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lundi 9 avril 2018

Après Duflot à Oxfam, Segolène Royal se recycle

Politicienne sans offre, elle crée son propre emploi

Un tremplin qui fait douter de la sincérité de l'ancienne ministre assurant avoir abandonné la politique 

Comme l'altermondialiste Duflot, elle ouvre un "nouveau chapitre de (son) engagement politique". Dans un entretien du lundi 9 avril au  Figaro, Ségolène Royal annonce le lancement d'une ONG, consacrée à l'environnement et à la lutte contre le réchauffement climatique. Cette organisation qu'elle baptise "Désir d'avenir pour la planète" rappelle Désir d'avenir, l'association qui était dédiée à sa malencontreuse candidature à la présidentielle de 2007, sanctionnée par une défaite écrasante de six points, un recul nostalgique de douze années vers le passé.

"Je lance une plateforme d'ingénierie de compétences (...) pour rassembler des synergies autour de projets" liés notamment aux énergies renouvelables, explique l'ex-ministre de l'Ecologie. 
"Ça faisait longtemps que je voulais créer une structure dynamique de type start-up qui rassemble les énergies", affirme l'actuelle ambassadrice pour les pôles et envoyée spéciale pour la mise en oeuvre de l'Alliance solaire internationale. "J'ai la modestie de croire que ma réputation de sérieux et d'efficacité [des exemples ?] mobilisera des partenariats financiers et technique", dit encore Ségolène Royal.
On comprend que sa 'start-up' est donc une coquille vide. 

Une pompe-à-fric ?
Mais pour l'ex-candidate à l'Elysée, il ne s'agit plus d'enjeu électoral, assure-t-elle actuellement, alors que le Parti socialiste vient de consacrer l'élection d'Olivier Faure à sa tête. 

"Je ne veux plus de confrontations électorales, assure-t-elle, tant elle a accumulé d'échecs. Je ne m'intéresse plus à la vie des partis et je ne rentre plus dans les cases. Même si je ne sais pas ce que l'avenir me réserve"... Quelle confiance lui accorder ?

"Je pourrais rentrer dans une entreprise privée, j'ai beaucoup de propositions, prétend-elle, sans pouvoir nommer la première. Mais je ne veux pas que tout ce potentiel de savoir-faire accumulé pendant des années se perde, sic, n'hésite pas à déclarer l'ancienne candidate à tout, victorieuse nulle part. C'est un nouveau chapitre de mon engagement politique, qui est conforme à mes valeurs."

L'ONG serait parrainée par l'astro-physicien Hubert Reeves, 85 ans, le médecin Jean-Louis Etienne, 71 ans (premier homme à atteindre le pôle Nord en solitaire en 1986, et en Antarctique) et le photographe Sebastiao Salgado, 74 ans, selon S. Royal.
Sebastiaosalgado2006.jpg
On voit Salgado, ci-contre à gauche, au côté de Lula da Silva, ancien président du Brésil et poursuivi pour détournement de fonds publics pour financer une campagne de promotion politique en 2004, ainsi que d'avoir "dirigé le système" de corruption et de blanchiment d'argent mis au jour dans le cadre du scandale Petrobras, touchant l’entreprise pétrolière publique et les géants brésiliens du BTP.
Lula se dit victime d’un complot des "élites". 
En 2018, il est condamné en appel à 12 ans de prison pour corruption dans l'affaire Petrobras. En janvier 2017, ses partisans avaient dénoncé une persécution politique. En avril 2018, le Parti des Travailleurs défend un socialisme bureaucratique et autoritaire du type qui prévalut dans les pays soviétiques d’Europe de l’Est. Il viennent de le soustraire par la force à la justice de son pays, mais il assure qu'il va se rendre.

samedi 3 septembre 2016

Energies renouvelables: la France a investi deux fois moins que l'année passée

Les investissements dans les énergies renouvelables se sont effondrés en France  

La France, dernier pays hôte de la COP 21, est l'un des mauvais élèves sur les énergies renouvelables

Promesse non tenue
"La France est l'un des rares pays du monde où les investissements dans les énergies renouvelables s'effondrent," fait savoir le député européen Yannick Jadot,  candidat à la présidentielle 2017.
Dès février 2016, le dernier rapport de l'agence de l'ONU pour l'environnement et Bloomberg new energy finance le démontrait. 

En 2015, il y a eu un peu plus de 2,5 milliards d'euros investis dans les énergies renouvelables. Cela représente une baisse de 53% en l'espace d'un an. Et cette tendance n'est pas nouvelle. 

