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mardi 1 octobre 2019

Affaire Bygmalion : confirmation du renvoi de Nicolas Sarkozy devant le tribunal

La Cour de cassation donne satisfaction au juge Tournaire contre le juge Van Ruymbeke

L’ancien président de la République comparaîtra devant le tribunal correctionnel pour les dépenses excessives de sa campagne présidentielle de 2012.

Juge Tournaire (à gauche), soupçonné de vouloir la tête de Sarkozy  
Nicolas Sarkozy devra démontrer devant un tribunal correctionnel qu'il n'a pas eu connaissance des problèmes d'intendance dans l’affaire Bygmalion. Un procès était suspendu depuis deux ans et demi à de nombreux recours, en sorte de l'empêcher de se représenter eu 2017.

Le Conseil constitutionnel avait déjà rejeté la question prioritaire de constitutionnalité soulevée par Nicolas Sarkozy, qui faisait valoir la règle du non bis in idem, selon laquelle on ne peut être condamné deux fois pour les mêmes faits. Il estimait l’avoir déjà été définitivement par le Conseil constitutionnel en 2013. Les "sages" avaient alors confirmé le rejet de ses comptes à cause d’un dépassement de 363.615 euros qu’il avait dû rembourser. Mais cette sanction avait été prononcée avant la révélation au printemps 2014 d’un système de fausses factures visant à dissimuler l’explosion du plafond de dépenses de ses meetings – près de 20 millions d’euros de dépassement –, organisés par l’agence Bygmalion.

De son côté, la Cour de cassation avait notamment à se prononcer, mardi 1er octobre, sur la validité de l’ordonnance de renvoi. Les conseils de Nicolas Sarkozy avaient souligné que l’un des juges d’instruction saisi – le magistrat aujourd’hui à la retraite Renaud Van Ruymbeke – avait refusé de signer l’ordonnance de renvoi marquant ainsi son désaccord avec son collègue Serge Tournaire, premier juge saisi et accusé d'être de parti-pris. La Cour suprême de l’ordre judiciaire a définitivement validé l’ordonnance de renvoi. 
Elle devait aussi trancher sur une série d’irrégularités soulevées par sept des prévenus dans l’arrêt de la chambre de l’instruction du 25 octobre 2018 qui avait confirmé leur renvoi en correctionnelle.

Candidat au-dessus des questions d'intendance

Dans l’ordonnance de renvoi, désormais validée de façon définitive, le magistrat Serge Tournaire distinguait plusieurs niveaux de responsabilité. Celles des dirigeants de Bygmalion, des cadres de l’UMP, proches de François Copé, du directeur de la campagne de Nicolas Sarkozy et, enfin, celle du candidat. A son propos, le juge d’instruction écrit que "plus que quiconque, il était supposé connaître, respecter et faire appliquer par ses équipes les dispositions légales" en matière de financement de campagne.
"L’autorité de Nicolas Sarkozy, son expérience politique et l’enjeu que représentait pour lui sa nouvelle candidature à la magistrature suprême rendent peu crédible l’hypothèse d’un candidat déconnecté de sa campagne laissant ses équipes ou son parti et ses dirigeants agir en dehors de lui et décider de tout à sa place", insiste-t-il.

A l’issue de son instruction, le juge militant a exprimé son sentiment: "Nicolas Sarkozy a incontestablement bénéficié des fraudes révélées par l’enquête qui lui ont permis de disposer, lors de sa campagne de 2012, de moyens bien supérieurs à ce que la loi autorisait (…). Toutefois, l’enquête n’a pas établi qu’il les avait ordonnées, ni qu’il y avait participé, ni même qu’il en avait été informé". C’est pour ces raisons que Nicolas Sarkozy n’est pas poursuivi pour les infractions de "faux", "d’escroquerie " ou de "recel d’abus de confiance", comme les autres mis en examen.

Nicolas Sarkozy doit par ailleurs être jugé prochainement dans le cadre de l’affaire dite "Bismuth" – du nom choisi par l’ancien président pour utiliser un téléphone anonymé – pour "trafic d’influence" et "corruption" d’un haut magistrat de la Cour de cassation. 
Il est, en outre, mis en examen depuis mars 2018 dans l’enquête sur le financement libyen présumé de sa campagne de 2007, pour "corruption passive", "recel de détournements de fonds publics libyens" et "financement illégal de campagne électorale".  

Onze dossiers judiciaires jetés dans les jambes de Sarkozy

Aucun n'a encore permis de le faire condamner. Ainsi, mis en examen en mars 2013 pour abus de faiblesse, de confiance et escroqueries aggravées dans l’affaire Bettencourt, Nicolas Sarkozy a eu obtenu un non-lieu quelques mois plus tard. L’accusation n’a pas convaincu que l’ancien président avait soutiré de l’argent à feu la milliardaire héritière de L’Oréal, Liliane Bettencourt.

