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mercredi 18 avril 2012

Des politicards transhumants retournent d'où ils viennent

Le troupeau des hommes et femmes de conviction





Les "pomponnettes" de gauche
sont de retour au PS



Martin Hirsch, l'opportuniste

L'ex-Haut commissaire aux Solidarités actives  a annoncé lundi dans Le Monde qu'il voterait  pour le candidat le mieux placé dans les sondages.



Répudié par la gauche aux cris de " Tartuffe ! " ou " Saint Martin ! " sur les bancs du PS à l'Assemblée en 2007, Hirsch n'a jamais bonne presse sur aucun banc



Martin Hirsch  n'a jamais été d'aucune chapelle, ni d'aucun parti politique. 
Il est donc frappant d'entendre le tapage que mène la presse engagée autour de sa déclaration.

A son poste dès mai 2007, cet ancien président d'Emmaüs France  avait eu pour mission de lutter contre la pauvreté:  son  objectif était de réformer le RMI et  demettre en place le nouveau revenu de solidarité active (RSA).


Membre associé du gouvernement d'ouverture, il a déclenché des sentiments extrêmes parmi ses anciens collègues: au pire la colère et le mépris, au mieux la déception et l'amertume. Nicolas Sarkozy a donné le "la": "Aujourd'hui, il fait le choix de François Hollande, c'est son droit", a-t-il déclaré mardi sur France Inter. "Est-ce que c'est le moment ? Est-ce que c'est parfaitement élégant ? C'est un problème qu'il faudra poser à Martin Hirsch."

"L'attitude de Hirsch est frappée d'ingratitude, observe Hubert Falco, le maire de Toulon et ex-secrétaire d'État aux Anciens combattants. Qu'il soutienne Hollande, c'est son droit. Mais il n'avait rien à faire dans un gouvernement de Sarkozy." Falco, qui a toujours eu des relations fraîches avec Hirsch, ajoute: "Il aurait dû avoir la décence de ne rien dire".

Le ministre de l'Enseignement supérieur Laurent Wauquiez n'est pas surpris. " J'ai toujours été très lucide sur ce que serait le comportement de Hirsch à la première épreuve, confie-t-il. Attendre la veille du premier tour pour faire ce genre de sortie laisse songeur sur son cynisme. " Hirsch est, selon Wauquiez, " un de ces personnages dans la République qui vont toujours où le vent les porte, c'est-à-dire à la soupe ". Il porte " un masque de conviction derrière le visage de l'opportunisme ".
Le ministre du Travail Xavier Bertrand est peu disert. Il s'interroge sur le moment choisi par Hirsch: " Pourquoi en avril et pas en janvier ? ", suggérant la malveillance.

Plus modéré, le président de la Gauche moderne
Jean-Marie Bockel, ex-ministre d'ouverture, critique une démarche  " qui n'est pas très franche et pas cohérente ". " Quand nous étions au gouvernement, raconte-t-il, j'ai demandé plusieurs fois à le voir pour parler politique. Il a toujours refusé. Il m'avait fait comprendre qu'il voulait rester en dehors de toute politique engagée. Avec lui, on avait l'impression d'être pestiféré quand on faisait de la politique ".

Le ministre des Affaires européennes Jean Leonetti, qui fut un des soutiens de Martin Hirsch à l'Assemblée nationale, laisse percer son amertume: " Comme j'ai été déçu ! J'ai pensé l'appeler. Et puis je me suis dit que cela ne servirait à rien ". Pour Leonetti, l'ex-Haut commissaire " a rompu le pacte moral ". " Le président sort à la fois trahi et grandi de cette histoire car c'est bien la preuve qu'il a fait l'ouverture ", analyse le ministre des Affaires européennes.

Même si elle juge " peu élégante " l'attitude de Hirsch, Nathalie Kosciusko-Morizet  n'exprime aucune surprise et dédramatise les commentaires de la presse militante. " Ce n'est pas lui, la France silencieuse. Je ne crois pas que son attitude soit de nature à troubler beaucoup Nicolas Sarkozy ", confie la porte-parole du candidat. Incapable de fidélité, l'individu  avait en effet déjà beaucoup déçu, mêlant indépendance et bassesse.


Mardi, un proche du chef de l'État tira les conclusions de l'épisode Hirsch pour l'avenir.  Au lendemain des élections régionales de 2010,  l'exécutif lui avait en effet trouvé un point de chute à l'Agence du service civique : " Il va falloir revenir à un certain nombre de règles républicaines qui font que les responsables d'organismes publics ne fassent pas état publiquement de leurs choix électoraux."
Nous attendons avec intérêt de connaître le bilan qu'il dresse de son action dans l'entourage du gouvernement, puisqu'il a présenté début juillet 2009 un " Livre vert sur la jeunesse " qui fixait les grands axes du Plan jeunes annoncé  fin septembre 2009... 

Issu d'une lignée de serviteurs de l'Etat, Martin Hirsh n'est pourtant pas un "homme de position" et il s'est rallié en fait au conseil de la communauté d'Emmaüs de Longjumeau, dont il est encore membre dans l'Essonne, qui l'avait enouragé à récupérer le système. " Pour ton confort, il vaudrait mieux ne pas y aller. Pour nous, ce serait mieux que tu plonges et que tu décroches le plus de choses possible ", lui ont dit les défavorisés qui s'emploient dans les maisons de l'abbé Pierre.

Fadela Amara a annoncé mardi qu'elle allait " voter Hollande " au premier tour

Symbole de la politique d’ouverture à gauche de Nicolas Sarkozy

L'ancienne secrétaire d'État à la Ville du deuxième gouvernement François Fillon (2007-2010) de Nicolas Sarkozy s'en est expliquée dans Libération.
"Je vais voter pour François Hollande. D’abord c’est quelqu’un que je connais bien, qui est, on peut le dire, un ami."

Militant socialiste du PS depuis 1984, le compagon de Fadela Amara, Mohammed Abdi, est cofondateur et ancien secrétaire général  de NPNS: d'origine marocaine, il est, depuis le lancement de la campagne de Marie-sEGOlène Royal, l'un de ses conseillers sur les questions de l'Islam et la politique étrangère, notamment sur les affaires touchant les pays musulmans. Il fut l'un des plus proches conseillers de Fadela Amara après sa nomination comme secrétaire d'État chargée de la politique de la ville.
 
Etait-elle en fait l'infiltrée du PS au gouvernement ?

D'origine algérienne, la fondatrice de l’association Ni Putes ni soumise ne tarit pas d’éloges pour le candidat socialiste. Qui a "beaucoup d’humour" et qui est "un humaniste". Fadela Amara précise son choix : "Compte tenu de la crise et des difficultés que nous traversons, on a besoin justement à la tête de notre pays d'un homme capable de cette humanité, non seulement de l'incarner mais aussi de la transmettre et de transmettre cette dynamique au service de notre pays."

Défections de plusieurs ex-ministres de gouvernements chiraquiens

Des anciens ministres ou secrétaires d’État d'ouverture de gouvernements de droite ont fait savoir par communiqué qu’ils voteraient pour François Hollande au premier tour de la présidentielle.

Jean-Jacques Aillagon n'a pas cherché à provoquer de coup médiatique en faveur de l'opposition, puisqu'il s'est déclaré le mois dernier, manifestant donc plus de dignité que Hirsch.
Proche de Jacques Chirac, il avait été ministre de la Culture et de la Communication en 2002. Lorsqu'il avait quitté le gouvernement en 2004, il avait été nommé président de l'Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles, fonction qu'il exerça jusqu'en septembre 2011.

