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vendredi 8 novembre 2019

Sondage : 73 % des Français ont une mauvaise opinion de la politique du gouvernement en matière d'immigration

Mais les quotas annoncés sont bien accueillis: 
le terme est juste trompeur et mal compris !  

Encore un sondage manipulateur : après l'IFOP, Odoxa-Dentsu Consulting
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73% des personnes interrogées ont une mauvaise opinion de la politique du gouvernement en matière d'immigration, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro publié jeudi 7 novembre. Sachant que l'immigration ne serait pas la cinquième roue du carrosse des préoccupations des Français, mais seulement leur 7e plus important souci, une contre-vérité fondamentale entachant la suite, en plein débat plus que houleux sur la montée de l'islam politique et des violences à caractère religieux.

27% auraient une bonne opinion de la politique gouvernementale en matière d'immigration. Dans le détail, seuls les sympathisants LREM lui sont en fait favorables (à 68%). Les sympathisants des autres formations de gauche comme de droite rejettent tous la politique du gouvernement dans ce domaine.

Interrogés sur les principales mesures présentées par le gouvernement, avant même qu'ils aient pu réellement les étudier, les sondés déclarent y être plutôt favorables, a priori. 
L'instauration de quotas d'immigration par métier les séduit : 61% des personnes interrogées estimeraient que c'est une bonne mesure (39% une mauvaise). Seuls les sympathisants de La France insoumise (à 51%) et ceux du Parti socialiste (à 52%) estiment majoritairement qu'elle est mauvaise. Les sympathisants RN, eux, sont partagés, 50% estimant que c'est une bonne mesure et 50% pensant le contraire.

Il y a tromperie sur la marchandise

Les quotas annoncés ne sont pas limitatifs, mais sélectifs
Le sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro tombe à pic pour le gouvernement : 61% des sondés sont ainsi favorables à l'instauration de quotas d'immigration par métier, assure-t-il dès le 7. 
Or, c'est le mercredi 6 novembre qu'Edouard Philippe a présenté ses vingt mesures qui constituent les grands axes de sa politique migratoire et que, sans attendre (ni le précéder ?)  Odoxa ouvre également son sondage sur deux jours, à chaud donc, sous l'effet des commentaires de la presse, avant que les sondés ait pu réaliser qu'il n'a nullement préconisé des quotas classiques, restrictifs à l'ancienne, mais des quotas élitistes, adressés aux étrangères performants dans les secteurs où nos universités et nos grandes écoles ont échoué à former les hommes et les femmes dont le pays à besoin et au détriment des pays en voie de développement qui devront empêcher la fuite de leurs cerveaux pour pouvoir préserver leur avenir...
Les "objectifs chiffrés" (quotas avant passage au blanchiment sémantique) sont illusoires.
Des "quotas" ou "objectifs chiffrés" d'immigration professionnelle vont être fixés chaque année, pour que la "France recrute" les cerveaux dont elle manque, non pas dans l'Union européenne, mais dans les pays moins attractifs. Un cas de libre circulation des personnes que les 'No Border' (transnationaux) rejettent...
Or, les plus optimistes estiment que seulement 10% des migrants économiques sont concernés par les critères annoncés de sélection. Si Macron cherche à faire illusion à une partie de la droite, en fait, il ne trompe personne.

Guillaume Peltier dénonce l’"immense carabistouille" d’Emmanuel Macron. Si le vice-président délégué des Républicains se félicite du futur délai de carence pour l’accès aux soins des immigrés et la mise en place d’objectifs professionnels pour les secteurs en tension, il estime que c’est très insuffisant et dénonce ce nouvel "en même temps" de l’exécutif sur l’immigration. 
"Nous sommes sur cette question dans l’absolu macronisme, le 'en même temps'. Une dose de bonne intention et en même temps, une immense carabistouille, une immense illusion", a-t-il dénoncé mardi matin sur Europe 1.
Bien sûr que la question des quotas, nous y sommes favorables s’il s’agit de limiter l’immigration, et de remplacer l’immigration sociale par une immigration qualifiée. Certes. Mais c’est tellement insuffisant", a développé le député d'Eure-et-Loir. "Il n’y a rien sur la réforme de l’aide médicale d’Etat que l’on souhaite limiter aux seuls cas d’urgence. Il n’y a rien sur l’expulsion des clandestins et des déboutés du droit d’asile. Il n’y a rien sur la suppression des filières de mafias de passeurs. Il n’y a rien sur la création de centres de traitement des demandes d’asile", a-t-il énuméré.
Et d'ajouter : "La politique commande de s’attaquer à la vraie cause d’un problème. Quelle est la cause de l’immigration aussi ? La misère et la détresse des pays du Sud", a souligné l'élu LR. "A quand un vrai plan Marshall de coopération et de co-développement des pays du Sud, conditionné à des contreparties strictes,  retour des clandestins, création d’administrations d’état-civil, politique de visas beaucoup plus stricts. On peut régler la question de l’immigration, mais il faut de l’autorité, de la fermeté et de la sagesse."

