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samedi 12 janvier 2019

Soupçons de fraude : le site "vente-privee.com", épinglé par Bercy

Sur le banc des accusés, un proche de Macron...

Le site est soupçonné d'avoir falsifié le prix de référence de ses articles pour donner l'illusion d'une bonne affaire


Janvier 2016 : GRANJON, PDG et fondateur de Vente-privée.com 
accueille Emmanuel MACRON pour l'inauguration 
du nouveau bâtiment de vente-privée à Saint-Denis

La DGCCRF soupçonne le groupe français de commerce en ligne d'avoir falsifié le prix de référence des articles,
à partir duquel est calculé le taux de réduction pratiqué.
Les réductions trop avantageuses sont parfois une arnaque...
"Il est reproché à l'entreprise d'avoir cherché à donner à ses clients l'illusion de faire une bonne affaire en mettant en place différentes stratégies frauduleuses visant à construire un 'prix de référence' fictif", indique le communiqué de l'organisme. 

Les conclusions de son enquête sur vente-privée.com ont été transmises à la procureure de la République de Bobigny, a annoncé ce jeudi la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.
Trop rose pour être honnête...



La vente en ligne surveillée de près

Des enquêtes régulières pour lutter contre ce type de pratiques commerciales frauduleuses ont notamment conduit la DGCCRF à ouvrir récemment des procédures contentieuses à l'encontre de 19 enseignes d'e-commerce, qui ont donné lieu au paiement de plusieurs millions d'euros d'amendes dans le cadre de transactions pénales.

L'enquête s'est appuyée sur des constatations effectuées sur le site internet de l'entreprise et sur l'analyse de documents saisis au cours de perquisitions, menées dans ses locaux, en juin 2016, il y a 18 mois, pendant la campagne présidentielle de Macron. "Des 'prix de référence' qui ne correspondaient dans les faits à aucune réalité économique étaient utilisés pour afficher des taux de promotion particulièrement attractifs", a constaté la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. 

La vente à distance sur internet, tout particulièrement sous forme de vente "événementielle", fait l'objet d'une "attention particulière" de la part des services de la DGCCRF, précise le communiqué. En effet, "des pratiques déloyales consistant à annoncer des réductions de prix trompeuses construites à partir de prix de référence illusoires biaisent les choix des consommateurs et perturbent le bon fonctionnement des marchés en induisant une concurrence déloyale", souligne l'organisme, qui contrôle la loyauté des prix affichés et des pratiques promotionnelles. 

Un entrepôt de vente-privée à Montagny-les-Beaune, le 17 avril 2015.
Un entrepôt de vente-privée à Montagny-les-Beaune, le 17 avril 2015
Granjon a les dents longues et la morale courte 

Le PDG à succès de Vente-privee.com investit dans le marché de la culture
Il vient d'acheter son troisième théâtre parisien. Ce n'est pas un hasard: il veut faire du spectacle et de la billetterie sur Internet l'un des axes de diversification de son entreprise.

Sa longue chevelure grasse, ses tee-shirts ouverts sur son poitrail velu et ses bagouzes de mac n'ont de lunaire que le look. Il ne faut pas se fier à ses airs de chanteur de rock des années 1970. Jusqu'au fond de ses poches, Jacques- Antoine Granjon reste un capitaliste de coeur. Si sa société-mère vient de mettre la main sur les Bouffes-Parisiens, Paris 2e, après avoir acheté le Théâtre de Paris (9e) - depuis 2013 - et celui de La Michodière, en 2014 -qu'on est en droit de boycotter tous, c'est  le fruit d'une stratégie mûrement réfléchie et d'une étude de marché. 

Que vient faire en effet le roi du "déstockage événementiel" sur Internet dans le spectacle vivant? Quel rapport entre les chaussures et la culture? En quoi un vendeur de meubles de jardin, de blousons et de poêles à frire est-il légitime pour programmer des "artistes" et des "auteurs" dans de grandes salles parisiennes? "Quand un spectacle ne fait pas salle pleine, que font en général les producteurs? interroge Granjon. Ils tentent de vendre les places restantes moins cher. Cela s'appelle du 'yield management" (avant lui, la SNCF et l'hôtellerie ont pratiqué ce type de gestion fondée sur la flexibilité tarifaire qui permet d'optimiser au maximum l'occupation des trains ou des chambres et le chiffre d'affaires des sociétés) et c'est exactement notre savoir-faire." 
 
