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dimanche 31 mai 2020

Les partisans de la chloroquine sont un noyau viral, selon Véran

Ministre clivant, O. Véran les traite de "sacré cluster d'irresponsables"

Le ministre de la Santé partisan, représentant d'une caste hautaine 

Méphisto, sourcilleux
godillot aux pieds plats
Les attaques de "sachants" parisiens font rage contre la chloroquine :
 elle vaut trois francs six sous, ce qui ne fait pas les affaires des laboratoires qui investissent sans lui trouver encore l'alternative lucrative qu'ils escomptent. Ils espèrent bien toucher toutefois le pactole au plus vite.

Le ministre de la Santé a interdit cette molécule offrant ainsi de meilleures chances d'aboutir aux laboratoires, tandis qu'un grand nombre de figures politiques continuent d'en soutenir la prescription, derrière le professeur Didier Raoult. Certains même, comme Christian Estrosi, ont été sauvés du coronavirus par la molécule controversée. 

Olivier Véran en a perdu ses nerfs et tapé du poing sur la table, selon Le Canard Enchaîné.

Le fondement des condamnations de la chloroquine (seule) par des "savants" liés aux laboratoires est battu en brèches et leur  crédibilité ne résiste pas aux témoignages autorisés qui se font jour au fil des guérisons associées à la bi-thérapie prescrite par le professeur de Marseille, un chercheur en virologie qui n'a pas cessé de voir des patients et de les soigner.  
Dès la mise en lumière médiatique de l'infectiologue Didier Raoult, les "mandarins" de Paris ont tremblé: ils n'avaient rien à proposer aux malades admis aux urgences, puis en réanimation, et ont opposé des protocoles rigides à respecter pendant que les malades mouraient, fautes de respirateurs disponibles. Les conseillers des gouvernements , membres des sociétés "savantes" et autres comités  - qui ont pourtant constitué le "conseil scientifique" de Macron - étaient pris en défaut: ils n'avaient pas prévu les masques de protection, ni les tests de dépistages ni les lits en quantités suffisantes, ni les effectifs et n'avaient pas d'autre choix que de railler, puis de polémiquer et enfin de réclamer la tête de celui qui était en mesure de tester et soulager, voire de soigner et guérir les malades de la Covid-19.
 
Le professeur Raoult s'est imposé comme la figure principale de la lutte contre le coronavirus en préconisant la chloroquine en bi-thérapie précoce contre le virus mortel, quand les gens mouraient en nombre dans les hôpitaux publics. La bi-thérapie qui sauvait des vies suscita aussitôt l'hostilité des "savants" qui collaborent avec les laboratoires, au mépris de la confiance que certains ont accordé au directeur de l'IHU Méditerranée infection de Marseille. La polémique suivie d'attaques frontales vise à faire passer au second plan dans l'opinion les défaillances des mandarins et la pénurie de moyens publics face à l'épidémie.  

Une étude, bidonnée par quatre médecins, que publia la revue scientifique britannique The Lancet, a définitivement jeté la suspicion sur les intentions scientifiques des "savants" qui cornaquent Véran, un député LREM que la revue 'people' Gala (Laura Carreno-Muller) a bombardé d'urologue à "neurologue". Cette publication prudente mais tendancieuse, auréolée d'une réputation acquise dans le passé, devait porter le coup de grâce au "savon de Marseille", selon Canteloup, plutôt qu'au SARS-CoV-2, en affirmant non pas seulement son inefficacité, mais la dangerosité de la chloroquine (seule), en dépit des témoignages de rescapés du virus, tel le journaliste Olivier Mazerolle

Un avis rendu public ce mardi 26 mai a tenté de mettre au pilori  le "Gérard Depardieu de la science", selon ses agresseurs de la pensée officielle. Appelé à l'aide par Véran, suite à l'étude britannique, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a recommandé l'arrêt de la prescription de la molécule. Car c'est la Politique qui domine la ScienceL'Organisation mondiale de la santé a suspendu provisoirement l'expérimentation du traitement. Et Donald Trump a suspendu à l'OMS ses allocations... 
<br>Les agresseurs ne s'attendaient pas à une contre-offensive de gauche comme de droite
 
