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jeudi 13 février 2020

Benalla, victime de discrimination à l'embauche à l'Assemblée

Richard Ferrand pratique-t-il le "contrôle au faciès" à l'entrée du Palais Bourbon ?

Le président de l'Assemblée a refusé l'accès de l'Assemblée au Franco-marocain Alexandre Benalla

Richard Ferrand a rejeté la demande de badge d'accès du député Joachim Son-Forget pour Alexandre Benalla (au service de Martine Aubry, ci-contre), dont il voulait faire l'un de ses collaborateurs. L'ancien conseiller du président de la République, et chaperon de l'épouse Macron, a réagi sur RTL.

"On est en train d'inventer un 'règlement Benalla'". Sur RTL, Alexandre Benalla crie au scandale depuis qu'il a pris connaissance du refus d'un badge par le président Ferrand qui lui aurait ainsi autorisé l'accès à la maison du peuple. 

Dans une note interne, le Palais Bourbon confirme en effet son "refus de délivrer un badge à Alexandre Benalla". Cette décision s'appuie "sur un point de réglement, à savoir qu'Alexandre Benalla a créé une entreprise oeuvrant dans le lobbying et l'influence, ce qui en interdit la fonction de collaborateur occasionnel permettant l'accès au site".

L'ancien conseiller du Président Macron conteste ce refus au faciès

"Les seules restrictions qui sont mentionnées dans le règlement intérieur de l'Assemblée nationale sont celles qui concernent les collaborateurs salariés. Moi la demande qui a été faite, c'est un badge d'accès. On appelle ça collaborateur bénévole, dans le cadre de mes fonctions au comité exécutif de 'Valeur Absolue' (le mouvement de Joachim Son-Forget, un ex-UDI-Agir qui a pris bouche avec Marion Maréchal-Le Pen)."

Alexandre Benalla "traité comme un coupable." Un arabe coupable ?


Or, depuis 2018, les contrôles au faciès contrôles discriminatoires de police ou de vigile - sont jugés comme du "racisme conscient ou inconscient"... Noirs et arabes seraient vingt fois plus contrôlés que les autres et Benalla, qui a modifié son prénom de naissance 'Maroine' en 'Alexandre', est né de parents marocains séparés, comme on dit en France quand le père est polygame.


Et il se trouve - coïncidence malencontreuse - qu'une enquête du ministère du Travail, confiée à des "chercheurs du CNRS", selon les uns, mais campagne de 'testing' menée par des "chercheurs de l’université Paris-Est-Créteil", selon les autres : tous choisissent quoi qu'il en soit une hypothèse de recherche), et basée sur 5.000 tests réalisés auprès de 40 sociétés, assure que les discriminations à l’embauche sont encore une réalité. Et de citer sept grandes entreprises épinglées, livrées à l'opprobre public (Air France, Accor, Renault, ou encore Altran, Rexel, Arkema et Sopra Steria… soupçonnées par le gouvernement français de "présomption de discrimination à l’embauche", elles ont fait part de leur "indignation" et mettent en cause la "méthodologie" utilisée.) L'Assemblée nationale ne doit-elle qu'à son statut d'institution républicaine d'échapper à la honte publique ?
Député des Français de l'étranger (représentant des Français de Suisse et du Liechtenstein), Joachim Son-Forget avait fait la demande pour un badge d'accès au palais Bourbon au nom de l'ancien garde du corps de Macron, car il veut en faire son assistant parlementaire. "J'ai déposé une demande pour l'avoir comme collaborateur bénévole, car il est impliqué dans mon parti", a justifié Joachim Son-Forget. Ancien de la macronie, en 2019, l'élu a créé son parti baptisé 'Valeur absolue'  après avoir quitté La République en Marche fin 2018 à la suite d'une polémique née de tweets jugés sexistes envers Esther Benbassa, sénatrice EELV.


Le député avait anticipé la décision. 
Alexandre Benalla est "traité comme un coupable", affirme l'élu d'origine sud-coréenne, 
Résultat de recherche d'images pour "Son-Forget marion marechal"comme Jean-Vincent Placé, arrêté en état d’ivresse une sombre nuit d'avril 2018 et démissionnaire de la présidence de l'UDE (Union des démocrates et des écologistes, soutien de Macron) ou Fleur Pellerin, ministre de la Culture de Hollande et écartée en 2016 sur des soupçons de prise illégale d’intérêts par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. 
"Moi, je suis un soutien du président et on me refuse le badge de mon collaborateur bénévole. Ça n'est pas normal". 

