POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est conseil scientifique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est conseil scientifique. Afficher tous les articles

vendredi 15 mai 2020

Didier Raoult aux sénateurs : "l’Etat français est décrédibilisé"

Contre-attaque du professeur marseillais dénigré par la caste parisienne qui serre les verrous et les coudes autour de l'INSERM 

Le professeur Didier Raoult devant la commission des affaires sociales du Sénat (Crédit DR).




par Christian Apothéloz
[Consultant, ci-dessous, je suis là pour imaginer des solutions, pour mettre en œuvre et en équipe des projets, pour inventer avec vous ce qui fera la différence pour réaliser l’impossible.]

Critiqué par le Premier ministre, mis en garde par le ministre de la Santé, remis en question sur les plateaux TV, le professeur Didier Raoult a dégainé son argumentaire devant le Sénat le 7 mai dernier en visioconférence.
Christian Apothéloz, consultant senior Marseille
Les questions des sénateurs furent factuelles, précises, acérées. Les réponses de Didier Raoult sont à la hauteur. Il réplique coup pour coup et précise ses attaques, sur le fond, avec les mêmes arguments qu’il défend depuis le début de la crise ou plus récemment dans son interview à Paris Match du 9 mai, mais sur la forme avec plus de combativité et de vélocité.

Dans un document de synthèse qui circule, produit par Didier Raoult, les
Réponses au questionnaire de la commission des affaires sociales du Sénat et que nous publions ci-dessous (en dernière page), il remet en cause globalement l’approche du gouvernement et pointe des responsabilités lourdes des décideurs politiques et médicaux. La pensée raoultienne en 10 citations.

1. Le conseil scientifique n’est pas au niveau

Sur le Conseil scientifique, il réitère sa grande défiance arguant du mauvais niveau des membres (par rapport à lui C.Q.F.D.) « Je refuse de débattre avec des gens ayant un niveau de connaissance trop bas » réaffirme-t-il dans Match. Mais surtout, il attaque sa consanguinité avec uniquement l’Inserm et l’Institut Pasteur au board, des infectiologues d’abord mais surtout, « ce groupe évolue dans un écosystème commun avec les directions locales de l’industrie pharmaceutique. »


2. Il faut tester tout de suite le maximum de personnes

« Dans une situation épidémique qui débute, il faut tester tout de suite le maximum de personnes. Ceci n’a pas été réalisé, en particulier parce que pendant un certain temps, les Centres nationaux de référence (tous les deux présents au Conseil scientifique) considéraient que les tests diagnostiques étaient une difficulté particulière, (ce qui ne correspond pas à̀ la réalité), et qu’eux seuls pouvaient les faire

3. Le paracétamol avant l’insuffisance respiratoire : une décision extrêmement dangereuse

« L’idée de proposer, officiellement, aux patients de ne pas chercher de soins avant de sentir des difficultés respiratoires, a été une décision extrêmement dangereuse : chez les patients qui ne présentaient que pas, ou peu de symptômes, et pas de difficultés respiratoires (dyspnée), 65 % d’entre eux avaient des lésions au scanner.

De mon point de vue, il y a tentative de monopolisation de la connaissance dans ce que cette crise a permis de révéler, et qui ne correspond pas à la réalité analysable. 

Quant aux recommandations, il paraît
difficile, de mon point de vue, de dire aux gens qui sont malades de ne pas venir se faire tester, ni soigner, et de dire aux patients que la seule thérapeutique acceptable est le Doliprane jusqu’au moment où ils présenteront une insuffisance respiratoire. »

4. La bonne méthode pour découvrir des choses inattendues

« Tout commence toujours dans les maladies nouvelles par de l’observation anecdotique, ensuite par des séries observationnelles qui permettent de cerner les questions basées sur l’observation initiale. Le fait d’imaginer que l’on puisse, en utilisant des méthodes traditionnelles, se doter des capacités d’observations est juste un fantasme, là aussi lié au fait que la plupart des gens qui sont en situation d’avoir une opinion sur cette situation se trompent de guerre. Dans les maladies nouvelles, les initiatives individuelles, les observations sont essentielles, c’est ce que les Anglais appellent l’abduction, c’est-à-dire la capacité de découvrir des choses qui sont inattendues [inférence à la meilleure conclusion raisonnable à défaut de vérification et en dépit des... protocoles] et qui ont été extrêmement communes dans cette maladie.»