A titre de nouvel exemple, citons l'accusation d'une commande de sondages d’opinion via des marchés irréguliers pour plusieurs millions d’euros. L’ancienne directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon, et Claude Guéant ont été mis en examen en mai 2017 pour "détournement de fonds publics par négligence", après l’avoir été respectivement pour "favoritisme" et complicité de ce délit. Pierre Giacometti, et Patrick Buisson, conseillers de Nicolas Sarkozy à l’époque des faits et dirigeants de sociétés d’études d’opinions, ont également été mis en examen pour recel de favoritisme. L’ancien président n’a été appelé à comparaître ni à témoigner dans la procédure.

mercredi 8 février 2017

L'affaire Bygmalion fracture la justice

L'affaire oppose les deux juges en charge du dossier

L'acharnement du juge Serge Tournaire souligne la fragilité des charges

L'ancien président Sarkozy a fait appel de l'ordonnance bancale de la justice écartelée, à la faveur des désaccords entre les juges Renaud Van Ruymbeke et Serge Tournaire (ci-dessus, à droite) lequel reste seul déterminé à le renvoyer devant le tribunal correctionnel dans l'affaire Bygmalion. 
Accueil > Politique Jean-Michel Décugis 08 février 2017, 8h08  Nicolas Sarkozy à Elancourt dans la banlieue ouest de Paris, le 28 mars 2012 

Jusqu'ici les plus réputés du pôle financier, avant l'instrumentalisation des juges de l'affaire Penelope par la presse anarchiste (Canard enchaîné), révolutionnaire (Mediapart, site trotskiste) ou mercantile, leurs suiveurs (France Télévisions et BFMTV), les dissensions entre les deux juges sur le dossier Sarkozy s'étalent au grand jour. 
Le juge Renaud Van Ruymbeke a refusé de d'apposer sa signature en bas de l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel (ORTC) rédigée par son collègue Serge Tournaire, premier magistrat instructeur dans cette affaire. 
Le juge Tournaire est l’anti-Van Ruymbeke ou l’anti-Eva Joly: on ne le voit pas sur les plateaux de télévision. Officiellement, cet homme de l'ombre (50 ans) refuse de parler aux journalistes. Aussi fut-il furieux, dit-on, lorsqu’il apprit que Mediapart publiait sept écoutes en lien avec la présumée affaire de trafic d’influence visant implicitement Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog et le haut magistrat Gilbert Azibert.On ne sait rien de cet ovni du pôle financier du tribunal de Paris ou de sa vie privée. Austère mais franc avec les avocats, c’est un voisin agréable, comme on dit des tueurs. Pour autant, est-il aussi déséquilibré qu'un djihadiste ?
C
omme ses grands anciens du pôle financier, Renaud Van Ruymbeke, Eva Joly ou Laurence Vichnievsky et autres Philippe Courroye, il ne lâche jamais sa proie.
Ces deux volontés farouches et antagonistes fragilisent considérablement la position  du premier juge désigné 
Non seulement ce désaccord étalé sur la place publique fait tache, mais il permet à Nicolas Sarkozy d'effectuer un recours devant la chambre d'instruction. Ce qui va retarder la date du procès de plusieurs mois. 

RVR, surnom du juge non signataire, considère que les faits relatifs à Nicolas Sarkozy ne sont pas constitués. 
En février 2016, il y a un an, quand un premier avertissement avait été prononcé lors de la mise en examen de l'ex-chef d'Etat, seul Serge Tournaire avait signé des deux mains, sans que sa gauche vaille pour sa droite. 
A l'époque, le doyen des juges d'instruction du pôle financier, désigné pour faire le tampon entre ses deux collègues fâchés depuis plusieurs mois, Roger Le Loire, s'était aussi abstenu. Depuis, Roger Le Loire s'est retiré du dossier. 

Clairement, tout sépare les juges Tournaire et Van Ruymbeke qui évitent de se croiser même si leurs cabinets se situent tous les deux au troisième étage du pôle financier. Leurs méthodes sont aussi contrastées que leurs personnalités. Musclées pour Tournaire, l'ancien magistrat de la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille (Jirs), habituée à la grande criminalité. Plus souples chez RVR, coutumier des affaires politico-financières et mis en cause en 1979 par Robert Boulin, ministre de droite, dans une lettre posthume. 

Tournaire ne craint pas le recours aux écoutes téléphoniques, à la garde à vue, voire à la détention provisoire

RVR déteste envoyer un mis en examen en prison. 
Or, le juge Tournaire est le même juge sur nombre de dossiers ouverts contre Sarkozy. 
Prenez l'exemple de l'affaire des écoutes de l'Elysée dans laquelle le juge d'instruction Serge Tournaire a pu enquêter sur une plainte pour favoritisme déposée en 2010 par Anticor, association anticorruption co-fondée par le juge Éric Halphen, qui créa un parti, le Mouvement pour une alternative républicaine et sociale (MARS), qui fait liste commune avec le PCF, puis adhéra au Mouvement de l'Utopie Concrète de l'architecte Roland Castro, ancien militant de l’Union des étudiants communistes et du PCF.

