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mardi 21 avril 2020

Grande distribution: la prime Macron ne sera pas versée à tous les salariés

Les syndicats alertent sur les discriminations entre salariés

La prime Macron pour tous les salariés de la grande distribution qui travaillent, c'était une carabistouille, s'indignent les syndicats
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Une prime de 1.000 pour aller travailler: appât
pour s'exposer à la contamination par les non-porteurs de masques
Depuis le début de l'épidémie de coronavirus, l'exécutif a claironné qu'il encourage les entreprises à récompenser leurs salariés au travail pendant l'épidémie mortelle. Les entreprises qui n'ont pas de système d'intéressement peuvent verser, jusqu'au 31 août, une prime défiscalisée et exonérée de cotisations patronales de 1.000 euros à leurs salariés.

Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et des Finances, a annoncé le 20 mars que le montant de cette prime défiscalisée à la charge des entreprises - privées, celles qui exercent une activité essentielle à la Nation -  pourra même aller jusqu'à 2.000 euros pour les structures qui ont un plan d'intéressement. "Toutes les entreprises ayant un accord d'intéressement pourront aller jusqu'à 2.000 euros", a déclaré le ministre lors d'un point de presse téléphonique.

Par ailleurs, le gouvernement a assoupli les conditions pour bénéficier du fonds de solidarité, une manne d'1,2 milliards d'euros doit venir en aide aux petits patrons, indépendants, professions libérales qui ne peuvent prétendre à une indemnisation de Pôle emploi. Alors qu'en mars, la condition principale pour y accéder était une perte de chiffre d'affaires de 70%, ce seuil est abaissé à 50% en avril. En clair, le professionnel devra constater une baisse de chiffre d'affaires d'au moins 50% entre le mois d'avril 2019 et ce mois d'avril 2020. L'aide versée est de 1.500 euros. "Nous voulons renforcer notre dispositif de soutien à l'économie pour apporter une réponse immédiate concrète aux entrepreneurs comme aux salariés", a expliqué Bruno Le Maire. Et le ministre n'a pas caché son sentiment sur la crise sanitaire et économique en cours. Elle devrait être "violente, globale, durable", et "le retour à la normale sera lent, progressif, difficile".

Où en est-on, un mois après l'appel du gouvernement aux entreprises ?

Dans la grande distribution, les salariés commencent à déchanter: la récompense promise de 1.000 euros défiscalisés va-t-elle leur passer sous le nez? 

Dans la grande distribution, Auchan est le premier à répondre à l’appel du gouvernement. Le groupe s’est engagé à verser une prime forfaitaire de 1.000 euros à 65.000 collaborateurs pour saluer leur exceptionnel engagement. 
Mais un mois plus tard, adieu la prime forfaitaire. Aux dernières nouvelles, elle sera finalement calculée en fonction du temps de travail effectif, sur une période définie, c'est-à-dire réduite. Ainsi les stagiaires sont-ils  les dindons de la farce.

"Les salariés se projetaient déjà avec une prime de 1.000 euros, quel que soit leur temps de travail effectif, et là c'est la douche froide, dénonce Christian Roy, délégué syndical Force ouvrière chez Auchan. Selon lui, tous les contrats de plus de 28 heures auraient la totalité de la prime. "Pour le reste, c'est proratisé en fonction du temps de travail effectif, et quelque part, il y a de la frustration qui naît à travers cette nouvelle annonce !"

À la direction d’Auchan, on affirme que le sujet n’est pas encore tranché, comme partout ailleurs dans la grande distribution. Et l'attente commence à vriller la tête des salariés, parce qu'ils "ne savent plus s'ils vont pouvoir l'avoir dans leur intégralité ou partiellement", souligne Laurence Gilardo, déléguée syndicale FO à Casino. "L'attente pour obtenir cette prime, ça met vraiment une ambiance de merde dans les magasins, honnêtement !," ajoute la déléguée syndicale FO.
Selon elle, beaucoup de rumeurs circulent, "notamment que le personnel qui met en rayons de nuit chez Casino n'aura pas la prime puisqu'ils ne sont pas exposés aux clients ! Sauf qu'il y a eu des centaines de clients qui sont venus déposer leurs virus, tousser sur les produits que les salariés manipulent, donc ils sont tout à fait légitimes à toucher la prime ! Il n'y a pas de raison !"

