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dimanche 11 février 2018

Affaire Hulot : comment Schiappa bafoue la cause des femmes

Marlène Schiappa se renie en privilégiant sa carrière politique

Grand écart de Schiappa pour soutenir Hulot contre ses accusatrices de violences sexuelles

La secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes a mis plusieurs jours pour s'exprimer sur les accusations de harcèlement et violences sexuels qui visent son collègue au gouvernement, Nicolas Hulot. Dans une tribune publiée par le JDD, elle affirme ne pas être "contrainte au silence" ou même "privée de parole". 
"Un ministre n'a pas à commenter une affaire judiciaire", avait en effet lancé Christophe Castaner, après que Marlène Schiappa s'est ingérée dans l'enquête en prenant parti contre le conjoint d'Alexia, son assassin présumé : elle avait jugé "proprement scandaleux" les arguments de la défense de Jonathann Daval, époux d'Alexia Daval, à propos de laquelle les féministes reprochent à la défense de faire état de sa "personnalité écrasante", un trait de caractère pourtant déterminant.
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Bien qu'elle accorde maintenant son soutien à Nicolas Hulot,
 ministre d'Etat d'E. Macron, elle assure "ne jamais prendre la parole sur ce qui ne relève pas de [son] champ de compétences"... 

Marlène Schiappa ne fait pas son auto-critique

"Le viol est une affaire trop grave pour être instrumentalisée politiquement", écrit la membre du gouvernement Philippe, sans que tremble sa main.
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Une activiste du tweet féministe qui martèle que "la justice se rend dans les tribunaux, pas les media" et instrumentalise les réseaux sociaux comme des tribunaux de l'opinion dépasse pourtant le seuil de l'incohérence, voire celui de l'indécence. 

Ni coupable, ni même responsable...
Elle pointe d'ailleurs le caractère "irresponsable" de ...l'article d'Ebdo qui a fait le buzz, jeudi, avec ses accusations contre Nicolas Hulot : "Quand j'entends sur un plateau de télévision l'une des auteurs [de l'article] dire solennellement qu'elle appelle les femmes victimes de viol, 'par lui ou un autre', à contacter la presse, je trouve cela abject. 

Elle a la même sévérité à l'endroit de Caroline de Haas qui exerce sur d'autres plaignantes sélectionnées son emprise de militante médiatisée (et celle de ses réseaux radicalisés) à des fins également politiques ? 
Et d'ajouter : "Parler d'une agression sexuelle pour la première fois doit pouvoir se faire dans un cadre sécurisé, pour le bien de la victime, auprès de personnes formées ou empathiques qui n'ont aucun intérêt personnel à l'orienter vers tel ou tel point." 
Résultat de recherche d'images pour "de Haas et Schiappa"

Si Schiappa fait le procès de la presse, n'est-ce pas pour faire pression sur le socialiste Thierry Mandon, ancien secrétaire d'Etat de Valls et directeur de la publication du journal papier payant...Ebdo ?
Pour la secrétaire d'Etat, "cet article, mettant sur le même plan des ragots de harcèlement sexuel (démentis même par la femme supposée harcelée !), une plainte pour viol classée et le mouvement de libération de la parole des femmes, offre une occasion en or à celles et ceux qui voulaient discréditer #MeToo et reprendre le 'business as usual'."
Quant au discrédit du Parti socialiste, loin de la politicienne LREM (et ancienne collaboratrice, de mars à juin 2016, au cabinet de Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes), l'intention d'y apporter sa pierre, dès lors que la presse qu'elle pointe (notamment Le Point, de François-Henri Pinault) a révélé le nom de la plaignante, Pascale Mitterrand, petite-fille de l'ex-président socialiste et fille de Gilbert, ex-député-maire PS... "contre son consentement", selon son avocat, par communiqué.

La sous-ministre mise-t-elle sur la complexité des lois pour emboucaner l'opinion ?
Il appert qu'elle tente en effet d'évacuer le fait qu'une plainte classée n'est pas une reconnaissance d'innocence du suspect, fût-il ministre de la Transition écologique et solidaire en exercice ?
D'autant moins que le motif du classement du dossier est la prescription légale des accusations.

Au total,
la secrétaire d'Etat se positionne résolument du côté du manche.
Les femmes ont-elles encore une supportrice au gouvernement ?

mardi 23 mai 2017

Education nationale : Najat Vallaud-Belkacem rattrapée par une méchante mesure de dernière minute

La ministre de l'Éducation nationale a publié une circulaire légitimant le tirage au sort à l'entrée à l'université 

Entre les deux tours de la présidentielle, le jeudi 27 avril 2017, six jours après le premier tour de la présidentielle, 
Des étudiants de l’université de Strasbourg.le Bulletin officiel de l'Éducation nationale publie une circulaire qui sécurise la pratique du tirage au sort à l'université. 

