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lundi 23 mars 2020

Coronavirus: le professeur Yves Lévy, époux Buzyn, au coeur du boycottage de la chloroquine et du professeur Raoult

Sa dispute avec le professeur Raoult a-t-elle fait des morts dans le monde ?

Ce conflit de personnes expliquerait pourquoi les travaux du Marseillais sur la chloroquine ont été qualifiés de fake news sur le site du gouvernement… 

Mais qui est le professeur Raoult, possible vainqueur du Coronavirus ?

Le journaliste Hervé Vaudoit le connaît suffisamment pour témoigner
Covid-19 oblige, l’infectiologue Didier Raoult est au centre de toutes les conversations en France et dans le monde. Je fais partie des rares journalistes qui le connaissent bien et suivent son parcours (j’ai même écrit un livre sur son hôpital et les recherches sur les maladies infectieuses)..

Portrait d’un médecin aussi génial qu’original.
Avec sa crinière blanche, sa barbe broussailleuse et ses chemises improbables dissimulées sous sa blouse blanche réglementaire, le professeur Didier Raoult n’a pas franchement la tête de l’emploi. Et? à Paris, il fait tache... Ses collègues bien en cour le prennent d'ailleurs de haut. Sous ses airs de troubadour revenu de Woodstock en combi Volkswagen, se cache pourtant l’un des tout meilleurs scientifiques français et l’un des chercheurs les plus cités au monde. Las ! La piste thérapeutique qu’il a présentée pour combattre le Covid 19 a été qualifiée de "fake news" sur le site du ministère de la Santé il y a 3 semaines. Mais le ton du gouvernement et de la communauté scientifique est en train de changer. Ce revirement a toutefois tardé, faisant des victimes de trop.

L’IHU Méditerranée Infection : une équipe de chercheurs de renommée mondiale!
Même s’ils collectionnent découvertes, récompenses et publications prestigieuses depuis plus de 30 ans, Didier Raoult et son équipe ont parfois du mal à être pris au sérieux en haut lieu. Mais son âpreté au combat lui permet souvent de rafler la mise au nez et à la barbe de ses détracteurs. L’épidémie de coronavirus en sera-t-elle une nouvelle illustration ?

Révélé au grand public par ses chroniques dans 'Le Point' et quelques livres à succès (1), le professeur Didier Raoult est avant tout un infectiologue et un virologue de réputation internationale. Sa carrière hors-normes, il l’a d’abord construite sur la recherche, avec à son crédit quelques découvertes majeures comme les virus géants (mimivirus, marseillevirus…), l’identification de plus d’une centaine de nouvelles bactéries pathogènes ou la mise en évidence du rôle de certains micro-organismes dans des maladies comme la fièvre Q, la maladie de Whiple, les endocardites ou les lymphomes non hodgkiniens. 
Mais Didier Raoult, c’est aussi et surtout un leader, un chef d’équipe – un chef de bande disent même certains de ses proches -, avec autour de lui une cohorte de scientifiques de très haut niveau qu’il a commencé à rassembler il y a plus de 35 ans et qui lui sont depuis restés fidèles. A ce noyau dur des débuts, il a toujours su ajouter de nouveaux talents, repérés au fil du temps parmi les étudiants qui se pressaient à ses cours et dans ses labos de la faculté de médecine de La Timone. Une réussite d’autant plus extraordinaire qu’elle ne s’est pas jouée à Paris, Washington, Londres ou Shanghai, mais bien à Marseille, où les équipes de chercheurs de niveau mondial ne sont tout de même pas légion.

Un parcours hors norme !
Né au Sénégal il y a 68 ans d’une mère infirmière et d’un père médecin militaire, Didier Raoult est devenu médecin plus par devoir que par passion. Débarqué à Marseille à l’âge de 10 ans, il en partira à 18 ans pour s’embarquer comme matelot sur un navire marchand, persuadé que son destin aurait le goût salé des aventures maritimes. Le temps de s’apercevoir que le travail en équipage gonfle les biceps, mais nourrit peu l’esprit, et le voilà de retour sur le Vieux-Port, la tête et l’ambition en berne. Son père, qui avait déjà conditionné son autorisation d’embarquer à l’obtention préalable du baccalauréat, lui met alors le marché en mains : c’est médecine ou rien. "J’avais un bac littéraire. Aujourd’hui, je ne pourrais même pas rentrer en fac de médecine avec", s’amuse-t-il aujourd’hui. Une fois dans la place, le jeune Raoult se passionne. Et développe, au fil de ses études, un goût prononcé pour la recherche et pour les maladies infectieuses et tropicales, qu’il découvre à la fac, puis durant son service militaire à Tahiti. 
Son premier labo de recherche, il le créé en 1984 après un premier exploit : la mise au point d’une procédure de mise en culture des bactéries très rapide et efficace. C’est avec cette "unité des rickettsies" qu’il commence à constituer son équipe. Michel Drancourt et Philippe Brouqui le rejoignent dès cette époque. Suivront Philippe Parola, Bernard La Scola, Jean-Marc Rolain, Pierre-Edouard Fournier, tous devenus professeurs - de ceux qu'on ne voit pas défiler sur les plateaux de radio ou de télévision parisiens - et tous investis dans le grand œuvre de Didier Raoult : l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection, un des six IHU créés ces dix dernières années, aujourd’hui en pointe dans de très nombreux domaines de recherche. Dont, bien sûr, le coronavirus, avec les espoirs de traitement efficace nés des travaux des scientifiques chinois et de l’équipe de l’IHU marseillais.

