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samedi 12 janvier 2019

Soupçons de fraude : le site "vente-privee.com", épinglé par Bercy

Sur le banc des accusés, un proche de Macron...

Le site est soupçonné d'avoir falsifié le prix de référence de ses articles pour donner l'illusion d'une bonne affaire


Janvier 2016 : GRANJON, PDG et fondateur de Vente-privée.com 
accueille Emmanuel MACRON pour l'inauguration 
du nouveau bâtiment de vente-privée à Saint-Denis

La DGCCRF soupçonne le groupe français de commerce en ligne d'avoir falsifié le prix de référence des articles,
à partir duquel est calculé le taux de réduction pratiqué.
Les réductions trop avantageuses sont parfois une arnaque...
"Il est reproché à l'entreprise d'avoir cherché à donner à ses clients l'illusion de faire une bonne affaire en mettant en place différentes stratégies frauduleuses visant à construire un 'prix de référence' fictif", indique le communiqué de l'organisme. 

Les conclusions de son enquête sur vente-privée.com ont été transmises à la procureure de la République de Bobigny, a annoncé ce jeudi la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.
Trop rose pour être honnête...



La vente en ligne surveillée de près

Des enquêtes régulières pour lutter contre ce type de pratiques commerciales frauduleuses ont notamment conduit la DGCCRF à ouvrir récemment des procédures contentieuses à l'encontre de 19 enseignes d'e-commerce, qui ont donné lieu au paiement de plusieurs millions d'euros d'amendes dans le cadre de transactions pénales.

L'enquête s'est appuyée sur des constatations effectuées sur le site internet de l'entreprise et sur l'analyse de documents saisis au cours de perquisitions, menées dans ses locaux, en juin 2016, il y a 18 mois, pendant la campagne présidentielle de Macron. "Des 'prix de référence' qui ne correspondaient dans les faits à aucune réalité économique étaient utilisés pour afficher des taux de promotion particulièrement attractifs", a constaté la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. 

La vente à distance sur internet, tout particulièrement sous forme de vente "événementielle", fait l'objet d'une "attention particulière" de la part des services de la DGCCRF, précise le communiqué. En effet, "des pratiques déloyales consistant à annoncer des réductions de prix trompeuses construites à partir de prix de référence illusoires biaisent les choix des consommateurs et perturbent le bon fonctionnement des marchés en induisant une concurrence déloyale", souligne l'organisme, qui contrôle la loyauté des prix affichés et des pratiques promotionnelles. 

Un entrepôt de vente-privée à Montagny-les-Beaune, le 17 avril 2015.
Un entrepôt de vente-privée à Montagny-les-Beaune, le 17 avril 2015
Granjon a les dents longues et la morale courte 

Le PDG à succès de Vente-privee.com investit dans le marché de la culture
Il vient d'acheter son troisième théâtre parisien. Ce n'est pas un hasard: il veut faire du spectacle et de la billetterie sur Internet l'un des axes de diversification de son entreprise.

Sa longue chevelure grasse, ses tee-shirts ouverts sur son poitrail velu et ses bagouzes de mac n'ont de lunaire que le look. Il ne faut pas se fier à ses airs de chanteur de rock des années 1970. Jusqu'au fond de ses poches, Jacques- Antoine Granjon reste un capitaliste de coeur. Si sa société-mère vient de mettre la main sur les Bouffes-Parisiens, Paris 2e, après avoir acheté le Théâtre de Paris (9e) - depuis 2013 - et celui de La Michodière, en 2014 -qu'on est en droit de boycotter tous, c'est  le fruit d'une stratégie mûrement réfléchie et d'une étude de marché. 

Que vient faire en effet le roi du "déstockage événementiel" sur Internet dans le spectacle vivant? Quel rapport entre les chaussures et la culture? En quoi un vendeur de meubles de jardin, de blousons et de poêles à frire est-il légitime pour programmer des "artistes" et des "auteurs" dans de grandes salles parisiennes? "Quand un spectacle ne fait pas salle pleine, que font en général les producteurs? interroge Granjon. Ils tentent de vendre les places restantes moins cher. Cela s'appelle du 'yield management" (avant lui, la SNCF et l'hôtellerie ont pratiqué ce type de gestion fondée sur la flexibilité tarifaire qui permet d'optimiser au maximum l'occupation des trains ou des chambres et le chiffre d'affaires des sociétés) et c'est exactement notre savoir-faire." 
 
