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lundi 2 mars 2020

Article 49.3: souvent homme politique varie !

Quand Edouard Philippe et Bruno Le Maire dénonçaient le principe du 49.3 


Valls l’avait dégainé six fois pour les lois Travail de Macron et El Khomri. 


Au grand dam des deux ex-députés LR...



Le troisième alinéa de l’article 49 de la Constitution est une arme à double tranchant... et l'effet boomerang des images d’archives n'est qu'un moindre mal. Elles rappellent que le premier ministre Edouard Philippe, qui applique les ordres de Macron, a de nouveau recouru au 49.3 samedi 29 février pour faire passer en force, sans vote, le projet de réforme Macron des retraites au Parlement, n’a pas toujours applaudi ses prédécesseurs lorsqu’ils le faisaient.

Le gouvernement va essayer de faire passer la pilule du 49.3

Pas de problème avec les oies LREM...
Manuel Valls annonce le 5 juillet 2016, qu’il utilisera de nouveau l’article 49.3 pour faire adopter sans vote le projet de loi de réforme du Code du travail, face à l’opposition populaire et à la fronde dans l’hémicycle. Le premier ministre de François Hollande est coutumier du fait : le socialiste a déjà dégainé cet outil trois fois pour la Loi Macron en 2015, et le refera pour cette Loi El Khomri, ou Loi Travail passée le 21 juin 2017 grâce à un troisième recours à l'article 49-3
Après avoir été remanié par le gouvernement, le texte est adopté sans vote en première lecture par l'Assemblée nationale à la suite de l'engagement de la responsabilité du gouvernement grâce à l'utilisation de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution française. Après son adoption par le Sénat, le texte est de nouveau adopté sans vote à l'Assemblée nationale en seconde lecture et en lecture définitive. Il est promulgué le 8 août 2016.
Un passage en force qu’Edouard Philippe, alors député LR de Seine-Maritime, accueille... en se levant et en quittant la séance, agitant les bras en signe d’indignation.

49.3 sur les retraites : le coup bas de Macron à sa majorité.
Résultat de recherche d'images pour "art 49.3 Edouard Philippe"Sur Public Sénat dix jours plus tard, toujours au sujet de la Loi Travail, Edouard Philippe dénonce le recours systématique du gouvernement au 49.3 : "Les députés ont été élus par le peuple et essaient de le représenter. [Le 49.3] ne leur permet même pas de discuter le texte", critique-t-il, avant de souligner :
"Le 49.3 n’a jamais été une arme destinée à museler l’opposition ! C’est une arme destinée à museler la majorité. C’est quand le gouvernement n’a pas de majorité à l’Assemblée, quand il n’est pas sûr de faire adopter un texte, qu’il l’utilise."
Une analyse a posteriori non sans charge ironique, étant donné la confortable majorité dont jouit aujourd’hui La République en Marche dans l’Hémicycle (299 députés LREM et 46 MoDem, sur 577 députés)... Bien plus large que celle dont disposait le PS sous François Hollande.

VOIR et ENTENDRE
le député juppéiste Edouard Philippe démonter l'article 49.3 :


"Ca sent la fin de règne...," assure Bruno Le Maire.
Son camarade haut-normand sur les bancs des Républicains, Bruno Le Maire, ne sait pas encore qu’il deviendra son ministre de l’Economie et des finances. Le député de l’Eure intervient à la même période sur la chaîne d’information iTélé pour dire tout le mal qu’il pense de l’utilisation du 49.3 :
"Quand on est obligé, dans une majorité, d’utiliser un instrument aussi brutal pour un texte de loi aussi creux, ça sent la fin de règne !" assène-t-il.
VOIR et ENTENDRE le député Bruno Le Maire dénoncer le recours à l'article 49.3:  

Ségolène Royal soutient alors Emmanuel Macron

Interrogée en mai 2017 sur RTL, l’ancienne candidate à la présidentielle appelle à l’optimisme :
"Ce que je peux vous dire d’Emmanuel Macron, c’est qu’il n’a pas du tout l’intention de brutaliser les Français", assure l’ex-présidente de Région, dévastatrice des finances de Poitou-Charentes et future ambassadrice aux pôles.
Et d'ajouté, avec perspicacité :
"Comme nous tous, il a été choqué par l’usage du 49.3 par le gouvernement précédent, donc ça ne sera pas sa méthode, je puis vous le dire. Il sait parfaitement, comme il l’a dit dans sa campagne et dans ses interventions, que la France a besoin d’apaisement, de rassemblement".
Macron est coutumier du coup de force