Joachim Son-Forget est d'autant plus irrité qu'il avait révélé avoir des "projets politiques" avec Alexandre Benalla : "On prévoit d'aller à la rencontre des gens dans les banlieues et les zones rurales. Oui, il est plus borderline que moi, mais on s'autogère".

mardi 11 février 2020

Alexandre Benalla, bientôt assistant parlementaire. Et député ?

Le député non-inscrit Joachim Son-Forget le veut...

Ce non-inscrit a fait la demande d'un badge d'accès à l'Assemblée pour Alexandre Benalla
Résultat de recherche d'images pour "Son-Forget et Benalla"
Benalla bientôt collaborateur d'un proche de Marion Maréchal-Le Pen ?
Sa demande est pour l'heure restée vaine, précise Le Point qui fait cette révélation, mardi 11 février. L'Elysée a longtemps résisté à la pression pour rompre ses liens avec Benalla, mais le garde du corps incrusté risque de retrouver le milieu en passant par une fenêtre de l'Assemblée entr'ouverte par le fantasque Son-Forget. Ephémère candidat à la mairie de Saint-Denis, Alexandre Benalla tente en effet de revenir dans l'arène politique via le Palais Bourbon.

Le Point dévoile que Joachim Son-Forget, député des Français de l'étranger, a fait la demande pour un badge d'accès au palais Bourbon au nom de l'ancien garde du corps omniprésent de Macron, car il veut en faire son assistant parlementaire.

"J'ai déposé une demande pour l'avoir comme collaborateur bénévole, car il est impliqué dans mon parti", a justifié à l'hebdomadaire Joachim Son-Forget. Ancien de la macronie, l'élu a créé son parti baptisé 'Valeur absolue' en 2019, après avoir été chassé de La République en marche fin 2018, à la suite d'une polémique née de tweets sexistes à l'encontre d'Esther Benbassa, sénatrice EELV.

Mais les services de l'Assemblée font la sourde oreille.
Joachim Son-Forget et Alexandre Benalla s'entendent comme larrons en foire sur les réseaux sociaux :
En même temps, le député non-inscrit fait part de son impatience.  
"Cela fait une semaine que l'on devrait avoir les papiers qui sont généralement établis en 48 heures. Une fois de plus, le lynchage prévaut sur la présomption d'innocence".

Avant de crier au scandale.
Alexandre Benalla est "traité comme un coupable" ! "Moi, je suis un soutien du président et on me refuse le badge de mon collaborateur bénévole. Ça n'est pas normal". 

Joachim Son-Forget est d'autant plus froissé qu'il a des "projets politiques" avec Alexandre Benalla : "On prévoit d'aller à la rencontre des gens dans les banlieues et les zones rurales. Oui, il est plus borderline que moi, mais on s'autogère," assure-t-il.

jeudi 7 février 2019

Affaire Benalla: démission forcée de la cheffe du groupe de sécurité du premier ministre (GSPM)

Marie-Elodie Poitout souhaite "écarter toute polémique" et ne pas "exposer" Edouard Philippe

La cheffe du groupe de sécurité du premier ministre (GSPM), assez impliquée pour donner sa démission, jeudi

Résultat de recherche d'images pour "Marie-Elodie Poitout police Matignon"Elle nie toutefois être liée à une conversation controversée entre Alexandre Benalla et Vincent Crase et à un enregistrement révélé par Mediapart, ont annoncé Matignon et la policière.

"Mon rôle a toujours été de protéger le premier ministre, et sûrement pas de l'exposer. C'est pourquoi j'ai demandé au premier ministre de quitter mes fonctions de cheffe du GSPM", a affirmé la commissaire divisionnaire, Marie-Elodie Poitout, photo ci-dessus, dans une brève déclaration écrite.

"Je maintiens ne jamais avoir vu MM. Benalla et Crase ensemble ni à mon domicile, ni ailleurs et confirme n'avoir aucun lien avec les enregistrements dont parle la presse. Je n'ai jamais rencontré M. Crase", a-t-elle réaffirmé.

Mediapart a publié  des extraits sonores d'une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crase en date du 26 juillet

Cette publication intervient quatre jours après leur mise en examen dans l'affaire des violences du 1er-Mai et en violation de leur contrôle judiciaire.

Après la publication de l'article de Mediapart, le 31 janvier, des journalistes ont tenté de vérifier auprès de Matignon des rumeurs selon lesquelles cette conversation avait été enregistrée au domicile de Mme Poitout.

Questionnée par Matignon, la cheffe du GSPM avait alors admis avoir rencontré M. Benalla fin juillet, avec son compagnon Chokri Wakrim, à leur domicile, selon une lettre datée du 1er février du directeur de cabinet de Matignon, Benoît Ribadeau-Dumas, au procureur de la République de Paris.