5. La chloroquine : émotion, délire, manipulation de l’opinion

« Il est à noter, qu’à cette occasion, j’ai pu observer un délire, qui est le plus stupéfiant sur le plan médicamenteux, de toute ma carrière, pourtant longue, sur le danger extrême de l’utilisation de l’hydroxychloroquine et de la chloroquine. Ces médicaments sont prescrits depuis 80 ans, il est probable qu’au moins 1/3 de la population a eu l’occasion d’en manger. En France, la CNAM rapporte que 36 millions de comprimés de Plaquenil 200 mg ont été́ distribués en 2019. L’émotion formidable, sur les risques de la chloroquine et l’hydroxy-chloroquine, témoigne d’une absence complète de contrôle de l’information raisonnée, basée sur la bibliographie, et non pas sur les émotions des uns et des autres, voire la manipulation de l’opinion et je mesure mes termes. Par définition, le directeur de l’ANSM * (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé), en est responsable. »  
(*Le docteur - en psychiatrie - Dominique Martin, reconduit dans ses fonctions par décret du président de la République le 7 août 2017 (première nomination sur recommandation de la ministre Marisol Touraine, en 2014), sur recommandation de la ministre Agnès Buzyn, épouse Yves Lévy). Il fut notamment directeur des programmes à Médecins sans frontières (MSF) et conseiller social auprès du préfet de Paris. De 2001 à 2002, il fut nommé conseiller technique au cabinet de Bernard Kouchner, ministre de la Santé.

6. Conflits d’intérêts et « scientific misconduct »

Didier Raoult avait déjà dénoncé les conflits d’intérêts des autorités médicales en particulier avec le laboratoire américain Gilead.

« Ce qui est inquiétant, est que l’équipe conseillère du Conseil scientifique, qui rapporte des données sur le Remdesivir ou sur l’hydroxychloroquine, au mieux sont maladroites, ou pire, sont manipulées ». (…) « Il existe un problème très fondamental de conflits d’intérêts concernant la médecine dans ce pays, il paraît difficile d’être à la fois le bénéficiaire de financement massif et de se prononcer raisonnablement sur des choix thérapeutiques qui concernent les médicaments d’un industriel qui les produit. » Didier Raoult a même fait établir une courbe comparée des interventions contre la Chloroquine et du cours de Bourse Gilead ! (9 milliards de dollars d’action ont été́ échangés pendant la période du COVID 19 pour l’action Gilead). Derrière les murs de labos la bataille est sans merci : « Des dénonceurs professionnels m’ont fait harceler, pour me faire rétracter des publications ».

Pour donner l’exemple, l’IHU publie en fin de rapport un compte rendu chiffré de tous les contrats, conventions et dons des industries pharmaceutiques faits à la Fondation.

7. Le ministère dans le collimateur

« La position du ministère qui a consisté, sur les conseils du Haut comité de santé publique actuel, conseillé par le Professeur Chidiac [chef de service des maladies infectieuses et tropicales à l'Hôpital de la Croix-Rousse, Lyon], d’interdire la prescription d’hydroxychloroquine aux médecins généralistes. (…) Il existe donc pour des raisons qui sont mystérieuses et dont je pense que cette commission devrait se préoccuper sérieusement, d’empêcher l’usage du médicament le plus utilisé au monde pour traiter le COVID, le plus utilisé au monde par les médecins qui prennent en charge les COVID. Ce mystère français reste à élucider. Ceci décrédibilise durablement les décisions de l’État dans une situation de crise quand les praticiens sont massivement en désaccord avec les autorités et représente un danger pour l’avenir. »

8. L’essai Discovery biaisé

« L’essai Discovery représente les conséquences d’un choix initial, qui était d’utiliser le Remdesivir, et celui-ci ne pouvant être utilisé que dans les formes graves du fait de sa toxicité. Il ne testait plus la prise en charge des formes au début, ce que je pense être une erreur grave et une ignorance scientifique coupable sur la virologie

9. Le vaccin : un pari symbolique ?

« Concernant les vaccins, je ne suis pas sûr qu’un vaccin, pour une maladie dont on ne sait pas si elle existera l’année suivante, soit réellement autre chose qu’un pari. Il n’empêche qu’il faut bien que certains prennent des paris, mais la route est longue. Les exigences de sécurité, pour un vaccin de cette nature, prennent plusieurs années, en général.

