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lundi 13 avril 2015

Parti socialiste fracturé sur l'essentiel: l'économie

La semaine du Congrès, décisive pour le PS

Les grandes manœuvres pour le congrès de Poitiers (du 5 au 7 juin) 

Ville et département perdus par le PS...
Elles ont duré jusqu'à la date limite du dépôt des motions, fixée au vendredi 10 avril à minuit. Ces textes d'orientation de la ligne du parti, qui seront soumis au vote des adhérents le 21 mai, permettront de désigner le premier secrétaire du parti.
Le suspens est très léger, car Jean-Christophe Cambadélis devrait conserver le poste où il avait été coopté. Certes, "Camba", ex-trotskiste dont le nom de révolution était "Kosta" (le Grec) n'était pas tranquille jusqu'à ce que Martine Aubry se couche... (sur sa liste) ! Après avoir menacé mardi devant ses proches de faire sa propre motion si elle ne recevait pas d'ici une semaine "des signaux forts" de l'exécutif, l'amère de Lille, affaiblie par la perte du Conseil générale PS aux dernières départementales, s'est finalement résignée ce mardi à apporter son soutien à la motion de synthèse que déposera le patron du PS. Plusieurs lieutenants d'Aubry, comme les députés Jean-Marc Germain (époux Hidalgo Âne) et François Lamy, devraient eux aussi signer la motion du premier secrétaire. Au grand dam de certains frondeurs. "Tous les gens qui pensent la même chose devraient être dans la même motion", déplore l'un d'entre eux. "Aubry n'a pas envie d'être première secrétaire. Sans elle, ça nous enlève la force de son aura", avoue un autre, en déshérence.
Pendant que l'aile gauche se réunissait presque tous les jours, l'aile droite du PS n'était pas en reste. Le Pôle des réformateurs souhaite d'ailleurs que plusieurs de ses orientations soient prises en compte par Cambadélis.

Ce que les socialistes tentent de faire passer aux Français tient en 160 pages d'un jargon archaïque et de formules ringardes susceptibles de ne choquer personne. Les quatre motions en lice pour le congrès de Poitiers, du 5 au 7 juin, ont rendu leur copie, samedi 11 avril, lors du conseil national du parti. Chacune a son style : 

- la motion A incarnée par l'apparatchik Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire coopté du parti, lance une adresse aux Français pour "Le renouveau socialiste", forme un large assemblage hétéroclite, d'un Gérard Collomb, droitier, à une Martine Aubry, frondeuse ralliée pour mieux nuire de l'intérieur; 

Guedj, Baumel, Amirshahi et Maurel,
au premier rang
- la motion B des frondeurs authentiques, que Christian Paul anime à l'aile gauche du PS (dont Daniel Goldberg), avec le chauffeur de salle, Benoît Hamon, dont les relations avec Martine Aubry sont très mauvaises (et Guillaume Balas, Pouria Amirshahi), en attendant le retour d'Arnaud Montebourg, et qui propose "un contrat de majorité" pour ressouder la gauche. "Notre motion dément tous les pronostics des gens qui n'ont pas intérêt à la voir exister", se console de son côté un autre frondeur, Laurent Baumel, comme Gaëtan Gorce ou Emmanuel Maurel;

- la motion C, "Osons un nouveau pacte citoyen et républicain" avec Florence Augier, secrétaire nationale chargée de la vie associative et proche de Pierre Larrouturou, de feu Stéphane Hessel et d'Isabelle Attard (ex-EELV);

- et la motion D ,"La fabrique socialiste" portée par Karine Berger, qui - outre Liem Hoang Ngoc, Alexis Bachelay Valérie Rabault, et Yann Galut (ci-contre) - décline avec la précédente motion un catalogue de près de 200 propositions concrètes.

Aussi vigoureux que théorique, le rejet du "social-libéralisme" de Valls semble réunir les quatre listes

L’ensemble des textes tente la quadrature du cercle socialiste, 
Emmanuel Cosse (EELV) joue
sa partition de violon auprès de Valls
si global et flou qu'il puisse être. Pour l'occasion, il s’inscrit dans l’éco-socialisme, sorte de social-écologie (exemple du jargon PS), qui se veut une "synthèse entre la social-démocratie et l’écologie politique" (motion A). 
"Dans la social-écologie, la valeur n’est pas dans la quantité de biens produits, mais dans la qualité de biens partagés", maintient toutefois la motion D. 