À la tête d’un des 6 IHU créés en France !
Pour en arriver là, Raoult n’a jamais cessé de se battre. Primo parce qu’il aime ça. L’affrontement, la confrontation, la controverse… sont pour lui des contextes stimulants. Son talent, ses connaissances et sa capacité à faire travailler les gens ensemble lui ont souvent permis de triompher. Et la carapace qu’il s’est fabriquée au fil du temps l’a toujours protégé des critiques et des mises en cause. "Il a un niveau d’estime de soi très élevé et très stable", confie un de ses proches pour situer le personnage, souvent décrit comme arrogant, cassant, voire méprisant par ses détracteurs. Il est vrai que pas grand monde ne l’impressionne et qu’il ne prend guère de précautions pour dire ce qu’il pense des uns et des autres, surtout de celles et ceux qui disposent d’un pouvoir que lui juge exorbitant ou illégitime.

Résultat de recherche d'images pour "yves lévy agnes buzyn"Son IHU à peine inauguré, il s’est ainsi affronté à Yves Lévy, alors patron de l’INSERM, qui est aussi l’époux de la ministre de la Santé de l’époque, Agnès Buzyn. En premières noces, elle a eu trois enfants de Pierre-François Veil, un des fils de Simone Veil.
Résultat : même s’il s’agit d’un des pôles de recherche les plus prolifiques du pays, Méditerranée Infection n’a pas le label Inserm. Pas plus qu’il n’a celui du CNRS , peu ou prou pour les mêmes raisons. Ce qui ne l’empêche pas de produire toujours de la bonne science. Et de donner ainsi des aigreurs d’estomac à tous ceux qui aimeraient le voir trébucher, à Paris mais aussi à Marseille, où son insolente réussite a toujours attisé les jalousies et entretenu les querelles de palais parmi les mandarins qui n’avaient ni son talent, ni ses capacités fédératrices, mais auraient adoré avoir ses moyens.

Une crédibilité internationale …


Didier Raoult s’est appuyé sur les travaux d’un de ses confrères chinois pour mettre au point un traitement qui a guéri la grande majorité des patients à qui il a été administré. Abonné aux revues scientifiques à comité de lecture les plus prestigieuses comme Nature ou Science, il y signe ou cosigne une centaine d’articles chaque année et figure ainsi systématiquement dans le trio de tête des chercheurs hexagonaux en termes de production scientifique. Sauf que son look, son franc-parler et son identité marseillaise l’ont toujours desservi. Lui s’en fiche comme d’une guigne. Car, quel que soit le sujet, les faits finissent souvent par lui donner raison, alors même que ses déclarations sont immédiatement battues en brèche par des armées de pseudo-experts. Qui ont peut-être du mal à admettre que des Marseillais puissent figurer parmi les meilleurs spécialistes mondiaux de l’infection.

Mal aimé en France
On l’a encore constaté fin février, lorsque Didier Raoult a présenté la chloroquine comme un traitement potentiellement efficace contre le coronavirus. Utilisée depuis le milieu du XXe siècle dans le traitement du paludisme, cette molécule très bon marché pouvait-elle être une arme décisive contre une nouvelle maladie virale ? "Certainement pas !", ont affirmé en chœur tout une cohorte de médecins et experts autoproclamés à la radio et sur les plateaux de télévision. À commencer par le ministère de la Santé lui-même, qui a accolé l’étiquette "fake news" sur les annonces de Didier Raoult plus d’une journée durant, parce qu’un journaliste d’un grand quotidien national les avait qualifiées de la sorte. 
Trois semaines plus tard, patatras ! A accorder plus de valeur aux propos échangés devant les caméras qu’à l’analyse de l’un des infectiologues les plus réputés de la planète, le ministère de la Santé s’est littéralement pris les pieds dans le tapis. Tout comme le directeur général de l’assistance publique hôpitaux de Paris (APHP), qui n’avait pas de mots assez durs contre Didier Raoult fin février au micro des chaînes d’information en continu.

Une parade face au Covid 19 ?
Aujourd’hui, la prudence reste de mise en haut lieu, mais on se garde bien de formuler les mêmes commentaires méprisants. "Ce que je disais à ce moment-là n’a pas germé spontanément dans ma tête, sourit Didier Raoult. Cela s’appuyait sur deux choses : d’une part ma propre expérience, puisqu’ici, à Marseille, nous utilisons l’hydrxychloroquine dans le traitement des infections bactériennes depuis plus de 25 ans. D’autre part les travaux du professeur Zhong Nanshan, un de mes plus brillants confrères chinois, qui a évoqué l’efficacité de la chloroquine dans une conférence de presse le 17 février. » Sauf que, selon Raoult, "à Paris, ils ont beaucoup de mal à admettre que la France ne soit plus le phare de la science mondiale et que les chercheurs plus performants aujourd’hui, c’est en Asie du sud-est qu’on les trouve et plus en Occident." Les déclarations de l’infectiologue chinois n’ont d’ailleurs pas été relayées en France.

Un essai clinique plus tard, les résultats obtenus à l’IHU Méditerranée Infection recoupent ceux de Zhong Nanshan, confirmant ainsi l’efficacité de la chloroquine dans le traitement du coronavirus. Mieux : associée à un vieil antibiotique, l’azythromycine, la non moins vieille chloroquine a débarrassé du coronavirus plus 90% des personnes porteuses incluses dans l’essai clinique marseillais. "Et cette combinaison des deux molécules, c’est nous qui l’avons inventée !", souligne Didier Raoult, prêt à traiter tous les patients qu’on lui amènera pour finir de démontrer l’intérêt de ce cocktail médicamenteux.

Pourquoi a-t-il fallu en arriver là pour que cessent les critiques et que les autorités françaises considèrent enfin que ses déclarations avaient du sens ?

Guerre de positions

"Le problème, indique l’infectiologue, c’est qu’intellectuellement, ils ont du mal à admettre qu’une nouvelle maladie, un nouveau virus, puissent être traités efficacement par des molécules anciennes qui ne coûtent rien, et pas par une nouvelle prouesse de la recherche pharmaceutique, très chère et très compliquée à industrialiser."

