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vendredi 28 septembre 2018

L'avocat d'Alexandre Benalla annonce qu'il lâche l'affaire

Un largage décidé ... "en accord" avec son client

Maître Laurent-Franck Liénard renonce à la défense de l'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron




L'avocat a choisi Facebook - et non la presse - pour faire cette annonce, mercredi 26 septembre : il n'assurera plus la défense de l'ancien chargé de mission de l'Elysée. "En accord avec Monsieur Benalla, j'ai décidé de quitter sa défense pour les faits du 1er mai. Je lui souhaite beaucoup de courage pour affronter la suite", écrit l'avocat, sans donner plus de précisions.

Cette annonce intervient alors que son client doit pourtant être entendu par les magistrats, qui l'ont mis en examen pour violences en réunion : son premier interrogatoire doit avoir lieu vendredi 28 septembre.


Cette décision pourrait être en lien avec le selfie de son client s'exhibant avec  une arme au poing dans un restaurant de Poitiers, alors que le candidat Macron se trouve dans un salon privatisé voisin.

L'intime du président n'était pas censé détenir une arme. La question est même celle de la preuve qu'il avait un port d'armes. Pour autant, mardi 25 septembre, Laurent-Franck Liénard avait fait part de son agacement concernant le traitement médiatique de cette scène par le site révolutionnaire trotskiste Mediapart.

"Alors qu'il y a des choses sérieuses à traiter dans ce dossier, je m'étonne, qu'on continue à chercher des éléments tous azimuts pour nuire à la réputation de Monsieur Benalla. Lâchez-le !", avait-il lancé, exaspéré par l'enquête parallèle menée par la presse. 

Le timing de cette annonce par la presse d'investigation, qui intervient à moins de 48 heures d'une audition décisive, n'est pas anodin, mais apporte une pièce utile au dossier, quand l'enquête policière semble au point mort.

Que cet avocat spécialisé dans la défense des membres de forces de l'ordre abandonne son client en rase campagne est une autre source d'étonnement.

mardi 25 septembre 2018

Alexandre Benalla dégaina son arme à feu pour un selfie

Mediapart diffuse un selfie de Benalla, arme au poing

Le site révolutionnaire trotskiste a publié une photo de l'ex-collaborateur de Macron, arme à la main... qu'il ne pouvait détenir hors du QG d'En Marche! 

Il n'était pas autorisé à la détenir hors du QG d'En Marche! 


Cette photo, révélée par Mediapart lundi, aurait été prise la nuit du 28 avril 2017. Elle présente l'ex-chargé de mission arme à la main. Or, à cette époque, Emmanuel Macron est candidat à la présidentielle et Alexandre Benalla chargé "de la sûreté et de la sécurité" d'En Marche!. Il aurait dit ce soir-là à la jeune femme, auteure du selfie, qu'une "surprise" l'attendait sur la photo. 

S'il s'agit de son arme, cela pose un problème majeur, car à cette date, Alexandre Benalla n'a pas d'autorisation de port d'armes. Ce selfie, dans un restaurant de Poitiers, met également à mal la parole de l'ancien collaborateur de l'Elysée. 

"On fait la demande d'acquérir et de détenir des armes dans le QG. Et on obtient finalement de la préfecture de police l'autorisation de détenir des armes, des Glock 17, de mémoire, mais dans le QG uniquement," expliquait tranquillement Benalla dans un entretien exclusif au Monde en date du 26 juillet. Et d'insister lorsqu'on lui demande s'il est déjà sorti avec son arme, "non, jamais. On n'est pas mabouls, il y a un risque pour la réputation du candidat...

"Je ne me suis jamais fait prendre en photo avec une arme"


Contacté par Mediapart, l'ancien intime d'Emmanuel Macron a assuré n'avoir "jamais porté à la ceinture une arme à feu à l'extérieur du QG de campagne". "Je ne me suis jamais fait prendre en photo avec une quelconque arme pendant la campagne", "encore une fake news", "je ne pense pas que vous ayez une spécialité technique en photomontage", s'est-il défendu. 

