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samedi 5 décembre 2009

Des intellectuels prétendent censurer le ministère de l'Identité nationale

Une minorité tente d'imposer sa volonté à la majorité

Respectueux du vote populaire, sept intellectuels ont lancé samedi 5 décembre à Paris un appel aux responsables politiques, syndicaux et associatifs, aux candidats aux régionales, pour faire de la revendication de suppression du ministère de l'Identité nationale "un thème de campagne", a déclaré Michel Agier lors d'une conférence de presse à l'EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales). .
L'historienne Marie-Claude Blanc-Chaléard, l'astrophysicien Daniel Kunth, le psychiatre Richard Rechtman, l'anthropologue Michel Agier, l'historienne Sophie Wahnich, le philosophe Mathieu Potte-Bonneville et l'historien Gérard Noiriel ont initié un appel un appel pour cette suppression, paru vendredi 4 dans Libération, et ont été suivi par treize autres signataires.
Noiriel et Balibar, en réunion de cellule (PCF, 1968), ont de manière permanente essayé de maintenir une unité de classe autour de la lutte à la base sans dénoncer la CGT.

Les sept démocrates respectueux de la décision des urnes ont également annoncé la création d'un "lieu d'espace critique, de réflexion, pour proposer à la société civile, aux associations, aux organisations, des arguments pour la suppression du ministère", a-t-il poursuivi. Cet espace critique sera mis en place sur le site internet Mediapart , qui abrite déjà une pétition intitulée "Nous ne débattrons pas" et signée par plusieurs dizaines de personnalités.

Les électeurs de la majorité ne sont pas trahis
«Promesse électorale de Nicolas Sarkozy, la création d’un ministère de l’Immigration et de "l’Identité nationale" aurait créé un risque d’enfermement identitaire et d’exclusion, selon les signataires qui parlent de stigmatisation de l’étranger et stigmatisent pêle-mêle de nouveaux objectifs d’expulsion d’étrangers (27 000 par an), des rafles (sic) de sans-papiers, l’enfermement d’enfants dans des centres de rétention, le délit de solidarité, l’expulsion des exilés vers certains pays en guerre au mépris du droit d’asile, la multiplication des contrôles d’identité au faciès, enfin la naturalisation à la carte, préfecture par préfecture, qui rompt avec le principe d’égalité…

Signataires:
Michel Agier (anthropologue, EHESS et IRD), Etienne Balibar (philosophe, université Paris-X et university of California), Marie-Claude Blanc-Chaléard (historienne, université Paris-X) Luc Boltanski (sociologue, EHESS), Marcel Detienne (historien, EPHE et université Johns Hopkins), Eric Fassin (sociologue, ENS), Michel Feher (philosophe, Paris), Françoise Héritier (anthropologue, Collège de France), Daniel Kunth (astrophysicien, CNRS), Laurent Mucchielli (sociologue, CNRS), Pap Ndiaye (historien, EHESS), Gérard Noiriel (historien, EHESS), Mathieu Potte-Bonneville (philosophe, Collège international de philosophie), Richard Rechtman (psychiatre, Institut Marcel Rivière, CHS la Verrière) Serge Slama (juriste, université d’Evry), Emmanuel Terray (anthropologue, EHESS), Tzvetan Todorov (historien, CNRS), Paul Virilio (urbaniste, Ecole spéciale d’architecture de Paris), Sophie Wahnich (historienne, CNRS), Patrick Weil (historien, CNRS).

Découvrons l' idéologie qui les anime

Marie-Claude Blanc-Chaléard, historienne et maître de conférence à Paris I, parrainne la Coordination française pour la Décennie de la culture de non-violence et de paix présidé par le MIR, un mouvement non-violent inspiré de l'Evangile. Il est aussi membre de Non-Violence XXI (cf. Françoise Héritier, ci-dessous)

Michel Agier (IRD/EHESS) est membre du réseau scientifique TERRA (Travaux, Etudes, Recherches sur les Réfugiés et l'Asile) qui, dès le 1er juin 2007, lança un appel réunissant à ce jour (24.06.09) 7 712 signatures en riposte à la création du ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire, avant même qu'il ait pu prendre une quelconque mesure.