Globalement, chaque texte articule sa réflexion en déclinant les valeurs républicaines. "Au-delà des valeurs durables du socialisme, l’égalité sans laquelle il n’y a pas de liberté, la laïcité, l’internationalisme, le féminisme, le progrès social et écologique, la nouvelle social-démocratie doit porter l’idée d’une société"... 
Et la ligne économique, trop clivante ?


vendredi 2 janvier 2015

Polémique: Piketty bafoue Hollande en snobant la légion d'honneur

Pour des motifs politiques, l’économiste Thomas Piketty a refusé la Légion d’honneur

L’économiste français Thomas Piketty a refusé sa récupération par Hollande qui voulait le faire 
chevalier de la Légion d’honneur
  
Ce faisant, l'économiste socialiste tacle le président Hollande et le gouvernement." Je viens d’apprendre que j’étais proposé pour la Légion d’honneur. Je refuse cette nomination, car je ne pense pas que ce soit le rôle d’un gouvernement de décider qui est honorable ", a lancé Thomas Piketty par communiqué." Personne ne m’avait prévenu de cette nomination, sinon je les en aurai immédiatement dissuadés", a aussi affirmé Thomas Piketty.
VOIR et ENTENDRE si comme les crevures d'i-télé on peut penser que Piketty "renonce" à cet honneur:
La secrétaire d'Etat chargée de l'Enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso,  qui a proposé le nom de Thomas Piketty pour la Légion d'honneur, a "pris acte" de son refus et salué "l'excellence" de son travail. En proposant à la grande Chancellerie la distinction de chevalier de la Légion d'Honneur, la secrétaire d'Etat avait souhaité "rendre hommage au travail de recherche d'excellence mené par Thomas Piketty à l'école d'économie de Paris". "Ce travail qui bénéficie d'une renommée internationale méritait d'être distingué par la République française", a-t-elle ajouté. L'économiste avait "la liberté d'accepter ou non cette distinction" et "il a choisi de la refuser, ce dont nous prenons acte", a réagi Geneviève Fioraso, maintenant que "l'excellence et la visibilité de son travail demeurent".
L'esprit frappeur et la tête à claques
Dame Fioraso était-elle bien inspirée de flatter un auteur de violences conjugales?
La ministre de Hollande souhaitait-elle instrumentaliser la légion d'honneur à des fins de basse vengeance contre Aurélie Filippetti ? L'ex-ministre de la culture, qui s'est solidarisée d'Arnaud Montebourg chassé du gouvernement comme un malpropre en août 2014, avait porté plainte contre son concubin, Thomas Piketty, qui n'avait pas fait l'économie de coups... 
Conseiller économique de la candidate socialiste Ségolène Royal lors de la campagne présidentielle 2007, Th. Piketty avait été placé en garde à vue par les policiers de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) pendant plusieurs heures. Piketty ayant reconnu les faits de violence à l'encontre de Mme Filippetti et s'étant excusé, Mme Filippetti, dans l'intérêt des familles et des enfants, n'a pas donné suite à la procédure", avait-on fait valoir dans l'entourage de celle qui n'était encore que députée socialiste. L'enquête préliminaire avait été classée sans suite en septembre 2009.
L'affront du refus de l'économiste était au centre d'un débat animé par Olivier Galzi, jeudi 1er janvier sur i-télé. "On va parler d'une médaille et de son revers," a annoncé le présentateur de la tranche info du soir, avant de poursuivre : " On voulait lui épingler au veston la légion d'honneur à Thomas Filippetti... euh... Piketty, pardon, excusez-moi. Ça n'est pas du tout un lapsus, en tout cas, certainement pas révélateur," a tenté de rétro-pédaler le présentateur partisan de la succursale de Canal+, une fois  lâchée l'allusion perfide.


Pour mémoire, Lilian Thuram avait connu le même parcours pour les mêmes motifs, mais il avait accepté d'être décoré de la légion d'honneur, pour d'obscures raisons, des mains du président Hollande.

Le général Jean-Louis Georgelin, grand chancelier de la Légion d'honneur, a exprimé son "regret"
après le refus de l'économiste Thomas Piketty d'accepter cette décoration, mais jugé qu'il ne s'agit que d'une "péripétie" dans les deux siècles de son histoire, a-t-il déclaré jeudi sur BFMTV. "C'est toujours un regret de voir des citoyens ou des citoyennes qui refusent cette règle de notre communauté nationale qui consiste à dire que tel ou telle, par ses mérites éminents (...) apportent à notre pays un rayonnement particulier, et refusent notre premier ordre national", a-t-il ajouté.
La Légion d’honneur ne se demande pas, mais peut être proposée par un tiers. Les dossiers passent ensuite par la Grande chancellerie, où ils sont vérifiés, puis par le conseil de l’ordre qui délivre un avis, généralement suivi par le président de la République, Grand maître de l’Ordre, qui signe alors la série de décrets de nominations et de promotions. 