Qui est le vrai Benalla ?

Alexandre Benalla, ex-collaborateur du président Emmanuel Macron.

Mediapart affirme que les métadonnées de la photo confirment qu'elle a bien été prise le 29 avril 2017 depuis la caméra frontale d'un iPhone SE, aux coordonnées GPS qui indiquent bien à l'adresse du restaurant où Emmanuel Macron avait fait escale durant sa campagne
Mediapart affirme également que le selfie n'est pas retouché, car "l'image est uniforme et ne fait pas apparaître de zone avec un niveau de compression différent." L'avocat d'Alexandre Benalla dénonce pourtant une publication "erronée". 

Alexandre Benalla, ancien chargé de mission de l'Elysée est en outre accusé d'avoir violenté deux militants d'extrême gauche lors des manifestations du 1er mai, nous a offert un véritable feuilleton cet été. Visiblement, la série n'est pas terminée, d'avoir fait accélérer le bus des Bleus à leur retour du Mondial, frustrant la foule sur son passage, et d'avoir utilisé l'image du chef de l'Etat à son insu sur un site de rencontres...  

Avec ce selfie, Mediapart exulte : "Cette fois, Alexandre Benalla est pris en flagrant délit de mensonge," à Poitiers, dans une alcôve fermée occupée par des membres du service d’ordre du candidat, proche du salon privé réservé au candidat des riches. A la fin du repas, vers minuit et demi, une jeune serveuse sollicita un selfie avec trois autres personnes.

"Pourquoi Alexandre Benalla était-il armé pour ce déplacement du candidat et de quelle autorisation bénéficiait-il ce jour-là pour porter cette arme ? Impossible de le savoir. L’Elysée se retranche derrière l'enquête judiciaire ouverte et Alexandre Benalla a annulé au dernier moment le rendez-vous prévu avec Mediapart."

lundi 13 avril 2015

Parti socialiste fracturé sur l'essentiel: l'économie

La semaine du Congrès, décisive pour le PS

Les grandes manœuvres pour le congrès de Poitiers (du 5 au 7 juin) 

Ville et département perdus par le PS...
Elles ont duré jusqu'à la date limite du dépôt des motions, fixée au vendredi 10 avril à minuit. Ces textes d'orientation de la ligne du parti, qui seront soumis au vote des adhérents le 21 mai, permettront de désigner le premier secrétaire du parti.
Le suspens est très léger, car Jean-Christophe Cambadélis devrait conserver le poste où il avait été coopté. Certes, "Camba", ex-trotskiste dont le nom de révolution était "Kosta" (le Grec) n'était pas tranquille jusqu'à ce que Martine Aubry se couche... (sur sa liste) ! Après avoir menacé mardi devant ses proches de faire sa propre motion si elle ne recevait pas d'ici une semaine "des signaux forts" de l'exécutif, l'amère de Lille, affaiblie par la perte du Conseil générale PS aux dernières départementales, s'est finalement résignée ce mardi à apporter son soutien à la motion de synthèse que déposera le patron du PS. Plusieurs lieutenants d'Aubry, comme les députés Jean-Marc Germain (époux Hidalgo Âne) et François Lamy, devraient eux aussi signer la motion du premier secrétaire. Au grand dam de certains frondeurs. "Tous les gens qui pensent la même chose devraient être dans la même motion", déplore l'un d'entre eux. "Aubry n'a pas envie d'être première secrétaire. Sans elle, ça nous enlève la force de son aura", avoue un autre, en déshérence.
Pendant que l'aile gauche se réunissait presque tous les jours, l'aile droite du PS n'était pas en reste. Le Pôle des réformateurs souhaite d'ailleurs que plusieurs de ses orientations soient prises en compte par Cambadélis.

