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mardi 2 juin 2020

Application 'StopCovid', gadget pour nous pister...

Elle arrive trop tard et sera plus dangereuse qu'utile

Macron cherche-t-il à se donner bonne conscience ?

Il n'avait pas les masques de protection, ni les tests de dépistage, ni les lits, ni les respirateurs, ni les effectifs, alors il nous sort un bidule...

L'application StopCovid finalement disponible mardi 2 juin à midi, annonce Cédric O

Elle arrive avec quinze jours de retard: était-elle en quatorzaine ?
Prévue pour débarquer à midi sur les plateformes en ligne, l'application a accusé un retard supplémentaire. Du coup, de nombreux utilisateurs se sont tournés vers une autre appli "Stop Covid"... mise en place par le gouvernement de Catalogne...
C'est ainsi que les maladresses des arrogants au pouvoir ont amené une application du gouvernement de Catalogne, Stop Covid 19 CAT, en tête des téléchargements en France ce mardi sur le magasin d'application d'Apple, devant Zoom, TikTok et WhatsApp, selon un classement établi par la société spécialisée AppAnnie. Il s'agissait probablement d'internautes confondant les deux applications, analysent les cocus.
Après des semaines de débats et d'affrontements avec Google, l'application de traçage de contacts StopCovid est enfin disponible au téléchargement dans le magasin d'applications Google Play, mardi 2 juin. 

Sa publication sur le magasin d'Apple n'est toujours pas effective mais devrait suivre rapidement, a promis l'entourage du secrétariat d'Etat au numérique Cédric O, qui n'a pas osé trop montrer sa face.

Ce truc est extrêmement décrié dans son principe

Sortie sous une nuée de quolibets, l'application suscite avant tout de nombreux soupçons d'atteintes aux libertés individuelles.
Les apprentis sorciers prétentieux assurent que le choix de Bluetooth (contre la géolocalisation) apporte des garanties de respect de la vie privée des utilisateurs, tous volontaires pour un traçage.

Mais encore faudrait-il que 60% des Français pratiquent cette appli pour qu'elle devienne efficiente dans la lutte contre la Covid19. Dans l'hypothèse d'une seconde vague, puisque, tels les flics, StopCovid arrive après la bagarre.

StopCovid doit permettre de prévenir les utilisateurs s'ils ont croisé récemment, à moins d'un mètre et pendant plus de 15 minutes, un autre utilisateur qui s'est découvert, mais surtout signalé, contaminé par le coronavirus.

dimanche 10 mai 2020

Le Parlement prolonge l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 10 juillet

Les pleins pouvoirs à Macron étaient-ils nécessaires depuis le risque de scission à LREM ?

Le texte du gouvernement a été adopté en seconde lecture à l'Assemblée à majorité présidentielle

L'Edouard, incarnation tragique de l'épidémie de Covid19

Un compromis entre députés et sénateurs aura été nécessaire en commission pour que le Sénat donne son feu vert au cours de la navette parlementaire

Le président du Sénat saisira le Conseil constitutionnel dès samedi soir, a confirmé Gérard Larcher (LR)souhaitant s'assurer que les mesures qui seront mises en œuvre "sont nécessaires et adaptées aux circonstances". Macron a déjà annoncé qu'il saisira lui-même les Sages.
C'est la loi du 23 mars 2020 qui prévoit la possibilité de déclarer l'état d'urgence. Cette possibilité est introduite de façon provisoire dans le code de la santé publique (jusqu'au 21 avril 2021). La même loi a prévu l'entrée en vigueur de l'état d'urgence sanitaire pour une durée de deux mois sur l'ensemble du territoire national à compter du 24 mars 2020. Pour prolonger l'état d'urgence sanitaire au-delà du 24 mai, le gouvernement a présenté un projet de loi de prorogation le 2 mai. Le 9 mai, le Parlement a voté le texte et prolonge l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 10 juillet inclus.
Quels sont les pouvoirs du premier ministre pendant l'état d'urgence sanitaire ?
La déclaration de l'état d'urgence sanitaire autorise le premier ministre à prendre par décret :
  • des mesures limitant la liberté d'aller et venir, la liberté d'entreprendre et la liberté de réunion (y compris des mesures d'interdiction de déplacement hors du domicile) ;
  • des mesures de réquisition de tous biens et services nécessaires pour mettre fin à la catastrophe sanitaire ;
  • des mesures temporaires de contrôle des prix
Ces mesures doivent être proportionnées aux risques encourus.