Avant de faire ses cartons pour quitter la rue de Grenelle, la socialiste Najat Vallaud-Belkacem a donc tenu à entériner la méthode de sélection la plus absurde qui soit, celle qui dénie toute valeur au mérite pour lui préférer le hasard, comme au loto.
Alors qu’il restait un mois aux bacheliers pour finaliser leurs vœux d’orientation dans l’enseignement supérieur, le gouvernement Cazeneuve a décidé d’avancer sur le terrain miné du tirage au sort. Avant d'être ainsi étendue, cette pratique n'était utilisée depuis plusieurs années que pour départager les trop nombreux candidats à l’entrée de certaines filières universitaires surbookées. Face au boom démographique qui submerge l’université, avec plus de 30.000 étudiants supplémentaires chaque année, certaines licences sont prises d’assaut, en dépit du nombre insuffisant de places offertes pour faire face à la demande. Elles ont progressivement mis en place des capacités d’accueil limitées.
La circulaire du 27 avril publiée au bulletin officiel grave désormais dans le marbre ce recours à l’aléa en dernier ressort, une fois le critère géographique et celui de l’ordre des vœux des bacheliers effectués sur la plate-forme d’Admission postbac (APB) appliqués. 

Et pour certains cycles d'études, comme les Sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) ou la psychologie (évidemment, depuis plusieurs dizaines d'années), 
des tirages au sort laissent sur le carreau des candidats de l’académie qui ont pourtant placé ces licences en tête de leurs vœux : 3.500 jeunes à la rentrée 2016, d’après les chiffres du ministère, n’ont ainsi pas obtenu de place dans leur premier vœu à l’université.

La circulaire Vallaud-Belkacem signe l'échec de la politique socialiste de démocratisation de l'enseignement supérieur. Les jeunes devaient être la priorité des priorités du candidat Hollande, mais le président a échoué à leur donner accès à la connaissance par manque de créations de postes et de structures d'accueil. Sa ministre en est réduite à prendre une mesure absurde en catimini.

A quelques jours de la fin du quinquennat, cette circulaire vise essentiellement à assurer un cadre juridique à l'Etat qui s'est placé dans une situation illégale pour la prochaine rentrée. Car ce système de tri, pratiqué dans la seule filière de l’enseignement supérieur public où la sélection est interdite, ne disposait pas d’une protection réglementaire suffisante, d’après les quelques arrêts rendus par des tribunaux administratifs saisis par des bacheliers déçus.

Or, cette circulaire ne suffira pas à sécuriser la situation juridique de l'Etat, estime Me Jean Merlet-Bonnan, qui a porté une dizaine d’affaires sur le sujet devant les tribunaux. "Si le gouvernement a initialement préparé un arrêté, c’est qu’il est bien conscient que ce vide juridique ne peut être comblé par une simple circulaire. Elle pourra facilement être attaquée", affirme l’avocat.

Une requête devant le Conseil d'État demande la suspension en urgence, puis l'annulation de ce texte

La circulaire est un mauvais signal; elle est de surcroît inutile
Le tirage au sort ne résoudra pas le problème du surnombre de postulants aux filières concernées cette année : 40.000 candidats supplémentaires sont inscrits sur APB, d’après les chiffres provisoires publiés en mars. "Nous avons actuellement 33.000 premiers vœux de candidats en STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives, dont le 'management du sport', soit communication et ...marketing), soit 5.000 de plus que l’an dernier, pour toujours environ 15.000 places", constate Didier Delignières, à la tête de Conférence des directeurs et doyens de STAPS, qui alerte une fois encore sur la situation des facs de sport, qui ne peuvent plus pousser les murs, alors qu’elles sont touchées par cet afflux depuis plusieurs années, sans moyens supplémentaires.

Tout le monde se dresse contre la mesure scélérate.
En janvier, le gouvernement avait déjà tenté de légaliser ce tirage au sort avec un arrêté. Mais, face à la bronca soulevée chez les élus de la communauté universitaire, le ministère avait dû reculer. Le sujet est en effet particulièrement sensible : des représentants étudiants aux élus enseignants, en passant par les présidents d’université, tout le monde s’oppose à cette pratique jugée absurde. Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, évoquait le "plus bête des systèmes", en espérant voir sa pratique réduite, grâce à une meilleure orientation des bacheliers [contre leur préférence) et aux 100 millions d’euros supplémentaires ajoutés aux budgets des établissements.
"C’est un joli cadeau de fin de quinquennat, réagit avec une ironie grinçante Lilâ Le Bas, présidente de l’UNEF. Autoriser ainsi le tirage au sort, c’est un premier pas vers la sélection à l’université, alors que l’urgence est de lui donner les moyens financiers d’accueillir tous les bacheliers, et de développer des cursus plus progressifs afin d’éviter ces engorgements et de lutter contre l’échec."
Selon la responsable étudiante,
c’est aussi un joli cadeau au prochain gouvernement : "Tout le monde est contre le tirage au sort, donc certains pourront d’autant plus facilement défendre une sélection sur dossier, sur examen, sur prérequis…" Pas certain toutefois que Najat Vallaud-Belkacem soit vraiment motivée par une volonté de faciliter les choses à Macron et Philippe.
Moins d'un mois plus tard, Me Henri de Beauregard dépose une requête, au nom de l'association SOS éducation. 
Cette association avait déjà donné du fil à retordre à l'ancienne ministre en s'attaquant avec succès à la suppression de la sélection au mérite pour les étudiants boursiers qui avaient obtenu une mention très bien au baccalauréat. "Il existe plusieurs parallèles entre les deux dossiers, remarque Me de Beauregard. 
Sur la forme, ce n'est pas une circulaire administrative qui peut édicter un règlement prévu par la loi, surtout quand celle-ci ne prévoit pas le tirage au sort parmi les critères de sélection, qui sont au nombre de trois : lieu de résidence, situation familiale et ordre des vœux effectués par le futur étudiant. 
Sur le fond, il s'agit dans un cas comme dans l'autre de nier toute valeur au mérite."  