Patronne du groupe chargé de la sécurité rapprochée du premier ministre, Edouard Philippe, la policière n'avait pas informé le cabinet de cette rencontre avec M. Benalla jusqu'à ce moment, s'accordent à dire diverses sources.

Suite à des informations de presse la concernant, la policière a été reçue jeudi par le premier ministre et "a maintenu l'intégralité des propos qu'elle a tenus depuis la semaine dernière en réponse aux questions de la presse, démentant notamment être d'une quelconque façon liée à une rencontre entre MM. Benalla et Crase fin juillet", selon le compte-rendu de Matignon.

"Toutefois, consciente de la sensibilité de sa fonction et soucieuse d'écarter toute polémique, la cheffe du GSPM a demandé au premier ministre d'être affectée sur une autre mission au sein du ministère de l'Intérieur", ce qu'a accepté l'Edouard, selon la même source, qui n'indique pas si c'est une promotion...
Edouard Philippe a salué "le très grand professionnalisme dont la cheffe du GSPM a fait preuve depuis le premier jour de sa mission à ses côtes jusqu'à la décision de ce jour". Et jusqu'à la preuve du contraire...

C'est sur la base de la lettre de B. Ribadeau-Dumas que le Parquet a ouvert ce week-end une enquête pour "détention illicite d'appareils ou de dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d'interception de télécommunications ou de conversations", ainsi que pour "atteinte à l'intimité de la vie privée".

Suite logique à cette ouverture d'enquête, deux magistrats du Parquet et trois policiers ont tenté lundi de perquisitionner les locaux de Mediapart, pour se faire remettre les enregistrements, une initiative vivement dénoncée par le site d'information révolutionnaire trotskiste, plusieurs media et l'opposition comme une atteinte au secret des sources des journalistes.
Ainsi, Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières, a évoqué une "pression inacceptable sur le journalisme d'investigation" :


Et le Washington Post rappelle que le chef de l'Etat a accusé les media de ne pas chercher la vérité dans l'affaire Benalla et vient de signer "la loi anti-fake news" considérée par nombre de journalistes comme étant dangereuse pour la liberté d'expression.

"Le pouvoir prêté à M. Benalla a entraîné des dysfonctionnements en chaîne à tous les niveaux de l'Etat", a réagi le sénateur socialiste Jean-Pierre Sueur, co-rapporteur de la commission d'enquête du Sénat sur l'affaire Benalla. "Jusqu'à maintenant Matignon était épargné, il ne l'est plus", a-t-il souligné.

mercredi 6 février 2019

Soupçons de connexion russe parmi les relations d'affaires de Benalla

Les étranges relations d'affaires d'Alexandre Benalla avec Iskander Makhmoudov : 
connexion russe ? 

Un dossier russe a été mis au jour dans l'enquête de Mediapart sur Alexandre Benalla 

Cette mise au jour d'éléments à l'appui d'un "dossier russe" pourrait s'avérer très gênante pour l'Elysée. L'ex-chargé de mission apparaît en effet très proche d'un milliardaire russe. 

Dès décembre dernier, l'enquête a établi un lien, assez direct,
entre un sulfureux homme d'affaires russe, Iskander Makhmoudov, d'une part, et d'autre part Alexandre Benalla et Vincent Crase, Tous deux mis en cause, par ailleurs, pour les violences filmées lors de la manifestation du 1er mai 2018, ce sont des proches de Sébastien Lecornu, ministre chargé des collectivités territoriales et organisateur des "one man shows" interactifs de Macron lors de sa tournée du Grand débat national de campagne des Européennes.

Les dessous de la poupée russe

Contrat entre Vincent Crase et le magnat russe Iskander Makhmoudov

Résultat de recherche d'images pour "Crase Lecornu"Ex-gendarme réserviste sous les ordres de Lecornu, ex-salarié d'En Marche!, où Alexandre Benalla l'avait recommandé, Vincent Crase est promu réserviste de l'Elysée auprès du commandement militaire de la Présidence, en novembre 2017, là aussi sur recommandation d'Alexandre Benalla. Les deux hommes entretiennent une relation de confiance, Vincent Crase ayant formé le jeune Alexandre Benalla, alors âgé de 18 ans, lors d'une préparation militaire en 2009, dont le chef de peloton était Sébastien Lecornu.

Macron "est comme un fou" : les enregistrements explosifs de Benalla révélés par Mediapart
En décembre dernier, Mediapart révélait l'existence d'un versement de 294.000 euros, le 28 juin 2018, depuis un compte appartenant à  Iskander Makhmoudov, un Ouzbek de 55 ans, vers la société de conciergerie de Vincent Crase, dénommée 'Mars'. Une partie des fonds a, selon Mediapart, transité via une société de sécurité privée, du nom de 'Velours', dont Alexandre Benalla a été conseiller entre 2013 et 2015. Le contrat avait pour objet la protection de biens immobiliers du magnat russe, dont Forbes estime la fortune à 6,7 milliards de dollars. 