Plus de 90% plébiscitent l'encadrement des flux migratoires et des aides sociales 

96% des sondés approuvent le durcissement des conditions d'accès aux soins médicaux pour les étrangers en situation irrégulière :  63% sont favorables et 33% très favorables. 37% y sont opposées. 
Seuls les sympathisants EELV y sont majoritairement opposés à 59% et ceux de LFI sont partagés (50% pour et 50% contre).

66% des personnes interrogées sont favorables au durcissement des critères de regroupement familial. Seuls les sympathisants EELV sont opposés (à 57%) à ce renforcement des exigences.

Bizarrement, 
Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro dissocient immigration, santé, couverture sociale et éducation
Ils interrogent les Français sur les thématiques qui ont le plus d'importance à leurs yeux et ils relèguent l'immigration en 7e position, loin derrière la santé (cf. accès aux soins, ci-dessus), le pouvoir d'achat et les questions de sécurité sociale. 

Les idéologues d'
Odoxa, franceinfo et Le Figaro n'envisagent pas que
les Français les plus défavorisés sont les premiers exposés et ils assurent donc que seuls les sympathisants de droite (LR et RN) placent l'immigration en 3e position derrière la santé et le pouvoir d'achat...

Cette enquête Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro a été réalisée auprès d’un échantillon de 1.005 Français interrogés par internet les 6 et 7 novembre 2019, suivant la méthode des ...quotas.

mercredi 14 septembre 2016

Primaire: le candidat Juppé s'en prend au monde politique entier

Alain Juppé entend défendre son "identité heureuse" ridiculisée par Nicolas Sarkozy

A Strasbourg, Alain Juppé a tenté de se défaire de l'image de candidat naïf et angélique qu'il s'est collée avec sa notion d'"identité heureuse"

Alain Juppé, lors de son meeting de campagne à Strasbourg, a assumé une nouvelle fois le concept d’identité heureuse.
Une reprise de la thématique de la "société du care" de la socialiste Martine Aubry, qui, le 2 avril 2010, était la première secrétaire du PS et lança pour le site trotskiste Mediapart un appel "à une société du bien-être et du respect, qui prend soin de chacun et prépare l'avenir" et fustigeant "le matérialisme et le tout-avoir".