Ce que les socialistes tentent de faire passer aux Français tient en 160 pages d'un jargon archaïque et de formules ringardes susceptibles de ne choquer personne. Les quatre motions en lice pour le congrès de Poitiers, du 5 au 7 juin, ont rendu leur copie, samedi 11 avril, lors du conseil national du parti. Chacune a son style : 

- la motion A incarnée par l'apparatchik Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire coopté du parti, lance une adresse aux Français pour "Le renouveau socialiste", forme un large assemblage hétéroclite, d'un Gérard Collomb, droitier, à une Martine Aubry, frondeuse ralliée pour mieux nuire de l'intérieur; 

Guedj, Baumel, Amirshahi et Maurel,
au premier rang
- la motion B des frondeurs authentiques, que Christian Paul anime à l'aile gauche du PS (dont Daniel Goldberg), avec le chauffeur de salle, Benoît Hamon, dont les relations avec Martine Aubry sont très mauvaises (et Guillaume Balas, Pouria Amirshahi), en attendant le retour d'Arnaud Montebourg, et qui propose "un contrat de majorité" pour ressouder la gauche. "Notre motion dément tous les pronostics des gens qui n'ont pas intérêt à la voir exister", se console de son côté un autre frondeur, Laurent Baumel, comme Gaëtan Gorce ou Emmanuel Maurel;

- la motion C, "Osons un nouveau pacte citoyen et républicain" avec Florence Augier, secrétaire nationale chargée de la vie associative et proche de Pierre Larrouturou, de feu Stéphane Hessel et d'Isabelle Attard (ex-EELV);

- et la motion D ,"La fabrique socialiste" portée par Karine Berger, qui - outre Liem Hoang Ngoc, Alexis Bachelay Valérie Rabault, et Yann Galut (ci-contre) - décline avec la précédente motion un catalogue de près de 200 propositions concrètes.

Aussi vigoureux que théorique, le rejet du "social-libéralisme" de Valls semble réunir les quatre listes

L’ensemble des textes tente la quadrature du cercle socialiste
Emmanuel Cosse (EELV) joue
sa partition de violon auprès de Valls
si global et flou qu'il puisse être. Pour l'occasion, il s’inscrit dans l’éco-socialisme, sorte de social-écologie (exemple du jargon PS), qui se veut une "synthèse entre la social-démocratie et l’écologie politique" (motion A). 
"Dans la social-écologie, la valeur n’est pas dans la quantité de biens produits, mais dans la qualité de biens partagés", maintient toutefois la motion D. 


Globalement, chaque texte articule sa réflexion en déclinant les valeurs républicaines. "Au-delà des valeurs durables du socialisme, l’égalité sans laquelle il n’y a pas de liberté, la laïcité, l’internationalisme, le féminisme, le progrès social et écologique, la nouvelle social-démocratie doit porter l’idée d’une société"... 
Et la ligne économique, trop clivante ?


lundi 2 mars 2015

Marignane: un mort dans les Bouches-de-Rhône où Valls a montré les muscles

La sécurité ne dépend pas d'un froncement de sourcil de Valls

Un super préfet pour le département de Jean-Noël Guérini
(ex-PS)


Septembre 2012: accompagné de la ministre de la Justice, Christiane Taubira, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, avait installé le nouveau préfet des Bouches-du-Rhône, Jean-Paul Bonnetain, 62 ans, a été officiellement installé à son poste vendredi matin à Marseille par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, accompagné de de la ministre de la Justice Christiane Taubira. "C'est un homme de terrain, pragmatique, fin connaisseur des questions de sécurité, qui a toutes les compétences et qualités pour relever une mission difficile qui le passionne déjà", avait assuré Manuel Valls devant un parterre d'élus, de magistrats, de policiers et de gendarmes. 
Ses pouvoirs seraient étendus (de Nice à Montpellier, notamment) par rapport à ceux de son prédécesseur et on allait voir ce qu'on allait voir...
"Nous n'allons pas capituler; il faut que ça s'installe dans les têtes que
l'Etat ne s'en va pas, que l'Etat est revenu", avait clamé de son côté la ministre de la Justice, l'illustre Christiane Taubira...