Vente-privee.com est une réussite rapide. En quelques années, cette société surgie du néant est devenue un poids lourd de la vente sur Internet, avec 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 2.800 salariés et 30 millions de clients à travers l'Europe. C'est parce qu'il cherchait à étendre son champ d'activité que Granjon s'est intéressé à la culture, même si, comme souvent, l'idée est née d'un concours de circonstances. 
"Il y a quelques années, raconte-t-il, Alain Chamfort a annoncé dans un de ses clips qu'il n'avait plus de producteur - il venait de se faire sortir d'Universal. Je l'ai appelé, nous nous sommes rencontrés et je lui ai proposé de distribuer un nouvel album sur notre site. Nous en avons vendu 20.000 !" 
Très vite, Johnny Hallyday, Michel Polnareff et Patricia Kaas bénéficient à leur tour de la force de vente de Vente-privee.com. Pour ses 50 ans, Florent Pagny donne 32 concerts, vendus uniquement sur le site de Granjon. Quant à M. Pokora, il remplit quatre Bercy, dépassant les rêves les plus fous de son producteur. La participation de ces artistes à des "divertissements" télévisés a toutefois largement contribué à ce succès.

Car l'ambition de Granjon ne se limite pas à la gestion de ses seuls théâtres. A travers sa nouvelle filiale, Venteprivee Entertainment, c'est l'ensemble du secteur du spectacle vivant qui lui fait retrousser les babines. Son premier objectif consiste à devenir un géant de la vente de billets sur Internet. Mais il voit plus loin ou, plus exactement, plus large. Il propose aussi à des établissements et à des festivals d'éviter les commissions empochées par Carrefour ou TickeTac, en maîtrisant leur billetterie grâce à une société dont il est devenu actionnaire, Weezevent : curieusement, "les Vieilles Charrues" ont déjà topé avec le capitaliste. 
Il peut également jouer les producteurs ou les coproducteurs dans n'importe quelle salle de France et de Navarre (Dirty Dancing au Palais des Sports, par exemple). Enfin, il trouve en ce monde de paillettes une jolie publicité gratuite - le disque de chansons d'amour d'Iggy Pop, qu'il a produit, lui a valu d'innombrables retombées dans les media. 

Acheter la Michodière ou les Bouffes parisiens a donc pour lui un ultime intérêt. Ces investissements lui attirent  la ...confiance en lui apportant la notoriété, la crédibilité et les réseaux qui lui manquaient auprès des artistes et des producteurs. La rentabilité de ses théâtres ne lui est pas indifférente - "Ce n'est pas du tout une danseuse !" insiste-t-il, mais elle est relative. 

Soucieux de ne pas perdre d'argent, le fripier a toutefois pris soin de s'entourer de professionnels reconnus (Richard Caillat, Dominique Dumond, Stéphane Hillel) et fixe la ligne générale de la programmation : "Du divertissement intelligent. Quand vous voulez attirer 800 ou 1000 personnes chaque soir pendant quatre ou cinq mois, il n'y a pas de mystère: il vous faut de la qualité et du talent partout, des auteurs aux acteurs." A la rentrée, les Bouffes parisiens programmeront 'Acting', une pièce écrite par Xavier Durringer pour Niels Arestrup et Kad Merad. Il ne prend pas de risques : la pièce de 2012 a déjà tourné en régions. 

La suite? Le quinquagénaire a un autre objectif priorité désormais. "Il nous faudrait une salle de musique, plus polyvalente, un domaine où nous ne sommes pas présents." Officiellement, aucune transaction n'est en cours, mais il regarde tous les dossiers qui se présentent. Connaissant le personnage, le coup de théâtre aurait pu être retentissant, si la justice n'avait pas mis de la moralité dans son ascension... 

Granjon a pour un paradis fiscal une attirance fatale 

Ce promoteur du 'Made in France' ne boude pas le Luxembourg.
Comme d'autres dirigeants de ses filiales, notre Jacques- Antoine y a plusieurs actifs, à la fois à titre personnel, mais aussi pour le compte de la société, rapporte le site d'information Les Jours.
"Avec le concours de l'entreprise de domiciliation United Trust, il (Granjon) a créé au Luxembourg, à partir de 2009, une dizaine de Soparfi, des sociétés de participations financières. Certaines sont des filiales de Vente-privee.com, d'autres ont une vocation patrimoniale", explique le site.