Le sujet de la discrimination est sensible.
Chez Leclerc, le ton monte aussi. Les salariés des entrepôts et des bases logistiques ont la certitude de recevoir une prime. Mais pas ceux des magasins franchisés. Ce sera au bon vouloir du directeur. Injuste pour cette salariée Leclerc qui souhaite rester anonyme. "On travaille tous pour la même enseigne, mais pourquoi favoriser des plateformes logistiques et non des caissières, des vendeurs à la coupe ? Pourquoi faire une sélection comme ça de telle catégorie et pas telle catégorie ?", interroge-t-elle.

La seule certitude, finalement, c’est qu’aucune prime n’a encore été versée aux salariés de la grande distribution.

jeudi 16 avril 2020

Le mystère des vraies motivations du "déconfinement progressif"

Les raisons floues de la réouverture des écoles interpellent

"Le premier critère est d’abord social", a susurré le ministre de l’Education nationale

DÉCONFINEMENT PROGRESSIF ! - Blagues et les meilleures images drôles!
La Science a parlé...
(à moins que ce ne soit l'Economie !)
Les élèves en difficulté et les décrocheurs pourraient reprendre en premier,  a laissé entendre Blanquer, sans crainte de stigmatisation des cancres.

Lundi soir, Emmanuel Macron a annoncé la prolongation du confinement jusqu’au 11 mai et évoqué un déconfinement progressif après cette date, avec notamment la réouverture des écoles et la reprise de certaines activités économiques. Un lien qui n'a pas manqué de sauter aux yeux des moins éveillés...
En évoquant la possibilité pour le plus grand nombre "de retourner travailler, redémarrer notre industrie, nos commerces et nos services", sans donner plus de détails, il n'a échappé à personne que l'intérêt des enfants n'est pas sa priorité: à la préservation de leur santé, l'ex-banquier a préféré la reprise de l'économie. Des enjeux qui soulèvent de nombreuses questions, dont celle des enfants, porteurs asymptomatiques du virus et potentiels dangers pour la communauté éducative mais aussi pour la cellule familiale dans le cas où ils rapporteraient le CoVid 19 à la maison.

"Le président de la République a demandé au gouvernement de préparer un plan complet de sortie, un plan d’ensemble, j’aurai l’occasion de le présenter quand il sera prêt, largement avant la date du 11 mai, a déclaré le premier ministre lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. Mais il doit être travaillé en consultation avec beaucoup d’acteurs pour être véritablement à la hauteur des enjeux." C'est-à-dire que Macron a pris cette décision avant consultation des parties.
Et de détailler : "Il appartient au gouvernement de mettre en place les instruments, les méthodes, la doctrine d’emploi, la coordination nécessaire, pour faire en sorte que ces objectifs rappelés par le président de la République soient atteints ; c’est ce à quoi nous nous employons."

Le chef du gouvernement a assuré que "vers le 11 mai, nous aurons su diminuer le nombre de malades en réanimation, nous aurons su permettre à l’hôpital de reprendre une forme de capacités face au stress inouï, face à l’intensité de la première vague à laquelle il a dû faire face".

La réouverture des écoles n'est pas un choix éducatif

C'est un choix "social" critiquable et critiqué.
Officiellement inspirée par la volonté de lutter contre le creusement des inégalités dû au confinement, la décision de rouvrir progressivement les écoles à partir du 11 mai est prise pour des raisons inavouables.

Cela pourrait se traduire "peut-être par une forme adaptée", dans un fonctionnement "différent" de la normale, selon l'énigmatique E. Philippe qui navigue à vue. L'Edouard prévient d'ailleurs qu’il ne veut "sur ce point rien annoncer de définitif". "Il y a un impératif [de retour à l’école] qui est réel; il ne peut pas se faire au prix de la santé, bien entendu," se défend-il. En clair, l'exécutif est conscient des risques. "Il doit être conjugué avec la nécessité de préserver la santé de nos concitoyens, de garantir le respect de règles sanitaires ", a-t-il dit, brandissant sa volonté d'éviter que les inégalités sociales ne se creusent. Le cadet de ses soucis, en fait, la réouverture "progressive" des établissements scolaires inquiète les enseignants, car la préoccupation de Macron est d'ordre économique.