Le recours au 49.3 pour faire passer des lois n'est pas une grande première sous ce quinquennat. L'exécutif n'a pas pris de gants avec le Parlement: il a déjà asséné cinq ordonnances pour imposer la réforme du Droit du Travail. 
L'Assemblée nationale avait dû valider la loi Travail 1 portée par Myriam El Khomri. Elle vise à augmenter la compétitivité des entreprises en soumettant les salariés à davantage de flexibilité. De nombreux décrets d'application avaient déjà été promulgués sous le quinquennat de François Hollande.
Son choix des ordonnances était déjà un contournement du Parlement. 
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Le 28 novembre 2017, les députés votent la ratification des ordonnances réformant le code du travail souhaité par Emmanuel Macron
En juillet 2017, Macron inaugurait son quinquennat par un projet de loi de réforme du code du travail (Loi Pénicaud ou Loi Travail 2) uniquement composé d’ordonnances, cinq, à la suite de la Loi Travail. 
Depuis son arrivée aux responsabilités, il y a près de trois ans la SNCF a ainsi été ébranlée par ordonnances et Macron n’a pas non plus hésité à les dégainer pour la loi Pacte ou le projet de loi santé…

jeudi 21 septembre 2017

Macron annonce la fin de toute complaisance en cas de violence dans la rue

Macron n'aura pas l'indulgence de Hollande pour les syndicats ?

Emmanuel Macron prend les devants, à la veille d‘une nouvelle journée de mobilisation contre sa réforme du droit du Travail

Le président a mis en garde les organisateursil n‘y aura aucune complaisance de l'Etat à l’égard de toute forme de violence dans la rue.
"Je respecte profondément tous celles et ceux qui expriment des désaccords", a-t-il assuré en préambule à sa menacemercredi soir, au cours d'une déclaration à la presse, en marge de l‘Assemblée générale de l‘ONU, à New York, alimentant la critique qui lui est faite à chaque fois qu'il aborde la politique intérieure depuis l'étranger en dépit de sa promesse de revenir à des pratiques plus saines. 

"Nous veillons que [en français d'un lauréat du concours général de français?] tous les désaccords dans notre pays puissent être exprimés de manière constitutionnelle", a-t-il souligné. 
"Je considère pour ma part que l‘action sur laquelle le gouvernement s‘est engagée est conforme aux engagements que j‘ai pu prendre".

Je souhaite qu‘il y ait le plus grand calme dans les jours qui viennent et il n‘y aura à l’égard de toute forme de violence et d‘extrémisme dans la rue aucune complaisance", a prévenu Emmanuel Macron. "Et je ne veux en rien confondre des activistes violents avec des femmes et des hommes qui expriment un désaccord légitime sur le projet du gouvernement". 
A noter qu'un "projet" de loi ne peut être que gouvernemental : si le Parlement était à l'origine, ce serait une "proposition"...

Une attaque des syndicats et partis de lutte 


La CGT et Solidaires appellent en effet à descendre 
dans la rue, ce jeudi 21 septembre, 
une semaine après une première manifestation contre la réforme, et deux jours avant le défilé de La France insoumise à Paris contre le "coup d‘Etat social".


La première journée de mobilisation 
contre ce texte phare du début du quinquennat d‘Emmanuel Macron - le 12 septembre - avait été émaillée d‘incidents, notamment à Paris et à Nantes, deux villes socialistes.

L
e 1er septembre, le président du groupe "Nouvelle Gauche" à l'Assemblée, Olivier Faure, avait annoncé que le Parti socialiste ne participerait pas aux rassemblements du 12 (ni du 23), mais... 

Quant au candidat fossoyeur du PS...

Et le socialiste Luc Carvounas, un proche de Claude Bartolone, qui, lors du conflit sur la loi El Khomri, dénonça la CGT, "caste gauchisée des privilégiés"...

mardi 5 septembre 2017

Y a-t-il un sujet sur lequel Macron n'a pas changé d'avis ?

De Top Gun à Big Brother : en quatre mois, Macron nous a déjà tout joué !

En six mois, Macron a changé (radicalement) d'avis sur le cannabis

Soulevant un coin du voile sur quelques propositions dans 'Le Figaro' en février 2017, le candidat d'En Marche! détailla certaines de ses propositions en matière de sécurité. On s'aperçut alors qu'il avait pris le contre-pied de ce qu'il présentait comme ses orientations tout juste six mois plus tôt. Revendiquant désormais la "tolérance zéro" pour la délinquance, il expliqua qu'elle doit s'appliquer à tous les petits délits, "du vol à l'étalage à l'usage de stupéfiants". Ainsi avait-il manifestement changé d'avis sur la question de la législation sur les stupéfiants. "Je ne crois pas à la dépénalisation des "petites doses" ni aux peines symboliques. Cela ne règle rien", précisait encore l'ex-ministre de Hollande, un modèle, pour lui, du revirement. "Il faut pouvoir sanctionner sur-le-champ par une amende -100 euros environ-, plus dissuasive et efficace", proposait-il. 