Car, si Didier Raoult est en première ligne pour défendre la chloroquine, Florian Philippot, Nicolas Dupont-Aignant ou encore Philippe Douste-Blazy sont à ses côtés. Pour le sectaire Olivier Véran, c'en est trop.
D'après Le Canard Enchaîné du 27 mai, le ministre des Solidarités et de la Santé s'est abandonné à la colère, face à des journalistes. "J'hallucine totalement face aux réactions de ces hommes politiques", a déploré l'ex-socialiste, comme Agnès Buzyn, "les mêmes qui hurlaient au scandale d'Etat parce qu'on avait laissé une trop grande liberté de prescription au Médiator demanderaient ma tête dans deux mois devant la commission d'enquête si on ne parlait plus de la chloroquine que sous l'angle du nombre de morts par complications cardiaques." 

Dans la foulée, le ministre a applaudi du bout des doigts "ceux qui ont découvert la prudence" comme Ségolène Royalelle qui avait supprimé des Tweets vantant la réussite du traitement prescrit par Didier Raoult. 

Les contradicteurs du ministre ont eu droit à un avertissement de Véran, considéré comme un "kéké" dans la presse... "Devant la commission d'enquête, je me ferai un plaisir de rappeler à leurs auteurs leurs paroles du passé qui ont bien contribué au bordel ambiant", a ainsi riposté le ministre de corps de garde. Et de conclure : "il y a quand même (...) un sacré cluster d'irresponsables politiques." Sauf que le ministre viral ne visait pas l'exécutif !  

Le Bon, la Brute et le Truand

Le politique et la médecine s'affrontent de plus belle.
O. Véran est un fauteur de troubles qui met à mal l'unité nationale souhaitable en période de crise sanitaire.
Tandis que l'urologue - qui s'était déclare "hyperactif" dans Gala plutôt que réflechi - prône la prudence face au coronavirus, et malgré le lancement d'un déconfinement progressif, le professeur en infectiologie estime que les Français sont en sécurité, au moins en PACA !, ne dramatisant pas l'hypothèse d'une deuxième vague de la pandémie de Covid-19 que l'exécutif envisage - après avoir négligé la possibilité de la première, malgré le précédent de 2003

Malgré leurs prospectives divergentes, O. Véran ne balaie pas d'un revers de la main l'expertise internationale de l'infectiologue, puisque le ministre évite de le "mettre au ban". "Je l’ai appelé hier. On en a parlé. Je l’ai prévenu de ma décision. Ce n’est pas ma décision, c’est une décision certes que je prends, mais sur la base des recommandations scientifiques", a ainsi nuancé le ministre fort en gueule - avec un cheveu sur la langue - au sujet de l'interdiction de la chloroquine. Ce qui en touche une au professeur sans bouger l'autre.
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mercredi 15 avril 2020

Otage des méthodologistes, Macron appelle le professeur Raoult

Les Raspoutine de Macron auront-ils notre peau?

Raspoutine fut décrit comme un charlatan et un espion, assassiné à la suite d'un complot fomenté par des membres de l'aristocratie russe
Rasputin before his assassination in 1916. He was always ...
Raspoutine, confident de  la tsarine, épouse de l'empereur Nicolas II,
couple impérial préoccupé de la santé de leur fils, Alexis, 
héritier du trône de Russie, atteint d'hémophilie.
irritant les méthodologistes des années 80 et du temps du Sida, critiques de ses études sur le Covid-19 et de son traitement en bi-thérapie. Dans un entretien à Radio France internationale (RFI), il a estimé mercredi qu'il faut que la bi-thérapie concoctée par ce spécialiste des maladies infectieuses "soit testée""Il faut qu'on avance, qu'on montre l'efficacité et qu'on mesure la toxicité".

Macron  a qualifié de "grand scientifique" le professeur Didier Raoult, 

Il a rendu une visite surprise la semaine dernière à D. Raoult, qui affirme l'efficacité de l'hydroxychloroquine - dérivé de la chloroquine, un médicament contre le paludisme depuis plusieurs générations en Afrique comme en Europe - dans le traitement en bi-thérapie du nouveau coronavirus.