Cette réouverture ne se fera "pas du jour au lendemain", avait également insisté le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, dans la matinée  sur France 2. "Le premier critère est d’abord social", a-t-il répété en écho à l'Edouard, laissant entendre que les élèves les plus en difficulté pourraient reprendre en premier. "Il faut sauver les élèves qui pourraient partir à la dérive du fait du confinement. C’est les publics les plus fragiles que j’ai d’abord en tête pour assurer ce service public." S'il parvient à leur mettre la main au collet, leurs parents opératrices ou maçons pourront relancer la machine économique.

Les faux-semblants ne supportent pas d'avancer en gros sabots
Au cours des dernières semaines, Blanquer avait en effet commencé à préparer les esprits. Depuis, la presse nous serine avec la crainte que la fermeture des écoles depuis le 16 mars creuse les inégalités scolaires et accentuant le décrochage de certains jeunes, notamment des filières professionnelles. Logiquement, les premiers a bénéficier de la sollicitude du gouvernement devraient donc être les lycées professionnels... Sur tous les tons, la presse institutionnelle cite les propos du ministre : "les dégâts sociaux et humains" du confinement "peuvent être très importants", a reconnu le ministre mardi: "importants, mot creux, en dit long à lui seul sur la conviction du pouvoir.
Pour préparer la reprise, qui passera "forcément par de très grands aménagements", Jean-Michel Blanquer a annoncé des consultations de deux semaines avec les organisations syndicales, lycéennes, ou fédérations de parents.

Plus vite les enfants seront de retour dans les écoles, plus vite l'économie repartira

Bien qu’encore exclu du déconfinement, le secteur du tourisme, se prépare à une reprise d’activité pour cet été, annonce "en même temps" le gouvernement. Durement frappé par la crise sanitaire, il est déjà bénéficiaire d’un plan de soutien, car son déconfinement nécessitera une adaptation, notamment au plan sanitaire.
"Il est compliqué à ce stade de donner un horizon matérialisé par une date précise" ou "d’apporter des réponses précises et arbitrées" sur la reprise d’activité du secteur touristique, a déclaré mardi à la presse lors d’une conférence téléphonique le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne qui, comme les autres membres du gouvernement, parle pour ne rien dire.

Il est clair en revanche que "chaque jour de confinement aggrave les finances publiques".
Du côté du ministère de l’Economie, Bruno Le Maire a toutefois réussi à estimer  à 8 % le recul du produit intérieur brut français en 2020. "Nous aurons une prévision de croissance qui sera fixée à – 8 % pour le projet de loi finance rectificative", qui sera présenté mercredi en conseil des ministres, a-t-il déclaré sur RMC-BFM-TV.

En conséquence, le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, a fait savoir, quant à lui,  que le déficit public se creuserait plus que prévu, à environ 9 % du PIB, tandis que la dette augmentera à 115 % du PIB. Mais en septembre, il sera, lui, de retour à Tourcoing.

Il y a moins d’une semaine, les deux ministres n'étaient pas mécontents de faire supporter par le virus l'entière responsabilité de prévisions historiquement mauvaises pour l’économie française cette année. Ils prévoyaient une "contraction" (!) du PIB de 6 %, un déficit public de 7,6 % et une dette de 112 %.

Ces mauvaises prévisions avaient déjà poussé le gouvernement à doubler son plan d’urgence, à 100 milliards d’euros, pour soutenir les entreprises et les salariés. Ce plan est désormais encore relevé, avec notamment une augmentation du budget consacré au chômage partiel, estimé à 24 milliards d’euros contre 20 milliards précédemment.
Le fonds de solidarité destiné aux très petites entreprises et aux indépendants est, lui, doté d’un milliard d’euros supplémentaire, soit 7 milliards au total.

