POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est classes moyennes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est classes moyennes. Afficher tous les articles

jeudi 13 février 2020

La baisse du chômage annoncée par Bercy, info ou intox ?

Derrière l'arbre de la baisse du chômage, la forêt d’emplois précaires

Un économiste explique pourquoi Bruno Le Maire dénonce la dernière étude de l'Observatoire français des conjonctures économiques


La politique du gouvernement est néfaste pour le pouvoir d'achat des plus modestes, souligne l'OFCEpolitiquement classé à gauche. Et  la baisse du chômage clamée par le gouvernement est un leurre. "Socialiste insoumis" associé à la France Insoumise (LFI), Liêm Hoang-Ngoc, ancien député européen PS, maître de conférences en économie à l’Université de Paris, donne raison à l'OFCE contre le ministre de l'Economie de Macron, lui-même ancien maître de Bercy. 
La publication de l’étude annuelle de l’OFCE sur les effets de la politique du gouvernement a suscité l’agacement du ministre de l’Economie et des finances. Contestant "l’esprit et la méthode" de ce travail, Bruno Le Maire affirme que la décrue du chômage en 2019 atteste du bien-fondé de la politique menée. La sienne. Or, elle est bien loin d’atteindre tous les objectifs annoncés.

Que dévoile l'étude de l’OFCE ?

Très rigoureuse sur la méthode, la simulation de l’OFCE montre que "l’effet cumulé des mesures socio-fiscales de 2018 à 2020 reste très fortement marqué par le geste fiscal effectué en direction des ménages les plus aisés en début d’année 2018" : suppression de l’ISF sur la détention d’actions et d’obligations et "flat tax" sur les revenus qu’ils procurent. 

En revanche, elle indique que
"l’effet cumulé des mesures prises devrait être négatif pour les 10% des ménages les plus pauvres" (suppression des APL, baisse ou suppression des allocations pour de nombreux chômeurs, désindexation de prestations sociales vis-à-vis de l’inflation). 

L'OCDE intègre bel et bien les effets de la prime d’activité et du "zéro reste à charge," assure Liêm Hoang-Ngoc, contrairement aux allégations de Bruno Le Maire
L'universitaire rend justice à l'OCDE qui souligne, les destinataires de la suppression de la taxe d’habitation, les classes moyennes sont les principales bénéficiaires des "mesures gilets jaunes" (baisse de l’impôt sur le revenu, prime d’activité, défiscalisation des heures supplémentaires), ayant pour effet de soutenir la demande. 
Enfin, les collectivités territoriales voient leur budget affecté par la baisse des dotations de l’Etat, dont le déficit est lui-même tributaire en 2019 du "double CICE" versé aux entreprises (crédit d’impôt versé au titre de l’année 2018 et transformation en baisse pérenne de cotisations patronales).

En fait, le ministre critique "l’esprit" de l’étude qui est suspecte de propagation de l’idée que la baisse des inégalités passe par la redistribution. Pourfendeur des politiques de redistribution, qu’il accuse d’accroître la pression fiscale, le chômage et la pauvreté, Le Maire soutient que la politique menée par le gouvernement est susceptible de s’attaquer aux inégalités en encourageant le travail. Elle commencerait à provoquer ses effets, comme en témoigne la décrue du chômage.

La baisse du chômage est l’arbre qui cache la forêt

Résultat de recherche d'images pour "précarité"

Le chômage a bien baissé de 3% en 2019, alors même que la progression du PIB décroît depuis 2017, où elle avait atteint 2,2%. 

"En même temps", la croissance baisse : elle fut de 1,7% en 2018 et de 1,2% en 2019. Poursuivant sa chute à -0,1% au dernier trimestre 2019, elle serait de 1,1% en 2020. 
De surcroît, les gains de productivité ont été nuls au cours des deux premiers trimestres 2019. 