Mais le cas Brigitte Girardin est plus malsain
Cette dernière, ex-ministre de l’Outre-mer est proche de Dominique de Villepin Elle est présidente du Club Villepin depuis 2009 et secrétaire générale de République Solidaire depuis 2010.
Elle a expliqué son vote contre Nicolas Sarkozy: "Souhaitant mettre fin à une politique qui, pendant cinq ans, a affaibli notre pays, a divisé les Français (…), mon vote personnel se portera sur François Hollande dès le premier tour, sans qu'il s'agisse d'un quelconque ralliement au candidat socialiste".

Les rats quittent le navire Bayrou pour un pédalo

Parmi eux, Azouz Begag (ci-contre à gauche), ancien ministre de Dominique de Villepin, Corinne Lepage (à droite), ministre de l’Environnement du gouvernement Juppé.
Le candidat du MoDem ironise sur les personnalités autrefois marquées  à droite qui rallient le candidat PS.

Corinne Lepage a annoncé le 17 avril  2012 qu'elle crée avec Michel Suchod un nouveau parti le Rassemblement démocrate écologiste et républicain, et appelle à voter pour François Hollande dès le premier tour.
Candidate écologiste à la présidentielle de 1981l'avocate ( des associations écologistes au barreau de Paris qu’à celui de Bruxelles) répond positivement à la proposition d'Alain Juppé de prendre en charge le ministère de l’Environnement en 1995. " Je ne me sens pas une femme de droite, mais je ne renie en aucune manière ma participation aux gouvernements d'Alain Juppé," déclarera-t-elle à la fin de ses fonctions.
En 2000, elle transforme son club de réflexion Cap 21 en mouvement politique, affronte les écologistes anti-libéraux et combat la dictature écologiste incarnée par les altermondialistes d'Europe Ecologie-les Verts.

Pendant sa campagne présidentielle de 2002, elle choisit d'attaquer frontalement les Verts, le Parti écologiste de la Gauche plurielle, à qui elle reproche d'avoir " instrumentalisé l'environnement."
Mais en 2007son  Cap21 est l'un des membres fondateurs du nouveau parti politique de François Bayrou, le MoDem,  et en 2012, elle fait allégeance à Hollande, pourtant allié de Gro-Eva Joly, candidate des Verts d'Europe Ecologie !...

Comment l'opposition fait-elle pour classer Azouz Begag à droite ?

Mais si Begag a été ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances (2005-2007) dans le gouvernement Dominique de Villepin, fonction qu'il quitte afin de prendre une part active dans la campagne présidentielle de François Bayrou.

Les périgrinations de Begag sont moins simples que la presse inféodée au PS le voudrait, car Hollande devra composer avec les déclarations de son rallié de la dernière heure qui déclara en  décembre 2009: " Dans 10 ans, on sera entourés de Chinois, alors il faudra que l’on se serre les coudes, les Français, les Arabes et les Africains, afin de protéger notre identité."

Le 19 novembre 2010, Azouz Begag, qui avoua qu'il aimerait avoir plusieurs femmes, regretta aussi  qu'il y ait trop de femmes parmi les ministres issus de la diversité: " Au sein de la population arabo-musulmane de France, cette féminisation exclusive de l'intégration des minorités passe mal. Elle a un goût amer de provocation. Elle symbolise aux yeux de beaucoup une émasculation, une volonté de créer une image qui vous paralyse, qui vous fait honte de ce que vous êtes, tellement elle est mauvaise (...). Cette féminisation de l'élite politique issue de la diversité a accru le sentiment d'éviction des jeunes Arabes, alors que depuis trois décennies ce sont eux qui subissent la plus grosse charge des vexations, des humiliations et des violences sociales et économiques." Et il se dit athée et intégré...

Et Begag annonça  sa candidature comme " divers gauche " lors de l'élection législative de 1997 (2e circonscription du Rhône) et se retrouve aussitôt accusé, par la gauche locale, d’être un " sous-marin de la droite ", mais en 1999, le Parti communiste lui proposa d’être candidat sur sa liste aux élections européennes... 
En novembre 2006, il déclare à propos de  l'élection présidentielle française: " Je voterais Dominique de Villepin, même s'il ne se présentait pas ".

En 2007, Azouz Begag participe à la campagne présidentielle de François Bayrou.
À l'issue du premier tour, le 24 avril, il déclare sur RMC : " Je sais pour qui je ne voterai pas. Je ne voterai pas, je ne voterai jamais pour Nicolas Sarkozy, c'est clair ". Interrogé sur son vote éventuel pour une femme,  Marie-Ségolène Royal, le 6 mai 2007, il répond : " Franchement, c'est un truc secret.  " 

Pour les municipales de Lyon,  Begag ne bénéficie ni du soutien de l UDF-MoDem du Rhône, ni de celui de François Bayrou, tous deux n'appréciant guère son caractère "incontrôlable". Begag soutient alors officiellement le socialiste Gérard Collomb...

Hollande bénéficie-t-il de ralliements dont il puisse vraiment se flatter ?

Bayrou dénigre à la fois Hollande-Sarkozy au second tour


François Bayrou,  candidat du MoDem, affirme  que "le remplacement de l’UMP par le PS ne changera pas profondément la vie du pays". Car selon lui, les deux grands partis ont fait la même politique, notamment sur le plan des comptes publics.

François Bayrou parle de "transhumance" vers la gauche

A propos des derniers ralliements en faveur de F. Hollande il ironise  "Ceux qui avaient fait le chemin pour aller de la gauche à la droite font le maintenant le chemin pour aller de la droite à la gauche […] ce n’est pas avec des caractères comme cela qu’on peut changer la situation du pays […] on ne peut pas bâtir l’avenir avec des gens qui sont un moment ici, un moment là".

Bayrou prépare son refus de vote utile

François Bayrou précise sa pensée après avoir prôné la reconnaissance du vote blanc en meeting. "Quand je parle de reconnaissance du vote blanc, je ne parle évidemment pas du deuxième tour de l’élection présidentielle […] je parle de la démarche citoyenne de l’électeur qui va voter et qui a, pour moi, le droit de dire 'les candidats que vous nous présentez ne sont pas ceux que je considère comme nécessaires pour l’avenir' [...] je suis pour qu’on reconnaisse ce vote blanc".

L’après 6 mai

Le patron du MoDem évoque enfin son avenir politique. "Quelles que soient les responsabilités qui seront les miennes, je considère comme vital pour le pays qu’un grand courant se reforme […] au centre de la vie politique française, ne serait-ce que pour qu’on puisse suivre un cap clair et écarter le danger des extrêmes".
Le danger de l'extrêmisme incarné par une alliance de gouvernement de Hollande avec le PCF, dissimulé sous les traits de Mélenchon, et des trotskistes de Besancenot-Poutou ?

Dans ses gouvernements d'ouverture, Michel Rocard (PS) n'avait pas eu à regretter la confiance qu'il avait accordée à ses ministres de droite  Michel Durafour (UDF-Rad) ou Jacques Pelletier (UDF-Rad), puis Lionel Stoléru ou Jean-Pierre Soisson.
Jean-Pierre Jouyet a repris ses distances, mais Eric Besson, Bernard Kouchner ou Jean-Marie Bockel, Frédéric Mitterrand et Michel Mercier, qui ont participé aux gouvernements Fillon, sont restés fidèles, sans compter Jean-Louis Borloo.

mercredi 8 juin 2011

RSA : Copé estime que c'est une sottise de parler d' "entourloupe" du gouvernement, selon Hirsch


Le Revenu de solidarité active rapporterait plus qu'il ne coûte, selon Hirsch


Hirsch accuse l'Etat d'avoir utilisé à autre chose l'argent destiné au financement du RSA.