Premier déclaré et donc encore favori de la primaire à droite et au centre pour la présidentielle, le "bonze de Bordeaux" a même décidé de couler ce concept dans le marbre, en en faisant un des axes majeurs de sa campagne, avec l’éducation ou l’économie. Or, depuis qu’il a employé cette expression dans un de ses nombreux livres de campagne, en septembre... 2014, il s’est retrouvé le plus souvent sur la défensive face aux critiques des sarkozystes.
Dans un premier temps très populaire en 1997, il est touché, un mois après son entrée en fonction, par l'affaire de son appartement et de celui de son fils Laurent. Selon le baromètre TNS Sofres pour Le Figaro Magazine, sa cote d'avenir passa de 63 % en juin et juillet à 57 % en août, puis descendit à 40 % en octobre et à 37 % en novembre. Sa défense apparaissait alors rigide, symbolisée par son  expression du 6 juillet 1995: "je suis droit dans mes bottes et je crois en la France".
Cette impopularité se renforça avec le 'plan Juppé', projet de réforme de la Sécurité sociale présenté à l’Assemblée nationale en novembre 1995, visant à un allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 annuités pour les salariés de la fonction publique, afin de l'aligner sur celle du secteur privé déjà réformé en 1993, visant aussi à l'établissement d’une loi annuelle de la Sécurité sociale fixant les objectifs de progression des dépenses maladies et envisageant la mise en place de sanctions pour les médecins qui dépassent cet objectif, l'accroissement des frais d'hôpital, des restrictions sur les médicaments remboursables et le blocage et l'imposition des allocations familiales versées aux familles avec enfants les plus démunies, combiné avec l'augmentation des cotisations maladie pour les retraités et les chômeurs et au gel du salaire des fonctionnaires. Le motif invoqué est le respect par la France des critères de Maastricht, dont le pacte de stabilité et de croissance, qui impose une maîtrise des comptes publics. Le plan permit la réduction du déficit public de 5,5 % du PIB en 1995 à 3,0 % en 1997, mais déclencha un vaste mouvement social dans l'ensemble du pays. Malgré le soutien de la CFDT, les mouvements de grève  pour la "défense des acquis sociaux", de novembre et décembre 1995, ont raison de sa détermination sur la réforme des retraites.Mais le gouvernement refuse de revenir sur la réforme de la Sécurité sociale: elle est votée le 30 décembre et permet de légiférer par ordonnances. Désormais, le budget de la Sécurité sociale est voté au Parlement, la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) est décidée, tandis qu'une contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) est créée, un objectif quantifié d'augmentation des dépenses d'assurance-maladie est fixé et les prestations familiales sont gelées. Les mesures prises en matière de fiscalité sont décrites comme un "coup de gourdin fiscal" par Marianne.
D'autres événements affaiblissent encore la popularité du gouvernement Juppé, comme, à partir de mars 1996, l'occupation de l'église Saint-Ambroise à Paris par 300 étrangers "en situation irrégulière", d'origine africaine, demandant leur régularisation. Après avoir été expulsés de l'église Saint-Ambroise, ils errent d'occupation en occupation et finissent par occuper l'église Saint-Bernard. Dix d'entre eux entament alors une grève de la faim qui va durer deux mois. C'est une relance des mouvements de l'immigration par les associations en 1996 et 1998. Finalement, l'évacuation par la police des clandestins squattant l'église Saint-Bernard est décidée len août 1996. Plusieurs d'entre eux sont renvoyés au Mali.
Alors que depuis la déclaration de candidature de Sarkozy, il perd des points, Juppé a décidé de porter des coups, sur tout sujet entamant sa crédibilité. Puisque, du livre de l'ancien chef de Les Républicains, la presse ne retient que le thème de l’identité, le maire de Bordeaux a choisi de marquer sa différence et d'assumer le clivage entre deux lignes opposées sur l’immigration et l’islam, au risque de ne pas répondre aux provocations des musulmans radicaux.

Juppé fait de "l’identité de la France" l'un de ses thèmes centraux
Lors de son meeting du 13 septembre, à Strasbourg, il n'a pas craint de rivaliser avec Nicolas Sarkozy sur ce sujet sensible, réaffirmant à nouveau son objectif d’établir une "identité heureuse", qu’il présente désormais comme "une ambition collective" et non "un état de fait", de peur de passer pour un idéaliste, déconnecté des problèmes du pays.

"Je porte une idée, presque un idéal [non assumé !], celui de l’identité heureuse (…) Je persiste et je signe [droit dans mes bottes?]: oui, l’identité de la France, l’identité heureuse, c’est ce vers quoi je veux conduire le pays", a-t-il lancé devant près de deux milles personnes, réunies dans le palais des congrès de la ville, en disant "non au pessimisme, au déclinisme ou au renoncement". Mais, au-delà des mots et des slogans, qu'entend-il au juste, par "identité heureuse" ? La suite au prochain meeting...

"La France sans la douceur de vivre et le bonheur ne serait plus la France !
a poursuivi le poète, afin de se démarquer des "déclinologues", qui glorifient la France d’antan. Il est toujours facile de se plaindre du temps présent, de dire 'c’était mieux avant' ", a ironisé le "hard rocker" de Bordeaux, en dénonçant le "fatalisme" existant "chez certaines élites politiques ou intellectuelles". "A les entendre, la France serait condamnée à la médiocrité, au déclin et à la peur", a-t-il polémiqué avec, dans son viseur, les thèses développées par le FN et par les plus droitiers de son parti, tel... Nicolas Sarkozy, ainsi que par des intellectuels, tel Alain Finkielkraut, qui attribuait la crise d’identité que traverse la France à l’immigration dans son ouvrage... 'L’Identité malheureuse' (2013, Stock), paru en octobre 2013.