Tout ceci signifierait que la croissance va se retourner, incessamment sous peu, si l'avenir est plus sûr que le présent : les années à venir seraient plus riches en emplois qu’auparavant, la croissance étant quatre fois plus riche en emplois qu’au cours des Trente glorieuses où les gains de productivité étaient de 4% par an). 

Mais les créations d’emplois sont localisées dans les secteurs à faible valeur ajoutée, tels que la restauration, le commerce, les services aux personnes et le bâtiment. Ces secteurs traditionnels ont aussi bénéficié de l’abaissement du coût du travail et des réformes du code du travail. Ils sont gourmands en emplois peu qualifiés, rémunérés au niveau du SMIC. Ils sont en outre fortement tributaires de la conjoncture, dont la tenue provisoire explique la baisse des demandeurs d’emplois de catégories B et C, occupant des emplois à courte durée: disons-le, les emplois précaires.

Autre hic! Si  les entreprises ont peu à peu transformé les CDD en CDI depuis la reprise de 2017, un retournement pourrait entraîner une forte recrudescence du chômage, dès lors que l’assouplissement du code du travail permet aux entreprises de réduire aisément les salaires et l’emploi face à une baisse d’activité.
Après Le Maire, le déluge ?

mardi 1 octobre 2019

Griveaux, hué par des opposants pour sa première réunion publique à Paris

L’ex-porte-parole du gouvernement s'est essayé à une version parisienne du "grand débat"...

Le candidat LREM à Paris a voulu rencontrer les Parisiens et l'élu de Saône-et-Loire les a vus...

Avec une scénographie sur le modèle de celle de son mentor  - et les mêmes limites -, la discussion devait être d’autant plus tranquille qu’il n’y avait pas de vrais opposants.
Mais le candidat du président a été conspué par des mécontents d'origines diverses, des habitants du quartier, mais aussi des Gilets Jaunes ou des soutiens au candidat dissident Cédric Villani.

L'ancien socialiste tenait la première réunion "quartiers libres".
Mardi 25 septembreil avait ainsi invité "tous les Parisiens, surtout ceux qui ne sont pas d'accord", et l'arrogant a été exaucé. Il comptait répondre aux questions des électeurs: il n'y aura "pas de thème, pas de discours, pas de notes", avait-il expliqué.
Mercredi 26, dans un bar de Belleville, Paris XXe, cette rencontre était la première session de "questions-réponses jusqu'ici voulues "tous les 8-10 jours" par le candidat. 

Favorable à l’accueil des migrants - qui, selon lui, "ont risqué leur vie pour rejoindre le pays de la liberté", il s'est engagé à faire reconduire aux frontières ceux qui ne remplissent pas les conditions légales. 

Critiquant la maire sortante PS, Anne Hidalgo, pour avoir laissé une ville "hors de contrôle", il a proposé les mêmes solutions que son ex-camarade socialiste pour réguler l’usage des trottinettes. 
"Une ville sans classes moyennes, c’est une ville qui meurt," a-t-il expliqué à Hidalgo dans la Matinale d'Elkabbach, faisant du ...Wauquiez:

Particulièrement écolo en matière d’urbanisme, mais refusant d’interdire Airbnb, celui qui vient pourtant d’un groupe d’immobilier, Unibail - groupe immobilier spécialisé dans la gestion, la promotion et l'investissement de grands centres commerciaux situés dans des villes majeures d'Europe et des Etats-Unis -, n'a pas hésité à regretter l’envolée des prix de l’immobilier. A ses yeux, le projet de construction d’immeubles d’habitation sur le terrain du TEP Ménilmontant doit ainsi être définitivement abandonné. Au profit de centres commerciaux ?

Les forces de l'ordre ont rapidement établi un cordon de sécurité autour du lieu de rendez-vous. 

Seule pouvait entrer la centaine de Parisiens qui avaient dû s'inscrire au préalable pour cette réunion. A l'arrivée, ils étaient une petite centaine admis dans le huis-clos LREM. Mais cette sage précaution ne lui a pas épargné la grogne des Parisiens. 