Or, que disait le candidat Macron en novembre 2016 ?
Dans son opus, l'auteur de 'Révolution' proposait déjà la mise en place d'une contravention, "qui serait beaucoup plus économe en temps pour la police et la justice, et bien plus dissuasive qu'une hypothétique peine de prison dont tout le monde sait qu'elle ne sera finalement jamais exécutée". En revanche, l'auteur écrivait aussi qu'il est "vain de pénaliser systématiquement la consommation de cannabis". 
Il affirme en février 2017 qu'il n'est pas question de dépénaliser et prône l'application plus systématique de sanctions. Ce paradoxe n'est pas la seule divergence entre les pages de 'Révolution' et l'entretien avec Le Figaro. Le chantre de la 'tolérance zéro' tenait en novembre un discours à la tonalité bien différente : "La réponse politique classique est de se prévaloir d'une intransigeance permanente et générale. C'est évidemment une illusion."
Macron en septembre 2016: "On voit bien que la légalisation du cannabis a une forme d'efficacité"
VOIR et ENTENDRE Macron sur l'"efficacité" de la légalisation du cannabis:


En septembre 2016, sur France Inter, il avait d'ailleurs expliqué que sa position sur la question de la légalisation n'était pas arrêtée, tout en adoptant un propos à l'opposé de la "tolérance zéro". "C'est un sujet que je veux travailler (...) Ce n'est pas un sujet qui est léger, je souhaite qu'on puisse ouvrir ce sujet", avait-il avoué, avant de répéter qu'il n'était "pas contre" la légalisation, mais qu'il s'agissait d'une "réponse provisoire". "Aujourd'hui, le cannabis pose un problème en effet de sécurité, de lien avec la délinquance dans des quartiers difficiles, de financement de réseaux occultes. On voit bien que la légalisation du cannabis a des intérêts de ce point de vue et a une forme d'efficacité", affirmait-il alors. On l'a compris, pas plus que son premier ministre actuel, il n'est un "surhomme" et un décisionnaire...
Les positions en faveur de la légalisation du cannabis restent très diverses et clivantes et le président peine à assumer le statut jupitérien qu'il s'est attribué.

"La France n’a jamais été et ne sera jamais une nation multiculturelle" 

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Brigitte n'a pas grimacé de sourire
Emmanuel Macron en fournit la garantie au magazine Causeur, mais, dans le même temps, il reniait la culture française, car, le 4 février dernier, lors d’un meeting à Lyon, Macron avait lancé que "il n'y a pas de culture française; il y a une culture en France. Elle est diverse." Jean-Jacques Aillagon l'approuva, mais Yves Jégo lui réplique en ces termes: Cette déclaration n'est pas anecdotique, elle est même le signe inquiétant d'une vision destructrice de ce qui fait depuis toujours la spécificité de notre pays.
Le mois suivant, en mars, Macron rectifia le tir dans une tribune publiée par Le Figaro. "Le fondement de la culture française, c'est une ouverture sans pareil. Notre culture est toujours parvenue à se dépasser elle-même, à voguer vers le neuf, l'imprévu, l'inconnu", écrivit pompeusement le candidat d'En Marche! à la présidentielle dans son texte intitulé "Pourquoi nous sommes un peuple""C'est pourquoi le terme même d'identité ne peut être accolé à celui de 'culture française'", ajoute-t-il, aggravant son cas. "Si les Français forment un peuple, ce n'est pas parce qu'ils partagent une identité figée, rabougrie", caricatura le candidat. 
Ambigü, il polémiqua contre ceux dont le "premier combat fut de stigmatiser ceux qui ne leur ressemblaient pas" en réduisant cette culture à "une lignée" et en l'enchaînant à "une religion", mais aussi ceux qui "tentent de renier et de dissoudre la Nation française" en pensant que "leur religion, leur communauté et les lois qu'ils se donnent sont supérieures à la République". 
Macron reconnut avoir "pu dire qu'il n'existe pas une culture française, comme si l'on pouvait réduire tant de richesse à un visage unique, à une parole univoque, à une histoire uniforme". "La culture française est un fleuve nourri de confluents nombreux, la rencontre de la tradition et de la modernité". En disant tout et son contraire, par ses "boucles dialogiques" (Laborit), le "méandreux" Macron entend avoir toujours raison. N'a-t-il pas fait qualifier ses errements de "pensée complexe" ?
"Dur, trop dur de défendre Molière, Victor Hugo, Proust... Bien plus facile de mélanger toutes les cultures dans la marmite à fondre l'identité de la France", avait ironisé François Fillon, l'ancien Premier ministre lors d'un meeting. 

