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mardi 13 mars 2012

Sondages contradictoires, mais Hollande perd du terrain et ses nerfs

Le match Hollande-Sarkozy relancé

Les sociétés commerciales de sondages se font la guerre

A 40 jours du scrutin, la course à l'Elysée s'est enflammée mardi autour d'un sondage IFOP plaçant pour la première fois Nicolas Sarkozy devant François Hollande au premier tour.
Publié au lendemain de l'apparition télévisée du président sortant sur TF1 lundi soir, le sondage IFOP Fiducial réalisé pour Europe 1, Paris-Match et Public Sénat a crédité Nicolas Sarkozy de 28,5% d'intentions de vote (+1,5 point) au premier tour contre 27% à François Hollande (-1,5).
Même nuancé par la forte avance qu'il continuait à accorder au candidat socialiste au second tour (54,5-45,5), ce croisement des courbes a agité les entourages.

Nicolas Sarkozy l' a accueilli avec flegme.

En déplacement à Fougères (Ille-et-Vilaine), le président-candidat n'a pas accordé plus d'intérêt à ce sondage qu'aux autres. " La seule chose qui compte, c'est les Français: les convaincre, leur présenter un projet pour les cinq années qui viennent, le reste n'a pas d'importance", a-t-il indiqué sereinement.

Dans le camp d'en face, François Hollande a été pris de panique
Depuis Valence (Drôme), d'une voix cassée, il a exhorté ses partisans "à ne se laisser impressionner en rien", "ni par le déferlement des moyens de l'argent, ni par le cortège des images ou l'accumulation des sondages". "Ce qui compte pour moi, ce n'est pas des sondages (...) c'est le vote des Français", a-t-il dit.

"C'est un tournant", a commenté Frédéric Dabi (IFOP) à propos de l'étude de sa boîte, "mais un tournant nuancé puisqu'il marque la fin de ce qui était une exception sous la Ve République, à savoir un président sortant devancé au premier tour". Un "tournant" qui marque aussi "la réussite, pour l'instant, de la stratégie de droitisation suivie par Nicolas Sarkozy", selon le commentateur.
Mais l'A*P accorde davantage de crédit au sondage suivant qui réinstalle le socialiste en tête.
Pour l'agence de presse, qui sympathise avec TNS Sofres-Sopra Group pour i-Télé (filiale du groupe Canal+) le dernier qui a parlé a raison, surtout s'il est ... socialiste !


Depuis son entrée en lice mi-février, le chef de l'Etat s'est efforcé de détourner du FN de Marine Le Pen les mécontents de la gauche de Mélenchon. Au-delà, de "la France du non" à la constitution européenne en 2005, il a proposé un renforcement des accords de Schengen contre l'immigration clandestine aux frontières de l'Union européenne ou un impôt pour les exilés fiscaux.

Annoncé depuis des semaines, le "croisement des courbes" récompense la majorité de ses efforts.
"La tendance en faveur de Nicolas Sarkozy est (...) incontestablement haussière", s'est réjoui son éminence grise Patrick Buisson, qui a même pronostiqué que ce sondage allait contraindre François Hollande à "prendre des risques".
Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a tempéré ces ardeurs en demandant à ses troupes de "ne pas lire ces sondages".


Ces sondages interviennent à un moment de grandes manoeuvres

François
Bayrou a raillé les résultats contradictoires IFOP vs Sofres
Le centriste a moqué une guerre des sondeurs" qu'il a qualifiée de "ridicule".

A droite, le centriste de l'UMP, Pierre Méhaignerie, a pris acte des faibles réserves de voix de son champion au second tour pour suggérer un "contrat commun" à François Bayrou. "Il a plus de chance de gouverner avec la majorité présidentielle qu'avec le PS tel qu'il est", a-t-il relevé.

Le socialiste Manuel Vallss'est inquiété de la "dispersion" des voix de gauche, avec les deux candidatures trotskistes qui s'ajoutent à celle des communistes, tandis que l'écologiste -et ex-socialiste- Noël Mamère s'est interrogé sur la pertinence de la candidature d'Eva Joly, créditée de 2,5% des voix, qui pourrait "affaiblir le candidat du PS". Cf. un précédent post de PaSiDupes
Chevènement appelle en revanche à voter Hollande...