Les forces de police étaient stationnées aux abords du café dans une dizaine de cars stationnés. Déjà sollicitées par les nombreuses manifestations populaires contre la politique de Macron, les policiers ont dû intervenir pour établir un cordon de sécurité autour du lieu de rendez-vous.  
Si bien que, tenus à distance du débat, les Parisiens contestataires n'ont pas eu d'autre choix que de participer à leur manière, de l’extérieur, avec des huées et des slogans : "Griveaux, dégage ! Macron, démission !"...

La date et le lieu de la prochaine session ne sont pas communiqués.

samedi 18 octobre 2014

Discrimination aux allocations familiales: réactions politiques

La calculette de Bercy comme méthode contraceptive

La majorité présidentielle joue avec l'avenir du pays


Alors que les familles des classes moyennes ont déjà été impactées par la baisse à deux reprises du plafond du quotient familial, elles sont touchées maintenant par une forte réduction des aides à la garde des enfants. Pourtant, les familles bi-actives avec 2 ou 3 enfants sont au cœur du bon niveau de la fécondité en France. Pour les parents de ces familles, et surtout pour les mères, l’éducation des enfants représente une charge importante au niveau financier, mais surtout en termes de liberté et d’emploi du temps. Il est choquant que les mesures récentes les présentent comme des "riches" et des privilégiés du système. Il serait tragique que certains renoncent à leur troisième enfant.

Les allocations seront divisées par deux pour les familles avec deux enfants dont les parents gagnent à eux deux plus de 6000 euros pas mois, et par quatre pour ceux qui gagnent plus de 8000 euros. Dans les familles surfiscalisées, les mères sanctionnées auront-elles intérêt à conserver leurs emplois, à payer l'impôt sur le revenu et à cotiser à la sécurité sociale? 

Et les mères des classes populaires sont frappées par le passage de 36 à 18 mois du congé parental. Or, nombre d'entre elles a du mal à concilier les soins à de 2 ou 3 jeunes enfants avec leurs contraintes professionnelles, d'autant qu’elles habitent souvent loin de leur lieu de travail, qu’elles occupent des emplois mal rémunérés et avec des horaires souvent flexibles désormais, selon les besoins de leur entreprise. Leur offrir la possibilité d’un congé parental de 3 ans leur ouvrait une alternative utile. Il est préjudiciable que ce gouvernement les prive de cette possibilité alors que la situation de l'emploi est mauvaise pour les travailleuses non-qualifiées. Cette mesure aurait dû être précédée d’une expansion importante des modes de garde collectifs (les crèches en particulier) qui risquent au contraire d’être victimes des politiques d’austérité imposées aux collectivités locales. Là aussi, des familles risquent de renoncer à leur troisième enfant.
De quel montant de rentrées fiscales, le pouvoir socialiste va-t-il se priver pour combler ses déficits ? 

Mais le PS tape sur les uns et gâte les autres 

- Thierry Mandon, secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat et à la Simplification, qui, Ô surprise, salue le projet ayant pour but de réduire les déficits de la branche famille de la Sécurité sociale: "C'est un scandale que de faire payer la politique familiale aux enfants qui naissent," concède d'abord le porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale. Mais le faux-cul enchaîne aussi sec pour suivre la ligne officielle : "ce sont des mesures qui, sans casser les principes sur lesquels est basée la politique familiale, mettent un peu de conditionnalité dans la nature des prestations." Mais l'hypocrisie de l'individu n'en reste pas là. "Ce qui veut dire que, comme les principes ne sont pas cassés, le jour où la croissance revient le système se rééquilibre et ces mesures peuvent être revues," ose-t-il prétendre sur BFM Business. Ainsi ce président du conseil d'administration de l’École de la deuxième chance en Essonne feint-il d'ignorer que, les déficits publics faisant florès depuis des dizaines d'annéespour la révision qu'il fait miroiter, il faudrait attendre autant...

- Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie: "Ce que fait le parlement aujourd'hui, en appui sur le gouvernement, c'est d'essayer de trouver des solutions justes qui ne mettent pas en cause le principe de l'universalité, même si, à un moment, il y a modulation. (...) Est-ce qu'il est totalement illégitime dans un contexte de difficultés budgétaires, de tenir compte du revenu des familles ? Ce qui est important, c'est de garder le socle. Le socle, c'est ce qui est donné [redistribué ?] à la naissance (...), de maintenir un congé parental de longue durée, c'est de sécuriser les structures d'accueil, par exemple la garde de la petite enfance, les écoles maternelles gratuites, ce qui est unique au monde". (sur i-télé) Une réformiste qui ne constate aucun changement (garder, maintenir, sécuriser) et qualifie cette discrimination de "juste"...

- Au nom des écolos radicaux d'Europe Ecologie-Les Verts, Emmanuelle Cosse,reprend le joli terme de "modulation" pour enrober la discrimination "juste" de la précédente : "Je pense qu'objectivement, c'est très difficile d'être opposé à la modulation des allocations familiales pour les revenus les plus élevés. De ce point de vue, je soutiens ce qui a été annoncé hier (jeudi). Le vrai problème est ce qu'on fait de cet argent, et c'est là que nous avons un débat avec le gouvernement. Les 800 millions d'euros récupérés par cette modulation doivent permettre d'abonder le plan d'économies, j'aurais préféré qu'on dise qu'ils vont nous permettre d'arriver aux 100.000 places de crèches qu'on veut créer en France". Sur France Info, l'altermondialiste est donc d'accord pour sanctionner les familles qui ont de bons revenus, mais  la secrétaire national d'EELV tacle aussi bien le gouvernement pour son incapacité à atteindre l'objectif de 100.000 nouvelles places promis en juin 2013 lors de la réforme de la politique familiale du gouvernement Ayrault. A cause des difficultés financières des municipalités, notamment occasionnées par la mise en place des rythmes scolaires, seules 60 % des places promises seront ouvertes: les 60.000 qui pourraient encore être finalement ouvertes le seront-elles? 

Le gouvernement réunit les contraires


- Marine Le Pen, présidente du Front National: "Je considère que c'est une mauvaise idée. On ne fait pas des économies là ou on devrait. On va gagner 700 millions en jetant par dessus l'épaule l'universalité des allocations familiales (...) Je préférerais qu'on arrête de verser des allocations familiales aux étrangers plutôt que de les baisser aux Français, même s'ils sont en situation d'avoir des revenus plus confortables que d'autres. (...) Il n'y a aucune raison de subventionner des naissances qui ne profiteront pas obligatoirement au pays puisqu'ils (les enfants d'étrangers) peuvent repartir chez eux. (sur LCI et Radio Classique)

- Pour les communistes, Pierre Laurent, secrétaire national du PC : "Cette mesure présentée comme une mesure soi-disant de justice met le doigt dans un engrenage très dangereux. Ca n'est pas une mesure de redistribution sociale parce que les 700 millions qu'on économise sur les allocations familiales vont servir à payer le pacte de responsabilité; pas du tout à aider des familles qui elles seraient en difficulté. On met le doigt dans un engrenage dangereux parce qu'on met aujourd'hui la barre, pour faire accepter la mesure, à 6.000 euros, mais demain on la baissera à 4.000, puis à 3.000 et donc à terme cette mesure peut mettre en cause le versement des allocations familiales pour la majorité des familles françaises" (sur RFI)

La droite républicaine s'émeut


- Eric Woerth, député de l'Oise, ex-ministre du Budget : "C'est de l'improvisation. On ne construit pas une politique durable en changeant d'avis toutes les semaines. Evidemment qu'il faut aider un peu plus les familles qui ont plus de difficultés, les familles monoparentales etc, mais, sur le fond, c'est une erreur. Il y a un principe, qui est l'universalité, c'est dans notre pacte républicain (...). Ce gouvernement stigmatise les familles quasiment depuis son arrivée (...) ". (sur RTL)