Livre écoulé à 1,5 million d’exemplaires
Le refus opposé par l’économiste intervient alors que son ouvrage 'Le Capital au XXIème siècle', a été traduit en plusieurs langues et s’est vendu à 1,5 million d’exemplaires. Ce pavé de 970 pages paru en septembre 2013, entend démontrer la tendance spontanée à une toujours plus grande concentration de la richesse entre quelques mains.
VOIR et ENTENDRE Th. Piketty débattre avec F. Hollande de la réforme fiscale:
Le livre connaît un immense retentissement international, notamment en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis où ses explications sur le creusement des inégalités ont eu un écho considérable. Le livre lui a même valu d’être reçu par des conseillers du président Barack Obama.
VOIR et ENTENDRE la seconde partie de l'entretien de Piketty avec Laurent Mauduit pour Mediapart, le 19 octobre 2012: 

On comprend ainsi que l’accueil réservé au livre a été plus tiède en France, notamment de la part du gouvernement, malgré de très fortes ventes. Le ministre de l’Economie Emmanuel Macron a fait savoir qu’il a lu le pavé et rencontrera son auteur ..." dans les trois mois".

Le cinglant refus de l’économiste suscite de vives réactions au gouvernement

C’est la manière plus que la décision qui passe mal. 
Sur France Info, Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, a commencé par afficher de l'indifférence, estimant que "c’est son choix. Il essaye de donner quelques conseils, ça fait partie du débat. Moi, j’en resterai à cela". Mais l'élément de langage n'a pas été entendu. Mais il ne s'est toutefois pas privé de tacler l’économiste en distinguant  un chercheur "qui a des idées intéressantes mais qui est chercheur, qui est dans son bureau, qui fait des calculs, qui a comme responsabilité une démarche intellectuelle, et la politique qui est confrontée à la réalité".

Le coup de pied de l'âne du ministère de l'Agriculture au camarade Thomas
Piketty pointait en effet ceux qui "feraient bien de se consacrer à la relance de la croissance en France et en Europe."


Un refus qui n’est pas motivé par l’humilité, riposte Thierry Mandon
Sur BFM TV, le secrétaire d’Etat à la Réforme de l’Etat et à la Simplification, Thierry Mandon, a regretté le refus de Thomas Piketty et critiqué l’économiste sur ces idées, notamment en matière de réforme fiscale. " Cette réforme est tellement compliquée, elle est tellement globale et elle a de tels effets de redistribution entre les Français que, si on la faisait, il y aurait une protestation généralisée ", a-t-il admis à propos de l'engagement -à la légère- du candidat Hollande.
" La Légion d’honneur distingue le mérite national, c’est-à-dire ceux ou celles qui ont contribué par leur action civile ou militaire au mérite national (...) C’est bien le rôle du gouvernement et de la République de décider ceux qui sont méritants", a également justifié Thierry Mandon. 
Au final, le médiocre Mandon a jugé que ce refus n’est pas motivé par l’humilité. "Il y a deux motifs deux refus généralement", a estimé Thierry Mandon: " par humilité, parce qu’on considère que d’autres l’ont plus mérité" ou "par raison politique". " Thomas Piketty, je ne pense pas que ce soit la première raison", a-t-il persiflé.
VOIR et ENTENDRE le vachard Mandon nier tout motif politique: 

" On peut refuser sans forcément le dire dans une dépêche"

Quant à la secrétaire d’Etat chargée du Numérique Axelle Lemaire a critiqué sur la forme la décision de Thomas Piketty " La décision lui appartient. Après, c’est la manière de le faire. On peut refuser sans forcément le dire dans une dépêche AFP un 1er janvier ", a-t-elle déclaré sur France Inter.

" Peut-être qu’il confond le fait qu’une Légion d’honneur c’est une récompense pour un mérite qui est reconnu par la Nation et pas une adhésion à une politique économique d’un gouvernement."