Au-delà du maintien des 1.500 euros pour les entreprises ayant une chute de plus de 50 % de leur chiffre d’affaires, le "deuxième étage" du dispositif "va être porté de 2.000 à 5.000 euros" pour les entreprises menacées de faillite, a déclaré Bruno Le Maire. "On n’est pas arrivé à la fin de cette crise du Covid-19. Les chiffres que je vous donne et que donne le ministre de l’économie, sont indicatifs", a toutefois précisé Gérard Darmanin. Quand Bercy et les assureurs travaillent à un régime d’assurance pandémie, le retour des décrocheurs à l'école est clairement le cadet de leurs soucis.

L’horizon du 11 mai pour entamer un déconfinement progressif est une date à "conquérir", a de son côté déclaré le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, sur France Inter, rappelant aux Français la "discipline" qui doit prévaloir dans le respect du confinement.
"Le 11 mai est une date d’objectif. Ce qu’a annoncé le président de la République hier, ce n’est pas le déconfinement le 11 mai, c’est le confinement jusqu’au 11 mai." La profondeur de cette brève de comptoir nuancée peut échapper au plus grand nombre mais, en cas de difficulté persistante, on peut faire appel au décryptage de la pensée castanerienne par Sibeth Ndiaye...

Le ministre des tireurs de LBD 40 met les Français en joue

"Il est nécessaire de ne pas se projeter en disant le 12 mai, c’est le mois de mai et nous faisons ce qu’il nous plaît, eh bien non, il faudra continuer à se battre", a poursuivi le noctambule.

Depuis leur mise en place à la mi-mars, 11,8 millions de contrôles ont été réalisés par les forces de l’ordre et 704.000 infractions ont été constatées, partout en France s'est félicité C. Castaner qui a même prétendu que "peu" d’abus générés par ces contrôles lui avaient été signalés. Clairement, tous les excès ne lui remontent pas...

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, s’est dit confiant mardi matin concernant "la multiplication des pains points de dépistage" à partir du 11 mai. Mais seules y auront accès les personnes présentant les symptômes du Covid-19. Interrogé sur RTL, le sauveur de la Santé a souhaité "qu’on innove, qu’on mobilise toutes les bonnes volontés, toutes les forces vives de la nation", qu’il y ait des tests " dans les hôpitaux, les laboratoires - quel que ce soit leur statut", y compris ceux consacrés "à la recherche". A chaque fois que des kits de dépistage seront disponibles. 
Véran a dit aussi vouloir "s’appuyer sur les collectivités", lesquelles ne l'ont d'ailleurs pas attendu pour prendre les devants. Nombre d'entre elles ont dégagé des millions pour l'achat de masques et de tests. Elles ont décidé de "mettre en place des équipes mobiles, des "drive tests", procéder à partir des pharmacies, d’officines volontaires".

Le ministre continue de se projeter dans l'avenir: "On  - c'est qui : Macron ou les collectivités ? - a fait à peu près aujourd’hui 150.000 tests et au-delà par semaine; nous sommes en train d’aller vers les 200.000 tests par semaine" [à quelle échéance?], avec "l’objectif d’être capable de tester" actuellement "dans les Ehpad, les publics les plus fragiles, les malades hospitalisés, les soignants", a-t-il promis.

Quant à l’isolement des personnes testées positives au Covid19, Olivier Véran a déclaré que "toutes les possibilités [sont] à l’étude », notamment une éventuelle réquisition d’hôtels. Une éventualité est une piste mais non une réalité..

Les décisions de Macron étaient attendues lundi soir par 36,7 millions de téléspectateurs sur les onze chaînes qui la diffusaient, selon des données de Médiamétrie publiées mardi matin. 
L'angoisse des Français va donc grandissante : le 16 mars, 35,4 millions de spectateurs avaient espéré des mesures concrètes et précises lors de la précédente allocution et non des yeux de merlan frit, des intonations de prêtre en chair, des petits poings serrés. Le confinement aidant, l'inquiétude a conduit la quasi-totalité (94,4 %) des Français à se rassembler devant leur téléviseur entre 20h02 et 20h27. La presse n'a pas hésité à assurer que les Français voulaient entendre la parole du petit père de la patrie, de même que l'Elysée avait twitté que les soignants du CHU-Bicêtre avaient applaudi Macron, quand la vérité veut qu'ils se soient applaudis entre eux. 