Le ministre en charge de la Santé a le pouvoir de prescrire par arrêté motivé toutes les autres mesures qui s'inscrivent dans le cadre défini par le premier ministre.

Le point sensible de la responsabilité pénale des acteurs publics et privés a fait l'objet d'une mise au point entre députés et sénateurs en début d'après-midi en commission mixte paritaire. La question de la responsabilité pénale des maires, en première ligne pour la sortie du confinement à compter de lundi et singulièrement la réouverture des écoles décidée unilatéralement par le gouvernement, était un sujet de vives tensions depuis plusieurs jours entre majorité et opposition

Le texte retenu modifie le Code de la santé publique pour préciser qu'il sera désormais tenu compte des "compétences, des pouvoirs et des moyens" dont disposait "l'auteur des faits", dans "la situation de crise ayant justifié l'état d'urgence sanitaire", ainsi que de "la nature de ses missions ou de ses fonctions". 

L'instauration d'un dossier médical partagé est prévue par ce projet de loi de prolongation de l'état d'urgence sanitaire. 
StopCovid
Députés et sénateurs ont aussi trouvé un compromis sur l'autre "point dur" de ce projet de loi : la mise en place d'un suivi des malades du coronavirus et des cas contacts, grâce à un fichier de suivi, un "contact tracing", en lien avec l'Assurance maladie. Les parlementaires ont ajouté des garanties sur la création de ce fichier, différent du projet d'application StopCovid. Ils ont notamment limité à trois mois la sauvegarde des données.

La possibilité d'une mise en quarantaine ou en isolement à l'arrivée sur le territoire nationale est prévue par le texte, dans certains cas. "L'objectif de promulgation de la loi le 11 mai se devait d'être tenu", a rappelé le secrétaire d'Etat Adrien Taquet, assurant que ce texte "n'est pas un blanc-seing" donné à l'exécutif.
  
Les "brigades" anti-Covronavirus soulèvent l'épineuse question de la confidentialité des données

Annoncées mardi 29 avril 2020 par le premier ministre, ces brigades seront chargées de faire remonter la liste des cas contacts des personnes contaminées.
"Protéger, tester, isoler": c'est sur ce triple levier que le premier ministre Edouard Philippe entend appuyer son plan de déconfinement visant à empêcher un rebond de l'épidémie. A  cet effet, il promet 700.000 tests disponibles dès le 11 mai et remboursés à 100 % par l'assurance-maladie.

Mais un "système d'information" intrusif visant à répertorier les porteurs du Coronavirus va être déployé, impliquant des entorses au secret médical. Pour identifier les personnes infectées, qu'elles soient symptomatiques ou asymptomatiques, et les inciter à se faire dépister, des "brigades sanitaires" – réunissant professionnels de santé (médecins, infirmiers, etc.), personnels de l'assurance-maladie, employés de centres communaux d'action sociale (CCAS), de conseils départementaux ou d'organismes comme la Croix-Rouge pourraient également les intégrer. Au total, une armée de 3 à 4.000 personnes sera mobilisée, mais toutes ne seront pas assermentées et liées par le secret professionnel. "Nous aurons 2.500 collaborateurs supplémentaires prêts à venir immédiatement en renfort si nécessaire", a susurré le directeur de l'Assurance maladie, Nicolas Revel, au journal Les Echos( groupe LVMH). 
Les "brigades sanitaires" seront par ailleurs intégrées dans un dispositif plus large, impliquant notamment le personnel de santé et les services municipaux. Selon Jean-François Delfraissy, président du "conseil scientifique", 30.000 personnes au total pourraient être mobilisées.... pour "casser" les chaînes de contamination.

