Qui étaient ces agents de sécurité privée qui empêchaient les étudiants de se réunir en Assemblée Générale et les réprimaient ?
| Rahmouni, Macron et Benalla |
Ambiance...
POUR
LA   LIBERTE   D' EXPRESSIONFree speech offers latitude but not necessarily license| Rahmouni, Macron et Benalla |
Le pari de l'UNEF
Le syndicat étudiant dominant continue à appeler à des "actions" dans toute la France mardi 26 contre la réforme des retraites, dans le respect du contrat passé avec le PS de mobiliser malgré les vacances de la Toussaint.
Pour les étudiants de gauche, il s'agit d'assurer la continuité jusqu'à la nouvelle journée de manifestations et de grèves à l'appel de l'intersyndicale des salariés, jeudi 28 octobre.
Le gouvernement observe une décrue des rassemblements de jeunes, qui ont parfois mal tourné la semaine dernière (à Lyon et Nanterre particulièrement), alors que les vacances ont commencé, que la Commission mixte parlementaire (CMP) est tombée d'accord sur le texte de réforme et qu'il ne reste plus le vote définitif de la réforme par le Parlement mercredi. La CMP a validé la version finale du texte qui reprend les aménagements négociés avec le gouvernement. Le débat parlementaire a donc bel et bien eu lieu.
L'UNEF, comme un beau diable
"Demain, ce n'est ni une journée-test ni un baroud d'honneur", a estimé Jean-Baptiste Prévost (ci-contre à la droite de Bruno Julliard, devenu secrétaire à l'éducation du PS), qui est à la tête de l'UNEF. "Le but est de faire le lien avec la mobilisation des salariés et de passer le cap des vacances".
Selon cet ancien membre du Mouvement des Jeunes socialistes (MJS), la mobilisation des jeunes dépasse le cadre de la réforme des retraites, qui reporte de 60 à 62 ans l'âge légal de départ à la retraite.
"Les jeunes ne sont pas dupes face aux injonctions contradictoires du pouvoir qui voudrait qu'ils travaillent plus longtemps alors que rien n'est fait pour qu'ils entrent sur le marché du travail", a-t-il affirmé.
Le syndicat Sud Etudiants appuie les initiatives de mardi comme il a envenimé les autres conflits. Il s'est en effet asssocié à FO pour obtenir la grève reconductible des autres syndicats. "Le mouvement salarié contre la réforme des retraites n'est pas en vacances, donc, le mouvement étudiant, qui s'appuie dessus, non plus", a lancé Marie Prieur, porte-parole de Sud Etudiants qui réclame le retrait du projet de loi. Nostalgiques de Mai 68, les étudiants trotskistes de SUD prônent maintenant une "multiplication des actions conjointes salariés-étudiants", comme des opérations péages gratuits ou des relais de jeunes dans les sites industriels bloqués.
A signaler que les grévistes ne subiront guère de retraits sur salaires, puisque la méthode de SUD depuis plusieurs années consiste pour les équipes à exploiter le système des trois huit et à bloquer les usines par roulement pendant leur tranche horaire de repos.
Le mouvement va-t-il s'éteindre ?
Pour savoir s'il faiblit mardi à la faveur de la pause de la Toussaint, rappelons les éléments de comparaison.
Lors de la dernière journée d'actions interprofessionnelle jeudi, 70.000 jeunes - lycéens et étudiants confondus - étaient descendus dans les rues, selon les chiffres de plusieurs organisations comme le Mouvement des jeunes socialistes (MJS), membre du collectif "La retraite, une affaire de jeunes".
Si !
A 14-15 ans,
on est "assez grand"
(S. Royal)
Les universités sont au travail, les lycées et collèges en vacances
Depuis vendredi, toutes les académies sont en vacances. Collèges et lycées sont donc fermés, mais ce n'est pas le cas des universités, dont les dates de fermeture varient en fonction de leur date de rentrée.
Au nombre de facs bloquées, l'UNEF communique désormais plutôt celui des assemblées générales d'étudiants, parfois massives, qui votent – à main levée - des journées de grève qui coïncident avec les journées de mobilisation interprofessionnelle.
Sud Etudiants a recensé pour sa part une vingtaine de "facs en lutte" (terminologie obscurantiste), soit en grève et fermées , soit perturbées avec installation de barrages filtrants à l'entrée.
Mais le ministère de l'Enseignement supérieur dément ces chiffres. Lundi, la faculté de Pau était bloquée et Rennes II perturbée, a précisé un porte-parole.
L'UNEF ne prend pas le risque d'appels à manifester mardi
Le 18 décembre, entre 7 000 à 13 000 élèves défilaient à Paris.
Le 8 janvier, les lycéens étaient 3 000 dans la capitale pour leur première manifestation après les vacances de Noël.
Cette action lycéenne fut tellement pitoyable que les organisateurs parlèrent de « tour de chauffe » : selon eux, les vacances de Noël et les conditions climatiques expliquaient la désaffection de la masse.
Le jeudi 15 janvier, entre 500 et 700 lycéens ont défilé à Paris, sur le boulevard Raspail, à l'appel de l'UNL, de la FIDL et de la Coordination lycéenne (et Sud-Solidaires) , avec écharpe pro-palestinienne ou non, pour protester contre les suppressions de postes dans l'éducation nationale.
A 16 heures, la manifestation était en voie de dispersion, tandis qu’à Rennes le défilé était purement et simplement annulé.
Pour la presse militante, « le mouvement lycéen semble donc s'essoufler » : et encore, pour Le Monde qui ne manque pas de souffle, ce n’est donc pas sûr !
Du pitoyable au ridicule
Les lycéens les plus arrogants prétendaient non seulement faire reculer le ministre, mais le faire tomber.
Malgré l’échec avéré du mouvement, le secrétaire général de l'UNL, Antoine Evennou, estime maintenant que 'le mouvement reprend tout doucement mais sûrement'…
Ainsi, le gouvernement et de Nicolas Sarkozy ont convaincu les lycéens par les mesures prises pour renouer le dialogue que refusent les meneurs, et pour apaiser les tensions : le report de la réforme du lycée, la nomination de Martin Hirsch comme Haut commissaire à la jeunesse, l'attribution d'une mission 'd'analyse, de compréhension, d'écoute et de proposition' sur la réforme du lycée à Richard Descoings, le directeur de Sciences Po, et la réaffirmation qu'il n'y a pas de suppressions de postes dans les lycées.
Les agitateurs manipulés par l’opposition ont néanmoins prévu d'autres rendez-vous, l’un samedi 17, avec les enseignants, et l’autre le 29 janvier (encore un jeudi sacrifié) avec l'ensemble de la fonction publique.
Est-ce la faute à Voltaire ou à Rousseau s’ils ont le nez dans le ruisseau ?

Jean-Baptiste Prévost, 23 ans, vice-président de l'organisation, et étudiant de 23 ans en master à Sciences-po Paris et en Histoire à Paris I, sera élu à la présidence, puisqu'il est seul candidat à sa succession. "Nous sommes syndicalement très proches, donc il y aura une continuité", a assuré Bruno Julliard.
Petit détail sans importance… Le mandat de Bruno Julliard courait jusqu'en 2009 ! Dans deux ans… Les municipales et ses ambitions politiques personnelles, deux occasions opportunes à saisir pour mettre un terme à la contestation au sein de l'UNEF.