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mercredi 29 avril 2020

StopCovid bloqué, conséquence de l'agressivité de Macron envers les GAFA

Macron se heurte à Apple et découvre qu'il est impuissant 

Cédric O a confirmé que Apple crée des difficultés à la France pour obtenir un passe-droit sur le Bluetooth



Quand Macron tenta de se grandir
en s'affichant avec Tim Cook, patron d'Apple

La France est entrée dans un bras de fer avec Apple pour son application StopCovid de traçage des contacts, a confirmé Cédric O, secrétaire d’Etat au numérique.

Car Apple bloque le Bluetooth en arrière-plan pour protéger ses utilisateurs des applications malveillantes... "Les modalités de fonctionnement des iPhone ne nous permettent pas de faire tourner correctement l’application sur ces téléphones, a avoué le grand sorcier du numérique de Macron placé dans une impasse technologique. C’est pourquoi nous sommes en discussion avec Apple", a-t-il admis, pressé de questions sur les délais longs de la solution technique unifiée proposée par le géant américain et Google. 

Macron est donc finalement contraint de noyer son projet d’application de traçage dans le vote général sur le plan de déconfinement.
Emmanuel Macron souhaite qu'Apple investisse plus en France - Le ...
Tim Cook (Apple)
Un passe-droit risquerait de mettre en danger la vie privée des utilisatrices et utilisateurs d'iPhone. Or, l’entreprise de Tim Cook est intransigeante quand il s’agit de protéger la vie privée de ses utilisateurs et il n’a donc encore jamais plié devant les demandes des Etats, même aux Etats-Unis. 
Apple risque donc fort de refuser ce passe-droit sans lequel StopCovid ne fonctionnera pas et Macron est le bec dans l'eau: ses méthodes autoritaires et ses volte-faces seraient-elles suspectes à l'étranger ? 

"On le voit", le projet StopCovid bute "clairement" sur un composant essentiel de son efficacité : la nécessité d’utiliser le Bluetooth en arrière-plan, une fonctionnalité impossible sur iPhone. 
Les "savants" du numérique que Cédric O a constitué en "comité informatique" autour de lui n'avaient pas anticipé que, sans Bluetooth, l'application française ne fonctionne pas. 
Ils avaient pourtant l'exemple de l’échec de la tentative singapourienne qui pouvait leur enseigner que les utilisateurs ne sont pas prêts à s'exposer aux risques créés par une application laissée ouverte au premier plan, d'une part, et qui les empêcherait d’utiliser leur smartphone pour fonctionner, d'autre part.

Cette interdiction d’accès au Bluetooth n’est pas qu’un problème de batterie : elle a été mise en place pour empêcher le traçage malicieux et involontaire des utilisateurs, notamment à des fins publicitaires. 

Apple et Google ont développé les seuls outils qui permettent de créer une exception pour la crise sanitaire

Droits voisins : Macron répond à Google | Les Echos
En visite à l'Elysée, Sundar Pichai, PDG de Google, 
a pu se faire une idée personnelle de Macron
Les deux géants ne font pas confiance à Macron.
Leurs outils ne seront pas publics et n’entraîneront pas un changement dans les droits des applications, et ils seront réservés aux projets des Etats et de leurs agences de santé.

Si la France n'offre pas les garanties suffisantes, elle se fermera la porte à une application de traçage des contacts, avant même de savoir si une telle application est utile et en capacité d'utiliser les bons protocoles, de fonctionner pour le grand public et d'en gagner la confiance. 

La police a-t-elle réellement demandé à Google la suppression d'un ...
Confié à un consortium d’industriels et de startups, piloté par l’INRIA (Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique), un établissement public français placé sous la double tutelle du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation et du ministère de l'Economie, et présidé par Bruno Sportisse, nommé par Macron, le développement de StopCovid ne pourra pas contourner cet obstacle. Et, ironiquement, elle utilisera pourtant les mêmes types d’outils (API) fournis par Google et Apple dans d’autres phases de son développement, essentiels à la conception d’une application, montrant que le débat porté sur le front de la souveraineté numérique n’est pas compris de Macron. Ce qui confirme également que, considérant la concentration excessive des pouvoirs dans les mains de l'Etat centralisateur, c'est bien la personnalité imprévisible et autocratique de Macron qui fait obstacle. 

Le sujet du protocole est moins en question que le niveau de démocratie en France

Contrairement à ce que clame Cédric O, ci-contre,  les pays européens qui développent une application de traçage des contacts ne sont pas autant suspects que la France à Google et Apple: ces deux GAFA sont d'accords pour mettre leurs outils mis à leur disposition. La méthode développée par les deux géants du web à la demande des autorités de santé est philosophiquement proche du modèle décentralisé DP3T, conçue par une équipe de chercheurs européens dirigée par l’Ecole Polytechnique Fédérale de... Lausanne.

Le protocole ROBERT, imaginé par l’INRIA, est au contraire centralisé: l’information de contamination n’est pas transmise de smartphone à smartphone, mais poussée par un serveur central.
Après s'être d’abord déclarée en faveur d’une solution centralisée européenne, l’Allemagne utilisera finalement l’option de Google et d’Apple pour faire fonctionner son application, universelle et interopérable.