Or, la méthodologie du professeur Raoult ne sied pas à ses collègues parisiens. La méthode appliquée par le Marseillais invaliderait les conclusions tirées sur ce traitement, quand bien même les patients sauvés "gambaderaient" désormais dans la région. 
La presse sous assistance financière des grands laboratoires pharmaceutiques relaie régulièrement leur mauvaise foi de mandarins jaloux de leur pouvoir et clament "en même temps" leur compassion pour les morts et leurs familles. Ces media institutionnels - ses décrypteurs et analystes barbotant dans la même eau trouble prononcent les copiés-collés de leurs éléments de langage -  protègent leur pré carré et leur audimat, assurant que le Marseillais ne fait pas l'unanimité "chez les spécialistes" (sous-entendu parisiens) suggérant, comme BFM, que le provincial est un "charlatan", un demeuré, un bouseux.

Répétant le message du "comité scientifique" dont les membres appartiennent tous à la même chapelle et qui maintient la doxa qu'ils ont eux-mêmes fixée, les grands prêtres - les méthodologistes - critiquent l'absence d'un groupe témoin - les sacrifiés sur l'autel de la Science - recevant un placebo et un biais, des participants à l'étude - placés au purgatoire - ayant des formes moins graves de la maladie.

"Ce n'est pas une question de croyance, c'est une question de scientifique. Je suis convaincu que c'est [Didier Raoult] un grand scientifique, et je suis passionné par ce qu'il dit et ce qu'il explique", a confessé Macron sur RFI, disant que D. Raoult est "vraiment une de nos plus grandes sommités en la matière".

Et cela, tout en tant "très prudent", a poursuivi le chef de l'Etat.
Il s'agissait aussi de "regarder avec des méthodes qui doivent être simples mais rigoureuses, si ça marchait ou ça ne marchait pas". "Mon devoir c'est que toutes les pistes thérapeutiques aujourd'hui poursuivies puissent faire l'objet d'essais cliniques rigoureux et les plus rapides possibles pour qu'on trouve un traitement", a-t-il poursuivi, soulignant que son "rôle" consiste à s'assurer que la recherche du professeur Raoult "rentre bien dans le cadre d'un protocole d'essais cliniques" et que cessent les procès en sorcellerie.

Et le professeur Raoult "nous invite à être humbles", a souligné Macron, à l'adresse des mandarins, "parce que lui-même dit que les choses peuvent varier selon les saisons et les géographies, et qu'un virus réagit à un écosystème".

Quatre mois après l'apparition du virus en Chine, pour l'heure, la pandémie a fait près de 125.000 morts dans le monde, dont 15.729 morts en France. Les Etats-Unis sont le pays le plus touché, avec 25.757 décès pour plus de 600.000 cas et une population de 330 millions (144 millions en Russie et 1,4 milliards en Chine ).

Statistiques du coronavirus
Statistiques du coronavirus au 14/04/2020 au soir
PaysNombre de casNouveaux casNombre de mortsNouveaux cas mortels
USA603,496+16,55525,195+1,555
Spain172,541+2,44218,056+300
Italy162,488+2,97221,067+602
France143,303+6,52415,729+762
Germany131,359+1,2873,294+100
UK93,873+5,25212,107+778
China82,249+893,341 
Iran74,877+1,5744,683+98
Turkey65,111+4,0621,403+107
Belgium31,119+5304,157+254
Netherlands27,419+8682,945+122
Canada26,897+1,217898+118
Switzerland25,936+2481,174+36
Brazil24,232+8021,378+50
Russia21,102+2,774170+22
Portugal17,448+514567+32
Austria14,226+185384+16
Israel12,046+460123+7
India11,487+1,034393+35
Ireland11,479+832406+41
Sweden11,445+4971,033+114

mercredi 1 avril 2020

Coronavirus: le professeur Raoult se met en retrait du conseil scientifique

Le professeur Didier Raoult suspend son accompagnement de l'exécutif sur le coronavirus

Il se retire du conseil scientifique, mais reste en contact avec le chef de l'Etat