Une décision "médiocre", selon le fameux Elie Cohen
En dehors du gouvernement, les critiques sont également de mise. Et la plus virulente vient assurément d’un autre économiste. Sur Europe 1, Elie Cohen qui a dans un premier temps estimé que son collègue avait "mérité cette Légion d’honneur : contribution exceptionnelle au travail académique et notoriété mondiale donc il a fait briller les couleurs françaises aux quatre coins du monde. Cela lui crée des responsabilités particulières". 
Il a ensuite critiqué vertement la manière dont cette décoration a été refusé. "  Il aurait pu la refuser par principe, mais la refuser en faisant une critique de l’action du gouvernement, j’ai trouvé cela médiocre".

Le pouvoir aurait-il voulu acheter le silence de Piketty qui, aux Journées de l'Obs à Bruxelles, jeudi 6 novembre 2014, déclara: "A mi-mandat, le bilan de Hollande est catastrophique"...

Sur BFMTV
, le député PS frondeur, Christian Paul, confirme une sanction politique. "Je comprends sa décision et je l'approuve, je crois que c'est une décision personnelle qui ne vise pas la Légion d'honneur. C'est un acte politique", a-t-il déclaré.


mercredi 1 octobre 2014

Thomas Thévenoud ne soignera pas sa phobie à (la commission de) la Santé, mais au développement durable !

Thomas Thévenoud reste au Palais Bourbon,
alors que certains "frondeurs" sont placardisés

Sept députés "frondeurs" sanctionnés par le bras armé de Hollande à l'Assemblée

Et hop, envoyés sur le front de l'Est...
Ils sont envoyés sur le front de l'Est...



Puisque le goulag n'existe pas...
Certains "frondeurs" sauvent leurs têtes, mais Bruno Le Roux en sanctionnent sept. Le patron des députés PS a décidé de sanctionner des élus de son aile gauche qui contestent la politique du gouvernement, en changeant  de commission  les parlementaires indisciplinés.  Ainsi, au nom de la "cohérence" dont Le Foll nous a encore rebattu les oreilles ce matin, le cardiologue de la commissions des Affaires sociales ira-t-il exercer ses compétences à celle des Affaires étrangères...

Bruno Le Roux a ainsi opéré 26 changements en commission 

Sur ces 26 changements, 7 sont imposés et visent des frondeurs qui se sont abstenus lors du vote de confiance au gouvernement Valls II.

Voici la liste des députés "fusillés pour l'exemple":

- Jean-Pierre Blazy passe de la commission des Lois à la commission de la Défense.

- Fanélie Carrey-Conte passe de la commission des Affaires sociales à la commission de la Défense.

- Linda Gourjade passe de la commission des Affaires sociales à la commission des Affaires étrangères.

- Philippe Noguès passe de la commission du Développement durable à la commission de la Défense.

- Christian Paul passe de la commission des Affaires sociales à la commission des Affaires culturelles.

- Barbara Romagnan passe de la commission des Affaires sociales à la commission du Développement durable.

- Gérard Sebaoun passe de la commission des Affaires sociales à la commission des Affaires étrangères.

Des proches de Martine Aubry changent eux-aussi de commissions
François Lamy et Jean-Marc Germain (époux Hidalgo), sont "mutés" l'un à la Défense et l'autre aux Affaires étrangères. Mais il ne s'agit pas d'une sanction puisque les deux députés avaient devancé cette nouvelle affectation en la réclamant... Ils étaient cependant également membres de la commission des Affaires sociales.

Certains députés "frondeurs" ont cependant échappé à l'humiliation. Ainsi, Laurent Baumel, Henri Emmanuelli et Michel Vergnier restent à la commission des Finances, même Pascal Cherki, ci-contre, pourtant surpris en plein surmenage. Avec un bracelet électronique? Ils avaient tous les quatre commis le même "crime de lèse-majesté" en s'abstenant lors du vote de confiance au gouvernement Valls II. 
Deux autres abstentionnistes, Kheira Bouziane et Christian Hutin, restent à la commission des Affaires sociales.

Le Roux-le-pruneau assume l'infantilisation de ses camarades 
19 députés voient quant à eux leur demande de changement de commission validée. Une manière, pour Bruno Le Roux, de récompenser également les députés "bons soldats".

La discrimination du garde-chiourme n'est pas le fruit du hasard

Les prochains mois vont être fortement marqués par les débats sur le budget 2015  à l'Assemblée et sur le budget de la sécurité sociale. Or, la commission des Affaires sociales, où est discuté le budget de la Sécu, est celle où les frondeurs se sont fait le plus entendre par le passé, pour renoncer piteusement au vote contre au final. 