mardi 31 mai 2011

Vers la fin du nucléaire en Allemagne, grâce à la France


Le nucléaire assure 25% et 85% des besoins énergétiques des pays respectifs

La presse française d'opposition salue la déclaration de la chancelière allemande Angela Merkel de sortir l'Allemagne du nucléaire, mais adopte un angle plus polémique et partisan qu'écologiste et environnemental, en accordant une portée politique à cet effet d'annonce pour dans dix ans. Elle compte en effet que la promesse politique de la chancelière sortante aura un impact direct sur la campagne présidentielle française.
Bien que le lobbying anti-nucléaire allemand soit très actif depuis de nombreuses années déjà et sachant pourtant que les Français restent attachés à cette technologie de pointe initiée par le Général De Gaulle, des éditorialistes français accordent une portée "historique" à cette annonce allemande de sortie du nucléaire pour 2022, estimant que cette option pourrait plonger dans l'embarras le président Nicolas Sarkozy, fermement pro-nucléaire malgré la catastrophe de Fukushima et dans l'attente de sources de substitution.
=> Le premier ministre, François Fillon, a affirmé que la France "respectait la décision allemande", mais que ce n'était "pas le choix" fait par le gouvernement français, qui juge que cette énergie constitue une "solution d'avenir".
=> "La France a fait depuis un demi-siècle le choix du nucléaire, qui produit aujourd'hui 80 % de l'électricité en France", a dit pour sa part le ministre de l'industrie, Eric Besson. "Ce choix reste pertinent, parce que la France a acquis ainsi une forte indépendance énergétique ; elle dispose ainsi d'une électricité 40 % moins chère que dans la moyenne des autres pays européens. Les ménages allemands par exemple paient leur électricité deux fois plus cher", a-t-il ajouté.
=> Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, s'est également montré "totalement défavorable" à une telle décision pour la France. "85 % de notre énergie est produite par le nucléaire (...). C'est aujourd'hui un élément majeur de la puissance industrielle de la France", a-t-il affirmé sur RTL.

=> Ainsi, selon Hubert Coudurier dans Le Télégramme, "en confirmant le geste qu'elle avait eu au lendemain de la catastrophe de Fukushima, la chancelière Angela Merkel plonge la France dans l'embarras". Le journal, radical et laïc, se situe plus à gauche que Ouest France, au point d'avoir déconseillé de voter pour la socialiste Marie-sEGOlène Royal à la présidentielle de 2007.
=>"L'accident de la centrale japonaise de Fukushima...a rappelé au monde le risque atomique", note Dominique Quinio dans La Croix, journal progressiste, bien que la catastrophe ne soit pas nucléaire, mais tellurique.
=> Outre que Didier Louis, qui n'a pas peur des mots, qualifie cette décision de "big bang" et "d'historique" dans le Courrier picard, la dirigeante allemande "a donné un sacré coup de pied dans le nucléaire !", selon Jacques Camus dans La République du Centre, de Centre gauche. Elle fait ainsi "endosser à l'Allemagne un rôle précurseur dans la construction d'un nouveau modèle énergétique" et "relance avec acuité, au-delà des frontières germaniques, le débat sur le nucléaire."
=> Mme Merkel "pose donc un vrai défi économique et écologique à la France en divergeant de sa politique énergétique, à majorité nucléaire", renchérit Xavier Panon dans La Montagne. "Le débat présidentiel (français) sera agité par ces atomes crochus, porteurs d'un choix de société", poursuit-il.
=>"L'annonce allemande constitue un choc et changera profondément la donne de la campagne de 2012", prédit Jacques Guyon dans La Charente Libre. "Peut-on, parce que nous avons mis tous nos oeufs dans le même panier continuer à prétendre que nous sommes seuls à avoir raison?", s'interroge-t-il.

"Le pari allemand nous concerne tous"

Le nucléaire assure 25% des besoins énergétiques en Allemagne et 85% en France:
le problème ne se pose donc pas dans les mêmes termes.

ECOUTER la chronique du 31 mai 2011 de Jean-Louis Gombeaud sur RTL.
=> Dans le genre hypocrisie, Angela Merkel n'a donc rien à envier aux Grünen ou au PS, car l'Allemagne devrait acheter une partie de son énergie à l’étranger: de l'électricité nucléaire française ! Dans la série « faites ce que je dis mais pas de ce que je fais », la chancelière allemande les bat tous, si c'est possible.

Mais la presse française entre en surchauffe
Convaincue d'aller dans le sens de l'Histoire, elle s'aligne sur le dernier qui a parlé. Les commentaires sont faciles et vont bon train, après avoir fait campagne contre les éoliennes ou le gaz de schiste, sans un mot sur le réalisme des sources d'énergie alternative et sans une proposition recevable.

Le PS, bien que divisé, reste très attaché au nucléaire, mais, à lire la presse dans l'air du temps, la promesse Merkel ne gênerait que la majorité.
"Pour les lobbies de l'atome...c'est jour de deuil", ironise Michel Lépinay dans Paris Normandie et "pour le gouvernement français, c'est aussi bien sûr une très mauvaise nouvelle" puisque "la décision allemande pourrait peser lourd sur le débat politique en France", alors que "depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, l'UMP brandit sans cesse, sur tous les tons, l'exemplarité germanique". Après ce revirement allemand, la France risque également de se faire "distancer" dans la course aux énergies renouvelables.