En 2013 déjà, la France de Hollande était à la traîne des autres grands pays développés.  
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(Top 10 des pays investisseurs dans les énergies renouvelables © Ceres)
La France relativise ce retard par la baisse  de 42%... en Allemagne.  Comparaison fallacieuse, car avec 10 milliards d'euros d'investissements, le montant global reste largement supérieur à la France. 
Plus largement, à l'exception notable de la Grande Bretagne, c'était - en 2013 et avant la COP21- l'ensemble de l'Europe qui freinait sur les énergies renouvelables. En l'espace de quatre ans, sur l'ensemble du continent, on était passé de 110 milliards à une petite cinquantaine en 2015. 

A l'inverse, le montant des investissements est à la hausse en Chine, en Inde ou encore aux Etats-Unis
(2004-2015)
Et pourtant, l'Europe a fait des énergies renouvelables l'une de ses priorités. 
Chaque pays de l'Union s'est fixé des objectifs précis. D'ici quatre ans, en théorie, un peu plus du quart de l'électricité que l'on consomme devrait venir des énergies renouvelables.Or, on en est encore loin.

En 2013, elles représentaient 14% de la consommation finale, sous la moyenne européenne, alors que les prévisions tablaient sur 18% cette année-là. 

jeudi 31 décembre 2015

Gardanne: combat de ministres dans les boues rouges toxiques

Royal et Valls se déchirent sur les rejets de déchets industriels dans les Calanques de Cassis

Valls humilie la troisième du gouvernement, 
Ségolène Royal


La ministre de l'Écologie accuse Valls d'avoir donné l'ordre d'autoriser le rejet de métaux lourds dans le Parc national des Calanques: une attaque frontale du premier ministre. Elle clame que le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) a pris la  décision avec l'accord du premier ministre. Il a signé mardi le renouvellement pour six ans de l'autorisation, donnée à la société Alteo, de rejeter des boues rouges au cœur du Parc national des Calanques, dans les Bouches-du-Rhône. 

La ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie est désavouée. 
Depuis un an, Ségolène Royal avait commandé à des experts choisis des études et analyses pour démontrer la dangerosité environnementale de ces rejets de métaux toxiques, contenant notamment de l'arsenic, du fer et de l'aluminium.

"Chantage à l'emploi", hurle l'offensée 

"L'ordre est venu du premier ministre au préfet, direct", a réagi mardi, très remontée, l'ex-concubine présidentielle répudiée qui décidément compte pour du beurre des Charentes. 
"Je désapprouve cette décision, je n'ai pas du tout changé d'avis: je pense que c'est une mauvaise décision qui est essentiellement suscitée par le chantage à l'emploi", a-t-elle poursuivi, en faisant référence aux 400 salariés de l'entreprise de Gardanne, dont les postes ne seront pas menacés. 

Une réaction agressive peu appréciée de Matignon qui a rapidement livré sa version
"Il n'y a pas eu d'ordre du premier ministre au préfet. La procédure est claire", a assuré un membre anonyme de l'entourage du premier ministre. Cet illustre haut fonctionnaire mystérieux rappelle que la décision avait été prise sur "avis consultatif" d'un conseil indépendant composé "d'experts rattachés administrativement au ministère de l'Écologie". "Consultatif", donc non contraignant... 

France, pays où les experts prennent les décisions gouvernementales ?
C'est le Conseil supérieur de prévention des risques technologiques (CSPRT), présidé par le polytechnicien Jacques Vernier et réuni à partir du 22 décembre,
qui a donné un avis favorable au renouvellement de l'autorisation de rejet dans la mer de ces effluents, accordée pour la première fois il y a près de cinquante ans à la société industrielle. 
Depuis 1966, le site de production d'Alteo, situé à Gardanne, près d'Aix-en-Provence, a donc le droit de rejeter en mer, au large de Marseille et Cassis, des résidus  de la production d'alumine. Plus de 20 millions de tonnes de boues rouges ont ainsi été déversées sur les fonds marins de la fosse de Cassidaigne, malgré l'indignation des groupements de pêcheurs et des associations environnementales. 