France Info a diffusé ce mercredi matin un entretien enregistré la veille, dans lequel l'ancien Haut commissaire aux solidarités actives jette une grenade dégoupillée sur la gestion du RSA.
« Il ne faut pas se laisser faire par les entourloupes », a-t-il lancé. «On a créé une taxe pour financer le RSA, pour faire en sorte que les gens qui travaillent aient un complément de revenu. Elle rapporte 1,5 milliard et un milliard est mis de côté», a-t-il assuré, ajoutant qu'«on utilise l'argent qui doit aller dans la poche des travailleurs modestes pour autre chose».
«Cela me mettrait mal au coeur qu'on utilise l'argent des travailleurs modestes pour alléger l'ISF», a-t-il minaudé.

Une déclaration destinée à déconsidérer les détracteurs du RSA
Hirsch vise ceux qui, à l'instar de Jean-François Copé, ont souhaité ne pas dilapider les fonds publics et osé dénoncer les abus de certains profiteurs du RSA. Ils ont proposé que les bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active offrent un travail minimum rémunéré, en retour de l'aide solidaire de la société, soit cinq à dix heures par semaine au service d'une collectivité, sur la base horaire du SMIC, sans quoi «leur RSA serait diminué».

Une solidarité unilatérale
Hirsch dégaine à nouveau contre l'UMP. «Il y a plein de gens qui demandent un contrat aidé à 25 heures par semaine, j'espère qu'on ne va pas leur offrir cinq heures à la place de 25 heures», a-t-il envisagé a priori.
Il soupçonne en outre que les intéressés risquent de «travailler moins pour coûter plus à l'Etat et aux départements».

La gauche n'avait rien trouvé à redire
Mais elle fait bloc aujourd'hui derrière Martin Hirsch.

Ainsi, Roland Muzeau, porte-parole des députés PCF, sort de sa létargie et demande des explications au gouvernement. «C'est un scandale sans nom ! Le chef de l'Etat et son Premier ministre doivent, sans délai, s'expliquer et rendre l'argent qu'ils volent aux plus modestes ! », s'exlame-t-il.

Le coucou François Hollande, candidat à la primaire PS, bondit dans le nid sur l'occasion, en faisant sien «l'entourloupe», mais en y ajoutant son coup de patte personnel, celui de « provocation ».
« Martin Hirsch a raison. Il y a eu des dispositions fiscales qui ont été prises pour financer le RSA, notamment la reprise d'activité. Et que constate-t-on [enfin?] ?
Finalement, comme il y a eu peu de reprises d'activité liées au RSA, cette ressource a été utilisée à d'autres fins», explique le député corrézien, qui n'avait visiblement rien prévu. Mais il poursuit. «Il y a aussi une provocation. Au moment-même où l'UMP discute de la question de savoir s'il faut durcir les conditions d'obtentions du RSA, à l'Assemblée nationale, il y a des dispositions qui sont votées pour alléger l'impôt sur la fortune des plus privilégiés de notre pays !», a-t-il lancé, s'écartant du sujet.

=> En octobre 2008, Martin Hirsch répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie, deux jours après l'adoption par l'Assemblée nationale de son projet de loi généralisant le Revenu de solidarité active (RSA). Le Haut commissaire aux solidarités actives avait alors estimé que "les socialistes n'ont pas été à la hauteur sur le RSA".
Il avait aussi regretté que les parlementaires, socialistes notamment, n'aient pas répondu de manière plus enthousiaste à son texte. Il avait notamment critiqué la réponse d'"abstention positive" avancée par certains élus PS pour justifier leur non vote.
Lien RTL

Pour l'UMP, les soupçons de Martin Hirsch sont indignes

Le gouvernement l'a fait savoir, dès la sortie du Conseil des ministres en fin de matinée. Le porte-parole François Baroin n'a pas ménagé l'ancien Haut commissaire aux solidarités actives, mais le fallait-il ?
François Baroin a dit vouloir lancer à l'ancien dirigeant d'Emmaüs un "rappel à l'ordre" et à son "obligation de réserve" pour avoir collaboré au gouvernement.
«Si M. Hirsch a une histoire personnelle et a été un acteur majeur de la mise en oeuvre de ce RSA, il n'en est pas propriétaire. Cela ne l'autorise pas à dire n'importe quoi, n'importe comment, dans n'importe quelle circonstance», a riposté le ministre du Budget. «C'est vraiment une contre-vérité qui n'est pas acceptable».
Et il explique: "Le FNSA "reçoit l'intégralité de la contribution additionnelle de 1,1% sur les placements du patrimoine", a poursuivi le ministre du Budget. "Elle est évaluée à 1,170 milliard d'euros en 2011, 1,2 milliard en 2012 et le Fonds national des solidarités actives utilise cette recette pour financer le RSA activité."
Le ministre du Budget a précisé que ces dépenses étaient évaluées à 1,8 milliard d'euro en 2011 et 1,9 milliard en 2012.

Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, qui défend l'idée d'un rééquilibrage des "droits et devoirs" en matière de protection sociale, a mis cette question à l'ordre du jour de la convention de mercredi.
"Dans le domaine de la justice sociale, il y a besoin d'un correctif au dispositif du RSA, en faisant la part des choses entre des situations différentes", affirme le secrétaire général du parti présidentiel, qui effectue mardi un déplacement dans la banlieue lilloise. Selon lui, "il y a des gens dont on sait qu'ils sont dans une situation de précarité extrême et de désespérance, qui ont des problèmes de santé, des troubles psychologiques. Ceux-là ont besoin d'un accompagnement et de solidarité".
Mais "pour les autres, l'idée est de tout faire pour les aider à retrouver un emploi. Nous voulons leur proposer, dans le cadre d'un contrat unique d'insertion, de travailler entre cinq et dix heures par semaine au service de la collectivité de résidence : la commune, l'intercommunalité, le département ou la région. Et en cas de refus, il pourrait y avoir une diminution progressive du RSA", ajoute-t-il. Ces heures de travail seraient consacrées à "des activités d'utilité sociale, par exemple l'accompagnement de sorties d'école ou de personnes âgées, des projets environnementaux et civiques", explique M. Copé.

Les élus UMP centristes Marc-Philippe Daubresse et Pierre Méhaignerie y proposeront de mettre au travail une partie des bénéficiaires du "RSA socle", tout en estimant qu'un tiers des bénéficiaires du "RSA socle" sont incapables de remplir ce type d'obligation à cause de problèmes de santé ou de handicaps physiques ou sociaux trop lourds.
Mais ils reprennent l'idée de cinq heures d'activités d'utilité sociale par semaine. Mais contre une rémunération complémentaire d'une centaine d'euros par mois. Ils assurent avoir l'approbation de Martin Hirsch, qui a été invité à s'exprimer lors de la convention de l'UMP.

jeudi 4 novembre 2010

Copé veut faire participer Martin Hirsch au désendettement

Futur compagnon d'Emmaüs? Ce n'est pas encore pour demain !...

Réponse du berger Copé à la bergère Hirsch

Le conflit entre Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, et Martin Hirsch, ancien Haut-commissaire aux Solidarités, se poursuit sur le terrain législatif au sujet des conflits d'intérêt qui existerait, selon Martin Hirsch entre la fonction de parlementaire de Copé et son travail à temps partiel dans son cabinet d'avocat d'affaires.

Copé avait alors mis en cause Hirsch qui, à son départ du gouvernement, avait pris la tête de l'Agence de service civique qu'il avait lui-même créée lorsqu'il était au gouvernment.
Le service civique volontaire, qui veut toucher 10.000 jeunes de 16-25 ans dès 2010, a été créé par la loi du 10 mars 2010, après un vote quasi unanime du Sénat, alors qualifié de "petit miracle républicain" par Mohamed Hirsch.