Raoult sait de quoi il parle.
Depuis des années, il plaide pour une révision des modèles économiques de la santé, afin que l’ensemble des molécules existantes, créées pour la plupart au XXe siècle, soient considérées comme un patrimoine au service de l’humanité. "Ce n’est pas le cas aujourd’hui, se désole-t-il, car on abandonne les médicaments qui ne rapportent rien, même s’ils sont efficaces. C’est comme ça que plus aucun antibiotique n’est fabriqué en Occident et que nous avons régulièrement des pénuries sur des molécules très importantes, comme récemment la doxycycline, indisponible pendant 6 mois alors que nous en avons besoin au quotidien pour soigner les gens."

La question reste entière avec le coronavirus : si l’efficacité de la combinaison chloroquine/azythromycine se confirme, on pourra guérir tout le monde mais cela ne rapportera d’argent à personne. Un problème, vraiment ?

mercredi 27 juin 2012

Les " collabos" étaient aussi d'extrême gauche

Comment peut-on être assez ignorant pour croire encore que les “collabos” venaient tous de l’extrême-droite et les résistants de la gauche ?




Staline et Ribbentrop 

lors de la signature
du pacte germano-soviétique, 
au Kremlin à Moscou





Des rappels historiques s'imposent
" L’extrême gauche en France était dans la résistance. L’extrême droite française était à l’époque dans la collaboration ", c'est ainsi que Thierry Solère, député de l’UMP, a voulu distinguer l'extrême-droite de l'extrême gauche. Stéphane Courtois lui rappelle donc quelques petits faits historiques...
Je ne fais pas de politique et ne tiens pas à interférer dans les débats internes de l’UMP, mais je ne peux pas laisser sans réagir la déclaration de M. Thierry Solère, député de l’UMP qui vient de déclarer : " L’extrême gauche en France était dans la résistance. L’extrême droite française était à l’époque dans la collaboration. " Déclaration qui laisse pantois l’historien spécialiste de la période de la Deuxième Guerre mondiale, surtout venant d’un député appartenant à un parti réputé " gaulliste " et donc, en principe, concerné par l’histoire de l’occupation, du régime de Vichy et de la Résistance.
M. Solère semble ignorer qu’en 1939, l’extrême gauche alors représentée par le Parti communiste fut interdite dès le 26 septembre 1939 par le gouvernement de la République dirigé par un chef du Front populaire — M. Daladier — pour avoir approuvé l’alliance entre Hitler et Staline, conclue le 23 août 1939 (le Pacte germano-soviétique) et qui aboutit, le 1erseptembre, à l’attaque allemande contre la Pologne et surtout, le 17 septembre, à l’invasion de la Pologne par l’URSS.
M. Solère semble ignorer que le 1er octobre 1939, Jacques Duclos, dirigeant du PCF, diffusa une lettre ouverte invitant le gouvernement à engager d’urgence des négociations de paix avec l’Allemagne nazie, avec qui la France était en guerre depuis le 2 septembre, ce qui entraîna la condamnation de 44 députés communistes en mars 1940. (L'Appel du 10 juillet 1940 souvent présenté comme l'engagement précoce du PCF dans la Résistance, pour cette seule phrase : "Jamais un grand peuple comme le nôtre ne sera un peuple d'esclaves " n'appelle pas à aucun moment à la résistance contre les Allemands)
M. Solère semble ignorer que dans la nuit du 3 au 4 octobre 1939, Maurice Thorez, secrétaire général du PCF, fut enlevé à son régiment par un commando de l’Internationale communiste et, sous passeport soviétique, passa en URSS où il demeura de 1939 à 1944. Pour cette désertion en temps de guerre il fut condamné par contumace et déchu de la nationalité française.
M. Solère semble ignorer que le 18 juin 1940 — au moment même où le général de Gaulle lançait son premier appel à la résistance —, un dirigeant du PCF, sur ordre de Moscou et sous l’autorité de Duclos, prenait contact avec les services allemands, installés place de l’Opéra à Paris depuis deux jours, et engageait avec Otto Abetz, le représentant de Hitler à Paris, une négociation politique qui dura jusqu’à la mi-août.
M. Solère semble ignorer que si le PCF critiqua violemment le régime de Vichy, il n’est entré dans la résistance active à l’occupant qu’en juin 1941. Tout ceci n’enlève rien aux sacrifices des militants communistes entre 1941 et 1944, mais l’extrême gauche communiste a été largement absente du combat contre l’Allemagne nazie entre septembre 1939 et juin 1941.
M. Solère semble ignorer que de très nombreux hommes politiques de gauche — radicaux, socialistes — ont voté les pleins pouvoirs à Pétain et ont participé à son Conseil national, quand ils n’ont pas été des collaborationnistes actifs, en particuliers ceux qu’on appelait les néo-socialistes (Déat, etc.).
Enfin, M. Solère utilise une expression — " l’extrême droite " — qui ne signifie rien. Que dire de tous ces premiers résistants qui étaient des monarchistes de l’Action française — Daniel Cordier, le secrétaire de Jean Moulin, De Vawrin le chef du BCRA (le service secret gaulliste), le fameux colonel Rémy premier agent du général de Gaulle en France occupée —, voire issus de la mouvance de la Cagoule — Guillain de Bénouville, chef du mouvement Combat, François Mitterrand ? Avec la défaite et l’occupation, " l’extrême droite " a éclaté en plusieurs courants, les uns allant vers la révolution totalitaire nazie (Doriot et son PPF), les autres vers le régime réactionnaire et autoritaire de Vichy bientôt engagé dans la collaboration, et les troisièmes entrant tête baissée dans la Résistance par nationalisme et détestation de l’Allemagne pangermanique. Le général de Gaulle lui-même était un conservateur catholique et nationaliste, violemment critiqué pour cela, encore en juin 1941, par les communistes français : c’est pourtant lui qui a lancé le cri de ralliement initial et a dirigé de main de maître le combat pour que la France retrouve sa place de nation indépendante à la Libération.
De grâce, Monsieur le Député, faites preuve d’un peu plus de culture historique avant de lancer des anathèmes.