"Au-delà du choix politique et politicien", assure Bernard Le Solleu dans Ouest-France, "Merkel prend une décision majeure pour l'économie la plus puissante d'Europe". "Quoi qu'en disent les patrons d'EDF et d'Areva, ce changement de cap à Berlin aura des conséquences au sein de l'Union européenne", commente l'éditorialiste de Ouest-France, relevant que l'Italie, l'Autriche, la Belgique et la Suisse "se détournent" également du nucléaire. Et si en France "le lobby nucléaire s'est attaché à décrédibiliser l'initiative d'outreRhin... S'arrêter là serait une erreur", martèle Rémi Godeau de L'Est Républicain. "Car le pari allemand nous concerne tous."

Omissions de la presse de gauche

Angela Merkel semble avoir les faveurs de l'opposition, mais en octobre 2010, alors que le débat sur l'intégration des musulmans battait son plein depuis la sortie de l'ouvrage polémique de Thilo Sarrazin, elle affirma que « le modèle multiculturel allemand [Multikulti] a totalement échoué ».

Fin 2010, entre autres débats, celui sur le prolongement de la durée de fonctionnement des centrales nucléaires divisait le Cabinet Merkel et la majorité.

Sa dernière déclaration sur le nucléaire est donc de nature politicienne et peut être remise en question par son successeur. La présidente du groupe nucléaire français Areva, Anne Lauvergeon, n'exclut pas un retournement de situation d'ici à cette échéance. Interrogée sur le caractère "irréversible" de cette mesure, la présidente d'Areva a fait valoir que "d'ici à 2022, il peut se passer beaucoup de choses".
Anne Lauvergeon a souligné qu'elle s'attendait à "une réaction allemande spécifique" après la catastrophe de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima en mars, soulignant que la situation du nucléaire au Japon "n'a pas d'équivalent dans le reste du monde".

Benoît Hamon, porte-parole du PS, plaide évidemment pour que la question soit tranchée, en France, par un "arbitrage du peuple français" au moment de l'élection présidentielle. Malgré un projet adopté à l'unanimité, le PS se divise sur le sujet: Tartine Aubry veut sortir du nucléaire mais elle refuse de se lier en livreant son calendrier, tandis que Flamby Hollande, lui, estime que l’on ne peut pas se passer du nucléaire, mais amateur d'eau tiède, il préfère "aller vers une réduction de la part du nucléaire". Son échelonnement ? Reporté aux calendes grecques. Mais Hamon-le-benêt demande aux électeurs de trancher !...

Les Français auront le temps de méditer l'information de la présidente d'Areva. Pour Mme Lauvergeon en revanche, "c'est une décision totalement politique. Il n'y a pas eu de référendum ni d'appel à ce que pensait l'opinion publique, même si les sondages montrent l'émotion des Allemands". Sur BFM Radio Anne Lauvergeon a encore souligné que la fermeture déjà effective de sept réacteurs en Allemagne a "entraîné un renchérissement significatif des coûts de l'électricité en Allemagne, avec des conséquences pour la base industrielle installée".




=> Lien agence de presse: "Nucléaire: l'Allemagne double ses importations d'électricité française"
(4 avr. 2011)


Gros consommateurs de charbon de mauvaise qualité – donc très polluant – les Allemands pourront toujours continuer à l'extraire de ses mines de l’ex-RDA ou près de Leipzig et Cologne… C’est une énergie peu chère, mais l'Allemagne en consomme 200 millions de tonnes par an et c'est au mépris de la cause environnementale, mais c'est avec la bénédiction des Verts. Un modèle pour nos propres illuminés et la presse hexagonale toujours prête à critiquer le gouvernement en place.

Plus avec France Info


jeudi 4 novembre 2010

Copé veut faire participer Martin Hirsch au désendettement

Futur compagnon d'Emmaüs? Ce n'est pas encore pour demain !...

Réponse du berger Copé à la bergère Hirsch

Le conflit entre Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, et Martin Hirsch, ancien Haut-commissaire aux Solidarités, se poursuit sur le terrain législatif au sujet des conflits d'intérêt qui existerait, selon Martin Hirsch entre la fonction de parlementaire de Copé et son travail à temps partiel dans son cabinet d'avocat d'affaires.