Aucun syndicat ne défend encore ces avantages acquis-là

Jean-François Copé veut mettre Hirsch à la portion congrue
Examiné vendredi, l'amendement n°II-94 à l'article 48 de la loi des Finances prévoit de «supprimer dans les charges de l'agence [de service civique] l'indemnité du président de l'agence», selon une 'révélation' du secrétaire général du groupe socialiste à l'Assemblée, Olivier Faure, jeudi.
Le quotidien d'opposition Libération a également retrouvé quelque sympathie soudaine pour ce renégat, un homme de gauche et ancien membre de cabinets ministériels de Martine Aubry et Bernard Kouchner, mais bénéficiaire de l'ouverture à gauche. Dans cet amendement -évidement signé par des élus UMP-, le quotidien voit une petite vengeance du chef de file des députés UMP là où il n'y a que ...miracle républicain.

Une vipère nourrie au sein du gouvernement

Copé n'avait certes pas apprécié les accusations de conflit d'intérêts portées par cette " prise " politique de Nicolas Sarkozy dans son livre « Pour en finir avec les conflits d'intérêts », mais il faut bien aussi
que chacun assume les conséquences de ses actes.

A qui le tour?
Combien de députés, avocats de fraîche date, épargnés par Hirsch-le-Judas ?
Jean Glavany (PS) ou Christophe Caresche (PS) et Noël Mamère (Verts) ? Julien Dray (PS) est également en attente de la robe noire.

mardi 5 octobre 2010

Gérard Longuet: Aubry dit n'importe quoi en général et en particulier

Remaniement: Longuet réclame les hommes d'un programme de gouvernement

Gérard Longuet dénonce la mauvaise foi du premier secrétaire du PS: contradictions et hypocrisies.

VOIR et ENTENDRE le président du groupe UMP au Sénat, invité du Talk Orange-Le Figaro, le 5 octobre 2010:

J.-P. Raffarin l'a belle de donner des conseils sur les retraites. Les femmes et les handicapés devraient - comme prévu - profiter des concessions envisagées par le gouvernement avant l'ouverture du débat au Sénat;

Les centristes sont des partenaires constructifs de la majorité: ouverture, générosité et rigueur les caractérisent;

La retraite par points;

Sénatoriales, compliquées mais jouables;

Remaniement ministériel: le programme correspondant importe davantage que les hommes;

La défense commune de l'Europe: un devoir absolu pour les Anglais et les Allemands, avec les Français:

La trahison de Martin Hirsch, sur l' "anecdote" de ses accusations du présumé conflit d'intérêts visant l'usage qu'aurait fait G. Longuet des timbres reçus en sa qualité de ministre des Postes: irréaliste et déloyal.

jeudi 30 septembre 2010

Martin Hirsch: Mohamed ou Judas ?

La délation était-elle nécessaire à son retour à gauche ?

Le Canard enchaîné privé de révélations

Martin Hirsch, l'ex-haut commissaire aux Solidarités, publie chez Stock un livre qui lui vaut l'opprobre de ses anciens collègues de la majorité mais le scandale en assure le succès. Le déshonneur est-il le prix à payer pour regagner la confiance de la gauche à laquelle il appartient ?

Le Haut-Commissaire « fuite »

Le Président Nicolas Sarkozy a estimé à sa sortie mercredi que Martin Hirsch a commis une faute en se servant des données transmises à la Commission pour la transparence financière de la vie politique, dont il était membre, pour désigner certains de ses anciens collègues à la vindicte publique. Le Chef de l'Etat, qui ne souhaite pas «participer à la polémique», a déconseillé à ses hôtes de réagir à chaud, pour éviter, selon son expression, de «victimiser» Hirsch et de donner ainsi du crédit à ses accusations.

Mais l'indignation l'a emporté chez la plupart des responsables de la droite. Qu'ils soient ou non visés par ce que son auteur présente comme une tentative de moralisation de la vie politique.

Les timbres rares des ministres des Postes

Gérard Longuet, parmi les plus directement concernés, a évidemment réagi. L'actuel président du groupe UMP au Sénat a été ministre des Postes de 1986 à 1988. À ce titre et par tradition, il a bénéficié des «hommages philatéliques», des timbres rares, aussi bien offerts à tous ses prédécesseurs qu'à d'autres ministres et à des hauts fonctionnaires. Hirsch, qui a découvert l'existence de ce privilège quand il siégeait à la Commission pour la transparence financière, accuse Longuet d'avoir en partie financé sa villa sur la Côte d'Azur grâce à ces timbres.

Aux journées parlementaires de l'UMP, jeudi dernier, à Biarritz, l'ex-ministre incriminé a riposté qu'il aurait fallu qu'il soit «ministre pendant cinquante ans» pour se payer une villa de cette façon. Sa maison a d'ailleurs été construite avant qu'il soit ministre des Postes. À Biarritz, le patron des sénateurs UMP a même évoqué l'affaire à la tribune, en ironisant sur le «golden parachute» que s'est fabriqué Martin Hirsch à la tête de l'Agence du service civique.

Hirsch s'est-il honnêtement préoccupé de l'usage qu'en ont fait les ministres socialistes des Postes Paul Quilès (1988-1991) ou Louis Mexandeau (1981-1983) ? Il ne devrait pas manquer de nous informer complétement et ainsi démontrer ses réelles bonnes intentions.

Des membres de la majorité ont l'exclusivité

Hirsch insinue que Jean-François Copé serait particulièrement exposé au risque de conflits d'intérêt en tant que député UMP et avocat d'affaires. Le patron des députés UMP à l'Assemblée nationale est passé aussitôt à l'offensive. Il a qualifié d' « exercice de délation» l'opération à laquelle s'est livré Martin Hirsch qui vise les chefs de file de la majorité des deux chambres parlementaires. En l'espèce, il s'agit plutôt d'un procès d'intention, puisque, en bon camarade, Hirsch distille le soupçon, mais en prétendant craindre que Copé puisse se retrouver en situation de conflit d'intérêts.

Pourquoi Martin Hirsch ne vise-t-il pas des députés de l'opposition devenus avocats sur le tard, tels Jean Glavany ou Christophe Caresche (PS) et Noël Mamère (Verts) ? Julien Dray (PS) est également en attente de la robe noire.

Sarkozy et Larcher aux solidarités actives
Ils ont exprimé leur sympathie à Copé et Longuet.
«Quand on se veut chevalier blanc, on commence par respecter la loi et par ne pas divulguer des informations confidentielles», a affirmé mercredi le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.
Dans le même registre, Gérard Larcher a rappelé Martin Hirsch à «l'obligation de réserve des hauts fonctionnaires». «Choqué» par les accusations portées contre le président du groupe UMP au Sénat Gérard Longuet, le président du Sénat explique que, quand on traite des conflits d'intérêts, «il s'agit de dire le droit et non pas de supputer».

Le faux-cul Martin Hirsch se défonce
Spécialiste des coups bas, la mauvaise réputation de Martin Hirsch ne date pas d'hier et les Chiffonniers d'Emmaüs n'avait pas besoin de cette publicité de leur ancien président.