Février 2013: "Si je viens régulièrement à Marseille, c'est pour suivre cette priorité que je me suis fixée: assurer la tranquillité à laquelle les Marseillais aspirent", avait commenté Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, en inaugurant avec le sénateur-maire Jean-Claude Gaudin le nouveau centre de supervision de la vidéosurveillance mis en place par la ville.

Vauzelle, Valls, Mennucci (derrière) 
et Vallaud-Belkacem (février 2015)
Mars 2013: Au lendemain d'une fusillade à la kalachnikov qui avait fait deux morts et un blessé en plein cœur de la cité des Bleuets, dans le XIVe arrondissement de Marseille, Manuel Valls avait claironné l'envoi de deux escadrons de gendarmerie mobile et deux compagnies républicaines de sécurité dans les quartiers sensibles de la Cité phocéenne, notamment pour lutter contre les homicides. Soit un renfort d'environ 240 policiers et gendarmes supplémentaires pour appuyer les forces de l'ordre de la ville. "Un renfort de ce type nous donne un sentiment de déjà vu puisqu'il a déjà imaginé par d'anciens ministres de l'Intérieur sans que cela ne règle le problème", avait prévenu David Olivier Reverdy, représentant du syndicat Alliance Police nationale pour la zone Méditerranée. Et les dernières mesures prises par Christiane Taubira, visant à trouver une alternative à la prison, n'étaient pas de nature à les rassurer.

10 février 2015: Valls, promu premier ministre, avait cette fois mis l’accent sur le volet social du plan de sécurité et de cohésion sociale
bâti pour la ville par l’ancien gouvernement Ayrault à l’automne 2013. "Les barrières doivent tomber !"

VOIR et ENTENDRE
 le premier ministre vanter la sécurité retrouvée:

Un homme tué à la kalachnikov au p'tit déj...

Un "homme" a été abattu à la boulangerie "Le Fournil de la barque' à 7h45 sur une grande avenue à la sortie de Marignane, à deux pas de l'aéroport, en direction de la commune voisine de Châteauneuf-les-Martigues. Le décès de la victime n'est pas survenu immédiatement. Les clients présents dans le commerce au moment de l'attaque sont en état de choc, sans assistance psychologique. 
Une habitante a témoigné du climat de terreur qui règne parfois dans les Bouches-du-Rhône. "Il y a un an, j'étais dans un autre salon du coin et j'ai été agressée avec cagoule, pistolet sur la tempe. A un moment donné, il y a un ras le bol, on se dit 'mais qu'est-ce qui se passe? Qu'est-ce qu'on fait?" Une vidéo existe à l'antenne, mais BFMTV ne la rend pas accessible sur le Net...

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'opération aurait été menée par quatre "hommes" qui se trouvaient à bord d'une Seat Ibiza. L'un d'entre eux serait sorti de la voiture pour se rendre sur la terrasse de l'établissement et faire feu. Les quatre individus ont ensuite pris la fuite.
L'artisan-boulanger a fait part de sa stupéfaction: "Ça fait trois ans que je suis ici, c'est très calme, il n'y a pas risques, rien du tout. Ça nous a surpris," assure le commerçant...

L' "homme" visé était âgé de 36 ans. Il est connu des services de police pour des faits de petite et moyenne délinquance, notamment liés au trafic de stupéfiants. Selon l'un des clients de la boulangerie, la victime était un habitué des lieux. Il prenait son café tous les matins, au même endroit, à l'entrée de la terrasse.

Une riveraine rapporte que 4 ou 5 coups de feu auraient été tirés. Un "homme" habillé d'un sweat orange aurait ensuite sauté par-dessus le grillage de la terrasse de la boulangerie et se serait enfui.

Un petit tour de Valls et les règlements de compte continuent

Marseille avec vue sur La Castellane
Si la piste du règlement de comptes devait se confirmer, il s'agirait du 3e depuis le début de l'année dans les Bouches-du-Rhône présidées par le socialiste Jean-Noël Guérini. 

Le dernier en date a eu lieu le 1er février à Gignac-la-Nerthe (PS), lorsqu'un homme de 25 ans a été tué de plusieurs rafales de fusil d'assaut. Son assassin n'a pas été arrêté.