Le juge Tournaire semble avoir consacré sa vie à Sarkozy...
Psychorigide et monomaniaque ? Dans sa névrose obsessionnelle, Tournaire est clairement entré dans la phase de toute-puissance obsessionnelle.

mercredi 14 septembre 2016

Primaire: le candidat Juppé s'en prend au monde politique entier

Alain Juppé entend défendre son "identité heureuse" ridiculisée par Nicolas Sarkozy

A Strasbourg, Alain Juppé a tenté de se défaire de l'image de candidat naïf et angélique qu'il s'est collée avec sa notion d'"identité heureuse"

Alain Juppé, lors de son meeting de campagne à Strasbourg, a assumé une nouvelle fois le concept d’identité heureuse.
Une reprise de la thématique de la "société du care" de la socialiste Martine Aubry, qui, le 2 avril 2010, était la première secrétaire du PS et lança pour le site trotskiste Mediapart un appel "à une société du bien-être et du respect, qui prend soin de chacun et prépare l'avenir" et fustigeant "le matérialisme et le tout-avoir".

Premier déclaré et donc encore favori de la primaire à droite et au centre pour la présidentielle, le "bonze de Bordeaux" a même décidé de couler ce concept dans le marbre, en en faisant un des axes majeurs de sa campagne, avec l’éducation ou l’économie. Or, depuis qu’il a employé cette expression dans un de ses nombreux livres de campagne, en septembre... 2014, il s’est retrouvé le plus souvent sur la défensive face aux critiques des sarkozystes.
Dans un premier temps très populaire en 1997, il est touché, un mois après son entrée en fonction, par l'affaire de son appartement et de celui de son fils Laurent. Selon le baromètre TNS Sofres pour Le Figaro Magazine, sa cote d'avenir passa de 63 % en juin et juillet à 57 % en août, puis descendit à 40 % en octobre et à 37 % en novembre. Sa défense apparaissait alors rigide, symbolisée par son  expression du 6 juillet 1995: "je suis droit dans mes bottes et je crois en la France".
Cette impopularité se renforça avec le 'plan Juppé', projet de réforme de la Sécurité sociale présenté à l’Assemblée nationale en novembre 1995, visant à un allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 annuités pour les salariés de la fonction publique, afin de l'aligner sur celle du secteur privé déjà réformé en 1993, visant aussi à l'établissement d’une loi annuelle de la Sécurité sociale fixant les objectifs de progression des dépenses maladies et envisageant la mise en place de sanctions pour les médecins qui dépassent cet objectif, l'accroissement des frais d'hôpital, des restrictions sur les médicaments remboursables et le blocage et l'imposition des allocations familiales versées aux familles avec enfants les plus démunies, combiné avec l'augmentation des cotisations maladie pour les retraités et les chômeurs et au gel du salaire des fonctionnaires. Le motif invoqué est le respect par la France des critères de Maastricht, dont le pacte de stabilité et de croissance, qui impose une maîtrise des comptes publics. Le plan permit la réduction du déficit public de 5,5 % du PIB en 1995 à 3,0 % en 1997, mais déclencha un vaste mouvement social dans l'ensemble du pays. Malgré le soutien de la CFDT, les mouvements de grève  pour la "défense des acquis sociaux", de novembre et décembre 1995, ont raison de sa détermination sur la réforme des retraites.Mais le gouvernement refuse de revenir sur la réforme de la Sécurité sociale: elle est votée le 30 décembre et permet de légiférer par ordonnances. Désormais, le budget de la Sécurité sociale est voté au Parlement, la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) est décidée, tandis qu'une contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) est créée, un objectif quantifié d'augmentation des dépenses d'assurance-maladie est fixé et les prestations familiales sont gelées. Les mesures prises en matière de fiscalité sont décrites comme un "coup de gourdin fiscal" par Marianne.
D'autres événements affaiblissent encore la popularité du gouvernement Juppé, comme, à partir de mars 1996, l'occupation de l'église Saint-Ambroise à Paris par 300 étrangers "en situation irrégulière", d'origine africaine, demandant leur régularisation. Après avoir été expulsés de l'église Saint-Ambroise, ils errent d'occupation en occupation et finissent par occuper l'église Saint-Bernard. Dix d'entre eux entament alors une grève de la faim qui va durer deux mois. C'est une relance des mouvements de l'immigration par les associations en 1996 et 1998. Finalement, l'évacuation par la police des clandestins squattant l'église Saint-Bernard est décidée len août 1996. Plusieurs d'entre eux sont renvoyés au Mali.
Alors que depuis la déclaration de candidature de Sarkozy, il perd des points, Juppé a décidé de porter des coups, sur tout sujet entamant sa crédibilité. Puisque, du livre de l'ancien chef de Les Républicains, la presse ne retient que le thème de l’identité, le maire de Bordeaux a choisi de marquer sa différence et d'assumer le clivage entre deux lignes opposées sur l’immigration et l’islam, au risque de ne pas répondre aux provocations des musulmans radicaux.