La santé publique, comme les jeunes, la dette publique, la croissance et l'emploi
"Un scandale sanitaire", en dépit de 21 COP plus ou moins "historiques"...  
Renouvelé une première fois en 1996, l'accord devait arriver à son terme le 31 décembre 2015. Ces dernières années, l'entreprise avait investi dans une première tranche de travaux pour réduire le volume de pollution déversé en mer, ce qui a rendu les rejets plus clairs, mais non moins toxiques. 
Elle avait, en contrepartie, demandé un prolongement de l'accord pour continuer à évacuer les effluents dans la Méditerranée, provoquant la colère des opposants. 

"C'est un scandale sanitaire, c'est un permis de polluer et d'empoisonner qui a été délivré", déplore Alain Matesi, président de l'association CoLLecT-IF environnement. "Le rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire démontre la toxicité et la nocivité de la pollution. Aujourd'hui ce ne sont plus des écologistes ou des défenseurs de l'environnement qui sonnent l'alarme mais un organisme officiel. C'est une décision inacceptable", ajoute-t-il, espérant que la situation ne se répète pas dans six ans. 

Pour apaiser les tensions, Frédéric Ramé, le président de l'entreprise pollueuse Alteo, a encore promis que tout sera mis en œuvre "pour améliorer la qualité des rejets liquides" dans les... années à venir. Un objectif qui sera scruté de près par les nombreux opposants. Et les commissions d'experts ?

Valls rejette le principe "pollueur-payeur" avec les boues rouges
Adopté en 1972 par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et en 1986 par la CEE, le principe pollueur-payeur (PPP) est un principe économique qui vise à internaliser dans l’économie les coûts environnementaux cachés (externalités).
Ce principe stipule que les coûts de prévention, de réduction de la pollution, de dépollution et de restauration doivent être supportés par le pollueur à l’origine du sinistre.

Les limites du principe pollueur-payeur

Le principe pollueur-payeur a cependant des limites :
  • tout d’abord, il faut être capable d’évaluer le coût économique des dégradations environnementales: avec tous ces experts auprès du gouvernement, cela devrait être un jeu d'enfants ;
  • ensuite, il y a la difficulté d’identifier le responsable, comme l’ont montré par le passé les exemples des marées noires où capitaine de pétrolier, propriétaire et affréteur se renvoyaient la balle, alors qu'en l'espèce le pollueur n'est pas un navigant mais un industriel installé sur le plancher des vaches ;
  • enfin, le coût environnemental peut dépasser les capacités de paiement du pollueur. Dans ce cas, d’autres mécanismes -comme les assurances (attention à l'augmentation des primes !) ou la solidarité nationale (et l'Etat, ce n'est ni Hollande, ni Valls ou Royal...) doivent se substituer au pollueur.

Les applications du principe pollueur-payeur

Dans son application, le principe pollueur-payeur prend de nombreuses formes telles que des normes, des redevances et des taxes (taxes pigouviennes), des assurances, des marchés de quotas ou encore des dommages et intérêts suite à une action en justice.
De quoi se traiter de tous les noms d'oiseaux

Et l'augmentation du prix du gazole -alors que celui du pétrole brut dégringole- sera-t-elle supportée par les propriétaires de véhicule au diesel, deux fois solidaires ?

Hollande peut-il appeler à l'union nationale contre le terrorisme islamiste quand l'ayatollah à la tête du gouvernement se comporte en terroriste de la majorité présidentielle ? L'art de vivre à la française est clairement visé ! A la Culture, Fleur Pellerin ne devrait-elle pas mettre nos chefs d'oeuvre hors de portée, au sec ?

dimanche 25 octobre 2015

Régionales: Hollande en campagne reçoit 'Le Chasseur français' à l'Elysée

A deux mois du 1er tour, Hollande n'oublie pas les chasseurs

Le très citadin président se fait urbain avec les électeurs du Chasseur français

Deux millions de "licenciés" valent bien un brame au fond des bois
C'est toujours la même fable, qu'on se retrouve le poil ras ou qu'on y laisse des plumes... 
A droite, la coquecigrue du marais poitevin ?


Les services de l'Elysée n'innovent encore pas: 
au printemps 2014 (en avril), à la veille des élections européennes (22-25 mai)Manuel Valls avait déjà accordé son dernier entretien de ministre de l'Intérieur au mensuel 'Le Chasseur français', qui consacrait alors sa Une - très imagée - au "retour du lièvre"...
Or, Le Chasseur français appartient à ...  Silvio Berlusconi, via la Fininvest !

Bis repetita cette semaine. François Hollande s'est livré au même exercice dans un numéro traitant notamment de la chasse à la mordorée, ou... bécasse des bois ! Un acte (réfléchi !) de communication moins anecdotique qu'il n'y paraît, la chasse étant le deuxième sport le plus populaire   répandu en France, après le foot, avec plus de deux millions de licenciés qui ne doivent rien à sa politique de l'emploi. Et autant d'électeurs conservateurs potentiels.