Les  députés sont-ils interchangeables et les travaux vont-ils gagner en qualité?
Mardi 30 septembre, après la réunion du groupe PS à l'Assemblée, la porte-parole Annick Lepetit a nié toute idée de "sanction". 

Une nouvelle députée frondeuse a été elle aussi, à sa manière, sanctionnée ce 1er octobre. Nathalie Chabanne a ainsi perdu son poste au bureau de la commission de la Défense, lors du renouvellement annuel des instances de l'Assemblée. Comme 32 autres députés PS, Nathalie Chabanne, élue en 2012 députée des Pyrénées-Atlantiques contre François Bayrou, s'était abstenue le 16 octobre lors du vote de confiance au deuxième gouvernement de Manuel Valls.

Depuis le scandale sur ses impôts, il n'était plus membre de la commission des Finances de l'Assemblée nationale...

Thomas Thévenoud est de retour, si tant est qu'il soit jamais parti. 

Thévenoud est toujours député...


Le socialiste passe sa phobie sur les autres

Après sa démission du gouvernement en raison de ses déboires fiscaux,
l'ancien secrétaire d'Etat n'a pas jugé moral de renoncer à son mandat de député de Saône-et-Loire, mais il a dû quitter le groupe PS de l'Assemblée et figure maintenant parmi les non-inscrits.
Etrangement, rien n'atteint le joueur de Scrabble du Palais Bourbon: serait-il franc-maçon? Mais bon, chacun des 577 députés doit siéger dans une commission.

Si malade soit-il, Thévenoud est même désormais membre de la commission du Développement durable, au lieu de la commission des Finances de l'Assemblée nationale. L'ex-secrétaire d'Etat, porteur notamment de la réforme des taxis et VTC, évincé du gouvernement pour ne pas avoir payé ses impôts, est un couteau suisse de l'exécutif au Parlement.  

Lors de sa conférence de presse du 18 septembre, François Hollande avait déclaré que son ancien secrétaire d'Etat pendant neuf jours, "n'est pas digne de le rester et pas digne de rester non plus à l'Assemblée nationale parce qu'il ne payait pas ses impôts".
Est-ce à dire que ses collègues ne sont pas plus dignes que cet indigne?

mardi 16 septembre 2014

Vote de confiance: beaucoup de bruit, mais combien de "frondeurs" voteront contre ?

Une trentaine d'abstentions, selon les pronostiqueurs

Un psychodrame pour la galerie
Frondeurs ou matamores médiatiques?
On annonce l'"abstention collective" d'une trentaine de socialistes foireux, auxquels s'ajouteront les Verts radicaux, lors du vote de confiance que sollicite Manuel Valls mardi à l'Assemblée nationale. Le Premier ministre devrait donc disposer d'une marge de sécurité d'une centaine pour ce deuxième vote en cinq mois et le tapage des opposants socialistes n'aura été qu'un gage donné aux Français plongés dans le malheur par l'élection du président Hollande. Toutefois, une majorité relative affaiblirait encore un peu plus ce chef du gouvernement en chute libre dans les sondages.

Christian Paul, le député PS qui orchestre le show de la fronde, prévoit "quelques dizaines" d'abstentions sur l'aile gauche du Parti socialiste, "probablement une trentaine", soit trois fois plus que la fois précédente: en avril 2014, onze députés socialistes et six écologistes s'étaient abstenus. Qui sont-ils? Henri Emmanuelli, Pouria Amirshahi, Pascal Cherki, Jérôme Guedj, Barbara Romagnan, Fanélie Carrey-Comte, Nathalie Chabanne, Jean-Pierre Dufau, Philippe Noguès, Gérard Sebaoun et Suzanne Tallard, les seuls abstentionnistes sur 291 députés du groupe PS. Tous les autres ont voté pour.
"La politique qui est menée n'inspire pas confiance à la majorité des Français", a une nouvelle fois répété le député de la Nièvre sur RTL. "Notre devoir, c'est de nous abstenir."

Mais les frondeurs du PS ne passeront encore pas des paroles aux actes en votant contre. 