Juppé fait de "l’identité de la France" l'un de ses thèmes centraux
Lors de son meeting du 13 septembre, à Strasbourg, il n'a pas craint de rivaliser avec Nicolas Sarkozy sur ce sujet sensible, réaffirmant à nouveau son objectif d’établir une "identité heureuse", qu’il présente désormais comme "une ambition collective" et non "un état de fait", de peur de passer pour un idéaliste, déconnecté des problèmes du pays.

"Je porte une idée, presque un idéal [non assumé !], celui de l’identité heureuse (…) Je persiste et je signe [droit dans mes bottes?]: oui, l’identité de la France, l’identité heureuse, c’est ce vers quoi je veux conduire le pays", a-t-il lancé devant près de deux milles personnes, réunies dans le palais des congrès de la ville, en disant "non au pessimisme, au déclinisme ou au renoncement". Mais, au-delà des mots et des slogans, qu'entend-il au juste, par "identité heureuse" ? La suite au prochain meeting...

"La France sans la douceur de vivre et le bonheur ne serait plus la France !
a poursuivi le poète, afin de se démarquer des "déclinologues", qui glorifient la France d’antan. Il est toujours facile de se plaindre du temps présent, de dire 'c’était mieux avant' ", a ironisé le "hard rocker" de Bordeaux, en dénonçant le "fatalisme" existant "chez certaines élites politiques ou intellectuelles". "A les entendre, la France serait condamnée à la médiocrité, au déclin et à la peur", a-t-il polémiqué avec, dans son viseur, les thèses développées par le FN et par les plus droitiers de son parti, tel... Nicolas Sarkozy, ainsi que par des intellectuels, tel Alain Finkielkraut, qui attribuait la crise d’identité que traverse la France à l’immigration dans son ouvrage... 'L’Identité malheureuse' (2013, Stock), paru en octobre 2013.

Alain Juppé prône le communautarisme heureux
Il se dit en effet déterminé à se battre contre ce qu'il dénonce, avec la gauche ,comme "la tentation du repli", traçant, pense-t-il, une perspective pour le pays. "Aujourd’hui, contre tous les prophètes de malheur, contre tous les prédicateurs du déclinisme, je veux redonner aux Français une espérance," ambitionne le septuagénaire. Pas question de mener une campagne anxiogène, dont il accuse N. Sarkozy: pour le "bonze", les peurs des Français à l’égard de l’islam et du terrorisme ne seraient que purs fantasmes. Lui, il se fait fort de recréer de la confiance. "Le rôle d’un responsable politique n’est pas d’en rajouter sur le malheur des temps ou de noircir encore un peu plus la situation. C’est au contraire en montrant que la France a tous les atouts pour repartir de l’avant", a-t-il déclaré à des journalistes avant le meeting.

Son projet de société repose sur la nécessité d’"intégrer" les immigrés, en respectant leur diversité et leurs origines, à condition qu’ils s’inscrivent dans "le partage d’un bien commun" que sont la langue, les valeurs de la République, la laïcité… Un concept qui tranche avec celui d’assimilation, qui a fonctionné avec les migrants chrétiens d'Europe, ainsi que juifs du monde et cher à N. Sarkozy. La détermination de Juppé s'arrête à l'intégration, un modèle qui, selon lui, peut faire co-exister les communautés sans "effacer les origines". Les seules origines solubles dans son "identité heureuse" sont judéo-chrétiennes.  
En désaccord depuis deux ans avec les sarkozystes sur son "identité heureuse" qui ne profiterait qu'aux dominants et aux conquérants, Juppé s'attache d'ailleurs à souligner qu’il n’ignore pas les difficultés que traverse le pays à cet égard. "J’ai une vision claire de la France et de ce que vivent et ressentent les Français", a-t-il assuré, en citant "l’aggravation du chômage", "la montée de l’insécurité" ou "l’affaiblissement de l’école républicaine", autant de constats qui plombe le rêve de tolérance du poète "fier de la tradition d’accueil" de la France.

La "dousseur de vivre" passe par la maîtrise des flux migratoires"...
Les immigrés ont "le devoir" de faire la démonstration d'"une volonté véritable et sincère de s’intégrer à la communauté nationale". Et sans "effacer ses origines", ce n'est pas gagné...  
Il pose d'ailleurs " trois conditions". La première consiste à "retrouver la maîtrise des flux migratoires", avec la mise en place d’un système de quotas, votés par le Parlement, qui définirait chaque année les capacités d’accueil de la France par pays et par professions, une réduction de la durée d’examen des demandes d’asile ou un durcissement des conditions d’attribution du droit du sol… Beaucoup de sémantique, donc, pour distinguer les programmes des deux candidats.
Deuxième condition: "Refuser avec la plus grande fermeté les tentations communautaristes." Et comment, s'il vous plaît, en renonçant à l'assimilation, fonction -notamment- de l'école ?
Et enfin, "la volonté de partager et de transmettre un bien commun, sans lequel il n’y a pas de nation". "Un bien commun": quezaco ? 