L'imprévoyance et la sottise conduisent au gâchis 
En effet, le choix aveugle des heureux élus dans les filières en tension ne peut que renforcer l'échec dès la première année de la licence à laquelle ils ont postulé : ils ne sont déjà que 25,7 % à obtenir leur diplôme au bout de trois ans, et 40 % de ce quart-là au bout de quatre, au-delà de la licence ! Une blessure psychologique qui pourrait être évitée aux étudiants eux-mêmes, lesquels s'aigrissent en voyant le miroir aux alouettes se ternir, ainsi que leurs familles, mais un immense gâchis enfin pour la collectivité, appelée à financer des études qui ne débouchent sur rien, comme pour le monde de l'entreprise qui ne trouve pas les bonnes personnes au bon endroit. 
Tandis que le secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur Thierry Mandon affichait sa volonté de "faire disparaître le tirage au sort à l'université", Najat Vallaud-Belkacem avait déjà tenté de faire le forcing par la voie de cet arrêté de janvier qu'elle avait dû retirer face aux protestations du Cneser (Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche). Une tentative de passage en force, au risque de voir le Conseil d'État lui donner tort une nouvelle fois, comme le bon sens le plus élémentaire le laisse espérer du texte de la requête de SOS éducation

La ministre sortante a-t-elle pu commettre son forfait entre les deux tours, sans en avoir avisé le candidat Macron et avoir obtenu son accord de principe ?
A Lyon, Gérard Collomb ne supportait plus l'autocrate NVB, son adjointe toxique : il s'en était débarrassée en la "recommandant" à Ayrault. Au gouvernement, elle aura tenté jusqu'au bout d'imposer des mesures de nivellement culturel par le bas et de déconstruction des fondements de notre société, qu'il s'agisse des polémiques sur la théorie du genre (contestation des "rôles fondés sur les différences naturelles, physiologiques et biologiques) ou l'ABCD de l'égalité (dont l'objectif était de lutter contre le sexisme et les stéréotypes de genre)... 
C'est encore à elle que les familles doivent la réforme des rythmes scolaires, un ensemble de mesures modifiant le système éducatif par la mise en place d'une nouvelle organisation du temps scolaire à l'école primaire, aux frais des municipalités pour les deux tiers, introduction des associations (et services municipaux ou intercommunaux, comme les bibliothèques au goût des majorités politiques) pour mettre en œuvre les nouvelles activités périscolaires (NAP, en doublons avec les activités sportives locales existantes) et au détriment des équilibres biologiques des enfants. Le Syndicat des Inspecteurs de l'Éducation nationale (IEN) dressa le 18 mai 2015 un bilan négatif de la réforme devant l'Inspection générale de l'Éducation nationale (IGEN)
Il appartient aux électeurs de Villeurbanne de nous en débarrasser en juin.

Les deux candidats au second tour de l’élection présidentielle se sont déjà positionnés dans leurs programmes : Marine Le Pen (FN) défend une sélection "au mérite", quand Emmanuel Macron (En marche !) promet la mise en place de prérequis à l’entrée de l’université. 

mardi 7 avril 2015

Gaz de schiste: le gouvernement a enfoui un rapport préconisant d'opérer sans fracturation hydraulique

Les écologistes d'EELV entravent-ils le progrès?
Le gouvernement socialiste a dissimulé une avancée technologique pour exploiter le gaz de schiste

Les écologistes font de l'obstruction au progrès dans l'exploitation du gaz de schiste présentée comme polluante du fait de la technique de la fracturation hydraulique. Or, commandé par Arnaud Montebourg, alors ministre de l'Economie pendant quatre mois, d'avril à aoûtun rapport de 2014 concluait à la faisabilité de son exploitation sans recourir à la fracturation hydraulique polluante.

Mais le gouvernement Valls en a dissimulé le contenu, révèle Le Figaro ce mardi.

"Le rapport sur les nouvelles technologies d'exploration et d'exploitation des gaz et huiles de schiste en France n'a été tiré qu'en
sept exemplaires et conclut à la faisabilité d'exploiter des gaz de schiste sans recourir à la fracturation hydraulique, controversée", explique le quotidien. "C'était le premier rapport officiel qui validait la technologie de stimulation au fluoropropane", explique un proche du dossier au journal. Cette technologie "présente une réelle alternative permettant de répondre aux problèmes environnementaux posés par la fracturation hydraulique", conclut le rapport. Ce document "préconise une première phase d'expérimentation, par micro-forages, en Ile-de-France et dans le Sud-Est".