Ses petits changements d’avis sur l’énergie 

Sortir du nucléaire n’est au programme ni d’Emmanuel Macron. 
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Pour Denis Cheissoux dans son émission 'CO2 mon amour' enregistré le 27 avril 2017 (diffusé le 29), la porte-parole écologie du candidat Emmanuel Macron, Corinne Lepage, avocate et ancienne ministre de l’environnement, a tenté d'apporter des éclaircissement sur le programme énergie, notamment vis-à-vis de l’atome. Or, certaines lignes n'ont cessé de bouger.
Sur le nucléaire, plus question de lier la fermeture de la Centrale de Fessenheim à la mise en service de celle de Flamanvile, selon ses dernières déclarations, avait assuré Corinne Lepage. En revanche, comme le fixe la Loi sur la transition énergétique, l’objectif de 50 % de nucléaire dans la production d’électricité en France,  est maintenu. "Mais c’est énorme, cela signifie la fermeture de 15 réacteurs nucléaires, de développer massivement les renouvelables et d’investir dans la sobriété énergétique", rappelle la porte-parole écologiste d’Emmanuel Macron. Mais selon elle, concernant les arbitrages à venir, "Emmanuel est très clair. Il a dit 50 % et que les grandes décisions sur la suite se prendront en fonction de trois critères : l’audit de l’ASN en 2018 sur les 58 réacteurs, le coût réel du nucléaire, car pour l’instant on ne le sait pas, et la comparaison avec les autres énergies."

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Ce n'est pas la girouette Macron
qui tourne, c'est le vent 
Consciente que les éoliennes abîment le paysage, Corinne Lepage avançait une solution : "Lorsque ce sont les gens eux-mêmes, avec des entreprises locales, qui font leur installation, il n’y a pas de recours, expliqua-t-elle. Notre programme vise à aider au développement de l’énergie citoyenne avec l’autoconsommation et des sociétés coopératives d’habitant," un programme en droite ligne de la loi de transition énergétique de 2015, portée par Ségolène Royale, dont justement Emmanuel Macron s’est engagé à poursuivre le travail en matière de transition énergétique et environnementale dans son discours du 1er mai.
Or, Le nucléaire progresse dans les pays émergents et principalement en Chine. Grâce à ces nouveaux pays, l'atome représentera 18% du mix électrique énergétique mondial en 2040 contre 11%, selon les chiffres de l'AIE (Agence international de l'énergie).

En même temps, Macron est le meilleur VRP du nucléaire français.
Le Brexit ne remet pas en cause le projet Hinkley Point, a assuré, en mai dernier, le ministre de l'Economie au World Nuclear Exhibition qui se tenait au Bourget.
Macron dit tout et son contraire et, dans son discours inaugural, Emmanuel Macron a martelé que la France croit au nucléaire. "Arrêter le nucléaire n’est pas un choix d’avenir. Ce n’est pas conforme à nos objectifs en matière de réduction des émissions de CO2." Le ministre de l’Economie a même eu des accents lyriques en comparant le nucléaire au rêve de Prométhée. "Beaucoup de projets auraient semblé impensables il y a cinq ans. Le nucléaire est un défi économique mais aussi politique. Il doit démontrer notre capacité collective à mener des actions de transformation. (…) Il faut parvenir à articuler le risque et la responsabilité". 
Macron a toutefois reconnu que la filière devait gagner en compétitivité et en attractivité, via notamment le numérique et le Big Data.