J’ai la plus grande incompréhension sur les recommandations vaccinales. Il n’y a aucune homogénéité sur les recommandations vaccinales en Europe, où il existe 23 programmes de vaccination différents, aucun rapport entre nos recommandations vaccinales et celles des Etats-Unis. Des vaccins extrêmement importants et efficaces comme celui de la varicelle (plusieurs centaines de milliers de cas en France, par an), le rotavirus (plusieurs de centaines de milliers de cas), le papillomavirus, plus l’absence de mise en place d’une vaccination pour la grippe des enfants (la grippe aura tué probablement plus d’enfants cette année que le Covid), amène à penser que la création d’un vaccin, en dehors de son aspect symbolique, ne débouche pas nécessairement sur un usage. Je pense qu’il est plus urgent d’avoir une réflexion sur les vaccins existants actuellement, que sur les vaccins pour une maladie dont on ne sait pas si elle sera encore présente l’année prochaine.»

10. Le Lazaret ou la quarantaine ?

« Les isolements ont été faits sur un mode de quarantaine et non pas sur un mode de Lazaret, que nous connaissons bien à Marseille. Nous savons à Marseille, depuis plusieurs siècles, que le Lazaret (on isole les malades) a un intérêt (comme les avaient les sanatoriums) mais que la quarantaine (on confine tout le monde) ne fonctionne pas (elle consiste à enfermer des gens contagieux avec des non contagieux) et il se passe ce qui s’est passé sur les bateaux comme le Diamond Princess ou le Charles de Gaulle qui sont des exemples typiques de ce qu’est le confinement sans test préalable.»

lundi 4 mai 2020

Réouverture des écoles : en dramatisant, Macron fait du zèle

Son choix est en désaccord avec le "conseil scientifique"

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a prétendu être en accord avec le conseil scientifique sur la réouverture des écoles prévue le 11 mai. Ce n’est pourtant pas le cas.

Dans la presse de dimanche 3 mai, Olivier Véran est interrogé sur la différence entre le choix de Macron de rouvrir des écoles à partir du 11 mai et les recommandations du conseil scientifique communiquées le 20 avril. Le ministre de la santé a répondu qu’un tel désaccord n’existait tout simplement pas.
Le conseil scientifique était opposé à la réouverture des écoles "comme avant", ce qui n’a jamais été notre volonté. Nous sommes donc en accord.
Pourquoi Véran ment

L’argument d'O. Véran consiste ainsi à dire que le conseil scientifique ne s’opposait pas au principe de la réouverture des écoles, mais à ses modalités : il se serait plutôt opposé à une réouverture incontrôlée des écoles. Ce n’est pourtant pas ce que ses membres ont écrit.

Dans leur avis finalisé le 16 avril – soit trois jours après que Macron eût annoncé cette réouverture – et communiqué aux autorités le 20 avril pour publication -, les membres du conseil scientifique ont énoncé une position claire :
"Le risque de transmission est important dans les lieux de regroupement massif que sont les écoles et les universités, avec des mesures barrières particulièrement difficiles à mettre en œuvre chez les plus jeunes.
En conséquence, le Conseil scientifique propose de maintenir les crèches, les écoles, lescollèges, les lycées et les universités fermés jusqu’au mois de septembre."

Ledit conseil poursuit en prenant "acte de la décision politique (…) de réouverture progressive et prudente des crèches, écoles, collèges et lycées", précisant alors les mesures barrières qui peuvent être envisagées afin de proposer les meilleures conditions de réouverture possibles.

Ainsi, même si le conseil estime que certaines mesures barrières sont envisageables, il a aussi clairement expliqué que ces mesures sont « particulièrement difficiles » à mettre en œuvre, ce qui a motivé sa recommandation de laisser les établissements scolaires « fermés jusqu’au mois de septembre ».