Source Atlantico (Stéphane Courtois est un historien et universitaireIl est directeur de recherche au CNRS (Université de Paris X), professeur à l'Institut Catholique d'Études Supérieures (ICES) de La Roche-sur-Yon, spécialiste de l'histoire des mouvances et des régimes communistes.)

samedi 9 juin 2012

Être de gauche rend intolérant et peu généreux…

Et donc ni "exemplaire" ni "vertueux" et ni ...social !

Les idées fausses ont la vie dure

C’est une personnalité de gauche qui le dit 



Anne Muxel, sociologue directrice de recherche au CNRS en science politique au CEVIPOF, dans son ouvrage Toi, moi et la politique, amour et conviction (2008).







Il suffit simplement parfois de parcourir les forums ou les commentaires de gauche pour en avoir la certitude…

lundi 25 juillet 2011

En négligeant la majorité silencieuse, les gouvernements provoquent suicides et carnages


Les populismes sont des cris d'alarme


Les responsables politiques méprisent la souffrance des autochtones
A force de rester sourds aux sans emploi ou sans abris de souche, les déshérités de la vie, mais aussi ceux et celles qui craignent de basculer dans le marasme, se sentent oubliés. La démagogie des acteurs soumis à élection conduit les plus fragiles et les plus inquiets au désespoir ou à la colère et donc à des actes extrêmes isolés ou collectifs.

Le carnage commis en Norvège (ci-contre)par Anders Behring Breivik en juillet 2011 n'est qu'un des exemples tragiques du sentiment de vulnérabilté des Européens.
Evoquons pour mémoire la tentative d’assassinat perpétrée par M. Brunerie à l’encontre du Président de la République le 14 juillet 2002.
Mais les candidats socialistes en campagne de la primaire s'en saisissent pour exprimer leurs beaux sentiments humanistes et leur empathie prête à l'emploi. En France, tandis que la Norvégienne Eva Joly se mure dans le silence, François Hollande ou encore Manuel Valls, et le MRAP, dont c'est la raison d'être, pointent la responsabilité des discours islamophobes de l'extrême droite.
Mais en mars 2010, en Grèce socialiste au bord de la faillite, c'est un groupuscule d'extrême gauche grec, les " Cellules de la conspiration du feu ", qui revendiqua trois attentats anarchistes à la bombe commis à Athènes. Tous les extrémismes - de gauche comme de droite - sont condamnables mais, si tous ne sont pas inspirés par une islamophobie obsessionnelle, instrumentalisable, sans honte par la gauche, tous sont suscité par un mal être profond que les bien-pensants occultent.
Le Nouvel Observateur propose un répertoire des "principaux carnages meurtriers dans le monde" (lien)

Mais les populismes se développent dans les pays riches qui ont tout à perdre de l'immigration incontrôlée menaçant leurs équilibres sociaux. Les irresponsables seulement soucieux de leur image contribuent par leurs discours vertueux à l'exaspération des masses et des plus conscients. Les pointer du doigt constitue une provocation.



Pêle-mêle de littérature
dite 'facho'...
Libération est allé chercher un certain Nicolas Lebourg, historien politiquement correct et spécialiste à oeillères de l'extrême droite, qui assure que sa mise en accusation est justifiée.
Ce jeune attaché temporaire d'Enseignement et de Recherche à l'Université de Perpignan,est aussi chercheur associé au Centre de Recherches Historiques sur les Sociétés Méditerranéennes (CRHiSM): il est sur orbite pour être co-opté par ses pairs dans le sens de l'Histoire. Avec lui, Libération et l'Université se rabattent sur la génération qui parle du fascisme sans l'avoir vécu, mais, à n'en pas douter, les ouvrages universitaires du Sne-Sup l'ont durablement formaté.
A titre indicatif, le jeune homme fut chargé de recherches auprès du Musée-Mémorial du Camp de Rivesaltes (Président du Conseil Scientifique : Denis Peschanski directeur de recherche au CNRS et secrétaire de la section du PS de Bourg-la-Reine; Président d'Honneur: Robert Badinter, PS)
Mais les choses ne sont pas si simples, car Peschanski est un intellectuel juif européen dont Leïla Shahid, la déléguée générale de la Palestine auprès de l’U.E. a déclaré, sur le site Nouvelobs.com « A travers JCall il y a un interlocuteur pour les Palestiniens » (4 mai 2010): l'universitaire est impliqué comme signataire de JCall,European Jewish Call for Reason , « Des Juifs américains contre la droite israélienne ».

A-t-on raison de pointer du doigt les discours de l'extrême droite?

Oui bien sûr, mais il ne faut pas se contenter de pointer les populismes. Depuis dix ans, on laisse le discours islamophobe devenir légitime. On l'entend aujourd'hui sur les grandes chaînes de télévision. C'est trop facile de ne pointer que les radicaux. En France, le discours de l'extrême droite radicale n'est que la caricature de celui entendu à l'extrême droite traditionnelle, à l'UMP, ou dans une partie des intellectuels de la gauche laïque.
La terminologie utilisée en France évoque sans cesse, à des degrés divers, l'invasion, la colonisation, etc. A partir du moment où on suggère sans arrêt aux gens qu'ils sont envahis, il est logique qu'au bout d'un moment, cela arme certaines personnes. C'est une idéologie de masse qui imprègne lentement la société.

Depuis quand se développent, en France, les discours islamophobes?

L'argumentaire islamophobe est né à la marge, dans l'extrême droite radicale, et s'est diffusé dans la société française. Les guerres en ex-Yougoslavie vont marquer un tournant, avec les premières diffusions de l'idée que l'Europe est en cours d'islamisation. Y compris dans les hauts rangs de l'état-major français et dans une partie de la gauche laïque circulait l'idée que la Serbie était, au Kosovo, en train de défendre l'Europe contre l'islamisation.