Macron est tout aussi incertain 
sur la Syrie

C'est un simple rapport secret de la DGSE qui l'aurait fait changer d’avis.
Depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, les Russes, les Iraniens et l’intelligence tactique de l’armée syrienne ont réussi à retourner la situation militaire sur le terrain. On est d’ailleurs tout près d’un accord entre Russes et Américains sur la Syrie, pour mettre fin au conflit.
Selon Le Canard enchaîné ("Un document alarmiste de la DGSE", 5 juillet 2017), Macron aurait changé d’avis sur Assad et pris ses distances avec la politique de son prédécesseur Hollande et des néoconservateurs après avoir eu accès à des données consignées dans un rapport secret de la DGSE. On y apprendrait notamment que le régime d’Assad n’aurait jamais été aussi fort depuis 2011, tandis que l’opposition dominée par des groupes djihadistes serait laminée, que les djihadistes en perte de vitesse, tout comme l’Etat islamique, pourraient après leur défaite en Syrie se rabattre sur l’Europe, selon des experts, des universitaires, des chercheurs et spécialistes de la géopolitique. Le Canard donne quelques extraits très succincts de ce rapport de 70 pages :
– "Le régime de Bachar (…) est aujourd’hui en meilleure posture qu’à aucun moment depuis 2011, grâce aux interventions russe et iranienne".
– "L’opposition est désorganisée et fragmentée, ne pose pas (sic) une menace stratégique (…). Les principaux groupes d’opposition sont de plus en plus divisés (…), souvent sous-équipés et démoralisés."
– "Cette opposition est de plus en plus dominée par des groupes extrémistes".
– "Une solution politique et militaire au conflit demeure peu probable".
 Daesh poursuivra son combat "en Europe, après la chute du Califat".
– "La libération de Mossoul soulèvera autant de problèmes qu’elle en résoudra (…) Les conflits latents (avec le gouvernement de Bagdad) risquent de refaire surface en 2017 et 2018, entre Kurdes et Chiites, et entre les deux principaux partis kurdes" .
C'est ainsi que l'homme de convictions a changé son fusil d'épaule.

Quand Xavier Bertrand rappela à Macron ses déclarations sur les migrants à Calais

Le Brexit étant désormais adopté,
pour Emmanuel Macron, il va désormais falloir être "plus exigeant avec les Britanniques" au sujet des accords du Touquet qui avaient abattu la frontière britannique à Calais. Des propos moins directs que ceux qu'il avait tenus en mars dernier comme le lui a rappelé, ce lundi, Xavier Bertrand. Le président LR de la région Hauts-de-France plaide depuis son élection pour une renégociation des accords du Touquet.

VOIR et ENTENDRE
Xavier Bertrand tacler Emmanuel Macron sur ses variations :
Xavier Bertrand sait, quant à lui, ce qu'il dit: Emmanuel Macron a bien changé d’avis entre mars et juin sur la question de l’accueil des migrants entre la France et le Royaume-Uni. En effet, le 2 mars 2016 dans un entretien avec le Financial Times, Emmanuel Macron avait déclaré :
"Si le Royaume-Uni sort de l’Union Européenne, alors la France ne retiendra plus tous ses migrants," rappelle Le Lab d’Europe 1.
Macron nie avoir changé d'avis sur les ordonnances

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Le 11 avril 2017, le candidat d'En Marche ! était favori dans les sondages quand, dans un entretien avec Public Sénat et Sud Radio, il nia avoir changé d'avis sur le recours à des ordonnances pour réformer la France.
Dans la dernière édition du JDD (Journal du Dimanche), l'ancien ministre de l'Economie déclara pourtant vouloir prendre plusieurs mesures de simplification par ordonnances dès les premières semaines de son quinquennat, s'il était élu le 7 mai. Il disait vouloir procéder de la même façon pour étendre le périmètre des accords d'entreprise et de branche et encadrer les décisions des prud'hommes, sujet hautement sensible.
Or, dans Le Monde du 25 novembre 2016il avait déclaré : "Je ne crois pas une seule seconde aux cent jours et à la réforme par ordonnances (...) Les gens le prennent très mal."

Ce changement de pied apparent a immédiatement suscité des critiques à droite comme à gauche, notamment par le candidat socialiste, Benoît Hamon, qui prédit une crise sociale si Emmanuel Macron réformait le droit du travail par ordonnances.
L'ex-ministre de l'Economie avait répliqué le lendemain que sa déclaration de novembre 2016 avait été "sortie complètement de son contexte" et portait en fait sur la loi Travail. "Quand on est en fin de quinquennat sans l'avoir expliqué, sans l'avoir porté dans une présidentielle (...), dire on va y aller par ordonnances, ce n'est pas une bonne idée", avait-il affirmé avec la même assurance.
Il a ainsi noyé le poisson en déclarant qu'il proposait et défendait son projet de réforme du droit du travail dans le cadre de la campagne présidentielle et depuis des mois, "dans tous (les) meetings, dans tous les articles, dans tous les débats". "J'ai dit, il y a une partie de mon programme que je ferai dans des lois classiques, une autre, la réforme du droit du travail (que je) ferai par ordonnances", avait-il poursuivi.
"L'ordonnance, ce n'est pas contre la loi, l'ordonnance c'est (...) un texte qui a valeur de loi mais qui permet d'aller plus vite (...) Ça permet d'accélérer les débats." C'est ce que Castaner appelle la "pensée complexe" du président...

"
Emmanuel Macron passe son temps à changer d’avis"
C'était l'avis de Thierry Solère, alors porte-parole de François Fillon, le 24 février 2017, et aujourd'hui entiché de Jupiter...