Les recommandations sanitaires publiées dans l’avis du 24 avril ne changent pas la position du conseil scientifique : celui-ci énonce clairement une deuxième fois avoir "pris acte" de la décision politique et formule des recommandations en conséquence de cette décision.

O. Véran joue sur le fait que le conseil a formulé ces recommandations pour sous-entendre qu'il soutient cette décision, ce qui est inexact, pour trois raisons. D’abord, parce que le conseil a énoncé une position opposée claire, ensuite parce que le conseil n’a, à aucun moment, dit soutenir" de près ou de loin cette initiative. Et, enfin, parce que ses recommandations suivantes ne changent pas sa position. Le conseil a en effet un rôle d’aide à la décision qui implique qu’il formule des recommandations pour éclairer la décision politique… ou s’adapter à celles déjà prises. 
Attali s'est d'ailleurs empresse de rappeler la primauté du politique sur le scientifique...


lundi 27 avril 2020

Le vote sur le déconfinement réussit à perturber les "godillots" de Macron

Les incertitudes, vire-voltes et coups de menton de Macron jettent un fort doute sur la capacité  de Jupiter à prendre les bonnes décisions

L'aile gauche de LREM réclame un vote décalé du plan de déconfinement 

LogoLe néo-député LREM Aurélien Taché est "favorable" à "un délai pour pouvoir regarder les mesures" proposées.
Ancien conseiller auprès des ministres des gouvernement de Hollande au Logement, Sylvia Pinel, puis Emmanuelle Cosse, avant de rejoindre En marche ! en 2016, quand le PS était assuré de sa défaite à la présidentielle, Aurélien Taché assure qu'il "comprend la demande" formulée par Damien Abad, le chef du groupe LR à l'Assemblée, qui souhaite un délai de 24 heures entre la présentation du plan de déconfinement et le vote des députés. 

Ancien plombier diplômé de l’université de Limoges en qualité de président de l'UNEF locale, Aurélien Taché y côtoya "la bande de Poitiers".
Tous sont des militants socialistes venu à Limoges pour recevoir leur diplôme de juriste 
- le Parisien Stéphane Séjourné, dont on ne sait rien des diplômes à Poitiers mais où, en 2006, il a bloqué la fac de droit contre le gouvernement, uni par un PACS à Gabriel Attal et conseiller politique du président de la République, mais qui s'est prononcé contre une utilisation sans garde-fou du traçage numérique pour lutter contre la pandémie de Covid-19,
- le local Sacha Houlié, 30 ans, vice-président de l’Assemblée nationale qui vient de publier une tribune contre le traçage numérique des Français, évoquant "une réponse dangereuse et condamnable",
- le Lorrain Pierre Person, nommé délégué général adjoint du parti par son patron, Stanislas Guerini, mais qui a présenté le déploiement du traçage numérique comme une ligne rouge à même de remettre en cause son appartenance à la majorité présidentielle
et le Niortais Guillaume Chiche, ex-UNEF, MJS et Mutuelle des Etudiants, ex-MNEF,  fils de patron de mutuelle (ex-Smacl Santé, puis Eovi MCD Mutuelle, groupe Aésio, qui assure la couverture santé des 230.000 salariés des établissements d’hospitalisation, ainsi que des... EHPAD), un apparatchik chargé de la prospective à LREM, mais qui a mis en garde contre le traçage numérique, évoquant le risque de fractionnement de nos droits ou d’une logique de restrictions de libertés ciblées et individualisées, 
et Taché n'envisagea plus de retourner à la plomberie.

Le patron des députés LR Damien Abad a demandé "un délai de 24 heures"
 
LR demande le temps de la réflexion entre le moment où le premier ministre présentera aux députés le plan de déconfinement, le mardi 28 avril, et le moment où il sera soumis au vote des députés.
Sur le fond, il souhaite "un déconfinement territorialisé qui fait confiance aux acteurs locaux et surtout un déconfinement sous protection, c'est-à-dire la protection par les masques et les tests pour les Français".