Alain Juppé prône le communautarisme heureux
Il se dit en effet déterminé à se battre contre ce qu'il dénonce, avec la gauche ,comme "la tentation du repli", traçant, pense-t-il, une perspective pour le pays. "Aujourd’hui, contre tous les prophètes de malheur, contre tous les prédicateurs du déclinisme, je veux redonner aux Français une espérance," ambitionne le septuagénaire. Pas question de mener une campagne anxiogène, dont il accuse N. Sarkozy: pour le "bonze", les peurs des Français à l’égard de l’islam et du terrorisme ne seraient que purs fantasmes. Lui, il se fait fort de recréer de la confiance. "Le rôle d’un responsable politique n’est pas d’en rajouter sur le malheur des temps ou de noircir encore un peu plus la situation. C’est au contraire en montrant que la France a tous les atouts pour repartir de l’avant", a-t-il déclaré à des journalistes avant le meeting.

Son projet de société repose sur la nécessité d’"intégrer" les immigrés, en respectant leur diversité et leurs origines, à condition qu’ils s’inscrivent dans "le partage d’un bien commun" que sont la langue, les valeurs de la République, la laïcité… Un concept qui tranche avec celui d’assimilation, qui a fonctionné avec les migrants chrétiens d'Europe, ainsi que juifs du monde et cher à N. Sarkozy. La détermination de Juppé s'arrête à l'intégration, un modèle qui, selon lui, peut faire co-exister les communautés sans "effacer les origines". Les seules origines solubles dans son "identité heureuse" sont judéo-chrétiennes.  
En désaccord depuis deux ans avec les sarkozystes sur son "identité heureuse" qui ne profiterait qu'aux dominants et aux conquérants, Juppé s'attache d'ailleurs à souligner qu’il n’ignore pas les difficultés que traverse le pays à cet égard. "J’ai une vision claire de la France et de ce que vivent et ressentent les Français", a-t-il assuré, en citant "l’aggravation du chômage", "la montée de l’insécurité" ou "l’affaiblissement de l’école républicaine", autant de constats qui plombe le rêve de tolérance du poète "fier de la tradition d’accueil" de la France.

La "dousseur de vivre" passe par la maîtrise des flux migratoires"...
Les immigrés ont "le devoir" de faire la démonstration d'"une volonté véritable et sincère de s’intégrer à la communauté nationale". Et sans "effacer ses origines", ce n'est pas gagné...  
Il pose d'ailleurs " trois conditions". La première consiste à "retrouver la maîtrise des flux migratoires", avec la mise en place d’un système de quotas, votés par le Parlement, qui définirait chaque année les capacités d’accueil de la France par pays et par professions, une réduction de la durée d’examen des demandes d’asile ou un durcissement des conditions d’attribution du droit du sol… Beaucoup de sémantique, donc, pour distinguer les programmes des deux candidats.
Deuxième condition: "Refuser avec la plus grande fermeté les tentations communautaristes." Et comment, s'il vous plaît, en renonçant à l'assimilation, fonction -notamment- de l'école ?
Et enfin, "la volonté de partager et de transmettre un bien commun, sans lequel il n’y a pas de nation". "Un bien commun": quezaco ? 

Quant à l’islam, Juppé juge que la religion musulmane "doit trouver les moyens de s’accorder avec la République". S’il arrive à l’Elysée, l’ex-premier ministre promet notamment de proposer un accord aux représentants du culte musulman, afin d’aboutir à l’adoption d’une charte de la laïcité. Quels sont les grands axes de cette charte? Depuis 2004, la "charte de la diversité" incite les entreprises à garantir la promotion et le respect de la diversité dans leurs effectifs et, à l'accueil des services municipaux de certaines villes de gauche ou à la télévision, ses effets sont extrêmement "dépaysants". Quant à la "charte de déontologie" du gouvernement Ayrault, elle a volé en éclats avec les Thomas Thévenoud (incapable d'"effacer" sa phobie administrative)  et autres Jérôme Cahuzac (ministre matamore du Budget dans le public , mais fraudeur fiscal dans le privé) !

Reste à savoir si ce discours d’ "espérance" de Juppé trouvera l’écho espéré auprès des électeurs de la primaire ébranlés comme l'ensemble des Français par la barbarie des musulmans, tous et toutes susceptibles de devenir des "radicalisés récents", des "déséquilibrés" appréciés de leur boulangère. Pour l’instant, même si l’écart se resserre avec M. Sarkozy, il reste en tête dans les sondages de premier tour et gagnant dans ceux de second tour.

Avant qu'il ait tenu ses propos de Bisounoursune majorité de Français avait encore le sentiment que le maire de Bordeaux pourrait être la personnalité la plus capable de garantir leur sécurité face à la menace terroriste, selon un sondage IFOP pour Le Journal du dimanche; 58 % disent lui faire confiance contre 50 % à Nicolas Sarkozy. La marge d'erreur est d'au moins cinq points...