Dernier en date, Macron tente un changement de communication sous  la pression d'une rentrée délicate annoncée


Les Français n'ont pas pour lui les yeux de sa sexagénaire...


Difficile de faire le compte des revirements de Macron en seulement trois mois, mais, sans prétendre à être complet, finissons-en provisoirement avec l'imprévisible président et sa volte-face en matière de com'.

En panne dans les sondages à la veille d'une rentrée sous haute tension, le président Emmanuel Macron amorce un virage à 180 degrés dans sa stratégie de communication en renonçant à la parole rare, pour tracer désormais les Français partout dans leur vie quotidienne, avec la prétention insultante de faire leur éducation.
"Ce n'est pas un changement de stratégie car le président a vocation à prendre la parole dans un moment utile et pertinent," alors que "l'action du gouvernement entre dans une nouvelle étape", se défend l'entourage du chef de l'Etat. 

Macron a néanmoins pris deux initiatives ces derniers jours, en rupture avec des principes qu'il s'était fixés en termes de communication à son arrivée au pouvoir. 
Depuis Vienne, il s'est ainsi livré à un long plaidoyer sur ses projets de réforme en France, en contradiction avec sa propre règle de ne pas s'exprimer sur la politique française à l'étranger. 

Plus encore, quelques heures après, c'est dans un "off" avec quelques journalistes invités à bord du Falcon présidentiel, que le chef de l'Etat a annoncé sa volonté de s'adresser plus fréquemment aux Français. 

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Selon les trois media bien en cours (L'Obs, Le Monde, Ouest France : BFMTV s'en trouva exclue et fort marrie), au-delà d'entretiens ponctuels qu'il accordera à la presse écrite et aux chaînes de télévision, Emmanuel Macron compte dorénavant privilégier les interventions à la radio, un media de proximité qui, dans son esprit, aurait l'avantage de toucher un public large et populaire. Un hélitreuillage du président partout où les Français tenteront de se soustraire à lui : dans leu voiture, leur salle de sport ou leur salle de bain... 
Une innovation tranchant fortement avec le choix précédent du président jupitérien qui, depuis son élection, tient la presse à distance, évitant le plus souvent les questions des journalistes dans ses déplacements, privilégiant la communication visuelle confiée en exclusivité à son service élyséen de com' et à ses militants lâchés en meute sur les réseaux sociaux. 


Sur BFMTV et RMC, le premier ministre juppéiste Edouard Philippe a donné l'illustration de ce vide sidéral face à un J.-J. Bourdin interloqué avec une intervention plombé par ses "hésitations", ses appels désespérés à des pauses pour consulter ses fiches et "une incapacité à pouvoir dire d'une phrase quel est le projet politique d'Emmanuel Macron". 


 De Top Gun à Big Brother.
Un tel revirement du "souverain républicain" peut-il redresser la cote de popularité du chef de l'Etat, constamment à la baisse depuis début juillet et en attente d'un hélitreuillage ? Après avoir saturé d'images les écrans, il entend saturer les ondes radiophoniques. Cet incompris s'imagine que les désillusions des Français sont dues à un manque de pédagogie. Les "vrais gens", selon Mélenchon, ces "ballots", n'auraient pas su décrypter la déferlante de photos : leur message subliminal serait passé au-dessus de leurs têtes. L'idée de génie serait d'ajouter le son à l'image pour expliquer son action : donner du sens à la transformation du pays va peut-être rééquilibrer cela" mais "l'impact sur l'opinion risque d'être extrêmement marginal", admet déjà le politologue Frédéric Dabi (Ifop). Cet habitué de BFMTV n'envisage pas un rejet...
La montée du président en première ligne met en évidence la solitude du locataire de l'Elysée. En cuir ou en maillot, Brigitte ne comble-t-elle donc pas le vide ? 
La descente de Macron sur terre dans le sillage de ses sondages montre aussi le manque "de relais" dont il dispose dans sa majorité et même au sein du gouvernement, l'absence de pointures, estime-t-il. Son jeune parti est pauvre en barons et ses ténors autoproclamés sont des cireurs de pompes qui ne brillent pas par leur crédibilité. 
Et puis, erreur fatale de celui qu'on dit fin connaisseur des hommes, le peu psychologue narcisse s'est offert les services d'un ...journaliste aussi aigri qu'inconnu, un infiltré socialiste et polémiste aussi inculte que détesté du milieu; pour porte-parole de l'Elysée, en plus de Castaner, la serpillière basse-alpine, Macron s'est attaché Bruno Roger-Petit, le rebut de la presse de qualité. 