Didier Raoult n'a pas démissionné du conseil scientifique, mais occupé à la direction de l'IHU méditerranée infection, il ne participera pas aux prochaines réunions.Le professeur Raoult, dont les recommandations sur le seul traitement existant, à base de chloroquine, des malades du Covid-19 provoquent de vives réactions parmi certains praticiens parisiens éloignés de la recherche fondamentale et virologues à la ramasse, a annoncé mardi qu'il se met en retrait du conseil scientifique, préférant privilégier un lien "direct" avec les patients et aussi avec Emmanuel Macron. La décision de "claquer la porte" daterait du 16 mars, selon Les Echos.

Dans une vidéo publiée sur YouTube et relayée par les réseaux sociaux, Didier Raoult explique vouloir conserver ses contacts "directs" avec le ministère de la Santé et le président de la République, "pour leur dire ce que je pense", "parce que le conseil ne correspond pas à ce que je pense être un devoir de conseil stratégique".


Plus tôt dans la journée, vu le climat ambiant de dénigrement et de désinformation, un porte-parole de l'institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée infection qu'il dirige à Marseille avait diffusé un démenti d'une information du journal Les Echos selon laquelle Didier Raoult avait "claqué la porte" du conseil. L'IHU a dû préciser que son directeur n'a pas démissionné. "Occupé à la direction de l'IHU Méditerranée infection, il ne participera pas aux prochaines réunions", avait sobrement déclaré un porte-parole de l'IHU.
Le 24 mars, L'Express s'était fait l'écho de la... nuance ! lien
Spécialiste reconnu des maladies infectieuses et respecté à l'international, Didier Raoult teste actuellement la chloroquine - un antipaludéen -, associée à un antibiotique,  sur des patients atteints du Covid-19. Dimanche, son équipe a d'ailleurs annoncé son intention d'administrer "à tous les patients infectés" son traitement hydroxychloroquine + azithromycine. Avant qu'ils ne soient entrés en phase de réanimation... Et pas seulement les patients âgés et atteints ou développant de multi-pathologies... 
A-t-il été évincé par ses confrères sous la houlette du Pr Delfraissy?

Sur les deux premiers avis du conseil scientifique (datés du 12 et 14 mars), rendus publics par le ministère de la Santé, le nom du professeur Raoult figure avec la mention "excusé". En revanche, son nom ne figure plus dans la liste des membres sur le troisième avis, daté du 16 mars.

75 malades hospitalisés, 600 tests à faire par jour

Des patients sont admis dans un centre de conférences converti en hôpital, le 5 février 2020 à Wuhan (Chine).Dans sa vidéo publiée mardi, le professeur Raoult révèle qu'il est "débordé de mails de soutien" et assure manquer de temps: "On a 75 malades hospitalisés, 600 personnes à tester par jour". 

Il remercie aussi 
l'assistance publique (AP) et l'Agence régionale de santé (ARS),
dont il reçoit "beaucoup d'aide""avec des difficultés qu'ils ont parfois à organiser des choses que nous faisons ici et qui ne correspondent pas forcément aux lignes directrices qui sont faites". 

Olivier Véran s'apprête à autoriser le traitement par hydroxychloroquine 

Le ministre de la Santé a précisé lundi qu'il l'envisage uniquement dans les formes graves - les défis les plus délicats pour le traitement du chercheur marseillais - et dans un cadre hospitalier "sur décision collégiale des médecins" et il a promis un arrêté sur le sujet.
"En l'absence de toute donnée probante", il est en revanche exclu de le prescrire dans la population générale ou pour des cas non sévères.

L'urologue Laurent Alexandre, reconverti dans les affaires - et candidat à la présidentielle de 2020 - guette les échecs ?
Il ne manquera pas de faire chaque soir son Jérôme Salomon en faisant le décompte macabre des morts...

lundi 23 mars 2020

Coronavirus: le professeur Yves Lévy, époux Buzyn, au coeur du boycottage de la chloroquine et du professeur Raoult

Sa dispute avec le professeur Raoult a-t-elle fait des morts dans le monde ?