=> Le grand public a gardé en mémoire
Le Martin est un pécheur récidiviste devant l'Eternel.
Le 1er juillet dernier, au cours de l’émission “Le news show” sur Canal Plus, Martin Hirsch, président de l’Agence du service civique et ancien Haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, a réagi aux propos d’Eric Zemmour sur le prénom de Rokhaya Diallo en ces termes: “La vraie intégration, c’est quand des catholiques appelleront leur enfant Mohamed.
VOIR et ENTENDRE
de Martin Hirsch, un protestant:



Les recommandations de Martin Hirsch valent pour les enfants des autres, car en toute cohérence, ses trois filles se prénomment Raphaëlle, Mathilde et Juliette.
Lire PaSiDupes

=> L'ex-ministre de la Ville Éric Raoult raconte que lors d'un débat télévisé, en 2001, Martin Hirsch l'avait «piégé» en lui demandant avant le début de l'émission de trouver un logement à l'une de ses collaboratrices. Raoult, maire du Raincy, s'était contenté de lui promettre d'examiner le dossier, mais Hirsch avait raconté leur échange pendant le débat en le présentant comme la preuve du favoritisme pratiqué par Raoult.

=> La secrétaire d'État à la Famille Nadine Morano, qui n'a pas digéré que Martin Hirsch s'arroge l'entière paternité du RSA, ajoute que l'ex-haut commissaire ne «rend jamais à César ce qui est à César».

Aucun regret: la gauche peut se le garder !

samedi 3 juillet 2010

Mohamed Hirsch a des idées d'intégration

Martin Hisch vise même à l'assimilation

Martin Hirsh a tenu les propos édifiants
, en réaction aux propos d’Eric Zemmour sur le prénom de Rokhaya Diallo. Lire PaSiDupes

Sa réaction populiste bien dans l'air du temps ?
La vraie intégration, c’est quand des catholiques appelleront leur enfant Mohamed.”
L'ancien président d’Emmaüs France, président de l’Agence du service civique et ancien Haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté s'exprimait ainsi le 1er juillet, au cours de l’émission “Le news show” sur Canal Plus.
La chaîne privée voulue par le président Mitterrand a dû bien aimer: Mohamed Hirsch sera réinvité !
VOIR et ENTENDRE


Bizarrement, Martin n'a pas pensé à David ou Nathan et Rachel ou Deborah, qui sont parfaitement bien assimilés ou a fortiori lorsqu'il s'agit de prénoms qui ont perdu leur connotation, tels Daniel ou Gabriel et Myriam ou Eve.

M. Hirsch a manqué l'occasion de sympathiser en passant à l'acte
Pour être crédible, pourquoi pas Mohamed Hirsch, tout en conservant les mêmes initiales !

dimanche 6 juin 2010

Ministres privés de logement, mais hôtels de luxe pour l'équipe de France

Nous n'avons pas les mêmes valeurs !

Le Canard Enchaîné est à l'origine d'une cabale de plus

Le journal satirique a récemment jeté la suspicion sur le logement de deux ministres.
Christian Estrosi en occupe un au ministère de l'Industrie, à Bercy, et un autre dans le VIIe arrondissement. Il a pris à témoin la presse en l'invitant à juger par elle-même de la mesquinerie du scandale.
Fadela Amara, la secrétaire d'Etat chargée de la Ville, a été à son tour visée par le Canard, au prétexte que l'un de ses frères séjournerait occasionnellement dans l'appartement de fonction de 120 m2 donnant qui lui fut attribué à son entrée au gouvernement. Le cabinet de Fadela Amara a démonté l'accusation, dans la mesure où elle habite elle-même dans un appartement du XIIIe arrondissement "dont elle paye elle-même le loyer".
La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, lui a accordé sa caution sur LCI. "Je connais Fadela Amara, je sais que ce n'est pas une fille qui vit dans le luxe et qui abuse de ces choses", a-t-elle déclaré.

Martin Hirsch, retour aux sources

« Il serait normal que les ministres paient leurs loyers », a déclaré l'ancien haut-commissaire à la Jeunesse et aux Solidarités actives (2007-2010), à peine a-t-il abandonné les ors de la République.
Ce manquement au devoir de réserve est d'autant plus mal venu qu'on a peine à imaginer que,
né à Suresnes dans les Hauts de Seine, ce fils d'un ancien directeur de l’École nationale des ponts et chaussées n'ait pas, des années durant, profité lui-même du logement de fonction de son père, à la suite de Jean-Rodolphe Perronet, premier directeur de cette grande école, implantée jusqu'en 1997 à ...Suresnes. En quittant ses bureaux situés dans Paris Rive Gauche, ou Seine Rive Gauche, nouveau quartier administratif du 13e arrondissement de Paris, l'ancien haut-commissaire à la Jeunesse et aux Solidarités actives a repris ses habitudes d'ancien président des Chiffonniers d'Emmaüs, histoire de ne pas renier ses origines.

L'ex-membre du gouvernement Fillon joint sa voix à celle du député socialiste René Dosière, qui veut supprimer les logements de fonction des ministres, sauf pour les quatre postes de Premier ministre, Affaires étrangères, Intérieur et Défense. Tous les ministères « régaliens » ne seraient pas épargnés. "Il serait logique de mettre fin aux logements de fonction", estime Martin Hirsch dans un entretien publié par Le Parisien. "Tout le monde s'en porterait bien", selon lui. Sans qu'on sache pourquoi.
La députée UMP Marie-Anne Montchamp, une proche de Dominique de Villepin, s'en trouverait mieux.
Avec parcimonie, elle assure au quotidien La Croix daté de lundi 7 juin qu' "en dehors de trois [des neuf] fonctions régaliennes (Matignon, Intérieur, Défense) qui nécessitent une présence in situ 24 heures sur 24, il n'y a aucune justification aux logements de fonction pour les ministres".
Elle a le sentiment que "certains députés, certains ministres n'ont plus conscience de ce qui relève des affaires privées et de ce qui relève de la fonction". Les temps auraient-ils à ce point changé depuis 2005 quand elle était secrétaire d'Etat aux personnes handicapées dans le 3e gouvernement de Jean-Pierre Raffarin.

Rien n'est trop beau pour l'équipe de France de foot
L'échelle des valeurs s'est quelque peu gauchie

La presse d'opposition ne s'offusque pas que l'équipe de France est logée au Pezula Resort à Knysna (ci-dessus), complexe cinq étoiles, au bord de l'océan Indien.
Le PS dénonce les salaires des ministres et leur offre Emmaüs, sur proposition du Saint Martin Hirsch, mais n'a pas d'aigreurs au regard de ceux des footeux. René Dosière (PS) qui médite de faire jeter la plupart des ministres à la rue de la République s'accommode en revanche fort bien des logements successifs de l'équipe de France:

d'abord à Tignes – au Val Claret- un hôtel 4* (ci-contre);

puis à Sousse en Tunisie - à la Star’s Sport Residence, un complexe grand luxe équipé de multiples infrastructures sportives - accompagnés par leurs femmes et leurs enfants;et à l'île de la Réunion - au Palm Hôtel et Spa de Petite Ile (ci-dessous), pour le France-Chine;
avant de s'établir en Afrique du Sud, au Pezula Resort.
La secrétaire d'Etat aux Sports désapprouve

Benoît Hamon ne pense rien du luxe ostentatoire des nantis du sport.


Attaquant du PS sur son aile gauche, ce camarade de René Dosière n'a pourtant pas jugé « indigne » que ces « riches »-là insultent les plus défavorisés d'entre nous par cet étalage inversement proportionnel aux résultats déjà obtenus en matches amicaux.
Salle de bains d'Estrosi ou de Diarra ?