"Je comprends cette demande", a affirmé Aurélien Taché, le néo-député LREM du Val-d'Oise. "Je suis très favorable à ce qu'on puisse avoir un débat et un vote différencié sur le traçage numérique
Avoir un délai, pour pouvoir regarder les mesures du plan de déconfinement dans son ensemble et se prononcer sur ces mesures me semble de bon aloi." Aurélien Taché estime que "sur des décisions aussi importantes", les députés doivent pouvoir se prononcer "avec le maximum de garanties"

Le débat sur question du traçage numérique occulte l'ensemble.

La demande de Damien Abad sera examinée lundi 27 avril lors d'une conférence exceptionnelle des présidents des groupes à l'Assemblée nationale. Pour Aurélien Taché, si le gouvernement "trouvait cette demande légitime", décaler le vote lui "semble envisageable"
Le député du Val-d'Oise rappelle qu'avec plusieurs collègues de la majorité, ils ont pareillement "demandé qu'un délai puisse se tenir entre la déclaration du Premier ministre mardi et le vote. Beaucoup souhaitent que sur la question du traçage numérique, nous ayons un vote et un débat dédié".

Un vote séparé entre le traçage numérique et le plan de déconfinement "était prévu au départ", rappelle Aurélien Taché. "C'est extrêmement important" d'y revenir, selon lui. "Nous nous engageons sur une voie nouvelle avec ce traçage numérique. Moi je suis très réservé sur ce principe." Le député de la majorité aurait préféré "sur les sujets d'éthique et du numérique, prendre le temps du débat". 

Taché souligne que le projet Macron pose "beaucoup de questions". 
"En matière de souveraineté numérique, est-ce que nous devons trouver des alternatives aux Gafam, en investissant par exemple de l'argent public dans les logiciels libres ?" 
Cela pose également des questions "en matière de propriété des données personnelles. Ces Gafam maîtrisent nos données personnelles. Est-ce que c'est normal", s'interroge le député LREM. "J'aurais préféré que nous puissions avoir un débat de ce type-là. 
Maintenant, c'est vrai que la crise est là, que le Covid est là, que le confinement est là. Le gouvernement étudie toutes les options, soit. Mais sur un sujet aussi important, un débat parlementaire et un vote sont indispensables. Le Parlement est le gardien des libertés fondamentales. On doit pouvoir se prononcer sur un sujet comme celui-ci."

Retour à l'école : aux élus de "trancher"

Interrogé sur le fait qu'en optant finalement pour le 11 mai, Macron passe outre l'avis de ses "sociétés savantes" : son propre "Conseil scientifique" a en effet préconisé la fermeture des écoles jusqu'en septembre. S'engouffrant dans la brèche, Aurélien Taché estime que c'est carrément "le rôle de la démocratie et des élus de trancher après avoir pris connaissance des avis scientifiques"
Il faut, selon lui, "éclairer les décisions" des politiques par "des avis scientifiques rendus par les experts". Mais les élus doivent "décider en fonction d'autres considérations". A définir... 

"Le confinement devient extrêmement difficile sur le plan social, pour de nombreux Français, qu'il creuse des inégalités et que nous devons être capables de redémarrer l'activité sociale pour y faire face," insiste l'ex-plombier socialiste du Val-d'Oise, qui pense notamment que les "décrocheurs" doivent être rattrapés par la manche et contraints les premiers de revenir à l'école... "Nous avons aussi toutes ces contraintes sociales et démocratiques", insiste Aurélien Taché.

Les députés LREM ne savent plus sur quel pied danser

Les vire-voltes de Macron embarrassent bon nombre d'élus de la majorité présidentielle. 
Outre le tracage, arbre qui cache la forêt, l’accélération soudaine des horloges interpelle sur sa tactique de déconfinement

A cela s'ajoute les fausses raisons dénoncées comme autant de mensonges. Samedi soir, la nouvelle est tombée d'en-haut sur les députés LREM qui ont appris que "le gouvernement a décidé d'avancer la présentation de la stratégie nationale de déconfinement, afin de répondre aux aspirations pressantes de nos concitoyens", comme le leur a écrit leur chef de file, Gilles Le Gendre. Or, ces mêmes Français - qui sont habituellement méprisés parce qu'"ils n'ont pas compris" (la "pensée complexe" de Jupiter) ou ne savent pas comment placer un masque, aux dires d'une autre lumière, Sibeth Ndiaye - auraient cette fois été entendus, écoutés et leurs avis pris en compte !