Le fluropropane est présent notamment dans les extincteurs et les inhalateurs pour... asthmatiques. Utilisé à la place de l'eau et des additifs, il peut facilement être récupéré et ré-utilisé: le propane est presque 100% recyclable. Une société américaine assure pouvoir faire en sorte que l'ensemble gaz de schiste et fluoropropane ne soit pas volatile et inflammable. Certes, cette technique n'a jamais été testée à grande échelle et encore moins dans des zones à forte densité de population comme en France, mais elle mériterait d'être expérimentée. Or, des associations environnementales font obstacle a priori. "Quelle que soit la technique utilisée, il est aberrant de se lancer dans l'exploitation d'une nouvelle ressource ­fossile", lançait ainsi Greenpeace en janvier, après les révélations du Canard enchaîné.

Le rapport jeté aux oubliettes "a été commandé par Arnaud Montebourg peu après son installation comme ministre du Redressement productif mi-2012, achevé de rédiger début 2014 et consciencieusement enterré, par Matignon, au grand dam de l'ex-ministre, qui refuse aujourd'hui de le commenter, mais confirme son authenticité", souligne Le Figaro.
Outre la conclusion de faisabilité d'exploiter des gaz de schiste sans recourir à la fracturation hydraulique, "interdite en France depuis la loi Jacob (député UMP de Seine-et-Marne) qui remonte à quatre ans (2011), (le rapport) souligne, en détail, combien la France pourrait en tirer parti, en termes de croissance, d'emplois, de compétitivité industrielle, d'indépendance énergétique", fait valoir Le Figaro. Il évoque notamment des chiffres compris entre un peu plus de 3 milliards d'euros de revenus par an et un peu moins de 10 milliards en fonction des hypothèses de production, soit de 120 000 à 225 000 emplois ou encore +0,9 à +1,7 point de croissance chaque année.

Un rapport dangereux pour l'alliance entre le PS et Europe Ecologie-les Verts

Pour Le Figaro, "la gestion politique du dossier, paralysée par le veto absolu opposé par les écologistes radicaux de la majorité radicale d'EELV (Les Verts) et le ministère de l'Écologie, comme la prudence de l'Élysée et de Matignon, a tout simplement enterré» le rapport. François Hollande avait assuré en juillet 2013 qu'il n'y aurait ni exploration ni exploitation du gaz de schiste en France sous sa présidence.
Sur son compte Twitterdans la nuit de dimanche 5 au lundi 6 avril, la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal a réaffirmé son opposition au gaz de schiste, brouillant le débat en mettant en cause une "pression de lobbies canadiens." 

Or,
l'exploitation du gaz de schiste ne serait "pas un sujet tabou", à en croire Thierry Mandon, secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat, interrogé sur i-télé ce lundi. Mais, selon le très volatile député de l'Essonne, un proche de Manuel Valls après l'avoir été de l'écologiste Brice Lalonde, comme de Laurent Fabius puis de Martine Aubry, "la position (du gouvernement) est simple : on ne veut pas des gaz de schiste. Le gaz de schiste, c'est la ruée vers l'or. Dans la situation dans laquelle est notre pays, on aimerait trouver un trésor. Mais on découvre aux États-Unis les dégâts écologiques de son exploitation", affirme-t-il, alors que le gouvernement socialiste français bénéficie de la baisse du prix des carburants du fait de l'exploitation du gaz de schiste américain. 
Et l'ancien directeur de campagne d'Arnaud Montebourg pour la primaire socialiste de 2011, assumant "cette amitié personnelle," de polémiquer : "Arnaud Montebourg aurait trouvé une technologie propre ? Si elle existe et qu'elle est efficace, pourquoi n'est-elle mise en place nulle part ? lance-t-il, niant les résistances archaïques des écologistes rétrogrades. (…) Ce ne sont pas des experts qui parlent, c'est l'entreprise, donc un expert qui a des intérêts," accuse le socialiste, resté très soupçonneux de l'entreprise, bien qu'ancien consultant en stratégie d'entreprise et gestion des ressources humaines pendant (1993-1995). 
Cette technique permettant d'exploiter le gaz de schiste sans la fracturation hydraulique est défendue par Arnaud Montebourg et la navigatrice Maud Fontenoy (ci-contre) et considérant que Mandon est un gaz instable après deux ans dans la même position, il n'est donc pas exclu que ce président de l’École de la deuxième chance en Essonne saisisse bientôt la sienne sur le sujet.

Total ne laisse pas échapper cette opportunité

François Kalaydjian, d'IFP énergie nouvelle, fait en effet valoir que le fluoropropane n'est "pas toxique et dangereux pour l'homme".