Les décrypteurs de cette presse dévote n'ont pas capté que l'audience des allocutions présidentielles est inversement proportionnelle au niveau de confiance et de sérénité des Français. 
Le précédent "record d’audience" pour une déclaration officielle remonte à la fin de 2018 : 23 millions de téléspectateurs pour une allocution du président en pleine crise des "Gilets jaunes".

lundi 30 mars 2020

Pénurie: Bruno Le Maire se fait moins affirmatif dans ses certitudes

"Si demain il devait y avoir une pénurie, je le dirais aux Français," envisage le patron de Bercy 

Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, envisage désormais l'hypothèse d'un risque de pénuries alimentaires en France 

culpabilisation du/de la pn, manipulateur/trice | Être heureux ...
"Il n'y a pas de pénurie aujourd'hui dans les grands magasins et les commerces alimentaires", a-t-il observé sur RMC et BFMTV, ce lundi.

Mais il ajoure : "Et s'il devait y en avoir demain, "je le dirais aux Français et ils seraient informés pour que nous prenions les dispositions nécessaires", a lâché Bruno Le Maire.

Interrogé sur la possibilité que le gouvernement emploie la méthode Coué sur les pénuries, le ministre a répondu qu'il n'y en avait aucune "à l'heure où je vous parle. Je fais le point deux fois par jour avec le commerce alimentaire, la grande distribution, avec l'industrie agroalimentaire", a précisé le ministre. 

Mais  qu'il "fasse le point" autant qu'il veut : sa déclaration ne nous dit rien de l'évolution du risque, alors que la CGT appelle les chauffeurs routiers à exercer leur droit de retrait, en sorte que des mesures soient prises pour assurer leur protection contre le Covid-19.

"Il y a des tensions sur certains produits," a d'ailleurs reconnu "bien volontiers" Bruno Le Maire

We Name and Shame People - Home | Facebook
Comme Macron,
Le Maire pratique le 'naming'n shaming'
"Chacun peut le voir dans ses magasins. Il y a moins de variété sur certains produits comme les pâtes mais je le répète, il n'y a pas de pénuries".
Les règles de “recrutement, de travail de nuit, sur les heures supplémentaires” dans la distribution vont être “assouplies” pour garantir la sécurité de la chaîne d’approvisionnement en produits alimentaires et de première nécessité, a-t-il encore assuré pour les quinze jours à venir.

La presse décrypteuse évite de confronter les propos du jour et ceux du ministre Bruno Le Maire, il y a seulement quinze jours.
Le 15 mars, Le Maire promettait : il n'y aura "pas de rationnement"...
Et, nouvelle preuve du manque de lucidité de l'exécutif commandé par le chef de guerre Macron, de préciser: “90 à 95% des références (seraient) présentes” dans les rayons.

Comme le maître de l'Elysée, le patron de Bercy implique les Français 
"Nous comptons sur le comportement responsable des Français (...) pour ne pas se précipiter sur les rayons et acheter plus que de besoin", a craint le ministre, Il enfonce d'ailleurs le clou de la culpabilisation en disant "faire confiance aux Français" "pour ne pas se précipiter sur les rayons et acheter plus que de besoin”..

Ainsi, Le Maire insinue-t-il qu'en cas de pénurie, seuls les Français pourraient être tenus pour responsables... au premier rang desquels "les représentants de la grande distribution"...

lundi 2 mars 2020

Article 49.3: souvent homme politique varie !

Quand Edouard Philippe et Bruno Le Maire dénonçaient le principe du 49.3 


Valls l’avait dégainé six fois pour les lois Travail de Macron et El Khomri. 


Au grand dam des deux ex-députés LR...