Copé avait alors mis en cause Hirsch qui, à son départ du gouvernement, avait pris la tête de l'Agence de service civique qu'il avait lui-même créée lorsqu'il était au gouvernment.
Le service civique volontaire, qui veut toucher 10.000 jeunes de 16-25 ans dès 2010, a été créé par la loi du 10 mars 2010, après un vote quasi unanime du Sénat, alors qualifié de "petit miracle républicain" par Mohamed Hirsch.

Aucun syndicat ne défend encore ces avantages acquis-là

Jean-François Copé veut mettre Hirsch à la portion congrue
Examiné vendredi, l'amendement n°II-94 à l'article 48 de la loi des Finances prévoit de «supprimer dans les charges de l'agence [de service civique] l'indemnité du président de l'agence», selon une 'révélation' du secrétaire général du groupe socialiste à l'Assemblée, Olivier Faure, jeudi.
Le quotidien d'opposition Libération a également retrouvé quelque sympathie soudaine pour ce renégat, un homme de gauche et ancien membre de cabinets ministériels de Martine Aubry et Bernard Kouchner, mais bénéficiaire de l'ouverture à gauche. Dans cet amendement -évidement signé par des élus UMP-, le quotidien voit une petite vengeance du chef de file des députés UMP là où il n'y a que ...miracle républicain.

Une vipère nourrie au sein du gouvernement

Copé n'avait certes pas apprécié les accusations de conflit d'intérêts portées par cette " prise " politique de Nicolas Sarkozy dans son livre « Pour en finir avec les conflits d'intérêts », mais il faut bien aussi
que chacun assume les conséquences de ses actes.

A qui le tour?
Combien de députés, avocats de fraîche date, épargnés par Hirsch-le-Judas ?
Jean Glavany (PS) ou Christophe Caresche (PS) et Noël Mamère (Verts) ? Julien Dray (PS) est également en attente de la robe noire.

jeudi 5 février 2009

Le Sénat a réussi à infléchir la loi audiovisuelle

Le Parlement adopte définitivement le projet de loi audiovisuelle

Dans un ultime vote, le Parlement a définitivement adopté , le projet de loi réformant l'audiovisuel, au Sénat le mercredi 4 février .

Fin de navette parlementaire
La dernière version du texte établie par la commission mixte paritaire (CMP, 7 sénateurs et 7 députés), chargée de trouver un compromis entre les lectures du Sénat et de l'Assemblée Nationale, a été adoptée avec 18 voix d’avance (177 contre 159). Le PS, le PCF, les Verts et RDSE (à majorité PRG) ont voté contre et l'UMP et les centristes pour.

L'Assemblée ayant déjà voté ce texte mardi, le vote du Sénat rend donc l'adoption de la réforme définitive.
C’est le signal de la mise en œuvre de la nouvelle loi dont le vote intervient un mois quasiment jour pour jour après l'entrée en vigueur, le 5 janvier, de la mesure-phare du texte, la suppression de la publicité après 20 heures sur les chaînes publiques. Bien que les Français l’aient déjà plébiscitée, l’opposition s’était livrée à une résistance farouche, renâclant à cette réforme, comme à toutes les autres, mais avec des méthodes qui n’ont pas grandi l’image du Parlement.

Le Sénat n’a pas aggravé son cas


C’est le Sénat qui a introduit l’augmentation de la redevance audiovisuelle, contre la promesse du Président de la République de ne pas augmenter les impôts. Et la déclaration de Jean-François Copé: "moi vivant, pas d’augmentation de la redevance ». C’était avant que la crise internationale, que la gauche nous fait craindre, ne commence à peser sur l’économie française.

Les Français n’apprécient guère pourtant cette augmentation de 1,74 euros en 2009, voulue par les sénateurs du centre et qui à elle seule porte la redevance à 118€. Mais l’inflation étant estimée à 1,5%, la redevance passera en fait à 120€ par an, contre 116 euros aujourd'hui.
Concrètement, en 2008, le tarif de la redevance était de 116 € en métropole et de 74 € dans les départements d'outre-mer. En 2010, elle devrait bien être portée à 121 euros .

C'est "l'ensemble du paysage audiovisuel qui sera redynamisé, avec un service public libre de remplir ses missions et des chaînes privées moins corsetées", s'est félicitée Christine Albanel, ministre de la Culture.

Le Sénat avait tenté d’imprimer sa marque au texte

Les sénateurs avaient notamment souhaité limiter la possibilité de révocation par le Chef de l'Etat du patron de France Télévisions ou de Radio France. Ils n’ont pas réussi à leur éviter l’obligation de rendre compte: ils seront responsables.
Ils ont donc également essayé de maintenir la publicité sur RFO.

Leur bilan est positif: ils ont réussi à
- encadrer la révocation des présidents du public,
- refuser la suppression de la pub sur RFO
- et augmenter la redevance :
seule sa proposition de hausse de la redevance (par indexation au niveau de l'inflation, soit deux euros par an environ) a été retenue par la CMP.