Autre carabistouille de Le Gendre : contrairement à ce qui avait été annoncé, le débat parlementaire suivi d'un vote sur l'application StopCovid sera finalement "élargi" à l'ensemble de la stratégie de déconfinement. 
De quoi se plaint-on ?

dimanche 26 avril 2020

Promis mardi, l'avis du Conseil scientifique sur le déconfinement fuite dès samedi...

Edouard Philippe s'est fait brûler la politesse !

On connaît déjà, avant les députés, les recommandations des "savants" au gouvernement 

Mai 68 : "sous les pavés, l'entreprise" ?
L'enfer du déconfinement est pavé de bonnes intentions
Ce que le Conseil scientifique recommande pour une “levée progressive et contrôlée du confinement” à partir du 11 mai.

"Tout s'accélère", raconte BFMTV, chaîne experte en infox politique vertueuse. Déplacements possibles entre régions mais déconseillés à l’étranger, masques obligatoires au collège et au lycée, maintien du télétravail: le Conseil scientifique chargé d’éclairer le gouvernement - mais qui navigue à vue - a livré ce samedi 25 avril  ses recommandations pour une “levée progressive et contrôlée du confinement” à partir du 11 mai. Sylvain Maillard assure ce matin que ces scientifiques "connaissent parfaitement" le virus... Sibeth Ndiaye a fait des petits à Macron et sont-ils tous faits au même moule?

Le premier ministre Edouard Philippe présentera mardi après-midi sa “stratégie nationale du plan de déconfinement” face au coronavirus. Il devait s'adresser à tous les Français, puisqu'ils serot les acteurs principaux de leur retour à une vie active quasi-normale, mais il se tournera plutôt vers leurs représentants.... 
Cette présentation -groupée avec une autre déjà prévue sur l’application de traçage “StopCovid”- sera suivie d’un débat et d’un vote. Macron tient en effet énormement à diluer les responsabilités

L’enjeu est de réussir à lever le confinement, en vigueur depuis la mi-mars, pour faire redémarrer un pays à l’arrêt, sans provoquer un rebond de l'épidémie qui, depuis le 1er mars, a causé 22.614 morts en France, avec 369 nouveaux décès en 24 heures. Voici les principales mesures à prendre en compte pour y arriver, selon le Conseil scientifique.

Masques

Le diable est dans les détails » - Paris (75000)
Le port d’un masque dans les lieux publics ―pas seulement dans les transports et les lycées et les collèges― doit être "systématique" pendant les mois suivants la levée du confinement, selon le Conseil scientifique.

Ainsi, pour être faisable, le déconfinement nécessite que des "masques alternatifs de production industrielle ou artisanale anti-projection" soient "disponibles pour l’ensemble de la population et distribués en priorité aux personnes en contact régulier avec le public".

Les lieux recevant du public doivent proposer à leurs clients ou usagers des masques de protection et des solutions hydroalcooliques. "Un manquement à ces règles doit pouvoir aboutir à une fermeture administrative de ces lieux", selon l’avis.

Déplacements

Disposition en rangée et en quinconce des chicanes | Download ...Les déplacements d’une région à l’autre par transports en commun pourraient à nouveau être autorisés dès lors que les mesures barrière et les règles de distanciation sociale sont respectées.

Les transports urbains et périurbains devraient reprendre avec leurs cadences habituelles. Un ”étalement des horaires” des salariés, ajouté au maintien du télétravail, devrait éviter une saturation des transports en commun à certaines heures.

Les transports internationaux sont eux très fortement déconseillés jusqu’à l’été - inclus ou non, on ne sait pas encore - pour "réduire le risque de réintroduction du virus sur le territoire national": en macronie, l'étranger est suspect... Les voyageurs s’exposent à des mesures de quarantaine à l’arrivée à leur destination? comme au retour en France.