Rama Yade a en revanche critiqué dimanche le choix d'un hôtel de luxe pour héberger les Bleus pendant la première phase de la Coupe du monde, alors qu'elle avait "appelé les instances du football à la décence." "Je n'aurais pas choisi cet hôtel", a objecté la secrétaire d'Etat, sur Radio J.
"Si la France va très loin, le choix d'un site proposant les meilleures conditions d'entraînement paraîtra judicieux. Par contre, si les résultats ne sont pas à la hauteur de nos attentes, les instances devront s'expliquer. Il faudra logiquement en tirer les conséquences", a insisté Rama Yade.
"J'attends que l'équipe de France nous éblouisse par ses résultats plutôt que par le clinquant des hôtels. Moi, je les ai appelés à la décence en temps de crise", a-t-elle rappelé.

Les joueurs ne s'en lassent pas...

Alou Diarra, le milieu de terrain de l'équipe de France - d'origine malienne et du 9.3 -, a fort mal accepté la contestation. "Rama Yade, je pense qu'elle découvre (il s'arrête)... On ne veut pas mêler sport et politique, on reste concentrés sur cette compétition, on veut être prêt contre l'Uruguay (premier adversaire de la France, le 11 juin). On sera prêt, pas de soucis".
"Je pense que cet hôtel fait beaucoup de jaloux
, avait admis plus tôt, sans complexe et de façon plus générale, le joueur de Bordeaux. On a été très bien accueillis par le public sud-africain, on a des conditions idéales pour préparer cette compétition, on est très bien logé mais ce n'est un secret pour personne".

Pour sa part, également interrogé sur le sujet, en conférence de presse à Knysna, le milieu de terrain des Bleus Yoann Gourcuff a simplement dit: "Je suis là, ce n'est pas moi qui ai décidé d'être là, mais je suis content d'y être. L'hôtel est très beau, ça nous met dans de très bonnes conditions et on a reçu un très bel accueil".

Les responsables de la fédération paient-ils leur loyer ?

=> "Qu'est-ce que vous voulez que je dise? Si la secrétaire d'Etat s'exprime, elle s'exprime, je ne suis pas là pour faire des commentaires sur un hôtel que je ne connais pas encore moi-même, ce n'est pas mon rôle", s'est d'abord défendu Jean-Pierre Escalettes, président de la FFF.
Interrogé sur la mise en garde de Mme Yade -"si les résultats ne sont pas à la hauteur de nos attentes, les instances devront s'expliquer"-, M. Escalettes l'a prise de haut et a négligemment répondu: "On verra".

=> Noël Le Graët, vice-président non moins indécent de la FFF, a refusé de s'exprimer sur le luxe outrageant dans lequel baigne et se ramollit l'équipe de France. Sera-t-il plus prolixe au vu des premières prestations des Bleus ?

L'Espagne, par exemple, a choisi un campus universitaire...

mardi 23 mars 2010

La famille UMP, « rassemblée » et « solidaire » au gouvernement

Le retour des fils prodigues

Le petit remaniement d'après régionales a bien eu lieu: annoncé « technique », il est « politique ».

François Baroin, ministre du Budget
Le député-maire UMP de Troyes remplace Éric Woerth. Entre les deux tours des élections régionales, François Baroin, un Chiraquien, a été l'une des principales voix de la majorité à critiquer la politique d'ouverture à gauche et le rythme de ses réformes.

Georges Tron, secrétaire d'État à la Fonction publique
Député villepiniste et député UMP de l'Essonne, il précise que "Dominique de Villepin a parfaitement compris ma démarche".

Marc-Philippe Daubresse, ministre de la Jeunesse et des Solidarités actives
Né en 1953, cet ex-UDF est désormais UMP. Il fut secrétaire d'État au Logement de Jean-Pierre Raffarin (2004), puis ministre délégué au Logement et à la Ville (2004-2005). Avant sa nomination du 22 mars 2010, il était Secrétaire Général Adjoint de l'UMP, et parlementaire en mission auprès du Premier Ministre, chargé du Plan de relance.
Mission accomplie, Martin Hirsch souhaitait quitter ses fonctions de commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, et haut commissaire à la Jeunesse. Il va être nommé président de l'Agence du service civique.

Éric Woerth reste au gouvernement
Le ministère du Travail, de la solidarité et de la Fonction publique lui échoue: un témoignage de confiance à celui qui finalement mènera la réforme des retraites. Xavier Darcos candidat de la majorité présidentielle battu en Aquitaine quitte le gouvernement , mais sera "prochainement appelé à d'autres responsabilités", précise l'Élysée.

L'arrivée de Georges Tron au gouvernement interpelle

En acceptant ce poste auprès d'Eric Woerth, ce proche de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin démontre que le clan des "villepinistes" n'en est plus à la vie, à la mort. Le Figaro dit pourtant mardi matin avoir trouvé un proche -qu'il ne nomme pas- du chef de l'État, qui ironiserait: "On va laisser Dominique de Villepin aussi isolé que Michel Jobert pendant sa traversée du désert". Il est vrai que Georges Tron a été d'un soutien sans faille pour Dominique de Villepin pendant le procès Clearstream fin 2009, mais c'est aussi un ancien collaborateur d'Édouard Balladur.

La presse fait en fait beaucoup de tapage inutile autour de cette nomination qui n'est tout de même pas une première. Depuis juin 2009, le ministre de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche n'est-il pas Bruno Le Maire, ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin
Et puis, Villepin n'est pas Bayrou.
Il ne reste pas seul comme on le dit. Brigitte Girardin, présidente du club Villepin, Jean-Pierre Grand et François Goulard, Marie-Anne Montchamp et Hervé Mariton, par exemple, serrent les rangs.

Le complet gouvernement Fillon, à la date du 22 mars 2010
lien

samedi 5 décembre 2009

Axel Kahn, au secours du Téléthon agressé par Pierre Bergé

Le chercheur s'oppose à un pot commun des dons
Alors que la collecte des dons en faveur des myopathies peine à battre son propre record, Axel Kahn se déclare opposé à la mutualisation des dons réclamée par Pierre Bergé et envisagée Martin Hirsch.

Dans un entretien accordé à Slate.fr ce samedi, Axel Kahn déclare:

le Téléthon, c'est du «désir, de l'émotion et de la solidarité»

Précédée d'une polémique sans précédent, la 23e édition du Téléthon [a] commencé vendredi soir sur France Télévisions. Trente heures de direct; incitations répétées à faire des dons via le 3637; Daniel Auteuil comme parrain entouré des animateurs Nagui et Sophie Davant avec participation de Lara Fabian, Julien Clerc, 
Bénabar... L'an dernier, ce marathon télévisé associé à des milliers de manifestations populaires organisées dans toute la France avait permis de récolter 104,9 millions d'euros.
Ce record sera-t-il battu comme il l'est presque toujours depuis que le Téléthon existe?
  • Outre les effets de la crise économique les organisateurs sont aujourd'hui confrontés à la polémique lancée par Pierre Bergé, président de Sidaction. Ce riche mécène engagé depuis longtemps dans la lutte contre le sida a dénoncé il y a quelques jours le monopole détenu par l'Association française contre les myopathies (AFM) dans le champ des organisations vivant de la charité publique et soutenant à la fois des malades et la recherche médicale. Et il a accusé le Téléthon et l'AFM de «parasiter» la générosité des Français.
  • Pierre Bergé s'est à nouveau exprimé sur le sujet sur Radio Classique quelques heures avant le lancement du Téléthon. En cas de baisse des dons, il a déclaré [non sans cynisme] «bien vouloir être désigné comme responsable» [coup de poker indécent] et «accepter absolument ses responsabilités» [quelle arrogance !]. Tout en souhaitant que le Téléthon «réussisse» (car cela «prouvera au moins que la générosité des Français existe», il a déclaré que le Téléthon se comportait «comme une secte» et dénoncé un «détournement de générosité». [Cette accusation diffamatoire restera-t-elle impunie ? Ce démocrate du Sidaction imposera-t-il sa dictature aux organisations charitables ? ]

    [Affichant ses aigreurs en] Dénonçant le décalage existant entre les dons récoltés par l'AFM grâce au Téléthon et ceux obtenus lors du dernier Sidaction (6,23 millions d'euros) Pierre Bergé lance un appel en faveur d'une forme de mutualisation des sommes récoltées grâce à la charité publique. «Il faut maintenant clore cette polémique navrante qui met en péril la plus 
grosse collecte populaire du monde», a déclaré à l'A*P Patrick Charles, en charge de l'événement pour France Télévisions.
Or cette polémique est semble-t-il bien loin d'être close.
    Pierre Bergé a été notamment entendu par Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté qui vient de proposer la création d'un «Haut conseil à la vie associative» permettant une coordination entre les actions des associations caritatives bénéficiant notamment du soutien de la télévision publique comme c'est le cas du Téléthon et de Sidaction.