Renforçant la conviction que c'est Sarkozy qui arrivera premier, Le Monde y va de son commentaire partisan et tient, selon lui, la "preuve" recherchée par le JDD (groupe Lagardère: Paris Match, Europe 1 ou Hachette): "à preuve que ce n’est pas forcément ceux qui tiennent les discours les plus durs qui paraissent les plus crédibles." Partant de ce postulat, Alain Juppé fait le pari que son discours optimiste paiera : "Car je ne connais pas de campagne victorieuse dans la tristesse ou la morosité."

Alain Juppé cherche aussi l' "intégration" des "déçus du hollandisme" et du Front National

"Homme de droite mais ouvert", Alain Juppé a déclaré, vouloir "rassembler" la droite et le centre, mais aussi "au-delà", tendant la main aux "déçus du hollandisme" et du... FN.
"S’il y a des déçus du hollandisme – et en ce moment ils sont de plus en plus nombreux –, eh bien qu’ils viennent. S’il y a des électeurs du Front national qui se rendent compte que le programme de ce parti nous amène dans le mur, eh bien qu’ils viennent. Voilà mon état d’esprit". Juppé n'est pas seulement ouvert, mais décomplexé.
Juppé campe dans le registre du sentiment: signe de ramollissement ?
"La France est malheureuse aujourd’hui parce que le quinquennat de Monsieur Hollande est un naufrage", a poursuivi le maire de Bordeaux, le dimanche 11 septembre sur France 2, assurant aborder ces primaires "avec beaucoup de tranquillité" et croire que "cela va marcher" et rappelant "au passage" que le scrutin des primaires est ouvert à "tous les citoyens".

L’ancien premier ministre affiche aussi l'espérance que "le code de bonne conduite [qu’il a] proposé soit respecté : pas d’attaques personnelles naturellement, des primaires tout à fait transparentes (..) et évidemment le soutien de ceux qui n’auront pas gagné à celui qui aura gagné."
A la question de savoir si cette compétition interne pouvait tourner au "tout sauf Sarkozy", le maire de Bordeaux a botté en touche : "J’aimerais bien que ce soit 'tous pour Juppé'." Quant à Sarkozy, c'est "Tout pour la France"...

Quant à l’affaire Bygmalion, pour terminer et pour la bonne bouche, comme dans tout entretien hostile qui se respecte, le condamné (à 18 mois de prison avec sursis et dix ans d'inéligibilité, en janvier 2004, pour prise illégale d'intérêts) n’a pas souhaité commenter "les décisions de justice ou les procédures judiciaires": "nous avons une justice indépendante, qu’elle fasse son travail".

Juppé assène ses coups sur ses jeunes rivaux, de droite comme de gauche, sur son créneau

Juppé a raillé la proposition de Bruno Le Maire de supprimer l’Ecole nationale d’administration (ENA).
Supprimer l’ENA, c’est "faire du neuf avec du très vieux", a estimé le septuagénaire, bien que cette mesure préconisée de longue date n'ait encore jamais été amorcée par les hommes politiques passés par Matignon. La première demande de suppression avait été formulée "par Jean-Pierre Chevènement dans les années 70", a précisé Juppé.  
"D’abord, il ne faut pas expliquer qu’on va faire autrement de la politique en reprenant les recettes les plus anciennes qui soient en politique", a lancé le recycleur de la "société du care" du PS ou prend le contre-pied d'Alain Finkielkraut, lors d’une conférence de presse à Strasbourg, à quelques mètres des bâtiments de l’ENA, alors qu’il était interrogé sur la façon de "redonner confiance aux Français". 
"Je ne ferai pas de démagogie anti-[haut] fonctionnaire", a polémiqué l'ancien énarque (1970-72), comme le jeune Le Maire (1996).