Comment analyser la réaction de l'extrême droite française?

En toute logique, l'extrême droite classique - qui exècre la violence et est favorable à la peine de mort pour les terroristes - ne peut que se sentir sincèrement gênée par cet acte. Ce sont les radicaux à l'intérieur même de l'extrême droite qui se frottent les mains.

Faut-il redouter une violence d'extrême droite, en France?

Faire sauter une voiture pleine de nitrate d'ammonium, comme l'a fait Anders Behring Breivik en Norvège, il n'y a rien de plus facile. Un enfant pourrait le faire. Après, on est un peu protégés en France dans le sens où la violence politique n'a aucun appui social, elle est déligitimée depuis plus de trente ans. Certains groupuscules avaient essayé de faire quelques actions au début des années 2000, sans succès.


Libération ne manquera sans doute pas d'interroger maintenant un expert sur les causes objectives des coups de sang dans la population, dont l'islamisation de l'Europe n'est qu'un des resorts.

Puisse le quotidien de gauche se mettre à l'écoute, plutôt que du microcosme et l'EHESS, des Français d'ici et de leur demande de sauvegarde des emplois, des logements et du systême de protection sociale, et aussi de la maîtrise des dépenses publiques, plutôt que sur les sentiments généreux qu'il inspire aux laïcs amateurs d'exotisme et de brassage des religions et des peuples. Tout le monde n'est pas prêt de constater dans sa vie de tous les jours que c'est un plus pour régler tous leurs problèmes, à commencer par surmonter la crise.

Puissions-nous donc éviter un massacre, résultat de l'autisme des bien-pensants de la presse et de la gauche pourtant tellement sensibles à la misère humaine. Celle des gens venus d'ailleurs est pour eux plus porteuse que tout autre !...
A moins que le PS ne cherche qu'à renforcer Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ?

jeudi 6 janvier 2011

42% des Français ont peur de l'islam

Les musulmans ont-ils oui ou non d'autres valeurs ?

Les responsables politiques sont-ils responsables ?

Dounia Bouzar, expert pour l’Union Européenne sur la prévention de l’intégrisme rend nos élus responsables qui " ont fait beaucoup d'erreurs ": ils donnent du pouvoir aux groupuscules radicaux et "légitiment" les radicaux comme interlocuteurs. Elle les accuse également de confondre l'islam avec la représentation qu'en donnent les intégristes: "Présenter l'intégrisme comme l'application littérale de l'islam, c'est se fourvoyer d'emblée."

Ben Laden et les radicaux ont bon dos
Les musulmans sont, pour elle, "pris au piège" des " radicaux qui ont imposé leur définition de l'islam " "Pour les musulmans, 'La Vérité' n’est pas dans les lignes du Texte Sacré"...

Notre société, et non l'islam, est coupable de véhiculer des "représentations négatives"
Elle nie que les musulmans réclament des produits halal, un phénomène, selon elle, purement 'marketing': l'offre aurait créé la demande. Les prières de rue sont légitimes, selon elle, car "les musulmans souffrent de cette situation". L'expert dénonce les media qui "mélangent les intégristes et les pratiquants".

61% des Français pensent qu'ils refusent de s'intégrer

L'expert soutient que "les musulmans sont intégrés" et suggère que les jeunes se voient imposer (comme c'est le cas de cette détentrice des palmes académiques...) un " décalage entre la théorie et la pratique " sur les valeurs françaises de l'égalité, de la liberté de culte ou du droit au travail.
Elle insiste pour que les comportements délinquants des musulmans bénéficient d'un traitement de faveur et soient déconnectés de leur pratique religieuse, tant il serait vrai que, en revanche, les chrétiens dans leur ensemble ne seraient pas stigmatisés pour la conduite d'un seul grand croyant égaré.

40% des Français observent une mauvais intégration

Les 'souchiens' regrettent de trop fortes différences culturelles.

L'expert 'politiquement correct' soutient que ' l'islam ne détermine pas les gens ', comme si la pratique d'une religion n'avait aucun impact sur le pratiquant. S'il est musulman.

Le regard des 'autres', celui des Européens, est responsable
L'expert revendique ni laxisme ni diabolisation. Elle reproche alors au système éducatif d'ouvrir un débat confessionnel lorsqu'un élève musulman crache au sol pour une raison religieuse, plutôt que de lui donner 2 heures de colle, sans discussion ni commentaire, ni publicité.

Elle préconise aussi que les entreprises s'adaptent à l'islam.
L'experte réclame des "salles", dites "de repos", où toutefois, cinq fois par jour, les musulmans pourraient faire la prière.

VOIR et ENTENDRE l'entretien, le 4 janvier 2011, de Ménard avec cet expert, Dounia Bouzar, qui accuse les musulmans radicaux et défend l'idée de défaillances du pouvoir politique et d'un complot contre l'islam:


Exemple extrême de diversité

Née à Grenoble,
Dounia Bouzar cumule des origines marocaines, algériennes, italiennes et corses.
Son prénom est d'ailleurs la contraction des prénoms de ses parents (Amina, son père, et Dominique, sa mère). Convertie à l'islam à l'âge de 27 ans, elle fut d'abord éducatrice au sein de la Protection judiciaire de la jeunesse, emploi qui lui inspire une réflexion partagée dans plusieurs ouvrages. Le premier, paru en 2001, est une révélation pour quiconque sait lire entre les lignes: 'L' Islam des banlieues - Les prédicateurs musulmans, nouveaux travailleurs sociaux', une clé ouvrant sur les acteurs de l'incitation des jeunes en difficulté à se jeter dans les bras des associations religieuses.

Sa thèse d'anthropologie sur le fait religieux et consacrée aux Français de confession musulmane mène à la publication en 2003 d'un livre sur le sujet du voile, alors que le port de la burqa commence à poser problème. Elle est alors recommandée pour occuper un siège du Conseil français du culte musulman (CFCM), laissé vacant après la démission de Bétoule Fekkar-Lambiotte en février 2003. Elle y siège en tant que personnalité qualifiée, mais en claquera la porte deux ans plus tard, accusant le Conseil, dans sa lettre de démission, de ne pas assez agir sur les questions de fond.