Résultat de recherche d'images pour "Crase Lecornu"
Crase, gendarme de réserve dans l'illégalité
L'affaire de la vidéo du 1er mai allait mettre un terme au contrat, renouvelable par trimestre. "J'ai signé ce contrat le 6 juin 2018, alors que j'ai quitté le palais de l'Elysée le 4 mai", s'est défendu Vincent Crase lors de sa dernière audition en date par la commission d'enquête sénatoriale, le 21 janvier dernier, affirmant en outre que les négociations elles-mêmes pour ce contrat avaient aussi commencé "après" son départ. 

Le 31 janvier dernier, cette thèse est fragilisée par la publication d'enregistrements audio de Vincent Crase et Alexandre Benalla par Mediapart dans des conditions que le site trotskiste n'a pas précisées.

Thèse également mise à mal par une photo, prise en août 2018 à Fleurac, dans le château périgourdin de Vincent Miclet, discret homme d'affaires ayant fait fortune dans l’agro-alimentaire en Angola. On y voit Alexandre Benalla jouer au baby-foot avec le représentant d'Iskander Makhmoudov en France, Jean-Louis Haguenauer. Lien PaSiDupes

Iskander Makhmoudov, un "proche» de Vladimir Poutine ? Point d'interrogation...

Sur la foi de l’enquête de Mediapart,
le lien circulaire entre Vincent Crase, Alexandre Benalla, Jean-Louis Haguenauer et Iskander Makhmoudov semble bel et bien avéré. L'affaire se révèle même toujours plus tentaculaire. 

Ce 6 février, Libération publiait de nouvelles révélations liant le sommet de l'Etat français au magnat russe. 
Selon le quotidien, Chokri Wakrim, compagnon du chef de la sécurité de Matignon, Marie-Elodie Poitout, serait également impliqué dans ce contrat.

Mais les media français assurent que le milliardaire russe Iskander Makhmoudov reste pour eux un quasi parfait inconnu. A titre d'exemple, la dernière apparition notable de l'intéressé dans les colonnes du quotidien Le Monde remonte à 2014, sur un tout autre sujet (les Jeux olympiques).
En 2005, l'AFP s'intéressait déjà à lui, mais pour affirmer qu'Iskander Makhmoudov était "l'une des figures les moins connues du grand public parmi les milliardaires russes". C'est encore largement le cas aujourd'hui. 
Dans un article du 1er février dernier, France Info croit savoir que le magnat est un "industriel russe proche de Vladimir Poutine", sans pour autant donner sa source. Elise Lucet est indisponible ?

La formulation retenue est en faite celle de Mediapart, reprise aussi par l'AFP, et qui, sur ce point, ne s'embarrasse pas de nuances. 3Proche de Vladimir Poutine et à la tête d’un empire industriel, Iskander Makhmudov est aussi soupçonné par plusieurs magistrats européens d’accointances avec l’un des pires groupes criminels moscovites3, écrit ainsi Mediapart dans un dossier consacré à la 3panique pour un contrat russe3.

Pour autant, l'exposé est un peu rapide. On retrouve effectivement une occurrence de la thèse d'une proximité entre le président russe et Iskander Makhmoudov dans un article publié en février 2018 sur le site The Insider.
Le média, fondé par un opposant à Vladimir Poutine, Roman Dobrokhotov, est notamment en lien avec le très anti-russe Bellingcat, mis à contribution, entre autres, dans l'affaire Skripal. "Vladimir Poutine a signé un décret attribuant [à Iskander Makhmoudov] la médaille de second degré de l'Ordre du mérite pour services à la patrie", peut-on lire sur son site. Une anecdote qui est loin de suffire à prouver une quelconque proximité entre les deux hommes : le fait que Lance Armstrong, Maurice Papon, John Galliano ou Bachar el-Assad aient reçu la légion d'honneur n'a pas pour autant fait d'eux des "proches" d'un quelconque président français.

Résultat de recherche d'images pour "Macron Poutine"
Ironie du sort qui fait bien les choses: sur fond de diabolisation de Moscou, régulièrement pointé du doigt par Emmanuel Macron pour ses supposées ingérences dans la vie politique française, une éventuelle connexion entre Alexandre Benalla et la Russie serait plus qu'embarrassante pour l'Elysée.

mardi 5 février 2019

Mediapart révèle avoir fait obstacle à la justice

Le site d'information trotskiste a refusé une perquisition de ses locaux par le Parquet

Mediapart s'insurge et dénonce l'action de la justice. 