La gauche n'inspire pas le respect
Pitoyable dans l'échec
"Le Sénat vient de montrer son utilité", se félicite le PS, qui voulait le supprimer et bloquer le projet de réforme.
Et carrément mauvaise joueuse
Que n’a-t-elle objectivement observé dans sa grande sagesse que
la séparation des pouvoirs existe bien
et que
l’omniprésident n’est pas omnipotent.

L’opposition ne va pas manquer de rectifier ses slogans à l’emporte-pièce…

vendredi 23 janvier 2009

Scandales et gaspillage à France Télévisions

Gaspillage et magouilles dont s’arrangent fort bien les syndicats

Comment ils ont coulé la télé publique


Homme du sérail, ancien journaliste à France Télévisions, Francis Guthleben livre, dans « Scandales à France Télévisions », une chronique sans concession du lent déclin de l’audiovisuel public français.

>
Depuis le 5 janvier, les téléspectateurs peuvent s’offrir le plaisir de regarder les programmes de France Télévisions dès 20h35. Les couchers tardifs, les récupérations insuffisantes et les jeunes azimutés comme les adultes irascibles, c’était pour une large part la faute au torrent de pub, qui, réforme présidentielle oblige, est rentré dans son lit.

> C’est le fruit d’un long processus entamé, sans tambours ni trompettes, il y a un an, avec l’annonce de Nicolas Sarkozy lors des voeux à la presse. Une commission Copé et un rapport Giazzi plus tard, le Titanic s’avance toujours vers son destin tragique. Et la question des financements est loin d’être tranchée. Avec en prime, pour les salariés de France Télé, des tensions humaines, des tensions syndicales et encore des tensions.

> Dans « Scandales à France Télévisions », paru le 22 janvier aux Editions Jean-Claude Gawsewitch, Francis Guthleben (ci-contre), journaliste d’investigation depuis 18 ans, a choisi d’en dire plus, sans nul doute motivé par son licenciement du groupe pour « désaccord avec la direction », après une dizaine d'années à France Télévisions comme auteur, réalisateur et cadre de direction depuis juin 2006, responsable des programmes en région.
> Guthleben dessine les contours âpres et rugueux d’une télé sans cap, simple addition des ambitions personnelles, qui a oublié sa raison d’être : le téléspectateur et qui subit les tiraillements à hue et à dia des forces syndicales rivales exacerbées par les extrémistes qui voudraient faire imploser le poste.

Gaspillages et magouilles ?

Dans cet ouvrage, il rapporte le gaspillage du groupe, et notamment “les frais de réception exorbitants, les énormes investissements pour des émissions qui cessent du jour au lendemain, les cadres qui se font offrir des voyages aux frais de la princesse pour aller “soutenir les équipes au travail””.
Il dénonce également le culte de la personnalité des dirigeants, les dysfonctionnements structurels de la chaîne et surtout les rapports de l’entreprise avec la politique et notamment avec Nicolas Sarkozy”.

  • Exemple modeste de gestion inconsciente et inconséquente épinglée par ce professionnel, des jingles renouvelés chaque année, récession ou non. Savoir donc si ces innovations techniques étaient payées au prix juste ou au prix fort pour arranger telle ou telle société, si encore elle le rétrocédait pas une partie de ses rentrées d’argent.
  • Car les contrats de co-production des chaînes télévisées sont une autre zone d’ombre impénétrable, mais qui gagnerait à être explorée, au moment où France Info nous matraque plusieurs fois par jour et depuis deux jours avec la sélection aux Oscar d’Hollywood du film du militant du Réseau ESF, Bertrand Cantet. Ceux et celles qui se demanderaient si le service public y trouve un intérêt peuvent lire PaSiDupes au libellé ‘Entre les Murs’.