Haro sur les loups et les sangliers

D'où l'importance de les caresser dans le sens du poil, à moins de deux mois des élections régionales. Dans cet entretien du Chasseur français avec son service de communication, et auquel François
Hollande n'a consacré que le temps de la photo, il se prononce notamment pour la révision annuelle des quotas de chasse au loup en fonction de la croissance de la population. 
Il souhaite également réguler le nombre de sangliers, qui "provoquent des accidents, des dégâts aux cultures, aux forêts".
Et les ours ? 

Ce nouveau maître-penseur de l'écologie se livre à un plaidoyer en faveur de la ruralité

Ca tombe à pic à l'heure des Régionales...
Mais cela évite-t-il  l'abus de pouvoir ? 
Ne remuons pas le couteau
dans la plaie aveyronnaise
Plus largement, le locataire de l'Elysée assure par exemple qu'il "s'est battu pour garder son appellation à des produits." Mais ça tombe mal puisqu'il cite la renommée de la coutellerie de Laguiole: lele 21 octobre 2014, la Justice Européenne a annulé la marque déposée du  prestigieux couteau, tout en l'autorisant à le faire pour une série d'autres produits, le fromage, la 'fourme de Laguiole,... Le "made in France" est dans de bonnes mains...

Le populisme de Hollande saute les haies.
 
Il dit avoir "beaucoup de considération pour ceux qui défendent la nature", dont "les chasseurs font d'ailleurs partie". 
Pas question, surtout, de les diaboliser. Il faut éviter la fuite de cet électorat vers le Front national. Mais le candidat aux régionales en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Xavier Bertrand, a marqué des points en recueillant les faveurs du mouvement Chasse pêche nature et tradition, présidé par Frédéric Nihous, en lui promettant des places dans ses listes départementales.
Hollande arrive-t-il après la fermeture de la chasse aux voix ?

vendredi 2 octobre 2015

Le budget 2016 sacrifie l'environnement et l'aide au développement

Ségolène Royal promet de faire mieux en gagnant moins...

Le chef de l'Etat est-il intoxiqué ou toxique ?

François Hollande continue de répandre la bonne parole en amont de la COP21, pendant que le gouvernement multiplie les incohérences. Il dit le contraire de ce que fait Valls, fournissant encore l'emballage médiatique du prochain budget, au grand dam des ONG.Alors qu'au Conseil des ministres du 30 septembre François Hollande aurait ainsi vanté un budget de "cohérence et [la] confirmation des engagements du début de quinquennat", les ONG et les associations de solidarité internationale sont  les premières tombées de toute leur hauteur. La mission "aide publique au développement" se voit allouer des crédits de paiement de 2,60 milliards d’euros l’an prochain contre 2,77 milliards en 2015. Une chute de 6%. "C’est la 5e année de baisse consécutive du budget d’aide au développement"s’étrangle l’ONG ONE (Lutter contre la pauvreté et les maladies évitables en Afrique). En 2016, c'est une coupe réglée deux fois plus importante que celle de l’année précédente, précise cette organisation internationale de campagne et de plaidoyer qui annonce 7 millions de soutiens dans le monde (voire seulement 6), dont Bono, le chanteur et leader du groupe irlandais U2.
Deux jours plus tôt, à la tribune de l’ONU, le chef de l’Etat assurait pourtant que la France doit "montrer l’exemple". Il avait promis que les financements annuels pour le climat passeraient de 3 milliards d’euros à plus de 5 milliards en 2020. Il avait aussi rappelé que l’aide publique au développement de la France augmenterait de 4 milliards d’euros, mais à partir de 2020 seulement. Sera-t-il encore là en 2020 pour assumer ses engagements ? Au final, il n'aura agité que l'illusion d'une prise de conscience, le temps d'un discours.

Incohérence ? Inconséquence ? Indécence ? Ou tromperie ?

"Nous sommes abasourdis", déplore l'Allemande Friederike Röder, directrice France de ONE. Ce budget va complètement à l’encontre des annonces faites par le président de la République. Pire, il est même en totale contradiction. 