Le géant pétrolier tricolore est partenaire de la société ECorp. 
Total possède en effet 40% de deux permis d'exploitation de gaz de schiste avec la société texane. "On ignore si Total est en partenariat au sujet de cette technologie. ECorp sécurise probablement sa propriété industrielle", avance pour sa part l'UFIP (Union française des industries pétrolières) qui reconnait que, une fois levé le veto gouvernemental, "les recherches en la matière peuvent avancer très vite". ECorp est même déjà très avancée sur les "techniques alternatives à la fracturation hydraulique" . 
"Ça commence à être opérationnel. ECorp l'utilise pour exploiter des puits aux Etats-Unis. Cela reste de l'expérimentation, mais à grandeur réelle. Plusieurs puits ont été stimulés avec", assure le parlementaire, en contact avec la société texane.
"Total, à ma connaissance, n'a pas accès à cette technologie sur le fluoropropane", poursuit prudemment le sénateur Jean-Claude Lenoir. "Mais ils ont, selon ce que j'ai appris après des conversations informelles avec les dirigeants, une relation très étroite en matière de technologie en général", admet-il toutefois.

samedi 28 mars 2015

En Corrèze et en Essonne, les départementales pourraient être fatales à l'exécutif

Hollande et Valls sont des abcès de fixation du mécontentement populaire   

Parmi les départements à surveiller, la Corrèze et l'Essonne

  
Président Hollande tendu et hautain
lors de son passage à Tulle
pour le 1er tour de la départementale
Le PS a beaucoup à perdre, notamment le Nord et le Pas-de-Calais, le Vaucluse, le Val-de-Marne, l'Isère, les Pyrénées-Orientales, le Finistère ou les Bouches-du-Rhône, lors des départements pour le second tour des élections départementales dimanche. 

La politique de François Hollande met le PS en danger en Corrèze  

Aura-t-il suffi de faire pleuvoir la manne présidentielle sur Tulle et ses environs? Lors des municipales, l’an dernier, François Hollande avait été frappé par la perte de Limoges, aux mains de la gauche depuis un siècle. Ce dimanche, au second tour des départementales, c’est la Corrèze de Chirac, dans le même Limousin, que l’UMP rêve de reprendre. Le trophée ne serait pas que symbolique: il serait le starter de la débâcle nationale. Le département est le fief du chef de l’Etat, après avoir été jadis celui de Jacques Chirac. 
C’est là que le leader socialiste a été parachuté de Rouen et Paris, à 550 km, dans les années 1980, et a construit sa carrière politique. C’est aussi sur cette terre qui "fait pousser des champignons et des présidents " – selon sa propre formule – qu’il s’est officiellement lancé dans la course à l’Elysée en mars 2011, juste après avoir été réélu à la tête du Conseil général (qu’il a présidé de 2008 à 2012). A l’époque, la gauche l’avait emporté de peu, comme en 2008. 

Cette fois, la majorité sortante, conduite par le socialiste Gérard Bonnet, est en difficulté. Victime de l'impopularité nationale du président Hollande. Malgré une participation relativement élevée, de 59,6 %, le PS n’a remporté aucun canton au premier tour. Et un seul de ses binômes a viré en tête : celui de Bernard Combes, maire de Tulle, premier vice-président du Conseil général et conseiller à l’Elysée, à qui il n’a manqué que 8 voix pour l’emporter. La droite, rassemblée autour de Pascal Coste, chef de file de Corrèze demain (UMP-UDI), a déjà gagné 4 cantons sur 19 – dont 2 arrachés à la gauche – et est en ballottage favorable dans au moins 5 autres. Beaucoup sont indécis. " La Corrèze se joue à rien", tente-t-on de se rassurer Rue de Solferino. Mais l’inquiétude domine : seule la mobilisation des électeurs de toute la gauche pourrait encore permettre au PS de renverser la vapeur. Mais la tentation est forte pour les militants d'extrême gauche comme d'Europe Ecologie-les Verts (EELV) de se faire respecter. 

Essonne : le " frondeur" Jérôme Guedj (PS) est sur un siège éjectable

La  droite est aux portes de l’Essonne. Elle est arrivée en tête au premier tour dans 9 cantons sur 21 et elle est en ballottage favorable dans plusieurs autres. La dynamique de l'opposition s'amplifie depuis les municipales de 2014, à l’issue desquelles elle avait raflé de nombreuses villes, dont Palaiseau, à la gauche, qui contrôle le département depuis 1998. 
Malgré une méchante affaire montée de toutes pièces -par deux employées communales frontistes défendues par Me Gilbert Collard- et jetée dans les pieds du maire de Draveil, l’ancien ministre (2010-2011) UMP Georges Tron, candidat à la présidence du Conseil départemental, s’est imposé avec 10 points d’avance dans le canton de Draveil. Mais le Front national pourrait jouer les arbitres après sa percée dimanche dernier. Le parti d’extrême droite est arrivé en tête à Corbeille-Essonne et se maintient au second tour dans sept autres cantons de l'Essonne. Ainsi comprend-on pourquoi Manuel Valls agresse le FN à longueur de journées.
Face à la pression des oppositions, le PS ne pourra exploiter l'excuse de divisions de la gauche qui, pour la circonstance, s'est rassemblée  dès le premier tour dans 8 cantons. Et elle s’est au final qualifiée dans 17 cantons. Jérôme Guedj, le président sortant PS (depuis 2012 seulement) du Conseil général, veut donc encore y croire et martèle son message de rassemblement.
La secrétaire d'Etat P. Boistard accompagnée du secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat et ancien député de l'Essonne Thierry Mandon,
portaient à bouts de bras le président sortant du CG Jérôme Guedj,
outre la secrétaire nationale d'EELV E. Cosse,
distribuant des tracts contre Georges Tron à Juvisy-sur-Orge.
 