Le Parlement retoque le texte de Macron

Les médecins, mercenaires rémunérés au signalement ?
Les généralistes ayant pris en charge un malade du Covid-19 devront recenser les personnes ayant été en contact avec ce patient et effectuer une première analyse du risque de contamination. En ce sens, ils formeront "la première ligne" du dispositif, a décidé Edouard Philippe. Les informations recueillies seront transmises à l'Assurance maladie. 
Pour ce travail, les médecins recevront un forfait de 55 euros par enquête sur le patient, comprenant à la fois la consultation et la saisie informatique des coordonnées des membres de la cellule familiale. Pour encourager les médecins à poursuivre l'enquête au-delà du cercle familial, deux euros seront versés pour chaque contact supplémentaire identifié. Ce montant sera porté à quatre euros quand les coordonnées permettant de les joindre seront renseignées, a précisé Nicolas Revel. 

Ces primes de rendement ont finalement été rejetées
, à la fois par les syndicats de médecins et par les parlementaires.

"Deux lignes rouges ont été levées," permettant aux députés et sénateurs LR de voter le texte, comme la majorité, d'une part sur la responsabilité pénale des décideurs et sur les modalités de traçage, fait valoir le chef de file du groupe de droite à l'Assemblée Damien Abad.

Macron, de l'état d'urgence politique à l'état d'urgence sanitaire, 
ou la tentation des pleins pouvoirs permanents 

A gauche, le castriste Jean-Luc Mélenchon (LFI) avait défendu une motion de rejet préalablel'extrême gauche entendait contester l'absence de "mesures sociales" comme la "gratuité" et la distribution de masques pour tous et mettre en garde contre l'installation d'une "société de surveillance". 
Les communistes ont aussi dénoncé un "régime juridique d'exception" et un "petit compromis" entre l'Assemblée et le Sénat. Selon le groupe CRCE, à majorité communiste, il n'y a pas lieu "de prolonger indéfiniment" l'état d'urgence sanitaire, la sénatrice écologiste Esther Benbassa fustigeant une "atteinte disproportionnée à nos libertés individuelles et publiques".
Le groupe PS a voté contre également. Malgré des avancées, le sénateur socialiste Jean-Pierre Sueur a dénoncé un texte sans "une ligne sur l'urgence sociale". 
"Ce n'est pas le cœur léger que nous restreignons momentanément les libertés publiques, a commenté la rapporteure LREM Marie Guévenoux. Et d'assurer que c'est "en conscience de nos responsabilités face à la crise sanitaire". Et elle a "formé le vœu que nous puissions le 10 juillet sortir de l'état d'urgence sanitaire". 
Il y a cinq jours toutefois, l'ineffable patron des députés LREM, Gilles Le Gendre, avait laissé entendre qu'il s'attendait à une nouvelle prolongation en juillet, sauf "divine surprise".

dimanche 3 mai 2020

Macron ne sera pas prêt pour le 11 mai: la faute à qui ?

Véran commence à pointer la responsabilité des Français 

La date du 11 mai "pourrait être remise en question", lance Olivier Véran

Image
Et l'AFP s'y colle ce dimanche,  titrant: "Lente amélioration à confirmer avant le déconfinement"... en écho à l'annonce par le ministre de la Santé Olivier Véran à la sortie du Conseil des ministres du samedi 2 mai de la prolongation de l'état d'urgence sanitaire en France jusqu'au 24 juillet. 

La pression sur les services de réanimation continue à retomber, avec 51 patients atteints du Covid-19 en moins au cours des dernières 24 heures, a annoncé samedi le ministère de la Santé. Le virus a causé la mort de 166 personnes lors des dernières 24 heures, loin cependant des centaines de morts quotidiennes il y a encore quelques semaines.

La carte de France a encore "verdi" d'un coup samedi avec de nouveaux départements de PACA, six au total, désormais dans le vert (Alpes-de-Haute-Provence (04), Hautes-Alpes (05), Alpes-Maritimes (06), Bouches-du-Rhône (13), Var (83), Vaucluse (84), dont trois en bordure de Méditerranée), outre les trois ou quatre "erreurs" des "savants" (Cher, Gers, Lot et Haute-Corse), les tensions sur le système hospitalier diminuant. Dans les départements en vert, 47 au total, une moindre présence du virus permettra d'organiser un déconfinement plus large.