Ce conflit de personnes expliquerait pourquoi les travaux du Marseillais sur la chloroquine ont été qualifiés de fake news sur le site du gouvernement… 

Mais qui est le professeur Raoult, possible vainqueur du Coronavirus ?

Le journaliste Hervé Vaudoit le connaît suffisamment pour témoigner
Covid-19 oblige, l’infectiologue Didier Raoult est au centre de toutes les conversations en France et dans le monde. Je fais partie des rares journalistes qui le connaissent bien et suivent son parcours (j’ai même écrit un livre sur son hôpital et les recherches sur les maladies infectieuses)..

Portrait d’un médecin aussi génial qu’original.
Avec sa crinière blanche, sa barbe broussailleuse et ses chemises improbables dissimulées sous sa blouse blanche réglementaire, le professeur Didier Raoult n’a pas franchement la tête de l’emploi. Et? à Paris, il fait tache... Ses collègues bien en cour le prennent d'ailleurs de haut. Sous ses airs de troubadour revenu de Woodstock en combi Volkswagen, se cache pourtant l’un des tout meilleurs scientifiques français et l’un des chercheurs les plus cités au monde. Las ! La piste thérapeutique qu’il a présentée pour combattre le Covid 19 a été qualifiée de "fake news" sur le site du ministère de la Santé il y a 3 semaines. Mais le ton du gouvernement et de la communauté scientifique est en train de changer. Ce revirement a toutefois tardé, faisant des victimes de trop.

L’IHU Méditerranée Infection : une équipe de chercheurs de renommée mondiale!
Même s’ils collectionnent découvertes, récompenses et publications prestigieuses depuis plus de 30 ans, Didier Raoult et son équipe ont parfois du mal à être pris au sérieux en haut lieu. Mais son âpreté au combat lui permet souvent de rafler la mise au nez et à la barbe de ses détracteurs. L’épidémie de coronavirus en sera-t-elle une nouvelle illustration ?

Révélé au grand public par ses chroniques dans 'Le Point' et quelques livres à succès (1), le professeur Didier Raoult est avant tout un infectiologue et un virologue de réputation internationale. Sa carrière hors-normes, il l’a d’abord construite sur la recherche, avec à son crédit quelques découvertes majeures comme les virus géants (mimivirus, marseillevirus…), l’identification de plus d’une centaine de nouvelles bactéries pathogènes ou la mise en évidence du rôle de certains micro-organismes dans des maladies comme la fièvre Q, la maladie de Whiple, les endocardites ou les lymphomes non hodgkiniens. 
Mais Didier Raoult, c’est aussi et surtout un leader, un chef d’équipe – un chef de bande disent même certains de ses proches -, avec autour de lui une cohorte de scientifiques de très haut niveau qu’il a commencé à rassembler il y a plus de 35 ans et qui lui sont depuis restés fidèles. A ce noyau dur des débuts, il a toujours su ajouter de nouveaux talents, repérés au fil du temps parmi les étudiants qui se pressaient à ses cours et dans ses labos de la faculté de médecine de La Timone. Une réussite d’autant plus extraordinaire qu’elle ne s’est pas jouée à Paris, Washington, Londres ou Shanghai, mais bien à Marseille, où les équipes de chercheurs de niveau mondial ne sont tout de même pas légion.

