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vendredi 30 mars 2018

Montpellier: une fac de gauchistes et l'autre empêchée d'étudier

A Montpellier, deux facs, deux ambiances 

L'occupation sauvage d'un amphi par des trotskistes, étudiants ou non, boursiers ou non, en marge d'une AG, a conduit à son évacuation obligée
Fac bloquée : ces étudiants réclament le droit d'étudier.
Sont-ils des fachos?
Il fallait rendre la fac à sa fonction et donc aux étudiants désireux d'étudier dans une relative sérénité. Les occupants révolutionnaires hostiles à la réforme de l’entrée à l’université avaient réveillé les tensions entre les facultés de lettres et de droit et contaminé les lycées où ils ont des relais. 
Le 1er février 2018, lors de la journée nationale de mobilisation contre le Plan étudiants, la plate-forme Parcoursup et les projets de réforme, la direction de l'Université, pourtant qualifiée de fasciste, avait autorisé l'occupation des locaux.


Jeudi 22 mars, un amphi de la fac de droit de Montpellier est occupé par des gauchistes, à la suite d’une manifestation. Ce blocage, qui doit se terminer le lendemain à 8 heures, a été voté un peu plus tôt dans l’après-midi, lors d’une assemblée générale tendue où le scrutin n'est pas un modèle de démocratie. Plusieurs témoins racontent les échanges véhément entre des étudiants en droit et des chargés de TD, soutenus par plusieurs professeurs, d'une part, et des occupants extérieurs à l’établissement, d'autre part. 

Une vidéo montre "l'humiliation" du doyen de la faculté, Philippe Pétel, par les squatteurs trotskistes. Selon ce dernier, le préfet, sollicité, refuse de donner l'ordre aux forces de l'ordre d'intervenir pour déloger les étudiants.
C’est un document que ni Libération, Le Monde et Mediapart, ni la LDH ne présentent : une vidéo tournée en fin de semaine dernière dans le hall de la faculté de droit, à Montpellier, montre des jeunes femmes, brut de décoffrage, débarquer avec des tampons hygiéniques maculés de sang -ou de ketchup ?-, s’avancer en direction du doyen Philippe Pétel et l’humilier longuement.
Le doyen a répondu à la provocation par quelques notes d’humour, tentant visiblement de calmer les excitées, dont on ignore s’il s’agissait d’étudiantes de la faculté de lettres Paul Valéry ou de militantes d’un collectif d’anars, ou ceux de l’ex-cinéma du Royal qui squattent des bâtiments publics et privés à Montpellier, comme des témoins l’assurent…
Selon des témoins, ces jeunes femmes ont manifesté leur colère, d’abord à deux agents de sécurité sur place, puis au doyen, à cause de la condamnation des accès aux toilettes. Considérant les risques pour la sécurité des unes et des autres, les toilettes de la faculté de droit sont évidemment fermées en début de soirée.
VOIR, ENTENDRE, DIFFUSER et TRANSMETTRE  à la LDH : 

Parmi ces intrus, beaucoup sont étudiant-e-s de la faculté de lettres et de sciences humaines (clairement classée à gauche), venus de Paul-Valéry pour "externaliser leur lutte" vers le centre-ville de Montpellier, explique un étudiant en droit sympathisant. 
Membre du comité de mobilisation de la fac de droit et de sciences politiques, il admet que sa position est minoritaire dans l’unité. "Parmi les personnes de la fac, il y a une très forte scission entre les étudiants et les profs en sciences politiques, d'un côté, et ceux de droit, de l'autre", résume le cheval de Troie.
L’ancien doyen de la fac de droit - l’un des trois marqués à gauche en cinquante ans, selon ses dires - Paul Alliès rappelle que l’opposition des deux universités a des racines profondes. 
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Dans un billet de blog publié sur ...Mediapart, site trotskiste, le socialiste radical écrit qu’"à chaque mouvement étudiant, les doyens [de la fac de droit et de sciences politiques] étaient saisis d’une angoisse : l’invasion de leur établissement par "les hordes" venant de Paul-Va".
Paul Alliès, 73 ans, fut professeur de droit à l'Université Montpellier 1 et homme politique élu au Conseil régional sur la liste de Georges Frêche (2008-2010), il devint secrétaire national adjoint du Parti socialiste et au secrétariat national à la rénovation du parti, aux côtés d'Arnaud Montebourg et de Benoît Hamon, situés à la gauche du PS. Depuis 2009, il est président de la 'Convention pour la 6e République'. Paul Alliès publie au Club de Mediapart.
A Montpellier, les étudiants en droit sont partagés. 
Joss, 20 ans, en troisième année, affirme être très choqué par l’action menée par les révolutionnaires : "C’est inadmissible que des gens de Paul-Va prennent notre fac en otage. Ils ont occupé notre amphi sans volonté de débat contradictoire. On a essayé de prendre la parole, mais on se faisait couper le micro, on nous traitait de bourgeois fachos. Moi, je suis boursier et je travaille pour me payer mon année." 
Louis, 22 ans, en cinquième année, enchaîne : "On est des bosseurs, pas des fascistes." 
Pour Marc, 20 ans, en deuxième année, "les étudiants de Paul-Va se sont crus à la révolution. Ils ont débarqué chez nous et ont voté pour notre occupation !" Méthode totalitaire.

La situation a dégénéré le 22 mars au soir lorsque, équipé de tasers et de planches de bois, un groupe d’étudiants cagoulés est venu déloger les occupants et reprendre possession de ses locaux. 
Dès le lendemain, le Parquet de Montpellier a ouvert une enquête en flagrance pour violences en réunion et avec armes. Une dizaine de plaintes étaient déposées par les squatteurs. 