Le "bon signal" d'une lente amélioration dans la lutte contre le coronavirus ne suffit pas: il doit être confirmé, préalablement à un déconfinement autour duquel les interrogations subsistent, de la réouverture des écoles aux mesures de quarantaine prévues à l'entrée en France après le 11 mai, en passant par l'arrivée ou non des masques de protection à destination du grand public, les "gens qui ne sont rien".

Le "pervers narcissique" de l'Elysée reste néanmoins braqué sur sa propre image

Le chef de guerre n'entend toujours pas ranger ses armes au vestiaire.
Macron a annoncé samedi la prolongation de l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 24 juillet. 
Celle-ci ne pouvant être autorisée que par la loi, le texte sera examiné à partir de lundi au Sénat, puis le lendemain mardi à l'Assemblée nationale.
Le coronavirus en France, au 2 mai 2020: alors, impressionné ?
Pour créer l'illusion qu'il gère, l'exécutif radicalise sa position de déconfinement : au moment où les chiffres appellent à un desserrement de la pression, il a rendu obligatoire une "quatorzaine" pour les personnes arrivant sur le territoire national - c'est-à-dire les étrangers, touristes et migrants, sans xénophobie aucune... La décision est annoncée avant que les conditions de mise en œuvre soient arrêtées : elle doivent l'être - sauf reculade -  dans les jours à venir. Si le mal jaillit encore de l'inconnu, un isolement des malades sera décidé.

En revanche, 
le gouvernement "n'a pas pris de dispositif législatif pour imposer l'isolement" aux personnes testées positives qui se trouvent déjà sur le territoire,  a confié le ministre de la Santé Olivier Véran, comptant sur "l'esprit de responsabilité des Français", des êtres plus évolués, et tellement supérieurs qu'ils seront épiés par des "brigades" sanitaires et verbalisés hardi petit, ce qui confirme, si besoin était, que la "pensée complexe" de Macron comporte des méandres impénétrables inaccessibles à toute cohérence.

Des interrogations sans fin


Le gouvernement est également resté flou sur le 
sujet sensible de l'Arlésienne de Macron, le traçage des malades.  Et pour cause: l'application controversée StopCovid ne sera pas disponible le 11 mai. Les règles d'Apple ont le respect des libertés individuelles, une notion qui n'avait pas effleuré Macron et son petit génie du numérique, Cédric O, un spécialiste au gabarit de chacun des membres des nombreux conseils, comités, Hautes Aurorités et agences scientifiques que compte la France.

Quant aux masques de protection, dont on nous rebat les oreilles depuis deux mois, ils arriveront en nombre quand les commandes tardives pourront être honorées et - si elles ne sont pas piratées-  livrées. Mais les cyniques, politiques et journalistes, qui font les annonces successives et tiennent "les gens" en haleine, ne les promettent plus gratuitement au 'vulgum pecus': il devra prendre le risque de se contaminer dans les grandes surfaces qui les déstockeront pour les leur vendre !


Aucune description de photo disponible.
Or, à dix jours du déconfinement, le gouvernement a dû décider à la fois le "déterrement" des butins en masques chirurgicaux, et, contre la spéculation, le plafonnement de leur prix de vente à 95 centimes l'unité. Pas celui des masques en tissu... Et de se justifier: en raison de la diversité des modèles et de leur provenance.

Le "sujet" de la vente des masques dont le port sera obligatoire dans les transports publics, reste un "challenge" "à regarder", de loin, "sur la table", confinement oblige, avant le 11 maien prévision de fortes tensions.
   
En revanche, opérationnelles et actives, des "brigades" seront "déployées" pour permettre le signalement et l'identification des "cas contacts" des personnes testées positives.