Vente-privee.com est une réussite rapide. En quelques années, cette société surgie du néant est devenue un poids lourd de la vente sur Internet, avec 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 2.800 salariés et 30 millions de clients à travers l'Europe. C'est parce qu'il cherchait à étendre son champ d'activité que Granjon s'est intéressé à la culture, même si, comme souvent, l'idée est née d'un concours de circonstances. 
"Il y a quelques années, raconte-t-il, Alain Chamfort a annoncé dans un de ses clips qu'il n'avait plus de producteur - il venait de se faire sortir d'Universal. Je l'ai appelé, nous nous sommes rencontrés et je lui ai proposé de distribuer un nouvel album sur notre site. Nous en avons vendu 20.000 !" 
Très vite, Johnny Hallyday, Michel Polnareff et Patricia Kaas bénéficient à leur tour de la force de vente de Vente-privee.com. Pour ses 50 ans, Florent Pagny donne 32 concerts, vendus uniquement sur le site de Granjon. Quant à M. Pokora, il remplit quatre Bercy, dépassant les rêves les plus fous de son producteur. La participation de ces artistes à des "divertissements" télévisés a toutefois largement contribué à ce succès.

Car l'ambition de Granjon ne se limite pas à la gestion de ses seuls théâtres. A travers sa nouvelle filiale, Venteprivee Entertainment, c'est l'ensemble du secteur du spectacle vivant qui lui fait retrousser les babines. Son premier objectif consiste à devenir un géant de la vente de billets sur Internet. Mais il voit plus loin ou, plus exactement, plus large. Il propose aussi à des établissements et à des festivals d'éviter les commissions empochées par Carrefour ou TickeTac, en maîtrisant leur billetterie grâce à une société dont il est devenu actionnaire, Weezevent : curieusement, "les Vieilles Charrues" ont déjà topé avec le capitaliste. 
Il peut également jouer les producteurs ou les coproducteurs dans n'importe quelle salle de France et de Navarre (Dirty Dancing au Palais des Sports, par exemple). Enfin, il trouve en ce monde de paillettes une jolie publicité gratuite - le disque de chansons d'amour d'Iggy Pop, qu'il a produit, lui a valu d'innombrables retombées dans les media. 

Acheter la Michodière ou les Bouffes parisiens a donc pour lui un ultime intérêt. Ces investissements lui attirent  la ...confiance en lui apportant la notoriété, la crédibilité et les réseaux qui lui manquaient auprès des artistes et des producteurs. La rentabilité de ses théâtres ne lui est pas indifférente - "Ce n'est pas du tout une danseuse !" insiste-t-il, mais elle est relative. 

Soucieux de ne pas perdre d'argent, le fripier a toutefois pris soin de s'entourer de professionnels reconnus (Richard Caillat, Dominique Dumond, Stéphane Hillel) et fixe la ligne générale de la programmation : "Du divertissement intelligent. Quand vous voulez attirer 800 ou 1000 personnes chaque soir pendant quatre ou cinq mois, il n'y a pas de mystère: il vous faut de la qualité et du talent partout, des auteurs aux acteurs." A la rentrée, les Bouffes parisiens programmeront 'Acting', une pièce écrite par Xavier Durringer pour Niels Arestrup et Kad Merad. Il ne prend pas de risques : la pièce de 2012 a déjà tourné en régions. 

La suite? Le quinquagénaire a un autre objectif priorité désormais. "Il nous faudrait une salle de musique, plus polyvalente, un domaine où nous ne sommes pas présents." Officiellement, aucune transaction n'est en cours, mais il regarde tous les dossiers qui se présentent. Connaissant le personnage, le coup de théâtre aurait pu être retentissant, si la justice n'avait pas mis de la moralité dans son ascension... 

Granjon a pour un paradis fiscal une attirance fatale 

Ce promoteur du 'Made in France' ne boude pas le Luxembourg.
Comme d'autres dirigeants de ses filiales, notre Jacques- Antoine y a plusieurs actifs, à la fois à titre personnel, mais aussi pour le compte de la société, rapporte le site d'information Les Jours.
"Avec le concours de l'entreprise de domiciliation United Trust, il (Granjon) a créé au Luxembourg, à partir de 2009, une dizaine de Soparfi, des sociétés de participations financières. Certaines sont des filiales de Vente-privee.com, d'autres ont une vocation patrimoniale", explique le site.

Parmi elles, Orefa, propriété conjointe de Jacques-Antoine Granjon et de l'un de ses associés, Julien Sorbac, crée en 2009.
Elle a été fondée par Orefi, holding de contrôle de la société Vente-privée et a "pour objet l'acquisition et l'aliénation d'une collection d'oeuvres d'art" et ..."d'avions", ainsi que leur gestion et valorisation, peut-on lire  sur Legilux, le Journal officiel du Luxembourg.
Elle "a en outre pour objet l'acquisition, la gestion, la mise en valeur et l'aliénation de participations, de quelque manière que ce soit, dans d'autres sociétés luxembourgeoises et étrangères", précise Legilux.