"Ce qu’on sait de Macron, c’est qu’il n’est pas loyal"
Invité à dire ce qui le distingue de l’ex-ministre Emmanuel Macron, A. Juppé a répondu : "Que propose M. Macron ? Quand je le saurai, je pourrai répondre à votre question. Pour l’instant, on ne sait pas qui il est", quelles sont ses "idées " et "valeurs".
"Ce qu’on sait de lui, c’est qu’il n’est pas loyal, c’est qu’il vient de poignarder, comme Brutus, Hollande dans le dos, et d’autre part, on sait qu’il n’est pas socialiste. Pour le reste, mystère", a asséné l'ancien ministre de Jacques Chirac.

mardi 22 septembre 2015

L'UE recule sur la répartition des migrants: de "contraignante" à "volontaire"

Les réfugiés sont distribués dans les Etats membres de l'UE, qu'ils en veuillent ou non 

La décision de répartition de l'effort d'accueil de réfugiés a été prise

Les Etats membres de l'Union européenne ont adopté mardi la décision de  120.000 réfugiés en deux ans, dans 23 des 28 Etats membres, en provenance prioritairement d'Italie et de Grèce. La Hongrie est absente de la liste, ainsi que la Grèce et l'Italie.

Le texte précise déjà la destination précise de 66.000 d'entre eux.
Les 54.000 restants devraient également être "relocalisés" à partir d'Italie et de Grèce, mais le Conseil de l'UE n'exclut pas d'autres provenances si une situation exceptionnelle devait se présenter.
Ce point devra ainsi être confirmé ultérieurement, mais leur répartition devrait être "proportionnelle" à la clé de répartition déjà utilisée pour les 66.000, a précisé la présidence luxembourgeoise du Conseil.

Voici un tableau récapitulant la destination entérinée des 66.000 premiers réfugiés concernés par le mécanisme, sur les 120.000 qui le seront à terme.

ETATS / Réfugiés d'Italie / Réfugiés de Grèce / Total
-----------------------------------------------------------
Allemagne: 4.027 
 / 13.009  / 17.036 (elle recherche des demandeurs d'emploi)
Autriche: 462  / 1.491  / 1.953
Belgique: 579  / 1.869  / 2.448
Bulgarie: 201  / 651  / 852
Chypre: 35  / 112  / 147
Croatie: 134  / 434  / 568
Espagne: 1.986  / 6.127  / 8.113
Estonie: 47  / 152  / 199
Finlande: 304  / 982  / 1.286
France: 3.064  / 9.898  / 12.962 (elle ne recherche pas de demandeurs d'emploi)
Lettonie: 66  / 215  / 281
Lituanie: 98  / 318  / 416
Luxembourg: 56  / 181  / 237
Malte: 17   / 54   / 71
Pays-Bas: 922  / 2.978  / 3.900
Pologne: 1.201  / 3.881  / 5.082 (contre son gré)
Portugal: 388  / 1.254  / 1.642
Rép. tchèque: 376  / 1.215  / 1.591
Roumanie: 585   / 1.890   / 2.475
Slovaquie: 190   / 612   / 802 (contre son gré)
Slovénie: 80  / 257   / 337
Suède: 567   / 1.830   / 2.397
-----------------------------------------------------------
TOTAL: 15.600 50.400 66.000


Le Royaume-Uni, le Danemark et l'Irlande ne sont pas concernés par cette répartition
: ils disposent d'une option de retrait des politiques européennes liées à ces questions
C'est un peu fort de thé si on considère les attaches naturelles et historiques du Royaume-Uni avec les pays de son ex-empire colonial et  ses liens actuels avec les états-membres du Commonwealth. Il est vrai aussi qu'il ne compte ni état du Proche- ni du Moyen-Orient...

Finis les quotas... 

Le 9 septembre 2015, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait exhorté les Etats de l’Union européenne à se répartir d’urgence l’accueil de 160.000 réfugiés (40.000 réfugiés + 120 000 clandestins se trouvant en Italie, en Grèce et en Hongrie), plaidant pour que le Vieux Continent fasse preuve de davantage "d’union". 

Juncker insistait même pour que l’UE mette en place "un mécanisme permanent (…) qui nous permettra de faire face plus rapidement à l’avenir" et d’éviter de laborieux marchandages entre Etats.

Avant de rétropédaler face au déferlement d'arrivants, la chancelière Angela Merkel avait de nouveau réclamé une "répartition contraignante" des réfugiés entre tous les pays de l’UE. Son porte-parole a aussi indiqué que l’Allemagne était " ouverte" à l’idée d’un sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne au sujet de la crise migratoire.

David Cameron s’était engagé à accueillir 20.000 réfugiés sur cinq ans, mais 
le premier ministre britannique ne voulait pas entendre parler de quotas de réfugiés, s'opposant au plan d’accueil proposé par la Commission européenne.