- Jean-Frédéric Poisson, député UMP des Yvelines et président du Parti chrétien-démocrate: "En plaçant les allocations familiales sous condition de ressources, le gouvernement trahit le pacte national sur la politique familiale. Il trahit les familles de notre pays. Il vend notre politique familiale pour quelques économies de poche et la bénédiction de Bruxelles". (communiqué)

La majorité présidentielle porte atteinte à la natalité.
Pour réduire le déficit de la sécurité sociale, le gouvernement et la majorité ont opté pour une modulation des allocations familiales en fonction des revenus. La cible du dispositif: les familles déjà touchées par une fiscalité renforcée. La France disposait jusqu'ici d'un taux élevé de fécondité proche de 2 enfants par femme, alors que le taux de fécondité global de l’UE n’est que de 1,6 enfant par femme, mais 2.82 en Algérie et de 6,85 au Mali (en 2012). L'atout démographique de la France, qui n'est pas des moindres, se voit ainsi profondément menacé. 

lundi 6 janvier 2014

L'appauvrissement des classes moyennes est une réalité

Jean-François Copé sait ce qu'il dit 

Les niveaux de vie de ces tranches de population 
ont baissé entre 2009 et 2011
, selon les tableaux de l'INSEE. 
 
Un seul redressement de courbe:
les contributions sociales
Bien qu'on soit en 2014, le pouvoir socialiste se garde bien de communiquer les données de 2013 -puisqu'il bloque aussi celles de 2012 -    qui restent indisponibles: il y a  en effet fort à parier qu'elles ne peuvent être que plus défavorables encore. 
Si on se réfère à la définition des classes moyennes par le CREDOC, le Centre de recherches et d'étude pour l'observation des conditions de vie, on appartient à une classe moyenne à partir de 1.200 euros de niveau de vie par personne et par mois et jusqu'à 2.700 euros. Bercy risque fort de devoir remonter cette fourchette pour ne pas tendre le gourdin fiscal pour se faire battre.
Or, en France, les classes moyennes inférieures bénéficient moins de la redistribution que dans d'autres pays. Elles seraient trop "riches" pour bénéficier des aides sociales, mais suffisamment pour payer des impôts.

Classes moyennes, grandes perdantes

Comme on l’entend souvent, les classes moyennes sont les grandes oubliées de l’Etat providence. Une étude récente du CREDOC confirme que le système de redistribution français n'est pas favorable aux classes moyennes. Pour résumer, elles paient autant ou plus d'impôts, de taxes et de cotisations sociales qu'elles perçoivent de prestations.

Le CREDOC a partagé les classes moyennes en deux grandes catégories.

Les classes moyennes inférieures
(entre 1.200 et 1.600 euros par mois) versent 43% de leur revenu disponible aux administrations publiques et elles touchent 42% de leur revenu par des aides sociales, des allocations chômage, des pensions de retraite et la couverture maladie. On le voit, c'est une opération blanche. Alors qu'en Grande-Bretagne, en Finlande ou en Suède, les classes moyennes inférieures sont mieux soutenues par le système de redistribution. 

Les classes moyennes supérieures, (niveau de vie entre 1.600 et 2.700 euros par mois), sont carrément perdantes. Elles versent 43% en impôts, taxes et cotisations et ne reçoivent que 33%. Elles donnent bien plus qu'elles ne reçoivent. Là encore, la plupart des autres pays européens sont plus redistributifs que nous.

Comment est-ce possible?
Parmi les explications à ce phénomène, les cotisations sociales sont élevées en France et font monter les prélèvements.
Et puis, l'impôt sur le revenu, qui est progressif, est d'un faible rapport en comparaison d'une taxe à large spectre comme la TVA, qui elle, de surcroît, n'est pas progressive. Tout cela contribue à pénaliser les classes moyennes, sans grande productivité.

lundi 26 août 2013

Les hausses d'impôts que nous allons subir en septembre

Les prélèvements obligatoires ne cesseront pas d'augmenter 

Les Français vont comprendre leur douleur à la réception des 
avis d'imposition 

Les hausses d'impôts arrivent dans les boîtes aux lettres dès ce vendredi.
La note des avis d'imposition sur les revenus de 2012 devrait être plus salée pour les classes moyennes, qui subiront de plein fouet les effets des mesures de hausses d'impôts votées par la majorité présidentielle à l'automne dernier.