Le Conseil recommande également "une multiplication de l’offre" de transports scolaires pour que les élèves soient moins serrés. Sachant que les espacer en ligne n'a pas  de sens s'ils ne le sont pas aussi en colonnes ! 

 Ecoles

Les parents sont invités à prendre la température des enfants chaque jour avant le départ pour l’école [et au retour??]. En cas de symptômes, l’enfant ne devrait pas s’y rendre [ ! ] et les parents devraient prendre avis auprès de leur médecin traitant.

"Le port de masque doit être obligatoire" pour les collégiens et les lycéens, indique le Conseil, considérant en revanche le port du masque "impossible" en maternelle et adaptable en fonction de l’âge en primaire.

Les règles de distanciation sociale en vigueur de façon générale dans la société devraient être adoptées dans tout l’établissement
Lunch box bento - %Manufacturer% : Soins Kiné médicalles tables étant notamment écartées d’un mètre en classe. Les chicanes et le quinconce (ci-dessus) devraient s'imposer aussi, comme dans les écoles.

Les établissements devraient également faire en sorte que les élèves d’une classe ne croisent pas les élèves d’une autre classe ou que les élèves d’un même niveau ne croisent pas les élèves d’un autre niveau, pour repérer les élèves à risque en cas de contamination

Et "si c’est possible", qu’ils déjeunent tous en classe, à leur table [repas fourni par les familles, avec la boisson].

 (Télé)travail

Le Conseil propose que les entreprises maintiennent le télétravail lorsqu’il est possible, “sur la totalité ou plus de la moitié du temps de travail”.

Pour les commerçants et artisans, il est proposé de reprendre une activité en respectant scrupuleusement les règles de distanciation sociale, si ubuesques soient-elles. “L’objectif est de reprendre progressivement une activité présentielle ne concernant si possible que la moitié des travailleurs”

Dans les administrations, il est aussi proposé de maintenir les plans de continuité de l’activité permettant un télétravail pour une part importante des personnels. 

Personnes à risque

Sous les pavés la plage», «Il est interdit d'interdire»... les ...
Retour du boomerang
sur la génération de Mai 68 
Le Conseil scientifique conseille aux personnes âgées de plus de 65 ans et/ou présentant des pathologies chroniques (hypertension, diabète, maladie coronarienne) de respecter “un confinement strict et volontaire, qui les protège de risques de contamination". "Ce choix doit pouvoir être proposé aux personnes à risque qui travaillent", précise les "savants".

Macron avait assuré le 17 avril qu’il ne souhaitait "pas de discrimination" des personnes âgées ou fragiles dans le déconfinement progressif après le 11 mai, en appelant ”à la responsabilité individuelle”.

Pas de festivals

Pendant les deux premiers mois suivant la levée du confinement, il est "nécessaire de maintenir fermés ou interdits tous les lieux et événements" rassemblant "du public en nombre important, qu’il s’agisse de salles fermées ou de lieux en plein air".

Dès le 13 avril, Macron avait souligné que ce type d’événements ne pourrait avoir lieu jusqu’à mi-juillet au moins. Les grands rendez-vous culturels ont déjà tous renoncé, de Cannes à Avignon en passant par les Francofolies ou les Vieilles Charrues. 

mercredi 15 avril 2020

Otage des méthodologistes, Macron appelle le professeur Raoult

Les Raspoutine de Macron auront-ils notre peau?

Raspoutine fut décrit comme un charlatan et un espion, assassiné à la suite d'un complot fomenté par des membres de l'aristocratie russe
Rasputin before his assassination in 1916. He was always ...
Raspoutine, confident de  la tsarine, épouse de l'empereur Nicolas II,
couple impérial préoccupé de la santé de leur fils, Alexis, 
héritier du trône de Russie, atteint d'hémophilie.
irritant les méthodologistes des années 80 et du temps du Sida, critiques de ses études sur le Covid-19 et de son traitement en bi-thérapie. Dans un entretien à Radio France internationale (RFI), il a estimé mercredi qu'il faut que la bi-thérapie concoctée par ce spécialiste des maladies infectieuses "soit testée""Il faut qu'on avance, qu'on montre l'efficacité et qu'on mesure la toxicité".