Macron  a encore réussi à isoler la France en Europe et dans le monde.
Or, cette fois, c'est la santé des Français qu'il met en jeu.

lundi 7 octobre 2019

Attentat islamiste à la Préfecture : les oppositions mettent en cause Castaner

"Des LR et Marine Le Pen veulent la démission de Christophe Castaner", selon La Voix du Nord ou Le Parisien. Et Mélenchon, il ne demande rien ?

Le parti-pris de la presse dépendante des aides de l'Etat est-il républicain ?

Les aides versées par l’Etat sont un maquis, entre aides directes, aides à la distribution, aides à la modernisation sociale. Si on additionne ces aides par groupes de presse, on obtient pour l’année 2016 (les chiffres ont été arrondis) en Millions d’€ :

Groupe Arnault/LVMH  12M (Les Echos, Le Parisien)
Groupe Ouest-France     9M (Ouest France)
Groupe Drahi                   7M (Libération, L’Express)
Groupe Dassault             6M (Le Figaro)
Groupe Le Monde           6M (Le Monde)
Groupe Crédit Mutuel      5M (un empire de la PQR, Presse quotidienne régionale)
L’Humanité                       3.5M (le plus aidé au numéro)
Selon l'OJIM, observatoire du journalisme, "il est facile de constater que les aides vont principalement aux milliardaires qui possèdent une bonne partie de la presse et à une banque. L’Humanité est un cas à part: le titre est en perdition et vit depuis longtemps d’abandons de créances et de subventions."

Site qui décrypte les media et leur environnement,
l'Ojim s'est pareillement intéressé au privé et à Google, son généreux mécène. 
Menacé en France de redressements fiscaux en 2012, Google a crée en 2013 un fonds d’aide au développement de la presse écrite en France afin de "soutenir le journalisme de qualité" (sic) : comprendre l'asservir et le museler. Ce fonds doté de 60M d’€ (une paille par rapport aux impôts exigibles si Google relevait du droit commun de taxation des entreprises) couvrait la période 2013/2015 et a été prolongé en 2016. 

Les chiffres sont disponibles pour cette dernière année, arrondis en K€:
Groupe Arnault       900K€
Groupe Drahi          670K€
Groupe Le Monde    620K€
(sans compter……..  260K€ pour les Inrocks de Matthieu Pigasse)
Groupe Safa          520K€ (propriétaire libanais des titres du groupe Valmonde, comprenant notamment le magazine hebdomadaire Valeurs actuelles, et du mensuel Mieux vivre votre argent, à travers sa filiale Privinvest Médias)
Groupe Lagardère 440K€ (Elle, Paris Match, Le Journal du dimanche, Europe 1, etc)
Ces chiffres n’incluent pas ce qu’a dépensé Google pour créer le Decodex du Monde, la somme demeurant secrète : sans doute le fameux "secret des sources" dont bénéficie indûment la presse manipulatrice de l'opinion! Un nouveau fonds Google, européen cette fois, dit DNI doit succéder au fonds destiné à la France.

Pour sa part Facebook ne demeure pas inactif. D’un côté le réseau social finance les activités de ses partenaires pour "traquer les fake news", ces informations qui ne doivent pas sortir, mais qui fuitent par les réseaux sociaux. De l’autre, il verse sur des périodes de six mois des sommes allant de 100 à 200K€ par... mois à ses partenaires de la presse écrite pour rédiger du contenu, notamment vidéo, une bonne manière de tenir en laisse ces mêmes partenaires. Et en empochant au passage la plus grande partie de la valeur ajoutée.

Au passage on apprend que la fondation Bill Gates finance entièrement Le Monde Afrique, portail africain du Monde, ce dont le quotidien du soir ne se vante pas.
Cela étant posé, pour davantage de transparence dans les prises de position de notre presse "libre et indépendante", ce qui suit gagnera en clarté.

"Le ministre de l’Intérieur est dans le viseur de l’opposition de droite et d’extrême-droite après l’attaque à la préfecture de police de Paris"

C'est ce qu'on lit dans la presse macronienne à l'oeuvre dans le travail de sape de l'opposition.
Il est vrai que patron des députés Les Républicains Christian Jacob a annoncé samedi qu’il va demander mardi une " commission d’enquête" à l’Assemblée sur l’attaque à la préfecture de police de Paris, certains parlementaires LR exigeant la démission du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner. Ce qui en touche une sans faire bouger l'autre, selon la formule de Chirac, mais ce qui émeut pourtant la macronie et ses satellites de la presse institutionnelle mendiante. 
"Mardi en conférence des présidents, je vais demander la mise en place d’une commission d’enquête sur l’affaire de la préfecture de police", a prévenu Christian Jacob, précisant qu’il souhaite la voir commencer "ses travaux dans les plus brefs délais".
"L’affaire est très grave". Il faut la prendre "très au sérieux parce qu’elle engage la sécurité, l’efficacité de nos services de renseignement", a insisté le chef de file des députés LR, précisant que son groupe est prêt à utiliser son "droit de tirage" annuel qui lui permet d’inscrire une demande de commission d’enquête à l’ordre du jour de l’Assemblée.