Un parcours hors norme !
Né au Sénégal il y a 68 ans d’une mère infirmière et d’un père médecin militaire, Didier Raoult est devenu médecin plus par devoir que par passion. Débarqué à Marseille à l’âge de 10 ans, il en partira à 18 ans pour s’embarquer comme matelot sur un navire marchand, persuadé que son destin aurait le goût salé des aventures maritimes. Le temps de s’apercevoir que le travail en équipage gonfle les biceps, mais nourrit peu l’esprit, et le voilà de retour sur le Vieux-Port, la tête et l’ambition en berne. Son père, qui avait déjà conditionné son autorisation d’embarquer à l’obtention préalable du baccalauréat, lui met alors le marché en mains : c’est médecine ou rien. "J’avais un bac littéraire. Aujourd’hui, je ne pourrais même pas rentrer en fac de médecine avec", s’amuse-t-il aujourd’hui. Une fois dans la place, le jeune Raoult se passionne. Et développe, au fil de ses études, un goût prononcé pour la recherche et pour les maladies infectieuses et tropicales, qu’il découvre à la fac, puis durant son service militaire à Tahiti. 
Son premier labo de recherche, il le créé en 1984 après un premier exploit : la mise au point d’une procédure de mise en culture des bactéries très rapide et efficace. C’est avec cette "unité des rickettsies" qu’il commence à constituer son équipe. Michel Drancourt et Philippe Brouqui le rejoignent dès cette époque. Suivront Philippe Parola, Bernard La Scola, Jean-Marc Rolain, Pierre-Edouard Fournier, tous devenus professeurs - de ceux qu'on ne voit pas défiler sur les plateaux de radio ou de télévision parisiens - et tous investis dans le grand œuvre de Didier Raoult : l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection, un des six IHU créés ces dix dernières années, aujourd’hui en pointe dans de très nombreux domaines de recherche. Dont, bien sûr, le coronavirus, avec les espoirs de traitement efficace nés des travaux des scientifiques chinois et de l’équipe de l’IHU marseillais.

À la tête d’un des 6 IHU créés en France !
Pour en arriver là, Raoult n’a jamais cessé de se battre. Primo parce qu’il aime ça. L’affrontement, la confrontation, la controverse… sont pour lui des contextes stimulants. Son talent, ses connaissances et sa capacité à faire travailler les gens ensemble lui ont souvent permis de triompher. Et la carapace qu’il s’est fabriquée au fil du temps l’a toujours protégé des critiques et des mises en cause. "Il a un niveau d’estime de soi très élevé et très stable", confie un de ses proches pour situer le personnage, souvent décrit comme arrogant, cassant, voire méprisant par ses détracteurs. Il est vrai que pas grand monde ne l’impressionne et qu’il ne prend guère de précautions pour dire ce qu’il pense des uns et des autres, surtout de celles et ceux qui disposent d’un pouvoir que lui juge exorbitant ou illégitime.

Résultat de recherche d'images pour "yves lévy agnes buzyn"Son IHU à peine inauguré, il s’est ainsi affronté à Yves Lévy, alors patron de l’INSERM, qui est aussi l’époux de la ministre de la Santé de l’époque, Agnès Buzyn. En premières noces, elle a eu trois enfants de Pierre-François Veil, un des fils de Simone Veil.
Résultat : même s’il s’agit d’un des pôles de recherche les plus prolifiques du pays, Méditerranée Infection n’a pas le label Inserm. Pas plus qu’il n’a celui du CNRS , peu ou prou pour les mêmes raisons. Ce qui ne l’empêche pas de produire toujours de la bonne science. Et de donner ainsi des aigreurs d’estomac à tous ceux qui aimeraient le voir trébucher, à Paris mais aussi à Marseille, où son insolente réussite a toujours attisé les jalousies et entretenu les querelles de palais parmi les mandarins qui n’avaient ni son talent, ni ses capacités fédératrices, mais auraient adoré avoir ses moyens.

Une crédibilité internationale …


Didier Raoult s’est appuyé sur les travaux d’un de ses confrères chinois pour mettre au point un traitement qui a guéri la grande majorité des patients à qui il a été administré. Abonné aux revues scientifiques à comité de lecture les plus prestigieuses comme Nature ou Science, il y signe ou cosigne une centaine d’articles chaque année et figure ainsi systématiquement dans le trio de tête des chercheurs hexagonaux en termes de production scientifique. Sauf que son look, son franc-parler et son identité marseillaise l’ont toujours desservi. Lui s’en fiche comme d’une guigne. Car, quel que soit le sujet, les faits finissent souvent par lui donner raison, alors même que ses déclarations sont immédiatement battues en brèche par des armées de pseudo-experts. Qui ont peut-être du mal à admettre que des Marseillais puissent figurer parmi les meilleurs spécialistes mondiaux de l’infection.