Inquiétude grandissante de nombre de parents et d'enseignants avant la réouverture des écoles par les bras cassés. 
Aucune description de photo disponible.
La "majorité des écoles" maternelles et primaires seront au rendez-vous du 11 mai, a assuré le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, avec un maximum de 15 enfants par classe. Pourquoi pas 12 ?
Et pour les accueillir, les écoles devront respecter un protocole sanitaire très strict, mais qu'elles devront se débrouiller à mettre elles-mêmes en place, en bonne harmonie avec les maires : lavage de mains répétés, jeux proscrits, désinfection du matériel, sens de circulation marqué au sol... un vrai casse-tête, surtout en maternelle, font valoir la plupart des enseignants.


Ainsi, à Lyon, PS, aucune date de rentrée n'a été fixée pour les élèves de petite et moyenne section de maternelle. "Les mesures de distanciation et les gestes barrières étant très complexes à mettre en œuvre", a justifié la mairie de Lyon par communiqué.


Idem à Nantes, où la maire (PS) Johanna Rolland a d'ores et déjà prévenu qu'il ne serait "pas possible" que tous les enfants retournent à l'école le 11 mai. 

Combien de discours de Macron, Véran ou Ndiaye, d'ici le 11, pour nous dire qu'en cas de recontamination, nous n'aurons à nous en prendre qu'à nous ?

mercredi 29 avril 2020

StopCovid bloqué, conséquence de l'agressivité de Macron envers les GAFA

Macron se heurte à Apple et découvre qu'il est impuissant 

Cédric O a confirmé que Apple crée des difficultés à la France pour obtenir un passe-droit sur le Bluetooth



Quand Macron tenta de se grandir
en s'affichant avec Tim Cook, patron d'Apple

La France est entrée dans un bras de fer avec Apple pour son application StopCovid de traçage des contacts, a confirmé Cédric O, secrétaire d’Etat au numérique.

Car Apple bloque le Bluetooth en arrière-plan pour protéger ses utilisateurs des applications malveillantes... "Les modalités de fonctionnement des iPhone ne nous permettent pas de faire tourner correctement l’application sur ces téléphones, a avoué le grand sorcier du numérique de Macron placé dans une impasse technologique. C’est pourquoi nous sommes en discussion avec Apple", a-t-il admis, pressé de questions sur les délais longs de la solution technique unifiée proposée par le géant américain et Google. 

Macron est donc finalement contraint de noyer son projet d’application de traçage dans le vote général sur le plan de déconfinement.
Emmanuel Macron souhaite qu'Apple investisse plus en France - Le ...
Tim Cook (Apple)
Un passe-droit risquerait de mettre en danger la vie privée des utilisatrices et utilisateurs d'iPhone. Or, l’entreprise de Tim Cook est intransigeante quand il s’agit de protéger la vie privée de ses utilisateurs et il n’a donc encore jamais plié devant les demandes des Etats, même aux Etats-Unis. 
Apple risque donc fort de refuser ce passe-droit sans lequel StopCovid ne fonctionnera pas et Macron est le bec dans l'eau: ses méthodes autoritaires et ses volte-faces seraient-elles suspectes à l'étranger ? 

"On le voit", le projet StopCovid bute "clairement" sur un composant essentiel de son efficacité : la nécessité d’utiliser le Bluetooth en arrière-plan, une fonctionnalité impossible sur iPhone. 
Les "savants" du numérique que Cédric O a constitué en "comité informatique" autour de lui n'avaient pas anticipé que, sans Bluetooth, l'application française ne fonctionne pas. 
Ils avaient pourtant l'exemple de l’échec de la tentative singapourienne qui pouvait leur enseigner que les utilisateurs ne sont pas prêts à s'exposer aux risques créés par une application laissée ouverte au premier plan, d'une part, et qui les empêcherait d’utiliser leur smartphone pour fonctionner, d'autre part.

Cette interdiction d’accès au Bluetooth n’est pas qu’un problème de batterie : elle a été mise en place pour empêcher le traçage malicieux et involontaire des utilisateurs, notamment à des fins publicitaires. 

Apple et Google ont développé les seuls outils qui permettent de créer une exception pour la crise sanitaire

Droits voisins : Macron répond à Google | Les Echos
En visite à l'Elysée, Sundar Pichai, PDG de Google, 
a pu se faire une idée personnelle de Macron
Les deux géants ne font pas confiance à Macron.
Leurs outils ne seront pas publics et n’entraîneront pas un changement dans les droits des applications, et ils seront réservés aux projets des Etats et de leurs agences de santé.