Mercredi, le canton a vu déferler les responsables parisiens: la patronne des Verts, Emmanuelle Cosse, qui intrigue pour entrer au gouvernement, et rien que deux  secrétaires d’Etat du gouvernement  de Manuel Valls (député de l'Essonne, 2002-2012, et président de la Communauté d'agglomération Évry Centre Essonne, 2008-2012), Pascale Boistard (Droits des femmes et députée de la... Somme) et Thierry Mandon (Réforme de l’Etat et député de... l'Essonne), venus tracter pour faire barrage à Georges Tron. 
 Taubira est venue soutenir, non pas Valls,
mais Guedj, qui aurait préféré la laisser hors de tout
Le forcing est d'autant plus manifeste que, comme ces membres du gouvernement, Christiane Taubira est allée faire campagne en Essonne, le département du premier ministre Manuel Valls, où le PS est en très grande difficulté.
Une telle pression socialiste s'apparente à de l'abus de pouvoir mais risque d'indisposer l'électorat résistant au parti unique et à toute forme de totalitarisme.

 

vendredi 2 janvier 2015

Polémique: Piketty bafoue Hollande en snobant la légion d'honneur

Pour des motifs politiques, l’économiste Thomas Piketty a refusé la Légion d’honneur

L’économiste français Thomas Piketty a refusé sa récupération par Hollande qui voulait le faire 
chevalier de la Légion d’honneur
  
Ce faisant, l'économiste socialiste tacle le président Hollande et le gouvernement." Je viens d’apprendre que j’étais proposé pour la Légion d’honneur. Je refuse cette nomination, car je ne pense pas que ce soit le rôle d’un gouvernement de décider qui est honorable ", a lancé Thomas Piketty par communiqué." Personne ne m’avait prévenu de cette nomination, sinon je les en aurai immédiatement dissuadés", a aussi affirmé Thomas Piketty.
VOIR et ENTENDRE si comme les crevures d'i-télé on peut penser que Piketty "renonce" à cet honneur:
La secrétaire d'Etat chargée de l'Enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso,  qui a proposé le nom de Thomas Piketty pour la Légion d'honneur, a "pris acte" de son refus et salué "l'excellence" de son travail. En proposant à la grande Chancellerie la distinction de chevalier de la Légion d'Honneur, la secrétaire d'Etat avait souhaité "rendre hommage au travail de recherche d'excellence mené par Thomas Piketty à l'école d'économie de Paris". "Ce travail qui bénéficie d'une renommée internationale méritait d'être distingué par la République française", a-t-elle ajouté. L'économiste avait "la liberté d'accepter ou non cette distinction" et "il a choisi de la refuser, ce dont nous prenons acte", a réagi Geneviève Fioraso, maintenant que "l'excellence et la visibilité de son travail demeurent".
L'esprit frappeur et la tête à claques
Dame Fioraso était-elle bien inspirée de flatter un auteur de violences conjugales?
La ministre de Hollande souhaitait-elle instrumentaliser la légion d'honneur à des fins de basse vengeance contre Aurélie Filippetti ? L'ex-ministre de la culture, qui s'est solidarisée d'Arnaud Montebourg chassé du gouvernement comme un malpropre en août 2014, avait porté plainte contre son concubin, Thomas Piketty, qui n'avait pas fait l'économie de coups... 
Conseiller économique de la candidate socialiste Ségolène Royal lors de la campagne présidentielle 2007, Th. Piketty avait été placé en garde à vue par les policiers de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) pendant plusieurs heures. Piketty ayant reconnu les faits de violence à l'encontre de Mme Filippetti et s'étant excusé, Mme Filippetti, dans l'intérêt des familles et des enfants, n'a pas donné suite à la procédure", avait-on fait valoir dans l'entourage de celle qui n'était encore que députée socialiste. L'enquête préliminaire avait été classée sans suite en septembre 2009.
L'affront du refus de l'économiste était au centre d'un débat animé par Olivier Galzi, jeudi 1er janvier sur i-télé. "On va parler d'une médaille et de son revers," a annoncé le présentateur de la tranche info du soir, avant de poursuivre : " On voulait lui épingler au veston la légion d'honneur à Thomas Filippetti... euh... Piketty, pardon, excusez-moi. Ça n'est pas du tout un lapsus, en tout cas, certainement pas révélateur," a tenté de rétro-pédaler le présentateur partisan de la succursale de Canal+, une fois  lâchée l'allusion perfide.