Etienne Balibar (1942) qui enseigna la philosophie politique et morale jusqu'en 2002 à l’Université de Paris X - Nanterre, est membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine. Deux publications, entre autres: Cinq études du matérialisme historique, 1974 et Sur la dictature du prolétariat, 1976, aux Editions Maspero, engagées à gauche. En 1978, il fonda la revue ...L'Alternative, pour donner la parole aux « dissidents » des pays du « socialisme réel ».

Luc Boltanski (1940) est l'un des principaux représentants de la sociologie pragmatique français, considérant que l'homme fait la « société » (et non l'inverse, selon Bourdieu) et que les acteurs sont compétents pour prendre position, juger, dénoncer, critiquer, en rendre compte... Quant aux élus de la nation ?


Michel Fehrer est président du collectif Cette France-là qui naquit dès l'élection de Nicolas Sarkozy. Le collectif publia un bouquin auquel participèrent notamment
Eric Fassin (ci-dessus) , Michel Feher, Mathieu Potte‑Bonneville (ci-dessous), que nous retrouvons encore aujourd'hui parmi les signataires de l'appel.
Fehrer admet néanmoins que « depuis 1974 et l’arrêt officiel de l’immigration de main-d’œuvre, tous les gouvernements considèrent l’immigration comme un problème. De ce point de vue, on peut parler de continuité ». C'était le 13 novembre dernier, dans L'Humanité.

Françoise Héritier (1933), anthropologue, soutient, depuis sa création en 2001, le fonds associatif Non-Violence XXI,regroupant 12 organisations non-violentes françaises pour développer, en France et dans le monde, une culture de la non-violence.

Pap Ndiaye (1965), historien spécialiste de la question noire en France, est co-fondateur du Cercle d'action pour la promotion de la diversité en France (CAPDIV). Sa soeur n'est autre que le prix Goncourt 2009.
-> Août 2009, dans un entretien avec Les Inrockuptibles et, à une question sur la «France de Sarkozy», l'écrivaine Marie Ndiaye manqua alors dans sa réponse du respect qu'elle réclame pour sa personne: «Je trouve cette France-là monstrueuse... Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité… Besson, Hortefeux, tous ces gens-là, je les trouve monstrueux».
Pour justifier qu'elle vit à Berlin, elle avait encore ajouté: « Je me souviens d'une phrase de Marguerite Duras, qui est au fond un peu bête, mais que j'aime même si je ne la reprendrais pas à mon compte, elle avait dit : "La droite, c'est la mort". Pour moi, ces gens-là, ils représentent une forme de mort, d'abêtissement de la réflexion, un refus d'une différence possible. Et même si Angela Merkel est une femme de droite, elle n'a rien à voir avec la droite de Sarkozy : elle a une morale que la droite française n'a plus. »
Son engagement lui valut le prix Goncourt 2009, un ouvrage qui traite largement de l'immigration.
->Le mercredi 11 novembre sur Lesinrocks.com, Marie NDiaye maintint les propos méprisants vivement critiqués par Eric Raoult. La veille, dans une question écrite au ministre de la culture, le député UMP avait pourtant rappelé les lauréats du prix Goncourt au "devoir de réserve": « Il me semble que le droit d'expression, ne peut pas devenir un droit à l'insulte ou au règlement de compte personnel. Une personnalité qui défend les couleurs littéraires de la France se doit de faire preuve d'un certain respect à l'égard de nos institutions, plus de respecter le rôle et le symbole qu'elle représente. C'est pourquoi, il me paraît utile de rappeler à ces lauréats le nécessaire devoir de réserve, qui va dans le sens d'une plus grande exemplarité et responsabilité. »
Elle riposta en ces termes: "Il n'est plus nécessaire d'affiner mes propos antérieurs, que je maintiens", insiste-t-elle en précisant notamment que "la manière dont depuis deux ans et demi on s'attaque au problème de l'immigration est à [s]es yeux inacceptable".
-> La présidente du jury du Prix Goncourt depuis 1983 est Edmonde Charles-Roux, veuve Gaston Deferre (PS).
  • Un autre membre depuis 30 ans, Françoise Mallet-Joris (1930), est une ex-épouse d'Alain Joxe, sociologue et directeur d'études à l'EHESS, président du CIRPES et membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine, où on retrouve Étienne Balibar, Gisèle Halimi, Stéphane Hessel, Ken Loach ou François Maspéro.
  • Autre membre, Jorge Semprun (1923) appartient au Parti communiste espagnol.
  • Quant à Michel Tournier, un autre membre juvénile, né en 1924, il est membre du comité de lecture chez Gallimard, qui édite le prix Goncourt 2009...
  • Le journaliste Bernard Pivot (1935) est le premier non-écrivain élu au Goncourt: c'est un tontonphile sans états d'âme.