Le député LR Eric Ciotti, en charge des questions de sécurité aux Républicains, a précisé, dans un communiqué, avoir déposé, avec l’accord de Christian Jacob,
une proposition de résolution "relative à la création d’une commission d’enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur les dysfonctionnements ayant conduit aux attaques commises à la préfecture de Police de Paris le jeudi 3 octobre 2019".
Même inquiétude du président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau
"Le ministre de l’Intérieur doit répondre à cette question : comment un individu présentant un tel profil (signalement en 2015, fréquentation d’un imam proche des frères musulmans) a t-il pu occuper un poste dans un service sensible de la préfecture de police ?", a-t-il critiqué dénoncé sur son compte Twitter en reprenant des informations de "certains media", critiquent notamment La Provence, L'Express, France Soir, Le Figaro (numéro 4 des assistés) et Le Parisien (n° 1), tous dans les mêmes termes exacts, pratique dont Le Figaro accuse les blogueurs ...
"Le ministre de l’Intérieur n’est pas capable d’assumer sa fonction".
Le député Guillaume Larrivé, également candidat à la présidence LR, a également demandé la démission du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner. "Je l’écris avec gravité. Trop c’est trop. Le ministre de l’intérieur n’est pas capable d’assumer sa mission. Il ne peut pas rester en fonction. Il en va de la sécurité nationale", a-t-il estimé.


Cette presse de copieurs-colleurs garde Marine Le Pen sur 
BFMTV (deuxième groupe capitaliste assisté par Macron) pour la bonne bouche.
La présidente du Rassemblement national (RN), arrivée seconde au second tour de la présidentielle, a également annoncé soutenir la création d’une commission d’enquête parlementaire à l’Assemblée nationale.

Le principal opposant à Macron à gauche appelle également à la démission de Christophe Castaner. 
Mais les manipulateurs-assistés omettent de citer la demande de démission émise par Mélenchon. Principal candidat de la gauche à la dernière présidentielle, est-il quantité négligeable? Sa nouvelle demande est en fait une réitération de la précédente, à propos des "barbares" de la police.
Il y a six mois, il mettait en garde contre Castener qui "va laisser une race de sang"...  
Reproduisant une dépêche de l'AFP, le magazine Le Point cite la demande de Mélenchon, incidemment, dans un article valorisant en fait une initiative de contre-offensive du ministre de l'Intérieur et titré "Castaner saisit la justice, poussé par les policiers mécontents".

Or, derrière, Le Point cite aussi en écho à Castaner, le commentaire de Fabien Vanhemelryck, le secrétaire général du syndicat Alliance, classé à droite : "M. Mélenchon est anti-police, anti-système, anti-République. Il faut qu'il soit sanctionné fermement (...) Nous nous porterons partie civile".

Les GAFA tiennent la presse. Et ils tiennent Macron qui prétend les faire cracher au bassinet de Bercy.


lundi 1 avril 2019

Remaniement : trois entrants au gouvernement, pour surprendre et déplaire

Aucun des promus, Sibeth Ndiaye, Amélie de Montchalin et Cédric O, ne peut faire l'affaire

Isolé, Macron se recroqueville sur ses premiers compagnons d'aventure

Sibeth Ndiaye, Amélie de Montchalin et Cédric O seront respectivement porte-parole du gouvernement, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes et secrétaire d'Etat au Numérique. 
Après les départs de Nathalie Loiseau, tête de liste de La République en marche pour les européennes, Mounir Mahjoubi et Benjamin Griveaux, en marche pour la prise de la mairie de Paris, trois postes étaient à pourvoir. Finalement, les trentenaires sont préférés : la franco-sénégalaise Sibeth Ndiaye est nommée secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre et porte-parole du gouvernement, Amélie de Montchalin secrétaire d’Etat auprès de Jean-Yves Drian  ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée des affaires européennes, et Cédric O secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire et du ministre de l’Action et des comptes publics, Gérald Darmanin, chargé du numérique.

Sibeth Ndiaye, 39 ans, porte-parole du gouvernement


Résultat de recherche d'images pour "cedric O et Macron"Son profil : ancienne membre du Parti socialiste, elle n'a jamais exercé aucun mandat électif, mais Emmanuel Macron l'a chargée de la presse lorsqu'il est devenu ministre de l'Economie en 2014. Quand il lance sa candidature à la présidentielle, elle fait partie de l'équipe de campagne chargée des relations presse. Une fois Macron élu, elle devient conseillère presse et communication à l'Elysée. Ces derniers jours, Sibeth Ndiaye, était pressentie pour devenir directrice de la communication de l'Elysée, poste dont elle assurait l'intérim depuis le départ de Sylvain Fort en janvier 2019.
Ses atouts : Sibeth Ndiaye est connue pour son style de communication très direct. C'est notamment elle qui avait tweeté la vidéo où Emmanuel Macron évoquait "un pognon de dingue". Proche de Macron qu'elle appelle par son prénom, elle partage avec lui un vocabulaire cash, voire grivois. C'est elle qui avait commenté la mort de Simone Veil d'un "elle est dead, la meuf"...Ses rapports avec Macron : depuis le début, elle fait partie de sa garde rapprochée. Style corps de garde. Elle a été préférée à Mayada Boulos.

Amélie de Montchalin, 33 ans, secrétaire d’Etat chargée des affaires européennes

Résultat de recherche d'images pour "cedric O LREM"Son profil : propre sur elle et teint rose, elle native de Lyon. Amélie de Montchalin a travaillé chez Axa? puis comme analyste politique junior à la Commission européenne ou comme économiste à la BNP Paribas. Proche du centre-droit, elle n'a jamais pris sa carte de militante UMP ni chez Les Républicains. La défaite d'Alain Juppé à la primaire de la droite a poussé cette juppéiste à rejoindre La République en marche en décembre 2016.