Jean-David Levy (Harris Interactive) abonde dans ce sens des excuses au fiasco médiatique de Macron. Le banquier ne dispose pas de kamikazes prêts à mourir pour lui", le gamin manque de troupes "susceptibles de l'aider, de se battre pour lui", juge ce politologue. 

Alors, qu'ils se battent, lui et eux, pour nous...

lundi 4 septembre 2017

Transformation du droit du travail : 63% des Français doutent de Macron


Près de 2 Français sur 3  ne font pas confiance à Macron

Le banquier se déguise en blouson noir
(marque Dour­soux, 455 euros) par 26°
 
Alors que, jeudi 31, le gouvernement devait dévoiler le contenu des ordonnances visant à réformer le code du travail, parmi les sympathisants de la République En Marche, Emmanuel Macron convainc très largement (89% des sondés lui font confiance pour réformer le code du travail), mais presque deux tiers des Français affirment ne pas faire confiance à Emmanuel Macron et à son gouvernement pour conduire cette réforme.

Près de deux Français sur trois (63%) craignent Emmanuel Macron et son gouvernement, selon un sondage Odoxa pour RTL publié ce lundi. D'après cette enquête, à peine 37% jugent le chef de l'État en mesure de "réformer efficacement" le Code du travail, et seuls 8% disent lui faire "tout à fait" confiance sur ce sujet. 

Macron ne convainc ni au FN (11%), ni à gauche (29%) et ni à droite (41%).

dimanche 3 septembre 2017

Mélenchon, révolutionnaire plus trotskiste que jamais à Marseille


"Pas de bla-bla, du combat": Mélenchon chauffe ses troupes à Marseille contre les "gens-foutre"

Le leader de La France insoumise veut s'imposer comme le principal opposant à Emmanuel Macron

Résultat de recherche d'images pour "Melenchon humour Marseille aout 2017"Avec l'objectif  de motiver ses troupes pour la rentrée sociale, il a clos les premières journées d'été de la France insoumise (LFI) à Marseille, le dimanche 27 août. L’ancien candidat à la présidentielle a prononcé son discours d’une heure devant plusieurs centaines de personnes rassemblées sous le soleil de la place du quartier du Panier, face à la Vieille Charité.
Dans son long discours, Jean-Luc Mélenchon a harangué ses troupes contre Macron "le président des riches", désireux d'imposer "le libéralisme, donc la pagaille", et qui s'est permis depuis la Roumanie d'"engueuler les Français", qui sont pourtant "ses patrons, en quelque sorte". 
"C'est votre tâche à vous, les Insoumis: pas de bla-bla, du combat", a-t-il lancé, invitant ses militants à se rassembler le 23 septembre prochain contre les ordonnances réformant le droit du travail qui sont dévoilées cette semaine.

Mélenchon mêle accents gaulliens et propos révolutionnaires.
L'orateur sexagénaire retrouve l'activisme de sa jeunesse. Passé par le Parti socialiste et le gouvernement de Jospin, comme ministre délégué à l'Enseignement professionnel, Mélenchon a commencé avec le soutien de la Ligue communiste et du Parti socialiste unifié (PSU),  Jean-Luc Mélenchon a rejoint l'Organisation communiste internationaliste (OCI), courant trotskiste d'obédience lambertiste. 
VOIR et ENTENDRE le retour aux sources de Mélenchon :

Toute sa vie, il restera trotskiste internationaliste.
 
Résultat de recherche d'images pour "Melenchon humour Marseille aout 2017"
 Mélenchon s'assume en bolivarien et 
revendique sa proximité avec le régime 
chaviste et la dictature de Maduro
Exclu du Parti communiste internationaliste (PCI), Lambert fonda le Mouvement pour un parti des travailleurs (MPPT) qui, avec l'apport d'anarcho-syndicalistes de l'UAS, devint le Parti des travailleurs en 1992. Celui-ci est composé de trotskistes communistes internationalistes (CCI), de socialistes radicaux (des membres ou ex-membres du Parti socialiste et du Mouvement des citoyens de Chevènement et Max Gallo, de militants du courant communiste qui regroupait des membres ou ex-membres du Parti communiste français et des révolutionnaires du courant anarcho-syndicaliste.

Une force d'opposition

"Il faut que le peuple déferle contre le coup d'Etat social et antidémocratique qui s'organise contre lui"
Résultat de recherche d'images pour "Melenchon humour Marseille aout 2017"Le leader de La France insoumise espère ainsi que son mouvement s'impose comme la principale force d'opposition au souverain républicain. Une ambition qui tend d'ailleurs à se confirmer dans les sondages: d'après une enquête Ifop pour le Journal du Dimanche, Jean-Luc Mélechon est considéré par 59% des personnes interrogées comme la personnalité la plus à même d'incarner l'opposition à Emmanuel Macron dans les années à venir.