  • Le nom du dernier membre élu, Patrick Rambaud, est attaché au magazine Actuel, journal engagé à gauche, qui est branché sur toutes les contre-cultures et sur des sujets comme la drogue, le féminisme, le rock et l'écologie.
  • Gérard Noiriel (1950) est l'un des pionniers de l'histoire de l'immigration en France. Il s'est également intéressé à l'histoire de la classe ouvrière.
    Il quitta le PCF en 1980 suite à la publication d'un livre en collaboration avec un syndicaliste de la CGT, dénonçant un manque de démocratie des structures du PCF face aux mouvements sociaux.
    Il est aussi démissionnaire du conseil scientifique de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, en mai 2007 avec 7 autres universitaires (dont justement Patrick Weil et Marie-Claude Blanc-Chaléard, à nouveau), pour protester contre la création d'un ministère associant immigration et identité nationale.

    Mathieu Potte-Bonneville (1968) est professeur de philosophie en classes préparatoires à Montreuil, anime aussi un blog sur Mediapart (Edwy Plenel) et co-fonda le trimestriel Vacarme, qui mène une réflexion à la croisée de l’engagement politique, de l’expérimentation artistique et de la recherche scientifique !

    Richard Rechtman est médecin, chef du service de psychiatrie de l'adolescent du CHS La Verrière Psychiatre et chercheur au CESAMES (Centre de recherche psychotropes, santé mentale, société) et anthropologue.

  • Serge Slama, maître de Conférences en droit public à l’Université d’Evry-Val-d’Essonne, s'est fait connaître pour "La fin de l’étudiant étranger", L’Harmattan, 1999 ou des séminaires tels que « Un Ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire », Enjeux identitaires, Commission fédérale pour les questions d’immigration (CFM), Bern (Suisse), 6 nov 2008 »: depuis, les Suisses ont voté par référendum à près de 57% pour interdire la construction des minarets.
    Selon lui, la police des étrangers entre inéluctablement en conflit avec les libertés des sans papiers...
  • Emmanuel Terray (1935) cherche à constituter d'une anthropologie politique qui puisse s'inscrire dans le projet marxiste de Louis Althusser. Ses sympathies pour le mouvement de Mai 68 le ramenèrent de l'université Abidjan.
  • Tzvetan Todorov est né en Bulgarie en 1939 et sa réflexion porte principalement sur l'altérité et la question du « nous » et des « autres » dans les discussions des humanistes en Europe lors de la découverte du Nouveau Monde, pendant le processus de colonisation ou au cours du XXe siècle, ainsi que sur la question de la mémoire.
  • Patrick Weil (1956), qui a travaillé sur l'histoire de l'immigration en France, avait signé un appel à soutenir la candidate (PS) de la gauche à la Présidentielle, Désirdavenir Royal. Il soutient la modification discriminatoire du système des grandes écoles imposant l'admission de droit pour les 10% des lycéens les mieux placés dans les résultats du baccalauréat.

  • Sophie Wahnich, chargée de recherche au CNRS depuis 1995, travaille sur la Révolution française et le temps présent, mais publia pourtant Une histoire politique de l'amnistie (2007)

    Février 2008 – Ils avaient déjà fait une tentative

    Samedi 23 février 2008 - Manifestons contre le Ministère de la Honte
    Le ministère de l’identité nationale, de l’immigration et du codéveloppement c’est le Ministère des colonies !