Ses atouts : néo-députée élue dans la 6e circonscription de l'Essonne et propulsée cheffe de file de son groupe à la commission des Finances, elle est rapidement devenue un élément clé de la nouvelle majorité. Elle est notamment connue pour sa bonne maîtrise des dossiers, ce qui l'avait désignée pour être "députée de l'année 2017".

Ses rapports avec Macron : Amélie de Montchalin n'est pas connue pour sa proximité avec le chef de l'Etat. Elle est pourtant inconditionnelle. Actuellement.
Cédric O, 37 ans, secrétaire d'Etat chargé du numérique
Son profil : d'origine  coréenne - comme Jean-Vincent Placé et Fleur Pellerin - par son père (reparti à Séoul) et lyonnaise par sa mère enseignante, Cédric O a la réputation d’un bon élève sérieux et organisé. Trésorier de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron, donc au courant de la collecte de fonds à Las Vegas, il le demeure au parti présidentiel, LREM. Depuis novembre 2017, il fait aussi membre du bureau exécutif de LREM.Diplômé de HEC, il a fait une incursion dans le privé. Entre 2014 et 2017, il travaille chez l'équipementier aéronautique et de défense Safran (né de la fusion entre Snecma et Sagem) comme chargé de mission auprès du directeur industriel, puis comme responsable de la production chez Safran Aircraft Engines.Pour remplacer Mounir Mahjoubi, Macron a choisi le frère de la suppléante de Mahjoubi...

Delphine O., 33 ans, est devenue députée de Paris (quartier de la Place du Colonel Fabien et partie du 19e arrondissement) à l'entrée de Mounir Mahjoubi au gouvernement et siège à l'Assemblée.Ses atouts : collaborateur de François Hollande, lors de sa campagne présidentielle, puis de Pierre Moscovici au gouvernement, il est très au fait du périmètre de son secrétariat d'Etat, comme ancien conseiller en charge des participations publiques et de l’économie numérique de l'Elysée. En mai dernier, il avait organisé l’événement "Tech for good" réunissant à l'Elysée une soixantaine de dirigeants mondiaux de la tech, dont Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, parmi les GAFA visés par un projet de réforme de Macron.Ses rapports avec Macron : en tant que conseiller de l'Elysée, il était proche du président de la République.




samedi 19 janvier 2019

"Le grand débat n'est qu'une mise en scène pour faire diversion," souligne Dupont-Aignan

Et les maires ruraux se sont laissé prendre au piège 

Le grand débat national une opération de communication d'un "pouvoir aux abois", dénoncé par le leader de 'Debout la France'.

Suspecté de vouloir récupérer le mouvement en souhaitant, notamment, les intégrer dans sa liste, il tente de reprendre la main. La société commerciale de sondages Ifop-Fiducial le crédite d'un score supérieur à celui du Parti socialiste d'Olivier Faure et de Génération·s de Benoît Hamon, réunis pour les prochaines européennes, où l'ex-candidat PS à la présidentielle sera tête de liste, malgré son score (6,36 %) historiquement catastrophique en 2017. 

Tout semble donc sourire à Nicolas Dupont-Aignan
Naguère à la marge de la droite, le voilà presque au coude à coude avec Les Républicains, que les lobbies macroniens continuent de diaboliser ou de mépriser tour à tour. Celui qui a obtenu près de 5 % à la dernière présidentielle a réussi à surfer sur la crise qui touche le pays depuis le mois de novembre. Quitte à parfois en faire trop : omniprésence médiatique, sorties contestées, coups permanents. 

Le magazine Le Point qui l'interroge a la courtoisie de ne pas évoquer sa tentative avortée d'alliance avec le RN (alors encore FN) de Marine Le Pen, lors de l’entre-deux-tours de l'élection de 2017. A l'heure où le président de la République a donné le coup d'envoi du grand débat national, comment le leader de 'Debout la France' compte-t-il s'engager  ? Quelle est sa stratégie pour les européennes  ? Comment imagine-t-il l'union des droites  ? Le Point a publié son entretien avec le député de l'Essonne et tête de liste pour le scrutin européen.





Le Point : Comptez-vous contribuer au grand débat national  ?

Nicolas Dupont-Aignan : En démocratie, le débat est permanent ! Je n'ai pas besoin d'un grand débat national encadré et sur-dirigé pour contribuer. J'ai été le premier, dès le début de la crise des Gilets jaunes, à déposer, avec les sénateurs Jean-Louis Masson et Claudine Kauffmann, une proposition de loi avec une quarantaine d'articles apportant des réponses à la crise d'identité, la crise sociale et démocratique de notre pays. Ce grand débat est bancal depuis le départ, car Emmanuel Macron a prévenu qu'il ne changerait pas de politique ! Le seul débat qui peut exister doit s'organiser autour d'un référendum et d'une question précise. Tout cela n'est finalement qu'une mise en scène destinée à gagner du temps et à faire diversion. Emmanuel Macron demande « une minute de plus, Monsieur le bourreau ». La seule solution pour ce pouvoir aux abois est de revenir devant les Français afin de retrouver sa légitimité. Il peut le faire de trois façons : le référendum, la dissolution ou une nouvelle présidentielle. Il n'y a pas d'autres moyens de s'échapper. Le général de Gaulle a toujours osé le recours au peuple  !