Ce lundi 4 février, "deux procureurs, accompagnés de trois policiers, ont voulu perquisitionner  les locaux" du journal à 11h4, "dans le cadre d'une enquête ouverte par le parquet pour (notamment) atteinte à la vie privée de M. Benalla, suite à nos révélations de la semaine dernière", peut-on lire sur le compte Twitter du media révolutionnaire trotskiste.

"Cette enquête, qui vise les enregistrements révélés par Mediapart, est susceptible d'atteindre le secret des sources de notre journal, commente le site d'extrême gauche
Le site d'Edwy Plenel  ajoute : "C'est pourquoi nous avons refusé cette perquisition, un acte inédit - et particulièrement grave - dans l'histoire de Mediapart".

Perquisitions à Mediapart: "Le pouvoir utilise les services de l'Etat à des fins politiques"

"Sous le zèle du parquet, la panique du politique", titre Mediapart, le 5 février (article gratuit...) Voici l'article: 
"Lors de son audition du 16 janvier 2019 par la commission des Lois (le compte-rendu est ici), le directeur de cabinet du président de la République, Patrick Strzoda, a livré à ses auditeurs une information qui dévoile les apories [difficultés de mise en oeuvre] de la séparation des pouvoirs à la française : évoquant la plainte déposée le 29 décembre 2018 par le ministère des Affaires étrangères pour l’utilisation par Alexandre Benalla de ses deux passeports diplomatiques, il a fait savoir que ce dernier était sur le point d'être entendu par les magistrats du parquet de Paris (« J'ai également appris au cours de ces auditions avec les enquêteurs que M. Benalla serait convoqué dans les tous prochains jours par le procureur de la République »).

Cette information relève normalement du secret de l’instruction. Sauf que, d’une part, la Garde des Sceaux a à de multiples reprises affirmé son autorité sur les magistrats du Parquet, en contradiction manifeste avec les articles 20 et 64 de la Constitution qui mettent l’administration et la force armée, et non pas des magistrats indépendants, sous le contrôle de l’exécutif. Sauf que, d’autre part, un ancien subordonné de la Garde des Sceaux, M. Rémy Heitz, alors directeur des affaires criminelles et des grâces au ministère de la Justice, a été nommé procureur de la République de Paris, par décret du président de la République pris sur proposition ministérielle et après avis favorable du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), le 8 novembre 2018. En clair, un administrateur a changé d’affectation ; il est passé de la place Vendôme au Palais de Justice de Paris. Son lien fonctionnel avec l'Elysée n'a pas été rompu par ces nouvelles fonctions, de sorte qu'il est « normal » que le directeur de cabinet du président de la République soit informé de l'avancée de la procédure pénale relative à son ancien collaborateur. 

Indépendamment des compétences de M. Rémy Heitz, il devrait être évident dans tout régime de séparation étanche des pouvoirs qu’un agent du ministère de la Justice ne peut en aucun cas du jour au lendemain, sans période de « sas » de plusieurs années, être nommé à la tête du plus important parquet de Paris, de même que, pour des raisons déontologiques, il est interdit à un fonctionnaire de pantoufler dans une entreprise avec laquelle il a pu avoir des liens d’intérêts. Mais en France, les magistrats du parquet sont à la frontière du politique et du judiciaire, de sorte que le passage d'une administration d'Etat à la direction d'un parquet n'est que la continuation d'une même mission par d'autres moyens...

Ce statut particulier est un handicap dans les affaires pénales impliquant de près ou de loin les autorités publiques nationales.

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A cet égard, l'on est enclin à considérer que lorsque, le 4 février 2019 au matin, deux procureurs de la République travaillant sous les ordres de M. le procureur de la République Heitz, lui-même travaillant sous les ordres de Mme la ministre Belloubet, elle-même travaillant sous les ordres de M. le Premier ministre Philippe, lui-même travaillant sous les ordres de M. le président Macron, accompagnés de trois policiers travaillant sous les ordres du préfet de police, lui-même travaillant sous les ordres de M. le ministre Castaner, lui-même travaillant sous les ordres du Premier ministre et du président de la République, se sont présentés pour effectuer des perquisitions au journal Mediapart, ce ne sont pas deux magistrats et trois policiers qui ont toqué à la porte : ce sont cinq hologrammes du président de la République (v. le dessin de Christian Creseveur).

Ils l’ont fait sous les plus dérisoires des prétextes – l’atteinte à la vie privée de MM. Benalla et Crase (article 226-1 du Code pénal), la détention illicite d’appareils visant à intercepter des télécommunications (article 226-3 du Code pénal). L’un de ces délits n’est puni « que » de un an d’emprisonnement, de sorte que le refus d’autoriser la perquisition en enquête préliminaire ne peut pas être outrepassé, tandis que l’autre est puni de cinq ans d’emprisonnement, ce qui permet le cas échéant à un juge des libertés et de la détention d’ordonner une perquisition refusée par la personne chez qui la perquisition doit avoir lieu (article 76 du Code de procédure pénale).