  • Pas vraiment une enquête, il s’agit plutôt d’un « document »
    Il met en exergue des gaspillages, exemples à l’appui, comme ce déplacement de Patrick de Carolis en Alsace pour une rencontre avec des téléspectateurs pour laquelle on annonça en région: « Paris veut des limousines pour conduire de Carolis et son équipe entre la gare et la direction régionale de France 3, distantes de moins de deux kilomètres »!
    Et les syndicats en prennent naturellement pour leur grade.
    L’auteur raconte une réunion des délégués du personnel au cours de laquelle un syndicaliste s’étonne : « Un quart de vin rouge par salarié et par repas de production (mission à l’extérieur) est une pratique courante. Lors de notre dernière sortie, nous n’avons pas eu de vin. Que comptez-vous faire ? »
    Autant d’exemples parfois anecdotiques mais qui illustrent les pratiques quotidiennes dans le service public et surtout la hauteur de vue et l'importance des préoccupations des syndicats qui réclament leur dû de gros rouge. La défense d'un avantage acquis ?
  • Un critique estime aussi que le livre n’est pas très bien écrit, mais depuis quand exige-t-on des journalistes un quelconque talent d’écriture ? Qu’ils aient de l’orthographe serait un exploit remarquable et, aux qualités littéraires, chacun sait qu’ils ont depuis longtemps préféré la volupté de l’insolence. Qui aura noté les fautes d’orthographe, de français et de raisonnement de Renaud Dély, journaliste à Marianne (!), dans son dernier petit ‘ouvrage’ ? Pas même le correcteur de sa pauvre maison d’édition. Du coup, décemment, pas moyen de le revendre ni de le prêter, au risque de passer soi-même pour un analphabète qui aurait de l’argent à perdre.
  • Nous ne retiendrons donc que le mérite de ce livre de journaliste de pointer un ensemble de dysfonctionnements dissimulés. Et, au moment où les syndicats veulent, malgré la crise, continuer à dilapider l'argent des contribuables, c'est du plus mauvais effet...

    L’ouvrage pêche cependant par un manque de rigueur, mais est-ce ce que nous pouvons espérer de la presse militante qui ne s’embarrasse pas de contradicteurs et d’équité? Soit, des chiffres sont livrés sans comparaison, mais ses imprécisions ne font pas douter de l’honnêteté de l’auteur et la rareté des témoignages nous évite au moins les bobards inventés d’anonymes ou récités par des comédiens que la télévision aurait floutés. France 2 ne nous a-t-elle pas flanqué dans la vue de fausses images du conflit dans la bande de Gaza, bien que vieilles de quatre ans, pour illustrer l'actualité du jour et l'éthique de la profession?

    Le milieu pourra aussi considérer que beaucoup d’histoires sont déjà connues
    , mais pourquoi les journalistes au parfum n’ont-ils pas déjà lâché les effluves nauséabonds de la profession, eux qui nous livrent avec délice les relents de caniveau dans la presse du même nom. En nous les expliquant. Mieux en nous les commentant, au sacré nom de la liberté d’expression et du devoir d’impertinence !

    Radio France et France Télévisions ont des ressources dont on peut se demander si elles profitent au service public et participent pleinement à son financement.
  • jeudi 8 janvier 2009

    Les Français apprécient déjà la suppression de la pub

    Le service pourtant public fait grève contre l'avis des Français
    Le 8 janvier 2008, Nicolas Sarkozy annonçait la suppression de la publicité sur les chaînes de télévision publiques. Une année pour s’y préparer.
    La suppression après 20 heures de la publicité sur France Télévisions "semble d'ores et déjà très appréciée de tous les Français", a déclaré la ministre de la Culture, Christine Albanel, en présentant mercredi 7 janvier la réforme de l'audiovisuel public devant le Sénat.

    Déjugée, l’opposition fait des colères
    "En juin dernier, lorsque la Commission [Copé] pour la nouvelle télévision publique a rendu son rapport, il a été décidé de fixer l'arrêt partiel de la publicité à janvier 2009", a-t-elle expliqué.

    L’opposition se comporte comme si le service public audiovisuel était sa propriété
    Alors, les camarades sénateurs du PS, PCF et Verts se sont dérobés en quittant l'hémicycle du Sénat à l'ouverture du débat. Ces démocrates ont refusé d'assister au discours de Mme Albanel pour protester contre le fait que la mesure principale du projet de loi, la suppression de la publicité, soit entrée en vigueur depuis lundi.

    Nouvelle incohérence de l’opposition
    "C'était une demande forte de France Télévisions que de travailler sur l'année calendaire. Les équipes s'y sont préparées et ont défini de nouvelles grilles. Les annonceurs publicitaires l'ont anticipée dès le mois de septembre", a rappelé la ministre.
    Elle a aussi observé que c'est "l'obstruction rencontrée pendant près de quatre semaines lors du débat parlementaire à l'Assemblée Nationale" qui "a relancé la question du calendrier".
    "Il a semblé important de maintenir la date initiale", a-t-elle précisé, soulignant que cette décision "était rendue possible" par le vote en décembre, dans le cadre du projet de loi de finances, "d'une dotation budgétaire de 450 millions d'euros pour France Télévisions".

    La gauche n’apprécie pas que son obstruction soit contrebalancée
    Le fait que la mesure principale du projet de loi soit appliquée avant le passage du texte au Sénat est la conséquence du blocage du travail parlementaire par l’opposition. Contrecarrée dans son action anti-parlementaire, la gauche fausse le débat et Philippe Dominati (UMP, Paris) lui fait observer que "c'est un manque d'égards vis-à-vis du Sénat : on aurait pu se débrouiller autrement".