Après avoir paru en retrait, la France accueillit alors un premier contingent de deux cents Syriens et Irakiens déroutés d’Allemagne, contre leur volonté, mais  par "solidarité" selon Cazeneuve. En tout, un millier devrait arriver avant le vendredi 11 septembre. Et au cours des deux prochaines années, Hollande s’est dit prêt à ouvrir les portes de la France à 24.000 réfugiés, réélu ou non.

lundi 7 septembre 2015

Pour quoi faire ce sixième rendez-vous du chef de l'Etat avec la presse ?

S'il y avait des propositions de Hollande à retenir

Le ton du président -impatient et acculé- était cassant, façon Valls!

François Hollande, lors de sa 6e conférence de presse, le 7 septembre 2015 (ALAIN JOCARD / AFP)
François Hollande, lors de sa 6e conférence de presse, le 7 septembre 2015
Le chef de l'Etat en était à son sixième rendez-vous avec la presse ce lundi 7 septembre à l'Elysée. A l'entrée de la dernière ligne droite avant 2017, personne n'attendait pourtant plus rien de ce rendez-vous de rentrée d'un président au plus bas chronique des sondages de popularité. Il n'a rien dit qui n'avait déjà filtré de cet exécutif poreux et soucieux de paraître ce qu'il n'est pas: les migrants, la menace de l'Etat islamique, la croissance et le chômage... 

Voici 7 points à garder à l'esprit jusqu'à leur déni.

24.000 réfugiés -sur deux ans- accueillis dans les deux prochaines années 

Sur la question du déferlement  des migrants, vécu comme un tsunami sur l'Europe soudainement mobiliséeHollande s'est résolu aux quotas imposés par l'Europe  après les avoir à l'origine refusés la semaine précédente.

Le chef de l'Etat a finassé, refusant d'employer le terme "quota", préférant parler d'un "mécanisme de répartition obligatoire et permanent" dans l'Union européenne...
Le chef de l'Etat a aussi annoncé, au nom "du principe de solidarité", qu'il est "prêt à accueillir", dans les prochaines semaines, "plusieurs centaines voire un millier" de réfugiés fraîchement arrivés en Allemagne, qui a encore enregistré 20.000 migrants supplémentaires dans le seul week-end à Munich qui, il faut le dire, les attire et leur fait des haies d'honneur, sachant qu'ils ne font que passer pour se rendre en Suède ou au Royaume-Uni pour la plupart. Or, la démagogie a pourtant des conséquences imprévues dans les calculs de la mairie socialo-écolo et populiste: le Danemark a fait barrage au passage en Suède et les migrants syriens et afghans refluent... 

Hollande a également appelé à la création de "centres de contrôle" pour contrôler, identifier et ficher les personnes qui bénéficieront du droit d'asile de celles qui seront "raccompagnés".
Des vols de reconnaissance en Syrie
Le président de la République avait laissé fuiter quelques informations dans la presse depuis la fin de semaine dernière. Après avoir ainsi tâté le pouls de l'opinion, la France va envoyer ses quelques avions effectuer des reconnaissances complémentaires et pourrait joindre ses faibles forces aux frappes aériennes de la coalition internationale contre l'Etat islamique (EI) en Syrie et ne plus se limiter -bizarrement, malgré ses prétentions à la cohérence- à l'Irak.
Alors qu'il commence à se dire que l'intérêt bien compris de l'Europe est dans la normalisation des relations avec le président de la Syrie, François Hollande s'est obstiné à réitérer sa demande du départ de Bachar el-Assad, malgré la nécessité d'une convergence des forces de combat contre l'Etat islamique qui occupe une partie du pays.
Que faire alors de Hollande qui a tiré contre l'économie de son pays?
Le chef de l'Etat a néanmoins exclu toute frappe au sol comme le propose en revanche Bruno Le Maire (Les Républicains). 
Ukraine: vers une levée des sanctions visant la Russie
Hollande veut profiter de l'amélioration relative de la situation en Syrie. Le chef de l'Etat a proposé l'organisation d'une nouvelle réunion à Paris réunissant la France, l'Allemagne, l'Ukraine et la Russie.
Si la Russie tient ses engagements (alors que Hollande a rompu les siens dans la vente des Mistral !), le président a annoncé une possible levée des sanctions qui pénalisent les exportations de produits français, notamment agricoles...

2 milliards de baisse d'impôt pour 8 millions de foyers, toujours les mêmes

La baisse d'impôt promise en 2016 par le chef de l'Etat se précise. Hollande a annoncé qu'elle concernerait l'impôt sur le revenu à hauteur de 2 milliards d'euros et concernerait 8 millions de foyers. Cette baisse devrait être financée par des économies budgétaires et non une hausse des prélèvements obligatoires. 
C'est la promesse de services publics à la portion congrue et une onde de choc sur les collectivités territoriales appauvries, alors que la santé des hôpitaux ou des transports régionaux, notamment, n'est pas bonne.