Gel du barème

Contrairement aux promesses de campagne de François Hollande
,
la majorité socialiste s'est bien gardée de revenir sur le gel, très technique, du barème de l'impôt sur le revenu, en novembre 2011 par le gouvernement Fillon. Le fait que le barème de l'impôt ne suit plus l'inflation a eu un impact réel, puisqu'il a entraîné une hausse moyenne de 2 % de leur impôt sur le revenu, payé neuf mois plus tard et, dans l'opposition, la gauche n'avait pas aidé les Français à l'appréhender lorsqu'il a été annoncé.

Hollande ne changera pas le barême de l'impôt: il le surgèlera et l'appliquera donc à nouveau aux revenus de 2012, imposés en 2013. Alors que seulement 50% des Français sont imposables, (ils sont 18,15 millions  soumis à l'impôt sur le revenu sur 36,38 millions de foyers fiscaux), seuls les ménages des deux premières tranches (5,5 % et 14 %) y échapperont. 
Les 16 autres millions de foyers fiscaux verront donc leur impôt augmenter à nouveau de 2 % cette année.
Baisse du plafond du quotient familial

Les classes moyennes supérieures subiront en outre les effets de la première baisse du plafond du quotient familial, votée à l'automne dernier. Le plafond a alors été ramené de 2.336 à 2.000 euros par demi-part, pour les revenus de 2012, imposés en 2013. 2,5 % des foyers fiscaux seront pénalisés par cette mesure, d'après Bercy, soit au moins 900.000 ménages. Pour un couple avec deux enfants, il suffira de gagner plus de 6.433 euros par mois à deux pour être frappé.

Nouvelle tranche cible les plus riches
La majorité socialiste a en outre créé une tranche d'impôt sur le revenu à 45 %, pour la fraction des revenus supérieures à 150.000 euros par part. Cette nouvelle tranche s'appliquera pour la première fois aux revenus de 2012, imposés cette année. 50.000 contribuables seront concernés.

Refiscalisation des heures supplémentaires

Les plus modestes verront également leur impôt sur le revenu augmenter, du fait de la refiscalisation des heures supplémentaires, effective à partir d'août 2012. La remise en question du dispositif phare mis en place en 2007 par Nicolas Sarkozy prive des millions de salariés modestes d'un peu de pouvoir d'achat.

Par ailleurs, l'alourdissement de la fiscalité ne s'est pas limité à l'impôt sur le revenu. 
La redevance télévision a aussi été relevée cette année, tout comme les taxes sur le tabac ou sur la bière

Les retraités imposables ont, eux, subi une nouvelle taxe de 0,3 % sur leur pension et les travailleurs indépendants ont déploré une envolée de leurs prélèvements sociaux. 

Le système du
forfait, qui permettait de réduire les charges sociales pour l'emploi à domicile, a été supprimé au 1er janvier 2013

Au total, les prélèvements sur les ménages ont augmenté de 13 milliards cette année…

Mais "à défaut de payer moins cher, on peut payer plus tard", suggère sur RTL Olivier Brunet, rédacteur en chef de Toutsurmesfinances.com. Le spécialiste de la fiscalité recommande de "télécharger l'application impots.gouv puis flasher et ensuite le prélèvement interviendra 10 jours après la date limite". 

mardi 4 juin 2013

Baisse du quotient familial : mensonge sur une hausse d'impôt déguisée !