La question de l'Algérie ou de l'élection présidentielle était autrement plus fondamentale que celle de l'ISF…

La justice fiscale n'est pas une question fondamentale  ? Le rapport à l'Union européenne n'est pas une question fondamentale  ? La politique migratoire en général et le pacte de Marrakech en particulier ne le sont pas  ? Emmanuel Macron n'a consulté ni les Français ni les parlementaires sur le Ceta, le pacte de Marrakech ou le traité d'Aix-la-Chapelle. Il nous fait un show avec les maires, mais n'aborde jamais les causes profondes et structurelles de la crise actuelle. Les Français ne sont pas dupes.

Ne surestimez-vous pas les implications du traité d'Aix-la-Chapelle ou du pacte de Marrakech, par exemple  ?

On est libre d'en discuter  ! Ce traité a fait chuter le gouvernement belge, il ne doit pas être si anecdotique que le pouvoir le prétend ! Si les États-Unis, Israël, la Pologne, la Hongrie ont refusé ce pacte, si ce débat a été décisif, même en Allemagne, ce n'est pas un hasard. Qu'on arrête, dès qu'on aborde un vrai sujet, de nous dire que ce n'est pas important. Le président de la République n'a pas compris qu'on ne peut pas gouverner éternellement contre tout un peuple. L'entêtement du président bloque le pays, l'économie est à l'arrêt. Il faut en sortir vite. J'attends de sa part des décisions rapides, idéalement légitimées par un référendum. Ce n'est pas avec de vieilles ficelles de communicant et des images de meeting dans un gymnase qu'il va résoudre la crise démocratique de tout un pays.

Les européennes qui arrivent sont une possibilité d'expression démocratique…

Elles tombent très bien. Très peu de gens relient la crise sociale et démocratique actuelle à la manière dont on a construit l'Europe. Reconnaissez que je suis l'un des rares qui depuis des années expliquent que la façon dont nos différents dirigeants ont imposé l'Union européenne aux peuples ne pouvait être qu'une source de divisions, d'appauvrissement, de pertes d'identité. Elle aboutit à une crise dans chaque pays. L'impasse technocratique de l'Union européenne défigure la belle idée européenne à laquelle je souscris. Je ne suis pas anti-européen. L'élection tombe au meilleur moment pour changer radicalement d'orientation européenne. C'est un enjeu historique : nous pouvons changer de majorité au Parlement. C'est d'ailleurs pourquoi je suis tête de liste de Debout la France.


Je ne rejette pas par avance tout ce que fait Emmanuel Macron. Cette réunion avec les maires aurait dû avoir lieu depuis longtemps, d'ailleurs. Cependant, s'il ne change pas parallèlement sa politique fiscale, ses orientations économiques, notamment la désindexation des pensions de retraite par rapport à l'inflation, s'il ne met pas en place le référendum d'initiative citoyenne ou ne propose rien sur l'immigration – il ne suffit pas de parler de quotas  ! –, tout cela ne sert à rien. Emmanuel Macron ouvre le débat en fermant les portes. C'est une contradiction structurelle.

Il a pourtant fait un geste en décembre avec des mesures de près de 10 milliards d'euros  !

Ce n'est pas en se contentant d'un énième chèque avec l'argent des Français que l'on répondra à cette crise. Ses « mesurettes » de 10 milliards ne sont pas financées et ne sont pas à la hauteur. Il ne fait pas d'économies parallèles, ce qui aboutira à des impôts nouveaux. Moi, je suis pour la récompense du travail. Je suis pour que l'on s'attaque aux gaspillages, notamment la fraude à la carte Vitale (un magistrat a évoqué 2 millions de fausses cartes Vitale, pour un montant de 14 milliards d'euros de fraudes). Je vais proposer 32 milliards d'euros d'économies, sans compter les 20 milliards d'euros de fraude internationale à la TVA que nous pourrions récupérer comme ont réussi nos voisins européens.

Sur les Gafa, c'est au niveau européen que cela se décide. La France a été toute seule…

… car la France n'est plus crédible en Europe  ! Emmanuel Macron n'a jamais osé taper du poing sur la table. La France lance toute seule des initiatives, mais elle n'est plus respectée. Nos artisans sont en train de crever à cause de la concurrence déloyale provoquée par la directive des travailleurs détachés. Le président a fait tout un cinéma, mais il n'a quasiment rien obtenu. Mme Merkel s'essuie les pieds sur le paillasson français. 
Sur les Gafa, si la France avait menacé de quitter le marché unique et de ne plus appliquer certaines dispositions en cas de rejet de ses propositions – ou même si elle avait utilisé les négociations sur le Brexit pour tordre le bras du paradis fiscal qu'est l'Irlande –, on aurait peut-être obtenu plus de choses. Nous avons des partenaires, mais Emmanuel Macron traite les gouvernements élus en Hongrie ou en Italie de lépreux. L'insulte comme mode de gouvernement contre les Français ou les partenaires européens, ça ne marche pas !

D'ailleurs, Matteo Salvini s'est exprimé au sujet des Gilets jaunes…N'est-ce pas là une ingérence dans la politique intérieure française  ?