Le premier avait eu lieu dans la nuit du 14 au 15 janvier dans une cité des quartiers nord de Marseille connue pour être un important centre de trafic de stupéfiants, plus précisément à La Castellane, aux alentours de 10h15 quelques heures avant le passage du Monsieur Muscle de Matignon. Intruse en cette zone de non-droit, la police a été visée lors de l'intervention, mais c'est un "homme" de 25 ans qui avait été abattu à la kalach d'une balle dans la tête. Selon Bernard Cazeneuve, 7 kalachnikovs et plusieurs kilos de drogue auraient été retrouvés. 

"Nous avons été 'rafalés' à notre arrivée sur place", a déclaré Pierre-Marie Bourniquel, directeur départemental de la sécurité publique, qui était dans l'une des trois voitures prises pour cible et "clairement identifiées comme étant des voitures de police", précisant que personne n'a été blessé. Malgré la présence de Superman sur place, et l'entrée  dans la cité des hommes du GIPN  à bord d'un véhicule blindé vers midi, le/les tueur(s) courent toujours. Henri Jibrayel, député PS de Marseille, a vivement réagi après les tirs de kalachnikov, dénonçant "un état de non-droit à la Castellane" à Marseille où se dresse le Conseil général socialiste.
VOIR et ENTENDRE une habitante confier son ras-le-bol de la violence, mais sa colère contre l'inaction du pouvoir a été coupée, ce qui s'appelle "auto-censure":

Saisie de l'enquête, la PJ de Marseille devrait faire d'autant plus diligence que la zone aéroportuaire est d'autant plus surveillée que le pays reste placé en alerte maximale Vigipirate attentats...
VOIR et ENTENDRE la sénatrice Samia Ghali (PS) confirmer que la population vit "la peur au ventre": 

Pour information, des coups de feu ont également éclaté ce lundi après-midi dans le quartier de Beaulieu, à Poitiers, PS (Vienne), et trois personnes ont été blessées, dont une grièvement, rapportent plusieurs médias locaux.

Il n'est pas certain que Manu vienne se montrer à Marseille ou à Poitiers pour sa campagne des Départementales, mais le maire PS d'Istres, François Bernardini, est prêt à tout pour le recevoir...


jeudi 21 août 2014

Poitou-Charentes n'a plus envie de revoir Ségolène Royal !

La ministre est à Paris; qu'elle y reste !

Ségolène Royal s'est faite rare en Poitou-Charentes ces derniers mois
et les habitants se sentent soulagés. 

À tel point que l'ancienne présidente de région pourrait sécher l'université d'été 2014 du Parti socialiste à La Rochelle. 

"Elle n'est pas sûre d'y avoir un bon accueil"
, explique le député et président  UMP du Conseil général de la Charente-Maritime, Dominique Bussereau. En effet, en s'éloignant, la ministre de l'Écologie a laissé le champs libre à ses nombreux détracteurs, jusque dans son propre camp. Elle avait fait une brève apparition à l'université d'été l'année dernière, mais son impopularité n'a cessé de croître et, cette année, elle pourrait renoncer. 

Les "camarades" qu'elle a maltraités se trouvent à La Rochelle. Il s'agit du maire de La Rochelle, Jean-François Fountaine, à qui elle refusait la parole au Conseil régional, et du député de la Charente-Maritime, Olivier Falorni, le candidat socialiste légitime que Paris avait tenté d'écarter au profit de Ségolène Royal, qui  a été préféré à la parachutée dans les urnes en 2012. Or, l'usage veut que le maire de La Rochelle ouvre l'université d'été du PS: même l'ex-maire PRG Michel Crépeau le faisait en son temps. Solférino a sollicité Fountaine, bien qu'il ait été exclu du parti lors des municipales: il s'était également présenté à la mairie en dissident face à la candidate officielle du parti, Anne-Laure Jaumouillié. Cette désignation parisienne avait provoqué la colère de la fédération socialiste de Charente-Maritime. Olivier Falorni critiqua la réaction des militants locaux : "C'est une volonté de revanche des ségolénistes", estima-t-il, qui chercheraient à isoler le tandem qu'il forme avec Fountaine. Dans son viseur, Mickaël Vallet, à la tête de la fédération PS de Charente-Maritime et soutien de Ségolène Royal. Pour ce dernier, Falorni et Fountaine jouent trop sur "l'effet répulsion" qu'inspire de plus en plus souvent la personnalité de Ségolène Royal.
VOIR et ENTENDRE ce qu'est la "démocratie participative, selon S. Royal:

"Tous lui en veulent terriblement"

Ségolène Royal perd de plus en plus de soutiens. La polémique autour du projet de construction d'un tronçon d'autoroute entre Fontenay-le-Comte et Rochefort, sur lequel elle a tenté d'opposer son veto, l'a grandement isolée. "Elle a mis tout le conseil général en porte à faux", souligne Jean-François Fountaine. "Tous lui en veulent terriblement", ajoute un élu UMP du Conseil général de la Charente-Maritime. Et ils n'ont pas manqué de le lui faire savoir. Des personnalités locales, dont de nombreux socialistes, ont demandé à Manuel Valls de trancher, requête à laquelle le Premier ministre a répondu... à la défaveur de Ségolène Royal.

Dans les Deux-Sèvres aussi, le terrain est miné pour la ministre. Dans la circonscription de son ancienne protégée Delphine Batho, devenue sa rivale, elle s'est trouvé une nouvelle ennemie : la socialiste Geneviève Gaillard, députée et ex-maire de Niort, dont la défaite aux municipales face à un candidat centriste - soutenu par l'UMP - n'a pas spécialement ému Ségolène Royal, qui a salué le soir même "la victoire d'une liste de large rassemblement sur une liste de divisions et de cumul des mandats". Une pique adressée directement à Geneviève Gaillard, qui crie, en retour, à une cabale. 
D'importantes villes de gauche ont basculé aux dernières municipales et la déclaration de l'ex-présidente de Poitou-Charentes a de quoi étonner, elle qui a pourtant besoin de s'attirer des soutiens. Angoulême a été remportée par la droite, alors qu'elle avait été raflée en 2008 par Philippe Lavaud, proche de Royal. Unique petite consolation, le nouveau président du Grand Angoulême, le socialiste Jean-François Dauré - qui a succédé à Philippe Lavaud -, a confié son cabinet à un ancien chargé de mission de Royal, Aurélien Tricot.

Avis de gros temps 

Angoulême : près de 600 personnes ont manifesté
pour le rattachement des Charentes à l'Aquitaine
La ministre de l'Écologie tente de conserver son leadership en Poitou-Charentes. Ainsi, pendant le feuilleton de la réforme territoriale elle a suggéré un rapprochement avec les Pays de la Loire plutôt qu'avec l'Aquitaine, provoquant la colère d'élus locaux, droite et gauche confondues en juin dernier. Peut-être, avec une telle proposition, entend-elle éviter une rivalité avec le président de la région Aquitaine, Alain Rousset, un socialiste localement influent, qui risquerait de lui asséner le coup de grâce en région.  "Rousset pèse lourd au niveau des fédérations", estime Olivier Falorni. 
Jean-François Macaire, successeur de Royal à la tête de la région Poitou-Charentes, prétend en revanche que proposer de se rapprocher des Pays de la Loire est, au contraire, une "prise de risque électorale" pour Royal, un rapprochement avec l'Aquitaine lui paraissant beaucoup plus bénéfique électoralement : "Lorsqu'il a plutôt été question de se rapprocher de l'Aquitaine, on nous a même accusés de faire des arrangements électoraux pour établir une région forteresse pour la gauche !" raconte-t-il à qui veut l'entendre. 