Interrogé, Granjon a juré par mail "ne pas avoir de holding personnelle au Luxembourg". "Ma holding personnelle Orefi (...) est franco-française, mais elle dispose d'une filiale au Luxembourg, la société Orefa, consacrée aux investissements étrangers, dont les murs qui abritent nos sièges sociaux et tous nos bureaux à Luxembourg", a-t-il assuré, dénonçant un "article à charge destiné à nous porter préjudice"...

Or, selon Les Jours, Orefa s'est porté acquéreur d'un immeuble entier au Luxembourg, qui abrite une galerie d'art, mais Orefa sert surtout de "boite aux lettres" à plusieurs autres "holdings utilisées par les associés de Vente-privee.com, ainsi que celui de Jacques-Antoine Granjon".

Les Jours souligne qu'Orefa comme toutes les autres sociétés de l'immeuble "n'ont aucune activité, et ne comptent aucun salarié". Leur principal actif est une participation dans la SAS française Oredis, la maison-mère de Vente-Privée, ajoute l'article.
Enfin, le site luxembourgeois a pour fonction "d'abriter des filiales de Vente-privee.com pour lui permettre de se développer à l'international "sans frottements fiscaux" ", est-il écrit.

Granjon reconnaît que Vente-privée "dispose de plusieurs filiales dans l'Union Européenne, ainsi qu'au Luxembourg" et que "l'une d'elle a été utilisée pour les investissements" de la société aux USA.
Mais il souligne également que "toutes les activités de Vente-privee.com sont centralisées à St Denis en France où nous payons nos charges sociales et nos impôts sur l'intégralité de nos bénéfices et chiffre d'affaires". 

Nos start-ups sont à bonne école

Résultat de recherche d'images pour "Station F Macron  Niel"En 2011, ce proche de Macron a lancé l'Ecole européenne des métiers de l'Internet (EEMI) avec Xavier Niel (dirigeant du fournisseur d'accès à Internet Free, copropriétaire du groupe Le Monde et actionnaire principal de plusieurs start-ups, dont 'Tipeee', avec Laurent Ruquier, en novembre 2015, pour la rémunération des vidéastes), Marc Simoncini (site web de rencontre par internet Meetic) et Alain Malvoisin (Cours Fides, etc).

En octobre 2014, dans les media,est annoncée avec tapage la création du plus grand incubateur de jeunes pousses au monde, dans le treizième arrondissement parisien, à la Halle Freyssinet, Xavier Niel annonce. 
Le 29 juin 2017 à Paris, il inaugure en présence du président Emmanuel Macron le campus 'Station F' (ci-dessus). Et, parmi ses partenaires, on note l'entreprise Vente-privee.com...

mercredi 11 mai 2016

Soupçons de fraude fiscale sur le groupe Mulliez: Auchan, Decathlon, Flunch, Kiabi, etc...

Perquisitions autour du groupe Mulliez sur des soupçons de fraude fiscale

Une association familiale au 1er rang des fortunes françaises devant Bernard Arnault (LVMH) et Liliane Bettencourt (L'Oréal)

Siège de l'Association familiale Mulliez (AFM) à Roubaix
Des objets ont été saisis au cours de ces perquisitions, réalisées par la PJ de Lille (JIRS), des policiers parisiens et les juges Gentil et Gastineau, dans le cadre d'une enquête à la suite d'une "plainte d'un membre de la famille Mulliez".

Les perquisitions de ce mardi ont eu lieu dans différentes propriétés du groupe Mulliez en France, en Belgique et au Luxembourg dans le cadre d'une information judiciaire pour soupçons de fraude fiscale et blanchiment de fraude fiscale. Cette enquête est "ouverte depuis 8 mois" à la suite d'une "plainte d'un membre de la famille Mulliez". Aucune interpellation n'a eu lieu, mais des objets ont été saisis par les enquêteurs, révèle La Voix du Nord. 
Il y a plusieurs semaines, des hommes de la DGI, la direction générale des impôts, avaient déjà procédé à des perquisitions en présence de fonctionnaires de police de la métropole lilloise.

Selon une source judiciaire, "énormément de documentation" a été saisie, ce qui "va nécessiter plusieurs semaines de travail". Les perquisitions ont notamment eu lieu à Roubaix où se trouve le siège social du groupe Mulliez, au Luxembourg et à Néchin en Belgique, dans la résidence de Patrick Mulliez, fondateur de Kiabi. L'enquête a été ouverte à la suite d'"un dépôt de plainte de la part d'un membre de la famille Mulliez" à l'encontre d'autres membres. "Cela ressemble à un règlement de comptes", a estimé la même source judiciaire. 