Pour mémoire, Lilian Thuram avait connu le même parcours pour les mêmes motifs, mais il avait accepté d'être décoré de la légion d'honneurpour d'obscures raisons, des mains du président Hollande.

Le général Jean-Louis Georgelin, grand chancelier de la Légion d'honneur, a exprimé son "regret"
après le refus de l'économiste Thomas Piketty d'accepter cette décoration, mais jugé qu'il ne s'agit que d'une "péripétie" dans les deux siècles de son histoire, a-t-il déclaré jeudi sur BFMTV. "C'est toujours un regret de voir des citoyens ou des citoyennes qui refusent cette règle de notre communauté nationale qui consiste à dire que tel ou telle, par ses mérites éminents (...) apportent à notre pays un rayonnement particulier, et refusent notre premier ordre national", a-t-il ajouté.
La Légion d’honneur ne se demande pas, mais peut être proposée par un tiers. Les dossiers passent ensuite par la Grande chancellerie, où ils sont vérifiés, puis par le conseil de l’ordre qui délivre un avis, généralement suivi par le président de la République, Grand maître de l’Ordre, qui signe alors la série de décrets de nominations et de promotions. 

Livre écoulé à 1,5 million d’exemplaires
Le refus opposé par l’économiste intervient alors que son ouvrage 'Le Capital au XXIème siècle', a été traduit en plusieurs langues et s’est vendu à 1,5 million d’exemplaires. Ce pavé de 970 pages paru en septembre 2013, entend démontrer la tendance spontanée à une toujours plus grande concentration de la richesse entre quelques mains.
VOIR et ENTENDRE Th. Piketty débattre avec F. Hollande de la réforme fiscale:
Le livre connaît un immense retentissement international, notamment en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis où ses explications sur le creusement des inégalités ont eu un écho considérable. Le livre lui a même valu d’être reçu par des conseillers du président Barack Obama.
VOIR et ENTENDRE la seconde partie de l'entretien de Piketty avec Laurent Mauduit pour Mediapart, le 19 octobre 2012: 

On comprend ainsi que l’accueil réservé au livre a été plus tiède en France, notamment de la part du gouvernement, malgré de très fortes ventes. Le ministre de l’Economie Emmanuel Macron a fait savoir qu’il a lu le pavé et rencontrera son auteur ..." dans les trois mois".

Le cinglant refus de l’économiste suscite de vives réactions au gouvernement

C’est la manière plus que la décision qui passe mal. 
Sur France Info, Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, a commencé par afficher de l'indifférence, estimant que "c’est son choix. Il essaye de donner quelques conseils, ça fait partie du débat. Moi, j’en resterai à cela". Mais l'élément de langage n'a pas été entendu. Mais il ne s'est toutefois pas privé de tacler l’économiste en distinguant  un chercheur "qui a des idées intéressantes mais qui est chercheur, qui est dans son bureau, qui fait des calculs, qui a comme responsabilité une démarche intellectuelle, et la politique qui est confrontée à la réalité".

Le coup de pied de l'âne du ministère de l'Agriculture au camarade Thomas
Piketty pointait en effet ceux qui "feraient bien de se consacrer à la relance de la croissance en France et en Europe."


Un refus qui n’est pas motivé par l’humilité, riposte Thierry Mandon
Sur BFM TV, le secrétaire d’Etat à la Réforme de l’Etat et à la Simplification, Thierry Mandon, a regretté le refus de Thomas Piketty et critiqué l’économiste sur ces idées, notamment en matière de réforme fiscale. " Cette réforme est tellement compliquée, elle est tellement globale et elle a de tels effets de redistribution entre les Français que, si on la faisait, il y aurait une protestation généralisée ", a-t-il admis à propos de l'engagement -à la légère- du candidat Hollande.
" La Légion d’honneur distingue le mérite national, c’est-à-dire ceux ou celles qui ont contribué par leur action civile ou militaire au mérite national (...) C’est bien le rôle du gouvernement et de la République de décider ceux qui sont méritants", a également justifié Thierry Mandon. 
Au final, le médiocre Mandon a jugé que ce refus n’est pas motivé par l’humilité. "Il y a deux motifs deux refus généralement", a estimé Thierry Mandon: " par humilité, parce qu’on considère que d’autres l’ont plus mérité" ou "par raison politique". " Thomas Piketty, je ne pense pas que ce soit la première raison", a-t-il persiflé.
VOIR et ENTENDRE le vachard Mandon nier tout motif politique: 

" On peut refuser sans forcément le dire dans une dépêche"

Quant à la secrétaire d’Etat chargée du Numérique Axelle Lemaire a critiqué sur la forme la décision de Thomas Piketty " La décision lui appartient. Après, c’est la manière de le faire. On peut refuser sans forcément le dire dans une dépêche AFP un 1er janvier ", a-t-elle déclaré sur France Inter.

" Peut-être qu’il confond le fait qu’une Légion d’honneur c’est une récompense pour un mérite qui est reconnu par la Nation et pas une adhésion à une politique économique d’un gouvernement."