Matraquage fiscal d'un Hollande masqué 

La branche famille de la Sécurité sociale est excédentaire

Aucun déficit structurel du régime famille de la Sécurité sociale ne justifie les mesures  qu'annonce le Premier ministre visant à notamment à réduire le déficit du régime des retraites. Parmi elles, l'abaissement du plafond du quotient familial ou encore, la suppression de la réduction forfaitaire d'impôt pour frais de scolarité. Des mesures qui annoncent de nouvelles hausses d'impôts pour la plupart des contribuables des classes moyennes.


Le pouvoir recule devant les associations
Devant la bronca des associations, le gouvernement a finalement renoncé à moduler les allocations familiales en fonction des ressources. Il opte sous la contrainte pour une réduction du quotient familial, pivot de la politique fiscale des particuliers, qui vont donc en prendre pour leur grade. 
Les riches sont l'alibi qui permet de faire avaler les mesures, mais ils ne vont pas être les seuls  appelés à une plus grande solidarité forcée. Ce quotient, qui module l'impôt en fonction des personnes à charge d'une famille, a en effet déjà été passablement raboté par la loi de finances pour 2013. L'avantage consenti par chaque personne à charge du foyer est ainsi tombé de 2 334 euros à 2 000 euros. Les familles découvriront leur douleur lorsqu'ils recevront leurs feuilles d'impôt, fin août. 

Nouvelle hausse d'impôts pour 1,3 millions de foyers

Cette augmentation d'impôt qui ne veut pas dire son nom se poursuivra en 2014. Le quotient familial baissera encore de 2000 euros à 1500 euros par demi-part fiscale. 
Selon les calculs de Bercy, cette mesure devrait augmenter de 64 euros par mois en moyenne les impôts de 1,3 millions de foyers, soit une "solidarité" accrue de 768 euros pour 12% des ménages imposables avec enfant(s) à charge. Le gain pour les caisses de l'Etat est évalué à un milliard d'euros dès 2014. Selon le premier ministre Jean-Marc Ayrault, les familles touchées par la réforme figurent toutes parmi les 20% des ménages français les plus "riches". 
Est-on "riche" à 5000 euros à deux ?

Mais ces 64 euros par mois représentent une augmentation annuelle de l'impôt de plus de 800 euros à revenus inchangés. Car pour certaines familles la note est beaucoup plus salée. Une famille de deux enfants ayant 70 000 euros de revenus nets imposables, ce qui ne correspond tout de même à des revenus énormes pour un couple, verra sa facture augmenter de 1 000 euros. Pour un couple avec trois enfants et 80 000 euros de revenus, on arrive à 1024 euros et l'on grimpe à une majoration de 2 000 euros si notre couple élève trois enfants avec 100 000 euros de revenus.

Mais le matraquage commence beaucoup plus bas

 Les familles ciblées subissent plusieurs baisses cumulées de pouvoir d'achat.


Fin de la réduction d'impôt pour frais de scolarité
Les simulations publiées occultent la perte d'autres incitations fiscales l'an prochain pour la politique de la famille: la réduction d'impôt pour frais de scolarité. Aujourd'hui encore les parents dont les enfants sont scolarisés ont droit à une réduction d'impôt de 61 euros pour un enfant au collège, de 153 euros s'il est au lycée et de 183 euros s'il suit une formation dans l'enseignement supérieur. La suppression de cet avantage fiscal toucherait 1,6 millions de familles dont l'impôt sur le revenu augmenterait ainsi de 12 euros par mois en moyenne, 144 euros ajoutés. 

En 2014, un couple avec trois enfants au collège, au lycée et en faculté, 100 000 euros de revenus, on arrive à
une augmentation l'an prochain de 2 397 euros. François Hollande est pourtant le locataire de l'Elysée qui avait " promis-juré " de ne pas augmenter les impôts des particuliers l'an prochain, non ?

Gilles Carrez (UMP) dénonce une mesure "indirecte", "qui concernera plus de foyers". 