Il y a plusieurs semaines, des hommes de la DGI, la direction générale des impôts, avaient déjà procédé à des perquisitions dans les locaux du groupe en présence de fonctionnaires de police de la métropole lilloise.

Un empire tentaculaire dans l'essentiel du domaine de la distribution  

Les principales enseignes de la famille Mulliez, connue pour sa grande discrétion, sont Auchan, Decathlon, Leroy-Merlin ou encore Kiabi ou Norauto. Selon le magazine Challenges, Gérard Mulliez, fondateur d'Auchan, et sa famille seraient à la tête de la quatrième fortune de France en 2015, avec 23 milliards d'euros. D'autres sources les placent en tête du hit parade des holdings familiales.
Les Mulliez, premier acteur familial de l’économie françaiseTout commence en 1961 avec la création d’Auchan par Gérard Mulliez à Roubaix. Suivront Décathlon, Leroy Merlin, Kiabi, Flunch, Saint Maclou, Jules, Boulanger  et une cinquantaine d’autres sociétés. D’après la presse spécialisée, 10 % des dépenses quotidiennes des Français atterrissent dans la poche de cette première fortune professionnelle de France. Une galaxie pilotée par une association familiale (AFM – 650 cousins) représentant plus de 500.000 salariés directs et plus de 80 milliards d’euros de chiffre d’affaires ! 
Interrogé par La Voix du Nord, filiale du groupe belge Rossel, qui possède également Le Soir (et opère lui aussi en Belgique, en France, au Luxembourg, mais aussi en Bulgarie), l'auteur de La face cachée des Mulliez, Bertrand Gobin, estime que "si des membres de la famille Mulliez étaient mêlés à des affaires de fraude fiscale, ce serait une première". Ce  journaliste, créateur du blogmulliez, révèle notamment "la cascade de holdings intermédiaires basées en Belgique, aux Pays-Bas ou au Luxembourg, qui permettent notamment d'échapper à la taxation des plus-values sur les cessions de valeurs mobilières" au sein du groupe Mulliez. Mais s'il souligne que, jusque-là, les 650 cousins formant l’Association familiale Mulliez, n’ont jamais franchi la 'ligne jaune', c'est surtout surtout parce que le système mis en place pour gérer les actifs de l’AFM est suffisamment opaque, voire impénétrable.

Le groupe falilial traîne quelques affaires

En mars dernier, Canal+ avait mené l'enquête sur la face cachée de l'empire Mulliez

Spécial Investigation avait notamment révélé des affaires de corruption et d'exil fiscal. Au début, ils n'étaient que 35. Aujourd'hui, ils sont 600 et pèsent 38 milliards d'euros. Les Mulliez détiennent Auchan, Decathlon, Leroy-Merlin ou Flunch, fuient la presse, cultivent l'entre-soi familial pour verrouiller leur capital. Les pépites mises au jour (au-delà de l'Encyclique de Jean XXIII, sur laquelle les Mulliez se fondent pour transmettre leurs valeurs à leurs descendants), c'est une affaire de corruption en Ukraine, des exils fiscaux à Néchin  en Belgique, ce qui permet à Patrick Mulliez de ne payer que 135 euros d'impôts sur un revenu de plus de 1 milliard. 
"On est des travailleurs", s'insurge Patrick Mulliez, né en 1940 de Gérard Mulliez, créateur de Phildar et lui-même fondateur en 1978 du groupe français de la distribution de distribution de prêt à porter, Kiabi (en croissance de 6,7% en 2015 et créateur d'emplois), confronté aux preuves du journaliste fouille-merde. Et l'héritier de mettre ses tribulations amusées en scène, tout en dépiautant le fonctionnement de la dynastie la plus riche de France. 
Pas très catholique, semble-t-il. Mais catholique, en Socialie laïque, c'est suspect. Comme l'est, du point de vue de la gauche, la réussite.

samedi 9 avril 2016

Panama Papers: une faute du journal Le Monde provoque la colère de l'Alger

Le Monde accuse Bouteflika par erreur, mais obtient la solidarité de media français et le boycottage de la visite de Valls à Alger

Acte 1: Le Monde met en cause le président algérien


Plusieurs articles, titres et photos article du journal français Le Monde constituent une diffamation.
Alger a réagi dans la foulée du scandale de la désinformation tentée par Le Monde sur l'affaire dite 'Panama papers' où des chefs d'Etat et de hauts responsables ont été accusés de corruption et d’évasion fiscal. Lundi 4 avril, Alger a protesté officiellement auprès du Quai d’Orsay. La diplomatie algérienne a dénoncé "une campagne qu’elle juge diffamatrice et manipulatrice menée par Le Monde contre l’Algérie".