Dounia Bouzar retourne alors à l'enquête et à la dénonciation.
En 2006, une nouvelle publication interpelle les acteurs politiques sur la place de l'islam dans la société française d'aujourd' hui. Dans cet esprit, elle publie 'Quelle éducation face au radicalisme ?' Cette stigmatisation reçoit un prix de l'Académie des sciences morales et politiques et elle se voit également citée dans la liste des 'héros européens' (!) de Times Magazine.

Elle est également chercheuse associée au Cabinet d'études et cultures consulting et son essai, 'La République ou la burka, les services publics face à l'islam manipulé' paraît en janvier 2010. Elle affirme à ce propos: " Le voile symbolise, pour ces jeunes filles vivant en France, leur relation avec un Dieu créateur de liberté." (L'Islam des Banlieues)
Tariq Ramadan a longtemps fasciné la dame

Jusqu’à son cinquième livre, Dounia Bouzar a pris sa défense. Lorsqu'elle prit ses distances avec lui, ce fut à la suite d'une humiliation et non d'un sursaut de lucidité sur l’islamisme. Il la traita de « traître », après que celle-ci osa critiquer, de manière pourtant modérée, le travail de terrain du prédicateur au début des années 90, trop axé sur le repli communautaire, selon elle.
Sur Saphirnews.com, elle revient sur l’affaire :
" Moi qui l’ai défendu pendant des années contre ceux qui l'accusaient du fameux double langage, voilà dans quelle situation je me retrouve. Autant je l'estimais au moment de la sortie du livre, autant maintenant, son attitude m'a énormément déçue. Il a eu des propos erronés et même mensongers me concernant " (Tiré d'un "chat" du 17 juin 2005 sur Saphirnews)

Selon Tariq Ramadan, Dounia Bouzar a adopté nombre de ses positions, les plus susceptibles d'endormir l’opinion publique, pour se valoriser et faire carrière:
"Dounia Bouzar s’approprie même, mais sans le dire, mon vocabulaire et un certain nombre de mes thèses sur la nécessité de ne jamais essentialiser l’islam (un refrain repris par des sociologues de l'EHESS), de refuser les lectures uniques et figées et de reconnaître l’autonomie de l’individu et le besoin de réformes ", accuse Ramadan.

Dounia Bouzar n’a en revanche jamais critiqué les thèses de Tariq Oubrou, imam français né au Maroc qu’elle présente comme fréquentable au regard de ses écrits, selon lesquels il y aurait autant de pratiques de l’islam que de musulmans, mais qui sur le terrain est en fait un islamiste notoire, membre de l'AMG (Association des musulmans de la Gironde) affiliée à l'UOIF (Union des organisations islamiques de France) et préside actuellement l'association "Imams de France". Le Coran 'à la carte' n'existe pas.

Dounia Bouzar et ses protecteurs

Cette habile mais modeste sociologue a co-écrit avec:

- Jacqueline Costa-Lascoux, sociologue, directrice de recherche du CNRS (Centre national de recherche scientifique) et investie dans les questions de l'enseignement. Présidente de la Fédération nationale des écoles des parents et des éducateurs - FNEPE, elle a été présidente de la ...Ligue de l'enseignement, c'est-à-dire membre de la nébuleuse socialiste à la FSU.
En mai 2007, elle fut signataire d'un "appel du monde économique à voter Ségolène Royal (lien)"...

- Jean Baubérot: directeur jusqu'en 2001 du Groupe de Sociologie des religions et de la laïcité (CNRS-EPHE), il est appelé entre 1997 et 1998 comme conseiller technique au cabinet de Marie-sEGOlène Royal, ministre délégué chargé de l'Enseignement scolaire.

samedi 14 mars 2009

Luc Ferry fustige les présidents d'université

Luc Ferry: « La grève, ce n’est pas les congés payés! »

Philosophe, écrivain, chercheur, Luc Ferry connaît bien le sujet de la grève dans l’Enseignement. Invité du « Talk Orange-Le Figaro » , l’ancien ministre de l’Éducation nationale insiste: « La grève, ce n’est pas les congés payés. J’ai été le premier à faire voter un projet de loi pour qu’une retenue sur salaire soit prélevée sur les salaires des enseignants lorsqu’ils sont grévistes. Mais ce qui est simple dans les collèges et lycées est plus compliqué à appliquer dans les universités. Un chercheur n’a pas d’obligation de service.[Pas plus que de résultats: on peut être chercheur à vie, mais ne jamais rien trouver !] J’ai été moi-même chercheur durant deux ans et je ne me suis jamais rendu dans les locaux du CNRS. »

Autre sujet qui lui tient à coeur: la loi sur l’autonomie des universités.
Ministre de la Jeunesse, de l’Éducation Nationale et de la Recherche dans le gouvernement Raffarin, il est l’auteur en 2003 du premier projet de loi sur l’autonomie des universités, considéré alors par les étudiants et les enseignants comme une mise en cause de l’unité du service public d’enseignement supérieur et de recherche. Une très forte mobilisation des enseignants avait alors déjà poussé le gouvernement à retirer cette réforme. « Je ne suis pas fier des présidents d’université, confie-t-il. La loi sur l’autonomie des universités est une bonne loi. Elle était réellement faite pour eux. Or ils ont abandonné Valérie Pécresse en rase campagne. »

vendredi 12 décembre 2008

L’effet Obama sur les minorités de France

Le « rêve américain » à la française serait-il un dû ?
La 'discrimination positive' n'y suffit pas.
Certains idéologues et politiciens, opportunistes de la diversité, tentent à tout hasard de transposer la victoire de Barack Obama des Etats-Unis en France et de créer une relance du « rêve américain » dans « la patrie des droits de l'homme ».
La victoire des démocrates américains serait porteuse d'espoir pour la gauche, qui en est à trois défaites électorales, et la victoire d’Obama, un espoir de "relance du rêve français".
Les minorités pressent en effet l'Etat de réinsuffler de son énergie gauloise originelle, en s'ouvrant davantage à la diversité de la société, en lui cédant le pouvoir.