Une décision "médiocre", selon le fameux Elie Cohen
En dehors du gouvernement, les critiques sont également de mise. Et la plus virulente vient assurément d’un autre économiste. Sur Europe 1, Elie Cohen qui a dans un premier temps estimé que son collègue avait "mérité cette Légion d’honneur : contribution exceptionnelle au travail académique et notoriété mondiale donc il a fait briller les couleurs françaises aux quatre coins du monde. Cela lui crée des responsabilités particulières". 
Il a ensuite critiqué vertement la manière dont cette décoration a été refusé. "  Il aurait pu la refuser par principe, mais la refuser en faisant une critique de l’action du gouvernement, j’ai trouvé cela médiocre".

Le pouvoir aurait-il voulu acheter le silence de Piketty qui, aux Journées de l'Obs à Bruxelles, jeudi 6 novembre 2014, déclara: "A mi-mandat, le bilan de Hollande est catastrophique"...

Sur BFMTV
, le député PS frondeur, Christian Paul, confirme une sanction politique. "Je comprends sa décision et je l'approuve, je crois que c'est une décision personnelle qui ne vise pas la Légion d'honneur. C'est un acte politique", a-t-il déclaré.


jeudi 18 décembre 2014

Thierry Mandon juge "la primaire PS indispensable pour 2017", mais Hollande n'en veut pas

La provocation qui met Hollande en fureur

Thierry Mandon a fait feu
En 2012, la gauche présentait les primaires comme indispensables à la démocratie. Depuis la désignation de Hollande par défaut, et un quinquennat désastreux plus tard, les socialistes s'en mordent les doigts. En 2011, n'importe qui pouvait, contre un euro, venir voter pour désigner le socialiste qui affronterait Sarkozy. Pour 2017, le sujet est tabou...

Le petit secrétaire d'Etat à la réforme de l'Etat et à la simplification était ce jeudi l'invité politique de Laurence Ferrari sur le plateau de l'émission Tirs Croisés sur i-télé, satellite de Canal+. L'intéressé est notamment revenu sur l'opération reconquête de François Hollande, les réformes à venir, mais aussi la Loi Macron.
Mais ce qu'il en reste est son retour sur le sujet des primaires. "La primaire, pour moi, elle est indispensable, pas pour faire du tir au pigeon contre X ou Y, ou pour écarter telle candidature, y compris celle du président de la République s'il réussissait son quinquennat et qu'il voulait se représenter", a-t-il lancé. Le fracas est étourdissant.

D'autant qu'il n'est pas le seul à le penser, je pense à quelqu'un comme Julien Dray ou à l'aile la plus à gauche du PS. Mais le profil de Thierry Mandon est intéressant : ce n'est pas un frondeur et il n'est pas entré en opposition frontale à François Hollande. C'est donc dire la violence des socialistes radicaux animés par Martine Aubry et Benoît Hamon.

Mandon récidive

On l'a connu plus docile, Mandon, et 
François Hollande a donc fort peu apprécié ses propos favorables à une primaire ouverte à toute la gauche en vue de l’élection présidentielle de 2017. Il l'a tancé lors du conseil des ministres du mercredi 17 décembre, exigeant du gouvernement la " clarté" dans les expressions publiques. "Chacun peut avoir des avis. Il y a un débat engagé au Parti socialiste mais, au gouvernement, il faut qu’on soit en capacité surtout de parler de l’action. C’est ça qui aujourd’hui doit concentrer les prises de positions ou les expressions publiques des ministres", a rapporté le porte-parole du gouvernement.

Stéphane Le Foll a précisé que l’intervention présidentielle était "en rapport" avec les propos du secrétaire d’Etat à la Simplification, mais que ce dernier n’avait pas été personnellement désigné par le chef de l’Etat. "Chacun doit être à sa place et le temps n’est pas venu d’aller discuter de ce qui pourrait se passer en 2016 et en 2017", a commenté celui qu'on appelle depuis plusieurs décennies "la Voix de son Maître". Il a aussi rappelé que la décision relève en premier lieu du président de la République et non "des spéculations qui peuvent être faites ou alimentées par des ministres".

Premier membre du gouvernement à se prononcer pour des primaires socialistes

Hier, Thierry Mandon a porté sur la place publique le vif débat qui agite le PS  en faveur d'une large primaire à gauche.
"Particulièrement en 2017, ce que vous ne réglez pas dans une primaire, vous le retrouvez au premier tour de la présidentielle", a-t-il jugé, rappelant le risque que le Front national exclue la gauche du second tour, comme en 2002.

Le pouvoir socialiste muselle l'expression libre 

Au risque d'apparaître totalitaire, le PS a sommé la presse de censurer les déclarations d'Eric Zemmour et c'est Bruno Le Roux qui s'est chargé de la basse besogne: lien PaSiDupes

Après les media, l'Elysée étend sa police politique aux membres du gouvernement. Quand la première victime est un ex-porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, le danger est sérieux. Le chef de l'Etat est-il tombé si bas qu'il cherche à imposer un Guépéou à la française, une police d'État sur le modèle de l'Union soviétique entre 1922 et 1934?