C'est un affront à Annick Girardin, secrétaire d’Etat au Développement de Valls. Elle promettait récemment que ce budget ferait enfin s'inverser sa courbe et elle avait rappelé au sommet du développement d’Addis-Abeba de juillet que la France s’engageait à dédier 0,7% de sa richesse nationale à l’aide au Sud. "New York n’aurait-il été qu’un écran de fumée ?, s'interroge Christian Reboul, d’Oxfam. 
Si la répartition plus précise de l’aide au développement amputée n’a pas encore été dévoilée, il est à craindre que, contrairement à ce que déclarait François Hollande à New York, "faire davantage pour le climat" signifie en vérité "faire moins pour le développement". "Dans un contexte de baisse globale de l’aide au développement, l’additionnalité des fonds climat est tout simplement impossible", constate Christian Reboul, à la différence de Hollande, qui soudainement se mêle d'environnement, révélant son incompétence dans un domaine de plus.

En 2013, devant l’ensemble des acteurs français de la solidarité internationale, François Hollande s’était déjà engagé à "reprendre une trajectoire positive" pour cette politique cruciale. "Comment va-t-on atteindre plus 4 milliards en 2020 comme annoncé à New York en démarrant par une nouvelle année de baisse ? Ce projet de loi sape la crédibilité des annonces du Président ! " flingue Philippe Jahshan (ancien président de F3E composée d'organisations françaises de solidarité internationale et logée dans le 9e arrondissement de Paris, et actuel coordinateur de Solidarité Laïque, association loi 1901 créée par des organisations liées à l’enseignement public), président de Coordination Sud (Solidarité Urgence Développement), coalition d’associations "nationales" d'ONG -dont Action contre la Faim qui est internationale- de solidarité, de campagne et de plaidoyer. Car 170 millions, ce sont des traitements antirétroviraux dont seront privés 500.000 patients, rappelle encore ONE. Ou des vaccins pour 2 millions d’enfants.

Des annonces qui font dilettante et désordonné 
Surtout, cette annonce de coupe sombre dans les aides au développement (enseignement et santé, en France et à l'étranger), comme celle des économies sur l’environnement - la mission "écologie, développement et mobilité durables" se voit affecter une enveloppe de 6,49 milliards, contre 6,59 milliards en 2015 -, intervient alors que la France organise en décembre à Paris la plus grande conférence internationale sur le climat de l’histoire, la COP21. 40.000 personnes sont attendues pour y sceller un accord contraignant et universel sur le climat. Signalons toutefois que le financement de la COP21 en... décembre à Paris n'est pas assuré: une souscription est ouverte !

Pour tenter de corriger le tir, le 30 septembre sur France Inter, Manuel Valls a assuré qu’un amendement sera introduit pour doper l’aide au développement
"Nul doute que les parlementaires, très mobilisés lors du précédent budget, se saisiront de cet enjeu pour rappeler le gouvernement à ses responsabilités en tant que 6e puissance économique mondiale, acteur majeur de la vie internationale, et hôte de la future COP21", insiste Oxfam. "Nous espérons que l’amendement du gouvernement sera présenté au plus vite et qu’il sera à la hauteur des enjeux, développe ONE. Rattraper la baisse des cinq dernières années serait un bon début pour regagner en crédibilité. Il faudrait donc que la mission augmente d’environ 700 millions."

La Fondation Nicolas Hulot s'est elle aussi trouvée contrainte de dénoncer le projet de loi de finances "d’un gouvernement amnésique", qui "fait l’impasse à la fois sur le climat et sur le scandale sanitaire autour du diesel", classé cancérigène certain par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), sans distinction de modèle et de génération.

A peine deux jours après avoir salué "l’engagement exemplaire annoncé par la France à New York", appelant les 195 Etats membres la Convention-cadre des Nations unies à intensifier leurs efforts dans la lutte contre le réchauffement, l’Agence spécialisée de l'ONU déchante déjà. "La COP21 est oubliée le temps de la discussion budgétaire", déplore-t-elle dans un communiqué. "Oublié le fait que la France continue à subventionner généreusement les énergies fossiles et n’a pas fixé de prix au carbone après 2016 malgré la demande des acteurs économiques. Oublié le fait que les transporteurs routiers ne s’acquittent pas de la contribution climat énergie malgré un prix du pétrole ridiculement bas. Oubliés les avantages fiscaux sur le diesel dénoncés quelques jours plus tôt par l’ensemble du gouvernement. Oubliée la précarité énergétique. Diminué le budget de l’écologie, comme d’habitude. Diminué le budget de l’aide au développement […]."