Si la France n'offre pas les garanties suffisantes, elle se fermera la porte à une application de traçage des contacts, avant même de savoir si une telle application est utile et en capacité d'utiliser les bons protocoles, de fonctionner pour le grand public et d'en gagner la confiance. 

La police a-t-elle réellement demandé à Google la suppression d'un ...
Confié à un consortium d’industriels et de startups, piloté par l’INRIA (Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique), un établissement public français placé sous la double tutelle du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation et du ministère de l'Economie, et présidé par Bruno Sportisse, nommé par Macron, le développement de StopCovid ne pourra pas contourner cet obstacle. Et, ironiquement, elle utilisera pourtant les mêmes types d’outils (API) fournis par Google et Apple dans d’autres phases de son développement, essentiels à la conception d’une application, montrant que le débat porté sur le front de la souveraineté numérique n’est pas compris de Macron. Ce qui confirme également que, considérant la concentration excessive des pouvoirs dans les mains de l'Etat centralisateur, c'est bien la personnalité imprévisible et autocratique de Macron qui fait obstacle. 

Le sujet du protocole est moins en question que le niveau de démocratie en France

Contrairement à ce que clame Cédric O, ci-contre,  les pays européens qui développent une application de traçage des contacts ne sont pas autant suspects que la France à Google et Apple: ces deux GAFA sont d'accords pour mettre leurs outils mis à leur disposition. La méthode développée par les deux géants du web à la demande des autorités de santé est philosophiquement proche du modèle décentralisé DP3T, conçue par une équipe de chercheurs européens dirigée par l’Ecole Polytechnique Fédérale de... Lausanne.

Le protocole ROBERT, imaginé par l’INRIA, est au contraire centralisé: l’information de contamination n’est pas transmise de smartphone à smartphone, mais poussée par un serveur central.
Après s'être d’abord déclarée en faveur d’une solution centralisée européenne, l’Allemagne utilisera finalement l’option de Google et d’Apple pour faire fonctionner son application, universelle et interopérable.

Macron  a encore réussi à isoler la France en Europe et dans le monde.
Or, cette fois, c'est la santé des Français qu'il met en jeu.

mardi 28 avril 2020

Macron débine Philippe, puis dément toute dissension avec lui

Macron a-t-il toute sa tête ?

Macron dénonce la décision de Philippe de refuser aux députés 24h de réflexion avant le vote de ses mesures de déconfinement

Les Républicains a réclamé un délai de 24 heures avant le vote, le pouvoir refuse. 
Mardi 28, le premier ministre présentera  les grandes lignes du plan de déconfinement à l’Assemblée et, dans la foulée, il sera suivi et d'un débat à 75 autorisés dans l'hémicycle et d’un vote électronique immédiat.
"Ça a l’air d’être de la démocratie, c’est seulement de la brutalité. Personne ne sait où on va et on nous impose un simulacre de démocratie à l’Assemblée nationale." Jean-Luc Mélenchon n’est pas le seul député à s’indigner de la façon expéditive dont est organisé le vote sur la sortie du confinement. Alors que Damien Abad avait demandé un report du vote au lendemain mercredi ou au  jeudi  pour disposer d'un minimum de temps de réflexion, l’Assemblée nationale devra se prononcer mardi en fin d'après-midi, immédiatement après la présentation du plan de déconfinement par le premier ministre Edouard Philippe et le débat qui s’ensuivra, dans un hémicycle en partie vidé de ses députés en raison des mesures sanitaires. 