Parmi elles, Orefa, propriété conjointe de Jacques-Antoine Granjon et de l'un de ses associés, Julien Sorbac, crée en 2009.
Elle a été fondée par Orefi, holding de contrôle de la société Vente-privée et a "pour objet l'acquisition et l'aliénation d'une collection d'oeuvres d'art" et ..."d'avions", ainsi que leur gestion et valorisation, peut-on lire  sur Legilux, le Journal officiel du Luxembourg.
Elle "a en outre pour objet l'acquisition, la gestion, la mise en valeur et l'aliénation de participations, de quelque manière que ce soit, dans d'autres sociétés luxembourgeoises et étrangères", précise Legilux.

Interrogé, Granjon a juré par mail "ne pas avoir de holding personnelle au Luxembourg". "Ma holding personnelle Orefi (...) est franco-française, mais elle dispose d'une filiale au Luxembourg, la société Orefa, consacrée aux investissements étrangers, dont les murs qui abritent nos sièges sociaux et tous nos bureaux à Luxembourg", a-t-il assuré, dénonçant un "article à charge destiné à nous porter préjudice"...

Or, selon Les Jours, Orefa s'est porté acquéreur d'un immeuble entier au Luxembourg, qui abrite une galerie d'art, mais Orefa sert surtout de "boite aux lettres" à plusieurs autres "holdings utilisées par les associés de Vente-privee.com, ainsi que celui de Jacques-Antoine Granjon".

Les Jours souligne qu'Orefa comme toutes les autres sociétés de l'immeuble "n'ont aucune activité, et ne comptent aucun salarié". Leur principal actif est une participation dans la SAS française Oredis, la maison-mère de Vente-Privée, ajoute l'article.
Enfin, le site luxembourgeois a pour fonction "d'abriter des filiales de Vente-privee.com pour lui permettre de se développer à l'international "sans frottements fiscaux" ", est-il écrit.

Granjon reconnaît que Vente-privée "dispose de plusieurs filiales dans l'Union Européenne, ainsi qu'au Luxembourg" et que "l'une d'elle a été utilisée pour les investissements" de la société aux USA.
Mais il souligne également que "toutes les activités de Vente-privee.com sont centralisées à St Denis en France où nous payons nos charges sociales et nos impôts sur l'intégralité de nos bénéfices et chiffre d'affaires". 

Nos start-ups sont à bonne école

Résultat de recherche d'images pour "Station F Macron  Niel"En 2011, ce proche de Macron a lancé l'Ecole européenne des métiers de l'Internet (EEMI) avec Xavier Niel (dirigeant du fournisseur d'accès à Internet Free, copropriétaire du groupe Le Monde et actionnaire principal de plusieurs start-ups, dont 'Tipeee', avec Laurent Ruquier, en novembre 2015, pour la rémunération des vidéastes), Marc Simoncini (site web de rencontre par internet Meetic) et Alain Malvoisin (Cours Fides, etc).

En octobre 2014, dans les media,est annoncée avec tapage la création du plus grand incubateur de jeunes pousses au monde, dans le treizième arrondissement parisien, à la Halle Freyssinet, Xavier Niel annonce. 
Le 29 juin 2017 à Paris, il inaugure en présence du président Emmanuel Macron le campus 'Station F' (ci-dessus). Et, parmi ses partenaires, on note l'entreprise Vente-privee.com...

lundi 9 avril 2018

Après Duflot à Oxfam, Segolène Royal se recycle

Politicienne sans offre, elle crée son propre emploi

Un tremplin qui fait douter de la sincérité de l'ancienne ministre assurant avoir abandonné la politique 

Comme l'altermondialiste Duflot, elle ouvre un "nouveau chapitre de (son) engagement politique". Dans un entretien du lundi 9 avril au  Figaro, Ségolène Royal annonce le lancement d'une ONG, consacrée à l'environnement et à la lutte contre le réchauffement climatique. Cette organisation qu'elle baptise "Désir d'avenir pour la planète" rappelle Désir d'avenir, l'association qui était dédiée à sa malencontreuse candidature à la présidentielle de 2007, sanctionnée par une défaite écrasante de six points, un recul nostalgique de douze années vers le passé.