Quant à l’islam, Juppé juge que la religion musulmane "doit trouver les moyens de s’accorder avec la République". S’il arrive à l’Elysée, l’ex-premier ministre promet notamment de proposer un accord aux représentants du culte musulman, afin d’aboutir à l’adoption d’une charte de la laïcité. Quels sont les grands axes de cette charte? Depuis 2004, la "charte de la diversité" incite les entreprises à garantir la promotion et le respect de la diversité dans leurs effectifs et, à l'accueil des services municipaux de certaines villes de gauche ou à la télévision, ses effets sont extrêmement "dépaysants". Quant à la "charte de déontologie" du gouvernement Ayrault, elle a volé en éclats avec les Thomas Thévenoud (incapable d'"effacer" sa phobie administrative)  et autres Jérôme Cahuzac (ministre matamore du Budget dans le public , mais fraudeur fiscal dans le privé) !

Reste à savoir si ce discours d’ "espérance" de Juppé trouvera l’écho espéré auprès des électeurs de la primaire ébranlés comme l'ensemble des Français par la barbarie des musulmans, tous et toutes susceptibles de devenir des "radicalisés récents", des "déséquilibrés" appréciés de leur boulangère. Pour l’instant, même si l’écart se resserre avec M. Sarkozy, il reste en tête dans les sondages de premier tour et gagnant dans ceux de second tour.

Avant qu'il ait tenu ses propos de Bisounoursune majorité de Français avait encore le sentiment que le maire de Bordeaux pourrait être la personnalité la plus capable de garantir leur sécurité face à la menace terroriste, selon un sondage IFOP pour Le Journal du dimanche; 58 % disent lui faire confiance contre 50 % à Nicolas Sarkozy. La marge d'erreur est d'au moins cinq points...

Renforçant la conviction que c'est Sarkozy qui arrivera premier, Le Monde y va de son commentaire partisan et tient, selon lui, la "preuve" recherchée par le JDD (groupe Lagardère: Paris Match, Europe 1 ou Hachette): "à preuve que ce n’est pas forcément ceux qui tiennent les discours les plus durs qui paraissent les plus crédibles." Partant de ce postulat, Alain Juppé fait le pari que son discours optimiste paiera : "Car je ne connais pas de campagne victorieuse dans la tristesse ou la morosité."

Alain Juppé cherche aussi l' "intégration" des "déçus du hollandisme" et du Front National

"Homme de droite mais ouvert", Alain Juppé a déclaré, vouloir "rassembler" la droite et le centre, mais aussi "au-delà", tendant la main aux "déçus du hollandisme" et du... FN.
"S’il y a des déçus du hollandisme – et en ce moment ils sont de plus en plus nombreux –, eh bien qu’ils viennent. S’il y a des électeurs du Front national qui se rendent compte que le programme de ce parti nous amène dans le mur, eh bien qu’ils viennent. Voilà mon état d’esprit". Juppé n'est pas seulement ouvert, mais décomplexé.
Juppé campe dans le registre du sentiment: signe de ramollissement ?
"La France est malheureuse aujourd’hui parce que le quinquennat de Monsieur Hollande est un naufrage", a poursuivi le maire de Bordeaux, le dimanche 11 septembre sur France 2, assurant aborder ces primaires "avec beaucoup de tranquillité" et croire que "cela va marcher" et rappelant "au passage" que le scrutin des primaires est ouvert à "tous les citoyens".

L’ancien premier ministre affiche aussi l'espérance que "le code de bonne conduite [qu’il a] proposé soit respecté : pas d’attaques personnelles naturellement, des primaires tout à fait transparentes (..) et évidemment le soutien de ceux qui n’auront pas gagné à celui qui aura gagné."
A la question de savoir si cette compétition interne pouvait tourner au "tout sauf Sarkozy", le maire de Bordeaux a botté en touche : "J’aimerais bien que ce soit 'tous pour Juppé'." Quant à Sarkozy, c'est "Tout pour la France"...

Quant à l’affaire Bygmalion, pour terminer et pour la bonne bouche, comme dans tout entretien hostile qui se respecte, le condamné (à 18 mois de prison avec sursis et dix ans d'inéligibilité, en janvier 2004, pour prise illégale d'intérêts) n’a pas souhaité commenter "les décisions de justice ou les procédures judiciaires": "nous avons une justice indépendante, qu’elle fasse son travail".