La Une est explicitement malveillante
Le journal a affiché les photos de cinq dirigeants, dont Abdelaziz Bouteflika, en Une et sous le titre "L’argent caché des chefs d’État". Or, le nom du président algérien n’est pas cité dans l’article consacré à l’affaire de Sonatrach.
Et la presse hexagonale s'est largement faite l'écho des soupçons dans un vaste amalgame mêlant indifféremment des chefs d'Etat ou certains proches. Le Parisien écrit: "Dans la liste hétéroclite des personnalités ayant créé ou utilisé des sociétés offshore sont également cités l'acteur chinois Jackie Chan et le cinéaste espagnol Pedro Almodovar, des membres de l'entourage des présidents chinois Xi Jinping, syrien Bachar al-Assad, mexicain Enrique Peña Nieto, algérien Bouteflika - via le scandale de la compagnie pétrolière nationale Sonatrach - et du roi du Maroc Mohammed VI, avec son yacht et ses sociétés aux Iles Vierges," sans compter... Poutine.
Sans délai ni retenue, le président Hollande a pour sa part aussitôt enfilé son costume de chevalier blanc - malgré la présence nominale de son ministre, Jérôme Cahuzac, sur les listes - pour assurer que les révélations des 'Panama papers' donneront lieu en France à des "enquêtes" fiscales et des "procédures judiciaires". 

"'Panama Papers' : en Algérie, l’argent du pétrole passe par l’offshore"
Assorti d'un article qui ne cite plus Bouteflika, autre titre brouille les relations.

"L’accueil en grande pompe, le 17 mars, de Chakib Khelil, le ministre de l’énergie algérien de 1999 à 2010, en fuite depuis trois ans et soupçonné de corruption, a été pris en Algérie comme une provocation: la preuve de l’impunité dont jouissent les proches du chef de l’Etat. Et une façon d’enterrer l’affaire Sonatrach, la compagnie pétrolière nationale, qui défraie la chronique depuis 2010. Le mandat d’arrêt international contre M. Khelil a été annulé pour vice de forme, le juge qui a instruit l’affaire muté, le procureur général limogé. Mais l’ancien ministre n’a pas été blanchi par la justice algérienne."


Acte 2: l'Algérie riposte par le refus de visas à des journalistes français

L'Algérie a refusé d'accorder des visas à plusieurs journalistes, 
en premier lieu un reporter du journal Le Monde, référence des intellos-socialos-bobos, sans doute sanctionné pour des accusations infondées sur les Panama Papers. 
"Nous empêchant d’effectuer notre travail," s'était lamenté le groupe Le Monde, détenu par la triade BNP (les hommes d'affaires, multimillionnaires et socialistes, Pierre Bergé, Xavier Niel, et Matthieu Pigasse). Le Monde se posait ainsi en victime, alors que le premier ministre, Manuel Valls, rend au pouvoir algérien une visite officielle qui débute samedi et doit durer deux jours. 

Les Algériens n'ont pas supporté l'agression gratuite du journal
, impliquant le président Bouteflika dans l'affaire d'évasion fiscale des "Panama Papers". Le Monde a notamment mis en cause le ministre de l’Industrie et des Mines algérien, Abdeslam Bouchouareb.
Le quotidien socialiste a finalement reconnu sa légèreté partisane, mais se satisfaisant de faire valoir que le nom du chef de l'Etat algérien "n'apparaît pas dans les Panama Papers".

Acte 3: Le Monde proteste contre le refus de visa par l’Algérie à un de ses journalistes

"Le Monde regrette cette décision et proteste contre cette entrave à la liberté de la presse", a réagi l'arrogant directeur du quotidien, Jérôme Fenoglio, vendredi 8 avril, inconscient de son indécence. "Cette décision est liée à notre traitement [inqualifiable !] des Panama papers", commente Le Monde, spécialiste de l'information floue, "en particulier les informations que nous avons publiées sur l’Algérie." Cette presse ambiguë va plus loin: "Le Monde regrette cette décision [uniquement celle d'Alger...] et proteste contre cette entrave à la liberté de la presse." Tout de suite les grands mots, puisque ça marche parmi ses lecteurs !
Sans aucune pudeur...