    Entretien avec le Pr Axel Kahn, généticien, président de l'Université Paris-Descartes, ancien membre du Comité national d'éthique.

    Il y a quelques jours, dans les colonnes du Monde, Pierre Bergé, Line Renaud et Bertrand Audoin, les trois responsables de Sidaction, dénonçaient le Téléthon en qualifiant d'«indécente» et de «populiste» l'exhibition télévisuelle des malades souffrant de myopathies. Partagez-vous cette opinion?

    Je peux comprendre. Pour ma part, je me souviens qu'au tout début du Téléthon ce spectacle, basant l'efficacité de l'appel aux dons sur l'émotion ressentie et la compassion que l'on pouvait avoir pour les malades, m'avait indisposé. Il m'est donc facile de saisir que l'on puisse aujourd'hui avoir ce même sentiment. Mais, pour avoir participé à plusieurs Téléthons et donc côtoyé ces jeunes et ces familles, j'ai évolué. Je me suis notamment rendu compte qu'ils n'étaient nullement manipulés, qu'ils étaient véritablement les acteurs d'une action qui était pour eux totalement essentielle. Et pour les enfants dont la vie est menacée et qui le savent presque tous, il y a même peu d'actions plus essentielles que celle-là; certains d'entre eux le disent d'ailleurs avec beaucoup de lucidité. Ils mettent pour une fois au profit d'un combat - qui a pour eux une dimension d'une importance considérable - ce qui n'est autrement que la répétition des souffrances et des épreuves de chaque jour.

    On ne peut donc selon vous faire le parallèle avec l'«exhibition» à des fins financières des monstres dans les foires?

    Nullement. Une telle vision, un tel parallèle, seraient totalement inexacts. Ces jeunes malades sont demandeurs pour montrer à la fois ce qu'est leur malheur mais aussi leur lucidité, leur intelligence et leur beauté intellectuelle. Et ce serait pour eux une épouvantable injure que de faire ce parallèle. Rappelons ici que dans le célèbre film «Elephant man» le malade que l'on exhibe, atteint d'une maladie de von Recklinghausen n'est en rien volontaire pour qu'on l'exhibe comme on le fait. Il n'a rien à prouver, n'est pas engagé dans un combat. Il est l'anormalité même et montré à ce titre. Rien de commun avec le Téléthon où les enfants sont présents au service d'une cause et montrent sciemment leur malheur.

    Pour autant, le Téléthon n'est-il pas une entreprise fondée sur le principe hautement contestable selon lequel la fin peut justifier les moyens?

    Nous sommes toujours, dans de telles affaires, sur une corde raide. Et ce pour deux raisons. La première c'est qu'il y a Charybde et Scylla. Charybde c'est une émission télévisée qui n'a aucun retentissement et qui ne permet pas de récolter de fonds alors qu'il est désirable et bon de pouvoir faire cette récolte pour les malades et la recherche médicale. Scylla, en l'occurrence, c'est pour ce faire en arriver à mentir aux donateurs, à créer totalement l'illusion, à manipuler l'audience, à manquer totalement de respect envers la générosité des citoyens qui ressentent une émotion et qui transforment cette émotion en dons. C'est toujours là une situation horriblement, extrêmement, difficile. Quoique l'on fasse il faut toujours se poser la question de Charybde et Scylla.

    Le Téléthon a-t-il selon vous toujours su éviter Scylla?

    Pas toujours. Je peux vous donner deux exemples. Au tout début du Téléthon, bien avant la thérapie génique, il y avait eu la découverte, en 1988 par Louis K. Kunkel, du premier gène impliqué dans une myopathie, celle dite de Duchenne. Cette découverte ouvrait alors la voie au diagnostic prénatal et à des interruptions médicales de grossesse, interventions qui n'ont rien de glorieux. Une série de femmes était présentes lors de l'émission. Je me souviens que l'on avait alors demandé aux «femmes Téléthon» de se lever. Ils s'agissait alors des femmes qui avaient eu recours à ce diagnostic et qui, de ce fait, n'avaient pas mis au monde un enfant...
    C'est bien évidemment abominable. Nous avions alors été plusieurs à en faire le reproche aux organisateurs du Téléthon et ils n'ont plus jamais refait cela. Dans le domaine de la lutte contre le cancer, je me souviens d'une association qui avait fait diffuser un message montrant un enfant cancéreux et qui d'un doigt vengeur et d'une voix off accusait ceux qui, ne donnant pas à cette association, seraient de fait responsable du malheur de cet enfant qui pouvait être sauvé par la recherche médicale dans la lutte contre le cancer. Soit une totale culpabilisation du citoyen de telle sorte que le don n'était plus un acte volontaire mais la réaction normale face à la terreur d'une accusation orchestrée; ceci est totalement inacceptable.
    Il y aurait bien d'autres exemples. En 1992, mon équipe avait été la première à montrer qu'il était possible de faire une thérapie génique de la souris myopathe. Bien évidemment, ces résultats ont alors été très popularisés par l'Association française contre les myopathies (AFM) organisatrice du Téléthon. Mon équipe et moi-même avons été les «grands témoins», les «héros absolus» durant deux Téléthons consécutifs. Par la suite, la campagne de l'AFM a été construite comme un compte à rebours annuel avant que la thérapie génique ne permette de sauver des enfants myopathes.
    Or nous avions entretemps très rapidement découvert qu'il serait, hélas, en réalité bien difficile de passer de l'authenticité des résultats obtenus chez la souris à un traitement utile chez des patients. J'ai même le souvenir de financements pour des essais cliniques qui n'avaient strictement aucun intérêt ; tout cela parce que l'espoir de la thérapie génique pouvait être un fort élément vendeur. J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour Bernard Barataud, fondateur de l'AFM et des opérations Téléthon; pour autant, je lui ai dit qu'une telle stratégie n'était pas, à mes yeux, éthiquement correcte. Les discussions ont été assez vives mais je crois, au total, avoir été entendu. Je crois que les messages aujourd'hui véhiculés par le Téléthon sont beaucoup plus lucides. Ils concernent les espoirs liés à la découverte des mécanismes génétiques des maladies et à toutes les thérapies dérivées du gène et de la génétique. C'est plus clair et reflète mieux la réalité des recherches thérapeutiques et des espoirs d'aujourd'hui.

    Vous dites «croire que»... Est-ce dire que vous n'êtes pas, chaque début décembre, un spectateur assidu du Téléthon ?

    Pas vraiment. Ce grand spectacle populaire n'est pas vraiment ma tasse de thé, ce n'est pas mon genre. Je dois être un peu trop intellectuel pour cela. Cette musique du diable me casse un peu les oreilles. Mais peu importe... Sur le fond, pour répondre à vos interrogations, ce désir de lever des fonds à tout prix est un grand facteur de fragilisation et il faut faire continuellement preuve d'une très grande prudence.