En écoutant MM. Benalla et Crase via les extraits diffusés par Mediapart le 31 janvier 2019 (v. Fabrice Arfi, Antton Rouget et Marine Turchi, « Affaire Macron-Benalla : les enregistrements qui changent tout », Mediapart, 31 janvier 2019), on n’apprend strictement rien de leur vie privée : les propos diffusés sont expurgés de tout ce qui ressort de l’intimité de leur vie privée, et leur diffusion, d’intérêt public, ne tombe en application d’une jurisprudence constante pas sous le coup de l’infraction de l’article 226-1, quand bien même ils ont été diffusés sans le consentement de leurs auteurs (v. en ce sens : cass. crim 14 février 2006, n° 05-84384 : « pour renvoyer le prévenu des fins de la poursuite, l'arrêt énonce que les conversations, bien qu'enregistrées par Mikaël Z... à l'insu de ses interlocuteurs, ont porté exclusivement sur les conditions de rédaction des attestations produites par la société Socaelec lors de l'instance prud'homale et qu'aucune information ne touchait à la vie privée des intéressés ; en l'état de ces énonciations, d'où il résulte que ces propos entraient dans le cadre de la seule activité professionnelle des intéressés et n'étaient pas de nature à porter atteinte à l'intimité de leur vie privée, les juges ont justifié leur décision » ; Cour d’appel de Bordeaux 21 septembre 2017, Fabrice Arfi e. a., dite « affaire Bettencourt », n° 16/00204, spéc. p. 30, qui rappelle que le droit au respect de la vie privée doit être mis en balance avec la liberté d’information).

Quant au délit de détention illicite d'appareils d'interception de communication, personne ne peut imaginer que ce sont les journalistes de Mediapart qui ont intercepté via des IMSI-catcher leur appartenant les échanges du 26 juillet 2018 – le secret des sources [sorte de cagoule sous laquelle se dissimule la presse] interdit de s’interroger sur l’origine de l’information qui leur a été transmise.

Lorsque ceux que la Cour européenne des droits de l’homme appelle les « chiens de garde de la démocratie » – les médias d’investigation – sont menacés par les chiens de garde de l’exécutif, il y a de quoi être inquiet pour la bonne santé de notre démocratie.

On ne sait pas encore à cette heure si le parquet de Paris dénichera un juge des libertés et de la détention du TGI de Paris assez inconséquent pour donner l’autorisation requise pour qu’une perquisition se déroule au titre du seul article 226-3 du Code pénal.

Mais d’ores et déjà, la tentative du parquet de Paris de perquisitionner un média indépendant, qui la semaine précédente a fait des révélations gravissimes, documentées et d’intérêt public sur la violation potentielles par MM. Benalla et Crase tant des obligations résultant de leur contrôle judiciaire que de celles qui découlent – en tout cas pour M. Benalla – de son statut de contractuel de l’Elysée ayant au moins indirectement partie liée avec un oligarque russe, apparaît comme ce qu’elle : une violation disproportionnée par l’exécutif lui-même, chef du parquet et de la police, de la liberté de la presse et du secret des sources qu’elle implique.

Par les modalités de sa réalisation et ses conséquences démocratiques, cette violation n’est pas sans parenté avec celle, relative aux libertés d’opinion et d’exercice de leurs activités par les partis politiques, qui a frappé le 16 octobre 2018, la France insoumise et certains de ses dirigeants (v. Perquisitions France insoumise : la faute du parquet, 22 octobre 2018).

Il y a au surplus trois circonstances aggravantes dans la tentative de perquisition du 4 février : d’une part, il semble que puisque ni M. Benalla, ni M. Crase, n’ont porté plainte pour atteinte à l’intimité de leur vie privée, le parquet se soit en quelque sorte « autosaisi » pour effectuer des actes d’enquête alors même que l’article 226-6 du code pénal subordonne la mise en œuvre de l’action publique à « la plainte de la victime » (v. également en ce sens : CA Bordeaux, 21 septembre 2017, préc., spéc. p. 20) ; d’autre part, les chefs d’accusation auto-formés par le parquet de Paris contre Mediapart apparaissent comme de misérables prétextes – pour évaluer une atteinte à la vie privée, il suffit d’écouter les enregistrements diffusés au public, nul besoin d’entrer dans les locaux du journal et d’y fouiller les données informatiques, alors au surplus que Mediapart avait fait savoir aux autorités judiciaires, avant la tentative de perquisition, que l’intégralité des enregistrements lui serait remise ; enfin, chacun ne peut qu’être stupéfait des diligences du parquet en défense de MM. Benalla et Crase, là où les intéressés ont tardé à être inquiétés pour leurs comportements le 1er mai 2018 et d’autres faits qui se sont produits depuis susceptibles de relever de qualifications pénales.