C'était une réponse du berger à la bergère. C'est désastreux. Aucun pays n'a le droit de s'ingérer dans la politique française, mais il faut comprendre que, lorsqu'on a été traité de lépreux, on a envie de réagir. Emmanuel Macron a fait la leçon au monde entier et pense que nos partenaires vont se laisser insulter ?

Vous vous qualifiez de gaulliste. Le gaullisme, c'est l'ordre, le respect des institutions et l'équilibre budgétaire. Peut-on être gaulliste et soutien des Gilets jaunes  ?

D'abord, être gaulliste, c'est respecter le peuple. C'est un ordre juste. Le général de Gaulle s'est toujours appuyé sur le peuple. Le général de Gaulle a toujours privilégié la légitimité à la légalité, a toujours été du côté du progrès social. J'ai appelé les Gilets jaunes à déclarer leurs manifestations, à garder des revendications raisonnables et, bien sûr, à ne pas recourir à la violence. Je propose un plan alternatif concret : moins payer, gagner plus et vivre mieux ! Le tout financé par de vraies économies. J'ai relu le discours du général de Gaulle lors du plan de rigueur lancé en 1958. Quand il a demandé des efforts aux Français, il a aussi augmenté les petites retraites, revalorisé le salaire minimum et exigé que les plus privilégiés contribuent. Il a tout simplement assuré la cohésion de la nation. Il faut que l'État stratège reprenne la main et laisse plus de liberté pour les PME, les artisans, les commerçants et les innovateurs. Je suis exactement dans l'alchimie gaullienne.

Mais reste la question du désordre tous les samedis…

Les Français ont encore le droit de manifester ! Et les Français veulent à 99 % manifester pacifiquement. C'est au gouvernement d'assurer le bon déroulement des événements, n'inversons pas les choses.

Sauf que les manifestations des Gilets jaunes provoquent l'arrivée des casseurs…

Le gouvernement a laissé faire les casseurs pour décrédibiliser sans succès le mouvement. Il a traité les Gilets jaunes de peste brune, a donné des ordres contradictoires à la police sans assurer le maintien de l'ordre. Sur les Champs-Élysées, ce sont souvent les racailles de banlieue et les anarchistes d'extrême gauche qui ont cassé. Et on ne fait rien. Ne mélangeons pas tout. Je ne tomberai pas dans ce petit piège.

Quelles seraient vos questions si un référendum était organisé  ?

Trois questions : une sur un nouveau pacte fiscal (économie et baisse d'impôts), une question sur les institutions (l'instauration du RIC, de la proportionnelle, du casier judiciaire vierge et du vote blanc) et la fin de la submersion migratoire.

Mais les mandats ne vont plus se résumer qu'à dix-huit mois  !

Quand on gouverne n'importe comment, c'est ce qui se passe. Quand on écoute son peuple, on gouverne durablement ! M. Orbán a été réélu trois fois en Hongrie, le gouvernement italien est à 70 % d'opinions favorables. Que je sache, il y a des gouvernements populaires dans le monde. Notre classe politique hypocrite ne veut jamais demander leur avis aux Français. Je vois M. Wauquiez me critiquer, mais c'est lui qui a accentué, comme ministre des Affaires européennes, l'immigration en France. C'est lui qui a refusé depuis des mois le référendum d'initiative partagé que j'ai proposé pour stopper la submersion migratoire. Les Suisses donnent leur avis, et ça marche ! Ce n'est pas la démocratie référendaire qui a ruiné la France, mais le règne des partis ! Je suis convaincu que les Français voteraient une baisse des dépenses publiques et des gaspillages, des incitations fiscales à produire en France, le rétablissement des frontières, l'internement des fichés S… On interne des manifestants, des Gilets jaunes, et on n'interne pas des fichés S islamiques. C'est curieux  !

La problématique n'est-elle pas cette élection présidentielle 2017 qui, avec les affaires de François Fillon, n'a pas laissé le débat s'installer sur tout un tas de grands sujets  ?

Bien sûr. Si vous reprenez les sondages, les gens n'ont pas voté pour le projet d'Emmanuel Macron. Ils ont cru voter pour un homme jeune qui allait changer le système infernal mis en place depuis vingt ans. Or, M. Macron a recyclé dans son gouvernement toute l'oligarchie de droite comme de gauche pour appliquer puissance dix tous les programmes dont les Français ne voulaient plus depuis vingt ans : immigration folle, politique européenne de concurrence déloyale, sacrifice des plus modestes.

A un moment, ça pète, c'est tout. Il y a eu un coup d'Etat démocratique, organisé sur une image d'un président jeune et sympathique. Or, il s'avère qu'il mène une vieille politique et qu'il n'est pas sympathique. Donc il y a une déception. [Les ordonnances qui ont permis d'imposer a Loi Travail ont laissé des stigmates et les plaies se sont rouvertes en novembre dernier] Maintenant, il reste quand même trois ans et demi  ! Moi, je suis un être responsable, est-ce qu'on va vivre trois ans et demi dans cette guerre de tranchées  ? Non. Le pays ne doit pas être bloqué. Je demande au président de la République de prendre des décisions pour réorienter sa politique et se faire re-légitimer par le peuple. S'il ne veut pas de référendum de peur que la question se fixe sur sa personne, qu'il dissolve l'Assemblée et qu'il fasse de nouvelles élections législatives  !

Marine Le Pen, dont vous auriez pu être le Premier ministre, a assuré dans Valeurs actuelles que le mouvement des Gilets jaunes met en évidence des convergences entre elle et Jean-Luc Mélenchon. Et vous, voyez-vous des rapprochements possibles  ?