Le troisième alinéa de l’article 49 de la Constitution est une arme à double tranchant... et l'effet boomerang des images d’archives n'est qu'un moindre mal. Elles rappellent que le premier ministre Edouard Philippe, qui applique les ordres de Macron, a de nouveau recouru au 49.3 samedi 29 février pour faire passer en force, sans vote, le projet de réforme Macron des retraites au Parlement, n’a pas toujours applaudi ses prédécesseurs lorsqu’ils le faisaient.

Le gouvernement va essayer de faire passer la pilule du 49.3

Pas de problème avec les oies LREM...
Manuel Valls annonce le 5 juillet 2016, qu’il utilisera de nouveau l’article 49.3 pour faire adopter sans vote le projet de loi de réforme du Code du travail, face à l’opposition populaire et à la fronde dans l’hémicycle. Le premier ministre de François Hollande est coutumier du fait : le socialiste a déjà dégainé cet outil trois fois pour la Loi Macron en 2015, et le refera pour cette Loi El Khomri, ou Loi Travail passée le 21 juin 2017 grâce à un troisième recours à l'article 49-3
Après avoir été remanié par le gouvernement, le texte est adopté sans vote en première lecture par l'Assemblée nationale à la suite de l'engagement de la responsabilité du gouvernement grâce à l'utilisation de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution française. Après son adoption par le Sénat, le texte est de nouveau adopté sans vote à l'Assemblée nationale en seconde lecture et en lecture définitive. Il est promulgué le 8 août 2016.
Un passage en force qu’Edouard Philippe, alors député LR de Seine-Maritime, accueille... en se levant et en quittant la séance, agitant les bras en signe d’indignation.

49.3 sur les retraites : le coup bas de Macron à sa majorité.
Résultat de recherche d'images pour "art 49.3 Edouard Philippe"Sur Public Sénat dix jours plus tard, toujours au sujet de la Loi Travail, Edouard Philippe dénonce le recours systématique du gouvernement au 49.3 : "Les députés ont été élus par le peuple et essaient de le représenter. [Le 49.3] ne leur permet même pas de discuter le texte", critique-t-il, avant de souligner :
"Le 49.3 n’a jamais été une arme destinée à museler l’opposition ! C’est une arme destinée à museler la majorité. C’est quand le gouvernement n’a pas de majorité à l’Assemblée, quand il n’est pas sûr de faire adopter un texte, qu’il l’utilise."
Une analyse a posteriori non sans charge ironique, étant donné la confortable majorité dont jouit aujourd’hui La République en Marche dans l’Hémicycle (299 députés LREM et 46 MoDem, sur 577 députés)... Bien plus large que celle dont disposait le PS sous François Hollande.

VOIR et ENTENDRE
le député juppéiste Edouard Philippe démonter l'article 49.3 :


"Ca sent la fin de règne...," assure Bruno Le Maire.
Son camarade haut-normand sur les bancs des Républicains, Bruno Le Maire, ne sait pas encore qu’il deviendra son ministre de l’Economie et des finances. Le député de l’Eure intervient à la même période sur la chaîne d’information iTélé pour dire tout le mal qu’il pense de l’utilisation du 49.3 :
"Quand on est obligé, dans une majorité, d’utiliser un instrument aussi brutal pour un texte de loi aussi creux, ça sent la fin de règne !" assène-t-il.
VOIR et ENTENDRE le député Bruno Le Maire dénoncer le recours à l'article 49.3:  

Ségolène Royal soutient alors Emmanuel Macron

Interrogée en mai 2017 sur RTL, l’ancienne candidate à la présidentielle appelle à l’optimisme :
"Ce que je peux vous dire d’Emmanuel Macron, c’est qu’il n’a pas du tout l’intention de brutaliser les Français", assure l’ex-présidente de Région, dévastatrice des finances de Poitou-Charentes et future ambassadrice aux pôles.
Et d'ajouté, avec perspicacité :
"Comme nous tous, il a été choqué par l’usage du 49.3 par le gouvernement précédent, donc ça ne sera pas sa méthode, je puis vous le dire. Il sait parfaitement, comme il l’a dit dans sa campagne et dans ses interventions, que la France a besoin d’apaisement, de rassemblement".
Macron est coutumier du coup de force