"Je lance une plateforme d'ingénierie de compétences (...) pour rassembler des synergies autour de projets" liés notamment aux énergies renouvelables, explique l'ex-ministre de l'Ecologie. 
"Ça faisait longtemps que je voulais créer une structure dynamique de type start-up qui rassemble les énergies", affirme l'actuelle ambassadrice pour les pôles et envoyée spéciale pour la mise en oeuvre de l'Alliance solaire internationale. "J'ai la modestie de croire que ma réputation de sérieux et d'efficacité [des exemples ?] mobilisera des partenariats financiers et technique", dit encore Ségolène Royal.
On comprend que sa 'start-up' est donc une coquille vide. 

Une pompe-à-fric ?
Mais pour l'ex-candidate à l'Elysée, il ne s'agit plus d'enjeu électoral, assure-t-elle actuellement, alors que le Parti socialiste vient de consacrer l'élection d'Olivier Faure à sa tête. 

"Je ne veux plus de confrontations électorales, assure-t-elle, tant elle a accumulé d'échecs. Je ne m'intéresse plus à la vie des partis et je ne rentre plus dans les cases. Même si je ne sais pas ce que l'avenir me réserve"... Quelle confiance lui accorder ?

"Je pourrais rentrer dans une entreprise privée, j'ai beaucoup de propositions, prétend-elle, sans pouvoir nommer la première. Mais je ne veux pas que tout ce potentiel de savoir-faire accumulé pendant des années se perde, sic, n'hésite pas à déclarer l'ancienne candidate à tout, victorieuse nulle part. C'est un nouveau chapitre de mon engagement politique, qui est conforme à mes valeurs."

L'ONG serait parrainée par l'astro-physicien Hubert Reeves, 85 ans, le médecin Jean-Louis Etienne, 71 ans (premier homme à atteindre le pôle Nord en solitaire en 1986, et en Antarctique) et le photographe Sebastiao Salgado, 74 ans, selon S. Royal.
Sebastiaosalgado2006.jpg
On voit Salgado, ci-contre à gauche, au côté de Lula da Silva, ancien président du Brésil et poursuivi pour détournement de fonds publics pour financer une campagne de promotion politique en 2004, ainsi que d'avoir "dirigé le système" de corruption et de blanchiment d'argent mis au jour dans le cadre du scandale Petrobras, touchant l’entreprise pétrolière publique et les géants brésiliens du BTP.
Lula se dit victime d’un complot des "élites". 
En 2018, il est condamné en appel à 12 ans de prison pour corruption dans l'affaire Petrobras. En janvier 2017, ses partisans avaient dénoncé une persécution politique. En avril 2018, le Parti des Travailleurs défend un socialisme bureaucratique et autoritaire du type qui prévalut dans les pays soviétiques d’Europe de l’Est. Il viennent de le soustraire par la force à la justice de son pays, mais il assure qu'il va se rendre.

vendredi 4 août 2017

Macron, un Strauss-Kahn, du genre neutre

La Macronie prend sa source auprès de Strauss-Kahn et Macron auprès de la vieille garde

Le banquier a reconstitué autour de lui une partie de l’entourage de Dominique Strauss-Kahn

Si Macron met les jeunes en avant, ce sont ses "grouillots": ses mentors sont hors d'âge. 

Henry Hermand dans son bureau parisien, le 23 février.
Ainsi, Henry Hermand, acteur de la deuxième gauche et mentor d’Emmanuel Macron, ce "jeune fils spirituel" qu’il espérait voir porter les espoirs de la social-démocratie, est mort en 2016, à 92 ans. L’homme d’affaires, qui avait fait fortune dans la grande distribution, était un généreux mécène de la gauche progressiste. Riche d’une fortune bâtie dans la grande distribution, il continuait à financer plusieurs think tanks de la gauche. 'La République des idées', présidée par Pierre Rosanvallon, puis 'Terra Nova', cette boîte à idées du Parti socialiste (PS), bénéficiaient de ses dons. Il était aussi l’actionnaire de référence du '1', hebdomadaire fondé par Eric Fottorino, un ancien directeur du Monde qui se veut libre et indépendant.