"Le budget de mon ministère augmente considérablement", assure Royal 

Interrogée sur la baisse du budget de l’Ecologie lors d’une conférence de presse vantant son "plan d’action pour améliorer la qualité de l’air", la ministre Ségolène Royal s'est montrée déterminée à esquiver le problème.  Selon elle, "il n’y a pas de baisse du budget de l’environnement". Elle ne se contente pas de nier: elle affiche une totale mauvaise foi, confondant intelligence et rouerie. "Si vous faites les comptes, le budget de [son] ministère augmente considérablement." Elle aurait pu s'en tenir à cette contre-vérité, mais elle y ajoute l'insolence: "il augmente de façon intelligente." 
Qu'on les prennent dans un sens ou dans un autre, même en jouant sur les mots et avec les comptes, le budget ministériel baisse. Mais Royal affirme avoir "obtenu plus que la compensation, et sur des outils financiers bien plus efficaces que ceux qui existaient dans la structuration du ministère". 

Et Royal de se lancer dans une embrouille sur ces outils miracles 
Parmi eux, "le 1,2 milliard du fonds de transition énergétique pour la croissance verte". La ministre insiste : sans ce fonds "unique" qu’elle a "inventé", "même avec un budget qui augmente, il [lui] serait absolument impossible de financer les 528 territoires à énergie positive auxquels [elle va] allouer 500.000 euros chacun", soit 264 millions d'euros. Ni d’accorder "1 million d’euros par ville respirable en cinq ans" (la facture des 25 lauréats de la carte ci-dessous  - représentant 735 communes et près de 15 millions d’habitants soit 24 % de la population française - désignés le 28 septembre 2015 sera présentée au prochain président, soit 25 millions d'euros) ou encore 500.000 euros par "territoire zéro gaspillage, zéro déchets", soit près de 30 millions d'euros répartis entre les 58 territoires désignés lauréats de l'appel à projets à la fin 2014. Qui paie l'addition de 320 millions d'euros ? L'Etat ou les territoires ?

Autre outil fabuleux, "le crédit d’impôt de la transition énergétique, qui représente un coût pour l’Etat (et l'Etat, c'est nous!) de 980 millions d’euros et l’année prochaine 1,2 milliard d’euros".

Quant au retrait des avantages fiscaux pour un diesel moins polluant, Royal s’est contentée de répéter les éléments de langage de Manuel Valls. "Il faudra programmer la neutralité (sic) de la fiscalité (essence et diesel) sur plusieurs années. Mais pour l’instant, ce n’est pas prévu dans le dispositif actuel", a reconnu la ministre.

Enfin, quid de cette ultime incohérence, selon laquelle Ségolène Royal et son confrère de l’Economie, Emmanuel Macron, viennent d’accorder trois nouveaux permis de recherches d’hydrocarbures liquides ou gazeux (en Seine-et-Marne, dans le Bas-Rhin et dans la Marne). Et ce, alors même qu’il faudrait sevrer la planète des énergies fossiles, principales responsables du dérèglement climatique ? "Il y en a trois qui ont été autorisés mais beaucoup plus qui ont été refusés. C’est un équilibre, qui a été aussi un arbitrage interministériel", a répondu Royal.  
Belle preuve d’exemplarité, à la veille de la COP21. Quid du gaz de schiste ? 

"Pas de baisse du budget de l’environnement"; puis, "plus d'actions avec moins d'argent public"...

Ségolène Royal admet finalement un coup de rabot, mais ne s'effraie pas.
"Il faut faire des économies", a lancé la ministre de l'Ecologie ce jeudi à Matignon, à propos du budget de l'Ecologie prévue par le projet de loi de finances pour 2016. 
"Moi, je donne l'exemple. Il s'agit de dépenser mieux, de faire plus en dépensant moins.
Et la candidate archi-battue de la présidentielle 2007 de faire du chantage: "Si on veut baisser les impôts, il faut lutter contre les gaspillages et faire des économies." 

Sans oublier de se flatter au passage: "c'est ce que je fais. Donc, mon budget baisse et, parallèlement, je veille à mieux dépenser l'argent public. Paradoxalement, je fais plus avec moins d'argent public."
"J'assume ces économies", a-t-elle martelé, bien qu'elle n'ait plus les moyens de ses promesses d'aide au développement. "Ceux qui me critiquent parce que le budget baisse, je leur dis "bah oui le budget baisse". Mais citez-moi un exemple d'action publique auquel il faut renoncer et qui aurait été utile : il n'y en a pas. 