Chacun y va de son couplet
  • Le CRAN (Conseil représentatif des organisations noires)
    "Hier, la ségrégation était de mise" et c'était la France "qui apparaissait comme une terre d'espoir pour les Noirs d'Amérique", affirme Patrick Lozès, son président, né en 1965 au Bénin, ancien UDF.
    "Aujourd'hui, les Noirs de France regardent vers les Etats-Unis où le rêve américain est à nouveau relancé", estime-t-il, demandant au président Nicolas Sarkozy d'entendre la "revendication urgente d'égalité des Noirs de France". Une délégation, qui devait se rendre mercredi à l'Elysée, a été reçue en novembre.
    Cette grande urgence n’aurait rien d’artificiel…
    Début novembre, la communauté noire a organisé deux rassemblements à Paris, qui, à eux deux, ont réuni moins de cent personnes.
  • SOS Racisme
    Le succès d'Obama devrait inspirer "les responsables politiques d'autres pays -dont le nôtr - quant à la possibilité de concilier l'honnêteté du discours politique et la capacité à soulever des espoirs fondés sur le vivre-ensemble", estime de son côté Dominique Sopo (32 ans, Unef-id, MJS et IEP), son président, métis (d’un togolais naturalisé en 1993 et d’une française. Mais, par ses propos agressifs, Sopo ne démontre pas sa volonté de faciliter le « vivre-ensemble ».

    Mais l’effet Obama en incite aussi certains à la lutte

    >Nombreux sont ceux qui contestent ouvertement la capacité de la classe politique française, tous partis confondus -des plus caricaturés aux plus vertueux- à emboîter le pas aux Américains.
  • Des universitaires qui ont pu tracer leur route en France
    > Pap Ndiaye (1965) est maître de conférence en historie, spécialiste des Etats-Unis à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS).
    Il en profite pour livrer son analyse : "Ce qui irrite beaucoup de gens, c'est d'entendre les responsables politiques applaudir Obama quasiment unanimement tout en ne faisant pas grand chose, au fond, pour qu'un Obama français puisse un jour émerger".
    Comme Patrick Lozès (CRAN) il est membre d’une association (membre du CRAN), le Capdiv, qui milite contre les discriminations touchant, entre autres les noirs, mais aussi les homosexuels et les juifs.
    > Esther Benbassa
    (1950) est une autre tête chercheuse pré-orientée, née à Istanbul en 1950, universitaire spécialiste de l'histoire des Juifs et ancienne directrice de recherche au CNRS (1989-2000).
    Elle espère que le succès d'Obama aidera à "faire sauter les verrous", en accordant une juste place en France aux "minorités visibles", comme naguère aux Juifs. Et que ça saute !

  • D’autres sont visiblement réduits au silence
    > Il manquait un collectif ou réseau…
    Au nom du collectif AC-le-Feu (Association Collectif Liberté, Egalité, Fraternité, Ensemble, Unis), issue des révoltes de novembre 2005 et rédactrice de Cahiers de Doléances, Mohamed Mechmache a quelque chose à déplorer : Si l'élection d'un métis à la tête de la première puissance mondiale "peut faire bouger les autres pays, c'est très bien mais j'ai du mal à croire que les mentalités changent aussi vite en France : les politiques ne jouent pas le jeu". A droite bien sûr, mais aussi à gauche ?
    > Le rédacteur en chef du Bondyblog,
    site ouvert en Seine-Saint-Denis après les émeutes de 2005.
    "Les élites françaises vont surfer sur la vague", soupçonne Nordine Nabili, quei n’est pourtant pas maltraité, puisque Yahoo ! France le promeut pour des raisons idéologiques et politiques, au même titre que LePost.
    Ignorant peut-être qu’Obama est un sang mêlé mais qu’en revanche un Maghrébin est Blanc, Nordine, sans doute supérieur à ses frères de couleur (mais laquelle, donc ?), reconnaît volontiers que l'élection d'Obama "va évidemment susciter de l'espoir" chez les "jeunes des quartiers populaires imbibés de culture afro-américaine". Il admet aussi que "les Etats-Unis ne peuvent rien si les Français [indistinctement] ne prennent pas à bras le corps la question des diversités". Son recours au pluriel est déjà de mauvais augure…
    > Une ex-candidate à la présidentielle de 2007
    Elle n’a pas réussi à se faire élire, mais c’est la faute à Rousseau.
    Leila Bouachera
    juge "tout simplement impossible" un tel événement en France, "terre historique des droits de l'homme" où les candidats de la diversité avaient été "réduits au silence", qu’elle a toutefois toute liberté de rompre. Son problème serait plutôt d’être audible et donc consensuelle.
    Leila Bouachera n’a pas eu qu’à souffrir de la France. Née au Panier à Marseille en 1960, elle est à la fois fille d’ouvriers immigrés algériens berbères, docteur en droit international. Elle a commencé sa carrière à l’ONU, jurisconsulte international spécialiste en droit des NTIC et actuellement chargée de mission dans le secteur de l'audiovisuel depuis plus de 19 ans.
    Mais, portée par la victoire d'Obama, et en tant que dissidente de l’UMP, elle se sent "forte pour recommencer en 2012", sur "terre historique des droits de l'homme".