La presse française partisane tronque l'information, faisant l'impasse sur les causes de ses tensions avec Alger

Le ministère des Affaires étrangères algérien était fondé à évoquer "une campagne de presse hostile à l'Algérie
 
et à ses institutions menée en France dans différents médias". 
"[Ces refus de visa sont] une mesure de rétorsion", réplique une source officielle française. Mercredi, déjà, l'ambassadeur de France à Alger, Bernard Emié, avait été convoqué par les autorités algériennes.
Deux journalistes du "Petit journal" de Canal + n'ont pas obtenu de visa, notamment en raison d'un reportage sur le président Abdelaziz Bouteflika, diffusé l'an dernier. "On peut imaginer que le ton de nos reportages leur déplaît, mais on n'a eu aucune explication", a toutefois précisé une source proche de la chaîne française.

Les media français boycottent le déplacement

Après avoir appris ces refus, le premier ministre Valls a contacté son homologue algérien, Abdelmalek Sellal, pour lui faire part de son désaccord. En signe de protestation, plusieurs media français ont donc décidé de boycotter le déplacement, dont France Inter, France Culture, Le Figaro et Libération. 


Ce dernier offre à ses lecteurs confiants une synthèse partielle et partiale: 
"Une irritation d’un côté de la Méditerranée, une protestation de l’autre."  Mais aussi une provocation, au préalable! 
Le journal de Patrick Drahi -impliqué dans l'affaire des Panama Papers - qualifie la décision algérienne de "défaite pour la liberté de la presse". Et une victoire des fraudeurs fiscaux en paradis fiscaux ?

La direction de France Télévisions refuse également d'envoyer les rédacteurs de France 2 et France 3
suivre la visite de Manuel Valls à Alger.

Dans notre droit, 
le délit de solidarité fait cruellement défaut.

mercredi 6 avril 2016

Panama Papers: Libération soutient que le trésorier de campagne d'Hollande n'est pas impliqué

Non, Jean-Jacques Augier ne serait pas encore soupçonné de fraude fiscale
Le nom de Jean-Jacques Augier, 62 ans, avait bien été cité par Le Monde

Mais c'était dans une affaire similaire, dite des "offshore leaks" et en 2013, alors ça change tout !
'Offshore leaks', c'est le nom d'une précédente affaire de fraude du fisc par le biais de comptes "délocalisés" dans des paradis fiscaux et qui occupa la Une de plusieurs media internationaux. Ils publièrent une liste de milliers de noms de détenteurs de ces comptes. Parmi ceux-ci, Jean-Jacques Augier, trésorier de campagne de François Hollande en 2012.
Jean-Jacques Augier, homme de confiance de l'actuel président socialiste, s'est successivement investi comme patron des taxis G7 - en guerre contre les VTC, avec le soutien de l'Etat-PS - et dans la boucherie, 
mais surtout dans l’édition, puis la presse, avec le mensuel "Books" (2009), et, enfin, comme "cost-killer" (2013) du magazine gay de Pierre Bergé, autre proche des 'Ségollande', puisque l'homme d'affaires multi-millionnaire finança la campagne de Ségolène Royal en 2007. La rédaction de Têtu s'était indignée des révélations sur les affaires aux Caïmans de son propriétaire. Dans un communiqué, elle se dit "consternée" par les informations publiées sur ses investissements offshore. "Alors que les salariés du magazine subissent actuellement un plan social négocié a minima qui a conduit à une grève votée à l'unanimité le vendredi 22 mars- ces informations paraissent d'autant plus choquantes".

En mai 2012, L'Express publiait ce bref portrait de cet aventurier, proche de Hollande
"Sa vie commence dans les comptes - il est inspecteur des finances, promotion Voltaire, comme Hollande. Elle se poursuit comme un conte, où l'on retrouve le héros dirigeant du Groupe G7 (taxis, remorqueurs les Abeilles), puis éditeur, loueur de voitures, libraire et propriétaire de boucheries... à Pékin, investisseur dans les biotechnologies. Quand son ami François le lui demande, Augier préside l'association de financement de la primaire, puis celle de la présidentielle. Il conseille aussi le candidat sur la création d'entreprise." En 2013, Le Monde le décrivait comme "une personnalité atypique, cependant assez éloignée de celle des hauts fonctionnaires et des élus qui entourent M. Hollande. Un caractère sensible, une culture littéraire sophistiquée mais un sens des affaires tranchant."

"Personne ne pouvait savoir" que Jean-Jacques Augier avait un compte dans un paradis fiscalalors qu'il gérait les comptes de campagne de François Hollande, avait affirmé sur Canal + le ministre Stéphane Le Foll, et surtout pas lui, bien que directeur du cabinet de Hollande, premier secrétaire du Parti Socialiste (1997-2008), s'attachant à se disculper plutôt qu'à nier sur le fond... 
Et, le 04 avril 2013, depuis le Maroc, François Hollande avait affirmé "Je ne connais rien de ces activités. En revanche, ce que je peux vous dire, c'est que Jean-Jacques Augier a été trésorier de ma campagne, que les comptes de campagne de 2012 ont été considérés par le Conseil constitutionnel comme tout à fait réguliers. Sur des activités privées, c'est à l'administration fiscale, s'il en est besoin, de faire son travail." 
Or, Jean-Jacques Augier a confirmé être actionnaire de deux sociétés offshore dans les îles Caïmans, par le biais de son holding financier Eurane.