    Le travail en commission doit-il s’imposer à l’ensemble des parlementaires ?
    "La commission Copé avait proposé que la suppression de la publicité ne débute qu'en septembre prochain, ce choix aurait laissé plus de temps au débat" a naïvement regretté en séance un des rapporteurs du texte, Catherine Morin-Desailly (Union Centriste).
    Les membres des commissions essaient-ils de dominer leurs collègues tour à tour? Si l’hémicycle est vide, c’est qu’il faut restaurer le débat en séance et tolérer que la navette fonctionne.

    Sondages ?

    > Les Français sont depuis longtemps hostiles à la pub à la télé
    Avant même que sa suppression ne soit effective, les Français approuvaient la mesure.
    Un sur deux (53 %) était d’accord avec la prochaine suppression de la publicité sur les chaînes de France Télévisions, l’opinion publique est massivement opposée (89 %) au droit — bientôt accordé — pour les chaînes privées de diffuser neuf minutes de pub par heure au lieu de six actuellement. C’est ce que révèle un sondage Opinion-Way, réalisé pour le Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN).

    Un sondage Ipsos de janvier 2008, il y a un an, révélait alors que huit Français sur dix n’établissaient aucune corrélation entre l’abondance de pub et qualité des programmes privés. Selon Ipsos, la majorité (51%) pensait même que la suppression de la pub n’affecterait pas la qualité des programmes et seulement 32% y voyaient un risque de dégradation.

    En décembre 2008, une majorité de Français (65%) se disait favorable à la suppression de la publicité en soirée sur les antennes de France Télévision, contre 32% qui y étaient opposés, selon un sondage de Parisien/Aujourd'hui en France paru ce dimanche.

    > Le lundi 5 janvier était une soirée très attendue par les instituts de sondages, puisqu’elle marquait la fin de la publicité sur l'ensemble du service public. Selon Médiamétrie, les téléspectateurs ont été plus nombreux devant leur petit écran et plus tôt. Ainsi, étaient-ils 3,1 millions de plus. Le pic d'audience est survenu vers 20h26, alors qu’il survient d'habitude vers 21h15.

    Alors qu’à France Télévisions les grèves de personnels se multiplient contre la suppression de la publicité après 20h, les téléspectateurs sont satisfaits de la télévision sans publicité, indique le sondage du Figaro.
    Certains, notamment les parents d’enfants en bas âge, regrettent les nouveaux horaires de début de soirée “il est impossible d’être devant son poste à 20h35, ou bien alors il faut manger devant la télé, ce que je ne supporte pas.” Une maman s'est même plainte de ne plus pouvoir donner le biberon à temps... D’autres apprécient le fait que “les programmes de seconde partie de soirée, souvent bien meilleurs, commenceront plus tôt.”
    A la question “Souhaitez-vous que toutes les chaînes commencent leurs programmes à 20h30 comme France 2 et France 3 ?”, 67% des votants ont répondu oui, contre 33% de non.

    Les personnels des syndicats réactionnaires de France Télévisions ne peuvent donc compter sur le soutien des Français pourtant formatés par leur propagande, ni arguer de l’importance du financement sur la qualité des émissions. Qu’ils cessent donc d’envier TF 1, M 6 et Canal + et se comportent en créatifs dynamiques et en partenaires responsables d’une gestion saine.

    mercredi 10 décembre 2008

    Nicolas Sarkozy a peut-être sauvé France Télévisions

    Marin Karmitz, interrogé par le journal Le Monde
    Ce n'est pas Sa Cynique Majesté Royal qui a pu émettre un son aussi mélodieux..., rien que pour taper sur les nerfs de la maire de Lille, ni l'un des 'ségolénistes' fourvoyés à son service.

    « Producteur, exploitant, distributeur et fondateur de MK2 spécialisé dans le cinéma indépendant, Marin Karmitz a été membre de la commission Copé sur l'avenir de la télévision publique.
    [Puisque Le Monde ne le fait pas, PaSiDupes rappelle que Karmitz n'est que l'un des 17 professionnels, ajoutés aux 16 parlementaires, réunis à compter de juin 2008].

    Comment jugez-vous le débat sur la réforme de l'audiovisuel public qui s'est ouvert à l'Assemblée nationale ?
    Je le juge en tant que citoyen. Je trouve ce débat irresponsable à l'égard des Français qui aimeraient savoir ce que sera l'avenir de la télévision publique et sa stratégie d'entreprise. Or, on assiste à une vaine guérilla parlementaire de la part de la gauche qui n'a jamais proposé de solutions pour l'audiovisuel public. Elle bloque le débat au risque de mettre en péril la télévision publique en prolongeant l'insécurité qui plane sur l'entreprise. Quant à la droite, elle cède aux nombreux lobbies. Il est urgent de moderniser l'audiovisuel public face aux défis de la révolution numérique, en lui en donnant les moyens. De ce point de vue, Nicolas Sarkozy a peut-être sauvé France Télévisions !