Mal aimé en France
On l’a encore constaté fin février, lorsque Didier Raoult a présenté la chloroquine comme un traitement potentiellement efficace contre le coronavirus. Utilisée depuis le milieu du XXe siècle dans le traitement du paludisme, cette molécule très bon marché pouvait-elle être une arme décisive contre une nouvelle maladie virale ? "Certainement pas !", ont affirmé en chœur tout une cohorte de médecins et experts autoproclamés à la radio et sur les plateaux de télévision. À commencer par le ministère de la Santé lui-même, qui a accolé l’étiquette "fake news" sur les annonces de Didier Raoult plus d’une journée durant, parce qu’un journaliste d’un grand quotidien national les avait qualifiées de la sorte. 
Trois semaines plus tard, patatras ! A accorder plus de valeur aux propos échangés devant les caméras qu’à l’analyse de l’un des infectiologues les plus réputés de la planète, le ministère de la Santé s’est littéralement pris les pieds dans le tapis. Tout comme le directeur général de l’assistance publique hôpitaux de Paris (APHP), qui n’avait pas de mots assez durs contre Didier Raoult fin février au micro des chaînes d’information en continu.

Une parade face au Covid 19 ?
Aujourd’hui, la prudence reste de mise en haut lieu, mais on se garde bien de formuler les mêmes commentaires méprisants. "Ce que je disais à ce moment-là n’a pas germé spontanément dans ma tête, sourit Didier Raoult. Cela s’appuyait sur deux choses : d’une part ma propre expérience, puisqu’ici, à Marseille, nous utilisons l’hydrxychloroquine dans le traitement des infections bactériennes depuis plus de 25 ans. D’autre part les travaux du professeur Zhong Nanshan, un de mes plus brillants confrères chinois, qui a évoqué l’efficacité de la chloroquine dans une conférence de presse le 17 février. » Sauf que, selon Raoult, "à Paris, ils ont beaucoup de mal à admettre que la France ne soit plus le phare de la science mondiale et que les chercheurs plus performants aujourd’hui, c’est en Asie du sud-est qu’on les trouve et plus en Occident." Les déclarations de l’infectiologue chinois n’ont d’ailleurs pas été relayées en France.

Un essai clinique plus tard, les résultats obtenus à l’IHU Méditerranée Infection recoupent ceux de Zhong Nanshan, confirmant ainsi l’efficacité de la chloroquine dans le traitement du coronavirus. Mieux : associée à un vieil antibiotique, l’azythromycine, la non moins vieille chloroquine a débarrassé du coronavirus plus 90% des personnes porteuses incluses dans l’essai clinique marseillais. "Et cette combinaison des deux molécules, c’est nous qui l’avons inventée !", souligne Didier Raoult, prêt à traiter tous les patients qu’on lui amènera pour finir de démontrer l’intérêt de ce cocktail médicamenteux.

Pourquoi a-t-il fallu en arriver là pour que cessent les critiques et que les autorités françaises considèrent enfin que ses déclarations avaient du sens ?

Guerre de positions

"Le problème, indique l’infectiologue, c’est qu’intellectuellement, ils ont du mal à admettre qu’une nouvelle maladie, un nouveau virus, puissent être traités efficacement par des molécules anciennes qui ne coûtent rien, et pas par une nouvelle prouesse de la recherche pharmaceutique, très chère et très compliquée à industrialiser."

Raoult sait de quoi il parle.
Depuis des années, il plaide pour une révision des modèles économiques de la santé, afin que l’ensemble des molécules existantes, créées pour la plupart au XXe siècle, soient considérées comme un patrimoine au service de l’humanité. "Ce n’est pas le cas aujourd’hui, se désole-t-il, car on abandonne les médicaments qui ne rapportent rien, même s’ils sont efficaces. C’est comme ça que plus aucun antibiotique n’est fabriqué en Occident et que nous avons régulièrement des pénuries sur des molécules très importantes, comme récemment la doxycycline, indisponible pendant 6 mois alors que nous en avons besoin au quotidien pour soigner les gens."

La question reste entière avec le coronavirus : si l’efficacité de la combinaison chloroquine/azythromycine se confirme, on pourra guérir tout le monde mais cela ne rapportera d’argent à personne. Un problème, vraiment ?