Juppé assène ses coups sur ses jeunes rivaux, de droite comme de gauche, sur son créneau

Juppé a raillé la proposition de Bruno Le Maire de supprimer l’Ecole nationale d’administration (ENA).
Supprimer l’ENA, c’est "faire du neuf avec du très vieux", a estimé le septuagénaire, bien que cette mesure préconisée de longue date n'ait encore jamais été amorcée par les hommes politiques passés par Matignon. La première demande de suppression avait été formulée "par Jean-Pierre Chevènement dans les années 70", a précisé Juppé.  
"D’abord, il ne faut pas expliquer qu’on va faire autrement de la politique en reprenant les recettes les plus anciennes qui soient en politique", a lancé le recycleur de la "société du care" du PS ou prend le contre-pied d'Alain Finkielkraut, lors d’une conférence de presse à Strasbourg, à quelques mètres des bâtiments de l’ENA, alors qu’il était interrogé sur la façon de "redonner confiance aux Français". 
"Je ne ferai pas de démagogie anti-[haut] fonctionnaire", a polémiqué l'ancien énarque (1970-72), comme le jeune Le Maire (1996).

"Ce qu’on sait de Macron, c’est qu’il n’est pas loyal"
Invité à dire ce qui le distingue de l’ex-ministre Emmanuel Macron, A. Juppé a répondu : "Que propose M. Macron ? Quand je le saurai, je pourrai répondre à votre question. Pour l’instant, on ne sait pas qui il est", quelles sont ses "idées " et "valeurs".
"Ce qu’on sait de lui, c’est qu’il n’est pas loyal, c’est qu’il vient de poignarder, comme Brutus, Hollande dans le dos, et d’autre part, on sait qu’il n’est pas socialiste. Pour le reste, mystère", a asséné l'ancien ministre de Jacques Chirac.

mercredi 7 septembre 2016

Affaire Bygmalion: difficile de nier une volonté politique des juges contre le candidat d'opposition qui monte

Nicolas Sarkozy passe à la contre-attaque

Le candidat à la primaire de le droite et du centre s'est montré plus offensif que jamais
 
Après 24h de silence, Nicolas Sarkozy a publiquement réagi ce mardi 6 septembre, suite aux réquisitions du Parquet de Parisreprésentant le ministère de l'Intérieurdevant le tribunal correctionnel, dans l'affaire Bygmalion.

"Aucune polémique, aucune manoeuvre, aucune manipulation aussi honteuse soit-elle, ne me détournera d'un centimètre de ma volonté absolue de construire" l'alternance en 2017. Le candidat à la primaire de droite pour l'élection présidentielle de 2017 s'exprimait lors d'un meeting à Poissy, dans les Yvelines.


"J'aime les gens qui ont connu des hauts et des bas, qui ne se sont pas plaint, qui ont serré les dents", a affirmé l'ancien chef de l'État, lors de ce meeting sur le thème de l'éducation. Avant de démarrer son discours sur ce thème, il a tenu a affirmé que "dans la vie, on ne fait rien sans courage. Je pense que dans le mode de vie français, dans l'identité française, il y a cette idée extrêmement forte que (...) le bonheur, c'est chaque fois qu'on surmonte une épreuve", et qu'on a "la satisfaction" de se dire "j'ai surmonté cette épreuve", a-t-il expliqué. 

L'ex-président a la sérénité des consciences claires

Plus tôt dans la journée, alors qu'il participait à une table ronde sur le thème de l'éducation dans une école située à Orgeval (Yvelines), Nicolas Sarkozy avait renvoyé une image de sérénité, observe Le Monde. 



Avec les enfants, l'ancien chef de l'État était tout sourire. 
"La vérité sort toujours de la bouche des enfants", a-t-il répliqué, alors que l'un d'eux le désignait comme "son président". "Ah bon, ta mère dit que je vais gagner ? Elle a raison", a-t-il assuré à un autre.

Un procès contre l'adversaire principal de la gauche ?

Le reconstructeur de l'UMP en parti Les Républicains subira-t-il un procès qui viserait à impacter sa campagne de la primaire, prévue les 20 et 27 novembre ? Les juges craindraient en fait une décision contre-productive à prendre d'ici un mois minimum. 

Dans des réquisitions du 30 août, le Parquet a demandé le renvoi en correctionnelle de l'ex-président pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012. Nicolas Sarkozy, mis en examen en février, est notamment soupçonné d'"avoir dépassé le plafond des dépenses électorales" fixé à 22,5 millions d'euros et de faire "état", dans son compte de campagne, d'"éléments comptables sciemment minorés".

Le Parquet de Paris a d'ailleurs également requis un procès pour treize autres mis en examen dans l'affaire Bygmalion, dernière étape avant un possible renvoi en correctionnelle.

Les preuves qu'il était au courant des questions d'intendance et aurait approuvé devront être produites.


mardi 6 septembre 2016

Le ministre de la Justice a demandé le renvoi de N. Sarkozy en correctionnelle dans l'affaire Bygmalion.