Macron  a qualifié de "grand scientifique" le professeur Didier Raoult, 

Il a rendu une visite surprise la semaine dernière à D. Raoult, qui affirme l'efficacité de l'hydroxychloroquine - dérivé de la chloroquine, un médicament contre le paludisme depuis plusieurs générations en Afrique comme en Europe - dans le traitement en bi-thérapie du nouveau coronavirus.

Or, la méthodologie du professeur Raoult ne sied pas à ses collègues parisiens. La méthode appliquée par le Marseillais invaliderait les conclusions tirées sur ce traitement, quand bien même les patients sauvés "gambaderaient" désormais dans la région. 
La presse sous assistance financière des grands laboratoires pharmaceutiques relaie régulièrement leur mauvaise foi de mandarins jaloux de leur pouvoir et clament "en même temps" leur compassion pour les morts et leurs familles. Ces media institutionnels - ses décrypteurs et analystes barbotant dans la même eau trouble prononcent les copiés-collés de leurs éléments de langage -  protègent leur pré carré et leur audimat, assurant que le Marseillais ne fait pas l'unanimité "chez les spécialistes" (sous-entendu parisiens) suggérant, comme BFM, que le provincial est un "charlatan", un demeuré, un bouseux.

Répétant le message du "comité scientifique" dont les membres appartiennent tous à la même chapelle et qui maintient la doxa qu'ils ont eux-mêmes fixée, les grands prêtres - les méthodologistes - critiquent l'absence d'un groupe témoin - les sacrifiés sur l'autel de la Science - recevant un placebo et un biais, des participants à l'étude - placés au purgatoire - ayant des formes moins graves de la maladie.

"Ce n'est pas une question de croyance, c'est une question de scientifique. Je suis convaincu que c'est [Didier Raoult] un grand scientifique, et je suis passionné par ce qu'il dit et ce qu'il explique", a confessé Macron sur RFI, disant que D. Raoult est "vraiment une de nos plus grandes sommités en la matière".

Et cela, tout en tant "très prudent", a poursuivi le chef de l'Etat.
Il s'agissait aussi de "regarder avec des méthodes qui doivent être simples mais rigoureuses, si ça marchait ou ça ne marchait pas". "Mon devoir c'est que toutes les pistes thérapeutiques aujourd'hui poursuivies puissent faire l'objet d'essais cliniques rigoureux et les plus rapides possibles pour qu'on trouve un traitement", a-t-il poursuivi, soulignant que son "rôle" consiste à s'assurer que la recherche du professeur Raoult "rentre bien dans le cadre d'un protocole d'essais cliniques" et que cessent les procès en sorcellerie.

Et le professeur Raoult "nous invite à être humbles", a souligné Macron, à l'adresse des mandarins, "parce que lui-même dit que les choses peuvent varier selon les saisons et les géographies, et qu'un virus réagit à un écosystème".

Quatre mois après l'apparition du virus en Chine, pour l'heure, la pandémie a fait près de 125.000 morts dans le monde, dont 15.729 morts en France. Les Etats-Unis sont le pays le plus touché, avec 25.757 décès pour plus de 600.000 cas et une population de 330 millions (144 millions en Russie et 1,4 milliards en Chine ).

Statistiques du coronavirus
Statistiques du coronavirus au 14/04/2020 au soir
PaysNombre de casNouveaux casNombre de mortsNouveaux cas mortels
USA603,496+16,55525,195+1,555
Spain172,541+2,44218,056+300
Italy162,488+2,97221,067+602
France143,303+6,52415,729+762
Germany131,359+1,2873,294+100
UK93,873+5,25212,107+778
China82,249+893,341 
Iran74,877+1,5744,683+98
Turkey65,111+4,0621,403+107
Belgium31,119+5304,157+254
Netherlands27,419+8682,945+122
Canada26,897+1,217898+118
Switzerland25,936+2481,174+36
Brazil24,232+8021,378+50
Russia21,102+2,774170+22
Portugal17,448+514567+32
Austria14,226+185384+16
Israel12,046+460123+7
India11,487+1,034393+35
Ireland11,479+832406+41
Sweden11,445+4971,033+114