    C'est-à-dire ?

    En annonçant la suppression de la publicité, il a engagé inévitablement la restructuration de France Télévisions, son mode de financement et sa transformation en média global. S'il avait continué à être financé par la publicité, le service public aurait perdu la moitié de son budget publicitaire. Qui aurait payé la différence ?

    C'est un revirement spectaculaire de votre part. Fin novembre, dans une tribune publiée dans Le Monde, vous dénonciez "un sentiment de trahison"...

    J'ai le sentiment que l'essentiel, c'est-à-dire la restructuration de France Télévisions vers un média global, n'est pas au coeur du débat à l'Assemblée. Les interventions et les amendements font perdre de vue l'essentiel. La commission Copé a proposé des solutions financières telles que l'indexation de la redevance, les taxes sur les fournisseurs d'accès Internet et le financement de 450 millions par l'Etat qui sont dans la proposition de loi. Personnellement, j'étais opposé à la taxation des chaînes privées pour ne pas faire dépendre le public du privé. Aujourd'hui, elles sont dans un mauvais état financier et il est inutile de les affaiblir davantage. La cohabitation d'un privé fort et d'un public également fort est un gage de pluralisme. La seconde coupure publicitaire pour les chaînes privées est une aubaine pour le service public, qui pourra montrer sa différence éditoriale. Mais, pour cela, France Télévisions doit bénéficier d'un financement pérenne de l'Etat et, pour le moment, il n'y a aucune garantie.

    La nomination du PDG de France Télévisions en conseil des ministres ne vous inquiète pas pour l'indépendance du service public ?

    J'ai été très surpris par la décision de Nicolas Sarkozy qui allait totalement à l'encontre de notre recommandation. Mais, finalement, pourquoi pas ? Cela mettra fin à l'hypocrisie, car tout le monde sait que cette nomination a toujours été décidée avec l'accord du pouvoir politique. En le nommant lui-même, Sarkozy sera donc en première ligne sans fusible.

    C'est ce qui se pratiquait du temps de l'ORTF avec les dérives politiques et les pressions financières...
    Il n'y a aucun risque de revenir au temps de l'ORTF. Aujourd'hui, avec le pouvoir du numérique, les contre-pouvoirs sont partout. Y compris, et surtout, au sein de France Télévisions avec les syndicats et les sociétés de journalistes. Sur un sujet aussi sensible médiatiquement, le président s'y reprendra à deux fois avant de virer le président de France Télévisions parce qu'une émission lui a déplu.


    N'est-ce pas illusoire ? Tout comme de croire que le pouvoir ne s'ingérera pas dans les programmes ?

    Les programmes relèvent de la responsabilité de ses dirigeants. La droite compte encore dans ses rangs quelques personnalités qui ont de vieux réflexes. Il ne sert à rien, par exemple, de dire que le service public ne doit pas diffuser de télé-réalité. La télé-réalité est un format comme un autre, mais tout dépend ce qu'on en fait. La réforme de l'audiovisuel public ne peut être viable que si on se dirige vers un média global, question qui soulève des passions, notamment chez certains syndicats, dès qu'il est question de repenser l'organisation de l'information ou celle de France 3. »
    LEMONDE, le lundi 8/11/08 (Mise en page de PaSiDupes)


    Vous reprendrez bien un peu de Marin Karmitz

    Marin Karmitz est né en 1938 à Bucarest ( Roumanie), dans une famille juive qui sera contrainte à immigrer en France lorsqu’il a neuf ans. Le Monde précise que c’est un exploitant, distributeur, producteur et réalisateur français, fondateur de la société MK2, spécialisée dans le cinéma indépendant, dit « d'auteur ».

    À Paris
    , il entra à l'IDHEC et devint chef opérateur. Il créa sa maison de production MK2, d'abord exclusivement consacrée aux courts métrages (notamment ses réalisations, dont Camarades en 1969).Ses productions rencontrant des problèmes de diffusion, il décide de devenir lui-même exploitant (la première salle ouvre en 1974 à Bastille).

    Il se prononce contre le mouvement des intermittents et la culture de la subvention, contre les luttes à forte coloration corporatiste où les notions de création et de spectacle se mélangent. Pour lui, l'artiste ne doit pas être un assisté.
    C’est dit…
    Suspect, donc ! Encore un de ces extrémistes...