    Les signataires étaient alors
    Alternatifs, Alternative Libertaire, Americans Against the War-France / AAW-France, ATTAC, Au Nom de la Memoire, CAAC-Comores, Coordination 75 des Sans Papiers, CNT, Droits devant Espaces Marx, LCR, Les Alternatifs, Les Panthères Roses, Les Verts, MJCF, MRAP, PCF, PCOF, Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie (PCOT)...

  • mercredi 6 mai 2009

    Patrick Lozes, CRAN et UDF, noir et pas clair du tout ?

    Le directoire du CRAN attaque son président

    La presse sait parfois se faire discrète

    Patrick Lozès n’a pas été victime de harcèlement médiatique.
    C’est qu’il n’est pas assez à droite… et vous découvrez donc que l’entourage de François Bayrou n’est pas blanc-blanc ?

    Purge au CRAN

    En avril 2009, le Directoire du Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN), organe suprême du CRAN, a informé par voie de communiqué qu’il a assigné son président : ce n’est pas peu banal !
    Patrick Lozès est traîné en justice pour « violation des statuts du CRAN, utilisation abusive et frauduleuse du titre de Président du CRAN ».

    Selon le Directoire, la crise que traverse l’organisation serait « la conséquence de manquements graves à l’éthique, ainsi qu’à l’utilisation de l’argent public, dès lors que la mission d’audit financier et organisationnel sollicitée par les membres du CRAN a été refusée ». L’audience de référé aura lieu le jeudi 9 avril, à 9h00, devant le Tribunal de Grande Instance de Paris. Maître Emmanuel Daoud, avocat au Barreau de Paris (ex-avocat de la sportive carnassière, Eunice Barber), représentera les intérêts du Directoire du CRAN, composé de Nathalie Daouda, Françoise Jupiter, Mariam Babale Mevaa, Maguy Gestel, José Jean-Pierre et Charles Lebelge.

    Me Emmanuel Daoud (jeune, ici) est membre de la fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), une organisation non gouvernementale (ONG) fédérative dont la vocation est d’agir pour le respect de tous les droits énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, plutôt que de celle –universelle– de 1789.
    Cette ONG alerte et mobilise l'opinion publique. Communiqués et conférences de presse, lettres ouvertes aux autorités, rapports de mission, appels urgents, pétitions, campagnes, site internet...
    La FIDH utilise tous les moyens de communication essentiels pour faire connaître les violations des droits humains.
    Cerise sur le gâteau, la FIDH s'emploie à dénoncer le détournement opportuniste (!) de la lutte antiterroriste à des fins de répression et d'atteinte aux libertés fondamentales. Est-ce finalement bien clair ?

    Ses détracteurs reprochent au départ à Patrick Lozès d’être à la fois membre du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) et « le noir, bête et inutile », ce qui ne paraît pas compatible !
    A la fois trop et pas assez ? Sur sa gauche, ses bons camarades l’accusent aussi d’avoir été « choisi par l’Etat pour écraser tous les noirs fiers ». Il serait trop communautariste et pas assez radical !
    Bouc émissaire ? Le CRAN serait "victime de sa gestion calamiteuse, désastreuse et dictatoriale du CRAN, plutôt le Conseil représentatif des ânes noirs".

    Certains invitent le directoire du CRAN à ne pas prendre les noirs en otage et d’autres, comme l’ancien secrétaire général et co-fondateur démissionnaire du Cran, Lucien Pambou, conseiller municipal UMP d’Alfortville (ci-contre) , se dressent face à Lozès pour des raisons politiques, stratégiques et intellectuelles.
    Ce dernier reproche au président d’être « passé d’une lecture primaire des discriminations vers des solutions primaires relatives au comptage ethnique, même si le CRAN s’en défend et préfère parler de statistiques de la diversité ». Selon lui, Patrick Lozes, « faible orateur et piètre organisateur, ne supportait pas d’autres formes d’intelligence et ne voulait pas de débat contradictoire ».
    « Pourquoi le CRAN refuse-t-il de parler des statistiques ethniques
    , alors que c’est bien le projet caché derrière les statistiques de la diversité ? C’est pour dépasser deux contraintes fortes. Le comptage ethnique requiert des politiques publiques spécifiques fondées sur les quotas. Le comptage ethnique favorise le « partitionnisme » de l’espace républicain. Je suis contre les statistiques ethniques ».
    Lucien Pambou parle de « caporalisation du mouvement par son principal dirigeant, à l’image de ce qui se rencontre dans les républiques bananières africaines » A l’opposé, d’autres …