Les Républicains ont déploré le rejet de ce "temps de réflexion":
 "Cette accélération du calendrier est un déni de démocratie", dénonce le président du groupe des députés LR, Damien Abad. "Nous demandons 24 heures de plus pour un travail de fond en commission et la consultation de nos collègues qui ne pourront siéger."  LR devrait donc logiquement refuser de soutenir de leur vote des mesures dont ils ne peuvent évaluer la portéemais rien n'est moins sûr. 
Le temps médical n'est pas le temps politique. Si les sommités du "Conseil scientifique" exigent le respect des protocoles stricts que ses "savants" ont édictés et des délais permettant tests et analyses, bien que les risques soient équivalents, foin, en revanche, des délais et analyses en matière législative !
Pour Marine Le Pen (RN), "les conditions du vote de mardi, à la suite immédiate d’un discours dont on ne sait rien, sans une loi nous permettant d’amender, sont un artifice du gouvernement pour tenter de nous faire partager sa responsabilité dans le fiasco de la gestion de cette crise sanitaire".

Au Parti socialiste, Olivier Faure a demandé que le vote attende la présentation de l’ensemble du plan de déconfinement, une condition pour "voter en connaissance de cause".

La contestation a aussi gagné les rangs de La République en Marche. 
"Comment le législateur peut-il se prononcer en sérénité sur un "plan de déconfinement ?", a ainsi interrogé la députée Martine Wonner, ce médecin soulignant qu’il ne le découvrira que quelques minutes avant le vote", dans une lettre au président de l’Assemblée Richard Ferrand. 
Durant la pandémie de Covid-19, elle a fait partie des élus à l'initiative du collectif " Laissons-les prescrire", ainsi que d'une pétition qui demande l'assouplissement des conditions pour recourir à l'hydroxychloroquineet dit [s'interroger] sur la confiance à apporter au gouvernement sur cette gestion de crise. Au vu du nombre de pétitions et tribunes qu'elle a déjà signés, elle devrait refuser son vote à Macron, mais on s'attend à une abstention de la velléitaire et de ses copines députées du "Collectif social-démocrate".

Le député Aurélien Taché, ex-apparatchik socialiste, mais LREM, s’est lui aussi dit favorable à un délai de 24 heures

Malgré les protestations de tous bords, l'Edouard a dit "NIET" !
Une fin de non-recevoir méprisante qui ouvre la voie à un vote à l'aveugle sur ce que sa présentation a bien voulu dire de son plan de déconfinement, a-t-on appris ce lundi de sources parlementaires troubles. Un blanc-seing que devraient lui accorder les fantoches en godillots de la majorité présidentielle.
Le premier ministre est attendu sur six thèmes prioritaires : "la santé (masques, tests, isolement, qui manquent toujours cruellement au grand public, après sept semaines de confinement réglementé…), l’école, le travail, les commerces, les transports et les rassemblements".

Le président de l’Assemblée Richard Ferrand a tenté de justifier ce refus d’un report.
Selon lui, présenter son plan devant l’Assemblée est une marque de considération du Parlement, a rapporté un participant. "En même temps", n'est-ce pas une marque de son mépris des Français, ces "illettrés" qu'ils ne cessent d'humilier en assurant qu'ils ne comprennent rien et ne saurait même pas placer un masque ? 

Vers un vote séparé pour ou contre le traçage ?

Ce vote du plan Philippe était initialement prévu le 5 mai, tandis que le mardi 28 avril devait être consacré à un vote sur l’application de traçage StopCovid, qui doit permettre de retrouver les contacts des porteurs du coronavirus. 
C’est d’ailleurs un sujet polémique secondaire qui a été gonflé artificiellement dans la presse pour dissimuler les dissensions entre Matignon et l'Elysée  : il a provoqué des remous jusque dans la majorité des béni-oui-oui et sa dilution dans la question du déconfinement est perçue comme une manœuvre politique. "Un vote unique sur le plan déconfinement - et donc sans possibilité de se prononcer sur le traçage numérique en tant que tel - et avec un nombre aussi réduit de députés, ne correspond pas, au regard des enjeux, à un niveau de démocratie parlementaire suffisant", a ainsi estimé dans un tweet Aurélien Taché.
Une position partagée par Damien Adad, qui réclame deux votes, l’un sur le tracking, l’autre sur le déconfinement.

Macron met la charrue avant les boeufs : on vote et après on discute ! 