"Voter contre, c'est quitter la majorité, voire le Parti socialiste", s'est justifié Ch. Paul. Les frondeurs demandent "une autre politique avec ou sans Manuel Valls". Le pseudo-frondeurs observe qu'"il y a eu un désaveu massif lors des élections du printemps dernier et ce désaveu s'est confirmé depuis", mais Christian Paul, et Martine Aubry, donc, n'ont pas le courage d'entraîner les opposants dans un contre d'une politique qu'ils disent refuser. Ce proche de Martine Aubry a regretté le "gâchis historique" que représentent selon lui les premières années du quinquennat de François Hollande, marquées par un abandon des "engagements de 2012".

Le mouvement des frondeurs sortira inaudible de cette mascarade.
Le député déplore sous les caméras que la politique suivie par le gouvernement n'ait pas "été changée". "Elle a plutôt été approfondie, voire durcie", a même insisté Christian Paul, citant le dossier des seuils sociaux ou du travail dominical, mais ses amis et lui continuent de voter inutile dans les urnes. 
Le comportement des députés frondeurs n'est pas plus cohérent que la ligne politique de l'exécutif.  

mardi 9 septembre 2014

Echecs de Hollande: vers un vote de confiance ou vers la dissolution et la cohabitation ?

A la mi-mandat de Hollande, Valls joue l'avenir de la gauche au pouvoir
Le Premier ministre appelle sa majorité à la responsabilité collective
"Faut pas se crisper", conseille Aubry à Valls
De toute évidence, le vote de confiance que va solliciter le gouvernement le 16 septembre prochain ne s'annonce pas comme une simple formalité pour Manuel Valls. A titre personnel, l'ancienne ministre de l'Ecologie, Cécile Duflot, a fait connaître son refus d'accorder sa confiance à Valls, a annoncé qu'elle ne votera pas la confiance au gouvernement et des députés socialistes "frondeurs" ne font même plus planer la menace de l'abstention. "Nous nous orientons vers une abstention collective et nous pensons qu'il n'est pas possible d'imposer au groupe socialiste une unanimité de façade en raison de l'impasse économique et politique" actuelle, a déclaré cet élu proche de Martine Aubry au côté d'autres animateurs des "frondeurs", Laurent Baumel et Pouria Amirshahi, avant la réunion du groupe socialiste de l'Assemblée.

VOIR et ENTENDRE le parcours de la Ch'tite Martine Aubry, caricature du Judas socialiste:

Vote de confiance : les frondeurs du PS vers "l'abstention collective"

Le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis appelle à la "responsabilité collective", alors que les députés socialistes "frondeurs" faisaient planer la menace de l'abstention, le 16 septembre prochain.
De toute évidence, le vote de confiance que va solliciter le gouvernement ne sera pas une simple formalité pour Manuel Valls. Alors qu'en début de matinée l'anceinne ministre de l'écologie, Cécile Duflot, a annoncé qu'elle ne votera pas la confiance au gouvernement, c'est au tour des députés socialistes "frondeurs" de faire planer la menace de l'abstention.
Une prise de position qui a conduit le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a se bouger. "J'appelle tout le monde à la responsabilité politique" dans "un moment difficile du point de vue politique". Trotskiste un jour, trotskiste toujours, réactive les vieilles scies du PS. Il anticipe déjà le retour de Nicolas Sarkozy, avec le sentiment qu'il "va être sur une ligne d'une rare violence sur le plan économique". Il sait aussi par avance que le Front national "rôde à deux pas du pouvoir." C'était avant la réunion du groupe socialiste à l'Assemblée, à laquelle assiste aussi le Premier ministre Manuel Valls: séparation des pouvoirs oblige !

"Nous nous orientons vers une abstention collective et nous pensons qu'il n'est pas possible d'imposer au groupe socialiste une unanimité de façade en raison de l'impasse économique et politique" actuelle, a répliqué Laurent Baumel, un ancien cadre de la Banque de France (service public) originaire de Charleville-Mézières (Ardennes) et député de  proche de J.-P. Chevènement, d'Henri Weber et de Martine Aubry, aux côtés d'autres animateurs des "frondeurs", tels Jean-Marc Germain, époux Anne Hidalgo, et Pouria Amirshahi ou Christian Paul, avant la réunion du groupe socialiste de l'Assemblée.

V
OIR et ENTENDRE Christian Paul frondeur du PS et proche de Martine Aubry:

A l'extrême gauche, les élus du Front de gauche disent qu'ils ne se posent pas la question d'une éventuelle dissolution et appellent les "frondeurs" à ne pas voter la confiance, comme eux.  "Nous on répondra à la question qui nous est posée. On ne se posera pas la question de la dissolution", a affirmé Marc Dolez, député du Nord, lors d'une conférence de presse. "Notre position est déjà prise et ferme; ce sera un vote d'opposition contre un gouvernement qui engage une politique plus droitière que jamais", a prévenu André Chassaigne, député communiste.