Le chef du gouvernement juge "insupportable" l'indignation de Les Républicains

"La droite"  (il s'en faut de beaucoup !) accuse l'exécutif 

C'est ainsi que 'Les Echos' renverse le problème de l'indépendance de la justice. Le journal reproche à toute la droite (?) de réagir à cette "manoeuvre politique" contre l'ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy, qui risque un procès dans l'affaire Bygmalion. Alors que le Parquet a attendu que le mis en examen soit candidat à la primaire de la droite et du centre, le timing de cette relance de l'affaire n'interpelle pas cette presse-là: "décrypteuse" ? 
Alors que la campagne pour la primaire à droite est engagée, déterrer l'affaire Bygmalion serait naturel après des mois de mise en sommeil, selon la dépêche de l'AFP qui dicte les éléments de langage de l'Elysée à la presse aux ordres. Les Echos est la propriété du groupe LVMH et Bernard Arnault, dont le président de la République, François Hollande, a inauguré la Fondation Louis-Vuitton pour la création, le 20 octobre 2014, et dont le premier ministre, Manuel Valls, a inauguré "La Ruche", la nouvelle usine de Guerlain à Chartres, le 6 février 2015.

"Aussitôt, la droite a accusé l'exécufif de mener une "manoeuvre politique" contre l'ancien chef de l'Etat, qui brigue un nouveau mandat en 2017", écrit textuellement Les Echos. Des propos "insupportables" de cette opposition de droite, a jugé le premier ministre, ce mardi 6.  Manuel Valls ferait-il ainsi le jeu du Front national ? Si tel est le cas, le journaliste Laurent Neumann le dira... 

Réactions contrastées à droite aux réquisitions du Parquet
Loin de l'exécutif l'idée de vouloir parasiter la campagne de Sarkozy ?

Le candidat socialiste serait-il embarrassé d'une éventuelle mise en accusation de son principal adversaire, même si un éventuel procès ne devrait pas avoir lieu avant l'élection présidentielle? Valls clame déjà à qui veut l'entendre qu'il croit en l'indépendance de la justice...  

Les proches de l'ancien président dénoncent un simple "écran de fumée,"
alors que le procès de Jérôme Cahuzac vient tout juste de débuter.
Pour Marie-Anne Montchamp, soutien de Nicolas Sarkozy, le candidat à l'Elysée est évidemment visé. "C'est révélateur d'un climat récurrent qui consisterait à nourrir de nouvelles affaires au moment où une tension politique se fait jour", estime l'ancienne secrétaire d'Etat en charge des Personnes handicapées.

Cette "tension politique" est même entretenue par François Fillon. 

L'ex-premier ministre a aussitôt taclé Nicolas Sarkozy sur son "exemplarité" lors du campus des Jeunes Républicains au Touquet. Invité sur RTL avant l'annonce de la décision du Parquet, il est toutefois revenu sur sa petite phrase assassine, conscient des dommages à son image. "Je pose un principe général. Je dis que l'exemplarité est nécessaire pour gouverner notre pays et d'autant plus nécessaire qu'il va falloir le redresser, c'est-à-dire demander des efforts aux Français, a-t-il bredouillé. J'énonce un principe général qui me paraît être le minimum exigible et après, chacun est devant sa conscience. C'est ma conviction personnelle. Je pense qu'il est très difficile de gouverner un pays dans un climat comme celui que nous connaissons aujourd'hui et comme à gauche et à droite, il y a des affaires dans tous les sens, je dis qu'il faut revenir à une conception plus rigoureuse du pouvoir."
Aujourd'hui, pas question de changer d'angle d'attaque pour le député filloniste Bernard Debré. "Est-ce qu'il est possible, en France, de dire la vérité sans se faire accuser ? demande l'ancien ministre de la Coopération. Circulez, il n'y a rien à voir ? Non".

Alain Juppé se refuse de son côté à commenter le harcèlement judiciaire de l'ancien président. Le maire de Bordeaux, condamné dans l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris, adopte le profil bas.
 
En 2004, Alain Juppé a été condamné à 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité (mis en examen en 2009 pour "abus de confiance, recel d'abus de biens sociaux, et prise illégale d'intérêt" pour des faits remontant à l'époque où il était secrétaire général du Rassemblement pour la République et maire-adjoint de Paris aux Finances, de 1983 à 1995); Sarkozy ne l'a jamais été et bénéficie toujours de la présomption d'innocence.

L'ancien maire de Neuilly a du temps devant lui. Un éventuel procès ne pourrait commencer avant le printemps prochain, en pleine campagne électorale, habituellement période de trêve judiciaire. Enfin, si Nicolas Sarkozy revenait à l'Elysée, la perspective d'un procès serait encore repoussée de cinq ans.

Nicolas Sarkozy n'a rien à voir avec Bygmalion...Arrêtons cette sorte d'acharnement
Georges Fenech, ancien magistrat et député LR (05/09/2016)

Le Premier ministre s'est invité dans la matinale de RTL pour nier toute ingérence de l'exécutif sur le judiciaire.
"Les responsables publics n'ont pas à mettre (la justice) en cause et à insinuer qu'à chaque fois que la justice agit en toute indépendance [sic], que ça serait l'oeuvre de je ne sais quelle manoeuvre politique. C'est insupportable même pour l'idée qu'on se fait de la séparation des pouvoirs et du rôle de la justice." Selon Valls, l'opposition n'a aucun droit à mettre (la justice) en cause, ni à douter qu'elle agit en toute indépendance ni à dénoncer une manoeuvre politique qui n'est pas quelconque. Il se déplace à RTL pour s'opposer à toute contestation de son pouvoir oligarchique. 