Ingénieur physicien au Commissariat à l’énergie atomique (CEA), Henry Hermand rejoint les milieux intellectuels progressistes dès les années 1950 et intègre notamment la revue Esprit, où il rencontre le fondateur du journal Le Monde, Hubert Beuve-Méry, mais aussi Gilles Martinet, qui lancera bientôt France Observateur et Emmanuel d’Astier de La Vigerie, ancien résistant et gaulliste de gauche. Comme eux, il est anticolonialiste, humaniste et chrétien. Lors d’un voyage en Pologne, il a découvert la réalité des pays satellites de l’Union soviétique (URSS) et en est revenu farouchement anticommuniste. Son réformisme sera désormais celui de Pierre Mendès France.

Emmanuel Macron, p
eu expérimenté en politique mais homme de réseaux,
 puise au passage quelques éléments de la pensée sociale-libérale du ténor socialiste déchu, Dominique Strauss-Kahn.  

Avant de poser ses dossiers à l’Elysée ou à l’Assemblée nationale, avant même de monter à l’automne 2015 la petite équipe à l’origine d’En Marche!, sa bande de trentenaires ou jeunes quadras gravitait dans l’orbite de DSK, de 2002 jusqu’à la défaite lors de la primaire socialiste de 2006. Parmi eux: Benjamin Griveaux, désormais secrétaire d’Etat en charge de l’Industrie; Cédric O, ex-conseiller de Pierre Moscovici, Ismaël Emelien et Sibeth Ndiaye, conseillers du président de la République; Stanislas Guérini et Adrien Taquet, députés.

"L’histoire est extraordinairement romanesque"
, vue par un de leurs aînés, proche de DSK.
 

Principalement issus de Sciences-Po, où enseigna DSK, ou de HEC, ils font office de "petits grouillots", se souvient l’un d’eux. Etonnez-vous donc que Macron reproduise aujourd'hui ce schéma relationnel avec sa piétaille de l'Assemblée...

"On est venu me voir quand j’étais à Sciences Po pour me dire qu’il y avait besoin de petites mains pour DSK. Le but était de ne rien laisser échapper qui venait du terrain, par exemple répondre aux lettres", poursuit ce proche anonyme. 

Pour beaucoup, la porte d’entrée est un think tank mis sur pied en 2003 par DSK, avec Michel Rocard et Pierre Moscovici: "A gauche en Europe". 
"Un endroit de réflexions très libres, passionnant", se souvient l’ancien ministre socialiste de l’Intérieur  de HollandeMatthias Fekl, resté fidèle au PS et à Benoît Hamon. 
Résultat de recherche d'images pour "Jean Pisani-Ferry Macron"
On y retrouve notamment l’économiste Jean Pisani-Ferry, ci-contre à gauche, 66 ans, fils d'Edgar Pisani et l'un des principaux inspirateurs de la réforme du droit du travail promise par Emmanuel Macron lors de sa campagne, 
François Villeroy de Galhau en 2017.le gouverneur de la Banque de France, 58 ans, François Villeroy de Galhau, à droite, depuis septembre 2015, malgré un collectif de 150 économistes qui signala le risque de conflit d'intérêts que représentait cette nomination et qui demanda aux parlementaires de s'y opposer, et membre du conseil de surveillance de Bayard Presse, groupe propriétaire du quotidien La Croix,
Résultat de recherche d'images pour "philippe grangeon macron"ou encore, l’un des cinq administrateurs du mouvement En Marche!, Philippe Grangeon, ancien membre du cabinet de G. Strauss-Kahn, directeur de Capgemini, première entreprise de services du numérique de l’Hexagone, et que le journal communiste L'Humanité qualifie de "miroir du système Macron". 

Françoise Holder est le relais d'En Marche! auprès du monde des grandes entreprises. 
La co-fondatrice avec son mari Francis Holder des boulangeries Paul et propriétaire de Ladurée, s'est engagée très tôt à titre personnel au sein d'En Marche!. Dès juin 2016, alors qu'Emmanuel Macron n'était encore que ministre de l'Économie, Françoise Holder l'a rencontré à Bercy en tant que présidente de l'association Force Femme et du Conseil de simplification. "J'ai été immédiatement emballée, explique-t-elle. J'ai vu quelqu'un de jeune, de dynamique. Et puis surtout Emmanuel est un des seuls hommes politiques à avoir été salarié dans le privé. Il sait ce qu'est une entreprise, il sait qu'il faut faire des bénéfices pour après les redistribuer et investir".
Son rôle de déléguée nationale consiste surtout à organiser des manifestations et des rencontres avec des entrepreneurs.
 