Mercredi, Philippe Pétel, le doyen qui avait démissionné pendant le week-end, et Jean-Luc Coronel, professeur d’histoire du droit, sont placés en garde à vue, ce qui ne présume pas d'une quelconque culpabilité. 

Les occupants légitimes démentent.
Les accusateurs assurent qu'ils ont respectivement facilité les affrontements, mais les accusés démentent y avoir pris une part active. Jeudi à la mi-journée, leur garde à vue a pourtant été prolongée après vingt-quatre heures, a appris Libération, journal militant marqué à gauche, auprès du procureur. 
Jeudi 28 mars au soir, une semaine après les faits, le doyen et le professeur étaient mis en examen, a annoncé le procureur Christophe Barret. Philippe Pétel pour complicité d’intrusion et Jean-Luc Coronel pour complicité d’intrusion et violences en récidive, en raison d’une condamnation datant de 2013. Accomplie.

Tous les deux ont été placés sous contrôle judiciaire. 
A l’enquête judiciaire s’ajoute une enquête administrative, qui devrait rendre ses conclusions en fin de semaine, selon la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, qui n'a pas tergiversé. Après leur placement en garde à vue, P. Pétel et J.-L. Coronel ont été suspendus. 

Pour la Ligue des droits de l’homme (LDH), très investie dans le dossier du côté des ...extrémistes pro-occupation, cette avalanche ne suffit pourtant pas. L’association reproche à l’administration (et notamment au corps professoral) de la fac de droit son manque de fermeté dans la condamnation des affrontements. Sans doute approuvent-ils cette tentative de retour à la maîtrise des locaux dont ils ont la responsabilité.

La LDH s'ingère aussi en appuyant le comité de mobilisation de la fac, les grévistes anti-réforme, qui pointe la possible responsabilité d’un employé à la sécurité anti-incendie de la fac dans les violences en affirmant qu’il possédait un taser. L'auto-défense est illégale.

Contamination, revanche de la gauche : après les amphis, 
les lycées et la rue. 

Ce sigle ("All cops are bastards", "tous les flics sont des salauds"), signe l'origine des troubles,
les anarcho-autonomes de l'extrême gauche 


Jeudi matin, vers 10 h 30, des lycéens, solidaires des étudiants gauchistes de la fac de lettres, ont tenté à leur tour de bloquer deux de leurs établissements, Jules-Guesde et Mermoz. Un élève a été interpellé pour dégradation de matériel urbain. Des lycéens dejà vus parmi les envahisseurs de la fac de droit, se sont ensuite réunis en AG à la fac de Lettres Paul-Valéry, pour tenter d’organiser un blocus des lycées. 
Dans l’amphi, on boit, on fume, on mange et on papote dans la désorganisation la plus totale. Maya et Isidore, tous deux en classe de première, évoquent (spontanément ?) "la convergence des luttes" et espèrent un "grand blocage de tout Montpellier pour le 3 avril". Révolutionnaires ?
En 2008, le gouvernement était alerté sur la résurgence de l'ultra-gauche mise en cause dans le sabotage de lignes SNCF, dès juin lors de la série d'alertes à la bombe contre les TGV en Savoie, assorties d’une lettre de revendication évoquant les Brigades rouges italiennes.
Jean-Yves Camus, chercheur en sciences politiques, soulignait que
sa radicalisation est liée à l'affaiblissement du mouvement antifasciste depuis que l’extrême gauche altermondialiste, désormais intégrée au jeu politique et électoral, s'est institutionnalisé.
A Strasbourg, telle se dit qualifiée de "sale race de gauchiste" 
Depuis une semaine, étudiants et lycéens occupent le palais universitaire de Strasbourg à la façon de SUD, émanation du NPA, reprise par les cheminots grévistes actuels.

Ici, pas de blocage, pas de syndicats à la tête du mouvement. On débat, on détricote les projets de loi, on révise, on organise des AG, entre soi, ce qui donne à l’ensemble des airs de ...Nuit debout. Bon enfant, dirait-on !
Mais
des étudiants venus manifester leur volonté de reprendre leurs cours en collant des affiches vinrent troubler cette fraternité anarcho-autonome et furent pris à parti. Aussitôt, six étudiants et lycéens se déclarèrent agressés, mercredi, dans l’enceinte de l’université par les minoritaires. "On va te défoncer ta sale race de gauchiste; on est du Bastion social, disent avoir entendu vers 22h30 les étudiants déjà bien éméchés. Alexia [le prénom a été maquillé], 18 ans, aurait été frappée au visage et aurait reçu un coup dans les côtes. Plusieurs étudiants assurent avoir été roués de coups de pied avant de parvenir à s’échapper.

La violence appelle la violence
Est incriminé, l’Arcadia, bar affilié au Bastion social, nouveau mouvement nationaliste fondé partiellement par des anciens du GUD (Groupe union défense) depuis Lyon, également implanté à Aix, Chambéry et Lille, car c’est le quatrième affrontement depuis l’ouverture, en décembre, de ce local. Ce qui s’est passé récemment dans les universités de Montpellier, Lille et au lycée autogéré de Paris, lycée expérimental créé en 1982 sous le ministre de l'Education nationale Alain Savary, pour une alternative au système éducatif traditionnel, où les élèves cherchent leur voie sans obligation d'assister au cours, [des heurts entre bandes extrémistes opposés], les a déterminés à ne rien lâcher. On assiste ainsi à un jeu de surenchère entre les ultras de gauche comme de droite dans les différentes villes. 
De son côté, le président de l’université de Strasbourg a "condamné ces violences" d'où qu'elles viennent et a "exprimé [sa] solidarité avec les étudiants et lycéens qui [les] ont subies". Consensuel, dans un monde de brutes. 

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