Le recours au 49.3 pour faire passer des lois n'est pas une grande première sous ce quinquennat. L'exécutif n'a pas pris de gants avec le Parlement: il a déjà asséné cinq ordonnances pour imposer la réforme du Droit du Travail. 
L'Assemblée nationale avait dû valider la loi Travail 1 portée par Myriam El Khomri. Elle vise à augmenter la compétitivité des entreprises en soumettant les salariés à davantage de flexibilité. De nombreux décrets d'application avaient déjà été promulgués sous le quinquennat de François Hollande.
Son choix des ordonnances était déjà un contournement du Parlement. 
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Le 28 novembre 2017, les députés votent la ratification des ordonnances réformant le code du travail souhaité par Emmanuel Macron
En juillet 2017, Macron inaugurait son quinquennat par un projet de loi de réforme du code du travail (Loi Pénicaud ou Loi Travail 2) uniquement composé d’ordonnances, cinq, à la suite de la Loi Travail. 
Depuis son arrivée aux responsabilités, il y a près de trois ans la SNCF a ainsi été ébranlée par ordonnances et Macron n’a pas non plus hésité à les dégainer pour la loi Pacte ou le projet de loi santé…

jeudi 13 février 2020

La baisse du chômage annoncée par Bercy, info ou intox ?

Derrière l'arbre de la baisse du chômage, la forêt d’emplois précaires

Un économiste explique pourquoi Bruno Le Maire dénonce la dernière étude de l'Observatoire français des conjonctures économiques


La politique du gouvernement est néfaste pour le pouvoir d'achat des plus modestes, souligne l'OFCEpolitiquement classé à gauche. Et  la baisse du chômage clamée par le gouvernement est un leurre. "Socialiste insoumis" associé à la France Insoumise (LFI), Liêm Hoang-Ngoc, ancien député européen PS, maître de conférences en économie à l’Université de Paris, donne raison à l'OFCE contre le ministre de l'Economie de Macron, lui-même ancien maître de Bercy. 
La publication de l’étude annuelle de l’OFCE sur les effets de la politique du gouvernement a suscité l’agacement du ministre de l’Economie et des finances. Contestant "l’esprit et la méthode" de ce travail, Bruno Le Maire affirme que la décrue du chômage en 2019 atteste du bien-fondé de la politique menée. La sienne. Or, elle est bien loin d’atteindre tous les objectifs annoncés.

Que dévoile l'étude de l’OFCE ?

Très rigoureuse sur la méthode, la simulation de l’OFCE montre que "l’effet cumulé des mesures socio-fiscales de 2018 à 2020 reste très fortement marqué par le geste fiscal effectué en direction des ménages les plus aisés en début d’année 2018" : suppression de l’ISF sur la détention d’actions et d’obligations et "flat tax" sur les revenus qu’ils procurent. 

En revanche, elle indique que
"l’effet cumulé des mesures prises devrait être négatif pour les 10% des ménages les plus pauvres" (suppression des APL, baisse ou suppression des allocations pour de nombreux chômeurs, désindexation de prestations sociales vis-à-vis de l’inflation). 

L'OCDE intègre bel et bien les effets de la prime d’activité et du "zéro reste à charge," assure Liêm Hoang-Ngoc, contrairement aux allégations de Bruno Le Maire
L'universitaire rend justice à l'OCDE qui souligne, les destinataires de la suppression de la taxe d’habitation, les classes moyennes sont les principales bénéficiaires des "mesures gilets jaunes" (baisse de l’impôt sur le revenu, prime d’activité, défiscalisation des heures supplémentaires), ayant pour effet de soutenir la demande. 
Enfin, les collectivités territoriales voient leur budget affecté par la baisse des dotations de l’Etat, dont le déficit est lui-même tributaire en 2019 du "double CICE" versé aux entreprises (crédit d’impôt versé au titre de l’année 2018 et transformation en baisse pérenne de cotisations patronales).