Une session parlementaire à haut risque

Duflot ne votera pas la confiance au gouvernement de Manuel Valls
L'ancienne ministre de Valls est plus catégorique. Elle a fait l'annonce de sa détermination alors que s’ouvre une session parlementaire à haut risque pour l’exécutif. Pour faire tomber les incertitudes ce matin sur RTL, elle a profité que les "frondeurs" du PS évoquent aussi une abstention collective ce matin: " Les conditions ne sont pas remplies pour faire confiance à la politique qui est menée ". La députée de Paris -par la grâce du PS- indique ne pas pouvoir voter la confiance "sauf à ce qu’il y ait un grand changement." 
"Je ne crois pas (...) que cette politique va fonctionner", a insisté l'écologiste radicale, prononçant ainsi une sorte de sentence de mort, disant refuser " cette assignation" du gouvernement. Sans pour autant être passée dans l’opposition.

L’écologiste, ancienne ministre du Logement, a fait cette annonce mardi, alors que s’ouvre une session parlementaire à haut risque pour un couple exécutif miné par l'absence de résultats économiques et par l’impopularité record de François Hollande, elle-même entretenue par des "affaires", et par le dévissage du Premier ministre dans les sondages. Dernière en date, la sortie de Thomas Thévenoud du PS . Thomas Thévenoud, secrétaire d’Etat de neuf jours, suite à trois années de fraude fiscale - qualifiée d'"indélicatesse" (sic) - alors qu'il était membre de la commission parlementaire chargée de la combattre, a tout de même choisi, et obtenu, de conserver son mandat de député, évitant ainsi au PS de perdre une nouvelle voix à l’Assemblée.

Le 16 septembre, le Premier ministre engagera la responsabilité de son nouveau gouvernement, sachant que le vote sur sa déclaration de politique générale s’annonce serré à l’Assemblée nationale. Manuel Valls espère rassembler son camp en appelant à la solidarité raisonnée des députés peu assurés de retrouver leur siège en cas de dissolution et en brandissant l'épouvantail des loups du FN "aux portes de Paris. 
Manuel Valls affiche sa confiance sur ce vote du même nom. 
Le danger est portant réél à l’Assemblée, qui a constitutionnellement le dernier mot. Le 10 députés du Front de gauche se situent dans l’opposition depuis plusieurs mois, les 18 députés écologistes refusent souvent de voter les textes gouvernementaux et les "frondeurs" de l'aile gauche du PS seraient passés à environ 30. Un total de 58 opposants à la ligne socio-libérale de Valls, présenté comme le vice-président. Après que ses 17 députés ont votés contre la réforme territoriale, les radicaux de gauche restent pour l’instant fidèle à la majorité.
La majorité absolue étant de 290, cette majorité présidentielle ne dispose que d'une voix d'avance (290) membres. Le vice-président Valls fanfaronne néanmoins du haut de ses 30% de sondés à lui faire encore confiance, soit 14% perdus en un seul mois.
Valls avait annoncé la semaine dernière sur France 2 que le discours de politique générale qu'il prononcera devant l'Assemblée engageant la responsabilité du gouvernement par un vote de confiance aurait lieu "en septembre ou en octobre". Pourtant,c'est finalement un vote d'urgence qui a été fixé le 16 septembre.
Ce matin, le gouvernement s’annonce "serein" sur le vote de mardi, comme le certifie Jean-Marie Le Guen ce mardi à Libération.
"L’appel des 100", qui lança le mouvement, comptait un peu plus de 80 députés du groupe SRC (qui comprend les membres du PS et quelques apparentés). Mais lors du vote sur le pacte de stabilité présenté par Manuel Valls, le 29 avril, ils n’étaient que 41 à s’abstenir dans le groupe, ce qui est à ce jour leur record. Et trois, n’appartenant pas au PS mais au MRC, avaient voté contre. Sur les 564 votants ce jour-là, 242 députés SRC avaient voté «pour», ce qui ne suffisait pas à atteindre la majorité absolue de 249 voix. Le vote était passé assez largement (265 pour, 232 contre) grâce à l’appui des radicaux, de quelques écologistes et même d’un UMP, Frédéric Lefebvre.

dimanche 24 août 2014

Hamon et Montebourg, ministres francs-tireurs du gouvernement Valls

Les deux histrions critiquent la politique économique du gouvernement

Le ministre de l'Éducation nationale a publiquement rejoint le ministre de l'Économie
dans sa critique de la politique du gouvernement, estimant dimanche qu'ils ne sont "pas loin des frondeurs" du PS. 