Pour le président de la commission des Finances (UMP) à l'Assemblée nationale, "le gouvernement et sa majorité font le choix d'avancer masqués et de préférer un poison à infusion lente à une mesure franche et explicite".
Il estime que les conséquences de la diminution du plafond du quotient familial seront "douloureuses pour un million de foyers qui vont devoir acquitter plus de 800 euros d'impôts en plus l'an prochain".

Le secrétaire national du PCF dénonce «une logique purement d'économie». Pierre Laurent fustige une "«politique d'austérité à la petite semaine" qui "nous mène dans le mur". Selon lui, "cette politique ne repose sur aucune vision d'ensemble de l'avenir de la société, si ce n'est sur la volonté de répondre aux injonctions européennes de rigueur budgétaire". 

VOIR et ENTENDRE le face à face de Jean-Marc Sylvestre et Eric Heyr pour L'Opinion: 

Des prestations familiales modulées selon les ressources

Il faut ajouter à ce rabot fiscal un rabot social. 
La prestation d'accueil du jeune enfant (la paje) versée à certains parents d'enfants de moins de trois ans, sera modulée en fonction des revenus. Elle sera divisée par deux pour les ménages dont les ressources dépassent 4000 euros par mois avec deux salaires, ce qui devrait concerner environ 280.000 foyers. Ceux qui en bénéficient actuellement ne verront en revanche pas leur situation changer: la réforme ne s'appliquera qu'aux enfants nés après le 1er avril 2014. 

VOIR et ENTENDRE Bruno Le Maire déclarer "Hollande avait promis de ne pas augmenter les impôts en 2014, il a menti":

Pour faire passer la pilule, le gouvernement annonce la création d'ici la fin du quinquennat de 100 000 nouvelles places de crèches, de 100 000 autres places chez les assistantes maternelles et de 75 000 autres dans les maternelles pour les enfants de moins de trois ans. Enfin, les familles les plus modestes bénéficieront d'une majoration de moitié du complément familial et de l'allocation de soutien familial. Mais ces mesures ne prendront pleinement effet qu'en 2017 et 2018. D'ici là, beaucoup d'eau sera passée sous les ponts de la Seine et de nouveaux rabots votés.


La France détient aujourd'hui la palme des prélèvements sociaux et fiscaux des pays de l'OCDE. 
Hollande n'est pas prêt de lui faire perdre cette première place !

Appel aux classes moyennes à ne pas se laisser dépouiller par F. Hollande: pétition

Pétition pour le maintien du quotient familial à 2000 euros

En baissant le quotient familial de 2000 à 1500 euros et en supprimant les droits acquis annexes, le gouvernement décide une nouvelle fois de s’attaquer aux familles et en premier chef aux classes moyennes, en faisant croire que seuls les riches seraient appelés à la solidarité.
Le gouvernement espère que cette mesure, qui frappera près de 1,3 million de familles, lui rapportera gros. Multipier les impôts sur les mêmes est certes plus facile que de réduire les dépenses.
Pour financer sa politique, le gouvernement a fait un choix politique et idéologique. 
Il aurait pu décider de réformer des secteurs qui sont sources de forte gabegie et qui ne fonctionnent plus, comme par exemple, le régime des intermittents du spectacle qui accuse un déficit de près de 1 milliard d’euros pour seulement 106 000 bénéficiaires, ou encore l’Aide médicale d’état (AME) qui bénéficie à près de 220 000 clandestins et coûte près de 600 millions d’euros chaque année aux contribuables. Cette aide est, de plus, à l’origine de nombreux trafics.
Mais, une fois de plus, le gouvernement a préféré accentuer la pression fiscale sur les classes moyennes au risque de casser notre politique familiale qui était une réussite enviée par nos voisins européens (natalité élevée, solidarité intra-familiale importante,..).
Pour demander le maintien du quotient familial à 2000 euros et à ce que la politique familiale soit sanctuarisée, nous avons besoin de vous !

Signez et faites signer la pétition pour le maintien du quotient familial à 2000 euros et la sanctuarisation du quotient familial.

Pétition
 [obligatoire] :
 [obligatoire] :
 :

 [obligatoire] :
?
 :