Le PDG du groupe Capgemini, Paul Hermelin, est d’ailleurs un soutien de la première heure du nouveau président. Il était présent dès le premier meeting du candidat d’En marche !, mais il ne se tient pas au premier rang face aux media: il a 65 ans.
Plus proche encore, le directeur de la communication de Capgemini, Philippe Grangeon, est, lui, membre du conseil d’administration d’En marche. Il est, selon les statuts, l’un des cinq administrateurs du mouvement. À en croire des dizaines de mails publiés dans les 'Macron Leaks', même s’ils n’ont pas tous été authentifiés, Philippe Grangeon a beaucoup travaillé et relu les discours du candidat Macron, félicitant même 'le flow solide' du candidat.

Le nouveau président a encore promis d’augmenter et simplifier l’accès aux crédits d’impôt aux entreprises innovantes et du numériques. "Nous devons devenir dans les cinq années qui viennent la nation des start-up", déclarait Emmanuel Macron le 13 avril dernier au palais Brongniart, au cours du sommet qui leur était consacré, devant des dizaines d’entrepreneurs enthousiastes, "et créer des Google européens". Il veut " faire en sorte que quand vous créez une start-up en France, vous avez accès ainsi demain à 27 pays et non pas à vous battre avec 27 réglementations différentes". En mai dernier, le vote du passage de Capgemini en société de droit européen anticipait cette volonté politique.
A noter que, malgré les plus de 900 millions d’euros de bénéfices, Capgemini n’a pas payé 1 euro d’impôt sur les sociétés (IS) en France, en 2016, quand Macron était à Bercy.
Les start-uppers constituent le maillage de la société civile pour Macron 
Le candidat Emmanuel Macron avait le soutien de figures du monde des start-up comme Marc Simoncini (Meetic), Cédric Sire (le patron de Webedia, l'éditeur d'Allociné ou de Pure People) ou encore de Paul Hermelin (CapGemini), de Pierre Pringuet (Pernod-Ricard) et de Mourad Boudjellal (le créateur de l'éditeur de BD Soleil et actuel président du club de rugby de Toulon).


Axelle Tessandier est celle qui a l'oreille des start-uppers. Cette entrepreneuse du numérique de 36 ans qui a longtemps vécu entre Paris, Berlin et San Francisco a délaissé son entreprise de conseil en management du numérique, AXL Agency, pour se consacrer à la campagne de son mentor. Au sein d'En Marche!, si elle assure ne pas avoir de rôle thématique, elle a, outre le numérique, oeuvré pour construire la partie du programme sur l'égalité homme-femme.

Pour la fibre sociale, c'est vers Jean-Marc Borello que se tourne Emmanuel Macron. Surnommé le "Bill Gates du social" ce chef d'entreprise de 59 ans a connu le candidat du temps où ce dernier était étudiant à Sciences Po. Borello qui y enseignait l'a alors pris sous son aile et l'a aidé à préparer le concours d'entrée de l'ENA. C'est lui qu'Emmanuel Macron est allé chercher en octobre dernier lorsqu'il préparait son futur programme présidentiel. Jean-Marc Borello est un peu la caution de gauche du candidat d'En Marche!. Ce self-made man qui n'a que le bac en poche dirige en effet le groupe SOS, un géant de l'économie sociale et solidaire qui compte 15.000 salariés et a recruté dans son groupe des candidats à la députation. Son groupe qui comprend aussi bien des centres d’hébergement pour toxicomanes et SDF, que des crèches ou des entreprises commerciales de location de voitures hybrides ou de distribution de produits équitables a réalisé près de 900 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2016.