Cette affaire était une nouvelle pelletée de gravats sur la tombe de la gauche morale.
OffshoreLeaks, opération mondiale de transparence, tombait en effet fort mal au moment des affaires Guérini, d'une part, et   Cahuzac, ministre du Budget de Hollande et fraudeur fiscal, d'autre part. Manuel Valls était venu du ministère de l'Intérieur se blanchir au 20H de France 2: "C'est à Jean-Jacques Augier de s'expliquer. Comme le président et le Premier ministre, je ne supporte pas la place de l'argent sale dans notre société."

Louis Aliot, vice-président du Front national, avait réagi à l'affaire Cahuzac et aux dernières révélations sur le trésorier de campagne de François Hollande: "On connaissait la gauche caviar, on découvre la gauche caïman !" "La république irréprochable de François Hollande semble avoir du plomb dans l'aile. 

Après les affaires Guérini et consorts, les conséquences de l'affaire Cahuzac, ne voilà-t-il pas que le trésorier de la campagne du candidat socialiste a investi dans des paradis fiscaux. (...) Bref, la gauche morale semble être totalement imprégnée de l'esprit de la finance mondiale, celle-là même que pointait du doigt le président normal désignant ses "adversaires de la finance" à la vindicte des électeurs ! (...) On mesure la fracture qui existe entre la caste au pouvoir et le peuple. Pendant que les Français souffrent d'une crise financière, économique et sociale dramatique, la finance se porte bien ! Et à gauche, ses serviteurs ne manquent pas."

Libération dénonce "une jolie tentative de diversion" du FN… 

Pour vendre sa prochaine édition, Le Monde a fait du marketing commençant par annoncer que le nom d'un parti impliqué serait révélé. Puis, ce mardi, il a désigné le Front National, affirmant  que des proches de Marine Le Pen en fait des prestataires de services -  seraient impliqués dans l’affaire des "Panama Papers". Le FN riposte donc en rappelant que Jean-Jacques Augier, trésorier de campagne de François Hollande, est également cité dans l’affaire.
Le journal de Patrick Drahi (et Bruno Ledoux) nie: " Non. En tout cas, pas dans cette affaire" !... 
Une affaire vieille de trois ans et mêlant le président Hollande n'est pas une affaire ? En 2013, plusieurs dizaines de media internationaux – avec l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ) à la coordination, comme aujourd'hui dans cette opération "Panama Papers" – avaient déjà sorti l’affaire des "offshore leaks" et c'était déjà Le Monde qui avait alors dénoncé Jean-Jacques Augier avait fait de l'évasion fiscale dans la Caraïbe, au paradis fiscal des Caïmans, à l'abri du fisc.

Le journal de Drahi, également propriétaire du groupe L'Express, s'indigne. 
C’était en 2013, s'écrie-t-il. "Ressortir aujourd’hui l'affaire ressemble à un joli contre-feu. Et accuser la presse de dissimulation [amalgame] est d'autant plus risible que c'est le même media (Le Monde) qui évoque aujourd'hui l'implication des proches de Marine Le Pen dans les Panama Papers, qui avait sorti "l'affaire Augier" il y a trois ans"... Le rire de Libération serait moins jaune si son rédacteur en chef, Laurent Mouchard, dit Joffrin, avait sorti lui-même ce 'marronnier' d'avril.

Libération refuse au FN le droit d'exprimer sa vérité. 
"Dans sa tentative de détourner l’attention, le FN fait feu de tout bois… quitte à se précipiter un peu. Ainsi, le compte Twitter de Wallerand de Saint-Just, qui assure que Jean-Jacques Augier est cité, s’est un peu emmêlé les pinceaux, écrivant que Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), était également impliqué… Avant de corriger. Il s’agissait en fait du nom de Patrick Drahi (actionnaire de Libération). Drahi (actionnaire de Libération). Libération s'arrête à l'écume des choses... Pour information, Drahi est propriétaire de ce journal socialo-bobo à 50%.