Le ministère de Ségolène Royal devrait en outre être amputé de 671 postes. 
Au contraire, je fais plus d'action avec moins d'argent public, c'est formidable !"
Le culot a un visage.

mardi 23 juin 2015

Prise de becs Royal-Lepage sur la transition économique

"Ce n’est pas un rapport, c’est un concentré de critiques !"

Le rapport remis par Corinne Lepage sur les 100 mesures pour débloquer l’économie verte énerve Ségolène Royal

"Ce n’est pas un rapport, c’est un condensé de critiques !" En janvier 2015, la ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, Ségolène Royal, avait confié à Corinne Lepage une mission sur la transition économique pour les acteurs du Nouveau Monde. Elle s'en mord les doigts depuis le 15 janvier quand C. Lepage (ci-dessus) a présenté ses 100 mesures pour "débloquer" l'économie verte. Ce rapport modestement intitulé "Nouveau Monde" vise à identifier les points de blocage auxquels les nouveaux acteurs de l'économie verte sont confrontés. Royal en prend pour son grade...

La présidente du mouvement Cap21-LRC ne mâche pas ses mots 
Corinne Lepage accuse le gouvernement d’être encore trop favorable à l’énergie nucléaire et de ne pas assez soutenir les entreprises innovantes.

Mais c’est sa critique sur le projet de loi sur la transition énergétique, accusé d’être trop faible et de ne pas aller assez loin, qui " a été la goutte de trop" pour Ségolène Royal. Un travail trop peu complaisant, qui a eu des conséquences. Alors qu’il est de tradition de communiquer sur la remise d’un rapport, le ministère de l’Écologie l'a occulté, ne faisant aucune communication officielle.

Corinne Lepage n’a d'ailleurs eu aucun retour du cabinet de la ministre sur son travail. Pas même un tweet, un e-mail ou un SMS. Difficile alors de croire certains qui, en off, affirment que ce rapport au vitriol n’a pas affecté la relation de confiance qui existait entre les deux femmes…

Corinne Lepage a fuité auprès de  Jean-Jacques Bourdin sur les principales mesures de son rapport, ce lundi

L'État est "bloqué" sur une économie du XXe siècle et est en passe de rater la "troisième révolution industrielle". C'est le constat du rapport que l'ex-ministre de l'Environnement Corinne Lepage remet ce lundi à Ségolène Royal.
"En France on est bloqué, se désole Corinne Lepage sur l'épaule de Jean-Jacques Bourdin ce lundi. Voir tous ces jeunes avec des idées formidables qui n'y arrivent pas, notamment dans le secteur de l'énergie, parce que c'est bloqué... Des jeunes qui vont du coup déposer des brevets en Italie ou en Suisse, c'est lamentable".

Selon l'avocate spécialisée dans les questions environnementales, "en France on ne veut pas développer sérieusement l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables. C'est bloqué par le système nucléaire. On a de l'électricité à vendre et il faut bien que nous l'achetions, car si on ne l'achetait pas le système s'effondrerait".

"Créer un Mouvement des entreprises de la nouvelle économie". 
Le rapport cible cinq priorités pour aider au développement des entreprises vertes : "Il faut une marque commune pour toutes les entreprises et actions citoyennes qui s'inscrivent dans ce nouveau monde", propose Corinne Lepage. "Nous proposons également un Mouvement des entreprises de la nouvelle économie (MENE) pour qu'elles puissent défendre collectivement les intérêts de cette nouvelle économie". Un institut des savoirs devra également être créé afin de "mutualiser les savoirs".
Enfin, est avancée l'idée d'un fonds de remédiation qui permettrait de financer les investissements non rentables à court terme, notamment dans l'adaptation au changement climatique.

"TVA incitative pour le bio"
Parmi les 100 mesures préconisées par le rapport, on notera également la mise en place d'une TVA incitative pour le bio et les produits issus de l’économie circulaire ; la priorité donnée aux productions locales et aux circuits courts ; ou encore la meilleure valorisation des algues et des forêts françaises, notamment la forêt tropicale d'Outre-Mer.

lundi 2 mars 2015

Sivens: les agriculteurs contestés dans leur rôle de protecteurs de l'environnement

Les exploitants veulent reprendre possession de leurs terres occupées

Les activistes altermondialistes font monter les tensions

Des agriculteurs empêchent l'arrivée de 
renforts d'activistes altermondialistes
sur la "ZAD" de Sivens, le 2 mars 2015
Les militants d'extrême gauche refusent la remise en culture en ne rendant pas les parcelles qu'ils occupent illégalement avant la décision vendredi du conseil général du Tarn qui doit trancher entre deux projets d'un barrage sur le site de Sivens.  Les agriculteurs  aimeraient pouvoir récupérer leurs terrains pour les remettre en culture et organisent donc le blocus du site.