Co-fondé par Rocard et DSK, ce club de réflexion, "A gauche en Europe",  alimenta en hommes et en idées la campagne pour la primaire socialiste de 2006.  
Résultat de recherche d'images pour "ismaël emelien maduro"Image associéeIsmaël Emelien, le benjamin de la bande, qui est allé se former dans l'équipe de Havas chargée de la communication de Nicolás Maduro, président du Venezuela par intérim après le décès d'Hugo Chávez, aujourd'hui dictateur qui met son pays à feu et à sang, et qui a mis entre parenthèses sa 3e année à Sciences-Po pour la campagne, s’occupe de la communication sur internet. 
Les amitiés se nouent dans la "soute" de la campagne, mais n’empêchent pas la déroute face à Ségolène Royal, puis face à Nicolas Sarkozy. "On s’était fait ratiboiser, mais c’était très instructif", raconte un des 'jeunes' de la campagne. 
"On formait un petit groupe qui se retrouvait dans un appartement rue de la Planche" (VIIe arrondissement), se souvient Stanislas Guérini. Sibeth Ndiaye, devenue conseillère presse à l’Elysée, y joue les petites mains. 
"On se disait qu’il fallait élargir notre base. En face, Ségolène faisait 'Désir d’avenir', elle avait tout compris", mais surtout Maître Mignard, ajoute-t-il en glissant que, neuf ans plus tard, l’expérience inspirera en partie la “grande marche" de Macron. 

Les idées de DSK ont imprégné la troupe


Sans surprise, certaines resurgiront avant la présidentielle 2017. 
Une note de Dominique Strauss-Kahn de 2004, intitulée "Pour l’égalité réelle", résonne savoureusement: il y préconise par exemple "la suppression de la taxe d’habitation", un "impôt injuste" qui "rend pauvres les communes dont les habitants sont pauvres". 

En matière d’éducation, il appelle aussi à rompre avec "cette égalité formelle et concentrer les moyens sur les élèves qui en ont besoin".
"La vraie égalité consiste à faire plus pour ceux qui ont moins", abonde en écho E. Macron, 13 ans plus tard, dans son programme. 

"A l’évidence, il y a des éléments de filiation entre DSK et Macron"
, confirme un Strauss-kahnien historique, encore au PS aujourd’hui. Et de citer "la recherche d’un chemin progressiste dans la mondialisation, le choix du risque plutôt que de la rente, et tout le débat sur la lutte contre les inégalités en amont plutôt que par un seul système de protections". "DSK disait qu’il fallait s’attaquer aux inégalités à la source, mais cela passait beaucoup par des politiques publiques. M. Macron, lui, semble croire que les mécanismes du marché vont réguler cela d’eux-mêmes", nuance Matthias Fekl. "Il y a des parallèles importants", insiste un autre proche de DSK. "Mais Macron est allé plus loin dans la transgression et dans l’engagement", estime-t-il.

VOIR et ENTENDRE
l'image que Besancenot renvoie de Macron:

lundi 3 juillet 2017

Emmanuel Macron humilie les "gens qui ne sont rien"

Emmanuel Macron est-il vraiment le président de tous les Français ? 
Résultat de recherche d'images pour "Macron Station F"
Macron, de tréteaux en tréteaux
Le président a opposé "les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien"

Le président Macron a un grand besoin de fraîcheur au quotidien et le trentenaire en crise de la quarantaine recherche désespérément la jeunesse. Aussi a-t-il répondu à l'invite du patron de Free à inaugurer sa Station F à Pariscampus géant destiné à l'accueil d'un millier de start-ups, mais il a dérapé dans ses propos, gâchant une nouvelle fois la fête.  
Le binaire Macron n'a pas hésité en effet à se livrer à une discrimination grossière entre les Français, suscitant des réactions d'anonymes et de personnalités politiques.

VOIR et ENTENDRE le banquier Macron humilier "les gens qui ne sont rien":  

Lors de cette inauguration jeudi de la Station F, qualifiée de "plus grand incubateur de start-ups du monde" et initiée par Xavier Niel, patron de presse - investisseur dans l'information en ligne (Mediapart, Bakchich), la technologie (Ateme) ou la musique (Deezer), il pèse aussi sur l'information et la presse (Le Monde ou Atlantico), l'orgueilleux ex-banquier Rothschild tenu établir un parallèle entre son parcours politique et celui d'un entrepreneur, mais il n'a réussi qu'à opposer les Français entre eux, fournissant à ses détracteurs de nouvelles raisons de se méfier d'un tel arrogant. "Une gare, c'est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien", a affirmé Emmanuel Macron à la Halle Freyssinet, un ancien dépôt ferroviaire de 310m de long sur 72m jusqu'en 2006, construit dans les années ...1920 (qui porte le nom de l'ingénieur qui conçut le béton précontraint) et réaménagé au côté de la gare d'Austerlitz.