Il restera une marge de manœuvre, une fois la présentation mardi de 'l’architecture générale", pour adapter le plan de déconfinement, une fois le vote assuré, racontent les truands"Le sujet reviendra devant le Parlement à l’occasion d’un projet de loi, présenté dans un très proche avenir, autorisant la prolongation de l’état d’urgence sanitaire, qui contiendra aussi les dispositions d’ordre législatif indispensables à la mise en œuvre du plan de déconfinement", a précisé à ses troupes le patron des députés LREM Gilles Le Gendre.

Alors que la presse fait état de conflits entre le président et son collaborateur, Macron a fustigé ceux qui "tentent de diviser" ! 

Macron a démenti toute dissension avec son factotum rebelle. 
Ce mardi lors du conseil des ministres, à quelques heures d'un vote à risques, il s'en est pris à ceux qui "tentent de diviser" l'exécutif.
"L'ensemble de l'exécutif est pleinement aligné dans cette crise," a assuré le chef de guerre, suggérant que l'ensemble de ses troupes a le petit doigt à la couture du pantalon.
Vu la gravité du moment, il s'est fait menaçant.
"Je n'aurai aucune complaisance [est-il susceptible d'en avoir ?] à l'égard de ceux [et celles] qui [il a des noms?] par des bruits et des rumeurs [quelle est la nuance ?] tentent de diviser le gouvernement et singulièrement le premier ministre et le président de la République", aurait déclaré le danseur de tango, selon des propos rapportés par un participant anonyme au Conseil des ministres. Plusieurs sources [plusieurs mais anonymes !] font état de divergences entre les deux têtes de la majorité sur les conditions de ce vote précipité à l'Assemblée.

Autre bruit ou rumeur : Macron aurait bien voulu accéder à la demande des oppositions de décaler le vote de 24h
Mais on apprend que Macron n'est plus aux commandes et que son premier ministre lui aurait dicté la décision: le grand Nicodème pelé aurait finalement imposé sa volonté. Selon Le Point et L'Express, Macron aurait été contraint d'appeler lui-même des journalistes pour défendre son point de vue divergent: et se plaindre d'être dépossédé de ses prérogatives? Des bruits de couloirs dignes d'Alexandre Benalla: savonner la planche de son premier ministre à la veille d'un discours crucial est-il la réaction appropriée d'un Jupiter, si  l'Edouard est devenu calife à la place du calife ?

Pas de remaniement avant septembre, selon l'Elysée

Bafoué par l'Edouard, Macron garde son Philou ? 
L'Elysée dément "catégoriquement" la "fake news" balancée par les deux réseaux sociaux hebdomadaires. Ils ne partiront pas ensemble en vacances: dommage collatéral du Covid-19 !  
"Il n'y a pas eu d'appels avec des journalistes et pas d'expression de doutes vis-à-vis du premier ministre, assure un proche conseiller du président (encagoulé, mais digne de foi). Cette histoire de vote à reporter ou pas est par ailleurs sans intérêt. Il s'agit d'une déclaration du premier ministre. Ce n'est pas de la compétence de la présidence"
Un quidam, membre du cabinet élyséen, poursuit le délire.
"Emmanuel Macron s'est construit en installant une saine distance avec les journalistes. Il voulait marquer la rupture avec la présidence de François Hollande.Hollande nous avait habitué à des énormités mais nous atteignons cette fois le fond.
A l'Elysée, les complotistes évoquent un travail d'"officines, qui veulent créer une théorie [?] du grand déplacement remaniement", sans préciser lesquelles et pour le compte de qui elles travailleraient. 

Le déconfinement va s'étaler jusqu'au 1er septembre, précise-t-on à l'Elysée.

L'état d'urgence sanitaire pourrait être prolongé jusqu'au 24 juillet". Mais vu que, dans la rhétorique élyséenne, le futur proche reste le temps préféré du "maître des horloges", l'été 2020 risque d'être noir.  

Alors faire un remaniement avant la rentrée aurait-il du sens, alors que le déconfinement n'est pas terminé ?  Voilà en tout cas qui donne une indication sur la suite : le projet de "concorde nationale", entendez d "'union nationale", vanté par Emmanuel Macron attendra au moins la rentrée de septembre.
Pourvu qu'à la rentrée les Français sachent enfin placer des masques, s'ils arrivent...