    Le Directoire du CRAN a comparé ce procès à une « oeuvre de salubrité publique pour la justice et la dignité des Noirs de France. »

    Qui est Patrick Lozès ?
    Patrick Lozès est membre de l'UDF, et militant associatif, premier président du CRAN.

    Pharmacien né au Bénin (Dahomey) en 1965 et arrivé en 1988, son père,Gabriel Lozès, fut sénateur de la IVe République, puis ministre de la Santé et ministre des Affaires étrangères du Dahomey.
    En 2002, il est candidat UDF non élu aux élections législatives dans la 1re circonscription de Paris.
    En 2003, il fonde l'association CAPDIV qui milite contre les discriminations touchant entre autres les noirs, mais aussi les homosexuels et les juifs.
    En 2005, il fonde le CRAN.

    2009 sera-t-elle l’année de son éviction ?

    vendredi 12 décembre 2008

    L’effet Obama sur les minorités de France

    Le « rêve américain » à la française serait-il un dû ?
    La 'discrimination positive' n'y suffit pas.
    Certains idéologues et politiciens, opportunistes de la diversité, tentent à tout hasard de transposer la victoire de Barack Obama des Etats-Unis en France et de créer une relance du « rêve américain » dans « la patrie des droits de l'homme ».
    La victoire des démocrates américains serait porteuse d'espoir pour la gauche, qui en est à trois défaites électorales, et la victoire d’Obama, un espoir de "relance du rêve français".
    Les minorités pressent en effet l'Etat de réinsuffler de son énergie gauloise originelle, en s'ouvrant davantage à la diversité de la société, en lui cédant le pouvoir.

    Chacun y va de son couplet
  • Le CRAN (Conseil représentatif des organisations noires)
    "Hier, la ségrégation était de mise" et c'était la France "qui apparaissait comme une terre d'espoir pour les Noirs d'Amérique", affirme Patrick Lozès, son président, né en 1965 au Bénin, ancien UDF.
    "Aujourd'hui, les Noirs de France regardent vers les Etats-Unis où le rêve américain est à nouveau relancé", estime-t-il, demandant au président Nicolas Sarkozy d'entendre la "revendication urgente d'égalité des Noirs de France". Une délégation, qui devait se rendre mercredi à l'Elysée, a été reçue en novembre.
    Cette grande urgence n’aurait rien d’artificiel…
    Début novembre, la communauté noire a organisé deux rassemblements à Paris, qui, à eux deux, ont réuni moins de cent personnes.
  • SOS Racisme
    Le succès d'Obama devrait inspirer "les responsables politiques d'autres pays -dont le nôtr - quant à la possibilité de concilier l'honnêteté du discours politique et la capacité à soulever des espoirs fondés sur le vivre-ensemble", estime de son côté Dominique Sopo (32 ans, Unef-id, MJS et IEP), son président, métis (d’un togolais naturalisé en 1993 et d’une française. Mais, par ses propos agressifs, Sopo ne démontre pas sa volonté de faciliter le « vivre-ensemble ».

