sur le territoire national - c'est-à-dire les étrangers, touristes et migrants, sans xénophobie aucune... La décision est annoncée avant que les conditions de mise en œuvre soient arrêtées : elle doivent l'être - sauf reculade -  dans les jours à venir. Si le mal jaillit encore de l'inconnu, un isolement des malades sera décidé.

En revanche, 
le gouvernement "n'a pas pris de dispositif législatif pour imposer l'isolement" aux personnes testées positives qui se trouvent déjà sur le territoire,  a confié le ministre de la Santé Olivier Véran, comptant sur "l'esprit de responsabilité des Français", des êtres plus évolués, et tellement supérieurs qu'ils seront épiés par des "brigades" sanitaires et verbalisés hardi petit, ce qui confirme, si besoin était, que la "pensée complexe" de Macron comporte des méandres impénétrables inaccessibles à toute cohérence.

Des interrogations sans fin


Le gouvernement est également resté flou sur le 
sujet sensible de l'Arlésienne de Macron, le traçage des malades.  Et pour cause: l'application controversée StopCovid ne sera pas disponible le 11 mai. Les règles d'Apple ont le respect des libertés individuelles, une notion qui n'avait pas effleuré Macron et son petit génie du numérique, Cédric O, un spécialiste au gabarit de chacun des membres des nombreux conseils, comités, Hautes Aurorités et agences scientifiques que compte la France.

Quant aux masques de protection, dont on nous rebat les oreilles depuis deux mois, ils arriveront en nombre quand les commandes tardives pourront être honorées et - si elles ne sont pas piratées-  livrées. Mais les cyniques, politiques et journalistes, qui font les annonces successives et tiennent "les gens" en haleine, ne les promettent plus gratuitement au 'vulgum pecus': il devra prendre le risque de se contaminer dans les grandes surfaces qui les déstockeront pour les leur vendre !


Aucune description de photo disponible.
Or, à dix jours du déconfinement, le gouvernement a dû décider à la fois le "déterrement" des butins en masques chirurgicaux, et, contre la spéculation, le plafonnement de leur prix de vente à 95 centimes l'unité. Pas celui des masques en tissu... Et de se justifier: en raison de la diversité des modèles et de leur provenance.

Le "sujet" de la vente des masques dont le port sera obligatoire dans les transports publics, reste un "challenge" "à regarder", de loin, "sur la table", confinement oblige, avant le 11 maien prévision de fortes tensions.
   
En revanche, opérationnelles et actives, des "brigades" seront "déployées" pour permettre le signalement et l'identification des "cas contacts" des personnes testées positives.

Inquiétude grandissante de nombre de parents et d'enseignants avant la réouverture des écoles par les bras cassés. 
Aucune description de photo disponible.
La "majorité des écoles" maternelles et primaires seront au rendez-vous du 11 mai, a assuré le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, avec un maximum de 15 enfants par classe. Pourquoi pas 12 ?
Et pour les accueillir, les écoles devront respecter un protocole sanitaire très strict, mais qu'elles devront se débrouiller à mettre elles-mêmes en place, en bonne harmonie avec les maires : lavage de mains répétés, jeux proscrits, désinfection du matériel, sens de circulation marqué au sol... un vrai casse-tête, surtout en maternelle, font valoir la plupart des enseignants.


Ainsi, à Lyon, PS, aucune date de rentrée n'a été fixée pour les élèves de petite et moyenne section de maternelle. "Les mesures de distanciation et les gestes barrières étant très complexes à mettre en œuvre", a justifié la mairie de Lyon par communiqué.


Idem à Nantes, où la maire (PS) Johanna Rolland a d'ores et déjà prévenu qu'il ne serait "pas possible" que tous les enfants retournent à l'école le 11 mai. 

Combien de discours de Macron, Véran ou Ndiaye, d'ici le 11, pour nous dire qu'en cas de recontamination, nous n'aurons à nous en prendre qu'à nous ?