Malgré tout, à l'approche des sénatoriales, les derniers royalistes affichent de la confiance. Ils sont convaincus que la tête de liste en Charente-Maritime Bernard Lalande, étiqueté "ségoléniste", va rafler son siège à la droite sortante. Pour cela, ils comptent beaucoup sur le vote des élus ruraux, qui apprécieraient particulièrement la ministre, surtout quand ils appartiennent à la Confédération paysanne qu'elle a favorisé au détriment de la FNSEA. Bernard Lalande, décrit par un de ses soutiens comme un "ultra-ultra-rural", pense que le label "Royal" est un réel avantage. "Elle respecte les ruraux, lorsqu'elle vient dans les petites communes, il y a toujours beaucoup de monde pour l'accueillir," affirme-t-il.
Pour le maire de La Rochelle, Jean-François Fountaine, à l'inverse, si Lalande espère remporter les sénatoriales, le candidat socialiste devra "ratisser large": "Il faudra qu'il prenne des distances avec son image ségoléniste." 
On l'a compris, tout se jouera autour du rejet -ou non- de Ségolène Royal. Et le malaise est cette fois plus profond que les décolletés que la ministre de l'Écologie a tenté d'imposer en avril dernier par le biais d'un code vestimentaire.

vendredi 17 août 2012

L'indésirable Ségolène Royal se fait écarter du PS

Royal sera bien absente de l'université d'été PS 

Ségolène Royal n'ira pas à l'université d'été du PS à La Rochelle 

Oh, la boudeuse !


Elle changera donc d'hémisphère et se rendra alors en Afrique du Sud pour le congrès de l'Internationale socialiste dont elle est l'un des vice-présidents, a-t-elle indiqué jeudi. La première concubine du président Hollande a fait savoir qu'elle irait se faire voir le 23 août en Afrique du Sud, pour préparer avec le bureau de l'Internationale son congrès au Cap (30 août-1er septembre). Elle pourrait également rencontrer des personnalités sud-africaines, dont l'ancien président Nelson Mandela, si sa santé peut supporter un tel tête-à-tête. 

L'amère Royal a admis que son absence de La Rochelle du 24 au 26 août est un "non-événement", après avoir pourtant regretté sur France 3 Poitou-Charentes, qu'elle ne soit "pas indispensable au Parti socialiste" réuni en université d'été. 
"Il y a tous les militants qui sont là pour réfléchir, il y aura beaucoup de responsables du Parti socialiste. Il n'est pas indispensable que JE sois ...partout", a-t-elle estimé, au moment de faire une infidélité au PS. "Je suis une femme politique libre et J'utilise mon temps de la façon la plus utile possible", a-t-elle ajouté sur France 3, non sans mépris. "En toute liberté, j'ai fait le choix d'aller à l'Internationale socialiste (...), car je crois que nous avons à réfléchir ensemble à un autre modèle de société" face à la crise.

La paria socialiste met un pied chez les Ecolos

La présidente de la région Poitou-Charentes a dans le même temps annoncé qu'elle ferait une apparition le 22 août à Poitiers (Vienne) à l'ouverture des Journées d'été d'Europe Ecologie les Verts. "Je m'exprimerai en tant que présidente de la région, de région écologique", a déclaré celle qui fut une ministre fugitive de l'Environnement de Pierre Bérégovoy, il y a 20 ans (1992-1993).

Elle ira ajouter du désordre au désordre de l'université d'EELV.
Sur son absence à La Rochelle, elle a persiflé, se disant "touchée qu'on se préoccupe quand je suis quelque part, qu'on se préoccupe aussi quand je ne suis pas quelque part". Elle a toutefois rappelé qu'elle se rendait "régulièrement" à La Rochelle en tant que présidente de région. 

Investie par le PS et soutenue par le président François Hollande, son ancien compagnon, l'ex-candidate malheureuse  à la présidence de la République en 2007 avait été battue aux législatives de juin à La Rochelle par un petit élu socialiste dissident, Olivier Falorni, avec le soutien malveillant de la concubine actuelle du chef de l'Etat, Valérie Trierweiler, et la parachutée  s'était vautrée au pied du perchoir de l'Assemblée nationale.