A la suite de Montebourg qui a dénoncé la politique d'austérité, samedi dans Le Monde, B. Hamon fait à son tour entendre ses critiques, dans Le Parisien, contre les choix budgétaires du président François Hollande et de son Premier ministre Manuel Valls.

Benoît Hamon est d'ailleurs l'invité vedette dimanche de la Fête de la Rose organisée par Arnaud Montebourg dans sa circonscription de Saône-et-Loire, aux côtés de plusieurs députés "frondeurs" comme Christian Paul, Laurent Baumel ou encore Jérôme Guedj.

La ministre de la Culture Aurélie Filippetti a quant à elle lâché  dans la matinée un message ambigü sur Twitter:

"La relance de la demande est la condition de la réussite de la politique de l'offre qui a été faite depuis deux ans." "On ne peut rien vendre aux Français s'ils n'ont pas des revenus suffisants", vulgarise le populiste Benoît Hamon, faisant l'impasse sur le Commerce extérieur dans Le Parisien/Aujourd'hui en France. 

Comme son collègue de l'Économie, Hamon dénonce aussi la politique allemande. Les ministres en  échec du redressement selon Hollande reprochent sa réussite à la chancelière allemande. Angela Merkel "ne peut plus être celle qui donne le 'la' de l'orientation européenne. L'Allemagne sert ses intérêts personnels, pas ceux de l'Europe", se plaignent ceux qui ne savent pas comment faire aussi bien.

Hamon confirme qu'il a, comme Montebourg, un pied dedans et l'autre dehors. 
"Arnaud et moi ne sommes pas loin des frondeurs" socialistes du Parlement.  Très critiques du gouvernement auquel ils appartiennent,  Hamon explique leur ambiguïté. "Notre volonté est d'être au service d'un rassemblement de la gauche et de peser au sein du gouvernement." "Notre problème n'est pas d'en prendre la tête", insiste-t-il.

Les "frondeurs" de la gauche du PS ont mis le ver dans la pomme du gouvernement 

Le frondeur Christian Paul s'est dit "heureux que nous ayons ouvert la brèche au mois d'avril et heureux que ce débat ait lieu au sein du gouvernement", y voyant "le moyen pour une démocratie, assiégée par les marchés et qui traverse une crise aiguë et durable, de s'en sortir".

Parlant d'une "communauté d'analyse" entre la demande des frondeurs d'un "plan d'urgence" et l'"électrochoc" prôné par Montebourg, Ch. Paul défend la dimension "européenne" de la situation: "Il est grand temps que ce débat européen ait lieu", martèle-t-il, récusant l'idée d'un débat "socialo-socialiste".

Roger Karoutchi dénonce en revanche un "vrai problème" franco-français "de fonctionnement de la République"
A l'inverse de Ch. Paul, le sénateur UMP des Hauts-de-Seine est interloqué par les sapeurs de la Ve République, promoteurs d'une VIe conforme à la IVe. "C'est la première fois qu'un ministre se dit totalement opposés à la politique économique tout en étant en charge et reste au gouvernement. C'est du jamais vu sous la Ve. On peut continuer à décrédibiliser la République, on n'est plus à ça près, mais halte au feu!"
Pour lui, "soit les ministres en contradiction absolue avec la ligne démissionnent et rejoignent les frondeurs - c'est la logique du système de la Ve République; soit cela veut dire que le président et le Premier ministre, déjà très affaiblis, sont totalement discrédités".
Selon le dernier baromètre Ifop pour le Journal du dimanche, François Hollande perd un point de popularité (17%) et Manuel Valls enregistre une chute de 9 points pour s'établir à 36%.

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, avait déjà estimé samedi soir que Arnaud Montebourg se "doit de démissionner" si "ses convictions sont sincères". 

En attendant la VIe république, le gouvernement Valls est menacé d'implosion.
Comment Hollande pourrait-il croire en ses promesses dans ce climat de défiance généralisée? 
"Seigneur, protège-moi des socialistes; mes ennemis allemands, je m'en charge", répondent les Français.