Soyons clair : ni Mediapart, ni la France insoumise ne sont au-dessus des lois (d'ailleurs, la tentative de perquisition a eu lieu au moment même où des journalistes de Mediapart s'expliquaient à la barre à la suite d'une plainte de M. Denis Baupin) ; mais l’organisation du parquet à la française et la revendication frénétique par l’exécutif de sa mainmise sur les fonctionnaires magistrats qui le composent interdit, par principe et ne serait-ce que pour tenir compte des apparences, que le parquet de Paris perquisitionne les locaux de l’un ou de l’autre ; seuls des magistrats du siège, statutairement indépendants du pouvoir, doivent pouvoir enquêter et le cas échéant sanctionner partis et médias ayant enfreint la loi.

Certes, formellement, on ne trouvera pas d’ordre écrit venant « d’en haut » matérialisant la servilité du parquet, de sorte qu’il est possible de ne pas voir la main du gouvernement dans la tentative de perquisition du 4 février. Toutefois, un faisceau d’indices concordants – volonté de l’exécutif de contrôler le parquet, parcours professionnel du procureur de la République, déclarations du 31 janvier 2019 du président de la République sur le nécessaire contrôle des journalistes par l’Etat (v. Claude Askolovitch, « Emmanuel Macron, le journalisme de cour et le contrôle des médias », Slate.fr, 3 février 2019 ; Etienne Gernelle, « Macron ou la tentation de la Pravda », lepoint.fr, 4 février 2019 ; Laurent Mauduit, « Un président qui veut placer l’information sous contrôle », Mediapart, 4 février 2019) – crée un contexte où les magistrats du parquet savent ce qui est ou non permis et/ou attendu d’eux par leur hiérarchie. Ainsi que le rappelle la formule de prestation de serment diffusée le 1er février 2019 par le compte twitter de l’Ecole nationale de la magistrature, chaque magistrat du parquet est, fonctionnellement, « représentant du pouvoir exécutif pour la mise en œuvre de la politique pénale, ce qui explique le principe de la subordination hiérarchique ».

Après les gardes à vue préventives massivement mises en œuvre par le parquet dans le contexte des gilets jaunes, voilà que ces représentants du pouvoir exécutif inventent la perquisition judiciaire préventive.

Il ne faut pas s’y tromper : de même que les « perquisitions France insoumise » concernaient potentiellement, à travers ce parti, toute opposition politique actuelle ou à venir, la « perquisition Mediapart » affecte potentiellement tous les médias s’intéressant de près ou de loin aux affaires du pouvoir – Le Monde, Le Point, Marianne et 20 minutes par exemple ont eux aussi fait des révélations dans l’affaire Macron/Benalla (ainsi de la publication d’un SMS que le conseiller d’Etat Arno Klarsfeld a adressé à M. Benalla le 26 juillet 2018 : Vincent Vantighem, « La folle soirée d’Alexandre Benalla au Damas Café après les révélations du Monde », 20minutes.fr, 4 février 2019).

L’existence même de cette menace latente sur la presse d’investigation – et la pression mise sur leurs sources éventuelles – est d’autant plus inacceptable que l’on ne trouve, depuis le 14 mai 2017, aucune mesure législative ou réglementaire venant renforcer les libertés individuelles ou collectives. A l’inverse même, leur réduction est programmée avec le vote de la loi anti-manifestants en première lecture à l’Assemblée nationale ce 5 février, au lendemain des intimidations faites à l’encontre de Mediapart et de ses sources.

Ce que ces restrictions et rigueurs non nécessaires paraissent nous dire de leurs promoteurs est qu’ils ont peur : peur des citoyens, peur de l’information des citoyens."

Mediapart prononce un réquisitoire sectaire.
Pour mémoire, en février 2017, à la veille de la présidentielle, le Front national (actuel RN) a fait l'objet - avant les autres - d'une perquisition à son siège dans l'enquête sur l'affaire des assistants parlementaires. Mediapart n'en fait pas état... Le Front national dénonça quant à lui "une opération médiatique" destinée à "nuire à Marine Le Pen."

mardi 11 décembre 2018

Un collaborateur de Benalla envoyé par l’Elysée contre les étudiant·e·s à Montpellier

L’Elysée contre les étudiant·e·s anars à Montpellier

Qui étaient ces agents de sécurité privée qui empêchaient les étudiants de se réunir en Assemblée Générale et les réprimaient ?