    Mais l’effet Obama en incite aussi certains à la lutte

    >Nombreux sont ceux qui contestent ouvertement la capacité de la classe politique française, tous partis confondus -des plus caricaturés aux plus vertueux- à emboîter le pas aux Américains.
  • Des universitaires qui ont pu tracer leur route en France
    > Pap Ndiaye (1965) est maître de conférence en historie, spécialiste des Etats-Unis à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS).
    Il en profite pour livrer son analyse : "Ce qui irrite beaucoup de gens, c'est d'entendre les responsables politiques applaudir Obama quasiment unanimement tout en ne faisant pas grand chose, au fond, pour qu'un Obama français puisse un jour émerger".
    Comme Patrick Lozès (CRAN) il est membre d’une association (membre du CRAN), le Capdiv, qui milite contre les discriminations touchant, entre autres les noirs, mais aussi les homosexuels et les juifs.
    > Esther Benbassa
    (1950) est une autre tête chercheuse pré-orientée, née à Istanbul en 1950, universitaire spécialiste de l'histoire des Juifs et ancienne directrice de recherche au CNRS (1989-2000).
    Elle espère que le succès d'Obama aidera à "faire sauter les verrous", en accordant une juste place en France aux "minorités visibles", comme naguère aux Juifs. Et que ça saute !

  • D’autres sont visiblement réduits au silence
    > Il manquait un collectif ou réseau…
    Au nom du collectif AC-le-Feu (Association Collectif Liberté, Egalité, Fraternité, Ensemble, Unis), issue des révoltes de novembre 2005 et rédactrice de Cahiers de Doléances, Mohamed Mechmache a quelque chose à déplorer : Si l'élection d'un métis à la tête de la première puissance mondiale "peut faire bouger les autres pays, c'est très bien mais j'ai du mal à croire que les mentalités changent aussi vite en France : les politiques ne jouent pas le jeu". A droite bien sûr, mais aussi à gauche ?
    > Le rédacteur en chef du Bondyblog,
    site ouvert en Seine-Saint-Denis après les émeutes de 2005.
    "Les élites françaises vont surfer sur la vague", soupçonne Nordine Nabili, quei n’est pourtant pas maltraité, puisque Yahoo ! France le promeut pour des raisons idéologiques et politiques, au même titre que LePost.
    Ignorant peut-être qu’Obama est un sang mêlé mais qu’en revanche un Maghrébin est Blanc, Nordine, sans doute supérieur à ses frères de couleur (mais laquelle, donc ?), reconnaît volontiers que l'élection d'Obama "va évidemment susciter de l'espoir" chez les "jeunes des quartiers populaires imbibés de culture afro-américaine". Il admet aussi que "les Etats-Unis ne peuvent rien si les Français [indistinctement] ne prennent pas à bras le corps la question des diversités". Son recours au pluriel est déjà de mauvais augure…
    > Une ex-candidate à la présidentielle de 2007
    Elle n’a pas réussi à se faire élire, mais c’est la faute à Rousseau.
    Leila Bouachera
    juge "tout simplement impossible" un tel événement en France, "terre historique des droits de l'homme" où les candidats de la diversité avaient été "réduits au silence", qu’elle a toutefois toute liberté de rompre. Son problème serait plutôt d’être audible et donc consensuelle.
    Leila Bouachera n’a pas eu qu’à souffrir de la France. Née au Panier à Marseille en 1960, elle est à la fois fille d’ouvriers immigrés algériens berbères, docteur en droit international. Elle a commencé sa carrière à l’ONU, jurisconsulte international spécialiste en droit des NTIC et actuellement chargée de mission dans le secteur de l'audiovisuel depuis plus de 19 ans.
    Mais, portée par la victoire d'Obama, et en tant que dissidente de l’UMP, elle se sent "forte pour recommencer en 2012", sur "terre historique des droits de l'homme".

    La couleur de peau est-elle un projet présidentiel ?
  • Une cumularde
    A la fois femme et Noire du gouvernement, la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade
    , estime que cette élection doit "sonner la mobilisation" pour plus de diversité en politique "avec des résultats concrets".
  • Et encore une association
    Pour l’association laïque et politiquement trans-courant « Les Marianne de la diversité », à laquelle les harkis reprochent leur proximité avec le FLN, Fadila Mehal affirme : "J'attends beaucoup des listes aux élections européennes, c'est le prochain grand rendez-vous".
  • « Prendre sa place »
    "Il faut arrêter de réclamer, il faut agir, prendre sa place", lance Dogad Dogoui, fondateur en 1999 du club Africagora, jugé ‘très select’ par ses détracteurs, regroupant "entrepreneurs et cadres des diasporas", et membre de l'UMP.

    La diversité est extrêmement diverse : quel sens donner donc à ce terme ?