Alors, là, je ne comprends plus Marine Le Pen. Je le dis très clairement. Marine Le Pen ne veut pas faire l'union avec moi et Les Républicains, qui pensent comme nous sur des questions fondamentales. Et, maintenant, elle veut faire l'union avec Mélenchon. J'estime qu'on devrait faire l'union des patriotes, républicains, de droite, et de tous ceux qui aiment la France au-delà de la droite. Donc j'ai dit à Marine Le Pen pendant la préparation de cette campagne européenne, comme je l'ai dit à Laurent Wauquiez, que je serai l'inlassable promoteur d'une coalition de patriotes républicains avec un programme sérieux. Le programme de Jean-Luc Mélenchon est tout sauf sérieux : il a un programme fiscal ruineux et un programme migratoire délirant. De grâce, qu'on arrête les fantasmes  !

Pourquoi a-t-elle prononcé cette petite phrase  ? Uniquement pour déstabiliser Jean-Luc Mélenchon, brouiller son image, désorienter son électorat  ?

Marine Le Pen devrait tirer les leçons de l'échec de la présidentielle. Je trouve dommage qu'elle continue cette politique des coups. L'enjeu pour nous tous, c'est la crédibilité et le sérieux pour gouverner. Le pouvoir est aux abois, les Français veulent une alternative. M. Wauquiez pense qu'il peut l'incarner tout seul sur un programme flou. Personne n'a compris son programme  ! Mme Le Pen croit qu'elle peut gagner toute seule en continuant des coups politiques comme choisir une personne très jeune comme tête de liste, 23 ans, ou dire un mot pour l'électorat de Mélenchon, etc. Je crois que ce n'est pas l'enjeu  ! L'enjeu, c'est de préparer une alternative très sérieuse, avec de l'économie budgétaire, une relance de la production en France, l'arrêt de l'immigration, la fin du communautarisme islamique, une justice sociale alliée à une vraie dynamisation économique de nos entreprises, et une vraie participation démocratique. C'est mon seul objectif. Et je fais une liste parce que je suis convaincu qu'elle sera le laboratoire de cette union sérieuse.

Longtemps, vous avez été à la marge à la droite. Puis vous avez fait près de 5 % à la présidentielle, vous avez été crédité d'environ 7 % dans les intentions de vote aux européennes. Le ressentez-vous comme une forme de revanche  ? Et sentez-vous désormais votre parole plus porteuse  ?

Il n'y a aucun esprit de revanche. C'est simplement la récompense de la cohérence et de la sincérité. A 'Debout la France', nous n'avons jamais changé d'avis. Je pense qu'avec mon équipe nous avons dit les choses avant les autres, que ce soit sur la spoliation des autoroutes, sur la mauvaise Europe, sur le besoin de relocaliser les activités économiques en France, sur l'immigration. Je pense qu'on propose une alternative modérée et sérieuse. Je pense que les Français attendent du sérieux et, petit à petit, l'oiseau fait son nid. Il y a énormément de Républicains qui nous rejoignent. Et, d'ailleurs, c'est curieux, à la suite de la présidentielle, tous les articles de presse se sont focalisés sur les rapports Dupont-Aignan-Le Pen, mais, en vérité, ce sont les électeurs Républicains qui adhèrent chez nous en ce moment. J'insiste aussi sur ce point : nous progressons dans l'opinion, alors que nous avons dix fois moins de moyens et dix fois moins d'exposition médiatique que les autres. Tout cela passe par un travail de terrain, sur les réseaux sociaux, extrêmement profond et très solide.

Et aussi par une présence quasi discontinue de votre part sur les plateaux et duplex des chaînes de télévision…

Non, pas tant que ça. Les chiffres du CSA sont clairs, Debout la France dispose seulement de 2 à 3 % de temps de parole, alors que nous pesons au moins le double dans l'opinion. Sur les grands JT, j'ai beaucoup moins de temps d'antenne. Et je suis content qu'enfin le porte-parole Damien Lempereur commence à être connu des Français. Nous avons des élus comme le sénateur de Moselle Jean-Louis Masson ou la sénatrice du Var Claudine Kauffmann, des députés européens maintenant. Enfin, les médias commencent à voir qu'il n'y a pas que moi et qu'il y a beaucoup de gens derrière.

Vous parlez des ralliements à Debout la France. N'est-ce pas frustrant de voir Thierry Mariani rejoindre le Rassemblement national  ?

C'est son choix. Déjà, je trouve ça bien qu'il ait le courage de mettre en accord ses convictions avec son appartenance partisane. Je lui avais proposé il y a dix ans de ne pas voter le traité de Lisbonne, il l'avait fait, je l'avais regretté. Je vais être très clair avec vous, les Français n'en ont rien à faire de savoir si monsieur X ou madame Y vont là ou là. Ils veulent savoir si des équipes sérieuses vont bien travailler. Je ne suis pas dans un mercato de football avec le Rassemblement national, je respecte ce mouvement, nous avons eu une alliance et j'espère qu'il y en aura d'autres en l'élargissant à une partie des Républicains pour bâtir une vaste coalition. On ne va pas jouer à un petit jeu politicien  ! La France est menacée de disparition en tant que grande puissance libre qui offre un niveau de vie à ses enfants. Il y a des défis du XXIe siècle (technologiques, scientifiques) où l'Europe est absente. Alors, monsieur X, madame Y, je m'en fiche complètement. Notre liste va décoiffer  ! Notre liste va surprendre  ! Parce qu'il faut ouvrir aussi sur des personnalités de la société civile. La crise des Gilets jaunes a quand même déprécié le monde politique, donc il est important que notre liste, qui va être présentée fin février ou début mars, soit une liste plus conforme à l'idée que je me fais de la société française.