Il reste que Patrick Drahi est un homme d'affaires sulfureux
Cet entrepreneur franco-israélien réside en Suisse. Il est président-fondateur d'un consortium, Altice, basé au Luxembourg. Et l'organigramme de son empire, Next LP, fait apparaître une cascade de filiales situées, pour nombre d'entre elles, dans des pays connus pour être des paradis fiscaux comme le Luxembourg, la Suisse ou le Panama. Le 3 avril 2016, la fuite de documents Panama Papers met sur la place publique son implication en tant que propriétaire bénéficiaire d'une société offshore.

Arnaud Montebourg avait prévenu Patrick Drahi qu'il aurait des comptes à rendre sur sa situation fiscale. Son concurrent, Xavier Niel, l'avait dénoncé comme "exilé fiscal résidant en Suisse". Le 18 mars 2014, BFM Business (propriété d'Alain Weill) avait révélé que Bercy avait finalement ouvert une enquête sur le fondateur du câblo-opérateur Numericable et futur propriétaire de SFR, notamment au sujet de sa résidence fiscale exacte. 
Un an plus tard, on attend toujours que le ministre Macron fasse diligence...
Alors, Libération allume-t-il un contre-feu de protection de son patron, fraudeur présumé ?

dimanche 6 juillet 2014

Grenoble: la pastèque bio, Eric Piolle, un maire EELV pas très clean

Le maire EELV de Grenoble, un anti-libéral ouvert sur les paradis fiscaux

E. Piolle est le fondateur-actionnaire d'une société spécialisée en gestion des risques financiers aux clients basés dans des paradis fiscaux...


Il avait fait campagne en promettant d'exclure les banques en lien avec les paradis fiscaux, mais il est lui-même actionnaire d'une société ayant des clients basés, notamment, aux îles Caïman, selon les informations d'Europe 1.

maire Europe Ecologie-Les Verts de Grenoble, qui a notamment fait alliance avec le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon pour remporter la ville en mars dernier (lien), Eric Piolle possède des parts dans Raise Partner, une société qui ne correspond pas forcément aux idéaux que l’on imagine être ceux d'un écologiste à la gauche de la gauche.

Ce n'est pas Bercy qui a mené l'enquête 

L'UMP locale a découvert  l'existence de cette sociétéau tribunal de commerce de Grenoble .Co-fondée par Eric Piolle, elle est spécialisée dans la gestion de risques financiers à destination des professionnels du secteur. En gros: pour toute entreprise financière ayant placé de l'argent en bourse, Raise Partner a des logiciels permettant de limiter la casse et d'investir là où les profits seront les plus juteux.

L'UMP-Grenoble précise que Raise Partner possède une filiale à Londres ainsi qu'à Singapour  et assure que, selon elle, elle vend ses "logiciels miracles" à des clients basés à Guernesey et aux Iles Caïman, paradis fiscaux par excellence.

Dans son programme de candidat à la mairie de Grenoble, ce Cahuzac se voulait pourtant très vigilant face aux paradis fiscaux. 
Il assurait même qu'il exclurait de Grenoble les banques en lien avec ces pays (engagement 64 ici) :
"La Ville exclura les établissements bancaires concernés par des activités directes ou indirectes dans les paradis fiscaux de ses contrats de prêts. Comme l’ont initié de nombreuses régions françaises, la Ville demandera un rapport annuel sur leurs activités aux établissements bancaires avec qui elle contracte des prêts."
Ce dimanche 6 juillet, Eric Piolle assure qu'il n'y a rien de contradictoire là-dedans. S'il confirme avoir co-fondé la société, il tempère également en assurant ne disposer que de 900 actions sur un total de 100.000, conformément à sa déclaration de patrimoine.
"J'ai été assez actif de 2001 à 2003, mais j'ai levé le pied depuis."
Le maire de Grenoble présente d’ailleurs Raise Partners comme une entreprise servant plutôt la régulation financière que la maximisation des profits :
"C'est une société qui sert à identifier les risques. Elle travaille effectivement pour aider les professionnels du secteur à mesurer les risques, qui est une problématique réelle de la finance. Raise Partners travaille aussi avec les régulateurs européens sur la nouvelle directive européenne Mifid."
Piolle et Mélenchon
Eric Piolle nie qu'il était pas du tout au courant que la société dont il est toujours actionnaire avait certains clients basés aux Caïmans ou à Guernesay.
Mais cela ne le choque pas outre mesure :
"Je ne regarde pas leurs clients. J'ai une chemise, je pense que toute la chaîne de production n'est pas située en France..."
 Pas très regardant, il relativise l’importance de l’information :
"Moi en tant que maire de Grenoble j'ai aussi des prestataires que je fais travailler, comme des entreprises du BTP ou des banques qui ont des filiales dans les paradis fiscaux... C'est un combat contre les paradis fiscaux qu'on mène, que j'ai porté personnellement fortement."