    Les accusations de Pierre Bergé se fondent pour partie sur le fait que la mise en scène de spectacles à visée caritative induit des résultats différents selon les maladies. En d'autres termes, faire monter sur scène des malades myopathes permet de récolter plus de fonds que des personnes infectées par le VIH. Partagez-vous ce point de vue ?

    Mais ce n'est pas ainsi que le problème se pose. Je comprends bien la déception de Pierre Bergé et s'il le veut je suis même prêt à lui donner un coup de main pour faire en sorte que le Sidaction marche mieux. Et c'est vrai! Son combat pour le Sidaction est généreux. Le sida est à lui seul une maladie d'un poids bien plus grave et important que l'ensemble des maladies génétiques et il est totalement anormal qu'il n'y ait pas ici le même mouvement de générosité.
    Deux éléments de réponse, ici. Le premier est que l'essentiel de l'effort national dans ce domaine se fait par l'intermédiaire de l'impôt des citoyens et ce via l'action des pouvoirs publics. On aurait grand tort de l'oublier. Dans le domaine du sida, on a créé une Agence nationale spécifique de recherche qui dispose de fonds relativement importants. Dès lors l'engagement associatif, des malades ou des familles de malades est un élément surajouté et qui ne doit pas être opposé au développement de la recherche.
    Le deuxième point concerne une proposition moralement désirable en première analyse. En substance: partageons tous ensemble les bénéfices des grandes actions de levées de fonds à des fins caritatives et médicales concernant le sida le cancer, les maladies génétiques etc. Sur le principe il n'y a ici rien à redire. Si ce n'est, tout de même, qu'il y a ici un problème d'honnêteté et de loyauté.

    Que voulez-vous dire ?

    C'est très simple. Vous levez des fonds en faveur du traitement des maladies génétiques avec ce formidable mouvement d'assimilation d'identification et de compassion envers les enfants qui s'expriment à la télévision. Dans le même temps, vous utilisez une partie de ces dons à d'autres fins. Alors que les choses soient claires: ce serait infâme. Un contrat minimum de loyauté minimale entre le message télévisé et l'usage des fonds qui en résultent est exigible.

    Sauf à organiser un «spectacle» commun de toutes les maladies pouvant bénéficier à celles et ceux qui en sont atteints?

    Effectivement, un grand spectacle commun à visée caritative pour la totalité des maux en somme... Mais l'exemple montre malheureusement que cela marche moins bien. Et de ce point de vue le Sidaction pose en France un problème bien particulier. A la différence de ce qui se passe aux Etats-Unis (où la collecte publique de fonds pour le sida est beaucoup plus efficace que les Téléthons américains). Il est vrai qu'en France, l'identification des citoyens aux personnes atteintes du sida, pour de multiples raisons, ne renvoie pas à la même que la compassion que l'on peut avoir vis-à-vis des enfants myopathes.
    De plus il faut compter avec l'impact négatif durable résultant de la manière hautement provocante de l'action initiale de certaines associations; une action très efficace pour terroriser les décideurs politiques ou pharmaceutiques mais qui a totalement hérissé nombre de citoyens-donateurs. Difficile dès lors de faire appel aux dons. Or nous sommes ici dans un système où un appel à donner pour une cause fait lui-même appel à une technicité d'appel à la générosité publique de facilitation de la collecte de dons. Car in fine il faut bien qu'il y ait un désir du citoyen, un sentiment d'émotion et de devoir de solidarité. Ceci ne va pas sans technicité.

    Et vous ne condamnez pas cette «technicité?

    Je l'ai fait quand j'ai cru devoir le faire mais avouez qu'il est bien difficile de condamner en soi une action parce qu'elle est très efficace. Reprenons la problématique que vous soulevez.
    a. Est-ce que les familles des malades souffrant de myopathie ont le droit de se révolter contre le destin épouvantable qui frappe leurs enfants et de tout faire pour appeler à l'aide?
    Oui elles en ont le droit.
    b. Est-ce que le fait des les aider est une action plutôt bonne?
    Oui, c'est une action qui est plutôt bonne.
    c. Si l'action de ces familles (dont le désespoir est légitime, et l'activisme compréhensible) est extraordinairement efficace, est-ce que pour autant cette efficacité devient un mal?
    J'ai quelque difficulté à le penser.
    En soi, l'efficacité d'une action bonne ne saurait suffire à la rendre mauvaise. Ceci posé je ne suis en rien le garant de la gestion des comptes de l'AFM et du Téléthon, de la transparence, de la loyauté quant à l'utilisation des fonds récoltés etc.

    Quelle lecture faites-vous de l'agressivité, généralement dénoncée ou mal comprise de Pierre Bergé à l'encontre du Téléthon et de l'AFM?

    Je la comprends. Pierre Bergé est un homme généreux. Il se bat pour une cause qui vaut la peine que l'on se batte. Il sait que le nombre de malades du sida est plus important que celui de ceux des maladies dites orphelines; et il voit que ses efforts ne sont pas payés en retour puisque le Sidaction fait 1/20e du Téléthon. Il ressent dès lors ce sentiment tellement humain qu'est celui de l'injustice.

    Pour finir, êtes-vous ou non, favorable à la mutualisation des dons, comme le réclame Pierre Bergé ou comme le propose depuis peu Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives qui envisage la création d'un «Haut conseil à la vie associative» ?

    Je veux bien qu'on envisage une «mutualisation». Mais comment pourrait-on mutualiser des dons qui ont été faits pour la lutte contre des maladies génétiques? Mutualiser impose avant toute chose de dire aux donateurs: les fonds que nous allons grâce à vous récolter pourront être affectés dans différents champs, celui des maladies génétiques, des cancers ou du sida. On peut aussi s'élever et prendre le point de vue de Sirius. Et Sirius nous dirait qu'une partie de la recherche sur le sida a très directement profité des retombées internationales de ce phénomène qu'est le Téléthon «français» et ce via le coup d'accélérateur phénoménal donné à l'entreprise du séquençage du génome humain. Il reste sans aucun doute à mieux huiler les rouages des articulations entre le monde associatif et la puissance associative. Mais nous aurions grand tort de nous morfondre.
    Propos recueillis par Jean-Yves Nau

    Mutualiser les dons, c'est faire entrer des loups enragés dans la bergerie. Rappelons-nous le comportement de Act Up!

  • En 1996, Christophe Martet, journaliste et ancien président (1994-1996) d'Act Up (organisation communautariste et radicale) fit scandale au Sidaction de janvier 1996 (Lire PaSiDupes avec video)


  • En 1999, Act Up-Paris a saccagé le stand du laboratoire Abbott lors de la VIIème Conférence Européenne sur les traitements et les aspects cliniques de l’infection à VIH, qui se tient à Lisbonne (Portugal), pour protester contre la pénurie en ABT 378.

  • Samedi 7 juin 2008, une vingtaine de militantEs d’Act Up-Paris ont maculé de faux-sang le siège de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) à Strasbourg et zappé l’Ambassade de Grande-Bretagne à Paris.

    VOIR et ENTENDRE Act Up en action

    Act Up-Paris zappe la CEDH envoyé par ActUpParis


  • Faut-il mettre en péril une collecte qui rencontre l'adhésion du public ?

    Pierre Bergé devra commencer par fédérer ses troupes et les civiliser, avant de baver sur ceux qui réussissent là où il échoue.

    Est-il dans de bonnes dispositions de coeur et d'esprit, celui qui déclare «accepter absolument ses responsabilités» et "bien vouloir être désigné comme responsable», mais menace sans vergogne du chaos les malades atteints de myopathie ?