Agriculteurs tentent de chasser les occupants zadistes de leurs terres 
Tandis que gendarmes bloquent depuis samedi les deux principaux accès au site contesté de retenue d'eau, à Sivens dans le Tarn, des agriculteurs sont venus en "renfort" pour s'assurer de la réalité de ce blocus policier.

Suite à de vives tensions provoqués par les squateurs zadistes, ils sont près d'une centaine sur leur lieu de travail ce lundi matin, pour contrôler les deux entrées principales du site. Ils veulent s'assurer que le blocus n'est pas filtrant jusqu'à la réunion du Conseil général du Tarn qui examinera vendredi les projets alternatifs au barrage initialement prévu. 
Ils réclament également l'évacuation immédiate des occupants du site, conformément à des décisions de justice prises en février. en dépit du climat de tension qui règne sur place, aucun incident n'est pour l'heure à signaler. Il faut dire que les forces de gendarmerie ont mis en place un dispositif pour éviter tout contact entre les deux camps.

Une barricade par trois fois détruite

"Il y avait trop de monde ce matin pour qu'on assure la sécurité. On a reçu l'ordre de ne laisser entrer personne", a indiqué un gendarme posté à une entrée du site. La tension est en effet encore montée d'un cran depuis vendredi autour d'une barricade dressée par les occupants zadistes au carrefour de la D999, en pleine campagne. Elle a été démontée et reconstruite trois fois, avant d'être détruite dimanche matin.

Le gouvernement a envoyé un escadron de 80 gendarmes mobiles est venu prêter main forte au groupement de gendarmerie du Tarn, pour cette semaine décisive à Sivens, a-t-on appris auprès de la préfecture. Les agriculteurs du Tarn et du Tarn-et-Garonne avaient en effet annoncé qu'ils "bloqueraient" dès lundi matin l'entrée au site, située non loin de la petite ville de Lisle-sur-Tarn.

La maire de Lisle-sur-Tarn dénonce une "zone de non-droit" 

La première magistrate de cette commune décrivait lundi matin une "zone de non-droit" - comme dans certains quartiers ou villes des Bouches-du-Rhône -une "situation intolérable", malgré les chiffres trafiqués de Valls, aussi stupéfiants que le shit de ZUS. 
Maryline Lherm s'insurge contre le fait qu'en république une partie de la population "n'a plus accès à ses propriétés, à ses maisons". "Que fait l'Etat ?", s'interroge encore l'élue. "Aujourd'hui, le Tescou [affluent du Tarn] pleure des larmes, demain j'ai peur qu'il ne pleure du sang. Je voudrais que l'Etat nous entende. J'ai écrit à Manuel Valls, il ne m'a pas répondu", continue-t-elle. 
La responsable administrative explique aussi qu'elle a demandé la mise en place d'une cellule psychologique qui lui a été refusée avec comme conseil pour le moins cavalier d'"appeler le 15". 
"Je crois que l'Etat ne fait pas son travail et c'est la société civile, les agriculteurs qui sont obligés de faire régner l'ordre. Je lance un appel à l'Etat: monsieur Valls, faites quelque chose, il faut que notre commune ressemble à une commune de l'Etat français", conclut-elle.

VOIR et ENTENDRE la maire lancer un cri d'alarme à l'esprit républicain et à la responsabilité de l'Etat:
On constate pourquoi les agriculteurs veulent se tourner vers le Front national. Difficile de nier que la politique du gouvernement PS fait prospérer le FN. 

Pour les zadistes, la réunion de vendredi "est  une vaste mascarade pour gagner du temps avant les élections (départementales des 22 et 29 mars). Aucune décision ne sera prise et ils vont refiler le bébé à la prochaine équipe". 
Plus vraisemblablement, on s'achemine vers un compromis qui ne satisfera encore personne, après trente années de conflits permanents.



Faut-il que Hollande envoie Marion Cotillard?...
On disait Ségolène Royal, la ministre en titre de l'Environnement, capable de dénouer la situation, mais c'est à deux actrices que le président de la République a préféré faire porter sa parole lors de son show médiatique de Manille: la confirmation que l'ex-candidate à l'Elysée est incompétente?