En fait, le ministre critique "l’esprit" de l’étude qui est suspecte de propagation de l’idée que la baisse des inégalités passe par la redistribution. Pourfendeur des politiques de redistribution, qu’il accuse d’accroître la pression fiscale, le chômage et la pauvreté, Le Maire soutient que la politique menée par le gouvernement est susceptible de s’attaquer aux inégalités en encourageant le travail. Elle commencerait à provoquer ses effets, comme en témoigne la décrue du chômage.

La baisse du chômage est l’arbre qui cache la forêt

Résultat de recherche d'images pour "précarité"

Le chômage a bien baissé de 3% en 2019, alors même que la progression du PIB décroît depuis 2017, où elle avait atteint 2,2%. 

"En même temps", la croissance baisse : elle fut de 1,7% en 2018 et de 1,2% en 2019. Poursuivant sa chute à -0,1% au dernier trimestre 2019, elle serait de 1,1% en 2020. 
De surcroît, les gains de productivité ont été nuls au cours des deux premiers trimestres 2019. 

Tout ceci signifierait que la croissance va se retourner, incessamment sous peu, si l'avenir est plus sûr que le présent : les années à venir seraient plus riches en emplois qu’auparavant, la croissance étant quatre fois plus riche en emplois qu’au cours des Trente glorieuses où les gains de productivité étaient de 4% par an). 

Mais les créations d’emplois sont localisées dans les secteurs à faible valeur ajoutée, tels que la restauration, le commerce, les services aux personnes et le bâtiment. Ces secteurs traditionnels ont aussi bénéficié de l’abaissement du coût du travail et des réformes du code du travail. Ils sont gourmands en emplois peu qualifiés, rémunérés au niveau du SMIC. Ils sont en outre fortement tributaires de la conjoncture, dont la tenue provisoire explique la baisse des demandeurs d’emplois de catégories B et C, occupant des emplois à courte durée: disons-le, les emplois précaires.

Autre hic! Si  les entreprises ont peu à peu transformé les CDD en CDI depuis la reprise de 2017, un retournement pourrait entraîner une forte recrudescence du chômage, dès lors que l’assouplissement du code du travail permet aux entreprises de réduire aisément les salaires et l’emploi face à une baisse d’activité.
Après Le Maire, le déluge ?

jeudi 16 janvier 2020

Macron gratte encore 0,25% sur le Livret A

"Ce n'est pas un choix contre les classes populaires", affirme la porte-parole du gouvernement

"C'est un choix fait en cohérence avec l'activité économique", raconte Sibeth Ndiaye.

Alors, elle nous aurait menti ?
Et elle n'a pas encore été entartée ?
Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a annoncé mercredi 15 janvier  la baisse du taux du Livret A de 0,75% à 0,5%. "Le choix qui a été fait n'est pas un choix contre les classes populaires, c'est un choix fait en cohérence avec l'activité économique", a assuré jeudi 16 janvier sur France Inter la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, spécialiste du foutage de gueule.

L'épargne doit être "utile"

Madame Michu apprend à ses dépens qu'elle n'est pas faite pour rapporter aux gens. Ndiaye lui assure que le Livret A "n'est pas l'épargne des plus modestes, c'est plutôt le Livret d'Epargne Populaire et nous souhaitons en renforcer l'accès". Sibeth Ndiaye explique à ceux qui ne comprennent rien qu'il faut que l'épargne soit "utile, pour qu'elle puisse être investie dans des secteurs de l'économie où on a besoin de booster les choses". Y suffira-t-elle et à quoi Macron et Le Maire vont-ils ensuite s'attaquer ?

Il aurait été "irresponsable et incohérent" de maintenir ce taux à 0,75% par rapport à "notre politique de diversification des placements" et aux "milliers de Français qui attendent un logement social", a asséné mercredi le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, dans les pages du quotidien Le Parisien-Aujourd'hui en France.

La vignette automobile devait, elle aussi, être utile : aux vieux, pardon, aux seniors... Or, on sait aujourd'hui que les anciens sont non seulement inutiles, mais coûteux... Il faut les réduire.