Pouvez-vous nous en dire plus  ?

Non, car je suis en train de la constituer.

Quel est votre objectif pour ces élections européennes  ?

L'objectif, c'est de ne pas envoyer à Strasbourg des gens qui cherchent un mandat, c'est d'envoyer à Strasbourg des gens qui veulent reconstruire l'Europe, qui amèneront une vraie expérience personnelle et leurs compétences pour bien représenter la France. Je cherche aussi à rassembler la plus grande coalition euroréaliste possible pour changer les choses. Cela ne sert à rien d'être en tête à tête avec un ou deux partis, comme l'a choisi Marine Le Pen. Debout la France travaille avec plus de vingt nationalités représentées à Strasbourg, c'est historique.

Vous êtes allé en Italie cette semaine pour rencontrer des dirigeants politiques italiens. Quel était l'objet de ces rendez-vous  ?

C'était une visite discrète, qui visiblement ne l'est plus, avec des personnalités italiennes…

Qui  ?

Des personnalités italiennes, pour faire connaissance. Je suis aussi allé en Belgique et en Hongrie parce que je suis tête de liste. Pas pour faire un coup politique, mais parce que je pense que la France doit renouer avec des partenaires et que nous préparons une grande alliance au Parlement européen pour changer les choses. Nous sommes les seuls à avoir vingt-deux partenaires puisque nous travaillons avec l'ECR [groupe des Conservateurs et Réformistes européens, NDLR]. Mais pas qu'avec eux  ! Je suis justement allé en Italie pour travailler avec d'autres partenaires. Il est normal que je connaisse des personnes pour que la France fasse passer ses idées sur le contrôle des frontières, sur les travailleurs détachés… Si je suis candidat, ce n'est pas pour faire un score, mais pour être utile à la France. Il faut enfin que ceux qui défendent la France rapportent des résultats concrets aux Français, et pas seulement de la protestation ! Ce n'est pas parce que M. Macron est dans les mains de Mme Merkel que les euroréalistes, ou les souverainistes, doivent se mettre dans la main des autres. Je veux y aller pour jouer un rôle là-bas. J'irai dans tous les pays. C'est aussi une question de sérieux, je suis tête de liste, je le fais sérieusement. Certaines têtes de liste n'ont pas vu un seul dirigeant étranger, si ce n'est dans un meeting… On aura un grand rassemblement à Paris, le 28 février, avec beaucoup de nationalités  !

Sur quels thèmes allez-vous appuyer durant cette campagne  ?

C'est très simple : d'abord rétablir les frontières, contrôler l'immigration, qui est un problème majeur, tout en développant une politique africaine de coopération…

Est-ce la problématique principale, selon vous  ?

Ce n'est pas la seule, mais c'est une des premières problématiques. La deuxième, c'est de faire des économies budgétaires pour rendre leur argent aux Français : l'Union européenne nous coûte 11 milliards net par an, c'était 2 milliards du temps de Chirac, ça fait 9 milliards de gaspillés. Il faut utiliser l'argent sur des projets industriels, pas pour faire des chèques à l'Albanie, à la Turquie, et aux technocrates. Il faut d'ailleurs supprimer la Commission, faire un grand nettoyage, cesser les gaspillages pour remettre l'Union européenne au service de projets technologiques et scientifiques de coopération. Troisième point : rapatrier rapidement des compétences quotidiennes pour que les pays puissent vivre comme ils veulent. Enfin, quatrièmement, travailler sur des projets de coopération dans tous les domaines pour que l'Europe rattrape la Chine et les États-Unis. Vous verrez, nous proposerons des choses intéressantes sur ce point. Vous serez surpris  ! Il faut passer d'une Europe tentaculaire, antidémocratique et bureaucratique à une Europe de projets. On est très loin de la caricature qu'on veut me mettre sur le dos en permanence d'anti-européen : je veux qu'on remette l'Europe sur l'essentiel  ! Qu'on arrête d'embêter les pays, les peuples, et qu'on se mette sur les choses importantes. Ce n'est pas le Frexit !

Justement, quelle analyse tirez-vous des déboires des Anglais en ce moment ?

Une fois encore, l'Union européenne cherche à écarter un vote démocratique ! La situation tragique entre les Anglais et l'Union européenne montre que tout le monde y perd. C'est l'impasse de l'UE qui a abouti au Brexit, ne renversons pas la charge de la preuve. Si les Anglais s'en vont, si le peuple anglais a décidé de partir, et que les peuples votent non à tous les référendums, c'est bien que le système ne marche pas. On n'est pas obligé de choisir entre la peste et le choléra, c'est absurde. Les européistes veulent sauver le mort-vivant qu'est l'Union européenne en pointant du doigt le Brexit, mais le Brexit, c'est leur œuvre  ! Cela montre l'urgence à réconcilier les peuples européens autour d'une Europe utile.