    La couleur de peau est-elle un projet présidentiel ?
  • Une cumularde
    A la fois femme et Noire du gouvernement, la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade
    , estime que cette élection doit "sonner la mobilisation" pour plus de diversité en politique "avec des résultats concrets".
  • Et encore une association
    Pour l’association laïque et politiquement trans-courant « Les Marianne de la diversité », à laquelle les harkis reprochent leur proximité avec le FLN, Fadila Mehal affirme : "J'attends beaucoup des listes aux élections européennes, c'est le prochain grand rendez-vous".
  • « Prendre sa place »
    "Il faut arrêter de réclamer, il faut agir, prendre sa place", lance Dogad Dogoui, fondateur en 1999 du club Africagora, jugé ‘très select’ par ses détracteurs, regroupant "entrepreneurs et cadres des diasporas", et membre de l'UMP.

    La diversité est extrêmement diverse : quel sens donner donc à ce terme ?

  • dimanche 6 juillet 2008

    Le CA du CNRS approuve le plan de réforme

    Des têtes chercheuses anti-républicaines font un blocage
    Le plan stratégique de réforme du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a été adopté mardi matin par son Conseil d'Administration.
    "Le plan a été adopté par 18 voix contre 6", a annoncé Daniel Steinmetz, représentant du personnel CGT au conseil d'administration et interlocuteur privilégié de la presse que l'on dit pourtant dévouée au Chef de l'Etat. Fidèles comme partout ailleurs à leur politique d’obstruction systématique, les 4 représentants du personnel et les représentants de la CGT et de ses clones de la FSU au niveau national avaient voté contre.
    Le plan stratégique a arrêté le principe d'une organisation du CNRS en instituts dont les modalités devront être définies au mois de septembre.
    Outre la création des instituts, qui géreront les laboratoires, le le texte voté doit notamment redéfinir les relations entre le plus gros organisme de recherche français et les universités qui deviendront autonomes.

    Entre 100 et 150 chercheurs (estimation scientifique à 50% près) étaient présents mardi matin dans la cour du siège du CNRS à Paris pour protester contre l'adoption du plan stratégique. Que représente cette centaine d'extrémistes? En effet, ces chiffres brandis par la presse manipulatrice ne précisent pas que le CNRS est une usine à gaz et qu’en 2007, il employait environ 30 000 personnes : 26 100 permanents (11 700 chercheurs et 14 400 ingénieurs, techniciens et administratifs) et 4000 contractuels). De quoi relativiser et estimer à sa juste portée l’agitation d’une centaine de chercheurs agités, brasseurs d’idéologie surannée.

    Certains anti-libéraux en sommeil dans leurs labos ont eu un sursaut de vitalité pour regretter que les syndicats n'aient pas pris l'initiative d'un nouveau blocage de la tenue du CA, qui avait permis le 19 juin d'obtenir un amendement du projet initial. Une délégation syndicale a été reçue après le CA par la présidente du CNRS Catherine Bréchignac.
    En effet, ce collectif organisa des États généraux de la recherche, pour faire le point les mesures législatives. Dans le cadre de l'élection présidentielle de 2007, il invita tous les candidats à mieux définir leur programme en matière de recherche lors d'une conférence tenue le 16 février 2007 à Illkirch. Les propositions établies au cours des États généraux de la recherche sont majoritairement reprises dans le programme sur la planification de la recherche du parti socialiste, qui n’a encore pas de réflexion propre sur ce sujet. Or, les élections furent remportées par l'UMP et le collectif Sauvons la recherche s'opposa au projet de loi sur l'autonomie des universités, qui comprend un large volet sur les problématiques liées à la recherche et aux chercheurs. Battu et pas content ! Ces chercheurs n’ont pas tardé à trouver aigreurs et haine en leurs cœurs.
    "On sait que la suite va être dure", a estimé Trautmann en appelant les chercheurs à rester mobilisés, notamment sur la question du budget et des postes.

    "Le gouvernement a remporté une petite victoire tactique" mais "il est indéniable qu'il y avait des reculs" par rapport à la première mouture du projet qui visait " à démanteler le CNRS", a déclaré Alain Trautmann, qui n’est pas le président du collectif Sauvons La Recherche, comme l’affirme l’agence de presse française, mais l’un de ses porte-parole …. Il n’est pas membre du CNRS, non plus, mais agitateur professionnel qui a eu son heure de gloire avec l’appel de Cochin, lancé en avril 2003 par le personnel des laboratoires de recherche de l'Institut Cochin.
    Alain Trautmann (ci-dessus), 55 ans, qui a mené la fronde des chercheurs contre ce qu'il estime être un manque de moyens accordés par les Français aux laboratoires, est biologiste à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Quand il ne manifeste pas, il co-dirige le laboratoire "Activation lymphocytaire et synapse immunologique" au sein de l’Institut Cochin à Paris. Lorsqu’il ne passe pas son temps avec la presse à de multiples passages au JT de 20 heures, les recherches de l’équipe qu’il co-dirige à mi-temps lui ont valu d’être primé par le conseil scientifique de la Ligue nationale contre le cancer en 2003. Cela ne lui confère ni des droits pour diriger le monde de la recherche ni le titre de sauveur de la recherche?

    Ce porte-parole de l’ambitieux ‘Sauvons la Recherche’ est le beau-frère de Catherine Trautmann, diplômée de théologie protestante, ministre de la Culture et de la Communication de Jospin (1997-2000) -très critiquée sur ses projets de réforme des chaînes de télévision, elle quitta le ministère lors d'un remaniement-, porte-parole du gouvernement (1997-1998), députée européenne (1989-1997 et depuis 2004) et ex-députée du Bas-Rhin, n’a pas jugé Sa Cynique Majesté Royal à sa convenance, puisqu’il ne fait pas partie des signataires de l’appel d’avril 2007 en faveur de la candidate de la gauche anti-libérale à la présidentielle. Mais alors, s’il ne se reconnaît pas de ceux qui appelaient "tous les électeurs de la gauche, dans la diversité de ses composantes, à se rassembler dès le premier tour sur le nom de Ségolène Royal" en avril 2007, son appartenance politique serait-elle encore moins avouable, voire anti-républicaine ?