Mediapart a révélé que ces nouveaux agents ont été recrutés par la République en Marche
Rahmouni, Macron et Benalla
Le site révolutionnaire trotskiste a été informé par le syndicat Solidaires Etudiant.e.s de l'université Paul Valéry de Montpellier. La presse d'investigation n'a qu'à attendre que l'information tombe toute cuite dans leur boîte mail...

L’Elysée a envoyé un collaborateur de Benalla mater la contestation des étudiant·e·s à Montpellier


Charlyne Péculier

Les agents de sécurité privé, qui ont réprimé la mobilisation étudiante en mars et avril 2018 (lien PaSiDupes) et qui ont empêché la tenue d’Assemblés Générales, ont été recrutés par le biais de 'La République En Marche', le parti du président, et notamment sur intervention de Charlyne Péculier, ci-contre, référente  des Jeunes Avec Macron  (JAM) pour l'Hérault, et 'community manager' en tant qu'étudiante en communication et médias à l'Université Paul Valéry (Montpellier III) depuis 2015.

Le "conseil de recrutement" du parti au pouvoir est impliqué puisqu’il emploie comme chef d’équipe Kader Rahmouni dont on découvre qu’il a travaillé au côté d’Alexandre Benalla durant la campagne présidentielle de Macron. Le président de l'Université, Patrick Gilli, ainsi que les membres de son bureau, non content d’avoir permis à une police politique d’agir sur le campus, ont tenté de dissimuler les coûts faramineux de cette répression en court-circuitant le processus d’appel d’offre et donc le Conseil d’Administration de l’Université.

Pour mémoire, l’Université Paul-Valéry a connu l’an passé une mobilisation d’une grande détermination, et ce, dès le mois de février. 
Orientation des étudiants : pourquoi la loi ORE soulève-t-elle tant d'opposition ? (DECRYPTAGE)
Le retrait du projet de loi dite 'ORE' (orientation et réussite, promulguée le 8 mars) avait été demandé plusieurs fois par des Assemblées Générales rassemblant plusieurs milliers d’étudiant·e·s et les blocages avaient été régulièrement reconduits par les grévistes opposés aux nouvelles modalités d'entrée en premier cycle, imposées par la saturation de certaines filières et le taux d'échec important en première année universitaire : seuls 40,1% des étudiants passent en deuxième année, bien que bon nombre d'entre eux soient détenteurs d'une mention au baccalauréat, examen démonétisé de fin d'études secondaires. 

L'extrême gauche, qui a pris l'ascendant sur l'Université, qualifie de fascistes les contre-offensives des étudiants qui veulent sauver leur année d'études

Des affrontements se sont déroulés dans l’enceinte de la faculté de droit de Montpellier. Face à ces mouvements, le gouvernement a non seulement maintenu le système de sélection Parcoursup, mais a aussi envoyé la police dans plusieurs universités occupées. Au vu de la difficulté à mettre en oeuvre la loi, la direction de l’Université Montpellier III avait assumé l’emploi d’une sécurité privée supplémentaire pour engager une opération policière d’envergure

Des heurts avaient eu lieu, particulièrement avec Kader Rahmouni, chef d’équipe, qui avait exercé des pressions sur de nombreux militants radicalisés. Dans un amalgame ordinaire, ces derniers avaient dénoncé toute forme de répression et de violence, qu’elle soit fasciste, policière ou exercée par le biais de sécurités privées, s'exonérant de toute responsabilité dans les tensions étudiantes. Etrangement, les anarcho-révolutionnaires mettaient en garde contre le laxisme de la justice envers certains, les autres... La trentaine d’agents avait également été accusés d'avoir empêché des étudiants "fichés" d’accéder à leur cours...
Ambiance...

Aujourd’hui, relayées par Mediapart, les révélations du syndicat Solidaires Etudiant.e.s jettent en pleine lumière ces sociétés de sécurité privée. 
Selon cette fédération syndicale de lutte, née en janvier 2013 de l'union de la Fédération SUD Etudiant et de la Fédération syndicale étudiante (FSE), elles seraient commanditées par le pouvoir en place et sont des actrices nouvelles de la répression politique, sans apparaître clairement liées à l’Etat.

Au moment où les Gilets Jaunes mettent l'Etat macronien en question et où des dizaines de milliers de lycéens sortent dans les rues pour protester contre Parcoursup et la réforme des séries technologiques, le mouvement étudiant est déterminé à prendre la roue des automobilistes en colère contre la hausse des carburants et des Français qui veulent défendre leur pouvoir d'achat. Ils sont en lutte pour que l’Université reste gratuite pour tous, étudiants et profiteurs de l'Université.