Pas de remise en cause des 35 heures

François Hollande a annoncé une loi "dans les prochains mois" pour
rendre le code du travail "lisible" et "mieux adapté". Toutefois le chef de l'Etat s'est bien gardé de toucher "aux garanties essentielles" comme la durée légale du travail de 35 heures ou le Smic.

Le président de la République a indiqué qu'il va  débuter des concertations avec les partenaires sociaux suite à la remise du rapport Combrexelle à Manuel Valls mercredi 9 septembre. La possibilité est ouverte pour ouvrir des négociations dans les branches professionnelles afin "d'adapter, ouvrir de nouveaux droits et donner davantage de souplesse".

Une croissance trop faible pour faire baisser le chômage en 2015 

La croissance atteindra "sûrement plus de 1%" en 2015, mais c'est selon le chef de l'Etat. Il ne pense d'ailleurs pas qu'elle sera "suffisante pour faire baisser le chômage". Le président de la République a pourtant fait de la baisse du chômage une condition sine qua non pour se représenter en 2017.
La présidentielle de 2017, loin d'être une obsession 

Interrogé sur sa possible candidature pour un deuxième mandat, Hollande a déclaré que "ce n'est pas une obsession, ce n'est pas ma préoccupation, ce n'est pas ma priorité de savoir comment, de savoir quand, de savoir avec qui. Ma seule préoccupation, ma seule priorité, mon seul devoir, c'est d'agir". Une résolution à évaluer à l'heure prochaine des bilans...
Il a toutefois mis la gauche en garde contre "la dispersion" qui pourrait signifier sa "disparition". Après quatre revers successifs depuis les municipales de 2014, la majorité subira un nouveau et dernier test avant l'élection présidentielle de 2017 à l'occasion des élections régionales, qui auront lieu les 6 et 13 décembre.
Pas d'élargissement de la redevance aux smartphones et aux tablettes 

Hollande n'est "pas favorable" à l'élargissement de la redevance audiovisuelle aux "objets connectés" (smartphones ou tablettes) ni à un recours "exagéré" à cette taxe pour financer l'audiovisuel public, annonçant toutefois des "arbitrages à la fin du mois". Mais le cynique s'en prendra-t-il en revanche aux box(es) ?... 

"Il faut des financements" pour le service public audiovisuel, "mais la redevance télévisée ne peut pas être la variable d'ajustement. Il faut maîtriser l'appel à la contribution", a expliqué François Hollande. Hollande risque donc de permettre le retour de la pub réclamée par D. Ernotte après le 20heures. 
A quoi servent donc les privilèges de certaines retransmissions événementielles accordées au service public en tant que tel: l'équité est-elle préservée ? Ne vaudrait-il pas mieux lui imposer des obligations de gestion saine ? 

Une visite en Chine placée sous le signe du climat 

François Hollande a annoncé qu'il fera un beau voyage début novembre en Chine, pour lancer avec son homologue chinois un appel à la réussite de la conférence mondiale sur le climat prévue à partir du 30 novembre près de Paris, si la question de son financement est surmontée...
"La Chine va être un acteur majeur pour emmener, non seulement un des pays les plus peuplés et les plus pollués, mais aussi pour faire en sorte que d'autres pays puissent suivre l'exemple chinois", a-t-il expliqué. "La conférence sur le climat, ce n'est pas simplement les pays développés, c'est les pays émergents et les pays en développement, c'est pourquoi l'apport de la Chine est majeur", a-t-il fait valoir, dans un français grammaticalement relâché à ne pas exporter dans les université chinoises... 

Pas forcément d'introduction d'une nouvelle dose de proportionnelle 

Après les lieux-communs et les demi-mesures ou les contresens, Hollande a botté en touche sur l'introduction de la proportionnelle aux législatives, évoquant en revanche une modification de la procédure législative pour la simplifier et l'accélérer. "Je pense que la crise démocratique ne répond pas simplement à une obligation de changer un scrutin", a déclaré le président de la République, qui avait pourtant fait de cette réforme une promesse de campagne en 2012.

Au total, un nombre étonnant de reculades qui annoncent une fin de mandat peu réformiste, voire indigente, et au final un recul assumé et programmé de la France.