Le président de la République a révélé sa nature méprisante. 
"Ne pensez pas une seule seconde que, si demain vous réussissez vos investissements ou votre start-up, la chose est faite. Non, parce que vous aurez appris dans une gare, et une gare, c'est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien, parce que c'est un lieu où on passe, parce que c'est un lieu qu'on partage", a assuré ce trentenaire délicat qui ne se mêle pas facilement et utilise des lingettes après avoir serré des mains, tant il se méfie du peuple.

Et le pompeux de conclure, à pas lourds : "N'oubliez jamais, en faisant changer" votre pays, "que vous devez le faire changer pour longtemps, que vous avez à chaque instant cette responsabilité d'être né ou d'avoir grandi aussi dans cette gare, à Paris, en France, en Europe, quelque part dans le monde, et que cela vous l'emmènerez tout au long de votre vie."
 
Ces propos clivants lui valent de vives critiques

De nombreux internautes et politiciens ont sursauté et partagé leur indignation
Sur Twitter, Martine Billard, secrétaire nationale du Parti de gauche, a évoqué la «morgue de classe» d'Emmanuel Macron.  «Ce n'est pas un dérapage, c'est une honte», a également attaqué le psychanalyste médiatique Gérard Miller, soutien de Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne présidentielle.


Florian Philippot et Miller partagent le même sentiment de honte


Quand Macron parle de ceux qui réussissent (sous-entendu comme lui) et de ceux qui ne sont rien, ce n'est pas un dérapage, c'est une honte.
Le petit gars a reçu une volée de bois vert.
L'ancien ministre Thierry Mariani a dénonce le "mépris du président", tout comme l'ancienne ministre Christine Boutin, Julien Bayou, porte-parole d'EELV ou Pascal Durand, eurodéputé EELV, pour qui ce discours "illustre parfaitement la pensée macronienne".




Mais aussi bien Julien Bayou, porte-parole du parti Europe Écologie Les Verts, à l'autre bout de l'échiquier politique :



en passant par Christine Boutin :



Invité de France 3 ce dimanche, Nicolas Dupont-Aignan a de son côté estimé qu'Emmanuel Macron "devrait s'excuser" pour ces propos "profondément méprisants". "Qu'est-ce qu'on aurait dit" dans la presse partisane et "indépendante", interroge l'ancien candidat de Debout la France, "si Nicolas Sarkozy avait dit cela".

Les "gens qui ne sont rien" ont légitimement riposté sur les réseaux sociaux réagi.
Les messages d'internautes sont sans appel. Les propos désobligeants de l'hyper-président ont été re-tweetés plusieurs centaines de fois. Au nombre de ces moins que rien, le journaliste Aymeric Caron, recueilli par Politis, a également critiqué un "mépris de classe", dans un style 'émasculé': comme les gens qui ne sont rien, il déclare en quelque sorte "qu' "il n'y a pas de mots"...



Mélenchon dit "matheux", les médias en parlent pendant 3 jours. Macron opposent "ceux qui réussissent" à "ceux qui ne sont rien": silence.

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"Les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien"
"Les gens qui ne sont RIEN"

Macron est un malade mental 



Le président pharaonique est-il la perfection que nous vante la presse ?

BFMacron TV nous serine que Macron a fait jusqu'ici un sans faute. 
Les fact checkers oseront-ils affirmer que c'est "plutôt vrai" ? Comme le rappelle pourtant un internaute, le président de la République a déjà provoqué des sursauts de la population au fil de ses manifestations de mépris. 
Alors tout juste nommé ministre de l'Économie, Emmanuel Macron avait évoqué, en 2014, les salariées pour beaucoup "illettrées" des abattoirs Gad, dans le Morbihan. La Bretagne a encore massivement voté Macron et peut-être cherchent-ils à lui donner raison.


Deux ans plus tard,
ses propos tenus lors d'un déplacement dans l'Hérault avaient de nouveau été révélateurs de son mépris: "Vous n'allez pas me faire peur avec votre T-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler", avait-il rétorqué à un salarié gréviste. 

Plus récemment,
son accusation d' "alcoolisme et  tabagisme" dans le Nord lui a également valu une série de réactions outragées. Cette fois, il n'avait exprimé ni excuses ni regrets, maintenant ses insultes sur le fond dans un communiqué. 

Peu après son élection, il a encore suscité l'indignation
en ironisant sur les kwassa-kwassa, des embarcations régulièrement utilisées par des migrants de l'archipel des Comores. 


C'est kwassa, ce président ?