Valls monte encore une fois dans les tours

Thierry Herzog, son avocat, a dénoncé ce qui est à l'évidence "une nouvelle manoeuvre politique grossière", suite aux réquisitions du Parquet de Paris demandant le renvoi en procès de l'ancien président de la République dans l'affaire Bygmalion

Piqué au vif, Valls nie avec véhémence l'incitation de son ami Urvoas. 
"Les mêmes qui parlent d'une autorité de l'Etat qui serait en cause (...) sont les mêmes qui par ces commentaires, dégradants d'ailleurs à l'égard de la justice, mettent en cause l'autorité de l'Etat", a polémiqué Manuel Valls, en plein accès de paranoïa
Et le premier ministre fait la leçon à l'ancien chef de l'Etat. "Quand on a été président de la République, quand on aspire à le [re]devenir, quand on exerce ou quand on a exercé une responsabilité d'Etat, il faut respecter les règles de la Constitution", s'est emballé "p'tit zizi", éjaculateur précoce, voire prématuré. 
Pourtant, les magistrats du Parquet sont placés sous la direction et le contrôle de leurs chefs hiérarchiques et sous l'autorité du garde des Sceaux, ministre de la Justice qui les nomme. Or, celui-ci, Jean-Jacques Urvoas, dont le parcours universitaire est parrainé par des figures politiques bretonnes, notamment Poignant,  Rappelons au passage qu'Urvoas est de ceux qui, en 2009, combattirent la volonté de Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur de tripler d'ici 2011 le nombre de caméras de vidéosurveillance au niveau national. C'est aussi à ce démocrate qu'on doit, en 2014, des "avancées" pour limiter la discussion générale en séance publique de l'Assemblée nationale. C'est encore à lui qu'on doit, au printemps 2015, l'opposition du gouvernement au rétablissement du crime d'"indignité nationale" proposé par la droite pour punir les terroristes.
Au congrès PS de Reims en 2008, il vota en faveur de...
Martine Aubry, avant de soutenir Dominique Strauss-Kahn trois ans plus tard, alors qu'il est encore président du FMI...
Renoncerait-il à une candidature à la présidentielle s'il était lui-même mis en examen ? 
"Je pense qu'on se remettrait alors profondément en cause", a répondu Manuel Valls, se révélant sur les motivations de ces réquisitions du ministère public. Il refuse toutefois d'en dire plus, racontant qu'il ne voudrait surtout pas "se laisser entraîner dans ce qui est la campagne des primaires et cette polémique". Ni faire pression sur la justice?...  "Je m'en tiens à ces deux principes : indépendance de la justice, présomption d'innocence. Et peut-être en effet rappel de ce que peut être l'éthique de l'engagement", a-t-il prétendu.

Dans des réquisitions du 30 août, le Parquet a demandé le renvoi en correctionnelle de l'ex-président pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012. Nicolas Sarkozy, mis en examen en février, se voit accusé notamment d'"avoir dépassé le plafond des dépenses électorales" fixé à 22,5 millions d'euros et de faire "état", dans son compte de campagne, d'"éléments comptables sciemment minorés". Il appartient maintenant aux juges d'instruction de suivre ou non ces réquisitions, dans un délai d'un mois minimum. Ce qui nous mène à la fin octobre.
Or, si la liste des candidats sera dévoilée le 21 septembre, le premier tour de la primaire de la droite et du centre est fixé au 20 novembre 2016 et le second tour au dimanche 27...

Le ministre de la Justice selon Valls n'est pas un perdreau de l'année

Urvoas s'est opposé aux ministres de droite avec constance
Député du Finistère en 2007, en 2008, il s’oppose à la création de la loi concernant la rétention de sûreté proposée par Rachida Dati, alors ministre de la Justice.
En 2009, il exprime son opposition à la volonté de Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, de tripler le nombre de caméras de vidéosurveillance au niveau national d'ici 2011.
En 2010il critique avec détermination la loi sur les violences en bande défendue par Michèle Alliot-Marie.

Comme ministre, Urvoas s'intéresse de près à la justice politique 
En 2014, il pèse sur le texte organique organisant les modalités de destitution du Président de la République.
En mai 2015, quelques semaines avant sa nomination Place Vendôme, il publie une note sur la réforme du Conseil supérieur de la magistrature, dans laquelle il appelle à une plus grande autonomie du Parquet par rapport au pouvoir exécutif... François Bayrou, alors député MoDem des Pyrénées-Atlantique, avait fait part d' "un risque de dévoiement de cette procédure et de sa transformation en une mise en cause répétée du chef de l'Etat".
L'heure n'est donc encore pas venue de démontrer cette indépendance de la justice.