"Notre société est en train de basculer sous les coups du capital dans un ordre des choses et une organisation sociale qui tourne le dos à ce que le Conseil national de la Résistance et toutes les luttes de nos anciens ont forgé pour nous libérer", a estimé Jean-Luc Mélenchon.

Emmanuel Macron s'est "trompé"

Le président de la République, Emmanuel Macron, a été la cible naturelle de Mélenchon, non seulement sur la réforme du code du travail, la baisse l’aide personnalisée au logement (APL) ou la nouvelle mouture de l’impôt sur la fortune (ISF) mais aussi sur ses déclarations en Roumanie sur les Français qui "détestent les réformes".
"Je suis choqué. (…) C’est incroyable. Non, un président de la République n’engueule pas le peuple français, qui est son patron, en quelque sorte, en disant qu’il ne veut pas les réformes. Ce ne sont pas les réformes qu’il ne veut pas, ce sont vos réformes ! Nous ne vous reconnaissons pas le droit de nous parler sur ce ton. Nous condamnons de fait que vous ayez rompu une règle qui veut que les Français n’aillent pas dans une autre capitale dire du mal dans un autre pays."

Mélenchon a aussi réitéré son opposition au statut de travailleur détaché. "Ce n’est pas acceptable. Et si nous avions la responsabilité de ce pays, il n’y aurait pas un seul poste de travailleur détaché en France. (…) Les cotisations sociales sont toujours payées dans le pays d’origine. Il y a un effet de dumping social. Un travailleur détaché coûte moins qu’un autre", a-t-il expliqué.

Jean-Luc Mélenchon lors de la clôture des « AmFIs » d'été de la France insoumise, à Marseille, le 27 août.
Pour le leader de La France insoumise, le président de la République s'est "trompé", le peuple français ne voulant plus, selon lui, du libéralisme "qui abandonne les gens à la sauvagerie de la compétition de chacun contre tous".

"Le peuple français ne lui a pas donné les pleins pouvoirs, il s'est débarrassé de ceux dont il ne voulait pas (...). Il a balayé le parti de Nicolas Sarkozy. Il a balayé le parti de François Hollande et il a balayé le FN au deuxième tour. Il restait le chni, comme on dit dans le Jura et c'était lui!", a pointé avec véhémence Jean-Luc Mélenchon.

L'ancien candidat à la présidentielle a également taclé son rival socialiste.
Il s'est targué d'avoir dépensé en "18 mois de campagne présidentielle moins que ce que d'autres ont dépensé en trois mois", et ce, pour obtenir "trois fois moins de voix". Une référence au doute qui ronge le Parti socialiste, où certains militants et élus s'interrogent sur les 15 millions d'euros qui ont été dépensés par Benoît Hamon, éliminé de la course à l'Elysée, écrasé au premier tour de l'élection présidentielle avec seulement 6,36% des voix.

Une rentrée qui s'annonce troublée

La France insoumise ne fait pas "sa rentrée" ce dimanche: elle n'en est "jamais sortie"a également assuré le député parachuté sur les Bouches-du-Rhône, après avoir remercié les "3.000" militants qui ont participé aux université d'été du parti.

De son côté, le président de la République a fait de l'esbroufe pour réinvestir la scène politique en réunissant lundi matin son gouvernement "au complet" (sic) pour "affiner" (!) les délicats arbitrages budgétaires. Mais Emmanuel Macron, dont la cote de popularité accuse une nouvelle chute de 14 points ce mois-ci, risque fort de devoir affronter une rentrée bien plus compliquée que prévu avec une première manifestation d'ampleur prévue le 12 septembre à l'appel de l'extrême gauche syndicale.

LFI appelle à manifester le 23 septembre à Paris
"La vague dégagiste va reprendre et s’amplifier, elle a rendez-vous le 23 septembre. C’est le moment de venir, les gens, d’exprimer dans la démocratie de la rue, les leçons des élections que vous avez porté avec vos bulletins de vote et par l’abstention." 
"Nous devons agir en pleine responsabilité de notre nouvelle situation. Etre capables de continuer à exprimer un programme alternatif à celui des libéraux. Etre prêts à gouverner à tout moment s’il le fallait. Et nous y sommes prêts !"
"C’est le moment de se rebeller, les gens !
C’est notre devoir de dire qu’on ne lâchera rien ! C’est la lutte, la lutte, la lutte et encore la lutte ! ", a-t-il encore lancé. (…) La meilleure forteresse des tyrans, c’est l’inertie des peuples !"
La CGT organise une journée d'action le 12 septembre contre la réforme du droit du travail.